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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 20:31

L'opposition avait menacé le "Ninki Nanka", une sorte de soulèvement populaire devant l'assemblée nationale. Quand la minorité se croit être la majorité et parler au nom de tous les Sénégalais, on en arrive à des situations surréalistes. La liberté de manifester est garantie par l’article 10 de notre Constitution, sous réserve, naturellement, de respecter l’ordre public. Quand l'opposition appelle publiquement à l'insurrection, il va de soi que force restera à la loi, sans excès, ni faiblesse. Je félicite, pour l'instant, nos forces de l'ordre pour leur sens de la mesure.

La démocratie, c'est la loi de la majorité ; L'opposition ne doit pas s'autoproclamer en majorité ; elle doit s'opposer, c'est sa vocation, mais aussi, et surtout, proposer une alternative une vision. Être dans l'obstruction systématique, c'est la voie de l'échec assuré. L'opposition qui a été associée, dès le départ, à la préparation du projet de loi, n'a qu'une seule réponse : ce texte serait inopportun, il faudrait le reporter, et à 10 mois du scrutin, il ne faudrait pas modifier les règles du jeu. Or, dans tous les pays démocratiques c'est seulement à 6 mois du scrutin que tout est gelé ; à cette échéance, il n'y aura que la gestion des affaires courantes. Ce qui n'est pas le cas de la situation actuelle.

Dans les 14 régions c'est le calme plat ; il n'y a pas eu d’incidents majeurs. En effet, la population semble se désintéresser à cette agitation du microcosme dakarois. Dépité, par ce manque d'enthousiasme à suivre, aveuglement, l'opposition dans son aventure, le représentant de «Y'en marre» a qualifié les Sénégalais de «complices de Macky». Les manifestants venant de la province ont été bloqués aux portes de la capitale qui est quadrillée.

L'assemblée a inscrit deux points à l'ordre du jour ce matin : les sanctions relatives à l'harmonisation du droit des affaires en Afrique et le système des parrainages pour rationaliser les partis, dont certaines formations ne sont pas représentatives ; ce sont des partis «cabine-téléphonique». Le parrainage marque donc l'importance du choix d'un chef de l'Etat.

Les manifestants qui voulaient se rendre à la place Soweto, à l'assemblée nationale, ont été refoulés vers Sandaga. Quelques lacrymogènes ont suffi. Les manifestants harcèlent les policiers à Sandaga, sans grands débordements. On est bien loin de l'affrontement du 23 juin 2011.

Tous les commerces sont fermés. El Hadji Malick GACKOU, Thierno BOCOUM, Guy Marius SAGNA et Idrissa SECK ont été interpellés et conduits à Médina. M. Abdoul M'BAYE s'est enfui avec ses gardes de corps. M. Idrissa SECK voulait improviser une marche de la Médina vers l'assemblée nationale. En dépit d'un échange avec le commissaire de la Médina, il n'a pas voulu suspendre sa marche.

Globalement la capitale est restée calme, les dakarois vaquent à leurs activités quotidiennes.

La situation est nettement différente de l'atmosphère de juin 2011 ; maître WADE voulait avoir un troisième mandat présidentiel, transformer le Sénégal en monarchie et instaurer le quart bloquant. Ici, avec le parrainage, il s'agit de rationaliser la démocratie sénégalaise avec ses 299 partis politiques. Être président du Sénégal c'est une lourde responsabilité nécessitant un minimum de sérieux et de représentativité.

Lors de la préparation du texte, le gouvernement avait baissé le montant de la caution et le système de parrainage citoyen, permettant ainsi aux membres de l'opposition, sans élus, d'avoir leurs chances. Je rappelle qu'en France, le parrainage est octroyé uniquement par les grands électeurs qui sont des élus nationaux ou locaux. Au Sénégal, la prolifération des candidatures, le manque de représentativité de certains d'entre eux, ont entraîné des dysfonctionnements graves aux législatives de 2017 (47 listes) et aux élections locales (2747 listes). Rationaliser les candidatures pour les élections présidentielles, c'est permettre aux Sénégalais d'effectuer un choix éclairé. C'est une avancée démocratique majeure pour mettre fin à ce bazar.

Lors du débat du 19 avril 2018, en séance plénière de l'assemblée nationale, les députés de l'opposition n'ont soulevé qu'une seule question préalable, il n'y a pas lieu de délibérer : il faudrait retirer le projet de loi. La loi serait, selon eux, discriminatoire parce qu'elle écarte de l'élection présidentielle des candidats qui ont été condamnés au plan pénal.

Le rapporteur a rappelé que ce projet de loi a été débattu en commission des lois, pendant plus de 8 heures entre majorité et opposition, parfois en termes vifs. Cette question préalable de l'opposition, invitant à ne pas délibérer sur le projet de loi, n'a pas de sens. Donc la procédure continue.

La première question préalable de l'opposition a été rejetée.

Une autre question préalable ne porter que sur un objet différents de la question qui a été rejetée.

Un autre membre de l'opposition soulève plusieurs exceptions :

- il faudrait un référendum ;

- Il ne pourrait pas y avoir d'égalité entre les candidats indépendants et les représentants des partis politiques ;

- Il y aurait un problème de faisabilité on demande des parrainages à des citoyens qui ne savent ni lire ni écrire.


En réponse, suivant le gouvernement, ce ne sont pas vraiment des questions préalables, c'est une techniques de blocage des travaux. A chaque fois la finalité des questions est dire qu'il n'y a pas lieu à délibérer. La lettre et l'esprit du règlement intérieur c'est quand une question préalable est rejetée, il faut debattre sur le fond. Le rejet d'une question préalable purge toutes les éventuelles questions à ne pas délibérer. Par conséquent, les débats doivent se poursuivre.

La question préalable soulevée par Madické NIANG a été rejetée, dans un débat agité ; certains opposants sont allés s'emparer du micro de Moustapha NIASSE, président de l'assemblée nationale.

Le débat houleux a repris, après ces provocations, bousculades et altercations. La séance est suspendue pour 30 minutes pour consultation des présidents de groupe à l'assemblée nationale.

Après concertation avec les présidents de groupe la parole a été donnée pour trois minutes aux députés inscrits.

Le débat a eu sur le rapport et le président de la Commission des lois a pris acte des remarques et en tiendra compte.

Le débat de procédure s'est étalé de 9 heures à 16 heures.

Le débat général va s'engager (107 inscrits pour la première liste d'intervenants). La majorité voulait un vote sans débats. Mais l'opposition demande que cette première liste puisse être épuisée avant le vote du texte.

A la demande de 4 députés le président du parlement a ordonné une suspension de séance. Moustapha NIASSE en profite pour échanger avec les groupes de l'opposition.

Le président de l'assemblée nationale a mis au voix l'adoption de la proposition de non débat. Il s'en est suivi des conciliabules (124 voix pour). Le débat a eu pendant 5 heures.

Abaisser à 0,8% d'inscrits avec une limite de 1% pour le parrainage, tel est l'amendement d'Aymérou N’GNINGUE, pour tendre vers les 52 000 inscrits de 1991 et faciliter les contrôles des signatures.

Après la réforme constitutionnelle le gouvernement modifiera le code électoral viendra en discussion devant l'assemblée nationale. Le gouvernement recherchera le consensus et le dialogue. Le parrainage a existé au Sénégal de 1963 à 1978 (50 citoyens et 10 députés). Ce qui est neuf en 2018, c'est le parrainage des chefs de partis ; c'est une question de rationalisation avec un coût de 350 millions par candidat. Le consensus c'est bien, mais le gouvernement prendra aussi sa responsabilité.

L'amendement de M. NGNINGUE est adopté à l'unanimité.

Le projet de loi constitutionnelle ainsi amendé a été mis aux voix, et adopté à 120 voix ; il fallait 72 voix pour avoir les 3/5èmes.

M. Moustapha NIASSE, président de l'assemblée nationale, a mené de main de maître la conduite des débats. Il y a eu des invectives et même des affrontements, mais

Je me félicite de la qualité et de la vitalité de la démocratie sénégalaise. C'est un grand jour, une avancée, pour rationaliser ces 299 partis politiques.

J’espère que la démocratie sénégalaise quittera le terrain perpétuel du conflit, pour instituer une culture de la négociation pour les sujets d’intérêt général (indépendance et unité nationales, règles du jeu politique, lutte contre la corruption, éducation et défense nationale, etc.). Je n’appelle pas à l’éradication de l’aspect partisan du débat ; l’unanimisme et le consensus mou n’ont pas  de sens. En revanche, les bonnes idées, quelles viennent de la majorité ou de l’opposition, peuvent enrichir la décision.

Paris, le 19 avril 2018, par M. Amadou Bal BA - - http://baamadou.over-blog.fr/

«Le projet de loi constitutionnelle sur le parrainage des candidats à l’élection présidentielle a été validé, le 19 avril 2018, par l’Assemblée nationale», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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