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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 12:47

Cet article a été publié dans les journaux THIEYDAKAR et FERLOO.

Le gouvernement, après de multiples concertations, a décidé d’inscrire, le 19 avril 2018, à l’ordre du jour de l’assemblée nationale, le projet de réforme du Code électoral. L’opposition est vent debout, et envisage d’organiser «un Ninki Nanka» (un soulèvement populaire), une journée du 23 juin 2011, à l’envers. Le gouvernement souhaite de modifier le code électoral de 1992, d’Abou DIOUF, qui avait associé les forces d’opposition, le parrainage, jusqu’ici imposé aux candidats indépendants, sera étendu, par souci d’égalité, aux partis politiques. L’objectif du gouvernement est aussi de rationaliser ce grand bazar des élections. Le Sénégal compte 299 partis politiques. Aux élections législatives de 2017, on avait recensé 47 listes ; ce qui retardait considérablement vote, avec un coût financier considérable en termes de confection des bulletins de vote et de propagande électorale. Rien n’empêche d’envisager un bulletin unique en cochant sur son choix.

L’opposition accuse le gouvernement de vouloir «choisir ses adversaires». Or ces 299 partis, certains louent leur récépissé et se livrent à un trafic d’influence, sans relation avec leur vraie influence politique. On sait que 4 à 5 partis politiques sortent seulement du lot dans les compétitions électorales. Les autres partis ne dépassent pas 1%, en quoi ces partis «cabine-téléphonique», peuvent-ils menacer le président Macky SALL ?

Par ailleurs, l’opposition prétend que ce serait un passage en force et qu’il n’y aurait pas eu de concertation comme en 1992. Or, l’Etat a choisi un modérateur indépendant. L’opposition a été invitée à la concertation, mais a refusé d’y participer, au seul motif que tout projet de loi émanant du président Macky SALL, serait par nature suspect. Le Code électoral de 1992, datant de plus de 20 ans, reste le socle de notre démocratie, cependant, il est encore perfectible, en mettant à égalité tous les candidats par le parrainage (65000 signatures, issues de 7 régions). Le parrainage existe dans les grandes démocraties, comme la France, et des partis bien établis doivent s’y soumettre. Par ailleurs, cette rationalisation des 299 partis, pour leur candidature à l’élection présidentielle, vise à introduire un minimum de sérieux, dans le choix du futur chef de l’Etat. Cette réforme est là pour durer, M. Macky SALL ne pouvant plus prétendre à un autre mandat, après celui de 2019.

Finalement, nous avons au Sénégal une opposition bavarde et pleurnicharde, dans l'incantation permanente, sans projet, sans vision de l’avenir, et dont certains dirigeants traînent avec eux des «casseroles», on dirait un syndicat de délinquants spécialisés dans le détournement de deniers publics. C’est vrai que la campagne électorale a été la plus longue de l’histoire politique du monde (2016-2019). Cependant, le niveau du débat, tel que le conçoit l’opposition, reste encore en dessous de la ceinture. Une élection présidentielle aurait pu, et doit être, une confrontation programme contre programme, et une évaluation du bilan de l'équipe politique sortante. Je ne vois aucune proposition sérieuse, pour l’avenir du Sénégal, dans ce concert de cacophonie. Par ailleurs, l’opposition, dans sa gesticulation permanente, est restée divisée lors du référendum de 2016 et pendant les législatives de juillet 2017. J'ai l'impression que l'opposition se cantonne dans l'invective, la diffamation, parfois dans la légitimation détournement de deniers publics de certains de ses dirigeants, comme s'il y avait de bons voleurs quand on est dans l'opposition. L'opposition fait beaucoup de bruit, mais ne propose, pour l'instant, rien de crédible aux Sénégalais. En revanche le président Macky SALL, lui, continue de travailler, sereinement, pour les Sénégalais ; c'est notre MITTERRAND, «une Force tranquille». Le président Macky SALL a continué, amplifié et étendu les travaux commencé timidement par Abdoulaye WADE.

Par ailleurs, les revendications sociales légitimes, fort nombreuses à quelques mois des présidentielles de 2019, et les partis d’opposition, sans programme crédible, instrumentalisent cette grogne sociale, cette «grévitude». Le gouvernement a lâché pour les enseignants, mais cette surenchère des syndicats enseignants, sous influence de l’opposition, avec une menace d’année blanche, ne semble pas raisonnable. La fonction publique compte 120 000 agents, et représente, pour les frais de personnels, 50% du budget de l’Etat. Si les revendications des enseignants sont légitimes, l’Etat, en charge de l’équilibre général de la société, doit aussi arbitrer les autres priorités de la Nation.

Par ailleurs, j'apprends que M. Barthélemy DIAS a été condamné, ce 17 avril 2018, à 6 mois fermes, pour ses propos excessifs et désobligeants à l'égard des magistrats dans l'affaire Khalifa SALL.

La liberté d'expression et de manifestation est garantie à tous, mais dans le respect de l'ordre républicain. Barthélemy voulait aller en prison pour être solidaire avec Khalifa. Mais il aurait pu, aussi, être utile à son parti en restant libre, tout en s'exprimant avec retenue et sans concession. La provocation excessive, en jouant au martyre, ne peut attendrir personne. Il y a une ligne rouge à ne pas franchir, la démocratie n'étant ni le désordre, ni la faiblesse.

Le niveau de tension et de dramatisation de la vie politique est arrivé à un tel niveau que cela requiert, de part et d'autre, de la retenue et de la responsabilité. On a connu les insulteurs, maintenant c'est l'émergence des complotistes qui ne proposent rien, qui refusent tout dialogue et qui veulent imposer leur point de vue par la force, sans aucune proposition sérieuse. "Quand il n'y a plus de grande idée, quand il n'y a plus le sentiment d'une grande Mission, il n'y a alors que des ambitions mesquines et des coups bas" écrit, fort justement, Edgard MORIN. L'opposition devrait rechercher à convaincre par un projet sérieux, respecter les institutions, ainsi que l'ordre public.

Le gouvernement devrait privilégier la concertation au détriment de l'enfermement, arme ultime.

Ceux qui souhaitent la confrontation la force restera à la loi. Nous ne sommes pas en juin 2011 où WADE avait voulu imposer un régime monarchique.

Dans le projet de loi sur le parrainage, il s'agit, ni plus, ni moins que de rationaliser cette pagaille de 299 partis, et où personne ne se retrouve avec de nombreux couacs aux législatives de 2017.  Les Sénégalais approuvent, dans un sondage, à 59% ce projet de loi. Si un dirigeant qui a la prétention de gouverner le Sénégal, n'est pas apte à recueillir 1% de parrainages du corps électoral (65 000 signatures), il peut aller faire autre chose.

Un peu de sérieux et de responsabilité !

Paris, le 15 avril 2018, par M. Amadou Bal BA - - http://baamadou.over-blog.fr/

«Les tensions politiques et sociales au Sénégal : quelles perspectives ?», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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