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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 20:39

Au sein de l’association des ressortissants de Danthiady en France (A.R.D.F.), on savait l’énorme dette que les Foutankais et la France doivent aux immigrés. Héros du quotidien, ces immigrants de la première génération, tout droit sortis de leur campagne du Fouta-Toro, sans être allés à l’école, ont occupé en France, pays alors en plein boom économique, après la guerre, des emplois ingrats, peu qualifiés et mal rémunérés. Ils sont restés solidaires avec leur famille restée au village, par un soutien financier, sans faille, «Neddo Ko Bandoum» (solidarité ou piété familiale). Par ailleurs, ces immigrants, à travers des associations villageoises, ont monté des projets de développement (eau, éducation, santé, énergie, etc.) pour pallier aux graves défaillances de l’Etat. Cette première génération, en raison de l’âge, est partie à la retraite ou en train de disparaître. On s’interrogeait sur les voies et moyens afin de poursuivre leurs actions glorieuses.

 

En effet, pour la seconde génération, les jeunes nés en France, on était dans l’appréhension ou l’expectative. En effet, ces jeunes Français issus de l’immigration allaient-ils continuer l’action des Anciens ou vont-ils rompre tout lien avec le Sénégal ? En d’autres termes, comment rester citoyen français, sans renier sa culture africaine ? Pour ces jeunes, l’Afrique c’est le continent de leurs parents, mais le centre de leurs intérêts c’est la France. Leur vie étant ici, comment les convaincre de l’utilité de ces associations villageoises en charge de projets de développement, dans un pays qui n’est pas le leur ?

Fatimata KANE a résolu, cette «aventure ambiguë» (voir mon article), cette question d’identité multiple, de façon harmonieuse : «Je crois en la force de la volonté. Quand on veut, vraiment on peut ! Et ce malgré toutes les difficultés, il n’y a pas de petites actions. Je crois au respect et à l’empathie, ce sont des valeurs essentielles pour construire une société solide et  solidaire» dit-elle.

Contrairement, à la première génération d’immigrants, la seconde génération née en France est éduquée et diplômée, comme en témoigne le parcours scolaire et universitaire de Fatimata KANE. Après l’obtention de son BAC littéraire en 2012, Mademoiselle KANE a intégré une classe préparatoire aux grandes écoles au sein du lycée Chateaubriand à Rennes. Son objectif était d’être admise à l’I.S.I.T. (Institut Supérieur de Management et de Communication Interculturelle) grâce au concours, qui est la seule école de son genre en France formant des traducteurs et des interprètes, avec une dimension très entrepreneuriale. Melle KANE a finalement pu intégrer l’ISIT au bout d’un an grâce aux sélections sur dossier. L’ISIT est une école très professionnalisante où les stages et les expériences à l’étranger sont obligatoires. Melle KANE a donc fait un premier stage de trois mois en hôtellerie en Allemagne de juillet à septembre 2014. Melle KANE a ensuite poursuivi avec un semestre Erasmus, toujours en Allemagne, entre octobre et décembre 2014.

Bien des jeunes issus de l’immigration n’ont pas de projet professionnel clair et cohérent. Ils font des études d’abord et s’interrogent, après coup, sur le métier qu’ils vont convoiter. Melle Fatimata KANE, d’une maturité précoce, veut être un pont entre l’Europe et l’Afrique, la diaspora, riche de sa diversité culturelle, étant une chance pour la France : «Pour réfléchir davantage à mon projet professionnel que je voulais connecté à l’Afrique, j’ai pris une année de césure entre ma première année et ma deuxième année de master (2016-2017). Cela m’a permis d’avoir une expérience de 6 mois en tant que chargée de communication dans une entreprise spécialisée dans la monétique (Leixem Africa) à Dakar et une expérience de 3 mois en tant que chargée de projet et de communication dans une ONG (Africa Unite), à Cape Town» dit Melle KANE.

Par ailleurs, dans le cadre de ses études, Melle KANE a également pu intégrer le parcours «entreprendre de l’ISIT», qui lui a permis de co-créer Frog’Eat : «C’est une plate-forme de foodsharing qui permet aux étudiants de mon école qui n’aiment pas ou qui n’ont pas le temps de cuisiner, de commander les plats préparés par d’autres étudiants de l’école. Comme mon école n’avait pas de cantine, c’est une solution plus abordable et plus saine que les fast-foods et les distributeurs automatiques» précise-t-elle.

Mme Fatimata KANE est diplômée d’un Master Communication Interculturelle et Traduction depuis le 12 janvier 2019.

En raison de ses hautes qualifications, Melle KANE a obtenu un emploi chez P.S.A. Allemagne depuis le 7 janvier 2019, de Chargée de projet événementiel dans le cadre d’un contrat VIE (Volontariat international en entreprise), de deux ans. Pour les jeunes Français issus de l’immigration, les grands groupes industriels français (Total, Elf, Orange, Eiffage, etc.), qui ont des contrats juteux en Afrique, rechignant encore à leur donner une chance, ont intérêt à les employer. En effet, ces jeunes sont qualifiés et connaissent parfaitement l’environnement culturel de l’Afrique, ce qui est un atout non négligeable, pour le développement de ces entreprises.

Fatimata KANE se projette dans un avenir à moyen ou long terme ; elle souhaiterait, un jour, avoir une expérience professionnelle dans un pays d’Afrique anglophone.

Pour Melle KANE, l’objectif final est de pouvoir, grâce à son expertise internationale, entreprendre au Sénégal, en  créant de l’emploi dans une dimension panafricaine. «J’ai envie de m’engager avant tout pour l’éducation, car je crois que c’est grâce à une éducation enracinée dans les valeurs et l’histoire de l’Afrique que nous réussirons à nous décoloniser mentalement et à faire avancer notre continent» dit-elle.

Souhaitons plein succès à Fatimata KANE, dans son projet professionnel, et que les jeunes issus de l’immigration sachent aussi, qu’avec l’école, l’effort et la rigueur, on peut, tout en étant ouvert aux autres, rester soi-même, épanoui et serein pour l’avenir.

Paris, le 13 janvier 2019, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«Fatimata KANE, un modèle pour la seconde génération des Danthiadynabé de France» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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