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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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30 octobre 2018 2 30 /10 /octobre /2018 12:46

«Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse», avait déclaré Nelson MANDELA, un humaniste habité par l’espoir et l’espérance. L’Africain, victime de longue date de préjugés, a fini par les intérioriser, et se croyant ainsi qu’il est voué, éternellement, à se maintenir dans l’esclavage, à se cantonner dans le statut de consommateur, dans la dépendance et les travaux ingrats et mal rémunérés. Pourtant, des signaux faibles et forts, indiquent qu’une race de capitaines d’industrie issue de la diaspora, est entrain de voir le jour. Ainsi, Nelly WANDJI, consultante et entrepreneure,  est à l’initiative d’une galerie-boutique, au 93 rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris 8ème, une adresse prestigieuse, dans le quartier des grandes marques de luxe et des grandes galeries d’art. C’est une entreprise jeune, qui génère des revenus à près de 7 chiffres. Cette initiative, qu’il faut saluer et encourager, est un challenge attestant, qu’en dépit de l’afro-pessimisme ambiant, certains entrepreneurs de la diaspora, comme Nelly WANDJI, ont vaincu «la montagne raciale», en référence à une expression de Langston HUGUES, un poète américain. En effet, l’Afrique est un continent d’opportunités, de talents et de créativité en qualité et authenticité. «La galerie est née de la volonté d’offrir aux acteurs des arts et cultures d’Afrique une place internationale pour raconter l’héritage, se rencontrer, échanger et enfin développer économiquement  les activités des uns et des autres» dit-elle à Ici Cameroun. Les sélections proposées sont méconnues de l’International. La création africaine est en plein essor ; il existe des personnes curieuses, à la recherche d’objets rares, uniques et authentiques. Nelly WANDJI a créé les conditions d’un partenariat avec les créateurs africains qui se développe. En effet, il manquait, à Paris, un lieu pérenne faisant la synthèse des univers africains du luxe et du Lifestyle contemporains tels que l’art, le design et la mode. La galerie Nelly WANDJI, du nom de sa créatrice, à Paris 8ème, est donc un espace pour la  visibilité et l’accessibilité de la création africaine : «Je voulais valoriser l’Afrique, sans distorsions ni raccourcis, après mon expérience dans l’horlogerie et la joaillerie. Avec cette adresse, je souhaite présenter les créations du continent sous leur meilleur angle» explique Nelly WANDJI, dans le Point Afrique. Il s’agit de «mutualiser les efforts et capitaliser nos réseaux respectifs pour garantir le succès» dit Mme WANDJI. Pour cela, il faut revaloriser la valeur travail, et s’éloigner de l’assistanat, du défaitisme, de l’inhibition tétanisante, ainsi que des lamentations permanentes : «Je ne suis pas une fille à papa friquée. Je bosse, je me lève à 5 heures du matin et me couche à minuit», dit-elle. Derrière cette initiative, se cache l’envie d’ouvrir de réelles boutiques permanentes en Europe, mais surtout en Afrique où la demande est en constante progression.

Née au Cameroun, et après avoir obtenu un bac de comptabilité, Nelly WANDJI, poursuit, à la «Paris Graduate School of Management», des études en commerce international, avec une spécialisation en Marketing du management de luxe. «Mes parents ont toujours voulu que mon parcours soit structuré et débouche sur quelque chose de concret» dit-elle. A Douala, quand ses enseignants la questionnent sur son futur métier, elle répond sans hésitation : «Je serai douanière, car la douane est la porte d’entrée d’un pays. Je contrôlerai tout ce qui entre et tout ce qui sort». Nelly WANDJI a travaillé pour plusieurs grandes marques internationales, dans le secteur de la joaillerie et l’horlogerie  en particulier. Durant sa formation elle a effectué une année d’échange entre la Suède, à Stockholm et Lettonie, à Riga. Sa première mission est dans le 6eme à quelques pas du «Bon marché». Sensible aux parcours des grandes maisons, et grâce à cela, Nelly WANDJI s’est spécialisée en management du luxe ; cela lui a ouvert les portes du luxe. Elle a 24 ans quand elle démarre comme assistante marketing avant de gravir les échelons. Bientôt, elle accompagne le développement des marques de l’entreprise en France et dans toute l’Europe. Titulaire d’un M.B.A, Nelly WANDJI a intégré un grand groupe international (n°1 mondial de l’horlogerie, Swatch), et, a travaillé sur un projet d’implantation de nouvelles boutiques en Europe (17 points de vente, dans 6 pays européens). Nelly WANDJI avait alors la responsabilité de coordonner tous les réseaux en Europe (42 points de vente). L’aventure dure quatre ans, jusqu’à ce que Nelly WANDJI s’interroge sur son identité et la possible contribution de l’Afrique au commerce international. Et puis la jeune femme s’interroge sur les possibilités de bâtir un grand groupe de luxe africain. «Je suis fascinée par les grandes maisons françaises et par leur aptitude à s’imposer et à cristalliser une certaine adoration, mais je suis africaine avant tout». Nelly WANDJI a beaucoup voyagé et cela lui a permis d’éveiller sa curiosité. Sa transition professionnelle s’opère peu après un voyage à Milan. Dans la vitrine d’une boutique italienne, elle découvre le travail de la styliste italo-haïtienne Stella JEAN : des pièces en tissu Wax et Faso Dan Fani. C’est le déclic qui suscite son envie de valoriser les talents africains. Puis, en 2013, elle se rend à la «Fashion Week» d’Accra, au Ghana, alors capitale de la mode africaine, supplantée aujourd’hui par Lagos la nigériane. À son retour en France, elle rapporte dans ses valises une flopée de pièces de créateurs des deux pays dans l’optique de faire découvrir «ce fabuleux monde» en racontant d’où viennent les uns et les autres, et quel est le processus de fabrication suivi. Comptant, bien entendu, les proposer à la vente.

Fascinée par la Douane : «Quand j’étais petite, je rêvais d’être une femme très importante, d’avoir de l’influence sur les autres ; celle qui contrôlait les entrées et les sorties, cela signifie de comprendre comment pouvoir agir sur les leviers de la performance d’un pays, ou de proposer des choses intéressantes». C’est en raison de ce rêve d’enfant, que Nelly WANDJI a évolué vers le commerce international ; elle avait cette ambition de comprendre les flux du monde, avec une vision globale, elle a beaucoup voyagé pendant ses congés, très curieuse de tout, elle s’est rendue compte que «les Africains ne sont pas si différents des autres, mais ont une difficulté à faire valoir qui ils sont» dit-elle. Dans le monde entier, on a une vision, une image des autres pays (La France, produits de luxe, gastronomie, beau pays). Mais quand on évoque l’Afrique, c’est l’ignorance la plus complète. A tout le moins, l’Afrique est ramenée aux stéréotypes que véhiculent les médias (la famine, les guerres, les dictatures, les flots d’immigrants). Avec sa double culture, une grande richesse Nelly WANDJI souhaite que l’on porte un autre regard sur l’Afrique : «Je me rends compte, que ce qu’on appelle le «racisme» est alimenté par la méconnaissance de l’autre. Les gens ne connaissent pas, et ils ont peur de l’autre, parce qu’ils ne se connaissent pas. Mais si on parle des choses positives de l’Afrique (gastronomie, art, mode, design, destination de vacances) cela créé un autre imaginaire. Etant dans un groupe international, on parlait de tout, sauf de l’Afrique, même en matière commerciale. Je me  suis dite, je ne vais passer ma vie à servir les autres. J’aimerais contribuer à partager et à changer les choses» dit-elle.

Mme WANDJI se lance, alors, dans les affaires en créant d’abord une plate-forme. Quand on parle de projet, on pense tout de suite à des études de marché, des business plan, des scénarii de vente. Mme WANDJI a choisi une autre méthode, celle de la stratégie dite «Incremental Growth» (Croissance progressive). On procède par itération. Il est recommandé de débuter par une structure modeste. On évalue ses résultats, on les confronte aux ambitions de départ, et on fait des ajustements. Il ne faudrait donc pas partir d’une idée figée, ou d’un projet pharaonique avec des capitaux colossaux. Au départ, «On part avec une volonté, une vision, une envie, mais on abandonne toute méthode figée ou des idées arrêtées. C’est le marché qui nous guide, nous donne la direction. Si on a des convictions et des moyens importants, on peut résister au marché. Le défi au départ, c’est la méconnaissance des autres, des talents africains. Il fallait bien communiquer sur ce point» dit-elle. En Afrique, il y a beaucoup de créativité, de marques, des artistes talentueux, mais très peu de produits sont accessibles. «Le magazine Vogue a traité du design africain ; cela veut donc dire qu’il y a un intérêt, mais si quelqu’un veut acheter des produits africains, comment s’en procurer ? d’où l’idée de la plate-forme» dit Nelly WANDJI. C’est ainsi que naît le concept de la plateforme digitale : «MoonLook», que Nelly WANDJI, désormais cheffe d’entreprise, ouvre en 2014. «Je me suis attachée à des marques de tout le continent et qui ont leur propre A.D.N» dit-elle. Mais Internet, c’est difficile, c’est comme un océan, avec une masse de plus en plus importante d’informations, et il faut bien communiquer, émerger de la masse, pour s’y faire bien connaître. Et pour cela, on peut soit investir beaucoup de fonds en publicité ou sur les réseaux sociaux.

La plateforme, après un stade d’évolution de l’entreprise, ne suffit plus, à elle seule. En effet, la clientèle de luxe, particulièrement exigeante, a un besoin de voir les produits, de les toucher et de solliciter, éventuellement, une adaptation et une personnalisation de ce qui est proposé. Par conséquent, il fallait surtout provoquer une rencontre avec les gens, physiquement. Nelly WANDJI, crée alors, en octobre 2014, une boutique éphémère, au boulevard Beaumarchais, à Paris qui a duré 1 mois (15 marques de designers africains et de la diaspora, sur 35 mètres, 700 pièces vendues, avec un prix moyen de 80 €).  En avril 2015, 800 pièces ont été écoulées, avec un prix moyen plus élevé. «C’est là que j’ai compris que j’aurais dû ouvrir mon propre espace dès le début ! Il ne s’agissait plus seulement de mettre la mode à l’honneur, mais d’exprimer ce qui me tenait à cœur» dit Nelly WANDJI.

La galerie, au cœur du triangle d’or, un espace parisien en quête de création africaine d’exception, est une opportunité offerte aux jeunes marques de se faire connaître (événement, lancement présentation à l’occasion des «Fashion Weeks»). «Je veux que ma galerie soit un lieu de passage consacré à la créativité africaine à Paris, de la mode au design en passant par l’art, confie-t-elle. Je veux proposer des choses que l’on peut toucher et emporter» dit-elle à Jeune Afrique. Comment fait-on pour avoir un local commercial à Paris ? Il y a plusieurs formules, soit on accepte un bail précaire de la part de personne ayant déjà un bail, soit on essaie d’être soi-même le propriétaire du bail. Si on veut être bailleur, on a deux options, soit on achète un «pas-de-porte», également appelé «droit d’entrée» (Local vacant, un supplément de loyer ou une indemnité devant être précisé dans le contrat, c’est un actif incorporel), soit un bail dont le loyer est un peu plus élevé. On aura les frais d’agence à payer, soit l’équivalent de 3 mois de loyer, et une garantie que le bailleur va demander, environ 6 mois de loyer. Avant de s’engager, il faudrait économiser par conséquent, un an de loyer. Il est recommandé de démarrer son affaire avec un petit projet, en testant le marché. Mme WANDJI avait déjà fait des événements éphémères et qu’elle avait des chiffres, des volumes et savait qu’elle pouvait vendre, et envisageait de passer sur une gamme de produits. Elle avait donc une petite société qui avait de l’activité et une banque, elle a demandé à la banque de la suivre sur ce projet de la rue Faubourg Saint-Honoré, à Paris 8ème. Si on veut acheter un pas-de-porte, la banque peut le financer, c’est une immobilisation qui prend souvent de la valeur et qui est rarement dépréciée. Par ailleurs, il existe des organismes à Paris et sa proche banlieue proposant des locaux à louer dans des zones dans lesquelles, ils souhaitent revitaliser le commerce. Un organisme gère ces offres de locaux, c’est  la SEMAEST, (sans pas-de-porte, mais dépôt de garantie de 3 mois, taxe annuelle d’habitation, charges trimestrielles, frais de rédaction du bail à prévoir). On peut candidater en ligne sur le site de la SEMAEST. Mais ce sont des locaux convoités, il faut avoir un projet solide.

Une des difficultés majeures, pour le commerce des produits africains, est la déficience de production en quantité. On n’a pas des volumes importants. Les jeunes designers ne peuvent pas encore produire en série, par manque d’unités de production performante. Pour mettre en place une unité de production, cela coûte cher ; certains s’appuient sur d’anciennes usines qui existaient, mais pour cela, il faut avoir, au préalable beaucoup de volume, et un personnel, techniquement bien formé. Si on travaille sur des matériaux fragiles, il est nécessaire de recruter des modélistes (découpe) et des machines pour exécuter de belles finitions. On n’est plus à l’échelle artisanale du tailleur. Les jeunes designers font eux-mêmes certains travaux avec leurs petits ateliers, avec quelques artisans tailleurs qu’ils forment, mais quand on monte en gamme, c’est difficile pour eux de répondre aux exigences de qualité du luxe. «En montant en gamme, on a un travail de qualité plus long, et plus cher» d’où l’installation de sa galerie à Paris. «Sur Internet, il y a beaucoup de concurrence et sur l’offre Afrique, il est nécessaire pour le client de luxe, de voir et de toucher » dit-elle. Ainsi, durant l’année 2016, Mme WANDJI a travaillé pour trouver un lieu, une galerie, sans idée préconçue, mais en changeant de gammes et de clientèle, elle avait des exigences pour les zones où elle voulait s’installer. Elle entame des recherches d’un local adapté, d’abord autour du Bon Marché, à Paris 6ème, puis le Marais, à Paris 4ème, pour s’installer à la rue du Faubourg Saint-Honoré connue pour sa notoriété concernant les marques internationales. Mme WANDJI est animée de ce désir de positionnement de l’offre africaine pour la sortir d’une image folklorique ou négative. Ce qu’elle fait, c’est de la haute couture, du nouveau luxe, à l’africaine, même si elle ne dispose pas encore de la notoriété et de la marque qui vont avec. Son offre propose les pièces les plus recherchées, mais ce sont de petites éditions.

Nelly WANDJI se fixe des objectifs ambitieux, mais atteignables : «Mon ambition en France c’est de viser 1% du marché, soit 10 millions. A court terme, c’est de consolider son affaire et d’accélérer sa croissance avec internet, en permettant aux designers africains de proposer leurs offres en ligne» dit Nelly WANDJI. En effet, les Africains de la Diaspora (44 millions) ont envoyé en 2016, en Afrique, 70 milliards de dollars. A titre comparatif, LVMH représente 20% du luxe, soit 217 milliards de dollars. Par conséquent, les transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique, c’est un peu plus d’un tiers du chiffre d’affaires de ce groupe français. «Chacun doit faire le sacrifice qui lui convient pour se réaliser» dit-elle. En effet, l’Afrique est un potentiel de marché considérable, si les entreprises de la diaspora proposent une offre adaptée. Par ailleurs, en termes de parts  de marché sur le continent noir, en 2017 près de 300 000 Africains avaient plus de 1 million d’euros «High net worth individual» en liquidité; ils sont obligés pour consommer de se rendre en Europe. Pour les designers africains, cela reste toujours compliqué de suivre la demande, en raison du cloisonnement (routes logistiques), en particulier d’un pays africain à l’autre. L’objectif de la plateforme c’est de relier les consommateurs africains aux designers africains, où qu’ils soient. Paris, provisoirement est la base opérationnelle. Un Africain aisé vient une fois par an à Paris, devenu en raison de la colonisation la plateforme africaine. Après l’ancrage à Paris, il faudrait se développer sur le continent noir. Les Africains ont de l’argent pour consommer du luxe, ils sont exigeants. Il faudrait y ajouter l’authenticité (un vrai produit africain ne peut pas être  fabriqué en Chine). Il faudrait entamer l’industrialisation de l’Afrique, être ambitieux, en améliorant la qualité de nos produits, pour nous-mêmes et ensuite pour les autres. Les marques sélectionnées par la galerie sont des marques de luxe d’origine africaine avec  de très petite série. «Si on ne veut pas être locataire chez nous, il faut qu’on se mette au travail» dit-elle.

La diaspora ne devrait pas redouter de se lancer dans les affaires : «Il faut être capable de se projeter, de ne pas se limiter, on peut bâtir des choses» dit-elle. Ainsi, LVMH est un jeune groupe de moins de 30 ans, si on veut bâtir un groupe, au début on ne sait pas où est-ce qu’on va, mais il faut savoir se projeter, comment ça se fait on apprends en le faisant. Il faut se retirer la barrière, «c’est difficile, je ne vais pas y arriver». La finalité c’est de se dire dans 10 ou 15 ans, on sera capable de proposer des produits, d’avoir des marques africaines, connues et reconnues, ailleurs qu’en Afrique. Il faut changer l’image de l’Afrique, qui n’est pas seulement que celle des guerres et des famines, c’est aussi et surtout, la beauté du monde. «L’Afrique, c’est le sous-sol du monde (60% des matières de l’Afrique), et d’injecter la créativité avec les matières premières dont on dispose. Cela se rapproche de son rêve d’enfant, «contrôler les entrées et les sorties». Il faut sortir le maximum de choses de l’Afrique (coton transformé, cuir meilleures tanneries, les Italiens vont au Nigeria acheter des peux qu’ils revendent à travers les marques). Il faut un travail de labellisation de l’Afrique, (tissage sénégalais, broderie marocaine). Il faut protéger nos marques, mais pour cela, il y a un besoin de formation et d’accompagnement des Africains», dit-elle. Contrairement à une idée reçue, suivant laquelle «les Africains ne savent rien faire», en fait, les «Africains ne sont pas formés à mieux faire». Ce qui fait la qualité des produits européens, c’est plusieurs années de formation et de transformation. C’est au travail et à la formation de combler ce retard, et même de repenser la production avec les contraintes actuelles de l’environnement (rareté des matières premières, la pollution de la terre), et faire une proposition de valeur ajoutée : labelliser le maximum de produits africains, former et accompagner, afin de diffuser le maximum de ces produits à l’échelle mondiale. Les produits proposés sont de luxe, comme parfois ceux proposés par les grands magasins. Cependant, les grands magasins font beaucoup de communication et répercutent ce coût sur la vente de leurs produits, c’est la seule différence avec le luxe africain.

Mme WANDJI ne s’est pas posée d’objections au démarrage de son projet. «Il faut confronter ses idées au terrain. Il faut en parler aux personnes de confiance, expérimentées. J’ai été accompagné par plusieurs mentors qui me conseillent sur les différents aspects de mon métier. Il faut avoir cette facilité à échanger avec les autres, à challenger ses idées, et être à l’écoute de ce que l’autre peut transmettre par son expérience ou sa clairvoyance. Se fixer un objectif et résoudre les problèmes au fur et à mesure» dit-elle. La diaspora devrait prendre des risques et valoriser davantage le continent africain. «Si on veut changer les choses, il faut avoir les mains dans le cambouis, on peut enrichir les autres. Si on a des projets pour l’Afrique, ce ne sera pas derrière un ordinateur d’un grand groupe» dit-elle. Il faut savoir oser «j’ai quitté mon travail bien rémunéré, je n’avais pas de plan B, j’étais un peu folle sur les bords. S’il n’y avait pas de folie, il y a tellement de choses qu’on n’atteindrait pas dans cette vie. Il faut avoir une confiance en soi, sauter dans le vide, croire en ses idées, ce qu’on est capable d’apporter et oser de changer les choses» dit Nelly WANDJI. Finalement, dans l’inconnu, il y a tout ce qu’on doit bâtir. «Si ce n’est pas nous les Africains qui bâtissons l’Afrique, les autres vont nous la voler cette Afrique, et ils ont déjà commencé à le faire, et chaque jour un peu plus, avec tous ces grands groupes qui prennent des parts de marchés et qui asservissent les Africains. 90% du chiffre d’affaires de ces entreprises est rapatrié dans leur pays d’origine. On a en Afrique une croissance à deux chiffres, mais dans la vraie vie, les Africains sont toujours pauvres». Les Africains et leur diaspora devraient se battre pour une économie inclusive de chaque africain, de la culture africaine, de l’idéologie des Africains «On doit être plus fiers de nous, conscients de la valeur qu’on a, de notre richesse, et s’évertuer à transformer chacune de ces richesses en offre de services, en produits, en œuvres d’art qu’on va partager avec les autres» dit Mme WANDJI.

Nelly WANDJI, dénicheuse de marques africaines depuis plusieurs années ouvre à Paris la première adresse consacrée au luxe et à la créativité africaine. Tandis que l’Afrique s’impose dans les tendances actuelles, notamment sur les derniers podiums internationaux, les créateurs africains rencontrent des difficultés à faire valoir leur savoir-faire et se faire connaître. Par conséquent, «L’espace met en avant la sélection d’une Africaine qui sait où elle met les pieds et a la capacité de flairer les tendances» dit-elle. Il s’agit, pour Nelly WANDJI, de présenter la création artistique africaine «sous sa plus belle lumière». En effet, Nelly WANDJI collabore, notamment avec des créateurs du Sénégal, comme Aissa DIONE, des designers Balla SIDIBE, Pape Ahmadou N’DOYE, Amsa CISSE, Selly Raby KANE, le designer et décorateur Ousmane M’BAYE. Mme WANDJI, par son réseau dense, couvre toute l’Afrique : Imane AYISSI (Cameroun), le plasticien Barthélémy TOGUO (Cameroun), ZYNE (Maroc), Tiffany Amber (Nigeria), les designers AAKS et Christie BROWN (Ghana), les pièces en raphia de Palm Style et la maroquinerie de Mykilim (Maroc), le Design de Maison Intègre (Burkina Faso), le mobilier de Meyer Von Wieligh (Afrique du Sud), ainsi que la joaillière Adèle DEJAK (Kenya), la maroquinerie de luxe d’Aprelle Duany, (une Africaine-Américaine installée au Kenya), les pièces de Laduma NGXOKOLO (Afrique du Sud), Doreen MASHIKA (Tanzanie), Femi Handbags (Nigéria) Nadrey Laurent de Marie Kipré (RCI), les tanneurs du Maroc, les tisserands Burkinabés, et bien d’autres créateurs.

Passionnée d’art, d’artisanat, mode et Design, Nelly WANDJI est une cheffe d’entreprise qui croit en l’Afrique et son développement, par une identité culturelle forte : «valoriser l’Afrique à travers des produits d’exception», tel est son objectif majeur. Son souci est de développer une identité moderne pour la création africaine. C’est ainsi qu’elle créée des rendez-vous favorables à un développement commercial. En définitive, la galerie-boutique de Nelly WANDJI, une adresse prestigieuse est un haut lieu pour la promotion d’une nouvelle esthétique de la culture afro-descendante.“Les créateurs et designers africains créent des œuvres exceptionnelles. Ouvrir un lieu comme celui-ci à Paris, et mettre en avant cette créativité singulière, c’est permettre au monde de découvrir ces talents exceptionnels. Le public parisien recherche de plus en plus d’objets, vêtements ou accessoires venant de Johannesburg, Dakar ou encore Lagos» déclare Nelly WANDJI à Inrockuptibles.

La diaspora ainsi que les Parisiens ont manifesté leur grand intérêt pour la créativité africaine. La galerie de Nelly WANDJI est un espace «où se rencontrent les histoires africaines», un lieu de dialogue avec les Parisiens et les esthètes du monde en quête de création d’exception singulière. 

En définitive, le cosmopolitisme, contrairement aux peurs irrationnelles qu’agitent les esprits étriqués, fait de Paris, une capitale, ouverte sur le monde. «Etre à Paris, c’est un peu comme être au centre du monde. C’est pour cela qu’il a semblé pertinent pour elle d’inscrire cette adresse-là sur un parcours d’un parisien qui se balade pour découvrir de nouvelles choses, ou d’une personne qui voyage et qui découvre les différentes facettes de Paris» dit Nelly WANDJI. Cette opportunité qu’offre Paris, est aussi une formidable occasion, pour la diaspora, de partir à la conquête de l’Afrique, pour une grande créativité.

Contact

Nelly WANDJI galerie, 93 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8ème. Tél 01-40-07-57-37 Sites : www.nellywandji.com/ ; Facebook: @NellyWandjiParis ; Instagram: @nelly_wandji ; Twitter: @nelly_wandji.

Indications bibliographiques

AIRAULT (Pascal), «Nelly Wandji, dénicheuse de talents de la mode en Afrique», L’Opinion, 6 avril 2017 ;

ANTONIOL (Laurine), «Une galerie, concept-store qui met à l’honneur l’Afrique créative et authentique, Nelly Wandji», TimeOut, 14 juin 2017 ;

Club Efficience, “Nelly Wandji, MoonLook”, Club Efficience, 20 août 2016 ;

DANSOKO TOURE (Katia), «Les créateurs du continent se font la place dans la vitrine parisienne de Nelly Wandji», Jeune Afrique du 9 février 2018 ;

DELENTE (Clara), «La mode africaine a désormais son temple, Nelly Wandji»,  Les Inrockuptibles, du 5 mai 2017 ;

LAURENCE (Raphaëlle), «Moonlook, concept store en ligne afro chic par Nelly Wandji», Into the Chic, 5 janvier 2017 ;

MAVEAU (Roger), «La nouvelle adresse tendance de Nelly Wandji»,  Le Point Afrique, du 29 avril 2017 ;

NGAKO (Diane, Audrey), «Entrez dans le Moon-Look, avec Nelly Wandji»,  Ici-Cameroun, n°89, 28 août 22018 ;

ORIOT (Karine), «Nelly Wandji donne carte blanche à Aïssa Dione», Amina, Mag, 23 août 2017 ;

WANATEAM, «La galerie Nelly Wandji, le cabinet (africain) des curiosités», WanaCorp, 28 avril 2017.

Paris, le 26 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«Nelly WANDJI, sa galerie d’art, à Paris 8ème, son Design entre qualité et authenticité» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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