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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 17:17

Sous la pression populaire, de façon pacifique et citoyenne, sans peur, ni violence, les Algériens, de façon déterminée et calme, ont gagné la première manche. En effet, BOUTEFLIKA a été contraint de ne va pas solliciter un 5ème mandat, à 82 ans. Les élections du 18 avril 2019 sont donc reportées, sans qu'on soit fixé sur un nouveau calendrier clair et fiable. En effet, paradoxalement, et du même coup, BOUTEFLIKA reste encore président, pour un certain temps. On peut dire, sans jeu de mots désobligeant, qu'il est réélu sur un fauteuil, avec cette prolongation de son mandat, sans fondement légal. C’est une ruse dénoncée par le peuple algérien qui n’est pas dupe et la lutte va s’intensifier. Avant cet épisode, BOUTEFLIKA, dans sa majesté, avait proposé de se faire réélire et d’abandonner le pouvoir, au bout d’un an. Il ne faudrait pas prendre les Algériens pour ce qu’ils ne sont pas.

«On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment» avait dit le Cardinal de RETZ. En effet, la Constitution algérienne, dans sa version du 6 mars 2016, n'autorise l'annulation des élections qu'en temps de guerre : «Pendant l’état de guerre, la Constitution est suspendue, le président de la République assume tous les pouvoirs. Lorsque le mandat du président de la République vient à expiration, il est prorogé de plein droit jusqu’à la fin de la guerre» édicte l’article 110, alinéas 1er et 2ème de la Constitution de 2016. Par ailleurs, les Algériens ont bien dénoncé qu’en raison de sa maladie, c’est son frère, Saïd, qui exerce en fait, les pouvoirs présidentiels. Devenu un légume, le président BOUTEFLIKA ne s’est pas adressé à son peuple, depuis plus de 7 ans. Or, l’article 12 de la Constitution rappelle que «Etat puise sa légitimité et sa raison d’être dans la volonté du peuple». L’article 102 de cette Constitution du 6 mars 2016 organise les cas de destitution du chef de l’Etat, «l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions». Le Conseil constitutionnel constate cette impossibilité et propose au Parlement la destitution du président algérien. Par ailleurs, ce 5ème mandat est manifestement un mandat de trop. En effet, le mandat présidentiel est d’une durée de 5 ans, et «le président de la République est rééligible une seule fois», édicte l’article 88 de la Constitution algérienne dans ses versions des 15 novembre 2008 et 6 mars 2016.

Cependant, et en dépit de l'ambiguïté et du caractère cocasse de cette situation, les Algériens qui avaient dégagé les colonialistes, sauront renvoyer BOUTEFLIKA, rapidement, à sa maison de retraite dorée en Suisse. L'opposition doit s'organiser et se structurer, afin de dégager une alternative crédible, en vue d'une conférence nationale fixant les règles du jeu démocratique ; en effet, les régimes dictatoriaux ont tendance à éliminer leurs adversaires crédibles, créant ainsi un vide autour d’eux.

Par conséquent, le vaillant combat des Algériens a montré que, face à la juste et légitime colère d'un peuple, rien ne peut résister à cette lame de fond, ni tanks, ni accords de coopération avec le Maître. La vérité, la justice et la démocratie sont plus fortes que la dictature, le Chaos et le néocolonialisme.

Aussi, les peuples africains, riches de leurs matières premières et de leur jeunesse, sauront abréger les jours de ces régimes monarchiques et préhistoriques qui font encore beaucoup de mal à nos populations, notamment au Cameroun, au Tchad, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Soudan et au Togo.

Le combat contre ces odieux régimes, ne dispense pas les autres gouvernements africains de bien gérer leurs pays, de travailler pour le développement et le bien-être de leurs populations. La France ne peut empêcher aucun dirigeant africain de se consacrer, sans relâche, au développement de son pays. Bien au contraire. Les grands projets, fondés sur une logique de gagnant-gagnant, ouvrent des marchés pour les entreprises internationales. Mais on ne peut être indépendant que si on a la volonté de l'être. Curieusement, souvent des gouvernements africains pensent, à tort, qu'ils doivent leur légitimité, non pas aux peuples qui les ont élus, mais à la France. Ils vont même, pour protéger leur régime, jusqu'à financer des partis politiques français, comme KADHAFI avec SARKOZY.

Dans cette crise algérienne, Marine LE PEN exige la suspension des visas pour les Algériens. Ce que nous demandons c'est que l'Afrique, riche de ses matières premières dont l'uranium, puisse, dans la souveraineté, la liberté et la dignité, vivre décemment de ses ressources encore largement pillées, comme au bon vieux temps colonial. Cet esprit colonialiste et esclavagiste, cette lepénisation grandissante des esprits maladive et raciste, qui ne voient l'Afrique qu'en termes d'immigration, ne favorisent pas une bonne coopération et l’entente entre les peuples. Mme LE PEN encourage les logiques de prédations et de violence, par l'intermédiaire de ces gouvernements monarchiques et préhistoriques africains, en raison de la grande bêtise et de leur docilité.

Il faut combattre cette lepénisation des esprits qui entretient et stimule ce sentiment antifrançais grandissant en Afrique. On peut coopérer, de façon indépendante, avec les autres pays, en particulier avec cette France républicaine, en raison de la langue et l'histoire qui nous unissent. Mais cela ne signifie nullement rester des liens éternels de subordination et de dépendance. Un éminent économiste Samir AMIN, récemment disparu (voir mon article), avait indiqué la voie : ces distinctions entre gauche et droite n'ont pas de sens pour nous Africains ; ce qui est primordial, c'est de rechercher des solutions originales et efficaces de développement, dans la justice, la liberté et la fraternité. «Peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris» avait dit, dans un grand réalisme, un dirigeant chinois, DENG Xiaoping. C’est l’intérêt de l’Afrique qui compte. Ainsi, le président Macky SALL du Sénégal, rompant avec les mauvaises méthodes de l’ancien monde, avec de bonnes relations avec la France, s'est révélé, en 7 ans, être un pharaon des temps modernes. Le président sénégalais a également diversifié ses relations internationales, gage d’indépendance (Chine, Turquie, Maroc). Mais, même au Sénégal, modèle de démocratie, comme nos ancêtres les Gaulois, rouspéteurs et râleurs, on veut encore plus et mieux, pour son 2ème mandat. Le président Macky SALL a deux options pour son deuxième et dernier mandat : soit continuer à bien travailler, pour entrer dans l'Histoire, soit merdouiller, et aller ainsi, directement, du palais présidentiel à la prison. J'ai fait le pari sur le bon sens du président Macky SALL, et son désir d'entrer dans l'Histoire, en tenant compte de ce qui s'est dégagé de ces présidentielles du 24 février 2019 et des conclusions des états généraux, sous l'égide du grand sage, Amadou Mahtar M'BOW. Cette «gouvernance sobre et vertueuse» on y tient. Nous devons donc être toujours plus exigeants à l'égard de nos gouvernants, que l'on peut renvoyer, s’ils ne donnaient pas satisfaction, et reconduire, s’ils ont bien travaillé, comme c’est le cas pour Macky SALL, le 24 février 2019. On a déjà deux alternances au Sénégal, en 2000 et 2012.

Par conséquent, c'est facile de mettre en permanence en cause le colonialisme qui a ses lourdes responsabilités, leur bonheur étant fondé sur nos malheurs : «Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées» avait dit Valéry GISCARD d’ESTAING, dans sa conception outrageuse de la Françafrique. Cependant, rien n'empêche d'être exigeants avec nous-mêmes. Si on dilapide nos ressources, c'est qu'on s'est laissé faire depuis des siècles ; nous avons de graves faiblesses à corriger. En courbant l’échine et en excusant au bénéfice du doute, ces régimes monarchiques et préhistoriques, nous avons une lourde part de responsabilité dans nos malheurs. En effet, 60 ans après les indépendances, il est temps de se révolter contre cette grave injustice venant de l'extérieur comme de l'intérieur, avec un sérieux examen de conscience, avec une grande exigence envers nous-mêmes. Par suite, il ne faudrait plus se tromper d'époque, le Maître ce n'est plus la France, mais c'est le peuple africain qui pose, désormais, ses conditions.

Ce combat doit être porté par chaque peuple, comme l'ont fait les Algériens qui réclament encore plus de justice, d'équité et de bonne gouvernance. Ce pays a d'importants gisements de gaz, mais dont les revenus ont été détournés par les militaires et une caste de parasites habillés en éternels héros ; la jeunesse algérienne est contrainte au chômage ou à l'exil, pendant que BOUTEFLIKA se soigne en Suisse : «Ce sont les proches, l'entourage, mais surtout ceux qui ont bénéficié de l'argent sale, des marchés publics. Ce sont des milliards et des milliards. De grands projets souvent inachevés ou mal faits et dont les bénéficiaires sont toujours quatre ou cinq personnes dans l'entourage du président» écrit EL WATAN, un journal algérien. L’article 12, alinéa 3, de la Constitution a posé le principe que l’Etat est «au service exclusif du peuple» et l’article 19 de cette Constitution rappelle que «l’Etat garantit l’utilisation rationnelle des ressources naturelles, ainsi que leur préservation au profit de générations futures».  L’article 24 de la Constitution de 2016 prescrit que «l’abus d’autorité est réprimé par la loi». Il faut donc servir, au lieu de se servir. Il y a donc, outre la sénilité de BOUTEFLIKA, des motifs légitimes et suffisants pour le destituer. Or, le président Emmanuel MACRON a qualifié ce système crapuleux, mafieux, dictatorial, fondé sur les connivences et le népotisme, de «démocratie» ; ce qui a soulevé, légitimement, l'indignation et la colère de l'opposition, ainsi celle que des internautes.

Ce que réclament les Africains, c'est le renvoi immédiat de ces gouvernants, sans conscience sociale et qui a bradé le patrimoine de leur pays au profit de multinationales. Paul BIYA séjourne de longs mois en Suisse, avec sa famille et sans sa cour, et ne tient plus de conseils des ministres. Depuis plus de 20 ans, il n’y a pas eu d’élections locales du Togo, tous les élus locaux sont en délégation spéciale. On peut multiplier les exemples fâcheux et révoltants. Nous voulons un changement radical, dans la coopération mutuellement avantageuse avec les autres pays. Ceux qui ont peur de ce saut qualitatif resteront, indéfiniment, en esclavage.

Les Lumières, c’est élever les peuples et les aider à se libérer de la tyrannie, à sortir hors de l’état de tutelle, de sa minorité dont on est responsable. : «La minorité consiste dans l’incapacité où il est de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui. Il doit s’imputer à lui-même cette minorité, quand elle n’a pas pour cause le manque d’intelligence, mais l’absence de la résolution et du courage nécessaires pour user de son esprit sans être guidé par un autre. Sapere aude, aie le courage de te servir de ta propre intelligence ! Voilà donc la devise des lumières. La paresse et la lâcheté sont les causes qui font qu’une si grande partie des hommes, après avoir été depuis longtemps affranchis par la nature de toute direction étrangère, restent volontiers mineurs toute leur vie, et qu’il est si facile aux autres de s’ériger en tuteurs» avait écrit Emmanuel KANT. L’usage de notre raison nous rendra encore plus libre. Nous en avons le pouvoir, dégageons ces monstres et renvoyons les gouvernants paresseux et corrompus ; c'est une oeuvre de salubrité publique, pour le développement et le bien-être de l'Afrique !

On ne lâche RIEN !

Paris, le 11 mars 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Les Algériens ont gagné la 1ère manche et émergence d'un désir de changement radical en Afrique» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Les Algériens ont gagné la 1ère manche et émergence d'un désir de changement radical en Afrique» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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