Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 15:18

Le président Ali BONGO, victime «d'une grosse fatigue», depuis le 24 octobre 2018, en Arabie saoudite, après de folles rumeurs, sera, finalement, remplacé, par intérim, par un vice-président, en la personne du premier ministre.  Les forces colonialistes ont pris du temps, pour préparer proprement la succession, dans un pays si riche et convoité. Pourtant, l'article 13 de la Constitution gabonaise est très clair, en cas d'empêchement constaté du président de la République ou de vacance du pouvoir, c'est le président du Sénat, en cas d’empêchement de ce dernier, le 1er vice-président du Sénat, qui exerce l'intérim. De nouvelles élections présidentielles doivent être organisées, dans un délai entre 30 et 45 jours : «L’autorité qui assume l’intérim de la présidence de la République, ne peut se porter candidat à l’élection présidentielle» article 13 alinéa 2, de la Constitution de 26 mars 1991, modifiée, en dernier lieu, le 19 août 2003. Il n'appartient donc pas au Conseil constitutionnel, qui n'a constaté aucune vacance ou empêchement d’Ali BONGO, de modifier la Constitution ; c'est une illégalité manifeste, c’est un coup d’Etat constitutionnel. Mais le Gabon, c'est du pain béni pour la Françafrique ; on ne lâche pas si facilement une si bonne vache à lait. Tous les moyens sont donc bons pour conserver la mainmise sur ce pays de 2 millions d'habitants, avec ses richesses extraordinaires, c’est l'une des places fortes de la Françafrique.

L’Afrique n’est pas pauvre, mais ce système néocolonial mis en place par De GAULLE et Jacques FOCCART (Voir mon article, De GAULLE et l’Afrique) qui génère cette misère noire, la castration des intellectuels et les vagues d’immigrants et de réfugiés. Ainsi, le premier président du Gabon, était Léon M’BA (1930-1967), un partisan du RDA qui a mis de l'eau dans son vin, momentanément. Quand il a perdu les élections de 1957, les barbouzes de FOCCART l'ont aidé à débaucher des députés contre Jean-Hilaire LABEAUME. Devenu premier président du Gabon, Léon M’BA a été renversé par un coup d'Etat en 1964. Mais qu'à cela ne tienne, les parachutistes français l'ont remis au pouvoir, dans ce conflit interne, au nom des accords de coopération. Cependant, à partir de 1965, lorsque Léon M’BA était malade et condamné, et qu’il se soignait à Paris, Jacques FOCCART eut l'idée de le faire seconder, par Albert-Bernard BONGO, ou Omar BONGO (1935-1979), en qualité de vice-président du 12 novembre 1966 au 2 décembre 1967, un homme fidèle et acquis aux intérêts du Maitre, notamment d'ELF Aquitaine. L'Elysée a pris aussi la précaution de l'adjoindre d'un conseiller de choc : Robert BOURGI, celui voulait, dit-il, "niquer" François FILLON, avec ses cadeaux de costumes. Ainsi donc au décès de Léon MBA, en 1967, la famille BONGO est ainsi déjà installée au GABON, par une manipulation de la Constitution, qui dure depuis maintenant plus de 51 ans. En effet, les barbouzes français assassinent, en 1970, le principal opposant à Bongo, M. Germain M’BA. En 1977, un opposant N’Douna DEPENAUD, est assassiné, dans des conditions non encore élucidées. Devenu unique candidat, d’un unique parti, le Parti démocratique gabonais, Omar BONGO, se présente, pour la première fois, à l’élection présidentielles de 1979, il est élu avec un score soviétique de 99,97%. En 1990, après une grève générale, et avec la fin de la guerre froide et l’émergence du multipartisme, BONGO, pour calmer le jeu, nomme un opposant Casimir Oyé M’BA, qui est également assassiné dans des conditions mystérieuses. La Françafrique ne badine pas avec les personnes qui menacent ses intérêts. Seul aux commandes, ses adversaires sérieux étant systématiquement éliminés, BONGO est réélu en 1998, avec 66%. Aux obsèques de BONGO, le 16 juin 2009, la Françafrique reconnaissante a envoyé une forte délégation composée de Nicolas SARKOZY, Jacques CHIRAC, Jean-Louis DEBRE, Robert BOURGI et Patrick BALKANY. Léopold Sédar SENGHOR n’a pas bénéficié de ces honneurs.

Le fils d’Omar BONGO, Ali BONGO, converti à l »Islam en 1973, grand amateur de vins et de voitures de luxe, était ministre de la Défense, à partir de février 1999, désigné comme vice-président du Parti démocratique, c’est en toute logique qu’il succède à son père aux élections du 30 août 2009.

En 2018, dans cette succession d'Ali BONGO, né le 9 février 1959, et compte tenu du précédent de 1967, on s'attendait à ce tripatouillage constitutionnel. On le sait maintenant : le premier ministre, Emmanuel ISSOZE N'GONDET, assure l'intérim. Finalement, la présidente du Conseil constitutionnel, une ex-maîtresse d'Omar BONGO, avec qui elle a eu 2 enfants, a fait ce qu'on lui avait demandé de faire : valider un intérim non prévu par la Constitution. Déjà la présidente du Conseil constitutionnel gabonais était venue, par deux fois, au secours du fils de son amant, Ali BONGO, dans 2 élections sérieusement contestées.

Dans le domaine des régimes préhistoriques et monarchiques africains, tout ce qui est provisoire à tendance à s'éterniser. «J'y suis. J'y reste» telle est la devise de ces monarchies constitutionnelles. Les Togolais en savent quelque chose, avec la dynastie des EYADEMA. Au Cameroun, Ahmadou AHIJO, que l'on avait persuadé de la gravité de sa maladie, s'était fait remplacé, provisoirement, par son premier ministre, un certain Paul BIYA, qui, après 36 ans au pouvoir, et à 85 ans, repart pour un mandat de 7 ans. Les KABILA au Congo : ça vous dit quelque chose ? Hissène HABRE, président au Tchad à la suite d’un coup d’Etat entre 1982 et 1990, était aidé par la Libye ayant annexé la bande d’Aouzou. Hissène HABRE est poursuivi et condamné à mort, pour crime contre l’humanité. En fait, Idriss DEBY, un président aux ordres depuis le 2 décembre 1990, a remis les gisements de pétrole importants de la bande d’Aouzou à la Françafrique. Idriss DEBY, au pouvoir depuis 28 ans, a modifié la Constitution, le 4 mai 2018, et peut se représenter, indéfiniment.

Ce rafistolage constitutionnel au Gabon, c'est comme le nouveau beaujolais : il est bien arrivé, mais sans être ni Hallal, ni Cracher. Il est tout simplement fait maison, à l'Elysée, pour le plaisir du palais.

Bonne dégustation, pour entreprises qui ont ramassé le jackpot ! Mais c’est un vin frelaté par les larmes et le sang des Africains, il a un goût amer d’injustice et de pillage de notre continent.

Paris, le 15 novembre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Un coup d'Etat constitutionnel au Gabon : le nouveau beaujolais est arrivé» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0

commentaires

Liens