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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 18:26

"Progrès timides de la démocratie en Afrique : accentuation des alternances démocratiques et affirmation du caractère civil des gouvernements, Mais nécessité de fixer des règles du jeu incontestables et transparentes" par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

M. Samura KAMARA,  candidat malheureux, vient de reconnaître sa défaite aux présidentielles de Sierra-Leone, face à M. Julius  Maada BIO, vainqueur, un ancien militaire.

Au Libéria, Georges WEAH, un ancien footballeur, a battu Joseph BOAKARI, Mme Ellen JOHNSON SIRLEAF, ne se représentant pas.

Au Kenya, après une séquence judiciaire annulant les présidentielles, et un nouveau scrutin émaillé de violences, tout est rentré dans l'ordre. M. Uhuru KENYATTA est confirmé vainqueur.

L'alternance en Gambie a été chaotique. Mais le président déchu a fini par s'enfuir avec l'avion présidentiel et a vidé les caisses de l'Etat.

Au Zimbabwe ce n'était pas une élection, mais à  92 ans, Robert MUGABE, président gateux, a négocié des conditions de départ pour ses vieux jours, sans coup d'Etat militaire ou effusion de sang.

La première alternance a eu lieu là où ne l'attendait pas, au Benin. Après de graves troubles en RCI, l'alternance avec Alassane WATTARA a finalement été acceptée.

Le Sénégal, après 40 ans de pouvoir socialiste, a connu deux alternances depuis 2000.

En définitive,  58 ans après les indépendances en Afrique, le caractère civil des gouvernements semble prévaloir sur les coups d'Etat militaires. L'alternance est devenue, petit à petit, un mode presque normal de dévolution du pouvoir.

Cependant, il subsiste encore de nombreux points de vigilance.

D'une part, on note encore des régimes préhistoriques, monarchiques ou dynastiques (Congo, Cameroun, Tchad, Gabon, Togo  Guinée équatoriale). En Angola, après 37 ans au pouvoir, le président a passé la main.

D'autre part, le statut de l'opposition  (liberté de manifestation procès jugés politiques, détentions arbitraires, non clarification des règles du jeu politiques souvent fluctuantes) et le financement des partis politiques ainsi que le statut des anciens chefs de l'Etat, restent à construire ou consolider. 

Il faudrait avec un statut du chef de l'Etat (ressources suffisantes, sauf pour les détournements dans les paradis fiscaux, amnistie et immunité sauf pour les crimes de sang ou contre l'humanité) pousser les dinosaures à la sortie, avec un grand coup de pied, là où je pense. Sans cela, la tendance naturelle est de s'accrocher indéfiniment au pouvoir pour se protéger contre les poursuites de ses successeurs.

Les règles du jeu politique après concertation de l'opposition devraient être soumises au référendum avec un parallélisme des formes pour leur modification. Si l'on s'engage dans le jeu politique on devrait accepter le verdict des urnes sous le contrôle d'un juge indépendant et de la presse. Au Sénégal, l'arrivée d'une presse indépendante qui transmet instantanément les résultats partiels, a été un outil remarquable empêchant toute contestation sérieuse. Par ailleurs le rapport que nous avons à l'argent pourri nos sociétés ; il faudrait instituer un système pas forcément d'emprisonnement, mais interdiction professionnelle de toute personne détentrice d'une parcelle de l'autorité publique, en cas de détournement de deniers publics. Je vois notamment au Sénégal des agents qui détournent les fonds d'un hôpital d'un centre des oeuvres sociales cela est criminel. 

Dans les règles du jeu, il y a la notion centrale de gestion saine des fonds publics. Dès que quelqu'un manie des fonds publics il s'en met plein les poches..Quand on fait de la politique les populations ne s'intéressent pas aux projets structurants pour préparent l'avenir pour nos enfants  ; ce que veulent cette horde de mendiants c'est quelque chose d'immédiat, un petit billet de banque. Cela incite les politiciens à détourner des fonds publics et à être cupides. Or, si on veut châtier les indélicats, toute cette bande d'affamés qui ont recelé ce vol, crient à la persécution politique. Cet argent c'est le notre ; soyons exigeants dans la gestion des fonds publics. Sans cela, nous resterons éternellement pauvres.

Une large liberté devrait accorder à l'opposition aussi bien dans sa liberté d'expression, ainsi que la liberté de manifestation. Cependant, la liberté et la responsabilité sont indissociables. Les acteurs politiques doivent respecter la cohésion nationale, et ne pas diviser la nation, ne pas diffamer ou ne pas appeler à l'insurrection. Pape DIOP du PDS, un opposant, appelle au "Ninki Nanka", au soulèvement populaire, comme lors du mouvement de juin 2011. A mon sens, l'opposition ne signifie pas l'irresponsabilité ; elle doit pouvoir critiquer le gouvernement, mais aussi et surtout proposer une alternance crédible ; le juge devrait surveiller les écarts venant à la fois du pouvoir que de l'opposition.

Au Sénégal, le débat fait rage autour du parrainage. Nous avons 155 partis politiques, et lors des législatives du 30 juillet 2017, avec des partis politiques dits "cabines téléphoniques", on avait eu 33 listes électorales. Finalement, depuis l'année 2000, au Sénégal seuls 4 partis politiques sortent vraiment du lot. Même en France, notre modèle, il y a un système parrainage, le F.N, les Communistes peinent, parfois, à avoir leurs parrains. Je crois qu'il faudrait, sans limiter le nombre de partis politiques, les rationaliser, à tout le moins, pour les candidatures aux présidentielles. Ces partis cabines téléphoniques polluent, en fait, le débat politique, mais ne le clarifient. Ces partis sont une façon de se "sucrer" et d'obtenir des avantages dans un système de report des voix au 2ème tour. Je crois, aussi, que l'enjeu, dans les règles du jeu, pour les élections, c'est programme contre programme et évaluer le bilan de l'équipe politique sortante. J'ai l'impression que l'opposition se cantonne dans l'invective, la diffamation, parfois dans la légitimation détournement de deniers publics (cas Karim et Khalifa), comme s'il y avait de bons voleurs quand on est dans l'opposition. L'opposition fait beaucoup de bruit, mais ne propose, pour l'instant, rien de crédible aux Sénégalais. En revanche le président Macky SALL, lui, continue de travailler, sereinement, pour les Sénégalais ; c'est notre MITTERRAND, "une Force tranquille". Il a continué, amplifié et étendu les travaux commencé timidement par Abdoulaye WADE. Les revendications sociales sont légitimes, mais le fait qu'un dirigeant syndicaliste aille voir un opposant et lui faire part une stratégie politique, ils sortent manifestement de leur rôle. Le gouvernement a lâché pour les enseignants, mais la surenchère risque de les perdre.

Paris, le 7 avril 2018,  par M. Amadou Bal BA - - http://baamadou.over-blog.fr/

Afrique alternances et accentuation du caractère civil des gouvernements
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