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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 15:52

La police américaine vient de divulguer cette nième vidéo, où un policier blanc tire et tue un Noir, dans sa voiture, devant sa famille. Le policier est acquitté par la justice, parce qu'il invoque une menace contre sa vie. Ces graves dérives de l’Amérique, amplifiées par une politique suprémaciste, isolationniste, négrophobe et islamophobe de Donald TRUMP créent les prémices d’un totalitarisme dans les pays occidentaux.

En effet, dans ces démocraties occidentales, ethnicisées et racialisées, on a encore, largement, une conception esclavagiste et colonialiste des droits de l'homme. Le Noir, comme au temps de l'esclavage, est un bien meuble sa vie n'a aucune valeur et n'inspire aucun respect. «Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres» disait Alexis de TOCQUEVILLE qui, dans une approche descriptive et clinique de la démocratie, considère que la question centrale de son étude porte sur l’égalité Les exemples tirés de l'actualité ne manquent pas. Ainsi, le nouveau gouvernement italien, inspiré d'une politique fascisante, refuse désormais d'accueillir les immigrants, le bateau Aquarus, a été «balladé» d'un port à l'autre. La Hongrie, revendiquant une politique franchement raciste, va faire voter, comme en France, un délit d'aide aux migrants. Devant ce crime contre l'humanité, l'Europe, qui «s'en lave les mains», comme Ponce Pilate, a institué à Dublin, une procédure d'accueil des réfugiés, se défaussant ainsi sur les Etats les plus faibles d'Europe (Grèce, Hongrie et Italie). Par ailleurs, personne ne s'interroge sur les causes profondes de ces vagues d'immigration (guerres locales des Occidentaux et Françafrique) ; on se refile, sans cesse, «la patate chaude», au mépris des droits de l'homme.

L'Amérique de Donald TRUMP, qui continue de massacrer ses Noirs, a institué une politique d'immigration ouvertement raciste, contre les Musulmans en particulier, et traite de manière honteuse les immigrants, notamment les enfants. Supposée être la plus grande démocratie du monde, l'Amérique bénéficie du silence coupable des autres nations européennes. Naturellement, quand on parle du respect des droits de l'homme, cela ne s'appliquer qu’aux pays de l'ex-bloc communiste, et, en particulier, aux pays du tiers-monde. Le camp occidental, par principe, est irréprochable en matière de droits de l'homme.

En France, 112 jeunes (Bouna et Zied, Théo, Adama TRAORE) ont été assassinés par les forces de l’ordre au cours d’un banal contrôle d’identité au faciès. A chaque fois, les moyens de défense des forces de l’ordre sont rodés : si le jeune est contrôlé, c’est qu’il est un délinquant, s’il a été abattu ou étouffé à mort, c’est en application de la légitime défense. L’Etat, qui ne reçoit jamais les familles de Noirs, utilise même à leur égard des mesures d’intimidation. Ainsi, les manifestations organisées pour protester contre ces crimes, loin de bénéficier d’un soutien de l’Elysée ou de certaines organisations soi-disant antiracistes,  comme c’est le cas, systématiquement, pour une autre communauté, supposées être dangereuses pour l’ordre public, sont encadrées et étouffées par les forces de l’ordre. En revanche, les extrémistes, quand ils sont issus du groupe ethnique majoritaire, peuvent manifester cagoulés et brûler les Macdonald. La famille de Théo est menacée de poursuites judiciaires pour la gestion d’une association. Du statut de victime, on peut donc ainsi devenir délinquant. La famille d’Adama TRAORE, protestant contre les mensonges et les lenteurs de la justice, est poursuivie pour rébellion et outrages à l’égard des forces publiques. On sait, dans cette affaire, que le Procureur avait menti et falsifié le rapport d’enquête ; loin d’être radié, pour faute grave, ce procureur menteur a été affecté au Palais de justice de Paris ; ce qui constitue une promotion. Dans l’affaire Naomi MUSENGA, un long et creux rapport a été publié, mais il n’établit pas les responsabilités sur les défaillances graves et honteuses des services d’urgence ayant conduit à la mort de cette jeune personne, à Strasbourg. Pendant ce temps, le gouvernement, à travers sa loi sur l’asile et l’immigration, en partie censurée par le Conseil constitutionnel, continue de faire la promotion des idées du Rassemblement national. Pourtant, la Commission européenne des droits de l’homme vient de condamner la France, à propos d’un Algérien mort lors d’une procédure d’expulsion. Benjamin NETHENYAOU qui a massacré les Palestiniens qui protestaient avec des lance-pierres, l’Arabie Saoudite complice de nombreuses atrocités, sont reçus à l’Elysée avec le plus grand tapis rouge.  Nous sommes aussi la France, à égalité de droits et d’obligations. Nous réclamons, un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel, une prompte justice pour ces personnes étouffées par les forces de l’ordre. UN égale Un. Il n’y aura pas de paix sans justice.

On est frappé par la passivité de la Diaspora qui refuse de s’engager dans une démarche citoyenne et de participer aux consultations électorales. L’abstention aux élections est un cadeau pour les esprits lepénisés. Pourtant, quand on est citoyen, la carte électorale reste encore l’arme la plus efficace et la meilleure contre l’injustice et le racisme.  Je ne crois pas aux méthodes extrémistes et au repli sur soi. Aussi, je n’ai pas compris, l’état de siège Mosquée de Paris, pendant 4 vendredis, y compris le jour de l’Aïd El Fitr. Les premiers ministres du Canada et de Grande-Bretagne ont présenté leurs vœux à leurs citoyens musulmans. Mais à Paris, Jupiter n’a parlé, toute la journée du vendredi 15 juin, jour de fête pour les Musulmans, que d’immigration et de ses menaces. La politique, une affaire justice par les grosses indemnités des élus, a été, et reste toujours un rapport de forces, dans lequel l’investissement dans la sphère publique est un rempart contre l’arbitraire et le mépris des gouvernants toujours soucieux de leur réélection. Je partage le point de vue d’Antonio GRAMSCI, pour qui vivre c’est résister ; GRAMSCI hait l’indifférence : «Je hais les indifférents.  Je crois que «vivre signifie être partisans». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. (..) Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents», écrit-il le 11 février 1917.

Hannah ARENDT (1906-1975), dans son étude sur le totalitarisme, qui guette aussi les Nations occidentales, s’est posée des questions pertinentes : «Comment en-t-on  arrivé là ? Comment est-ce possible ? Comment s’en sortir ?».

Dans les pays occidentaux, devant un acte odieux, suscitant à justice titre une vive réprobation, les gouvernants exploitent cette émotion légitime et parlent, avec déférence de «notre démocratie» et de «notre civilisation à défendre». Aussitôt, après l’homme moyen acquiesce, sans esprit critique sur le sort qui lui est réservé dans la société, et se sent rassuré. Pourtant, Herbert MARCUSE (1898-1979), dans son ouvrage, «L’Homme unidimensionnel» a bien expliqué ce mécanisme lavage de cerveau, cette attitude conformiste. En effet, mieux que jamais auparavant les individus et les classes reproduisent la répression subie. Car le processus d'intégration se déroule, pour l'essentiel, sans terreur ouverte : la démocratie consolide la domination plus fermement que l'absolutisme ; liberté administrée et répression instinctuelle deviennent des sources sans cesse renouvelées de la productivité. La société contemporaine démocratique empêche tout changement social radical et fait l’apologie de la cupidité et de la productivité. La force de la société unidimensionnelle vient de ce que les hommes moyens pensent, sincèrement, être libres, et bénéficient de privilèges, en dépit des politiques libérales qui ne cessent de les oppresser. Dans ces conditions, avec cette hégémonie culturelle des riches, il est difficile de créer une solidarité de toutes les personnes oppressées. Si pendant la campagne électorale de 2017, M. Emmanuel MACRON avait fait illusion, avec son slogan «ni Gauche, ni Droite», il est désormais de notoriété publique qu’il est le président des riches. Les risques d’un totalitarisme sont là, en s’attaquant aux plus faibles (immigrés, pauvres, retraités, fonctionnaires, collectivités locales, etc.) et en cajolant les plus riches. Ainsi, le président MACRON a organisé des funérailles nationales, à grands frais, en hommage à Johnny HALLYDAY qui a déshérité ses enfants et qui doit encore 10 millions d’euros au fisc. On ne sait pas encore si Johnny est Belge, Monégasque, Suisse, Américain ou Français.

Hannah ARENDT, devant ces menaces du totalitarisme nous invite à quitter la vie contemplative, pour retrouver les capacités de la vie active : «Rien n’est plus dangereux que d’arrêter de penser. Le danger consiste en ce que nous devenions de véritables habitants du désert et que nous nous sentions bien chez lui» écrit-elle. Hannah ARENDT souligne que, dans tout système d’oppression (esclavage, colonisation, racisme, antisémitisme), cela est possible en raison des complicités et trahisons des victimes elles-mêmes.

Dans les Occidentaux, dès qu’un cheveu d’un des leurs est touché, toutes les chaînes de télévision crient, à longueur de journée et à juste titre, à la barbarie. Mais nous Africains, nos enfants meurent par milliers dans l’océan Atlantique, personne, dans cette Françafrique ne proteste ni de prend des mesures pour la sécurité et la dignité de ses citoyens. Il faudrait retrouver notre souveraineté et établir une coopération internationale fondée sur la justice et la fraternité. «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luther KING. Personne ne fera ce travail à notre place. Il ne faut rien attendre de ceux dont le bonheur est fondé sur le malheur des autres. Chaque pays ses intérêts.  Par conséquent, cette tâche, pour l’égalité et la dignité, revient exclusivement aux Africains qui doivent cesser de se lamenter en redressant la tête : «Les lumières sont ce qui fait sortir l’homme de la minorité qu’il doit s’imputer à lui-même. La minorité consiste dans l’incapacité où il est de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui. Il doit s’imputer à lui-même cette minorité, quand elle n’a pas pour cause le manque d’intelligence, mais l’absence de la résolution et du courage nécessaires pour user de son esprit sans être guidé par un autre. Sapere aude (Ose savoir !), aie le courage de te servir de ta propre intelligence ! Voilà donc la devise des lumières» avait écrit Emmanuel KANT.

Paris, le 23 juin 2018 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

L'Amérique cette grande plantation de coton : les risques d'un totalitarisme dans le camp occidental" par M. Amadou Bal BA  baamadou.overblog.fr

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