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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:34

Le Franc CFA est l’un des dispositifs emblématiques de la Françafrique (voir mon post sur De Gaulle et l’Afrique). En effet, la France a placé à la tête de ses anciennes colonies, des hommes sûrs pour perpétuer le système colonial ou pour renverser les indélicats. La Françafrique c’est un système politique et institutionnel, ainsi que l’ensemble de réseaux officieux, permettant à la France de conserver sa domination sur l’Afrique.

Le F.C.A. focalise, à lui tout seul, la conscience à peine émergente des peuples africains de cette indépendance dans la dépendance. M. Stellio Kapo Chichi dit Sémi KEBA, un citoyen français d’origine béninoise, a eu le mérite d’allumer le détonateur, en brûlant, comme Serge GAINSBOURG, un billet de F.C.A. Aussitôt après ce pied de nez à la Françafrique, il fut, en septembre 2017, expulsé du Sénégal où il s’était réfugié.

Le Franc de la Communauté financière africaine (CFA) concerne 155 millions d’Africains et couvre 14 pays africains, dont les 8 Etats de l’Union monétaire africaine (UMOA) que sont : Bénin, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, ainsi que 6 Etats de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) auxquels il faut ajouter les Comores. Les mécanismes sont les suivants :

- la fixité du taux de change entre le FCA et l’euro ;

- la garantie de convertibilité illimitée du FCA ;

- et l’obligation de la mise en commun de 50% des réserves de change africaines auprès du Trésor africain ; cette réserve de change africaine est excédentaire de plus 14 milliards. En d’autres termes, ce sont les Africains qui financent le déficit du Trésor français.

L’avenir du FCA pose la question de la poursuite et de la consolidation de l’intégration africaine. Sur les 53 africains, 32 pays ont leur monnaie nationale :  Nigéria, la Naira ; Afrique du Sud, la Namibie et le Natal, le Rand ; Lesotho le Loti ; Swaziland le Lilangeni ; Ghana, le Cedi ; Kenya, le Shilling ; Algérie, le Dinar ;  Angola, le Kwanza ;  Burundi, le Franc Burundi ; Cap-Vert, Escudo Cap-Vert ; Congo démocratique, le Zaïre ; Egypte, la Livre égyptienne ; Libéria, dollar libérien ; Libye, dinar libyen ;  Malawi, Kwacha ;Mauritanie, le Ougiya ; Maroc, le Dirham ; Mozambique, le Metical ; Ouganda, Shilling ougandais ; Rwanda, Franc rwandais ; Seychelles, le Roupi des Seychelles ; Sierra Leone, Le Leone ; Sao Tome et Principe, le Dobra ; Soudan, La Livre soudanaise ; Tanzani, le Shilling ; Tunisie, le Dinar tunisien ; Zambie, le Kwacha ; Zimbabwe, le Dollar du Zimbabwe. Ce qui est possible isolément est plus efficace s’il y avait une monnaie à l’échelle de tout le continent africain. Le colonialisme français s’est illustré, à travers la monnaie, par sa grande volonté de perpétuer la domination sur ses possessions coloniales : diviser pour mieux régner. Or, la monnaie revêt un aspect symbolique à deux niveaux. D’une part, émettre la monnaie était traditionnellement une question de souveraineté nationale, la monnaie existe, par et pour la Nation. D’autre part,  la monnaie est un instrument de pouvoir économique pour les Etats. En régulant la masse monétaire, en jouant sur les taux d'intérêt, en établissant une politique de change vis-à-vis des autres monnaies, les gouvernements s'attachent ainsi à orienter les indicateurs économiques.

En centralisant auprès du Trésor français une partie des réserves de change, les Etats africains de la zone FCA sont privés de leurs liquidités et de leur capacité de faire évoluer leurs politiques économiques. L'arrimage à l'euro fait subir au franc CFA les fluctuations de la monnaie européenne. Avec des conséquences parfois néfastes pour les exportations des pays de la zone FCA, quand l’euro est fort. L’Afrique a besoin de développer ses infrastructures, ses services publics (santé, éducation, énergie) et a intérêt à coopérer avec le plus offrant, et de non de s’enfermer dans le piège de coopération coloniale. La parité fixe permet aux pays de la zone euro, mais surtout à la France, pays de 65 millions d’habitants, de conserver son statut de premier partenaire économique de la zone FCA, sur une population de consommateurs de 155 millions. Les grandes entreprises françaises (Bolloré, Orange, Bouygues, Aréva, chaînes de télévision privées), ont besoin de ce marché de consommateurs africains, et surtout des matières premières africaines, dont l’uranium, le pétrole.

Le Franc CFA permet à l’ancien colonisateur d’acheter des matières premières africaines, gratuitement, puisque cette monnaie est fabriquée en France, à Chamalières (Puy-de-Dôme) ; il suffit de faire jouer la planche à billets ; ce qui est strictement interdit aux Africains.

Au 1er janvier 1999, la France a dévalué, unilatéralement, le FCA qui atteste de la poursuite des rapports coloniaux, l’indépendance n’ayant changé fondamentalement ce rapport de domination. Créé en 1939, le «Franc des Colonies Françaises d’Afrique» (FCFA) est mis en circulation le 26 décembre 1945, à la suite de la ratification par la France des accords de Bretton Woods. En 1958, le CFA est devenu «Franc de la Communauté Française d’Afrique» et en 1960, aux indépendances des pays africains, cette monnaie, avec le même sigle est rebaptisée : «Franc de la Communauté Financière d’Afrique». Michel ROCARD avait souhaité diligenter une enquête administrative sur le bilan coût-avantage du FCA, François MITTERRAND s’y est opposé, catégoriquement. Mongo BETI, dans son ouvrage «Mains basses sur l’Afrique», préconisait de sortir du FCA «Que la monnaie soit convertible ou inconvertible n’a jamais été la préoccupation du paysan africain. Il a été plongé à son corps défendant dans un système économique contre lequel il est impuissant. (..). Le franc CFA, lié au système monétaire français est une arme de la domination française» dit-il. La polémique, sur le CFA, s’est invitée dans la campagne des présidentielles de 2017. Pour le candidat Emmanuel MACRON, c’est «un choix qui appartient aux Africains». Dans son discours à Ouagadougou du 28 novembre 2017, le président MACRON offre aux Africains trois solutions : élargir le panel des Etats, y compris au Nigéria, se retirer de la zone FCFA ou maintenir le statu quo, en changeant seulement la dénomination de cette monnaie coloniale.

 

Le Franc CFA n’est pas qu’une question technique ou économique, il pose à lui seul les enjeux politiques majeurs des élections de 2019 au Sénégal, notamment en termes :

 

- d’offre politique des partis politiques (indépendance et souveraineté nationale, éducation, santé, infrastructures, etc.)

- d’industrialisation des pays africains ;

- du bien-être des populations les plus défavorisées ;

- de la mobilisation du potentiel humain et de la valeur travail ;

- et la place de l’argent dans le jeu politique qui a tout pourri.

Paris, le 28 novembre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«L’avenir du Franc CFA en Afrique», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«L’avenir du Franc CFA en Afrique», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«L’avenir du Franc CFA en Afrique», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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