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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 12:10

Je suppose que les images de la violente bagarre, à Orly, le 1er août 2018, doivent faire particulièrement plaisir à Alain FINKIELKRAUT et Eric ZEMMOUR, et à tous ceux qui animés d’un esprit colonialiste et esclavagiste, qui s’obstinent nous ramener au stade de la violence et de la bestialité. Je condamne, sans réserve, ce comportement puéril qui témoigne de l’esprit de quartier, au sens le plus péjoratif du terme.

Quand on est un artiste issu de l’immigration, on a une double responsabilité.

La première responsabilité, c’est le professionnalisme et l’exemplarité dans son travail et son abnégation de montrer aux jeunes de la banlieue, que même si c’est dur pour tout le monde, on peut s’en sortir. Et par ailleurs, les artistes administrent la preuve que le talent est multiple ; il n’y a pas seulement que les diplômes et les postes ministériels pour réussir dans la vie. Aujourd’hui, nos footballeurs, avec leurs pieds, rapportent des millions d’euros, bien plus que certains chefs d’entreprise ou énarques. Pélé et Kylian M’BAPPé incarnent bien ces symboles de cette réussite. C’est par la musique que les Noirs américains, en pleine période de ségrégation raciale, au début du XXème siècle, ont fait irruption sur la scène politique. Je vous ai conté les fabuleuses histoires de Louis ARMSTRONG et de Billie HOLIDAY (voir mes posts sur mon blog) qui ont imposé le Jazz sur la scène mondiale. Au début de cette saga, ils ne jouaient que dans les bars de la mafia, puis cette nouvelle vague de musique a conquis le monde entier, y compris les oreilles des ségrégationnistes.

La seconde responsabilité de l’artiste, en raison de la médiatisation de son travail et de la nécessité aussi de fidéliser ses fans, c’est de faire entendre sa petite musique pour la Justice et l’égalité réelle. Pourtant issus de l’immigration, on les a peu entendus sur la loi scélérate sur l’asile et immigration ou dans les affaires des 112 jeunes de banlieue, étouffés à mort par les forces de l’ordre (Adama TRAORE, Amadou Koumé) ou dans certains cas graves d'injustice (Théo, MUSENGA) ; cela aurait pu être eux ou l'un des leurs. En effet, l’artiste a un rôle éminent dans la sphère publique, et en particulier sur le plan politique, en raison de l’image qu’il véhicule ; il a une lourde responsabilité, un devoir écrasant pour indiquer le bon chemin, le Bien souverain. L’artiste doit, donc, soigner particulièrement son image et sa communication, et se faire aider par son entourage et les professionnels de son métier, afin d’éviter d’être catalogué à la rubrique des faits divers.

Sur le plan de l’engagement citoyen, je sais qu’il y a de nombreux artistes noirs, s’autocensurant, par peur de leurs sponsors et redoutant les réactions négatives, éventuelles, de leur public. Mais je leur dis, qu’en raison de ce monde racisé et ethnicisé, la façon de les traiter n’est pas la même que celle de l’ethnie dominante. On nous dit : «vous êtes des Français comme les autres, on ne parle ni de couleur, ni  de discrimination». Mais les faits contredisent ces bonnes intentions. C'est ainsi que dans cette affaire, pour Booba et Kaaris, c'est tout de suite l'interpellation, le menottage et la détention préventive. Quand on est un Nègre, dans ce pays, la sanction tombe, illico presto. La famille d’Adama TRAORE, tué par les gendarmes, qui protestait contre les lenteurs de la justice a été condamnée pour rébellion. Nous attendons toujours une enquête sérieuse sur les incendies criminels, dans les années 80, ayant provoqué la mort de 52 personnes ; des sociétés immobilières sont fortement soupçonnées pour ces crimes lâches. En revanche, Christine LAGARDE, directrice générale du F.M.I, pourtant condamnée, a été exonérée de la sanction. Tout a été fait pour éviter la prison à Jérôme CAHUZAC, en ne prononçant que des sanctions avec sursis. Les BALKANY nous narguent chaque jour, en dépit de leurs méfaits, et Serge DASSAULT, jusqu'à sa mort, a échappé à toute sanction. Par ailleurs, quand Alexandre BENALLA cogne sur un manifestant du 1er mai, il est aussitôt récompensé par une invitation aux 20 heures de TF1. Johnny HALYDAY, accusé de viol, avec diverses addictions, devant encore plus de 10 millions d’euros au fisc et ayant déshérité ses enfants, a eu droit, pourtant, à des funérailles nationales aux frais des contribuables. En revanche, Black M, un rappeur, dont pourtant le grand-père a été tirailleur sénégalais, a été interdit d’un concert à l’occasion d’une rencontre franco-allemande, hélas sous la présidence de François HOLLANDE. Chez nos artistes, même si la conduite est glorieuse, tout est prétexte à polémique et procès d’intention. Ainsi, Joe STAR, qui n’a pas sa langue dans la poche, est souvent victime de ces calomnies. Il est bien évident qu’une bataille rangée, en bande, peut-être pour des motifs futiles, non pas sous la cage d’escalier, mais à l’aéroport, devant le monde entier, nous renvoie une image particulièrement négative. Je préfère l’action des Bleus, non pas celle en Afrique du Sud en 2010, mais en Russie en 2018, en nous ramenant la coupe du monde. Par ailleurs, Mamoudou CAMARA, qui n’est pas un artiste, par sa bravoure, a rendu un hommage vibrant à tous les héros du quotidien. Ces personnes exemplaires ont accompli, par des actions positives, un Jihad, confortant ainsi le bien-vivre ensemble.

Dans cette bataille, pour l’égalité réelle, nous avons plus que besoin, non seulement de l’exemplarité, mais aussi et surtout, de l’engagement résolu et public de tous les artistes, pour une France républicaine, de justice et de fraternité. Force est de constater que l’esprit esclavagiste et colonialiste, et notamment la culture dite de «l’assimilation», redoute l’irruption, sur la scène citoyenne et politiques, des artistes dont la voix peut porter loin, dans les cités les plus reculées. Dans chacune de leur communauté, ils ont leurs politiciens comme le Rassemblement national, leur porte-flingues, comme Alain FINKIELKRAULT et Eric ZEMMOUR, ou les chaînes d’information continue, qui nous renvoient, à longueur de journée, une image négative de nous-mêmes. Albert MEMMI définit le racisme comme étant «la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression». Dans ce contexte, le moins moindre fait dévalorisant est exploité un maximum, pour justifier, a posteriori, des préjugés raciaux. Pourtant, et pour l’essentiel, les gens de bien, sont plus que majoritaires, sinon, la vie en collectivité serait impossible.

Nos associations chargées, théoriquement, de porter la bonne parole et de distiller le devoir d’exemplarité, ne s’occupent, en fait, que de leur soupe, de leurs subventions, et donc de la promotion personnelle de leurs dirigeants, souvent entre deux avions, occupés, sans cesse à faire des conférences. Ces associations ne prennent pas en charge les sujets et les problèmes fondamentaux et stratégiques des Français issus de l’immigration, pour un bien-vivre ensemble.

Là aussi, les artistes noirs américains ont déjà indiqué le chemin. Ainsi, Louis ARMSTRONG et Duke ELLINGTON sont des membres fondateurs du groupe «Harlem Renaissance» (Voir mon post sur Langston HUGUES, le chef de file de ce groupe), un mouvement culturel et politique pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis.

En revanche, en Europe, et depuis quelques jours, en Italie, en raison de la montée du fascisme, et donc des discours haineux de Mattéo SALVINI, ministre de l’intérieur italien, plus de 12 Noirs ont été molestés ou tués (Voir mon post), tout récemment. Pendant ce temps, nos artistes noirs n’ont rien d’autre trouvé que de se battre à coup de poings dans un aéroport. Bien des immigrants meurent dans la Méditerranée, une loi scélérate sur l’immigration est votée en France, mais nos artistes «s’en battent les couilles», pour reprendre une expression vulgaire des quartiers.

Par conséquent, je rends un vibrant hommage au travail extraordinaire qu’accomplit, inlassablement, M. Lilian THURAM, champion du monde de football de 1998, contre le racisme, et pour faire gagner le bien-vivre ensemble. Je suis, également, fier de notre Ousmane CAMARA, basketteur à Limoges et champion de France, et du chanteur de rapp du groupe «Sexion d’Assaut», M. Adama DIALLO dit Barack Adama. Ces deux artistes nés en France, sont de parents de mon village, Danthiady.

Se battre pour le bien-vivre ensemble, c’est tout faire pour que l’on soit meilleur. On doit viser l’excellence, prendre toute notre juste place, en fonction de nos capacités, au sein de la société française, et ne pas être évalués sur des préjugés raciaux. Or, on veut nous cantonner dans un rôle négatif ou insignifiant de «bon nègre», celui exécute les travaux ingrats et mal rémunérés, ou celui qui est condamné à la marginalité et à la violence, dont la place toute désignée ne peut que se situer en prison. Face à ces stéréotypes détestables, je redis, fermement, que nous sommes aussi la France. Citoyens de ce pays, à égalité de droits et d’obligations, nous ferons triompher le bien-vivre ensemble. Je partage cet optimiste de James BALDWIN (voir mon post) cet écrivain noir américain, qui aimait la France, nous sommes aussi des Hommes : «Je suis obligé de croire que nous pouvons survivre à ce qui met notre survie en jeu. L’avenir des Noirs dans ce pays sera exactement aussi radieux aussi sombre que celui du pays. C’est entièrement au peuple américain et à ses représentants, qu’il revient de décider s’il va, ou non, regarder en face cet étranger qu’il calomnie depuis si longtemps, s’occuper de lui et l’embrasser. Ce que les Blancs doivent faire, c’est de trouver au fond d’eux-mêmes pourquoi, tout d’abord, il leur a été nécessaire d’avoir un «Nègre», parce que je ne suis pas un «Nègre», je suis un Homme» écrit BALDWIN.

"Le problème des noirs, c'est que ceux qui "cognent" ne sont pas politisés, et ceux qui sont politisés ne "cognent" pas" dit-on. Par conséquent j'invite BOOBA et KAARIS, et tous les artistes issus de l'immigration, à venir se battre, non pas à coups de poing, mais d’allumer tous les feux pour faire triompher le bien-vivre ensemble et la fraternité. Ce n'est pas une question de couleur, mais de dignité, d'égalité républicaine. Quand est citoyen, on fait triompher la Vérité et la Justice, et la fraternité.

Paris, le 2 août 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Le devoir d’exemplarité et la nécessité de l’engagement de nos artistes issus de l’immigration au service du bien-vivre ensemble», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

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