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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 18:47

Cet article a été publié dans le journal THIEYDAKAR.

Ce vendredi 30 mars 2018, après deux suspensions de séance, M. Khalifa SALL, maire de Dakar, a été condamné, par le Tribunal correctionnel, en première instance, à 5 ans d’emprisonnement et 5 millions FCFA d’amende (7 600 €). Le juge, Malick LAMOTHE, à l'ouverture de la séance, avait procédé à l'appel des prévenus. Mais M. Khalifa Ababacar SALL et ses 6 codétenus étaient en retard, ainsi que les 2 percepteurs. Le jugement a, finalement, été rendu. En raison de la grève des greffiers un gendarme a été désigné en qualité de greffier.


Rappelons que M. Khalifa SALL, maire de Dakar depuis 2009, est placé en détention provisoire depuis le 7 mars 2017, dans la gestion de la caisse d’avance de sa mairie pour «détournements de fonds», «association de malfaiteurs», «détournements de deniers publics et escroquerie portant sur les deniers publics», «faux et usage de faux de documents administratifs», «blanchiment de capitaux» et «complicité de faux et usage de faux en écriture de commerce», d’un montant de 2,7 millions d’euros. Dans ses premières déclarations, M. Khalifa SALL avait reconnu ces faits, mais estimant que tout le monde faisait pareil. Khalifa a utilisé de fausses factures, non pas pour du mil, du riz ou des ordonnances, mais commettre sa future campagne électorale des présidentielles de 2019. Il a été pris la main dans le sac, pour faux et usage de faux. Faudrait-il l’acquitter au bénéfice du doute parce que d’autres volent aussi ?

Quand on a des ambitions présidentielles, il faudrait avoir les mains propres et la tête haute. La politique est impitoyable. Par conséquent, les faits incriminés ont été, rigoureusement, établis, dans le respect des droits de la défense. M. SALL a pu, dans un débat de procédure sans précédent, exercer toutes les voies de recours devant la Cour suprême et la Cour de Justice de la C.E.D.E.A.O. Les observateurs ont salué l’indépendance, l’équité et le professionnalisme du juge Malick LAMOTHE qui, constatant les indélicatesses du Maire de Dakar, a dit le Droit.

Si les faits ne souffrent d’aucune contestation sérieuse, en revanche, une condamnation du Maire de la capitale, un dirigeant politique ayant des ambitions présidentielles, comportent de fortes incidences politiques, et divisent, profondément la Nation sénégalaise. J’ai donc de nombreuses interrogations, même si à ce stage de ma première réaction, je n’ai pas encore de réponses, tout à fait satisfaisantes.


1 – La justice sénégalaise serait-elle sélective et instrumentalisée ?


La mise en œuvre de l’action publique par le Procureur de la République, résulterait-elle d’une instrumentalisation, pour neutraliser un adversaire politique ?


On sait que, les Etats généraux de 2012 avaient recommandé une transparence et une probité de nos dirigeants, et, en particulier, une lutte contre les détournements de deniers publics. Le précédent de Karim WADE a jeté un trouble. En effet, condamné à 6 ans d’emprisonnement, Karim s’est enfui subitement, en jet privé, et veut maintenant se présenter aux élections de 2019, sans être amnistié, et sans avoir, au préalable, remboursé, les biens détournés. Quel est le sens d’une telle libération anticipée, sans décision de justice, et avant donc le terme de la condamnation ?

En tout cas, le précédent de Khalifa, par ce jugement du 30 mars 2018, est d’une importance politique capitale, en termes de lutte contre la corruption. Les gouvernants ne pourront plus se protéger, et poursuivre, seulement de manière sélective, leurs adversaires devant la Justice. Mais, il appartient à l’opposition de faire son travail, de rechercher les preuves de corruption et de les porter devant la Justice. Aucun gouvernement, ne se fera harakiri, c’est aux opposants de s’opposer sous le contrôle du Juge. Il serait scandaleux de mettre en cause l’indépendance de la justice, sur la base uniquement de procès d’intention. C’est, in concreto, que cette indépendance s’appréciera, sur la base de faits avérés dont elle est saisie, avec des preuves, et on avec des rumeurs ou calomnies, exposant au dénonciateur indélicat à une condamnation pour diffamation. Donc, professionnalisme, rigueur et probité, doivent être de mise, si l’opposition s’engageait devant cette voie. Pour poursuivre son adversaire, surtout quand c’est le pouvoir en place, il faudrait avoir les mains propres et des preuves suffisantes.

2 - Le précédent de M. Khalifa SALL soulève diverses interrogations politiques ?

Comme tout citoyen, même condamné en première instance, il a le droit d’interjeter appel en seconde instance, de se pourvoir en cassation et de saisir la Cour de justice de la CEDEAO, sur le fond. Par conséquent, la chronique judiciaire, loin de s’arrêter à cette condamnation en première instance par le Tribunal correctionnel, risque d’interférer, gravement, dans le débat des présidentielles de 2019.


Tant que cette condamnation n’est pas définitive, pourra-t-il, utilement, déposer une candidature pour les présidentielles, comme il l’avait fait, en détention préventive, pour les législatives de juillet 2018, et pour lesquelles, il a été élu. Dans la négative, quel le sort de son mandat de député, s’il est incarcéré, sur le fond ? En tout cas ce procès va empoisonner la campagne des présidentielles de 2019 et avec sa stratégie du dilatoire Khalifa Ababacar SALL va se poser en victime d'un procès politique pour mieux piéger le président Macky SALL.

 

S’il s’agit, désormais, d’une lutte résolue contre les détournements de deniers publics, dans ce cas tout le monde doit être concerné, y compris, et dès que possible, les plus hautes autorités de l’Etat.

 

Si c’est une pression sur un candidat, comme cela semble être le cas dans l’affaire ; serait une méthode condamnable et inacceptable, dans une démocratie qui se veut exemplaire.

En tout cas, force est de constater que peu de nos dirigeants ont les mains entièrement propres. Nous devrions être fermes contre tout détournement de deniers publics, d’où qu’il vienne. Au lieu de dire, comme Khalifa, «les autres volent, moi aussi je vole», il faudrait marteler que c’est un crime, dans un Etat sous-développé, que de détourner nos maigres deniers. Cette position devrait faire l’unanimité de la classe politique. En vue d’une démocratie exemplaire, mais ferme, je suis, pour l’avenir, un système d’amnistie, notamment à partir du 1er juin 2018, une recherche et une condamnation, sans failles, de tout détournement de deniers publics. Maintenir le système actuel de suspicion de tous, ne serait pas de nature à favoriser les alternances politiques. En vue de cette moralisation intégrale, les partis politiques, la presse et la société doivent faire leur travail d’investigation sous le contrôle du juge afin d’éviter toute diffamation ou ce qu’il est convenu d’appeler les Fakes News.

Cette remise des compteurs à zéro, n’épuiserait pas, de façon satisfaisante, la question de la moralisation de la vie publique. L’argent dans notre société corrompt et pourrit tout. Dans la sphère publique, des sommes considérables sont allouées aux familles maraboutiques, sans aucun contrôle parlementaire, on a ces Ministres conseillers, sans qu’on sache exactement leur nombre, ni la réalité de leur travail, cette absence de financement des partis politiques devenus un gagne-pain, autant de questions connues, sans esquisses de solutions viables. Sur le plan social, nos familles, nos amis, ces hordes d’affamés, nous poussent à détourner de l’argent public, à devenir malhonnêtes. Bien des hommes politiques sont sincères dans l’opposition, une fois au pouvoir ces réalités fondées sur l’achat de consciences les rattrapent.


3 – Les dirigeants socialistes sont-ils à la hauteur des enjeux ?


M. Khalifa SALL était-il, dans ses ambitions présidentiels un homme trop pressé ?


Il est évident que Tanor, après le mandat présidentiel de Macky SALL, en 2019, sera frappé par la limite d’âge. Khalifa, le plus jeune, avait toutes les chances pour le scrutin suivant.


Même si on ne refait pas le match, en 2012, Ousmane Tanor DIENG et Moustapha NIASSE, s’ils étaient alliés, le président du Sénégal, serait aujourd’hui un socialiste.

Compte tenu des divisions actuelles du Parti socialiste, une organisation structurée avec des cadres de qualité reconnus par WADE et Macky, quel est l’avenir du Parti socialiste, dans le jeu politique au Sénégal ?


En attendant, et cela concerne l’ensemble de la classe politique : comment assurer la liberté de manifestation au Sénégal, dans le respect de l’ordre public ?


La question des parrainages et la tenue du fichier électoral et des bureaux de vote, après les législatives de 2017, ne sont plus des questions marginales.


Paris, le 30 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 «La condamnation, en première instance, de M. Khalifa SALL, maire de Dakar», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 «La condamnation, en première instance, de M. Khalifa SALL, maire de Dakar», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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