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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 21:49

«Le Nègre en Amérique était comme le phénix et il surgirait, un jour, du feu auquel l’Amérique l’avait consigné» déclare Langston HUGHES, qui appelait de ses vœux une révolution culturelle ; il voulait réaffirmer la dignité de l’Afro-Américain, régénérer sa culture et l’encourager à assumer pleinement la dignité de sa personnalité. Humaniste, résolument aux côtés des plus démunis, privilégiant la culture populaire et musicale des Noirs, Langston HUGHES diverge avec Countée CULLEN (1903-1946), un des tenants du mouvement Harlem Renaissance, qui en vint à braver quiconque suggérait que ses origines raciales devaient déterminer son patrimoine poétique ; CULLEN considérait que l'héritage poétique anglo-américain lui appartenait autant qu'à n'importe quel Américain blanc de son époque. En revanche, pour Langston HUGHES, ce jeune poète nègre, prometteur, qui désire être un poète, non un poète nègre, reste, par là même, prisonnier de la peur et de la honte attachée à la position du Noir dans la culture américaine. Langston HUGHES incarne la perte progressive du complexe d’infériorité des artistes noirs américains ; il exhibe sa fierté d’être Noir, écrire Noir, c’est écrire Noir américain : «Nous, jeunes artistes noirs, entendons exprimer nos mois à la peau noire, sans peur, ni honte aucune» dit-il. Ainsi, dans son manifeste, de juin 1926, «The Negro Artist and the Racial Mountain», Langston HUGHES professa, selon une formule connue, que les poètes noirs devaient créer «un art nègre» caractéristique, luttant contre l'incitation à se rapprocher de la race blanche : «Nous jeunes artistes nègres qui créons aujourd’hui entendons exprimer nos moi individuels et à la peau foncée sans peur ni honte. Si cela plaît aux Blancs nous sommes contents. Si cela n’est pas le cas, cela n’a pas d’importance. Nous savons que nous sommes beaux. Le tam-tam pleure et le tam-tam rit. Si cela plaît aux gens de couleurs nous en sommes contents. Si ce n’est pas le cas, leur déplaisir n’a pas d’importance non plus. Nous construisons nos temples  pour demain, aussi solides que nous savons faire, et nous nous tenons debout au sommet de la montagne, libres en nous-mêmes», écrit-il dans un texte majeur, du 23 juin 1926, «Les artistes noirs et la montagne raciale» (The Black Artists and the Racial Mountain). Ce relèvement des Noirs américains, c’est autre chose que la prétention sociale de la bourgeoisie noire «pleine de suffisance, satisfaite et respectable, singeant les manières et les valeurs blanches» dit-il.

La position de Langston HUGHES, prônant, un éveil des consciences, par une démarche radicale, est originale par rapport à ses devanciers ou ses contemporains. L’une des conséquences immédiates de la publication de «Ames Noires» de W. E.B DUBOIS a été la naissance à Harlem, un vaste mouvement social et culturel dans tous les domaines : littérature, théâtre, musique danse etc. Booker Taliaferro WASHINGTON (1856-1915), un gradualiste, de la bourgeoisie noire, estimait, et en renonçant à tout combat politique pour l’égalité des droits, que l’instruction était seule en mesure de libérer les Noirs américains de l’aliénation et de la ségrégation raciale. Auteur des «Ames Noires», W. E Du BOIS (1868-1963, (voir mon post du 13 avril 2016) entendit aller à contre-courant, en estimant que le «Talented-Tenth», l’élite noire avec une éducation de qualité, devait jouer de ses avantages (position sociale, prestige intellectuel, etc.) pour, d’une part, faire avancer la masse et de l’autre, fournir la preuve, aux yeux des Blancs, de ce dont étaient capables les Africains-Américains, pour peu qu’on leur donne une chance. Langston HUGHES avec son groupe des Niggerati, et en écrivain engagé et réaliste, ne voulait pas écarter les masses populaires, notamment les plus déshérités, de ces changements sociaux. «Je suis Noir et je suis pauvre. Et cette combinaison entre couleur et pauvreté me donne le droit de parler au nom de la communauté la plus opprimée d’Amérique» écrit Claude McKAY (1889-1948). Langston HUGHES exprime une autre voix dissonante, par rapport à Du BOIS, sur l’art et la propagande. L’art doit être un moyen d’expression personnelle et un chemin vers l’élévation de l’esprit tandis que la propagande «perpétue la position d’infériorité d’un groupe alors même qu’elle la combat en ce qu’elle s’exprime dans l’ombre d’une majorité dominante qu’elle apostrophe, cajole, menace ou supplie» écrit Alain LOCKE.

Marcus GARVEY (1887-1940) préconisait un retour en Afrique avec son slogan «Back to Africa Movement» ; une Afrique unifiée, donc puissante, constituerait à la fois une protection et un point de repère pour la diaspora. GARVEY encourageait les Noirs à «être fiers de leur couleur et à considérer l’Afrique comme leur patrie passée et future». S’il revendique sa fierté raciale, Langston HUGHES se dit, avant tout, Américain. Le «New Negro» se voyait dorénavant avec des yeux nouveaux et entendait imposer sa nouvelle image au Blanc. En d’autres termes,  HUGHES venait de franchir le fossé psychologique qui, naguère, l’empêchait d’assumer sa culture, son passé d’esclave, son origine africaine. Il se réveillait comme d’un long sommeil de pierre pour prendre conscience que son passé était non seulement digne de considération, mais encore intimement lié à celui des Blancs. Alain LOCKE (1885-1954) formula ainsi cette nouvelle tendance : «L’art des Noirs en Amérique est l’un des plus beaux et des plus sophistiqués (…) en tout cas ce sont des artistes modernes et les critiques d’art les plus sophistiqués de notre génération qui le disent». Langston HUGHES est convaincu qu’il appartient à une race qui a ses qualités et ses défauts, comme les autres, et que le Noir est un être à part entière. Par conséquent, il doit affirmer et défendre son identité et lutter contre les stéréotypes et les idées reçues. «Sa vision des relations sociales est d’une rare clarté, notamment lorsqu’il aborde les thèmes de l’intégration, du néo-paternalisme, de la philanthropie, du métissage et enfin du lynchage, apocalypse selon lui de l’injustice. C’est dans cette description sans complaisance d’une réalité cruelle et révoltante que se manifeste le mieux l’humanité de Langston Hughes. C’est aussi singulièrement par la compassion et l’humour qu’il répond à l’injustice, à l’hypocrisie et à l’intolérance» écrit Aloyse EYANG.

Poète, nouvelliste, dramaturge et éditorialiste américain majeur du XXème siècle, chef de file de ce mouvement Harlem Renaissance (1924-1930), Langston HUGHES aura contribué, de façon décisive à la reconnaissance culturelle et sociale des Noirs américains. L’homme noir s’est vu au fur à mesure de l’esclavage et de la colonisation, assujetti à la «domination blanche» réduit au rang de chose, dépossédé de ses biens, de sa dignité et de son identité, et n’a cessé de s’efforcer de se libérer du joug de ses maîtres. «Pendant des siècles l’homme noir semblait n’être né que pour travailler. Travailler dur comme un Nègre, et travailler pour les autres. Puis, vint, un moment (…) où se trouva campé des deux côtés de l’Atlantique, mais d’abord aux Etats-Unis, un nouvel homme noir. Un «New Negro», qui brouillait l’image traditionnelle que gardait de lui l’homme blanc. Un homme qui suggérait une manière autre, un peu mystérieuse, d’être homme», écrit Louis Thomas ACHILLE dans la préface de la «Revue du Monde Noir» de 1931-32.  Grâce, notamment à HUGHES, Harlem est devenu la capitale mondiale de la culture noire, «La Mecque noire» ce que Carl Van VECHTEN (1880-1964) baptisa, en 1926, «New Heaven» ou «Le paradis des Nègres». Harlem Renaissance réclamait pour les Noirs les droits civiques comme le droit de vote, le droit à l’instruction etc. et avait pour objectif premiers la lutte contre :

 - La discrimination (le racisme, la marginalisation des Noirs, l’aliénation.)
- La revendication de tous les droits particuliers accordés à tout américain de naissance.
- La réhabilitation de l’ensemble des valeurs relatives aux Noirs.

Né le 1er février 1902, à Joplin, dans l’Etat du Missouri, d’une mère noire et d’un père blanc, James Mercer Langston HUGHES aura une enfance et une jeunesse marquées par la pauvreté de ses parents. Sa mère, Carrie Lansgton HUGHES (1873-1938), une enseignante et son père, James Nathaniel HUGHES (1871-1934), se séparent très tôt. Les Américains noirs ont les mêmes problèmes que les autres Américains : «Plus the just being Negro» dit-il dans «The Big Sea». Homme de couleur, quand il naît, trente-sept ans à peine se sont écoulés depuis que se sont tus les canons de la Guerre de Sécession. Après la confuse période de Reconstruction, les vaincus du Sud sont rentrés en grâce et prennent activement leur revanche sur les plus faibles. Il n’est pas rare, à l’époque, de voir des groupes de Blancs «remettre à leur place» par la corde et par le feu, les Noirs assez insolents pour prétendre jouir des droits que leur donne la Constitution. C’est dans une curieuse atmosphère de tension que vont se passer les premières années du gamin. Le ménage de ses parents subit, en effet, les contrecoups de la situation ambiante. Le père de Langston, un juriste, envisageait de s’inscrire au barreau, mais en raison des lois Jim Crow, cette ambition fut contrariée. «My father wanted to go away where a colored could get ahead away and make money quicker and my mother did not want to go» dit-il «The Big Sea». Son père s’exila alors au Mexique où il devient, par la suite, le gérant d’une usine d’électricité, et a pu s’acheter un grand ranch.  Langston HUGHES décrit son père comme un individu cupide, obsédé par l’argent : «Money become his God. (…) Hurry up was his word. He was always in a hurry to trying to make more money» dit-il.

De 1908 à 1915, Langston alla s’installer à Lawrence, dans le Kansas, chez sa grand-mère maternelle, sa mère s’étant remariée, et avait du mal à joindre les deux bouts. Sa grand-mère, Mary LANGSTON a du sang noir et Cherokee, et lui insuffle la fierté raciale du peuple noir. «La vie, dans les histoires de grand-mères, s’écoulait toujours vers une fin héroïque. On travaillait, on complotait, on se battait. Mais on ne pleurait pas. Quand grand-mère mourut, je ne pleurai pas non plus. Il y avait un je ne sais quoi dans les histoires de grand-mère qui m’enseignait, sans qu’elle me l’eût jamais dit, que pleurer était toujours inutile», dit-il. En effet, sa grand-mère, «dernière veuve survivante» de l’épopée de John BROWN (1800-1859, un abolitionniste blanc, mort par pendaison), et qui, à ce titre, avait eut droit aux honneurs de la Maison-Blanche sous la présidence de Théodore ROOSVELT. Mary Simpson PATTERSON (1836-1915), la grand-mère, avait, en effet, épousé, en premières noces, Sheridan LEARY (1835-1859), homme libre, tué lors de l’attaque de John BROWN contre le Ferry de Harper : «Elle était enceinte à Oberlin, nous raconte son petit-fils dans son autobiographie, lorsque Sheridan Leary partit et personne ne savait où il était allé. Il lui avait seulement dit qu.il était parti faire un tour. Quelques semaines plus tard, on lui rapporta son foulard troué de balles. Il avait été tué, aux côtés de John Brown, au cours de l’héroïque expédition de Harper’s Ferry», dit-il. Sa grand-mère se remaria alors avec Charles Henry LANGSTON (1817-1892), le frère de John Mercer LANGSTON (1829-1897), premier Noir avocat dans l’Ohio, député en Virginie de 1888 à 1894, et premier doyen Noir à Howard Law School.

En 1916, le jeune Langston ira rejoindre sa mère, Carrie HUGHES remariée à Homer CLARK, à Cleveland, dans l’Ohio, et là qu’il acheva ses études secondaires. C’est là, qu’à l’école secondaire, il écrira son premier poème «puisqu’il est noir (ils sont deux dans la classe) et que les Noirs, c’est bien connu, savent tous chanter et danser». Son professeur d’anglais, Mme WEIMER, lui présenta un poète, historien et écrivain d’origine suédoise, Carl SANDBURG (1878-1967), auteur de «Chicago Poems» et qui lui apprend l’amour de la poésie. En effet, le jeune Langston, sous l’influence de Paul Lawrence DUNBAR (1872-1906) et, surtout, de Carl SANDBURG, entre véritablement en poésie, chantant la ville : «les aciéries où travaille son beau-père, les taudis où (ils) habitaient, les filles venues du Sud qui arpentaient les chaussées de Central Avenue». Il compose le poème «Negro Speaks to the Rivers» à la fin de ses études secondaires, en 1920. Le jeune Langston en lisant Guy de MAUPASSANT (voir mon post sur cet écrivain du 11 juillet 2017) à l’âge de 14 ans, a senti sa vocation littéraire naître : «Jamais je n’oublierai l’émotion que j’éprouvai lorsque j’ai compris, pour la première fois, le français de Guy de Maupassant. (…) Je pense que c’est grâce à Guy de Maupassant que j’ai réellement souhaité devenir écrivain et composer des histoires sur les Noirs, histoires si vraies qu’on les lirait au bout du monde, même après ma mort» écrit-il.

En 1920, Langston se rendit, pendant 15 mois, vivre avec son père au Mexique, et donna des cours d’anglais, durant ce séjour, à de riches familles mexicaines. Son père, considérant que le métier n’étant pas rentable, voulait l’inscrire à une université suisse, puis à des études d’ingénieur en Allemagne, pour gérer, par la suite, les affaires familiales. Mais le jeune Langston n’aime pas les affaires, il voulait devenir un écrivain et poète. Cependant, il réussit à convaincre son père de financer ses études à l’université de Columbia, à New York, pour l’année 1922. Langston ne resta qu’un an à cette université ; il n’aimait pas étudier : «I did not like Columbia, nor the studients, nor anything. I was studing, so I did not study. I want to show read books and attended at the Round School» dit-il, désabusé. Ce fut la rupture avec son père. C’est la période où il poursuit l’écriture de ses poèmes et rencontre Countée CULLEN ainsi qu’Alain LOCKE, qui l’aident à les publier. HUGHES reçoit pendant un certain temps, l’aide financière de Charlotte Osgood MASON (1854-1946) et vit de petits boulots.

Ce qu’apprécie, le plus, Langston, c’est l’école de la vie. Aussi, en 1923, il s’embarque pour l’Afrique, et travaille pour une compagnie maritime. En 1924, il se trouve à Paris, et il est employé dans un cabaret à Montmartre. En novembre 1924, grâce à Walter WHITE, il fait la connaissance, à New York, d’Arna BONTEMPS (1902-1973) et Carl Van VECHTEN (1880-1964) qui l’introduisit à différentes revues noires (Opportunity, The Crisis) et blanches (The Survey-Graphic, Vanity Fair, The World To Morrow) qui publieront ses articles. En 1925, il est invité en Italie par Alain LOCKE. A son retour aux Etats-Unis, il prend un emploi de bureau à Washington, qu’il abandonne vite. En 1925, devenu employé d’un hôtel à Washington, c’est en desservant la table du poète Vachel LINDSAY (1879-1931), qu’il a reconnu, que HUGHES lui remet le manuscrit de son poème, «The Weary Blues». LINDSAY le lit et dès le lendemain matin c’est la célébrité. Des nuées de reporters s’abattent sur l’hôtel pour photographier et interviewer le nouveau poète noir, en uniforme de service, sa pile d’assiettes sales en équilibre sur sa main. En 1926, il publie les fameux poèmes «The Weary Blues» (Le Blues du désespoir), chez Alfred KNOPF, et c’est la même année, dans la revue, «The Nation» qu’il publie «The Black Artist and the Racial Mountain».

Cependant, en 1926, et par fierté, Langston HUGHES s’astreint à terminer ses études, avec l’appui financier de Amy SPINGARN, et sera diplômé, en 1929, de l’université de Lincoln, en Pennsylvanie, et se rend à Cuba. En 1930, il rencontre Zora Neale HURSTON (1891-1960) qui s’intéresse au folklore du Sud, et lui à la culture noire à Harlem, mais vont se brouiller autour de la paternité de «Mule Born» ; chacun accusant l’autre de plagiat. Il remporte un prix «The Bynner Prize of Undergrated Poetry» et en 1931, «The Hammon Award of Literature». En 1933, il se rend à Moscou, et sera suspecté d’être communiste. Il obtient, en 1935, une bourse de la Fondation Guggenheim et il s’engage en 1937, comme correspondant de presse, lors de la guerre civile en Espagne.

En 1924, Langston HUGHES a séjourné à Paris, haut lieu de ralliement des intellectuels noirs américains (Richard WRIGHT, Chester HIMES, James BALDWIN, Ta-Nehesi COATES, etc.). Paris était une ville empreinte de colère et d’amour, de tendresse et de révolte, et le chant de ces Noirs pour la Fraternité s’élevait au cœur de la République des droits de l’Homme pour apporter l’espoir et l’espérance. Un critique littéraire, note en 1929, que «Jusqu’à présent les Nègres d’Amérique n’ont rien écrit de remarquable pour le théâtre, mais ils ont des poètes qui valent les meilleurs de ceux d’Amérique. Langston Hughes est l’un des plus dignes d’être connus en France. (…). La poésie de Langston Hughes est savoureuse et variée, pleine de mouvement, toujours plus nombreuse» écrit Franck SCHVELL. Langston HUGHES est un amoureux de Paris : «Je m’y sens aussi à l’aise qu’à New York. Du point de vue racial, il n’y a pas entre ces deux villes une énorme différence. La plus évidente, à mes yeux, est une question de coiffeur : à New York, je dois aller me faire couper les cheveux à Harlem ou dans un quartier noir ; à Paris, je vais où bon me semble. La plupart des Noirs américains trouvent l’atmosphère de Paris plus libre que celle de nos grandes villes. (..) En Amérique vous êtes forcé d’être conscient de votre race presque tout le temps. (…) Lorsque je viens à Paris, je ne dois pas penser que je suis Noir, mais moi-même, un individu.», écrit-il, en mai 1965, dans une interview, «Le problème noir aux Etats-Unis». Pourtant, de nos jours, les œuvres de Langston HUGHES sont difficiles à trouver en langue française ; elles n’ont pas été rééditées.

Langston HUGHES est mort à l'âge de 65 ans, le 22 mai 1967, à New York des suites d’une crise cardiaque. Ses cendres ont été dispersées à proximité du Centre Arthur Schomberg pour la Recherche sur la Culture Noire situé à Harlem.

Ecrivain prolifique, entre 1926  et 1967, HUGHES a consacré sa vie à l’écriture et à des conférences. Il a écrit seize livres de poèmes, deux romans, trois recueils de nouvelles, quatre volumes de «éditorial» et «documentaire» fiction, une vingtaine de pièces, poésie, comédies musicales et opéras pour enfants, trois autobiographies, une douzaine de radio et de scénarios pour la télévision et des dizaines d’articles de magazine. Phénomène littéraire en quelque sorte, Langston HUGHES l'est non seulement parce qu'il a pratiqué tous les genres, y compris la comédie musicale, mais parce qu'il est l'un des premiers Noirs américains à avoir vécu de sa plume et, sans conteste, celui qui a le plus œuvré pour faire connaître les productions culturelles de ses congénères du monde entier par sa contribution littéraire. Il se raconte dans deux importantes autobiographies, en 1940, «The Big Sea » (Les Grandes Profondeurs) et en 1956, «I Wonder as I Wander » (Plus je bouge, plus je m'interroge).

Homme de la gauche radicale, d’humeur vagabonde et se qualifiant de «poète social», Langston HUGHES est un écrivain réaliste et socialiste. Le but du réalisme : «Is to show the real life, note the facts, and real people. The realistic poet replace the traditional themes of poetry such as nature and live with the concern of social themes”, écrit dans sa thèse Temperance Jackson ARMSTEAD. Ecrivain engagé, il voulait éduquer, persuader, convaincre, bref animer une culture orale populaire et politique. C’est en cela, que la contribution littéraire de Langston HUGHES rejoint le réalisme de Louis ARAGON (voir mon post) : «Au lieu de limiter ses thèmes de composition à la beauté des fleurs et à la splendeur des couchers de soleil, il attaque de préférence les problèmes sociaux de ses congénères. Et la peinture de leur condition est toute imprégnée de propagande militante en faveur de certaines voies et moyens de libération» écrit Claude SOUFFLANT. Ses poèmes célèbrent, des images rythmées et musicales, avec un sens aigu du réel, le thème qui les inspira : les souffrances et les aspirations des Noirs américains, la Diaspora. Langston HUGHES admettait qu’une littérature prônant les aspects positifs de la race était nécessaire, mais il pensait aussi que les écrivains noirs ne devaient pas ignorer ni mépriser ceux qui habitaient les ghettos car eux aussi étaient dignes de «traitement littéraire» et comptaient autant que les «nantis» dans la plus grande équation humaine : «Poets who wrote mostly about love, roses and moonlight, sunsets and snow, must lead a very quiet life. (…) Unfortunately, having been born poor, and also colored, in Misouri, I was stuck in the mud from the beginning” écrit HUGHES dans un article “My Adventures as a Social Poet”. En écrivain réaliste, HUGHES dépeint dans ses œuvres de la vie des prolétaires noirs partagée entre joies, désillusions, espoir, etc. le tout teinté  de jazz et de Blues. Ainsi HUGHES dira plus tard: «J'ai cherché à comprendre et à décrire la vie des Noirs aux États-Unis et d'une manière éloignée, celle de tout humain» dit-il. Par son travail, HUGHES a cherché à montrer l'importante d'une «conscience noire» et d'un nationalisme culturel qui unit les hommes plutôt que les oppose. «Most of my poems are racial in the theme and treatment derived from the life I know», dit notre poète.

Langston HUGHES affiche fièrement ses origines africaines, et se revendique aussi, et surtout, comme étant américain.

I – Langston HUGHES, l’Africain

En 1923,  Langston HUGHES a voyagé à l’étranger sur un cargo au Sénégal, au Libéria, au Nigéria, au Cameroun, en au Congo belge, en Angola et en Guinée «O le soleil de Dakar ! O les filles noires de Burutu» écrit-il. Langston HUGHES a été admiratif du poème de Countée CULLEN «Qu’est-ce que l’Afrique pour moi ?», aussi, pendant la traversée en bateau pour le Sénégal, il ne manqua pas de lui faire part de ses impressions concernant les aubes et crépuscules inouïs : «de cuivre et d’or luisant, puis le reflet d’un vert doux du crépuscule tropical qui s’attarde et bientôt les étoiles dans l’eau, puis l’écume lumineuse, phosphorescente, des crêtes de vague autour du bateau» écrit-il le 1er octobre 1923. Langston HUGUHES fait part de ses émotions pour la découverte de l’Afrique : «Tous ces jours-là, j’attendais avec impatience de voir l’Afrique. Et finalement, en apercevant les collines d’un vert poudreux sous le soleil, quelque chose me tordit les entrailles. Mon Afrique, patrie des peuples ! Et moi, qui étais un nègre ! L’Afrique ! bien réelle, bien palpable et non seulement une évocation dans un livre» écrit-il dans son livre «The Big Sea».

Langston HUGHES, en quête de son identité africaine, cherche à affirmer sa condition d’homme noir : «Tous les tambours de la jungle roulent dans mon sang. Et, toutes les lunes sauvages et brûlantes des jungles brillent dans mon âme» écrit-il. Langston HUGHES revendique son héritage africain, en indiquant qu’il existe une voie vers un questionnement de la conscience rebelle, de l’altérité, de la découverte et de l’estime de soi : «Héritage» L’Afrique, qu’est ce donc pour moi ; Soleil cuivré, mer écarlate. L’Afrique ? Un livre qu’on feuillette distraitement, jusqu’au sommeil, oubliées ses chauves- souris volant en cercle dans la nuit. Ses félins tapis aux roseaux guettant la tendre proie qui paît au bord du fleuve ; plus jamais  de rugissement qui claironne ; «De la graine où elles dormaient des griffes de roi ont bondi». Les serpents qui rejettent une fois l’an ces jolies peaux que vous portez, ne cherchant pas comme vous à fuir les regards». S’il reconnaît ses origines africaines et se plaint de cette civilisation si dure, si forte, si froide, HUGHES n’ignore pas qu’il est un fils éloigné de l’Afrique dont la personnalité s’est fragmentée. Son poème «Afro-American Fragment» est un titre révélateur à cet égard. Ainsi donc, les tam-tams de la jungle qui battent dans le sang de HUGHES, les lunes sauvages et chaudes qui brillent dans son âme ne sont qu’une «adoption» de ses lointaines origines africaines. HUGHES indique que les Noirs américains, dans leur quête d’identité, ont une dette à l’égard de l’Afrique : «Lorsque tu ne sais où tu vas, regarde d’où tu viens» énonce un proverbe africain. Claude McKAY (1890-1948), dans son «Banjo» partage ce point de vue de Langston HUGHES. En effet, le personnage de Ray, évoluant à Marseille, autour du «Café africain», bien cosmopolite, tenu par un Sénégalais, considère que les Noirs originaires d’Afrique restent l’incarnation de l’authentique âme nègre : «Sauvage, belle brute heureuse, être païen et sensuel, musicien inné à la grâce animale, «The true tropical Negro», modèle inconscient d’une fierté et joyeuse acceptation de soi, éveille l’admiration et l’envie de Ray» écrit Liliane BLARY. L’Afrique, terre opprimée et exploitée, se trouve ainsi célébrée comme une matrice d’une civilisation féconde, bâtie sur des valeurs ancestrales, populaires et agraires, dont participent tous les peuples de la Diaspora noire.

En poète réaliste et engagé, Langston HUGHES, partout où il passe se préoccupe de la condition des colonisés ou des gens dominés, fait des comparaisons de situation et réfléchit aux voies et moyens de leur relèvement, aujourd'hui nous dirions de leur développement. «Les frontières du Tiers-Monde ne sont pas purement géographiques, mais culturelles et politiques. Elles outrepassent les délimitations nationales»  écrit Claude SOUFFRANT. Ainsi, à Dakar où il débarque en 1923, HUGHES fut frappé par la misère des salaires «indigènes», le prix dérisoire que les trafiquants étrangers payaient pour les biens qu'ils emportaient ; la superbe des colons menant à la cravache la population locale et, littéralement, faisant la loi dans le pays. Cette condition exploitée et humiliée n'est-elle pas, pensait-il toutes proportions gardées, la même que celle des Noirs aux États-Unis. En 1931, lors de sa tournée aux Antilles, il observe que le paysan est le paria de la société haïtienne, tout comme le Noir est le paria de la société américaine. Ce mépris même dont le paysan noir est, dans une République noire, l'objet, a été pour Hughes le scandale des scandales. Cette découverte fut le choc détonateur qui fit éclater sa nouvelle conception sociale ; il fait l’articulation du racial et du social. Ainsi, dans son livre tiré de ce voyage, et intitulé «Popo et Fifine», HUGHES signale le grand dénuement du paysan haïtien qui va nu pieds, se vêt de haillons, circule à dos d'âne, que son habitat est constitué d'insalubres paillotes où l'équipement ménager est rudimentaire : pas de lit, on se couche à même le sol, sur des nattes. C'est que l'argent est rare dans la campagne haïtienne, rare au point qu'on y réfléchit à deux fois avant de dépenser des centimes. HUGHES se radicalise et appelle à la Révolution : «La même chose, pour moi, c'est partout la même chose sur les quais de Sierra Leone dans les champs de coton d’Alabama, dans les mines de diamant de Kimberley, dans les caféiers des mornes d'Haïti, les bananeraies de l’Amérique centrale, les rues de Harlem, et les villes du Maroc et de Tripoli, des Noirs exploités, battus et volés, fusillés et tués, du sang irriguant une moisson de dollars, livres, francs, pesetas, lires, pour la richesse des exploiteurs, sang répandu sans profit pour ceux qui saignent, mieux vaut que mon sang, coule dans les profonds canaux de la révolution, meuve ses bras puissants, tache les drapeau rouges, et en finisse avec les Sierra Leone, Kimberley, Alabama, Haïti, Amérique centrale, Harlem, Maroc, Tripoli, et tous les pays noirs de partout, et avec cette force qui tue, ce pouvoir qui vole, le goût du lucre quoi qu'il en coûte aux autres, mieux vaut que son sang se mêle à celui de tous les révolutionnaires du monde,  jusqu'à ce que tous les pays soient débarrassés des chevaliers du dollar, livre, franc, de la peseta, de la lire, jusqu'à ce que les armes rouges du prolétariat international, prolétaires noirs, blancs, jaunes, bruns, s'unissent pour lever le drapeau rouge sang qui plus jamais ne descendra».

«Plus que toute autre carrière d’écrivain noir américain,  celle de Langston semble, à ses débuts, avoir été placée sous le signe de l’Afrique» écrit Ibrahim SALEBAN. Au moment où la Renaissance de Harlem prenait son essor, son poème, «Le Noir parle des fleuves», rassemblait, dans la même métaphore, les Noirs de la terre ancestrale baignée par le Nil, l’Euphrate et le Congo et les descendants d’exilés dispersés sur les rives du Mississipi : «J'ai connu des fleuves». J'ai connu des fleuves anciens comme le monde et plus vieux que le flux du sang humain dans les veines humaines. Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves. Je me suis baigné dans l'Euphrate quand les aubes étaient neuves. J'ai bâti ma hutte près du Congo et il a bercé mon sommeil. J'ai contemplé le Nil et au-dessus j'ai construit les pyramides. J'ai entendu le chant du Mississippi quand Abraham Lincoln descendit à la Nouvelle-Orléans, et j'ai vu ses nappes boueuses transfigurées en or au soleil couchant. J'ai connu des fleuves : Fleuves anciens et ténébreux. Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves».

Dans un autre poème, Un Nègre, Langston HUGHES  écrit : «Je suis nègre. Je suis noir comme noir est la nuit, noir comme les profondeurs de mon Afrique. J’ai été esclave. César m’a enjoint de frotter le seuil de sa demeure. J’ai brossé les bottes de Washington. J’ai été artisan. Sous mes mains se sont élevées les pyramides. J’ai gâché le mortier de Woolworth Building. J’ai été chantre. Toute la route d’Afrique jusqu’en Géorgie a retenti du chant de ma douleur : ragtime. J’ai été victime. Jadis au Congo on me coupa les mains. A présent, c’est au Texas qu’on me lynche. Je suis un nègre. Noir comme la nuit est noire. Noir comme les profondeurs de mon Afrique».

Langston HUGHES, ainsi que le mouvement Harlem Renaissance, sont les précurseurs de la Négritude. Avec Langston HUGHES, «La Négritude était déjà là, dans tous ses sens», affirme Aimé CESAIRE. «J’aurais l’impression de manquer à mon devoir si je ne profitais pas de l’occasion qui m’est offerte ici pour payer une dette de gratitude. Le point que je veux soulever est un point historique. Ce n’est pas nous qui avons inventé la Négritude. Elle a été inventée par Langston Hughes, les Countee Mullen, les Claude McKay, les Sterling Brown, et tous ces écrivains de la Renaissance nègre nous lisions en France  aux années 30 et que nous découvrions dans la Revue du Monde Noir. (…) Ils ont été les premiers à dire «Le Noir est beau» dit Aimé CESAIRE le 3 juillet 1979, dans son discours inaugural du 8ème festival culturel de Fort-de-France. CESAIRE poursuit : «Ils ont été les premiers à exprimer, comme Etienne Léro, que «l’amour africain de la vie, la joie africaine de l’amour, le rêve africain de la mort». Ils ont été également les premiers, j’insiste, à proclamer : «Mieux vaut mourir que de vivre à genoux». Et CESAIRE d’ajouter «Je me souviens encore des paroles de Langston Hughes et de son manifeste du nouveau Noir». Ce point de vue de CESAIRE est en adéquation avec celui de Léopold Sédar SENGHOR émis en 1967 : «Le mouvement de la Négritude, la découverte des valeurs noires et la prise de conscience par le Nègre de sa situation, est né aux Etats-Unis (…). Les poètes de la Négro-Renaissance qui nous influencèrent le plus sont Langston Hughes et Claude Mckay (…). Ils nous ont prouvé le mouvement en marchant, la possibilité, en créant d’abord des œuvres d’art, de faire renaître et respecter la civilisation négro-africaine», dit-il.

Il existe un mouvement «d’aller-retour», suivant Hélène DEVAUX, entre l’Amérique noire et l’Afrique. Le concept de Négritude, avec le terme de «Blackness» pénétra les Etats-Unis, sous l’influence de Langston HUGHES. Par conséquent, Léopold Sédar SENGHOR qui complimenta HUGHES «Je vous suis particulièrement reconnaissant de défendre notre concept de Négritude qui n’est, au demeurant, que l’ensemble des valeurs de civilisation du Monde noir. (…) Car seules ces valeurs nous permettent de vivre dans un monde de plus en plus humanisé». Langston HUGHES dirigera la délégation des Etats-Unis au Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar, en 1966.

II – Langston HUGHES, l’Américain

Lorsqu’il débarque au Sénégal, en 1923, les Sénégalais prennent Langston HUGHES pour un Blanc, et il leur répond «Je suis Nègre moi aussi».  Langston HUGHES prit alors conscience de sa culture américaine : «Moi aussi, je suis de l’Amérique», un poème extrait  de «The Weary Blues» : «Moi aussi, je chante l'Amérique. Je suis le frère à la peau sombre. Ils m'envoient manger à la cuisine quand il vient du monde. Mais je ris, et mange bien, et prends des forces. Demain, je me mettrai à table quand il viendra du monde. Personne n'osera me dire, alors, «Mange à la cuisine». De plus, ils verront comme je suis beau et ils auront honte, Moi aussi, je suis l'Amérique». Avec ce poème, «Moi aussi, je suis l’Amérique», Langston HUGHES s’identifie aux Noirs pour témoigner et pour créer : pour aider, eux aussi, à faire une Amérique plus américaine parce que plus humaine. Personne ne l’a fait mieux que Langston HUGHES, le plus nègre et, en même temps, le plus américain des poètes négro-américains, et le plus universel. Il revendique l'appartenance à la société américaine et leur identité noire; «moi aussi, je suis l'Amérique». «Je suis le frère obscur» renvoie à la couleur des Nègres, que les Américains (Blancs) assimilaient à la malédiction, à la condamnation. Vivant du reste des repas, HUGHES fait allusion à la cuisine et nous montre la discrimination raciale par opposition au Blanc qui mange à table. Nous avons également l’expression de la résignation, une expérience de vie du Nègre «Mais je ris, je mange bien et je prends de force». Une progression dans le futur. Le futur a valeur de certitude «Demain, je me mettrai à table». Ces vers marquent une rupture avec l’état ancien du poète. Il détruit les liens de dépendance pour accéder à la place qui lui revient de droit. Le processus de contestation est enclenché : «Personne n’osera/ me dire/Alors va manger à la cuisine». Ce poème est une revendication de toute la race noire dont Langston HUGHES est le porte-parole et un appel à l’élan de fraternité. C’est aussi un engagement pour la reconnaissance et la dignité de l’homme noir.

Langston HUGHES se définissant avant tout comme Américain, sa véritable identité a été forgée par les siècles d’endurance et de résistance à la violence en Amérique. «En Amérique où nous vivons à l’écart du courant principal de la société, nous nous sentons pas principalement Américains. Mais, dès qu’il en sort, le Noir comprend bien qu’il est Américain. Ce qui est salutaire. Car, si nous devons mettre un terme aux problèmes raciaux, il faut que le Noir se sente vraiment Américain, parce qu’il l’est. Notre pays est né de la sueur et du labeur du Noir. (…) Le Noir est le plus Américain que quiconque aux Etats-Unis. Précisément, parce qu’il lui reste si peu de son héritage américain» dit HUGHES. Il est donc essentiel que le Noir se positionne d’abord par rapport à sa culture américaine. C’est-à-dire cet ensemble de valeurs communautaires créées et transmises, oralement de génération en génération par les esclaves, avec un dialecte et une musique noires. En effet, pour que «demain brille comme une flamme», il faut d’abord se réconcilier avec le passé. Cette réconciliation implique chez le Noir américain une définition de son identité.

Partie prenante du moment esthétique de la Renaissance de Harlem, il s'y distingue en défendant le folklore africain-américain contre les tenants d'une tradition poétique britannique. Dans ses premiers recueils, avec une écriture dialectale et orale, racontant la douleur, la misère et l’acculturation des Noirs, HUGHES s'inspire des rythmes du blues et du jazz pour composer ses poèmes : «La musique européenne classique jusqu’à Beethoven ne présentait de nous-mêmes qu’une image épurée. Si l’être était malheureux, s’il sanglotait, si, au contraire, il flottait en euphorie, c’est toujours sereinement. Cet être habitait des hauteurs où nous n’avons pas souvent l’occasion de le rencontrer. Le jazz, comme le roman réaliste, peut trouver substance dans le quotidien, non seulement en lui, bien sûr, en lui fréquemment», écrit HUGHES. En effet, Langston HUGHES est un écrivain à la plume humaniste dont l’œuvre «prend sa source dans les arts visuels, la musique, la culture orale du ghetto» et «s’inspire directement du free jazz», écrit Hélène CHRISTOL. «Le jazz n’est pas seulement noir, il est américain. Même chose pour le langage : des termes que j’entendais à Harlem, il y a 20 ans, «Dig», «Cool», «Hip» ou «Square» sont maintenant entré dans le langage américain», dit HUGHES, un auteur contestataire. «Langston Hughes fait partie de ces poètes qui ont nourri  leur travail de l’exploration d’autres arts, en l’occurrence de la musique et des arts plastiques. Omniprésente dans des pans entiers de sa carrière, la musique ne fait pas office chez lui de simples sources d’inspiration, mais une sorte de matrice à un travail d’alchimie : déplacer les rythmes du jazz ou du blues vers le territoire poétique ; c’est-à-dire adapter le langage musical au langage poétique. Il ne s’agit pas seulement d’une imitation (…), mais d’une réflexion sur une possible transposition des structures musicales dans le domaine poétique» écrit Frédéric SYLVANISE. Le poème de Langston HUGHES, «Le lever du jour en Alabama» est, de ce point de vue, édifiant de la place de la musique dans sa poésie ; il rêve d’une «aube harmonieuse» : «Quand je serai devenu compositeur, j’écrirai pour moi de la musique sur le lever du jour en Alabama. J’y mettrai les airs les plus jolis, ceux qui montent du sol comme de la brume des marécages, et qui tombent du ciel comme des roses douces. J’y mettrai des arbres très hauts, très hauts, et le parfum des aiguilles de pin, et l’odeur de l’argile rouge après la pluie, et les longs cous rouges et les visages couleur de coquelicots, et les gros bras bien bruns, et les yeux pâquerettes, des Noirs et des Blancs, des Noirs et des Blancs, et j’y mettrai des mains blanches et des mains noires, des mains brunes, des mains jaunes, et des mains d’argile rouge qui toucheront tout le monde avec des doigts amis, qui se toucheront entre elles, ainsi que des rosées, dans cette aube harmonieuse. Quand je serai devenu compositeur, et j’écrirai sur le lever sur le lever du jour en Alabama».

Langston HUGHES réfute les mensonges et dissimulations. Le Noir est l’égal du Blanc. La différence n’implique pas l’infériorité. D’autre part, le Noir a un passé et son histoire est antérieure à son débarquement à Jamestown. C’est pourquoi, dans son oeuvre, la résurrection du passé racial va de pair avec une certaine glorification de l’Afrique, des héros de l’histoire afro-américaine, et une célébration de la couleur. L’Afrique est le lieu symbolique où le Noir recouvre totalement son humanité, est aimé, et ne subit aucune forme d’oppression. L’Afrique réhabilitée de HUGHES est à la fois la mère-patrie ancestrale, le refuge politique, «Notre terre» d’amour et de joie, le symbole artistique d’un primitivisme purificateur : «Notre Terre : Il nous faudrait une terre de soleil, de soleil resplendissant, et une terre d’eaux parfumées où le crépuscule est un léger foulard d’indienne rose et or, et non cette terre où la vie est toute froide. Il nous faudrait une terre pleine d’arbres, de grands arbres touffus aux branches lourdes de perroquets jacassant et vifs comme le jour, et non cette terre où les oiseaux sont gris. Ah, il nous faudrait une terre de joie, d’amour et de joie, de chansons et de vins et non cette terre où la joie est péché. O ma douce amie, fuyons ! Fuyons, ma bien-aimée!».

Langston HUGHES a écrit sur l'expérience afro-américaine de différentes manières, en se concentrant particulièrement sur la vie de la classe ouvrière. Il n'a pas essayé de dissimuler la plaine, les travailleurs de sa communauté ; au lieu de cela, il les a peints vivement dans ses mots, et a donné aux lecteurs une vue intime de leurs vies, de leurs luttes, de leurs triomphes et de leurs souffrances. Ainsi, dans  son poème «La mère son fils», Langston HUGHES fait état des conditions de vies dures des Noirs, mais il faut «grimper toujours», en dépit des obstacles : «Eh bien mon fils, je vais te dire quelque chose : la vie ça n’a pas été pour moi un escalier de verre. Il y a eu des clous, des échardes, et des planches défoncées, et des endroits sans moquettes, à nu. Mais quand même, je grimpais toujours, je passais les paliers, je prenais les tournants, et quelquefois j’allais dans le noir quand   y avait pas de lumière. Alors mon garçon faut pas retourner en arrière. Faut pas t’asseoir sur les marches parce que tu trouves que c’est un peu dur. Et ne va pas tomber maintenant… Parce que, mon fils, moi je vais toujours, je grimpe toujours, et la vie ça n’a pas été pour moi un escalier de verre». Les poèmes de HUGHES sont souvent des «Jazzonia», ils traduisent le vague à l’âme, les espoirs déçus, les souffrances ou la tristesse des Noirs américains : «L’une d’entre elles murmure qu’elle entendait le jazz-band sangloter. Un jazz-band sanglote-t-il jamais ? Les gens vous racontant qu’un jazz-band est gai. Et, pourtant tandis que bouillonnait la racaille des danseuses, et que la nuit blème touchait à sa fin, l’une d’elles murmura qu’elle entendait le jazz-band sangloter quand grisonnait la pointe de l’aurore». On peut aussi relever ce poème extrait de «The Weary Blues» : «Fredonnant un air syncopé et nonchalant, balançant d’avant en arrière avec son chant moelleux, j’écoutais un Nègre jouer. (…) D’une voix profonde au timbre mélancolique, j’écouter ce Nègre chanter, ce vieux piano pleurer, je n’ai personne en ce monde. (…) J’ai le Blues du désespoir. Rien ne peut me satisfaire. J’n’aurai plus de joie. Et je voudrais être mort».

A mon sens, ce qui domine, dans la contribution littéraire de Langston HUGHES, c’est un extraordinaire sentiment d’optimisme à travers l’évocation des souffrances mêmes des Noirs. En effet, il est en permanence habité par une allégresse de la confiance d’un avenir réconcilié. Ainsi, dans les deux poèmes «Dreams» et «A Dream Deferred» attestent combien le rêve tient une place extrêmement importante dans l’œuvre de Langston HUGHES, et ce dès le début ;  il ne s’agit pas d’onirisme, mais bien d’une préfiguration du «I have a dream» prononcé par Martin Luther KING, au début des années soixante, pour la Fraternité et une vraie égalité. Dans «Dreams», HUGHES exhorte les Noirs, mêmes les plus désespérés, à ne pas abandonner leurs rêves, car sans rêves, la vie est vide et brisée. HUGHES emploie des termes comme «mourir, oiseau à ailes brisées, aller, champ stérile» et «figé» pour mettre en évidence l'image froide et vide d'une vie sans rêves et objectifs : «Accroche-toi à tes rêves pour si les rêves meurent. La vie est un oiseau aux ailes brisées qui ne peut voler. Accroche-toi à tes rêves, pour si les rêves s’en vont, la vie est une plaine déserte de neige gelée». Le rêve ici est bien un but à atteindre. Dans «A Dream Deferred», HUGHES examine la question importante de ce qui se passe quand les rêves sont remis en cause : deviennent-ils plus puissants, comme la lutte pour l'égalité a fait avec chaque année qui passe ? Et si on l’abandonne, si on le «diffère» même, on ouvre la porte à la catastrophe, au mal-être, on laisse les autres s’occuper de soi, rarement pour le meilleur. C’est le sujet d’un poème extrêmement dur dans son évocation : «A Dream Deferred». Je me permets une traduction personnelle : «Qu’arrive-t-il à un rêve différé ? Est-ce qu’il se dessèche comme du raisin au soleil ? Ou suppure-t-il comme une plaie Et puis s’en va-t-il ? Est-ce qu’il pue comme de la viande pourrie ? Ou se couvre-t-il de croûtes, saupoudré de sucre comme un bonbon sirupeux ? Peut-être qu’il ne fait que s’affaisser comme un lourd chargement. Ou bien, est-ce qu’il explose ?».

Tenant de la Harlem Renaissance, Langston HUGHES comme un conteur africain fait appel à l’oralité dans son poème «Histoire de tante Suzanne» : «Tante Suzanne a la tête pleine d’histoires. Tante Suzanne a son coeur tout plein d’histoires. Les soirs d’été sous la véranda de la façade, tante Suzanne serre tendrement un enfant brun sur son sein et lui raconte des histoires. Des esclaves noirs qui travaillent à la chaleur du soleil, des esclaves noirs qui marchent dans la rosée des nuits, des esclaves noirs qui chantent des chants douloureux sur les bords d’un immense fleuve se mêlent sans bruit dans le flot continu des paroles de la vieille tante Suzanne, se mêlent sans bruit entre les ombres noires qui traversent et retraversent les histoires de tante Suzanne et l’enfant au visage sombre qui écoute sait bien que les histoires de tante Suzanne sont de vraies histoires. Il sait bien que tante Suzanne n’a jamais tiré d’aucun livre ses histoires, mais qu’elles ont surgit tout droit de sa propre existence. Et l’enfant au visage sombre se tient tranquille les soirs d’été quand il écoute les histoires de tante Suzanne».

Le roman, «The Best of Simple» ou «L’ingénu de Harlem » se présente sous forme de conversations entre deux Noirs, autour d’une bière, dans un bar, entre le narrateur et Jesse Simple, un ouvrier venu à Harlem pour fuir le racisme dans le Sud. «Le personnage de Simple est né pendant la guerre ; ses premiers mots sont sortis de la bouche d’un jeune homme qui habitait un «bloc» de mon immeuble. (…) La plupart du temps, il est de bonne humeur et ses histoires sont drôles mais, parfois, une douleur fulgurante le traverse, pareille à celle que lui cause l’oignon malencontreusement heurté qu’il a au pied droit. Parfois, il faut rire pour ne pas pleurer. S’il n’y avait pas eu à Harlem, des milliers de gens comme Simple, bavards, chaleureux, joyeux et lucides qui, dans l’enfer, même pas climatisé de la ségrégation, vivent le courage du sourire aux lèvres, ce livre pareil n’aurait pas vu le jour» écrit HUGHES dans l’avant-propos. En quête d’un héritage culturel, HUGHES le chercha, et trouva son matériau d’écriture dans les rues de Harlem, auprès du «petit peuple». À travers Simple, HUGHES décrit la vie quotidienne des habitants de Harlem considéré comme une «Terre Promise», mais c’est aussi un lieu de désillusions pour nombre de Noirs. Le nom de «Simple» est polysémique. En anglais, la prononciation de Jesse B. Simple est proche de «Just be simple» qui signifie : «fais pas l’idiot ! Reste tranquille ! Reste où tu es». Les histoires de Simple sont construites comme une pièce de théâtre où se retrouvent et se succèdent différents personnages oscillants entre la tragédie et la comédie. Dépourvu de solides connaissances, Simple est un homme ordinaire qui fait face à la dureté de la vie et au racisme, avec un grand sens de l’humour : «Il me semble que la capacité de savoir rire et s’amuser est extrêmement importante. Elle permet de rester en bonne santé morale et de se passer d’un psychanalyste» dit HUGHES. Simple, c’est le bouffon du Roi, cabotin, un simple d’esprit, il est porteur d’une Vérité «Simple, la voix du bon sens, une voix basse teintée d’humour tendre ou féroce, mais calme et digne ; une voix qui vous dira l’Amérique à cœur ouvert, une Amérique qui n’est plus celle de l’Oncle Tom» écrit dans la présentation Francis Joachim ROY. Les thèmes brassés sont nombreux : l’amour, la ségrégation raciale, la bombe atomique, le chômage, la jalousie, l’arrivisme et le jazz. Le réalisme des péripéties de Simple donne à l’ouvrage tout son aspect documentaire sur cette riche période intellectuelle et artistique. S’inspirant de l’arbre à palabre, Simple, un conteur et griot, aime les rencontres autour d’une bière, dans un café, au Paddy’s Bar. Simple est «tour à tour sérieux et grave lorsqu’il défend la cause noire, et devient drôle et comique, s’il évoque sa logeuse», écrit Christine DUALE. C’est une peinture, par HUGHES, de l’âme du peuple noir, des sans-dents dépositaires de la culture authentique, une valorisation de la culture noire, jusqu’ici occultée et marginalisée. Les rues de Harlem, leurs cabarets, leurs bars, leurs théâtres ou encore leurs logements miteux deviennent, sous nos yeux, des espaces symboliques où se créèrent inlassablement, au rythme du blues, la culture et l’expérience noires. Langston HUGHES brosse plusieurs thèmes, sur fond de Blues,  et s’interroge sur les rapports hommes/femmes mais aussi la haine raciale, la ségrégation, les relations entre les Noirs et les Blancs, la guerre, la religion, ou encore les Noirs dans le monde du travail. Entre rire et larmes, Simple imagine un monde idéal où tout semble possible dans ce Harlem en pleine mutation où le «Nègre nouveau» était en vogue et affichait sa fierté raciale, sa beauté et souhaitait faire respecter ses droits. «Harlem, c’est à toi que je bois. On dit qu’le Ciel c’est le Paradis, si tu n’es pas le Paradis, alors un chat, c’est une souris» écrit-il.

Quel héritage nous a légué Langston HUGHES ?

 «Il est impossible de parler de l’œuvre de Langston Hughes, sans lire le contexte de la tragédie permanente, celle de la minorité noire des Etats-Unis et de sa lutte séculaire» écrit Yves BENOT. HUGHES s’était posé la question suivante : que signifie être Noir aux Etats-Unis, au début du XXème siècle ? Suivant une formule prophétique de W.E.B. du BOIS «le problème du XXème siècle est celui de la ligne de couleur». Alexis de TOCQUEVILLE avait caractérisé au XIXème siècle la sort des Noirs en Amérique «Le Nègre des Etats-Unis a perdu jusqu’au souvenir de son pays ; il n’entend plus la langue qu’ont parlé ses pères et oublié leurs mœurs. (…) Il s’est arrêté entre deux sociétés ; il est resté isolé entre deux peuples ; vendu par l’un et répudié par l’autre». Si en France, le Noir reste encore assigné au rang d’indigène de la République, en Amérique «Le Noir demeure quelque chose d’exotique, de spécial. Il n’est pas porté par le courant principal de la littérature américaine» disait HUGHES en 1965, deux ans avant sa mort. Il est resté fondamentalement un optimiste : «Demain se dresse devant nous, et brille comme une flamme. Les Américains tous ensemble, nous avançons ! Le passé n’est qu’un prélude à notre temps. Demain est une page toute neuve» écrit-il.

Bibliographie sélective

1 – Ouvrages traduits en langue française

HUGHES (Langston), Histoire de Blancs, traduction de Hélène Bokanowski, Paris, éditions de Minuit, 1946, 258 pages ;

HUGHES (Langston), Les grandes profondeurs (The Big Sea), note La Terre Vivante, Paris, P. Seghers, 1947, 420 pages ;

HUGHES (Langston), L’ingénu de Harlem (The Best of Simple), traduction et présentation de Francis Joachim Roy, Paris, La Découverte, 2003, 346 pages ;

HUGHES (Langston), La poésie négro-américaine, Paris, Seghers, 1966, 318 pages ;

HUGHES (Langston), Langston HUGHES : choix de textes, François Dodat, chef d’orchestre, Paris, Seghers, 1964, 191  pages ;

HUGHES (Langston), Le dur chemin de la gloire : portrait des Noirs américains, Paris, Strasbourg, Paris, Istra, 1954, 205 pages ;

HUGHES (Langston), Poèmes : Langston HUGHES, traduction de François Dodat, Paris, Seghers, 1955, 95  pages ;

HUGHES (Langston), REYNAULT (Christiane), Anthologie et malgache, négro-africaine, romanciers et conteurs, Paris, Seghers, 1962, pages ;

HUGHES (Langston), Trésor africain, Paris, Seghers, 1962, 2 vol 1, 157 pages et vol 2, 192 pages ;

HUGHES (Langston), The Weary Blues, préface Kevin Young et introduction de Carl Van Vechten, New York, A. Knopf, 1926, 91 pages.

B – En langue anglaise

1 – Ouvrages de Hughes

HUGHES (Langston) The Panther and the Lash : Poems of Our Times, New York, Knopf Double Day Publishing Group,  1967 et 2011, 120 pages ;

HUGHES (Langston), An African Treasury : Articles, Essays, Stories, Poems, New York, Pyramid Books, 1967, 192 pages ;

HUGHES (Langston), Ask Your Mama, New York, Hill and Wang, 1961, 92 pages ;

HUGHES (Langston), Black Misery, illustrations de Arouni, New York P S Eriksson, 1969, 60 pages ;

HUGHES (Langston), BONTEMPS (Arna), The Book of Negro Folklore, New York, Dodd, Mead Cie, 1959, 624 pages ;

HUGHES (Langston), Dear Lovely Death, New York, Troutbeck Press, 1931, 18 pages ;

HUGHES (Langston), Famous American negroes, New York, Dodd, Mead and Cie,1954, 158 pages ;

HUGHES (Langston), Field of Wonder, New York, Alfred Knopf, 1947, 114  pages ;

HUGHES (Langston), Fines clothes to the Jew, New York, A Knopf, 1927, 89 pages ;

HUGHES (Langston), Freedom's Plow, New York, Opportunity, 1943, 14 pages ;

HUGHES (Langston), I Wonder as I Wander : an Autobiographical Journey, New York, Hill and Wang, 1964, 405 pages ;

HUGHES (Langston), Montage of a Dream Deferred, New York, Henry Holt, 1951, 75 pages ;

HUGHES (Langston), New Negro Poet, Bloomington, London, Indiana University Press, 1974, 127 pages ;

HUGHES (Langston), Not Without Laughter, New York, Alfred Knopf, 1951, 324 pages ;

HUGHES (Langston), One Way Ticket, New York, A. Knopf, 1949, 136 pages ;

HUGHES (Langston), Poems of Black Africa, Bloomington, Indiana University Press, 1963, 160 pages ;

HUGHES (Langston), Selected Letters of Langston HUGHES, Arnold Rampersad, David Roessel et Christa Fratantoro, éditeurs scientifiques, New York, Alfred Knopf, 2015, 423 pages ;

HUGHES (Langston), Shakespeare in Harlem, New York, A. Knopf, 1942 et 1945, 125 pages ;

HUGHES (Langston), Simple Speaks his Mind, Mattituck, New York, Aeonian Press, 1950 et 1976, 231 pages ;

HUGHES (Langston), Simple Stake a Claim, New York, Rinehart, 1957, 191 pages ;

HUGHES (Langston), Simple’s Uncle Sam, New York, Hill and Young, 1965, 180 pages ;

HUGHES (Langston), The Big Sea : an Autobiography, préface d’Arnold Rampersad, New York, Hill and Wang, 1993, 335 pages ;

HUGHES (Langston), The Dream Keeper and Others Poems, New York, A Knopf, 1932 et 1996, 96 pages ;

HUGHES (Langston), The Negro Mother and Other Dramatic Recitations, New York, Golden Stair Press, 1931, 24 pages ;

HUGHES (Langston), The Negro Speaks of Rivers, Disney Jump at the Sun Books, NY Congress of Racial Equality, juin 1921, 4 pages ;

HUGHES (Langston), The Panther and the Lash : Poems of our Times, New York, Alfred Knofp, 1969 et 1989, 101  pages ;

HUGHES (Langston), The Simple Omnibus, Mattituck, New York, Aeonian Press, 1961 et 1978, 245 pages ;

HUGHES (Langston), Not Without Laughter, préface de Maya Angelou, Kansas (Etats-Unis), Touchtone, 1995, 304 pages ;

HUGHES (Langston), The Ways of White Folks, New York, Alfred Knopf, 1973, 248 pages ;

HUGHES (Langston), BONTEMPS (Arna), Popo and Fifina. Children of Haïti, New York, The Mac Millan Company, 1932, 100 pages ;

HUGHES (Langston), The Weary Blues, préface Kevin Young et introduction de Carl Van Vechten, New York, A. Knopf, 1926, 91 pages.

2 – Articles ou interview de Hughes

HUGHES (Langston), “The Negro Artist and the Racial Mountain”, The Nation, 23 juin 1926,  n°122, pages 692-694 ;

HUGHES (Langston), «Le problème noir aux Etats-Unis», traduction de Michel Fabre, Les Langues modernes, mai-juin 1966, 60ème année, n°3, pages 108-116 ;

HUGHES (Langston), «My adventures as a Social Poet», Phylon, 1947, vol VIII, n°3, pages 205-2012 et Faith Berry, éditeur, Good Morning Revolution : Uncollected writings of Social Protest, New York, Lawrence Hill and Cie, 1973, pages 135-143.

C – Biographies

APPIAH (Kwamé, Anthony), GATES (Henry, Louis),  Langston HUGHES, New York, Amistad, 1993, 255 pages ;

BERRY (Faith), Langston HUGHES : before and beyond Harlem, Westport, L. Hill, 1983, 373  pages ;

BOUACHRINE (Assila), La conception de la négritude chez Langston HUGHES, thèse, Toulouse, 1983, 348 pages ;

DACE (Laetitia), Langston HUGHES : the Contemporary Reviews, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, 766 pages ;

DIAKHATE (Lamine), «Langston Hughes conquérant de l’espoir», Présence Africaine, 1967/4, n°64 pages 38-46 ;

DOMMERGUE (Pierre), «La négritude américaine», Les Langues modernes, mai-juin 1966, 60ème année, n°3, pages 94-98 ;

DUALE (Christine), Langston Hughes et la poétique de la Renaissance afro-américaine, Paris, L’Harmattan, 2014, 180 pages ;

EMMANUEL (James, A), Langston Hughes, traduit par Jacques Eymesses, Paris, éditions Internationales, 1970, 300 pages ;

GUILEN (Nicolas), «Le souvenir de Langston Hughes», Présence Africaine, 1967/4, n°64, pages 34-37 ;

LASK (Thomas), «Langston Hughes, Chronicler of Negro Life Dies, Charm and Vitality”, Times, 24 mai 1967, pages

LEACH (Laurie, F.), Langston HUGHES, Westport, London, Greenwood Press, 2004, 176 pages ;

McLAREN (Joseph), Langston HUGHES, postface James Vernon Hatch, préface Beth Turner, 1997, 193 pages ;

MELTZER (Milton), The Life of Langston HUGHES, New York, Th Y Crowell, 1968, 281 pages ;

MILLER (R. Baxter), The Art and Imagination of Langston HUGHES, Lexington, The University Press of Kentucky, 1989, 149 pages ;

MULLEN (Edward, J.), Critical Essays on Langston HUGHES, Boston, G. K Hall, 1986, 207 pages ;

ORSTOM (Hans, H.), Langston HUGHES, New York, Toronto, Twayne, Maxwell MacMillan International, 1993, 125  pages ;

QUINOT (Raymond), Langston Hughes ; ou, l’étoile noire, Paris, CELF, 1964, 82 pages ;

RAMPERSAD (Arnold), The Life of Langston HUGHES, New York, Oxford, Oxford University Press, 1986-1988, vol 1, 1902-1941 “I, Too, Sing America”, 468 pages et vol 2, 1942-1967, “I Dream a World” 512 pages ;

SANTIS, de (Christopher, C.), Langston HUGHES, Detroit, Thomson Gale, 2005, 458 pages ;

TROTMAN (C. James), Langston HUGHES : the man, his art, and his Continuing influence, préface de Arnold Rampersad, New York, Garland Publishing, London, Routlege, 1995 et 2012, 178 pages ;

WALKER (Alice), Langston HUGHES : an American Poet, illustrations de Catherine Deeter, New York Amistad, 2002, 37 pages ;

D – Autres références

1 – Contributions spécifiques sur Langston HUGHES :

ARMSTEAD (Temperance, Jackson), The Social Realism of Langston Hughes and Sterling Brown, Thèse, University of Boston, 1946, 46 pages ;

BARKSDALE (Richard, Kenneth), «Langston Hughes», Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 1979, n° 1, pages 47-47 ;

BARKSDALE (Richard, Kneth), Langston Hughes : The Poet and his critics Chicago, American Library Association, 1979, 155 pages ;

BONOT (Yves), «Mort d’un poète», La Pensée, n°134, août 1967, pages 115-117 ;

CUNARD (Nancy), Negro Antbology. 1931-1933, New York, Negro University Press, et réédition de 1969, 855 pages ;

DUALE (Christine), Harlem Blues : Langston HUGHES et la poétique de la Renaissance afro-américaine, Paris, L’Harmattan, 2014, 180 pages ;

DUALE (Christine), Langston HUGHES et la Renaissance de Harlem : émergence d’une voix noire américaine, préface de Françoise Clary, Paris, L’Harmattan, études afro-diasporiques, 2017, 299 pages ;

EYANG (Aloyse), Langston HUGHES : aspects d’un humanisme afro-américain, thèse, Montpellier, Université Paul Valéry, 1990, 2 vol, 771 pages ;

EYANG (Aloyse), «Langston Hughes Jazzonia et la Renaissance de Harlem», Daniel Royot, Les Etats-Unis à l’épreuve de la modernité : mirages, crises et mutations de 1918 à 1925, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1993,  spéc pages 181-204 ;

HILL (Christine, M.), Langston Hughes : Poet of Harlem Renaissance, New York, Enslow Publishers, 1997, 128 pages ;

QUINOT (Raymond), «Langston Hughes ou l'Etoile noire», Bruxelles, éditions du C.E.L.F., Les Cahiers de la Tour de Babel, 1964, n°25, pages 39-44 ;

SALEBAN (Ibrahim), «Langston Hughes, l’africain», Notre Librairie, nov et déc 1984, n°77, pages 37-39 ;

SOUFFRANT (Claude), Une négritude socialiste : religion et développement chez J. Romain, J-S Alexis et L. Hugues, préface Paul Ricoeur, Paris, L’Harmattan, 1978, 238 pages, spéc pages 101-120 ;

SCHVELL (Frank, L.), «Un poète négre, Langston Hughes», Chronique des Lettres françaises, juillet-décembre 1929, n°40-42, pages 508-509 ;

SYLVANISE (Frédéric), L’idéologie dans le parcours poétique de Langston HUGHES, thèse sous la direction de Claude Grimal, Université de Paris X, Nanterre, 2003, 2 volumes, 617 pages ;

SYLVANISE (Frédéric), Langston HUGHES : poète jazz, poète blues, Paris, ENDS éditions, 2009, 226 pages ;

WAGNER (Jean), Les poètes nègres des Etats-Unis : le sentiment racial et religieux dans la poésie de Laurence Dunbar et Langston HUGHES, Paris, Istra, 1963, 637 pages, spéc. pages 423-534.

2 – Contributions sur Harlem Renaissance

ACHODE (Codjo), Du mouvement New Negro à la Négritude : crise et quête d’identité noire de l’Amérique à l’Afrique d’hier et de demain, thèse sous la direction de Robert Mane, Université de Paris-Est, Créteil, Val-de-Marne, 1988, 735 pages ;

BLARY (Liliane), «Banjo, la vision africaine de Claude Mckay», Notre Librairie, nov et déc 1984, n°77, pages 34-36 ;

BLOOM (Harold), Black American Prose Writers of the Harlem Renaissance, New York, Philadelphia, Chelsea House, 1994, 174 pages ;

CESAIRE (Aimé), Soleil éclaté : Mélanges offerts à Aimé Césaire à l’occasion de son soixante dixième anniversaire, Gunter Nar Verlag, 1984, 439 pages, spéc pages 149-153 ;

DIARRA (Amara, D), «L’image de l’Afrique dans la poésie afro-américaine contemporaine», Notre Librairie, nov et déc 1984, n°77, pages 75-83 ;

FABRE (Michel, From Harlem to Paris, Black American Writers un France (1840-1980) Urbana, Chicago, Illinois University Press, 1991, 358 pages ;

GAUFFRE (Marie-Jeanne), La montagne magique : entre image et langage dans les territoires anglophones, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2008, 330 pages ;

GRENOUILLET (Corinne), «Le monde noir américain dans la vie et l’œuvre de Louis Aragon (1920-1945)», Présence Africaine, 2013/1, n°187-188, pages 315-327 ;

HUGGINS (Nathan, Irvin) éditeur, Voices from the Harlem Renaissance, New York, Oxford, Oxford University Press, 1976, 438 pages ;

HUGGINS (Nathan, Irvin), Harlem Renaissance, préface Arnold Rampersad, New York, Oxford, Oxford University Press, 2007, 347 pages ;

KELLNER (Bruce), éditeur, The Harlem Renaissance : A Historical Dictionary for the Era,  Westport, Greenwood Press, 1984, 476 pages ;

KRAMER (Victor), RUSS (Robert, A) éditeurs, Harlem Renaissance, Troy (NY), Whiston Publishing, 1997, 416 pages ;

LOCKE (Alain), Le rôle du nègre dans la culture des Amériques, Antony Mangeon, éditeur scientifique, Paris, L’Harmattan, 2009, 240 pages

MANGEON (Anthony), directeur de publication, Harlem héritage : mémoire et renaissance, Paris, Riveneuve, 2008, 238 pages ;

McKAY (Claude), Banjo, traduction de Michel Fabre, Marseille, 1999, 330 pages ;

OGBAR (Jeffrey, Ogbonna, Green) éditeur, Harlem Renaissance : Politics, Arts and Letters, Baltimore, The Johns Hopkins Press, 2010, 264 pages ;

PISON (Agathe), L’art afro-américain de la Renaissance de Harlem aux années 1970, thèse sous la direction de Frédéric Gimello-Mesplomb, 2008, 86 pages ;

PRICE-MARS (Jean), Ainsi Parla l’Oncle, essai d’ethnographie, New York, Parapsychologie Foundation, 1928 et 1954, 240 pages ;

RICHET (Isabelle), sous la direction de, Harlem, 1900-1935 : de la métropole noire au ghetto, , Paris, Autrement, Séries mémoires n°25, 1993, 221 pages ;

SENGHOR (Léopold Sédar), «Problématique de la Négritude», numéro spécial du Soleil, 1967, page 7, et Présence Africaine, 1971/2, n°78, pages 3-26 ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), «La poésie noire américaine», Liberté 1, Négritude et Humanisme, Paris, Seuil, 1964, 445, spéc pages 104-122 ;

Van VECHTEN (Carl), Le paradis des Nègres, traduction de Jacques Sabouraud, préface de Paul Morand, Paris, Simone Kra, 1927, 279 pages ;

VARLACK (Christopher, Allen), éditeur, Harlem Renaissance, Ispwich, Salem Press, Amenia (New York), Grey House Publishing, 2015, 335 pages ;

WAGNER (Jean), Les poètes nègres des Etats-Unis : le sentiment racial et religieux dans la poésie de P. L Dunbar à L. Hughes, (1890-1940), Paris, Istra, 1962, 637 pages ;

WINTZ (Carry), Black Culture and the Harlem Renaissance, College Station, Texas, A. M. University Press, 1997, 277 pages.

Paris, le 9 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Langston HUGHES, poète et chef de file de Harlem Renaissance.
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