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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 19:16

Ce titre, «totem et tabou», est un clin d’œil à  l’ouvrage du même titre de Sigmund FREUD (1856-1939). Ce que j’appelle «totem» c’est un être vénéré, sacré, un esprit protecteur, et qui symbolise l’emblème, le signe de ralliement, et à qui on voue un respect quasi religieux. Par «tabou», il faudrait entendre dans cette étude une interdiction consacrée, de caractère sacré faisant référence, suivant FREUD à quelque chose «d’inquiétant, de dangereux, d’impur». C’est donc une crainte de l’action des forces démoniaques.

Au Sénégal, à l’aube du XXIème, on retrouve ces grandes survivances du totémisme et du tabou. Ce qui domine dans la pensée de notre temps, ce sont les injonctions contradictoires d’une certaine classe politique irresponsable ; on veut à la fois quelque chose et son antinomie. En fait, derrière les schémas simplistes et manichéens, se cache une réalité plus complexe, la Vérité n'étant ni Noire, ni Blanche, elle est souvent Grise. Ainsi donc, les totems, et contrairement à une idée reçue, ne sont pas des statues indéboulonnables, et les tabous parfois doivent être brisés. Un totem peut donc être source d’un grand tabou. Par conséquent, la frontière entre ces deux concepts est poreuse.

I – Le Sénégal, un totémisme mitigé

A bien des égards, Léopold SENGHOR (1906-2001), président du Sénégal de 1960 à 1980, a été érigé, à juste titre, au rang de totem de la République. En effet, grand penseur de la Négritude, fondateur de la Nation sénégalaise démocratique, tolérante et pacifique, il a doté notre pays d’institutions stables, sans coups d’Etat depuis 1960 et d’une diplomatie solide, faisant du Sénégal un grand petit pays. Sous sa présidence, en raison du multipartisme, même limité, ainsi que sa grande probité morale, Léopold Sédar SENGHOR a engagé le Sénégal dans la voie de la consolidation de la démocratie, devenue irréversible et constituant ainsi un modèle pour l’Afrique. Le départ volontaire du pouvoir de SENGHOR, là où règne encore, dans certains pays africains, des régimes préhistoriques et dynastiques, a accentué ce statut de grand totem, devenu presque intouchable.

Cependant, au risque de briser un tabou, Léopold Sédar SENGHOR, en dépit de ses éminentes qualités, était-il un manipulateur et un hypocrite ?

Au fil du temps, le statut de commandeur de SENGHOR a pris des rides et des fissures béantes sont apparues, et cela, à plus d’un titre.

Tout d’abord, il est indéniable que Léopold Sédar SENGHOR a utilisé les moyens de l’Etat pour sa promotion personnelle, comme en témoignent ses nombreux déplacements à l’étranger, en qualité de docteur honoris causa, et le temps consacré à ses écrits, pour accéder, par la suite à l’Académie française.

Ensuite, SENGHOR, derrière son image lisse et apaisante, se cachait une main de fer dans un gant de velours. Après avoir liquidé Mamadou DIA (1910-2009), un nationaliste, président du Conseil de 1960 à 1962, avec la complicité des Mourides et d’El Hadji Saïdou Nourou TALL (1862-1980), le président SENGHOR s’est révélé autoritaire jusqu’en 1974. Cette période de chape de plomb a été un grand moment de glaciation, d’immobilisme et de répression des opposants. En effet, la grève de 1968, avec le soulèvement des étudiants, a montré que toutes les oppositions ont été muselées pendant cette période de répression, la seule force de résistance étant la jeunesse.

Enfin, fidèle défenseur de la Françafrique, et anticommuniste notoire, Léopold Sédar SENGHOR, comme son successeur Abdou DIOUF, sont restés, pendant 40 ans, des Rois fainéants. Compte tenu des marges de manœuvres de manoeuvre favorables de l’époque, ces deux premiers présidents du Sénégal auraient pu engager des travaux d’envergure, au moment où l’économie internationale était en pleine expansion. Le peuple sénégalais, sorti de sa grande léthargie et de sa somnolence, a fini par sanctionner, sévèrement, le Parti socialiste, pour cet immobilisme pendant 40 ans. Ce Parti, qui était un totem, comme son cousin français, est en train de sombrer, comme le Parti radical français, dans la voie d’une marginalisation avancée.

Le Sénégal étant un pays musulman, à plus de 95%, grâce notamment à l’action des Almamy du Fouta-Toro, depuis 1776, avec Thierno Souleymane BAL, l’Islam et les valeurs culturelles du Fouta-Toro (élection des Almamy, intégrité religieuse et probité morale) ont été érigés au rang de totem. Ce totémisme est renforcé par l’image mythique de Cheikh Amadou Bamba BA (1853-1927), et celle d'un vrai saint et résistant, El Hadji Oumar TALL (1797-1864). Le marabout, chef religieux, intercesseur avec Dieu est investi d’un pouvoir quasi divin.

Cependant, les successeurs de ces immenses saints hommes, en collaboration avec le colonisateur, l’Etat sénégalais et les politiciens, ont abîmé l’image de la religion érigée au rang d’un immense business. Ce statut de totem des marabouts, renforcé d’un fanatisme et un obscurantisme d’un autre âge, a fait des marabouts, notamment Mourides, des pièces essentielles du jeu politique au Sénégal. Par calcul politique, aucun dirigeant politique sérieux n’a osé s’attaquer à la toute puissance de cette caste de parasites que sont les marabouts fortunés, dans un océan de misère. Les marabouts prêchant la pauvreté et le mépris des choses de ce bas monde, munis de leurs passeports diplomatiques, engoncés dans leurs grands boubous brodés, circulant dans des voitures luxueuses climatisées, habitent pourtant des châteaux, rançonnent ou maltraitent leurs «Talibés» ou disciples. Ces religieux libidineux et affairistes, autocentrés sur leurs intérêts personnels, avec une grande dose d’hypocrisie et de fumisterie, peuvent avoir plus de 30 femmes souvent très jeunes, là où l’Islam n’en autorise que 4 co-épouses.

Pour ma part, les vrais marabouts doivent s'écarter du champ politique, et rester, exclusivement, en hommes de Dieu, une grande conscience morale pour assurer et protéger la laïcité, la cohésion, l’unité et le bien-être de la société sénégalaise. Par conséquent, les marabouts devraient déserter le jeu politique, et ne s’occuper que de leurs mosquées. Rien de plus, rien de moins. En contrepartie de cette mission sacrée, l’Etat leur assure, dans la plus grande transparence, et après un débat à l’assemblée nationale, dans le cadre du vote du budget, les subventions nécessaires, afin qu’ils puissent s’acquitter convenablement, de cette mission d’intérêt général.

II – Sénégal, des tabous à réévaluer : l’art du bien-vivre ensemble

Il y a des secteurs qui relèvent du totémisme à l’état pur et qui devraient, en raison des intérêts fondamentaux de la Nation, être soustraits de la politique politicienne. Ce totémisme signifie que ces domaines, comme l’éducation, la moralisation de la vie publique, la souveraineté nationale, l’unité et la paix nationales, ainsi que les règles du jeu politique, sont du ressort de la Politique, au sens noble du terme, telle que l’entendait les Anciens grecs, c’est-à-dire l’art de gérer la Cité. C’est en cela que je reste un fidèle partisan d’Aristote qui considérait que la Politique, c’est l’art du bien-vivre ensemble ; ce qui nous réunit est plus important que ce qui nous divise.

Notre objectif majeur, à nous tous, avec certes des objectifs et moyens parfois différents, c’est d’arriver à un Sénégal de paix, prospère, uni et indépendant. En effet, Aristote s’est posé cette question fondamentale de la Politique : «Pourquoi vivre ensemble ! A quoi bon vivre ensemble ! Et qu'est-ce que nous voulons être ensemble parce que nous voulons vivre ensemble !?". Aristote part de l’idée que l’Homme est un animal politique, mais cet homme est porté à vivre en communauté. Cet animal politique a pour vocation de déceler «l'utile et le nuisible, et par suite aussi le juste et l'injuste. Il n'y a en effet qu'une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux animaux : le fait que seuls ils ont la perception du bien et du mal, du juste et de l'injuste et des autres notions de ce genre». Je pense donc que cette distinction que faisait Aristote de l’utile et du nuisible du juste et de l’injuste, du bien et du mal, tous les Sénégalais peuvent s’accorder à considérer que l’éducation, les règles du jeu politique, l’unité et l’indépendance nationale, érigées au rang de totems, sont des domaines, après concertation, qui devraient faire consensus.

C’est un constat partagé que les crises récurrentes, dans le secteur éducatif, ont considérablement abaissé le niveau de nos élèves et étudiants. Par ailleurs, la formation est en décalage par rapport aux besoins réels du pays. En plus des jeunes diplômés au chômage, il s’y ajoute ceux qui sont sortis du dispositif, sans formation professionnelle adaptée. L’Etat est défaillant en matière de formation et d’orientation dans les bonnes filières notamment scientifiques ou médicales. Les grèves et les années blanches, ainsi que le saccage des bâtiments et du matériel, par les étudiants, souvent cartouchards et occupés à gérer essentiellement leurs bourses, parfois avec l’encouragement de l’opposition, ont plongé le système éducatif, dans une crise sans précédent, en dépit des moyens importants dégagés. Par ailleurs, nous avons besoin d’un système éducatif adapté à nos valeurs. Il faut donc une éducation en lien avec la vie sociale et culturelle de notre pays. Les objectifs fondamentaux de tout système éducatif viable, c’est la promotion de la créativité, la sensibilité esthétique, la liberté et la conscience du patrimoine culturel d’un pays. Toute personne recèle une semence de divinité et peut se perfectionner, sans cesse.

Il faut payer aux enseignants du primaire et du secondaire les importants arriérés que l’Etat leur doit ; ce n’est pas de l’aumône, c’est un dû. Ce qui a été fait pour les enseignants du supérieur, avec une retraite à 85% du net, est un considérable progrès social, si l’Etat arrivait à honorer cet engagement.

«Servir au lieu de se servir», tel le grand totem que tous les partisans de la République devraient chérir. En effet, la place de l’argent, ainsi que les thèmes de souveraineté nationale et de moralisation de la vie politique devraient conduire à un consensus national. «Une gouvernance sobre et vertueuse» comme l’avait si bien dit Macky SALL. Nous sommes tous fortement engagés, quelle que soit notre sensibilité politique, à ce que les revenus du pétrole et du gaz ne soient pas une source de malheur et de discorde nationale. Ces ressources devraient être utilisées, impérativement, pour le bien-être des Sénégalais. C’est là un totem majeur de notre temps.

Par ailleurs, la place de l’argent, dans les relations sociales et dans la sphère politique, a tout corrompu et pourri. Pourtant la corruption reste un grand tabou dans notre pays, avec des injonctions contradictoires. Dans le subconscient de notre société, celui qui accède aux commandes de l’Etat, au lieu de servir, doit se servir. C’est l’aspect le plus odieux et le plus condamnable, du concept de «Neddo Ko Bandoum» pratiqué par tous les groupes ethniques considérant, tous, que chaque individu doit d’abord aider ses parents. Ainsi, en matière de gestion budgétaire, chacun «se sucre» (colloques, dîners-débats, ateliers, nombreuses missions, bons d’essence, fonds secrets, détournements de deniers même des hôpitaux, etc.). Tout le monde se plaint du gaspillage des deniers publics, mais ne se sent responsable de leur détournement. Pire, on estime même que quelqu’un aux commandes de l’Etat doit aider sa famille, sinon, on le considère comme étant un idiot et un maudit. Or, le consensus national devrait être que l’argent public, ce n’est pas l’argent à personne, mais c’est l’argent à nous tous. Il n’y a pas de bons corrompus quand cela nous arrange et de mauvais corrompus quand il s’agit des autres.

Nous devrions tous être exigeants et rigoureux, dans la gestion de nos deniers publics. En effet, pour certains politiciens véreux, à la critique facile et donneurs de leçons, l’esprit civique est à géométrie variable : la probité, la moralité et la transparence, c’est toujours pour les autres, et jamais pour eux. Le cynisme des politiciens est à son comble, quand Ousmane SONKO, «Monsieur Propre» est mouillé dans l’affaire des 94 milliards, il a distribué des billets de banque, au Fouta-Toro, notamment à M’Bélone, ainsi qu’Idrissa SECK dans l’affaire dite des chantiers Thiès : «les bandits se battent au moment du partage du butin» avait maître WADE. Khalifa Ababacar SALL, alors maire de Dakar, a détourné l’argent de notre capitale, une ville sale et polluée, sans égouts, ni plan d’urbanisme. On sait que Karim WADE, «Ministre du Ciel et de la Terre», a détourné plus de 6 milliards d’euros au préjudice de l’Etat du Sénégal ; son père continue de le défendre. Quand des organismes de contrôle constatent des malversations, même s’il s’agit d’une personne appartenant à la majorité présidentielle, le juge doit être saisi. La justice devrait être égale pour tous : le fort, comme le faible. Si ce n’est pas le cas, il appartient à l’opposition, c’est son travail, de faire le nécessaire. C’est notre argent à nous tous, les deniers publics devraient servir au développement du Sénégal, et pour les générations futures. Ce combat de la transparence et de la moralisation de la vie publique, c’est celui de chaque Sénégalais, et dépasse ainsi les clivages politiques.

Léopold Sédar SENGHOR a légué au Sénégal, le concept de Nation, devenu un totem au Sénégal. L’ethnicité, présente de longue date dans la vie politique sénégalaise, a pris des tournures, sans précédent, depuis que Macky SALL est arrivé au pouvoir, à travers le concept de «Neddo Ko Bandoum». Pourtant Blaise DIAGNE s’était appuyé sur les Lébous et Cheikh Amadou Bamba, pour renverser CARPOT, le 10 mai 1914. Léopold Sédar SENGHOR avec la complicité des Mourides, a liquidé Mamadou DIA. De même que SENGHOR avait utilisé la même technique pour marginaliser Lamine GUEYE, originaire du Mali. Maître Abdoulaye WADE a renforcé cette ethnicité, même s’il a été équilibré au niveau des nominations ministérielles. En fait, le Sénégal a largement dépassé l’ethnicité agitée par une opposition sans programme, les Sénégalais ont voté, dans ce scrutin du 24 février 2019, en âme et conscience, ils ont plébiscité le bon bilan de Macky SALL, pour son excellent bilan. Par ailleurs, Ousmane SONKO a fait un bon score au sein de la diaspora, dominée en France, par la communauté peule. Ce qui nous réunit, c’est le Sénégal qui appartient à tous. Par conséquent, préserver l’unité nationale, à travers un vrai débat d’idées sain, programme contre programme, me paraît être l’enjeu fondamental qui devrait nous réunir tous.

S'agissant des règles du jeu politique, le Code électoral de 1992 ayant permis deux alternances, le référendum du 20 mars 2016 a limité le nombre des mandats présidentiels pour éviter cette tendance que l’on voit ailleurs des régimes monarchiques et dynastiques et la loi sur le parrainage citoyen a rationalisé la vie politique permettant ainsi des choix clairs. Pour autant, notre démocratie doit, constamment, s’améliorer, la perfection n’étant pas de ce bas monde. Il faudrait maitriser les dépenses électorales et renforcer les mécanismes de financement des partis politiques, la presse doit être équilibrée dans le traitement de l’information et combattre, énergiquement les «Fake news». L’opposition, en dépit de l’éclatante victoire de Macky SALL, continue à blâmer le Code électoral, les juges, le vote des Foutankais. Bientôt, les opposants finiront par avancer, comme le personnage de Gavroche, que c’est la faute à Voltaire ou c’est la faute à Rousseau. En fait, le dialogue et la concertation entre l’opposition ne devraient jamais être rompus, notamment en ce qui concerne les questions majeures préoccupant les Sénégalais. Mais pour négocier, il faut être au moins deux, être de bonne foi et républicain.

D’autres questions de société continuent d’empoisonner la vie publique, comme la franc-maçonnerie et l’homosexualité. «Au Sénégal, un bon homosexuel est soit caché, soit drôle, soit mort» écrit Mohamed M’Bougar SARR. Pourtant, ce qui caractérise le Sénégal c’est sa diversité et sa grande tolérance. Ce sont des Sénégalais, pourquoi leur jeter l’anathème ?

Le président Macky SALL, réélu pour un deuxième et dernier mandat, sorti ainsi des contingences politiques, a désormais les mains libres pour engager de larges concertations sur ces questions, pour entrer dans l’Histoire. L’opposition ne s’honorerait pas en pratiquant, systématiquement, la politique de la chaise vide à chaque fois qu’elle est conviée à une concertation ou un dialogue national. Négocier ne signifie ni renoncer, ni «aller à la soupe», mais enrichir le débat et le bien-vivre ensemble. Négocier, c’est aller, après un diagnostic partagé, vers des solutions innovantes, chacun faisant un pas vers l’autre, sans esprit manichéiste ou de système, dans l’intérêt du Sénégal.

En tout cas, après la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, dans son discours du 5 mars 2019, face aux forces du Chaos et de la Discorde nationale, le président Macky SALL a pris de la hauteur. En effet, Macky SALL s’engage à «faire plus et mieux, chaque voix sera entendue. La tâche est grandiose et ardue». Macky salue les autres candidats «Il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. Il n’y a plus de ligne de partage. Il y a un seul camp, celui du Sénégal» dit-il. Macky SALL sera à l’écoute de toutes les forces vives de la Nation, sans exclusive, y compris les deux anciens présidents de la République, Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE. Dans ce dialogue national, sans tabou, ni préalable, Macky travaillera pour un Sénégal «paisible, stable, prospère et solidaire, un Sénégal de tous et un Sénégal pour tous».

Paris, le 3 mars 2019, actualisé le 5 mars 2019 par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«Le Sénégal, ses totems et ses tabous», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

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