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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 21:22

Patrice Emery LUMUMBA, un éphémère et jeune premier ministre de 36 ans, n’est resté au pouvoir au Congo, après l’indépendance, seulement que deux mois. Trahi, vendu, supplicié et finalement lâchement assassiné, sans sépulture, ces circonstances tragiques de sa mort, l’ont érigé au rang de héros mythique des indépendances africaines, et de  messie, pour les vaincus. Dans cette tragédie, Jean OMASSOMBO et Benoît VERHAEGEN notent «La même montée rapide au pouvoir face à des adversaires divisés, la même ambiguïté des choix idéologiques, la même chute brutale organisée par des ennemis acharnés tant congolais qu’étrangers, et enfin le même courage et la même détermination au moment de la chute». Le 17 janvier est devenu un jour férié au Congo. Raoul PECK en a tiré, en 1999, un film. Son arme, c’est la parole, disait de lui Aimé CESAIRE : «il est l’homme du verbe». Sa mort, le 17 janvier 1961, signe la descente aux enfers d'un pays, du Congo belge devenu le Zaïre. 

L'étendue et les richesses minières et minérales du Congo (Diamant, cuivre, cobalt, argent, uranium, plomb, zinc, cadmium, or, étain, tungstène, manganèse, coltan, etc.) en ont fait, pour les Belges, un «magnifique gâteau africain», un libre-service pour les Occidentaux. En effet, l’indépendance a été une escroquerie, une formidable duperie. «La Belgique, la France qui ont décolonisé, malgré elles, sont présentes, actives. Ont leurs pions. Le pétrole, la stratégie. Tout a un rôle dans la grande guerre des positions. Les enjeux sont imbriqués. Vaste jeu d’échecs, les pions font illusion d’être les maîtres d’un jeu dont ils sont pourtant l’enjeu pitoyable. C’était presque un marché de dupes. C’est l’acheteur qui a été un vendeur à la solde, qui avait reçu une monnaie de singe ! Il avait vendu son âme au diable qui mène le bal. Et c’est le damné qui danse» écrit Tchicaya U Tam’si. MOBUTU, l’aide de camp de LUMUMBA, devenu maréchal, a régné d’une main de fer sur le Congo de 1965 à 1977. Laurent-Désiré KABILA a repris le pouvoir en 1997, mais une guerre civile éclate en 1998, faisant entre cette date et 2003, à elle seule, plus de 3 millions de morts. «Les quelques leaders qui avaient quelque peu réfléchi aux enjeux idéologiques de la libération de l’Afrique ont été vite balayés. Pas seulement par la méchanceté des Blancs, mais par les Africains eux-mêmes qui n’ont rien fait pour protéger Lumumba» écrit Mongo BETI.

Patrice LUMUMBA, fils de paysans modestes Tétéla, est baptisé le 2 juillet 1925 au village de Hiokamende-Onalua, dans le territoire de Katako-Kombe, dans la région de Sankuru, dans le nord du Kasaï, au Congo Kinshasa. Il va à l'école missionnaire catholique, puis fréquente une école protestante tenu par des religieux suédois. Ses études terminées, il cherche du travail dans la province du Kivu, et, est, pendant un temps, employé d’une société minière, à Kindu, jusqu'à ses 20 ans, en 1945. Il est déjà un de ceux qu'on appelle les «évolués», une minorité d'individus ayant bénéficié d'une éducation «moderne» et intellectuellement privilégiés. LUMUMBA travaille ensuite pour l'administration des postes à Stanleyville (Kisangani). En septembre 1954, il reçoit sa carte «d'immatriculé» : le détenteur de cette carte qui est une invention de l'administration coloniale est supposé vivre à «l'européenne», avoir de bonnes mœurs et de bonnes conduites. En 1955, LUMUMBA écrit dans divers journaux existants, crée une association, L'APIC (association du personnel indigène de la colonie) et entame ses activités politiques sous couvert du militantisme associatif.

En juin 1955, LUMUMBA a l'occasion de s'entretenir avec le roi BAUDOIN en voyage au Congo sur la situation des Congolais et de la communauté belge. A cette période, le ministre du Congo est Auguste BUISSERET (1888-1965), membre du parti libéral belge qui veut créer un enseignement public, ce qui plaît à Lumumba et à d'autres «évolués» membres de la section congolaise du parti libéral belge. LUMUMBA et quelques «notables» congolais, se rendent en Belgique sur invitation du Premier ministre. LUMUMBA est encore un dirigeant modéré, protégé par BUISSERET : «Le Noir est un homme qui prend en grande estime le maître qui l’apprécie, il reste attaché au chef qui le considère et le traite en homme» écrit-il en avril 1956.

A son retour LUMUMBA, employé de la Poste, est emprisonné, à Stanleyville du 6 juillet 1956 au 7 septembre 1957, pour une affaire de détournement de deniers publics, abus de confiance et faux en écritures ; il a utilisé un système habile de transferts différés de chèques, avec un transit sur son compte bancaire, au préjudice d’un grand magasin. Il reconnaît les détournements et propose de les rembourser en vendant sa maison, mais, son dynamisme et ses dons oratoires inquiètent les coloniaux, et l’église est hostile à un enseignement laïque que veut imposer son mentor BUISSERET. Le procès de LUMUMBA prend donc la tournure d’un règlement de compte politique. En effet, il est victime d’une jalousie et d’une cabale politique. Pendant sa détention, il lit, écrit et émet le souhait d’un «dialogue sincère entre les deux races en présence» faisant ainsi preuve de retenue. Mais l’autorité coloniale se méfie de lui et refuse de publier ses ouvrages. En détention, il envoie, le 10 janvier 1957, son manuscrit à l’Office de publicité, à Bruxelles, mais cet ouvrage ne sera publié, qu’à titre posthume, et portera le titre «Congo, terre d’avenir est-il menacé ?». A son époque bon nombre d’Africains écrivaient sur ce que le colon voulait entendre ; ils étaient prisonniers du paternalisme des colons. En revanche, «Patrice LUMUMBA, lui, a voulu, dans son livre dire aux Blancs ce qu’il pensait. Et il l’a dit avec beaucoup de circonlocutions et précautions oratoires. Et cela, en 1957, eût été d’une importance extraordinaire» écrit Jules CHOME. Dans ce livre, loin de l’étiquette de communiste qu’on lui affuble, LUMUMBA est resté, un modéré, très attaché à conserver des relations justes avec la Belgique : «Si vous parvenez un jour perdre le Congo ou à quitter ce pays hospitalier, ce serait de votre propre faute, et non la faute des autochtones qui ne souhaitent autre chose que de vivre mieux avec vous» écrit-il. Cet ouvrage est, en fait, un procès du colonialisme. Dans sa défense, au cours du procès de Stanleyville, il a avancé l’idée que les salaires des « évolués » ne sont pas décents, et qu’ils n’ont pas le prestige nécessaire pour être considérés comme des fonctionnaires. En effet, dans cet ouvrage, il y relate le caractère pernicieux et pervers du colonialisme qui ne fait pas confiance aux «évolués» : «L’élite autochtone, dont le loyalisme et le degré de civilisation ont été officiellement reconnus, par décision de la haute magistrature, doit être considérée comme un véritable allié, comme un précieux collaborateur du belge avec lequel il doit former une équipe homogène et dynamique pour la poursuite de la mission civilisatrice et la défense de leurs intérêts communs». Il propose de supprimer la peine de la chicote et d’installer une vraie égalité devant la justice : «L’idéale serait d’avoir, un jour, une juridiction unique applicable à la fois aux Blancs et aux Africains. Il faut, d’un côté, instaurer une justice égale pour tous les hommes et, d’un autre côté, modifier la façon de réprimer les délits à l’égard des indigènes». Publié en 1961, l’ouvrage paraissait décalé, tant la situation politique avait, considérablement, évolué.

A sa sortie de prison, LUMUMBA est révoqué de ses fonctions d’employé à la Poste par arrêté du 26 juillet 1957, il se rend à Léopoldville, où il avait séjourné entre juillet 1947 et avril 1948, lors de sa formation à l’école postale. Il reprend ses activités associatives de même qu’un nouvel emploi de directeur de la promotion commerciale de la brasserie du Bas-Congo, pour la bière Polar. Cet emploi lui permet de côtoyer, de plus près, les gens modestes fréquentant les bars, et il apprend, le Lingala, la langue dominante de la capitale afin de mieux communiquer avec eux. Ces contacts professionnels, au départ, prennent par la suite, des tournures politiques. Grand orateur et communicateur, il introduit des questions sociales et politiques, qui le rendent encore plus sympathiques auprès des petites gens, comme l’instruction des jeunes et des femmes, l’égalité des races, l’amitié belgo-congolaise, les concepts de liberté.

Au courant de cette année 1957, le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation. Pour la première fois, syndicats et partis politiques vont être autorisés. En 1958 se tient en Belgique l'exposition universelle. Patrice LUMUMBA en profite pour nouer des contacts avec les cercles anticolonialistes belges et se documenter. C'est, sans doute, à cette période que la pensée politique de LUMUMBA prend forme. Mais contrairement à ce qui se passe dans les colonies françaises, la colonisation belge est dominée par le conservatisme.

Du 15 au 21 avril 1958, la conférence des Etats indépendants d’Afrique, à Accra au Ghana, organisée par Kwame N’KRUMAH, prend une résolution recommandant aux participants de «donner toute leur aide aux peuples dépendants dans leur lutte pour l’autodétermination et l’indépendance». LUMUMBA est invité en décembre 1958, à la 6ème conférence panafricaine d’Accra, et il y expose son programme politique en «dénonçant le colonialisme, l’impérialisme, le tribalisme et le séparatisme religieux, comme constituant des entraves sérieuses à l’éclosion d’une société africaine harmonieuse et fraternelle. Le Congo ne peut plus être considérée comme une colonie ni d’exploitation, ni de peuplement. Son accession à l’indépendance est la condition sine qua non de la paix. Le souffle libérateur qui traverse actuellement toute l’Afrique ne laisse pas le peuple congolais indifférent» dit-il le 11 décembre 1958.

Le 1er janvier 1959, il démissionne de ses fonctions en qualité de directeur commercial au Bas- Congo, et se lance, totalement, en politique. Il est le cofondateur du Mouvement National Congolais (MNC), créé le 4 octobre 1959. Il rencontre Joseph KASA-VUBU (1915-1969, 1er président du Congo indépendant), tenant, à l’époque, d’un discours radical, en réclamant une «indépendante immédiate». LUMUMBA, dans sa conception de l’Etat, refuse le fédéralisme, reste attaché à un Etat centralisé et préservé de l’ethnicité. Il y a plus de 400 dialectes au Congo. Il sera, sur ces points, trahis, par ses compagnons de route par des sécessions au Katanga et au Kasaï. LUMUMBA prononcera aussi, le 22 mars 1959, un discours fondateur à l’université d’Ibadan, au Nigéria, comportant des éléments importants de sa doctrine politique. Il se montre particulièrement attaché à l’unité africaine. Pour atteindre ses objectifs, plus facilement et plus rapidement, l’union vaut mieux que la division : «Ces divisions, sur lesquelles se sont toujours appuyées les puissances coloniales pour mieux asseoir leur domination, ont largement contribué, et elles contribuent encore, au suicide de l’Afrique. (…) Plus nous serons unis, mieux nous résisterons à l’oppression, à la corruption et aux manœuvres de division auxquelles se livrent les spécialistes de la politique du «diviser pour régner».

Mais cette indépendance ne signifie ni l’isolationnisme, ni la haine contre les Occidentaux ; il invite à la coopération dans la souveraineté et le respect mutuel : «Dans la lutte que nous menons pacifiquement aujourd’hui pour la conquête de notre indépendance, nous n’entendons pas chasser les Européens de ce continent, ni de nous accaparer de leurs biens ou les brimer. Nous ne sommes pas des pirates. Nous avons, au contraire, le respect des personnes et le sens du bien d’autrui. Notre seulement détermination, et nous voudrions que l’on nous comprenne, est d’extirper le colonialisme et l’impérialisme de l’Afrique. (…) Nous ne voulons pas nous séparer de l’Occident, car nous savons qu’aucun peuple au monde ne peut se suffire à lui-même. Nous sommes partisans de l’amitié entre les races, mais l’Occident doit répondre à notre appel. Les Occidentaux doivent comprendre que l’amitié n’est pas possible dans les rapports de sujétion et de subordination» dit-il. En septembre 1959, il publie un poème prémonitoire, «pleure ô noir frère bien-aimé», dans lequel il fustige les sévices du colonialisme et ses complices : «O Noir, bétail humain depuis des millénaires, tes cendres s’éparpillent à tous les cendres du ciel. Et tu bâtis jadis des temples funéraires où dorment les bourreaux d’un sommeil éternel. En ces siècles barbares de rapt et de carnage, signifiant pour toi l’esclavage ou la mort, tu t’étais réfugié en ces eaux profondes où l’autre mort guettait sous son masque fiévreux, sous la dent du félin, ou l’étreinte immonde et froide du serpent, t’écrasant peu à peu. (…) Martyrisés par leurs tyranniques maîtres, sur ce sol que tu chéris toujours, et tu feras du Congo, une nation libre et heureuse, au centre de cette gigantesque Afrique noire».

Le 13 janvier 1959, le Roi avait annoncé des réformes mais qui tardent à venir. LUMUMBA se lance dans une meilleure structuration du M.N.C. à Léopoldville (création de sections et d’un secrétariat permanent). Du 15 au 17 avril 1959, il séjourne en Guinée-Conakry et se renseigne sur l’organisation administrative et politique de ce pays. A son retour au Congo, il condamne l’administration coloniale qui veut organiser un simulacre de démocratie et un régime féodal, dans son discours du 1er juillet 1959. En octobre 1959, le M.N.C. organise une réunion unitaire à Stanleyville avec d'autres partis qui sont d'accord pour réclamer l'indépendance immédiate et inconditionnelle. Stanleyville accueille du 23 au 28 octobre 1959, le congrès du MNC : «Les Belges ont utilisé la violence pour se débarrasser de la domination hollandaise. Nous n’avons pas voulu utiliser la violence. (…) Tous les gens qui souffrent, qui veulent jouir de l’indépendance immédiate, ne se présenteront pas au bureau de vote, parce qu’il y va de votre suicide» dit-il, le 29 octobre 1959. Des émeutes, en marge de ce congrès, créent des troubles. Les forces de l'ordre interviennent, essayant d'arrêter LUMUMBA, et la foule de déplace et le protège. Ne pouvant y arriver, les policiers tirent dans le tas faisant 30 morts. Le 1er novembre 1959, LUMUMBA est arrêté pour avoir appelé à la désobéissance civile et au boycott des élections organisées par le pouvoir colonial, tant qu'une décision n'est pas prise pour la formation d'un gouvernement congolais.

«Les émeutes de Léopoldville viennent de bousculer l’évolution politique timide qui s’amorçait, lui imprimant un rythme plus rapide, plus nerveux, mettant à nu les faiblesses du pouvoir colonial» écrivent Jean OMASSOMBO et Benoît VERHAEGEN. Les autorités coloniales sont contraintes de libérer LUMUMBA pour participer à la Table ronde de Bruxelles qui avait démarré, sans cette grande figure de l’indépendance nationale. Libéré le 24 janvier 1960, et dès que LUMUMBA arrive en Belgique, la Table ronde change de dimension, c’est un triomphe et un sacre de ses luttes, et il réoriente les travaux de cette instance. La seule question pertinente est finalement la date des élections législatives, et celle de l’indépendance, fixée au 30 juin 1960.

Dans son discours du 30 juin 1960, au parlement congolais, pour la passation des pouvoirs, le roi BEAUDOIN de Belgique, dans une logique colonialiste, insiste que sur le fait que la libération du Congo n’est pas le fruit des luttes africaines, mais que  «L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de l'œuvre conçue par le génie du roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique. Pendant 80 ans la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils, d'abord pour délivrer le bassin du Congo de l'odieux trafic esclavagiste qui décimait ses populations, ensuite pour rapprocher les unes des autres les ethnies qui, jadis ennemies, s'apprêtent à constituer ensemble le plus grand des Etats indépendants de l'Afrique, enfin pour appeler à une vie plus heureuse les diverses régions du Congo, que vous représentez ici, unies en un même parlement. (…) Lorsque Léopold II a entrepris la grande œuvre qui trouve aujourd'hui son couronnement il ne s'est pas présenté à vous en conquérant, mais en civilisateur.». Après le discours de Joseph KASA VUBU, premier président du Congo, il n’était pas prévu que Patrice LUMUMBA, premier ministre et ministre de la défense, s’exprime. Mais, il a pris de court tout le monde, et s’est emparé du micro, devant le Roi des belges médusé. Dans sa réponse improvisée, Patrice LUMUMBA rappelle d’abord que l’indépendance n’est pas octroyée par la Belgique, mais résulte des luttes du peuple congolais : «Cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal. Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force». Il dit aussi que la colonisation n’était pas «une mission de civilisation», mais une entreprise de domination d’un peuple sur un autre peuple avec son lot d’injustices : «Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs ; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits ‘européens’ ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe. Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation !».

Il fixe l’objectif qu’il assigne à l’indépendance du Congo : «Ensemble mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir lorsqu’il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles».

Pour certains observateurs occidentaux, Patrice LUMUMBA en s’exprimant ainsi le 30 juin 1960, aurait mal parlé au Roi des belges, signant ainsi son arrêt de mort. En effet, un esclave devrait parler avec déférence à son maître. En fait, l’essentiel est ailleurs. En effet, pour les Occidentaux, Patrice LUMUMBA représente le diable, en pleine guerre froide, il serait un communiste à abattre. Sa fille, Juliana, estime que l’esprit des Congolais est tout autre. «Dans la presse on le décrivait comme un communiste parce que seulement il disait quelque qui était l’aspiration des gens, mais qui n’était absolument pas dans la mentalité, le vouloir des colons. Il voulait que l’homme noir, l’homme congolais soit digne, d’abord dans sa propre culture ; il voulait l’indépendance, mais dans l’égalité et le respect». LUMUMBA lui-même se définit comme étant un nationaliste : «Je ne suis pas communiste. On m’a toujours présenté comme un communiste, anti-blanc, anti-belge. Absolument pas. Je suis simplement un leader nationaliste qui lutte pour un idéal. Je ne suis pas communiste, et je ne le deviendrai jamais» dit-il.

Contrairement à Joseph KASA-VUBU, accommodant et malléable, Patrice LUMUMBA, est intransigeant. Pour cela, aux yeux des Occidentaux LUMUMBA, c’est le diable, il représente un danger pour leurs intérêts en Afrique, le Congo étant baptisé par les Belges de «Cœur des ténèbres». En effet, très populaire, et ayant un pouvoir magnétique sur les petites gens, LUMUMBA, un messie, était une menace pour les grandes sociétés minières. En effet, pour lui, «la masse ne demande pas seulement le bulletin de vote, mais surtout le pain et le progrès».

En dépit de l’indépendance formelle du Congo, les Belges, en fait, ne sont jamais partis. En effet, cinq jours seulement après l’indépendance, des militaires congolais se révoltent contre les officiers belges encore aux commandes dans l’armée congolaise, mais qui ne voulaient pas rendre le pouvoir. Le Parlement belge avait déjà voté un budget 100 000 F pour des opérations de sabotage au Congo.

Sans doute en concertation avec les Belges et les Américains, avec l’appui des sociétés minières, Moïse TSHOMBE proclame l’indépendance du Katanga le 11 juillet 1960. Mais il est contesté par des rebelles appartenant à la Balubakat, parti opposé à lui. Le gouvernement du Sud-Kasaï fait aussi sécession sous la direction d’Albert KALONDJI. Moïse TSHOMBE, surnommé «Monsieur Tiroir-caisse» demande aux belges, d’intervenir au Katanga. Ce pays riche en cuivre refuse de verser les recettes au gouvernement central, à Léopoldville, mais aux Katangais de TSHOMBE qui peuvent avec cette manne financière, désormais acheter des armes et recruter des mercenaires dont certains viennent d’Afrique du Sud, appelés «les Affreux» pour saper l’autorité de LUMUMBA. C’est la partition du pays et le désordre s’installe. La sécession du Katanga, devenue base arrière du colonisateur, est une trahison pour LUMUMBA, c’est la déception. Il rompt les relations diplomatiques avec la Belgique, pour avoir organisée cette balkanisation du Congo.

Patrice LUMUMBA est encore resté, en dépit de son nationalisme sans concession, dans le camp occidental. Il demande à l’ambassadeur américain à Léopoldville de l’aide, mais celui-ci lui conseille de faire appel aux Nations Unies. Il se rend aux Etats-Unis et demande l’aide américaine pour sauvegarder l’unité de son pays, et pour cela, il a besoin d’avions pour les transports de ses troupes dans les zones éloignées du Kasaï et du Katanga. «Nous voulons que vous nous compreniez et que vous nous aidiez et quand vous viendrez chez nous vous allez trouver un peuple ami et un peuple frère» dit-il à Washington. La presse américaine le qualifie de «Premier de la jungle», et il retourne dans son pays, sans être reçu par le président américain Dwight EISENHOWER (1890-1969), un anticommuniste notoire. LUMUMBA est mis sur table d’écoute avec un matériel fourni par les Américains, mais installé par les Belges. Les Américains avaient envisagé, un temps, de faire assassiner LUMUMBA avec un dentifrice empoisonné ou un par un chasseur de crocodiles.

En effet, les Belges sont en relation constante avec les services secrets américains pour organiser l’élimination de LUMUMBA. Comme les Etats-Unis n’ont pas donné suite à ses sollicitations, il se retourne vers les Soviétiques et signe son deuxième arrêt de mort. Les casques bleus des Nations Unies instrumentalisés par les Etats-Unis ne sont pas au Congo pour le protéger, mais pour défendre les intérêts des sociétés minières basées essentiellement au Katanga. En effet, la présence occidentale présente LUMUMBA comme un dangereux communiste : «est-ce sa barbe à la Méphistophélès, ses yeux qui roulent comme des boules de billard derrière se verres de lunettes, il y a quelque chose de terrifiant chez cet homme : il a la tête d’un Lénine africain» écrit un journaliste allemand.

Le 5 septembre 1960, KASA-VUBU destitue LUMUMBA, et installe le gouvernement Iléo entre septembre 1960 et février 1961. Mais ce gouvernement n’a aucune prise sur le pouvoir. Une longue période d’incertitude s’installe et ne prendra fin que le 3 août 1961, avec la nomination du gouvernement de Cyrille ADOULA, à Lovanium.

LUMUMBA avait choisi comme aide de camp, Désiré MOBUTU, mais, en fait, c’est  un agent de la CIA qui le placera en résidence surveillée. LUMUMBA s’enfuit, mais il est rattrapé lors de la traversée du fleuve en pirogue, et il est ramené à Léopoldville. A l’aéroport, MOBUTU convoque la presse internationale, LUMUMBA est exhibé menotté ; cela constitue une opération d’humiliation et de déchéance du Premier Ministre. Il est recueilli, d’abord, dans un camp des Nations Unis, Thysville, sous la surveillance des soldats suédois. Il tente de s’évader, mais il est repris. Un télégramme codé est envoyé aux Katangais : «Demande accord du Juif (Tshombé)  de recevoir Satan (Lumumba)». Par conséquent, LUMUMBA est envoyé chez son pire ennemi, Moïse TSHOMBE dont le gouvernement se réunit et décide, avec une voix prépondérante du Ministre de l’Intérieur, de son exécution ainsi que celle de ses deux compagnons : Maurice MPOLO et Joseph OKITO. Sans doute que Moïse TSHOMBE avait pris un engagement ferme auprès des belges pour exécuter cette vile mission. Deux officiers belges ont exécuté la sale besogne en forêt, et même mort, LUMUMBA est craint et redouté en raison de sa grande popularité auprès du peuple. La mort de LUMUMBA n’est pas annoncée tout de suite. Les Belges font d’abord une fausse déclaration prétendant que LUMUMBA s’est enfui, puis rattrapé par la population, il aurait été massacré.

Si la mort de LUMUMBA a été annoncée, officiellement, trois semaines plus tard, le 13 février 1961 les circonstances de sa mort n’ont été connues que 10 ans après. Plusieurs rumeurs non fondées circuleront longtemps sur la mort de LUMUMBA. Ainsi, on avait fait croire que LUMUMBA s’est échappé, puis massacré par les villageois. Ensuite, et pour le soustraire de ses souffrances, il avait été gravement molesté, avec de nombreuses cotes cassées, il aurait été achevé par un militaire belge et son corps serait conservé dans un frigo de l’Union minière du Haut Katanga. Les détails de son assassinat ne seront divulgués que plusieurs années après. En fait, le ministre belge Harold d’ASPREMONT écrit, dans un télex codé, le 5 octobre 1960 : «L’objectif principal est évidemment l’élimination ­définitive de Lumumba».  LUMUMBA est d’abord fusillé, puis son corps découpé et enfin dissous dans l’acide. Guy SOETE, qui n’a jamais été inquiété par la justice belge, les circonstances de cet assassinat particulièrement odieux : «J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba. En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper en morceaux, à la tronçonneuse, avant d’y verser de l’acide. Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare» avoue Gérard SOETE, le 15 mai 2002, quarante ans après l’exécution de LUMUMBA. A la fin de leur sale besogne, les officiers belges prennent soin, toute de même, de récupérer les dents en or de LUMUMBA. Or, Guy SOETE, en dépit de cet aveu, n’a jamais été inquiété par la justice belge.

La commission d’enquête belge avait pour mission de dresser un inventaire complet des faits ayant entrainé la mort de LUMUMBA, d’identifier les éventuelles responsabilités et d’établir des responsabilités. Dans son rapport du 16 novembre 2001, cette Commission a simplement conclu à une «responsabilité morale» de la Belgique. C’est une seconde mort de LUMUMBA, en raison de ce déni grave de justice. Cet assassinat de LUMUMBA est un véritable crime contre l’humanité. Plusieurs chefs d’Etat africains qui avaient menacé les intérêts des Occidentaux, ont été massacrés. Il s’agit, pour les Occidentaux, pourtant attachés aux droits de l’homme, de recourir, si besoin au crime, pour conserver le contrôle des matières premières et avoir un débouché pour leurs entreprises. Le cas LUMUMBA est une jurisprudence annonçant la mise sous tutelle de l’Afrique. «C’est un drame sans fin, un deuil inachevé de la colonisation» estime Jean OMASSOMBO.

Langston HUGHES, poète d’Harlem Renaissance, devant la mort injuste et odieuse de Patrice LUMUMBA, écrit : «Lumumba était noir, son sang était rouge. Et pour avoir été un homme, ils l’ont tué. Ils ont enterré Lumumba dans une tombe anonyme. Mais, il n’y a pas besoin d’écriteau, car l’air est sa tombe. Le soleil, la lune et l’espace sont sa tombe». Jayne CORTEZ s’interroge «Qui a tué Lumumba ? Lumumba, notre chair des chairs !».  En dépit du destin tragique du héros de l’indépendance belge, dans une «Saison au Congo», Aimé CESAIRE reste optimiste, et le glorifie : soucieux de ne pas se couper des plus humbles de son peuple, LUMUMBA peut s’écrier : «Je suis un redresseur de vie, je parle et je rends l’Afrique à elle-même» écrit-il. L’Afrique a ses totems, et LUMUMBA relève de la mythologie révolutionnaire des indépendances.

Aimé CESAIRE a écrit «Une saison au Congo» en 1966, cinq années seulement après les événements dont il s'inspire : la décolonisation du Congo belge, et la très courte carrière politique d'un météore : LUMUMBA. Au moment où la pièce commence, LUMUMBA, qui a fondé fin 1958 le Mouvement national congolais, est sorti de la prison où l'ont jeté les Belges en janvier 1960, pour participer, à Bruxelles, à la table ronde qui décidera de l'indépendance du Congo, fixée au 30 juin 1960. Une saison au Congo, ce sont les six mois qui vont de cette date à l'assassinat de Lumumba, le 17 janvier 1961 : six mois qui ont fait du jeune homme politique, nommé premier ministre du nouvel Etat, le héros charismatique et christique d'une révolution avortée.

Tchicaya U Tam’si (1931-1988), dont la poésie est aussi circonstancielle parce liée aux contingences historiques, né Congolais, possède une seule passion : celle d'un seul et grand Congo, dont il croyait la réalisation possible sous l'égide de Patrice LUMUMBA. Il avait même lutté aux côté de Lumumba dès l'Indépendance du Congo-Léopoldville. De 1959 à 1961, Tchicaya avait témoigné, avec le monde entier, la tragédie congolaise et cela, ajouté à l'assassinat de son héros Patrice LUMUMBA, l'avait frappé en plein cœur. Tchicaya, «poète national du Congo de la souffrance», rêvait de voir le Congo réuni, libre, s’est envolé et le pays se trouve trahi, déchiré, exsangue, humilié. De cette tragédie est sortie son œuvre brûlante et passionnelle faite de six recueils de poésie dense et exigeante. La figure de LUMUMBA domine «Epitomé» de Tchicaya. «Le cœur, dont le mystère à peine élucidé, me déshabille, m’écorche, me crucifie, au sommaire de ma passion» écrit le poète criant sa douleur.  Comme le Christ qui a été trahi par les siens, le héros devient le Christ des Noirs, victimes de nombreux génocides. «Dès lors, la mort devient l’issue du Salut. Comme le Phénix qui renaît de ses cendres, le poète désire la mort pour recommencer une renaissance, une nouvelle vie» écrivent Marie-Rose ABOMO-MAURIN et Jean-Pierre BIYITI. «Le nom acquiert la valeur d’un épitaphe, nanti de valeurs de solennité et d’éternité» dit Claudia ORTNER-BUCHBERGER.

Dans «Ces fruits doux de l’arbre à pain», Tchicaya, avec une grande charge symbolique, accuse les Africains (Mobutu, Tshombé), d’avoir prêté forte au complot des Occidentaux. Sans absoudre la voracité et les crimes des Occidentaux, il met en cause les Africains souvent vulnérables à la manipulation. «Nos ennemis comptent sur nous-mêmes pour nous anéantir nous-mêmes ! Réduire nos forces d’abord, ensuite nous avoir à leur merci. Regarde ce qui est arrivé avec Lumumba, ce sont les Congolais qui se sont chargés d’avoir son sang sur la conscience, avec la complicité des Africains à qui on fait croire qu’il était l’ennemi de son propre pays et qu’il était bon qu’on l’élimine» écrit Tchicaya. Pour s’en sortir de cette tragédie des indépendances confisquées, il appartient aux Africains et à eux seuls de rechercher les voies et moyens de s’en sortir. Le dilemme est posé : il faut s’affranchir du joug du maître ou rester indéfiniment esclave.

Ce 17 janvier 1961, se sachant condamné par ses bourreaux, Patrice LUMUMBA écrit une dernière lettre à sa femme, Pauline Opango.

Ma compagne chérie,

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai-je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté. Vive le Congo ! Vive l’Afrique !».

Bibliographie sélective

1 – Ecrits de Patrice LUMUMBA

LUMUMBA (Patrice), Africains levons-nous, Paris, Points, 2010, 53 pages, spéc le discours 22 mars 1959, pages 7-20 ;

LUMUMBA (Patrice), Dit et écrit, Kinshasa, éditions Nzoi, Paris, Association Culture-Afrique, 2003, 63 pages ;

LUMUMBA (Patrice), Le Congo, terre d’avenir est-il menacé ?, Bruxelles, Office de Publicité, 1961, 218 pages ;

LUMUMBA (Patrice), Patrice Lumumba : discours, lettres, textes, textes réunis par Norbert MBU-MPUTU, Lulu.com, 2010, 208 pages ;

LUMUMBA (Patrice), Propos de Patrice Lumumba, premier ministre de la République du Congo, Bruxelles, Commission de Coordination, 1960, 79 pages ;

LUMUMBA (Patrice), Recueil de textes, préface de Georges Nzongola-Ntalaja, Genève, éditions du Cetim, 2013, 94 pages.

2 – Critiques de Patrick LUMUMBA

ABOMO MAURIN (Marie-Rose), BIYITTI BI ESSAM (Jean-Pierre), «Tchicaya U Tam’si ou le poète de la souffrance», Notre Librairie, mai-août 1999, n°137,  pages 46-51 ;

ADEBAYO (A.G.), «Tchicaya U Tam’si, poésie moderne, personnelle et passionnelle», Peuples Noirs, Peuples d’Afrique, 1983, n°33, pages 129-136 ;

BACQUELAINE (Daniel), WILLEMS (Ferdy), COENEN (Marie-Thérèse), Rapport de la Commission d’enquête parlementaire visant à déterminer les circonstances exactes de la mort de Patrice Lumumba et l’implication éventuelle des responsables politiques belges dans celui-ci, Bruxelles, 16 novembre 2001, vol 1, Doc 50 0312/006, 573 pages et vol 2, Doc 50 0312/007, pages à 577 à 988 ;

BRAECKMAN (Colette), Lumumba : un crime d’Etat, Bruxelles, Aden, collection sur des Charbons ardents, 2002, 110 pages ;

BRASSINE de BUISSIERE (Jacques), KESTERGAT (Jean), Qui a tué Patrice Lumumba ?, Louvain-La-Neuve, Paris, Duculot, 1961, 228 pages ;

BRASSINE de la BUISSIERE (Jacques), «Réflexions sur le rapport de la commission parlementaire Lumumba», Bulletin trimestriel du CRAOCA, 2002, n°4, pages 42-69 ;

BRASSINE de la BUISSIERE (Jacques), Congo : l’épopée des équipes administratives de 1964 à 1967, Bruxelles, octobre 2009, 173 pages ;

BRASSINE de la BUISSIERE (Jacques), Enquêtes sur la mort de Patrice Lumumba, thèse de doctorat, Bruxelles, 1991,  volumes 1 et 2, 601 pages et volume sur «les témoignages» ;

CESAIRE (Aimé), Une saison au Congo, Paris, Seuil, 1973, 116 pages ;

CHOME (Jules), «Un livre posthume de Patrice Lumumba (Le Congo terre d’avenir est-il menacé ?)», Remarques congolaises, 4 août 1961, n°30-31, pages 303-309 ;

CHOME (Jules), Patrice Lumumba et le communisme : variations à partir du livre de M. P Houart, Nendeln, Liechtenstein, Kraus, 1961, 79 pages ;

CHOME (Jules), Le gouvernement congolais et l’ONU, Bruxelles, éditions Remarques congolaises, 1961, 90 pages ;

CHOME (Jules), Moïse Tshombé et l’escroquerie katangaise, Bruxelles, éditions Fondation Joseph Jacquemotte, 1966, 421 pages ;

CORNEVIN (Robert), Histoire du Congo, Paris, Berger Levrault, 1970, 392 pages ;

DE VOS (Luc), GERARD (Emmanuel), GERARD-LIBOIS (Jules), Les secrets de l’affaire Lumumba, Bruxelles, Racine, 2005, 668 pages ;

DE WITTE (Ludo), L’assassinat de Patrice Lumumba, Paris, Karthala, 2000, 412 pages ;

DIARRA (D. Amara), «L’image de l’Afrique dans la poésie afro-américaine contemporaine», Notre Librairie, nov-déc 1984, n°77,  pages 75- 83, spéc 81 ;

DJIFFACK (André), «Tchicaya U Tam’si : L’Afrique des absurdités et des paradoxes», LittéRéalité, 2003, vol 15, n°1, pages 51-76 ;

DONK (Eveline), Lumumba Patrice : les cinquante derniers jours de sa vie, Bruxelles, Crisp, 1976, 195 pages ;

DUTOIT (Frédérique), «Quand le Congo ne sera qu’une saison que le sang assaisonne», Présence Africaine, 4ème trimestre, 1967, n°64, pages 138-145 ;

FORAN (John), «Lumumba by Raoul Peck», Journal of Haitian Studies, 2003, vol 9, n°1, pages 158-162 ;

G. B, «Le temps des assassins», Esprit, juillet-août 1966, vol 351, n°7/8, pages 66-67 ;

GUYARD (Mireille), «Les puissances occidentales et la crise congolaise : de la secession du Katanga à l’accord de Kitona (1960-1961)», Guerres mondiales et conflits contemporains, déc 1999, n°196, pages 53-63 ;

HALEN (Pierre), RIESZ (Jean), Patrice Lumumba : entre Dieu et diable, un héros africain dans ses images, Paris, Montréal, L’Harmattan, 1997,  389 pages ;

HEUSCH de (Luc), «Patrice Lumumba, premier ministre de la République du Congo», Académie royale des sciences d’Outre-mer, 1968, tome VI, 678-384 ;HEUSCH de (Luc), «Plaidoyer à la mémoire de Patrice Lumumba», Pourquoi l’épouser ?, Paris, Gallimard, 1971, 336 pages, spéc pages 289-315 ;

JEWSIEWICKI (Bogumil), «Corps interdits. La représentation christique de Lumumba comme rédempteur du peuple zaïrois», Cahiers d’études africaines, 1996, vol 36, n°141-142, pages 113-142 ;

KABATU-SUILA (Bernard), Patrice Emery Lumumba : béatifié ? Qui a chassé les Belges du Congo en 1960 ?, Kinshasa (Rdc), éditions Ka-Immo, 2004, 208 pages ;

KALONDJI DITUNA MULOPWE (Albert), Congo 1960 : La secession du Sud-Kasaï : La vérité du Mulopwe, Paris, L’Harmattan, 2005, 350 pages ;

LANG (G. M), «Epitomé Tchicaya U Tam’si et sa saison au Congo», Revue Canadienne des études africaines, 1980, vol 14, n°2, pages 295-305 ;

LANNEAU (Catherine), PETERMANN (Simon), Les acteurs de la décolonisation, Bruxelles, 2016, 171 pages ;

LEROUX (Pierre), Figure christique et messianique dans les œuvres de Dambudzo Marechera et Tchicaya U Tam’si, thèse sous la direction de Jean Bessière et Xavier Garnier, Paris, Sorbonne Nouvelle 3, 2016, 380 pages, spéc pages 211-215 ;

LIERDE Van (Jean), La pensée politique de Patrice Lumumba, préface de Jean-Paul Sartre, Paris, Présence Africaine, 1997, 401 pages ;

MUFONCOL (Tshiyoyo), Ces fruits si doux de l’arbre à pain et le postcolonialisme, mémoire de Master en littérature francophone, Université d’Oslo, 2007, 118 pages ;

MUSUASUA MUSUASUA (Antoine), Le vocabulaire politique des leaders nationalistes congolais : de P. E. Lumumba à L. D Kabila, thèse en science du langage, sous la direction de Guy Achard-Bayle, Université de Metz, Lorraine, 2005-2006, 445 pages, et de nombreux documents en annexe ;

MUTAMBA MAKOMBO KITATSHIMA (Jean-Marie), Du Congo belge au Congo indépendant : 1940-1960. Emergence des «évolués» et genèse du nationalisme, préface d’Elikia M’Bokolo, Kinshasa, I.F.E.P., 1998, 688 pages ;

NGAL (Georges), «Introduction à une lecture d’Epitomé de Tchicaya U Tam’si», Revue Canadienne des études africaines, 1975, vol 9, n°3, pages 523-530 ;

NGALIKPIMA (Venant, Fali), Cinquante-six après, que reste-t-il de Patrice Emery Lumumba ?, Paris, L’Harmattan, Collection Points de vue, 2017, 97 pages ;

NGOIE-NGALLA (Dominique), «Le Christ dans l’œuvre poétique de Tchicakaya U Tam’si», L’Afrique Littéraire, 1995, vol 87, pages 64-69 ;

NIGER (Paul), «L’assimilation, dernière forme du colonialisme», Esprit, 1962, vol 30, n°4, pages 518-532 ;

OMASOMBO TSONDA (Jean), «Lumumba, drame sans fin, deuil inachevé de la colonisation», Cahiers d’études africaines, 2004, vol XLIV, (1-2) n°173-174, pages 221-261 ;

OMASOMBO TSONDA (Jean), VERHAEGEN (Benoît), Patrice Lumumba : acteur politique : de la prison aux portes du pouvoir, juillet 1956  - février 1960, Paris, L’Harmattan, 2005, 406 pages ;

OMASOMBO TSONDA (Jean), VERHAEGEN (Benoît), Patrice Lumumba : jeunesse et apprentissage politique, 1925-1956, Paris, L’Harmattan, 1998, 265 pages ;

ORTNER-BUCHBERGER (Claudia), «Lumumba dans l’œuvre poétique de Tchicaya U Tam’si. Décomposition et recomposition d’un mythe», in Pierre Halen et Janos Riesz, Patrice Lumumba entre Dieu et Diable. Un héros africain dans ses images, Paris, L’Harmattan, 1997,  389 pages, spéc 380-387 ;

OSSITO MIDIOHOUAN (Guy), «Le leader charismatique dans la dramaturgie d’Aimé Césaire», Présence africaine, 3ème et 4ème trimestres 1995, n°151-152, pages 119-141 ;

PESTRE de ALMEIDA (Lilian), «Le bestiaire symbolique dans une saison au Congo : analyse stylistique des images zoomorphes dans la pièce de Césaire», Présence francophone, automne 1976, n°13, pages 93-105 ; 

RECHETNIAK (Nicolaï), Patrice Lumumba : champion de la liberté africaine, Moscou, éditions du Progrès, 1961, 188 pages ;

TCHICAYA (U Tam’si), «Arc musical» précédé de «Epitomé», introduction de Claire Céa, préface de Boniface Mongo-MBoussa, Paris, L’Harmattan, 2007, 170 pages ;

TCHICAYA (U Tam’si), Ces fruits si doux de l’arbe à pain, La main sèche, Légendes africaines, préface de Boniface Mongo-MBoussa, Paris, Gallimard, 2018, 752 pages ;

TURNER (Thomas), Ethnogenèse et nationalisme en Afrique centrale, préface Crawford Young, Paris, L’Harmattan, 2000, 456 pages ;

VANHOVE (Julien), Histoire du Ministère des colonies, Bruxelles, ARSOM, 1968, 168 pages ;

VOLODIN (Lev), Patrice Lumumba, patriote, combattant, humaniste, Moscou, Novosti, 1990, 41 pages ;

WILLAME (Jean-Claude), Patrice Lumumba : la crise congolais revisitée Paris, Karthala, 1990, 496 pages.

Paris, le 11 avril 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Patrice LUMUMBA, Premier congolais : L'insoumis (1925-1961).
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