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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 15:14

Georges GAZEILLES s'est éteint à l'âge de 95 ans, le 17 décembre 2018, à l'hôpital Lariboisière, à Paris. J'avais tenté, à Noël dernier, de le joindre, comme chaque année, pour un déjeuner. Ça ne répondait pas aussi bien sur le fixe que sur le portable. J'ai fini par me rendre chez lui, à la rue Archereau, dans le 19ème. Aucune réponse. Notre amie commune, Claudine NIOGRET, n'avait pas non plus de ses nouvelles. J'ai également essayé d'obtenir des renseignements par l'intermédiaire du docteur Daniel MARCOVITCH, qui a été longtemps son médecin traitant, Inbox sur sa page Facebook. Pas de réponse. C'est finalement, M. François DAGNAUD, maire du 19ème, qui m'a confirmé la mort de Georges.

Mon ami, Georges GAZEILLES, est parti comme il a vécu, en toute discrétion, sur la pointe des pieds. Georges fuyait la lumière, et ses rares photos sont des images volées. Il ne voulait pas d'hommage à ses funérailles.

Georges était complètement détaché des choses matérielles de la vie, des honneurs et des vanités de ce bas monde. De son vivant, son modeste appartement était peint en blanc, sans gravures, ni photos. Il n'avait ni famille, ni enfants, il appréciait les livres. Homme de grande culture, il m'épatait ; dès qu'il commençait à engager une conversation, on avait du mal, par suite, à la conclure. Il avait toujours quelque chose d'intéressant à raconter, compte tenu de sa longue vie riche de ses différentes expériences.

Georges GAZEILLES, en dépit de sa vaste culture, n'aimait pas se confier sur sa vie privée. Je suis revenu, à plusieurs reprises à l'assaut, mais il est resté, constamment, avare en confidences. Tout ce qu'il m'a dit, c'est que né à Perpignan, son père est mort très tôt. Il a dû abandonner ses études pour subvenir aux besoins de sa mère. Le métier de comptable l'a conduit en région parisienne, où il a fini par s'installer, et en particulier dans le 19ème arrondissement. En fait, l'essentiel de la vie de cet homme ce n'était pas son histoire personnelle ; c'est la trajectoire qu'il s'était fixée : rester constamment au service des autres.

Georges nous a administré une grande leçon de morale que pose cette interrogation majeure de nos futiles et éphémères existences : qu'est-ce qu'une vie bien remplie, une vie réussie ?

Georges a vécu en harmonie avec les idées qu'il a toujours défendues : se consacrer aux autres, aux plus démunis, et en particulier aux étrangers confrontés aux tracasseries administratives (CAF, Préfecture, CNAV). La première fois que j'ai rencontré Georges cela faisait bientôt plus de 40 ans, c'était à mon université Paris 2, Panthéon-Assas. En effet, notre association d'étudiants, INTERCAPA, était confrontée à des refus massifs de titres de séjour pour les étudiants étrangers, en application d'une loi scélérate giscardienne, dite "sécurité et liberté", avec des contrôles d'identité au faciès, des fouilles et palpations, uniquement pour les Nègres et les Arabes. L'arrivée de François MITTERRAND, avec la régularisation de sans-papiers, nous avait causé trois mois d'insomnies. Georges a été hospitalisé un temps, en raison de cette activité intense. Et pourtant quand, il y a eu, plus tard, un afflux de réfugiés Algériens, dans les années 90, Georges était toujours là, pendant plus de 2 ans, pour faire face à cet afflux exceptionnel de demandeurs d'asile.

Quand j'ai déménagé, dans le 19ème arrondissement, nos chemins se sont croisés, à nouveau, dans le cadre d'une association AIDEMA, que nous avions montée et qui existe toujours. La mairie du 19ème arrondissement, et en particulier le député Jean-Christophe CAMBADELIS, avait bien voulu nous prêter son bureau, un certain temps. Georges créera, par la suite, une association FASTI, qui avait ses permanences à la rue Fessart, à quelques mètres de chez moi.

Georges aurait pu se dire je termine ma vie tranquillement. Pourtant à un âge, pourtant très avancé, Georges tenait encore ses permanences. Du haut de son 1 m 42, on finit, par s'apercevoir, que la grandeur d'un homme, ce n'est pas seulement que dans la taille. Dans une société où les forces du Chaos et de la Discorde ne cessent d'avancer, je m'incline, très respectueusement, devant la mémoire de ce grand homme humaniste, désintéressé, animé de Compassion, de Fraternité et de Solidarité envers les autres, sans rien attendre en contrepartie des autres.

L'Afrique devrait honorer ces humanistes anonymes. La République française, se prétendant inspirée de principes universalistes et humanistes, devrait ériger des statuts, des stèles, des boulevards, et même des cathédrales, pour reconnaître et célébrer tous ces bénévoles, ces associatifs humanitaires anonymes qui entretiennent et consolident le Bien-vivre ensemble.

Aussi, à la suite de la disparition de mon ami Georges, j'adresse mes sincères condoléances à ceux qui font avancer l'esprit humain, ceux qui sont convaincus de la dignité et du caractère sacré de la personne humaine, de la valeur essentielle qu'est l'altérité.

Mon très Georges tu es parti, sur la pointe des pieds, sans dire au revoir à tes nombreux amis qui sont, en fait, l'humanité entière. Je te dis que tu vivras, à jamais, dans le coeur de tous ceux qui croient à la supériorité du Bien souverain sur le Mal.

Repose en paix, mon Pote !

Paris, le 24 avril 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Georges GAZEILLES, (1923-2018) une vie au service des autres.

Georges GAZEILLES, (1923-2018) une vie au service des autres.

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