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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 18:35

Cet article a été publié dans le journal THIEYDAKAR.

Je m’incline, très respectueusement, devant l’acte héroïque, le sacrifice, le courage et le sens du devoir du Lieutenant-colonel, Arnaud BELTRAME, qui a perdu la vie en prenant la place d’une otage, lors d’un attentat terroriste. Aussi, j’adresse mes sincères condoléances à sa famille, à toute la Nation entière, et à tous ceux qui estiment que la personne humaine, quelle que soit son origine, est, reste et restera sacrée. Bouleversé par une telle tragédie immense, je ne vous cache pas, que ce matin, en me réveillant, en tant que musulman, j’ai accompli la prière des morts pour lui, le catholique. Un tel désastre exprime l'indicible et nous laisse sans voix.

Sa mère a dit, avec dignité et pudeur, que c’est un homme du devoir, il a fait son travail. Je m’autorise à dire que le Lieutenant-colonel BELTRAME a fait plus que cela. J’ai appris, de mon Prophète et de mes maîtres à penser, que nous devrions donner un sens à notre vie en la guidant vers le Bien souverain. A mon sens, le Lieutenant-colonel BELTRAME a accompli le vrai Jihad, un Jihad du cœur, une insurrection de la bonté qui devrait, quand nos cœurs seront apaisés de cette grande douleur, nous inviter à un grand examen de conscience sur, au moins, trois sujets fondamentaux.


Tout d'abord, à chaque fois qu’un attentat tragique est commis, notre classe politique fait résonner les tambours de guerre, avec leurs lots de morts, notamment les civils des pays où se déroulent ces affrontements. Désormais, la guerre, devenue l’affaire de soldats professionnels, se déroule loin de l’Hexagone, et nos concitoyens se désintéressent ou acceptent les discours guerriers de nos politiciens, sans les évaluer de façon critique. De surcroît, ce sont des guerres confinées dans le confidentiel, sans images sur la tragédie des populations civiles, grandes victimes de ces boucheries de masse. Or, j’affirme que la classe politique, et pour une large part, nous ment, nous instrumentalise et dissimule une réalité beaucoup plus complexe. En effet, les objectifs de ces guerres ne sont pas clairs, et la victoire totale et immédiate promise à chaque drame, contre je ne sais quoi, sans cesse, tarde à venir. Ainsi, en Afghanistan, la guerre engagée depuis les temps soviétiques s’enlise, soit depuis plus de 40 ans. Les Américains avaient pris prétexte de l’attentat du 11 septembre 2011, pour s’y engager fortement. Mais dans cet attentat du 11 septembre, l’essentiel du commando est saoudien, et non pas afghan. En Irak, Georges BUSH avait prétendu qu’il avait des armes chimiques dans ce pays. Saddam HUSSEIN a été pendu, son pays dévasté, et pour quel résultat depuis 1990 ? Lors du Printemps arabe, des pays stables luttant contre l’islamisme (Tunisie, Egypte et Libye) sont devenus un champ de ruine, et nous envoient, massivement, leurs réfugiés. Et on apprend même, par MEDIAPART, que la guerre en Libye aurait pour objectif de liquider KADHAFI pour avoir révélé le financement de la campagne électorale de 2007 de M. SARKOZY. Un président de la République française, élu avec l'argent d'un dictateur, puis liquide son "bienfaiteur", cela fait désordre et trouble notre conscience de républicains ! En Syrie, l’odieux Bachar El ASSAD, qu’on voulait déloger, mais sans tenir compte de la présence soviétique, avait aussi un pays stable, maintenant en lambeaux ; on croise, chaque jour, dans le métro, le regard désespéré de ces réfugiés syriens. Pourquoi au Yémen, les Occidentaux se sont alliés, ou tolèrent, des fondamentalistes religieux, dans ce pays ? On ne devrait pas manger avec le diable, même avec une longue cuiller. Ces guerres locales s’enlisent et fauchent, sans cesse, des vies civiles, considérées comme des «dégâts collatéraux». On s’étonne de l’arrivée en masse de réfugiés et des attentats commis par des esprits, souvent faibles ou manipulés. Le tout répressif a démontré ses failles et ses limites. Ces guerres sont-elles justes avec des objectifs clairs et atteignables ? Telle est la question fondamentale que l'on ne peut plus, désormais, esquiver.


Ensuite, quelle que soit le sentiment d’injustice que l’on pourrait avoir à l’égard de ces guerres locales inefficaces et iniques, rien ne peut justifier ou excuser un acte terroriste. En effet, la vie de chaque individu sur cette terre est unique et irremplaçable. L’Islam, religion de paix, interdit de tuer un être humain. Celui qui tue doit être tué, et celui qui ôte la vie est voué aux braises ardentes ; ceux qui crient «Allahou Ak Bar !» en tuant des innocents, salissent l’Islam, sont des criminels et de véritables malades mentaux. Au moins de ce côté-là, les choses sont limpides. A mon sens, le vrai Jihad, à l’aube du XXIème siècle, c’est celui de faire reculer le Mal, et par voie de conséquence de poursuivre le Bien. Le vrai Jihad, comme l’intime l’Islam, c’est avant tout, même dans son esprit, de s’interdire de penser en mal, à s'éloigner de tout qui y ressemble, et donc, dans les actes, de s’orienter, constamment et résolument, vers le Bien souverain. Accomplir le Jihad, dans ces conditions, c’est travailler, chaque jour, chaque instant, dans la mesure de ses moyens, pour rendre le monde meilleur, plus juste et plus fraternel. L’individu doit se rendre utile à lui-même, à sa famille et à toute la communauté. Par conséquent, l’acte héroïque du Lieutenant-colonel BELTRAME, est un vrai Jihad du cœur. Cela me touche, profondément.


Enfin, il faudrait travailler à la cohésion nationale, et cesser d’opposer les uns aux autres, en adoptant une religion de l’Amour. La libération de la parole raciste est un poison dans notre société. Il est grand temps d’un grand débat national, avec tous les acteurs politiques et associatifs, sur la place des Français issus de l’immigration, encore largement considérés comme des Indigènes de la République. Ce débat devrait dégager les droits, mais aussi les devoirs, quand on vit ensemble dans une communauté, en terme de loyauté, d’entraide, d’égalité réelle, y compris pour les lieux de culte. Cette cohésion nationale signifie aussi la lutte résolue contre toutes les formes d’exclusion et de discrimination à l’égard des pauvres, des femmes, des fonctionnaires, des retraités, des réfugiés et immigrés, des cheminots, etc. Chaque individu doit contribuer à l’harmonie, à la paix et au bonheur de notre société, car nous sommes solidaires aussi bien dans les moments de joie que de tristesse, comme c’est le cas, avec cette mort tragique du Lieutenant-colonel BELTRAME.

Pour ce bien-vivre ensemble, je m’appuie sur la pensée d’Amadou Hampâté BA, un grand Sage de Bandiagiara, considéré comme un «caméléon de la tolérance». Pour lui, l’observation du caméléon nous en dit long sur le bien-vivre ensemble : «Quand il arrive dans un endroit, le caméléon prend la couleur du lieu. Ce n'est pas de l'hypocrisie ; c'est d'abord la tolérance, et puis le savoir-vivre. Se heurter les uns les autres n'arrange rien. Jamais on n'a rien construit dans la bagarre. La bagarre détruit. Donc, la mutuelle compréhension est un grand devoir. Il faudrait toujours chercher à comprendre notre prochain. Si nous existons, il faut admettre que, lui aussi, existe». Du point de vue religieux, et dans son humanisme, Amadou Hampâté BA considérait que l’intolérance est une déviation. Il ne faudrait pas juger les religions, quelles qu’elles soient, à travers les hommes qui les pratiquent ou qui, parfois les utilisent pour des fins autres que celles réellement religieuses. Il a appris de ses parents à être tolérant et à accepter les gens tels qu’ils étaient, Africains ou Européens, tout en restant pleinement soi-même. La tolérance s’appuie sur la compréhension et s’accompagne de la connaissance de l’autre. La différence peut être une source d’enrichissement, à condition de nous libérer de nos peurs, de notre égoïsme et de faire l’effort d’aller vers l’autre pour mieux le connaître et l’accueillir.

En conséquence, je ne souhaite pas que le sacrifice du Lieutenant-colonel BELTRAME soit vain, mais qu’il soit l’occasion de nous déciller les yeux, et d’entrer dans l’espoir et l’espérance, pour grande fraternité, pour le respect mutuel et le bien-vivre ensemble.

«Celui qui a planté un arbre avant de mourir n'a pas vécu inutile», dit un proverbe africain.

Honneur, gloire et profond respect pour la mémoire du colonel BELTRAME et à tous ceux qui oeuvrent pour le Bien souverain !

Paris, le 24 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Le lieutenant-colonel, Arnaud BELTRAME, un héros.
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