Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 19:09

Ce lundi 15 avril 2019 vers 18 h 50, un feu s'est déclaré dans les charpentes de rénovation de ce joyau de l'art gothique qu’est Notre-Dame, au centre de l'Ile de la Cité. Rapidement, le feu se propage à l'ensemble du toit. La chaleur, estimée à plus de 800 C, fait fondre le plomb enveloppant l'armature en bois de la flèche, qui ne tarde pas à s'enflammer à son tour. La partie haute de la flèche s'effondre vers 19 h 45. Sa chute provoque la destruction d'une partie des voûtes de la nef, notamment celle de la quatrième travée. L'effondrement de la partie basse sur elle-même entraîne la destruction de la Croisée du Transept. Les seize statues entourant la flèche ont été déposées quatre jours auparavant, le 11 avril 2019, et envoyées à la Socra, une filiale de Vinci basée en Dordogne, pour restauration. Elles ne sont donc pas affectées par l'incendie. Depuis 1988, l’architecte Bernard FONQUERNIE, originaire de Caen et installé à Paris 17ème, architecte en chef et inspecteur général honoraire des monuments historiques, avait pris la direction des travaux de rénovation de Notre-Dame, qui se poursuivaient encore, au 15 avril 2019 et devaient s’achever en 2022.

Notre-Dame est abîmée, ravagée par cet incendie, mais peut, et doit être reconstruite. En effet, Notre-Dame est meurtrie, mais ses deux beffrois toisent encore majestueusement le parvis : «Et cependant, si beau que soit, ô Notre-Dame, Paris ainsi vêtu de sa robe de flamme, Il ne l’est seulement que du haut de tes tours» disait Théophile GAUTIER (1811-1872). Faudrait-il reconstruire à l’identique ? Même si les rénovations peuvent s’adapter aux nouvelles techniques du XXIème siècle «la valeur universelle du site sera respectée, ainsi que son unité et son intégrité» assure Mme Audrey AZOULAY, Directrice générale de l’UNESCO. Ce débat s’était posé au XIXème. VIOLLET-Le-DUC avait pris la ferme résolution de rétablir Notre-Dame dans «un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné» dit l’architecte. Sous l’influence de Prosper MERIMEE (1803-1870), les architectes se sont engagés, non seulement à un travail de consolidation, mais aussi et surtout, à respecter les interventions des générations précédentes d’architectes, artistes et artisans : «L’artiste doit s’effacer entièrement, oublier ses goûts, ses instincts, pour étudier son sujet, pour retrouver et suivre la pensée qui a présidé à l’exécution de l’œuvre qu’il veut restaurer ; car il ne s’agit pas, dans ce cas, de faire de l’art, mais seulement de se soumettre à l’art d’une époque qui n’est plus» écrit Proper MERIMEE.

Devant un tel désastre, on est effondré et démuni. En effet, quand on a vécu jeune au Quartier latin et qu’on a travaillé dans une institution, juste en face de Notre-Dame, et que même après un déménagement, toutes les promenades commencent par l’Hôtel de ville, en passant devant ce monument majestueux, cela vous marque, profondément. Paris, c’est la Tour Eiffel, mais Notre-Dame, c’est la France, dans sa diversité. «Paris est une fête» avait dit l’écrivain Ernest HEMINGWAY (1899-1961). Classée patrimoine mondial de l'humanité depuis 1991, Notre-Dame, par sa force et l’éblouissement de sa majesté, est comme les héros, elle a deux histoires, l’une légendaire, l’autre réelle, et comme toujours aussi, la légende est en dessous de la réalité. Bien commun pour tous, cette cathédrale gothique est l'un des rares grands monuments de Paris où la visite est gratuite. Le gothique ne vient pas des Goths, c’est un art bien français dérivant de l’architecture romane ; un art monastique d’inspiration laïque, avec des influences maçonniques habitées par les idées de progrès et de fraternité. À rebours du médiévalisme réactionnaire qui voit dans le Moyenge le foyer d’un renouveau catholique et d’une résistance aux forces dissolvantes de la Révolution, à rebours également d’un rationalisme progressiste tout entier tourné vers les Lumières de l’avenir, l’anticléricalisme républicain d’Eugène VIOLLET-le-DUC décèle dans l’art gothique l’expression d’aspirations laïques et démocratiques. Pour Michael CAMILLE, le monstre, la gargouille, avec son caractère d’étrange férocité, devient symbole d’une «sombre altérité», le Juif, le réfugié et l’étranger, les «classes dangereuses», comme nos Gilets Jaunes, l’artiste et le flâneur, le crétin, l’inverti, le musulman ou encore la femme, qu’elle soit hystérique, virilisée par une liberté nouvelle, ou prostituée, sidaïque ou syphilitique.

Joris-Karl HUYSMANS (1848-1907), un auteur mystique et d’inspiration catholique, considère que la cathédrale est «une bible, un catéchisme, une classe de morale, un cours d’histoire, et elle remplaçait le texte par l’image pour les ignorants». Si dans le passé, Notre-Dame, cette grandiose cathédrale, au centre de la Cité, symbolisait la domination et la toute-puissance du clergé, de nos jours, cette institution est au cœur du combat pour le bien-vivre ensemble, et transcende donc tous les clivages. En effet, Notre-Dame n’est pas seulement un espace sacré pour les Chrétiens, mais aussi c’est aussi un endroit clé pour la Nation et la République, une rencontre entre le profane, le politique et le religieux. Cette Grande Dame affronte, chaque jour, la horde des curieux et des touristes, mais elle a su aussi, comme dans les temps anciens, continuer d’observer les prières muettes et le recueillement. Par conséquent, qui aime la France républicaine aime Paris. Qui ne connait Paris ignore la France républicaine. Paris a aidé la France républicaine à se faire. Le sacre de Napoléon en 1804, à Notre-Dame, au lieu de la cathédrale de Reims, tourne le dos au rite des capétiens et à l’Ancien régime. Une messe y sera dite en 1929, en hommage au maréchal FOCH (1851-1929), en 1970, pour le général de Gaulle (1890-1970) et en 1996, pour le président socialiste et agnostique, François MITTERRAND (1916-1996). A ce titre, Notre-Dame, c'est l'âme de Paris qui nous réunit tous, et ce monument résume, à lui-seul la France. « Athées ou croyants, Notre-Dame est notre cathédrale commune. Le vaisseau, la nef qui nous porte tous sur le flot du temps. Et je crois que nous l’aimons de la même façon. Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. Mais ils savent que si elle y parait si puissante, c’est sans doute parce que les êtres humains se sont surpassés en mettant au monde Notre-Dame » dit Jean-Luc MELENCHON, de la France Insoumise.

Dépassé par l’événement, le président Emmanuel MACRON qui devait faire un discours de conclusion à la Nation après le débat national provoqué par les Gilets Jaunes, a reporté son allocution, pour faire une déclaration, le 16 avril 2019, sur l´incendie de Notre-Dame. Dans cette tragédie nationale, Notre-Dame vient de voler au président MACRON la vedette.

En cette Semaine Sainte, Notre-Dame abîmée est sauvée ; elle peut être reconstruite. Après la mort, ce sera la Résurrection de cette cathédrale, avant 2024, pour les Jeux Olympiques. Pour l’histoire immédiate de notre temps, cet incendie est en soi une allégorie : La France républicaine est ravagée par l’avancée de la haine et de l’égoïsme. Subitement les possédants, qui refusaient tout aux déshérités, ont trouvé des milliards pour redorer leur blason, escomptant ainsi un avantage fiscal. «Ce que nous croyions indestructible peut être atteint» dit le président MACRON, jusqu’ici resté sourd aux demandes de ceux qui souffrent. Devant l’avancée du populisme, du Chaos et de la Discorde, il est donc urgent de restaurer et bâtir une immense cathédrale d’Amour, de Fraternité et de Solidarité. Pour le président Emmanuel MACRON, subitement saisi par une démarche christique, il faut tout reconstruire «pour devenir meilleur, pour un projet humain». Va-t-il honorer cet engagement ? Dans le désarroi, je me remémore ces paroles apaisantes du Pape : «Vierge Marie, au cœur de la Cité, nous prions pour cette ville capitale. Vous, l’Intacte, gardez-lui la pureté de la foi ! Vierge Marie, depuis ce bord de Seine, nous vous prions pour le pays de France. Vous, Mère, enseignez-lui l’espérance ! Vierge Marie, en ce haut lieu de chrétienté, nous vous prions pour tous les peuples de la terre. Vous, pleine de grâce, obtenez qu’ils soient dans l’Amour» priait Jean-Paul II (1920-2005), le 30 mai 1980, pour sa première visite à Notre-Dame.

Personne ne se souviendra du nom de l’architecte qui était chargé de rénover Notre-Dame de Paris, notamment les arcs-boutants, les vitraux et les sculptures. En effet, Notre-Dame était baptisée «la Forêt», en raison du nombre de chênes utilisés pour élaborer ce monument architectural. Plus de 1 300 chênes, soit plus de 21 hectares de forêt, ont été utilisés pour bâtir les fondations de ce monument historique patrimoine commun de l’humanité. Sont ainsi cachés de véritables joyaux d’histoire, des bois qui ont 856 ans d’âge. La flèche qui s’est effondrée faisait 93 mètres de haut. En plus de l’architecture extérieure et intérieure, la cathédrale possède en son sein des joyaux extraordinaires : le grand orgue et ses 8 000 tuyaux, ses célèbres gargouilles, ses vitraux et rosaces, mais aussi les «Mays», de grands tableaux commandés de 1630 à 1707.

Notre-Dame, le kilomètre zéro pour calculer les distances en France, le monument le plus visité de France (14 000 000 de visiteurs par an) était le cœur et le cerveau du Paris du Moyen-âge. Afin de restituer le paysage sonore du XVIIIème siècle, la vieille dame, qui avait fait peau neuve avec d’importants travaux de rénovation (grande orgue, travaux de transmissions informatiques, réaménagement du trésor, restauration de la châsse Sainte-Geneviève, des murs et des statuettes, éclairage intérieur, etc.), s’est dotée, en 2013, de 8 nouvelles cloches qui remplacent les 4 anciennes cloches, installée en 1856. Outre, les sonneries d’office, c’est une nouvelle interprétation des heures qui verra le jour avec des thèmes appropriés à chaque temps liturgique. Les 8 nouvelles cloches ont été conçues à la fonderie Cornille-Havard en France et le Bourdon Marie aux Pays-Bas. En 2013 une dizaine de concerts ont été donnés à l’occasion du jubilé des 850 ans.

Les origines de Notre-Dame sont encore obscures, un voile mystérieux, des traditions de paganisme entourant l’histoire de cet édifice. Au premier siècle de notre ère, c’était un temple païen avec des autels en l’honneur aux Dieux gaulois et romains. «Nous savons, par la vie de Saint-Marcel, qu’une église existait déjà dans la Cité de Paris, sur les bords de la Seine et vers la pointe de l’Ile, du côté de l’orient, à la fin du IX siècle. Cette antique cathédrale fut sans doute reconstruite par la pieuse munificence de Childebert 1er» écrit Eugène VIOLLET-LE-DUC. Il dut s’élever ensuite à cet endroit une église chrétienne, mais jusqu’au VIème siècle, les écrits sont muets à son sujet. Suivant Grégoire de Tours (538-591), l’ancienne église Notre-Dame serait construite par Clovis (466-511) après la guérison de son fils Childebert (496-558). Cet historien raconte comment le comte Leudaste (540-583), qui s’était d’abord réfugié, pour la colère de Frédégonde (545-597), reine et épouse de Childéric 1er, craignant d’y être saisi, chercha à s’échapper en traversant le parvis et en franchissant un pont qui rattachait la Cité au bourg de la Rive Gauche. Si l’on en croit Venance FORTUNAT (530-609), évêque de Poitiers, historien et contemporain, fut bâtie en 555, à la sollicitation de Saint-Germain, évêque de Paris, sur les ruines de l’ancien temple Jupiter, une église. «Le caractère principal et le mérite de cette célèbre basilique consiste dans une sévérité de ligne, dans la majestueuse simplicité des formes, dans l’unité de tout un ensemble. Le premier sentiment qu’éprouve l’observateur n’est point celui de la surprise, ni de cette émotion irréfléchie. Ici, l’imagination n’est point séduite ; l’œil contemple avec calme, et peut juger avec justesse du grandiose des proportions et de la combinaison des masses : l’esprit approuve, et bientôt, il admire» écrit Nicolas CHAPUY.

En 775, la cathédrale avait pour patrons la Vierge, Saint-Etienne et Saint-Germain. On y vénérait également les reliques de Saint-Denis. Notre-Dame est délaissée et complètement abandonnée lors des invasions des Normands. La ville de Paris est livrée aux flammes, notamment en 857. Reconstruite au IXème siècle sous la dénomination «d’Église Neuve», commencée sous Charlemagne (742-814), cet édifice antique sera terminé sous Philippe Le Bel (1268-1314). Les ténèbres envahissant à nouveau la France, une partie des prestigieux monuments de l’Antiquité tombent en ruine. En 1123, le Roi Louis VI (1081-1137) prévoit une rente pour subvenir aux dépenses d’entretien de la couverture. Vers 1150, l’abbé de Saint-Denis et conseiller du Roi, SUGER (1080-1151), offre à l’évêque de Notre-Dame un grand vitrail qui fut placé à l’une des baies de cette église.

En raison de l’affluence grandissante des fidèles, Maurice de SULLY sur Loire (1105-1196) rêva d’une grande et belle cathédrale ; la foi soulevant les pesanteurs, il osa et sut l’exécuter. En effet, l’évêque de Paris de 1160 à 1196, Maurice de SULLY, en 1163, décida la construction d’un grandiose édifice, chef d’œuvre du Moyen Age, en remplacement des anciennes églises Notre-Dame et Saint-Étienne. Cette prouesse a été possible grâce à des innovations techniques (arc-brisé, croisée d’ogives et arc-boutant) permettant de construire en hauteur, de créer des traversées plus larges et de faire entrer plus de lumière. Les pierres de taille sont en provenance des carrières de Paris et de Charenton, mais aussi d’éléments de l’ancienne cathédrale Saint-Etienne, dont le portail Sainte-Anne, dura deux siècles. Divers artisans anonymes, appartenant à des corps de métiers différents, ont contribué à la rénovation de cet exceptionnel édifice de pierre et de verre. Les maîtres Jean ou Jehan de CHELLES, Pierre de MONTREUIL, Pierre de CHELLES, Jean le BOUTEILLER et Raymond du TEMPLE, se sont succédés aux XIIIème et XIVème siècles, jusqu’à l’achèvement de Notre-Dame. L’art, qualifié péjorativement de gothique, est délaissé, alors que le retour de l’antique est de mise. La première pierre est posée par le pape Alexandre III, alors réfugié en France. Les travaux seront poursuivis par Eude de SULLY (1197-1208) et Pierre de NEMOURS évêque de Paris de 1208 à 1219. A la mort de Philippe Auguste, en 1223, le portail était achevé. En 1235, les travaux étaient presque terminés sauf les flèches devant surmonter les tours. C’est dans cette cathédrale en construction que sont inhumés notamment le fils du roi d’Angleterre, Henri II, mort à Paris le 19 août 1186, ainsi que la reine Isabelle de HAINAUT, femme de Philippe AUGUSTE. C’est à Marie, la mère de Jésus, que l’évêque Maurice SULLY a voulu dédier la cathédrale toute entière, elle lui est consacrée, Notre-Dame de Paris ! On ne compte d’ailleurs pas moins de 37 représentations de la Vierge (sculptures, peintures, vitraux, etc.). Deux autels sont dédiés l’un à Saint-Etienne, l’autre à la Sainte Trinité. Commencés en 1163, sous Louis VII (1120-1180), les travaux de Notre-Dame de Paris allaient durer jusqu’en 1330, soit 167 ans.

En 1245 un incendie détruisit les charpentes supérieures et les combles des galeries furent calcinées ainsi que les bahuts, pinacles et corniches supérieurs sous le grand comble. «Cette église reçut, promptement, d’importantes modifications qui sont venues en altérer le caractère simple et grandiose» écrit Eugène VIOLLET-LE-DUC. Du XIVème au XVIIIème siècle, elle paraît avoir conservé intacte sa physionomie d’antan. Au cours des siècles, la cathédrale subira différentes transformations, voire des mutilations. Une première transformation importante a eu lieu sous le règne de Louis XIV (1638-1715). En effet, le roi Soleil demande, en 1698, à l’archevêque de Paris d’étudier le réaménagement du sanctuaire et du cœur, afin de respecter le vœu de Louis XIII (1601-1643), son père. Il y associe Jules HARDOUIN-MANSART, premier architecte du Roi. Les travaux vont en fait s’étaler de 1708 à 1725, sous la direction de Robert COTTE (1656-1735), beau-frère de HARDOUIN-MANSART (1646-1708). Il en résultera la destruction du jubé, la clôture à jour du rond-point, l’antique maître-autel avec ses colonnes de cuivre et ses châsses, tous les tombeaux du cœur, les vitraux de la nef, du chœur et des chapelles. Quant aux murs, ils seront badigeonnés de noir et blanc.

Pendant la Révolution, l’intérieur est pillé ; le 10 novembre 1793, l’autel devient celui de la «Déesse de la Raison». Notre-Dame sera ensuite transformée en entrepôt de vin. L’église subit des sorts divers, et il n’en restait guère qu’un squelette effrité, avant d’être solennellement rendue au culte en 1802.

Le 29 juillet 1830, pendant les Trois Glorieuses, les émeutiers pillent l’archevêché, le Trésor et la sacristie, brisent les vitres et du mobilier. L’état de délabrement de la cathédrale est tel que la ville de Paris songe à raser Notre-Dame. Cependant, Victor HUGO s’en émeut à travers son roman « Notre-Dame de Paris » paru en 1831, exhortant ainsi le retour au gothique : « Notre-Dame est aujourd’hui déserte, inanimée, morte. On sent qu’il y a quelque chose de disparu » écrit-il. HUGO créa ainsi un mouvement qui aboutit en 1844, au décret de Louis-Philippe prescrivant la restauration de Notre-Dame, confiée à Jean-Baptiste LASSUS (1807-1857) et Eugène VIOLLET-Le-DUC (1814-1879), chargés de faire disparaître, complètement, les dégradations que les siècles et les événements avaient fait subir à cette Grande Dame. Les architectes refirent, avec une grande habilité, le décor d’antan, en restaurant ainsi l’antique splendeur de Notre-Dame. Les travaux commencés sous le règne de Louis Philippe (1773-1850), en 1843, furent continués pendant la République, et achevés sous le règne de Napoléon III (1808-1873). Les travaux intérieurs achevés, Mgr DARBOY avait consacré la cathédrale, le 31 mars 1864, cérémonie qui n’avait pas eu lieu au Moyen-âge.

La façade présente un caractère d’unité parfaite et cette puissance que l’heureuse et savante combinaison des lignes peut donner. Dans les ébrasements et voussures de la porte centrale, se résume l’épopée chrétienne. Sur le trumeau apparaît la statue colossale du Christ homme, enseignant, ses pieds portent sur le lion et le dragon. Sont représentés les douze apôtres, les anges sonnant la trompette, et les morts sortent de leurs tombeaux, l’archange, le démon, la Vierge et le Christ intercédant pour les hommes. La porte gauche, sous la tour du Nord, dite porte de la Vierge, les bas-reliefs et statues du tympan, représentent les prophètes, la mort de la Vierge et son couronnement. La porte dite de droite, la porte Sainte-Anne, comporte un tympan, des voussures et les statues des ébrasements. Entre ces trois portes se nichent les statues de Saint-Etienne, l’Eglise, la Synagogue et Saint-Denis. Jadis, le parvis était clos par une barrière. Les voûtes sont portées par des arcs, les arcs par les piliers. Au sous-sol du parvis, on retrouve la crypte. Les gargouilles évacuant l’eau, cristallisant ainsi l’imaginaire médiéval, ont fini, par métonymie, par désigner l’ensemble des personnages monstrueux qui hantent Notre-Dame de Paris. Ainsi, les chimères, ces monstres de la modernité témoignent d’un souci d’individualisation et d’imagination. Les flèches de Notre-Dame, coiffées de la croisée du transept, ont été édifiées vers 1220 ; fragilisées par les intempéries, elles ont été démontées à la fin du XVIIIème siècle. Reconstruites par VIOLLET-le-DUC et inaugurées le 18 août 1859, de style néo-gothique, ces flèches s’inspirent de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. Les flèches s’effondrent lors de l’incendie du 15 avril 2019. Un concours international d’architecture a été lancé pour leur reconstruction. Le Coq, situé au sommet de la flèche et qui a été sauvé de l’incendie, contient trois reliques : une petite parcelle de la Sainte Couronne, une relique de Saint-Denis et une de Sainte-Geneviève, patronne de Paris. Le Coq agit donc comme un «paratonnerre spirituel» protégeant les fidèles qui œuvrent selon la loi de Dieu.

La commune de Paris de 1871, en tuant l’archevêque, faillit aussi anéantir l’édifice qui n’échappa à l’incendie qu’au dernier moment. En effet, des émeutiers mirent le feu à quelques bancs et chaises arrosés de pétrole, comme cela a été le cas aux Tuileries et à l’Hôtel de ville. L’incendie a été très vite maîtrisé par des internes de l’Hôtel-Dieu et les dégâts minimes. Lors deux guerres mondiales, contrairement à la cathédrale de Reims, Notre-Dame a été épargnée. En 1944, le général Dietrich Von CHOLTITZ (1894-1966) refusa d’exécuter l’ordre des nazis de détruire les monuments de Paris.

Depuis sa construction, Notre-Dame est l’un des grands symboles de Paris et de la France. «Notre-Dame est un message universel. Le peuple de France ne s’y est pas trompé. Toutes ses grandes heures y ont transité. Des premiers États Généraux à la victoire sur les nazis, la nef a accueilli toutes nos clameurs libératrices. Je me dis qu’elle ne brûlera jamais tout à fait. Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel» écrit Jean-Luc MELENCHON. Dans les temps anciens, les églises étaient un lieu d’asile. Ainsi, en 584, Frédégonde, soupçonnée du meurtre de Chilpéric, son mari, assassiné à Chelles, et de Sigebert, s’y retira pour échapper aux poursuites pénales. Cette cathédrale est une maison commune, dans la joie, comme la douleur. L’histoire de Notre-Dame est liée, intimement, à l’histoire de France, notamment les solennités nationales, les baptêmes des princes, les mariages et les funérailles des gens célèbres, les conclusions de traités. De grands événements religieux et politiques s’y sont déroulés ce qui a fait dire à l’historien Jules MICHELET (1798-1874) que «Notre-Dame est à elle seule un livre d’histoire». De faits marquants de l’histoire de France s’y déroulent : Saint Dominique prêcha au XIIIème siècle à cette cathédrale. Le 12 avril 1229, veille de Pâques, Raymond VII de Toulouse (1197-1249) y fut absous de crime d’hérésie. Le 18 août 1239, Saint Louis, vêtu d’une simple tunique et les pieds nus apporte en procession les reliques de la Couronne d’épines achetée à l’empereur de Constantinople. Le 21 mai 1271, le corps de Saint Louis est exposé à Notre-Dame, avant d’être transféré à Saint-Denis. En 1302 le roi Philippe IV dit «Le Bel» (1268-1314) ouvre les premiers Etats Généraux du Royaume de France. Jean II, dit «Le Bon» (1319-1364), roi de France de 1354 à 1364, fait prisonnier par les Anglais le 13 septembre 1356 à Poitiers, après sa libération (rançon de 3 millions d’écus d’or), est venu prier à Notre-Dame. En 1381, Hugues AUBRIOT, prévôt de Paris, accusé et convaincu d’hérésie, fut mitré, publiquement, sur le parvis de Notre-Dame, sans pain, ni eau. Le 27 novembre 1431, Henri VI d'Angleterre est couronné roi de France. Le 4 novembre 1437, un Te deum est célébré en l’honneur de la reprise de Paris par le roi de France Charles VII.  En 1455, début du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc. Le 24 avril 1560, le cardinal de Bourbon sacre Marie Stuart reine d’Ecosse. Le 18 août 1572, soit 6 jours après le massacre de la Saint-Barthélemy, le futur roi de Navarre, Henri IV, se marie à Marguerite de Valois. Henri IV devra rester à la porte au cours de la cérémonie : « Paris vaut bien une messe » dira-t-il à cette occasion ; 1590, les chefs de la Ligue jurent de ne jamais reconnaître le huguenot Henri IV. En 1638, Louis XIII consacre le royaume de France à la Vierge Marie pour la remercier de la naissance prochaine du dauphin Louis Dieudonné, le futur Louis XIV. Celui-ci, en exécution du vœu de son père, élève un nouveau maître-autel dans la cathédrale où l’on voit Louis XIII sculpté par Guillaume Coustou, remettre sa couronne à la Vierge, une magnifique pietà, également de COUSTOU, à côté de laquelle figure Louis XIV, sculpté par Antoine COYSEVOX, qui ploie le genou en signe de vénération. Notre-Dame devient alors patronne principale de la France. En 1660, c'est le Te Deum célébré à l'occasion du mariage de Louis XIV ; c'est Luxembourg, le tapissier de Notre-Dame, qui porte les drapeaux ennemis. En 1668 Turenne abjure ; le 2 mars 1687 Bossuet prononcera ici l'un des plus beaux textes de la littérature française, l'oraison funèbre de Louis Bourbon, prince de Condé. Au XVIIIème, malgré Versailles, Notre-Dame garde encore sa place, et c'est là que les reines, Marie LECZYNSKA, Marie-Antoinette, viennent prier à leurs relevailles (cérémonie religieuse de bénédiction des femmes après leurs couches). Le 2 décembre 1804, c'est le sacre de Napoléon, peint par Jacques-Louis DAVID et ses drapeaux d'Austerlitz «tapissent» eux aussi Notre-Dame en 1805 ; en 1811, baptême du roi de Rome. Le 30 janvier 1853 le mariage de Napoléon III y est célébré et le baptême du prince impérial en 1856. Le 20 août 1853, la reine Victoria (1819-1901), de Grande-Bretagne et d’Irlande, visite la cathédrale.

Depuis 1918, la vieille église semble avoir plus que jamais repris sa place, avec les funérailles nationales de Maurice BARRES (1923), du maréchal JOFFRE (1931), du président Raymond POINCARE (1934), du général LECLERC (1947), du maréchal de LATTRE de TASSIGNY (janvier 1952), du maréchal JUIN (février 1967). Les funérailles de l’écrivain Paul CLAUDEL (1868-1955) s’y tiendront en février 1955 « Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël… J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher » écrivait, en 1886, CLAUDEL convertit au catholicisme à Notre-Dame. Il y a surtout la cérémonie de la Libération, le 26 août 1944, et le Te Deum de grâce de la Victoire, le 9 mai 1945.

Le 12 novembre 1970, en présence de nombreux chefs d'Etat étrangers, eurent lieu les obsèques officielles du général de Gaulle, alors que le même jour à Colombey-Les-Deux-Eglises se déroulait la cérémonie privée suivie de l'inhumation. Une cérémonie religieuse est également consacrée à François MITTERRAND le 11 janvier 1996 ; JEAN-PAUL II y est venu deux fois en 1980 et 1997, pour les journées mondiales de la jeunesse.

Pour ceux qui ont la chance d’habiter en région parisienne, je vous invite à voir ou revoir ce joyeux de l’architecture gothique qui est placé plein cœur du Quartier Latin et sur les bords de la Seine, même calciné. Paris peut être tragique, mais Paris est surtout magique !

Bibliographie très sélective

AMBELAIN (Robert), Dans l’ombre des cathédrales : étude sur l’ésotérisme architectural et décoratif de Notre-Dame dans ses rapports avec le symbolisme hermétique, les doctrines secrètes, l’astrologie, la magie et l’alchimie, Paris, G. J Niclaus, 1939, 296 pages ;

AUBERT (Marcel), La cathédrale de Notre-Dame de Paris : notice historique et archéologique, avec une introduction de Paul Vitry, Paris, Longuet, 1919, 226 pages ;

CAMILLE (Michael), Les gargouilles de Notre-Dame : médiévalisme et monstres la modernité, Paris, éditions Alma, 2011, 431 pages ;

CHAPUY (Nicolas-Marie-Joseph), JOLIMONT (François, Gabriel, Théodore, Busset, de), SCHWEIGHAUSER (Johann, Gottfried), DU MAIGE (Alexandre, Louis, Charles, André), Les cathédrales françaises, Paris, Engelmann, 1825, 294, spéc sur N-D, vol. 1, pages 1-16 ;

DELON (Charles), Notre capitale, Paris, Eugène Weill et Maurice Georges, 1885, 351 pages, spéc sur Notre-Dame pages 147-196 ;

DERENS (Jean), FLEURY (Michel), «La construction de Notre-Dame de Paris par Childebert 1er, d’après le De Ecclesia Parisiaca de Fortunat», Journal des savants, 1977, pages 247-256 ;

FISQUET (Honoré, Jean-Pierre), Guide du visiteur, histoire archéologique et descriptives des églises de Paris : Notre-Dame de Paris, Paris, éditeur inconnu, 1864, 77 pages ;

FRANKLIN (Alfred), Recherches sur la bibliothèque publique de Notre-Dame au XIIIème d’après des documents inédits, Paris, A. Aubry, 1863, 216 pages ;

GRASSOREILLE (Georges), Histoire politique du chapitre de Notre-Dame pendant la domination anglaise, 1420-1437, Paris, Société de l’histoire de Paris, 1882, 98 pages ;

HUYSMANS (Joris-Karl), Trois églises. La symbolique de Notre-Dame, Saint-Merry, Saint-Germain L’Auxerrois, illustration Charles Jouas, Paris, A. Blaisot, René Kieffer, 1920, 167 pages ;

MEURET (Joseph), Le chapitre de Notre-Dame en 1790, Paris, A. Picard, 1904, 332 pages ;

ROCH (François), GUILHERMY (Marie Nolasque), GUILHERMY de (Ferdinand), VIOLLET-LE-DUC (Emmanuel), Description de Notre-Dame, cathédrale de Paris, Bibliothèque d’architecture de Bance, 1856, 163 pages ;

VIOLLET-LE-DUC (Eugène-Emmanuel), Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIème au XVIème siècle, Paris, Bonaventure et Ducessois, 1858, vol VI, 458 pages, spéc sur les gargouilles page 26.

VIOLLET-LE-DUC (Eugène-Emmanuel), QUINET (Edgar), Les églises de Paris : Le Panthéon, Paris, 1883, G. Marpon, Flammarion, 326 pages, spéc sur Notre-Dame de Paris, pages 1-41.

Paris, en ce funeste lundi du 15 avril 2019 vers 18 h 50, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.
Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.

Notre-Dame de Paris, reconstruire une cathédrale d'Amour, de Solidarité et de Fraternité.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Liens