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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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27 octobre 2018 6 27 /10 /octobre /2018 16:08

J'ai été profondément traumatisé par la mort de Bouna et Zied en 2005, deux jeunes poursuivis par des forces brutales, dont le devoir est pourtant de nous protéger, et qui sont décédés cramés dans un transformateur électrique. On avait alors prétendu que s'ils se sont sauvés, c'est qu’ils auraient quelque chose à se reprocher. Or, depuis l'affaire Théo, violé avec un tonfa, on comprend mieux pourquoi Bouna et Zied s'enfuyaient, lors de ces contrôles au faciès.

112 jeunes sont déjà morts, souvent étouffés par les forces de l'ordre (Amadou KOUME, Adama TRAORÉ, etc.). A chaque fois, le scénario est le même : ce sont des jeunes qu'on accuse d'avoir un casier judiciaire. Comme si les antécédents judiciaires, à eux seuls, sont devenus, dans ce pays, une permission suffisante de tuer nos enfants, lors d'une banale promenade. Pourtant, il y a des jeunes issus des quartiers, comme Kyllian MBAPPÉ, qui représentent l'honneur et la fierté de ce pays. Le fait d’être jeune de banlieue n'est, en soi, ni un délit, ni un crime.

Les familles des victimes, réclamant justice, sont souvent pourchassées et condamnées pour "rébellion". Par ailleurs, ces familles n'ont jamais reçu, de la part des autorités étatiques, une visite, un soutien ou une réponse à leurs correspondances, comme c'est le cas pour d'autres ethnies, où l’on s’empresse de faire des communiqués.

Pire, les auteurs de ces crimes ont continué d'exercer leurs fonctions, comme si tuer un jeune des quartiers est devenu un acte d'héroïsme et de salubrité publique. On connaît aussi, les calomnies permanentes à l'encontre des personnes habitant dans ces zones de relégation : "ces quartiers où la police n'ose plus aller" ou "avant on vivait mieux". Dans cette stratégie colonialiste, au lieu de renforcer l'offre de l'éducation nationale, il est même envisagé de mettre des policiers dans les salles de classe ou de créer de nouveaux centres de détention pour nos enfants. C'est une logique permanente de stigmatisation, d'instrumentalisation, de calomnie, de prédation et de violence. Le sentiment de la peur de l'autre et la répression ont pris le pas sur la nécessaire prévention. Pour les racisés, il n’y a que la politique du bâton, parfois du meurtre : "Surveiller et punir" comme le dirait Michel FOUCAULT, telle est devenue la logique colonialiste d'un Etat qui affirme encore son caractère républicain.

J'ai parfois l'impression que notre Etat de droit est devenu une démocratie ethnique. En effet, dans ces violences urbaines, c'est une justice à deux vitesses protégeant l'assassin contre les victimes, le fort contre le dominé, le Maître contre l'indigène de la République. En effet, quand on appartient à l'ethnie dominante, on est traité de manière équitable (Georges TRON, accusé de viol, devant les assises comparaît libre), ou on échappe même carrément à la justice (Dossier de viol à l'encontre de Johnny HALLYDAY qui a eu droit à un hommage national aux frais des contribuables, alors qu’il doit encore 10 millions d’euros au fisc ; c’est l’impunité pour Serge DASSAULT jusqu’à sa mort, et la famille BALKANY ; Christine LAGARDE est condamnée, mais dispensée de peine ; impunité totale dans l’affaire du Crédit Lyonnais, impunité des délinquants en col blancs fraudant le fisc, mais on s’acharne contre les retraités, les fonctionnaires, et tous les faibles). Par ailleurs, Eric ZEMMOUR et Alain FINKIELKRAUT, des négationnistes propageant la haine, sont des vedettes sur les plateaux de télévision, et le Front national devenu «Rassemblement national» qui distille le poison de la haine, est un parti respectable, tant qu’il s’acharne contre les racisés. Pourtant, le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. En revanche, un banal contrôle au faciès peut de conduire au meurtre de nos enfants. Booba et Kaaris, à la suite de leur bagarre stupide à Orly, c’est tout de suite le gnouf et la condamnation. En revanche, gare à la famille des jeunes étouffés à mort qui protesteraient contre les lenteurs de la justice. Face à un traitement aussi différencié de la justice, je réaffirme que quand on raison, c'est un droit légitime de résistance à l'oppression, conformément à l'article 2 de la déclaration des droits de l'homme. On ne peut pas tuer impunément nos enfants, et nous demander de nous taire, de rester sages et résignés.

Face aux obstructions et au dilatoire, il n'y aura pas de paix durable, sans vérité et justice. Si on a tort, la loi républicaine doit s'appliquer, sans rigueur excessive, mais de façon équitable. Aucun citoyen n'est au dessus des lois. Je n’ai aucune considération, aucune excuse à l’égard d’un racisé qui se complait dans la délinquance. Quand on vient d’ailleurs, il est impérieux de s’écarter du Mal, et de tendre, sans cesse, vers l’excellence, d’autant plus que ce pays, par l’éducation et la formation, l’ascension sociale est rude, mais elle reste possible. En effet, c’est difficile pour tout le monde, il faut donc se battre trois plus que les autres, pour s’en sortir. Très souvent, ces délinquants ne s’attaquent pas aux gens du château, mais ils pourrissent la vie de leurs voisins. Tout délit, aussi mineur qu’il soit, doit être traité. Mais ces infractions restent des comportements individuels, et ne doivent, en aucune manière, être imputés, de façon indifférenciée, par des stigmatisations ou instrumentalisations, à tous les racisés. Dans les autres communautés, il y a aussi des délinquants odieux, et les médias en rendent compte à longueur de journée. La plupart des racisés, dans leur écrasante majorité, sont des héros du quotidien, respectueux de la loi, et qui se battent pour s’en sortir, en dépit de leurs conditions de vie pénibles. J’en profite pour rendre un vibrant hommage à tous les élus des quartiers, qui oeuvrent, sans cesse, pour un bien-vivre ensemble, avec des ressources financières de leur collectivité qui ne cessent de baisser, au profit des nantis

En revanche, si on a raison, je ne comprends pas ce déni permanent et ces obstructions à la vérité parce qu’uniquement les forces de l’ordre ont failli à leur mission de protéger. On a droit à ce que justice soit rendue. En effet, nous ne sommes plus les indigènes de la République, nous aussi de la France, des citoyens avec nos obligations, mais aussi avec nos droits. Citoyens de la République, à part entière, et non entièrement à part, nous voulons vivre ensemble dans le respect mutuel.

Aussi, nous continuerons à réclamer Vérité et Justice pour Bouna et Zied, Théo, Adama TRAORÉ, et ce jeune récemment abattu à Nantes le 3 juillet 2018, ainsi que pour ces jeunes fauchés injustement à l'aube de leur vie, parce qu'ils n'avaient pas la bonne couleur. J'imagine que si ces 112 jeunes assassinés étaient des Blancs ou des Juifs, la réponse de la justice, la réaction de la population, des médias, et surtout celle des autorités étatiques, seraient terriblement différents. Pourtant, devant cette indignation particulièrement sélective, cette hiérarchisation de la valeur de chaque vie, je continuerai de crier à la face du monde, par rapport aux valeurs républicaines d'égalité : UN égale UN, à moins que je ne sache plus compter.

Vérité et Justice, on ne lâche RIEN ! No Pasaran !

Paris, le 27 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Vérité et Justice, pour les 112 jeunes étouffés à mort par les forces de l'ordre

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