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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 22:32

Pour nos ancêtres les Gaulois, De GAULLE est un grand héros de l’histoire, un personnage hors du temps, un grand mythe du roman national, le «Premier des Français» avec un statut de commandeur» suivant une formule de Max GALLO. Qualifié de dernier des grands Capétiens : «Il convoque […] le mythe. Il suscite les passions, cristallise les symboles et appelle les légendes” écrit, de façon dithyrambique, Alain RICHARD. «Tout le monde a été, est ou sera gaulliste» avait prédit André MALRAUX, Ministre de la Culture du général de GAULLE. Militaire, avec d’indéniables qualités littéraires, mais ambitieux, pour lui-même, et pour la France, de GAULLE est devenu professionnel de la politique. «Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a, en moi, d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. (..) Notre pays, tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur» écrit Charles de GAULLE. Il ne voulait pas être un militaire de carrière, mais faire de la politique, devenir le chef de la France. Charles de GAULLE, un nationaliste, a été souvent un visionnaire et incompris de ses contemporains qui le soupçonnaient d’ambitions personnelles, de «coup d’Etat permanent», en référence au titre d’un ouvrage de François MITTERRAND. De GAULLE, en 1940, était du bon côté, il a sauvé l’honneur de la France. Il avait une certaine idée de son pays : la France n’est libre que si elle est souveraine. «Le destin de De Gaulle, encore et toujours, est d'être seul. Seul face à la médiocrité des politiciens, seul face à la peur des uns, à la violence des autres. Et de cette solitude il tire toute sa force, et son orgueil. Avec la conscience de se battre pour la plus noble des causes : la France» dira Max GALLO.

Né à Lille le 22 novembre 1890, Charles de GAULLE choisit, au début, la carrière militaire et Saint Cyr. Il est blessé à trois reprises et fait prisonnier durant la Première Guerre mondiale. En 1921, il épouse Yvonne VENDROUX (1900-1979)  surnommée Tante Yvonne, avec laquelle il aura 3 enfants (Philippe, Elisabeth et Anne). Officier instructeur et d’active de 1919 à 1940, il développe, à travers une série d'ouvrages, ses théories militaires sur la nécessité d'un corps de blindés et la création d'une armée de métier. A la tête de ses chars, le colonel de GAULLE prend part à la campagne de France de mai-juin 1940. Promu général de brigade, il est nommé le 6 juin 1940, sous-secrétaire d'Etat à la Guerre et à la Défense nationale dans le gouvernement Paul REYNAUD (1878-1966), un socialiste. Son mentor étant jusqu’ici le maréchal Philippe PETAIN, mais celui-ci, dès 1938, a choisi de collaborer avec les nazis. Alors que le maréchal PETAIN demande aux Français de «cesser le combat» et négocie avec l'ennemi un armistice, le  général de GAULLE  lance le 18 juin 1940, depuis Londres, sur les ondes de la BBC, son célèbre appel. Il y exhorte les Français à continuer le combat car «La flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre». La France libre est née. «J'ai toujours été seul contre tous, cela ne fera qu'une fois de plus» dit-il.

 

Il était bien seul au départ à l’appel du 18 juin 1940, seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait franchir à la nage, l’Afrique du Nord étant occupée par des troupes dirigées par le Général Henri GIRAUD (1879-1949), proche des Américains et admirateur de Philippe PETAIN (1856-1951), Dakar est resté fidèle aux Pétainistes, et Winston CHURCHILL (1874-1965) se méfie encore de lui. Cependant, ce sont les Africains qui sont les premiers à soutenir le général de GAULLE dans sa résistance contre l’occupant nazi, dont le Guyanais, Félix EBOUE (1884-1944), gouverneur de l’Oubangui-Chari (Tchad), le Congo, Brazzaville capitale de la France Libre de 1940 à 1944 et le Cameroun. Lors du discours de Brazzaville du 27 octobre 1940, le général de GAULLE, conscient de l’importance du soutien des colonisés, en appelle à la résistance des Africains : «La France traverse la plus terrible crise de son Histo1ire. Ses frontières, son Empire, son indépendance et jusqu'à son âme sont menacés de destruction. Cédant à une panique inexcusable, des dirigeants de rencontre ont accepté et subissent la loi de l'ennemi. Cependant, d'innombrables preuves montrent que le peuple et l'Empire n'acceptent pas l'horrible servitude. J'appelle à la guerre, c'est-à-dire au combat ou au sacrifice, tous les hommes et toutes les femmes des terres françaises qui sont ralliées à moi».

A la Libération, ce sont les partis de gauche qui sortent victorieux des élections, et le parti communiste devient le premier parti politique, Charles de GAULLE, rejetant le système des partis et fondamentalement anticommuniste, entame sa traversée du désert pendant laquelle il bénéficie encore de l’appui des Africains, grâce aux réseaux de Jacques FOCCART (1913-1997). Retiré à Colombey-les-deux-églises, il écrit ses «Mémoires de guerre». L'incapacité de la IVème République à résoudre le conflit algérien précipite le retour au pouvoir du général de GAULLE à partir de mai 1958. Il a entretenu des rapports ambigus avec le général Raoul SALAN (1899-1984). En effet, les politiciens de la IVème République, devant la violence et la mauvaise gestion des guerres coloniales, la médiocrité ou le manque de lucidité, ou l’irrésolution, ont échoué dans leur politique de décolonisation. Il dote  la France d'une nouvelle Constitution, la Cinquième République est née. Les guerres coloniales, et notamment à Dien-Bien Phu et en Algérie, ont failli emporter la République avec des attentats de l’organisation de l’armée secrète (O.A.S). Il fallait aller vers l’indépendance dans la dépendance des pays africains. Le 28 septembre 1958, de GAULLE organise un référendum intégrant les colonies dans une Communauté française, préalable à leur indépendance. Seule, la Guinée rejette la Communauté. Elle devient ipso facto indépendante ; elle est abandonnée du jour au lendemain par les administrateurs français et sera gouvernée d’une main de fer par Ahmed Sékou TOURE (1922-1984). Il devient le premier Président de la Vème République en décembre 1958 et est réélu en 1965 cette fois au terme d'une élection au suffrage universel direct. Après avoir redressé la situation économique de la France en 1958, et entame la décolonisation de l’Afrique. En mai 1968, à Paris, le Quartier latin est le théâtre de durs affrontements, alors que la contestation gagne progressivement tous les secteurs d’activité du pays. La France est paralysée. La crise de Mai 1968, flambée sociale et culturelle, lui paraît  fournir l'occasion de concrétiser sa grande idée de Participation. Il propose, en avril 1969, un référendum plébiscitaire sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Le «Non» l'emporte : le général de Gaulle remet alors immédiatement sa démission. Il se retire définitivement de la vie politique. Le 9 novembre 1970, Charles de Gaulle s'éteint à Colombey-les-deux-Eglises où il est enterré.

Si de GAULLE est un totem politique indépassable pour nos ancêtres les Gaulois, il se révélera, pour les Africains celui qui aura mis en place un système de mise sous tous tutelle du continent noir, même après les indépendances. En effet, et sans doute c’est dans le domaine des relations avec l’Afrique que l’héritage de GAULLE est le mieux assuré par ses successeurs, aussi bien à droite qu’à gauche. De GAULLE avait compris, très tôt, que la France, une puissance moyenne, ne pouvait plus assurer une gestion directe de la gestion coûteuse de ses colonies. Pendant la Guerre, nombre d'Africains s'engagent pour défendre la France et l'Empire et financent la France Libre. L'Afrique joue alors un rôle crucial dans la victoire des Alliés : zone stratégique, c'est une «base de départ» pour les troupes chargées de gagner, puis de libérer la Métropole. A Brazzaville, de GAULLE exprime sa gratitude envers le fidèle Empire colonial, et évoque déjà les orientations futures qu'il compte lui offrir : une indépendance, mais avec des liens étroits avec la France : La Communauté de 1958 à 1960 et les accords bilatéraux, renforçant la balkanisation de l’Afrique depuis 1960. S'il propose l'émancipation des territoires français d'Afrique, il ne conçoit pas moins que celle-ci se fasse à l'extérieur du «bloc français» ; les Africains doivent donc rester arrimés à la France. Dans son discours du 30 janvier 1944, et tirant les conséquences de la contribution des Africains dans l’effort de guerre, le général de GAULLE entrevoyait l’indépendance : «En Afrique française, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever peu a peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi» dit-il. Par conséquent, la Conférence de Brazzaville n’est pas une fin, mais un commencement d’une ère de mise sous tutelle de l’Afrique, suivant Albert BOURGI. Le colonisateur n’est pas vraiment parti à l’indépendance, il est resté présent sous des formes insidieuses et sournoises, mais parfois violentes.

De GAULLE choisit le maintien des Africains sous la dépendance de la France, il avait, cependant, une conception ethnique, coloniale et assimilationniste de la Nation, des droits de l’homme et la francophonie. Il avait une peur de la démographie africaine galopante : «C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoire! Les musulmans, vous êtes allés les voir? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de Colybri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées», une confidence du 5 mars 1959 rapportée par Alain PEYREFITTE (1925-1999).

En effet, le général de GAULLE avait «une certaine idée» de la France qui ne peut être que blanche et chrétienne. Or, les institutions de la IVème République, en 1946, avaient liquidé l’Empire colonial pour le transformer en Union française, au sein de laquelle les indigènes avaient acquis un droit de vote ; ce qui a inquiété le général de GAULLE. Il n’appréciait pas les Noirs et l’a dit, le 8 novembre 1968, à Jacques FOCCART : «Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt». Charles de GAULLE affirme, sans complexe, suivant André LE TROQUER, qu’il n’aime pas les «Youpins». «Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles", dit-il dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967. Cette tribale de la Nation a été appliquée, par la suite, aux Français issus de l’immigration.

 «Mon départ est le dernier acte d’une histoire qui a duré trois siècles. C’est le symbole du monde colonial qui disparaît pour faire place à un autre monde encore inconnu» dira en 1960, Pierre MESSMER (1916-2007), dernier gouverneur de l’AOF, à Dakar, administrateur colonial en Indochine, en Mauritanie, en Côte-d’Ivoire, au Cameroun confronté à l’insurrection de Ruben U’M NYOBE (1913-1956). A Bangui, le 14 août 1960, sur les bords du fleuve, André MALRAUX lance : «Une ère s’achève avec le soir qui tombe… Ce n’est pas un transfert d’attributions mais un transfert de destin. (…) Oui, mais quel destin pour l’Afrique ?». En 1960, lors des indépendances, et en dehors de la Guinée, les anciennes colonies françaises en dépit de la souveraineté acquise depuis 1960 sont restées sous la tutelle de leur maître. En effet, avec ses barbouzes qui n’avaient pas bien compris, au début sa démarche visionnaire visant à sauvegarder les intérêts de la France, Charles de GAULLE est l’initiateur de la fameuse Françafrique, de ce pré-carré, et confie cette mission à un homme de confiance, Jacques FOCCART. Tous ses successeurs ont affirmé la volonté de mettre fin à la FrançAfrique, mais qu’ils ont, en fait, consolidée par la suite. On a l’impression que la «Pax Gallica» semble être justifiée, à l’avance, par un discours de Victor HUGO : «Que serait l'Afrique sans les blancs ? Rien ; un bloc de sable ; la nuit ; la paralysie ; des paysages lunaires. L'Afrique n'existe que parce que l'homme blanc l'a touchée. (…) L'Afrique n'a pas d'histoire. (…) Cette Afrique farouche n'a que deux aspects : peuplée, c'est la barbarie ; déserte, c'est la sauvagerie» disait cet éminent poète dans un discours du 18 mai 1879. Finalement, de GAULLE a organisé l’indépendance des Africains dans la dépendance.

I – L’indépendance des pays africains dans la dépendance

A – Les accords de coopération et de défense

1 – La politique de coopération

En quelques mois, tous les États de la Communauté accèdent à l'indépendance. En 1961, les institutions communautaires disparaissent. Ainsi, se consacre-t-on à la conclusion d'accords et de traités de coopération dans les domaines politique, militaire, économique, financier et monétaire, judiciaire, technique et culturel, permettant à la France de conserver une influence majeure sur ses anciennes colonies. La loi constitutionnelle du 4 juin 1960 consacre l'instauration de nouveaux rapports franco-africains à caractère bilatéral. C'est un système de coopération entre États souverains, mais ayant pour but d'imposer l'influence de la France en Afrique. De 1960 à 1969, le général de GAULLE invite successivement chacun des chefs d'État à réaliser une visite officielle à l'Élysée, où ils sont reçus avec tous les fastes de la République, marquant ainsi solennellement le soutien de la France aux jeunes États africains. L'aide française, largement conditionnée s'exerce par exemple sous la forme de crédits au développement, ou d'appui militaire. Il faut rester dans le giron Français et acheter français. Le général de GAULLE mène en Afrique noire une politique réaliste : pour assurer une zone d'influence française dans cette partie du monde, et appuyer ainsi la politique de grandeur qu'il poursuit. C'est une décolonisation pacifique qui s'achève avec la coopération, instituant un cycle de relations privilégiées entre la France et les pays de son Empire disparu.

Le système de coopération est la mise à disposition des Etats africains de personnels techniques (250 000 personnes). Des agents du renseignement, des conseillers techniques aux postes stratégiques surveillent tout, et des ambassadeurs choisis par FOCCART, dont le fameux Maurice DELAUNAY (1919-2009) au Gabon, complètent le dispositif. Ainsi, au Gabon les coopérants sont passés de 5000 à 25 000 au Gabon. Le commandant Maurice ROBERT (1919-2005), chef du contre-espionnage (SDECE), gaulliste et ami fidèle de Jacques FOCCART, a pour mission d’organiser le réseau de renseignement en Afrique, ainsi que d’assurer la création de services de renseignement africains locaux. Maurice ROBERT installe, dans chaque capitale africaine sous influence française, un poste de liaison et de renseignement (PLR). Tout ce qui est bon pour la sécurité de la France est bon pour la sécurité du gouvernement local africain. Cet agent P.L.R. écoute tout et réduit à néant l’indépendance africaine. Ainsi, en décembre 1962, à Dakar, le «coup de force» de Mamadou DIA (1910-2009) est neutralisé par les troupes sénégalaises restées loyalistes mais, en second rideau, les parachutistes français ont été mis en alerte au cas où la situation se dégraderait. Mamadou DIA restera 12 ans en prison et un syndicaliste, Ibrahima SARR (1915-1976), décédera en détention. En septembre 1963, dans les rues de Fort-Lamy, le président François TOMBALBAYE (1918-1975), dit «N’Garta» envoie l’armée et la gendarmerie tchadienne, commandées par deux Français, le capitaine SAINT-LAURENT et l’adjudant-chef GELINO, au titre de la coopération, contre des manifestants musulmans et nordistes.

Mais en 1958, la Guinée de Sékou TOURE a dit NON au référendum du 28 septembre 1958, et son pays devenait ainsi indépendant, sans accords de coopération avec la France. Dans un contexte de guerre froide, Sékou TOURE, qui se révélera un dictateur, recherche l’appui des Soviétiques pour assurer sa survie. En effet, le général de GAULLE a rappelé tous les Français résidant dans ce pays, organisé des sabotages en masse en inondant la Guinée d’une fausse monnaie, et tenté, à plusieurs reprises de liquider, physiquement Sékou TOURE, sans succès. Le président Sékou TOURE, dans sa phraséologie révolutionnaire qualifiera, pendant toute la durée de son mandat, SENGHOR de «laquais de l’impérialisme». Le Sénégal était la base arrière de ces opérations françaises.

2 – La politique de sécurité, une défense des intérêts du colonisateur,

Les indépendances africaines ne marquent pas le retrait militaire complet français. La France pour défendre ses intérêts en Afrique fait signer des accords de défense. Le maillage militaire français sur le continent est garanti par le réseau hérité de la géographie coloniale, et optimisé à la faveur des indépendances. Trois zones militaires outre-mer (ZOM) constituent les «régions» militaires. Chacune est dotée d’un état-major: Dakar pour l’ancienne Afrique occidentale française (A.O.F), Brazzaville pour l’ancienne Afrique équatoriale française (A.E.F.), jusqu’en 1964, date à laquelle le dispositif est replié sur Libreville et Tananarive pour Madagascar, jusqu’en 1973, fonctionnant comme une tour de contrôle sur l’océan Indien. Le maillage local est composé de bases militaires telles que Dakar, Port-Bouët, Bangui, Bouar, Brazzaville, Libreville, Fort-Lamy ou Djibouti. En accord avec Paris, le chef d’état-major de chaque ZOM est autorisé à mobiliser les troupes françaises pour résoudre toute crise majeure, même une crise politique si le gouvernement légal semble menacé.

Albert Bernard BONGO (1935-2009), dans sa grande franchise dira que ces accords ne défendent pas les présidents africains, mais les intérêts de la France. En effet, très souvent, il ne s’agit pas d’une agression extérieure, mais de troubles de l’ordre public interne, d’une immixtion dans les affaires internes d’un Etat souverain. La pratique sera de faire signer, à l’avance, une lettre non datée par le chef d’Etat africain, pour justifier une intervention de la France.

En fait, les débuts de la décolonisation dont les prémices se situent à la fin de la seconde guerre mondiale, ont été violents, et de graves crimes ont été commis sans que le général de GAULLE ne réagisse. Ainsi, le 1er décembre 1944, des Tirailleurs sénégalais qui réclamaient pacifiquement leurs primes, au camp de Thiaroye, ont été massacrés, plus de 300 morts. Le gouvernement française refuse de rouvrir le dossier, et en dépit du combat inlassable d’Armelle MABON, une universitaire de Bretagne. Le 8 mai 1945, des manifestants Algériens à Sétif, qui réclamaient la libération de Messali HADJI (1898-1975) dont le parti est interdit depuis 1939, voient médusés les policiers français tirer sur un maire socialiste qui appelait au calme. La foule se déchaîne, et 27 européens sont massacrés dans de conditions atroces. Le lendemain, les européens qui sont armés tuent 20 000 Algériens, d’autres parlent de 45 000 morts. Au Madagascar, à la suite d’un soulèvement du 29 mars 1947, 100 000 indigènes seront massacrés.

Au Cameroun, le 13 septembre 1958, était tué Ruben UM NYOBE, dans une forêt de Sanaga Maritime, dans le sud du Cameroun, qu’une patrouille française qui traquait depuis des mois le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (U.P.C.) repérera son objectif. Et l’abattit comme un animal sauvage. Son corps fut traîné jusqu’au chef-lieu de la région, où il fut exhibé, défiguré, profané. «Le Dieu qui s’était trompé» est mort, annoncera triomphalement un tract tiré à des milliers d’exemplaires. Le corps de Ruben UM NYOBE fut coulé dans un bloc de béton. Oublié de l’histoire, Achille M’BEMBE dira qu’au Cameroun, en revanche, il reste l’objet d’une immense admiration. Mais cette admiration populaire est restée longtemps contrariée, toute référence à Um Nyobè et à son parti, l’U.P.C., ayant été interdite par la dictature d’Ahmadou AHIDJO (1924-1989) mise en place en 1960 avec le soutien de l’ancienne métropole. La moindre évocation de UM NYOBE était considérée par le pouvoir en place comme «subversive» et sévèrement réprimée. Toujours au Cameroun, Félix-Roland MOUMIE (1926-1960), un opposant, est mort empoisonné par les services secrets, le 3 novembre 1960, à Genève. «Les archives répondront un jour à vos questions» ainsi répond Jacques FOCCART à Philippe GAILLARD, journaliste à Jeune Afrique. La guerre coloniale au Cameroun sera poursuivie au Cameroun, avec des bombardements au napalm, même après l’indépendance. Ernest OUANDIE (1924-1971) sera assassiné le 15 janvier 1971. L’affaire de la sécession du Katanga, le 11 juillet 1960 proclamée par Moïse TSHOMBE (1919-1969) à Elisabethville (Lumumbasi) verra le soutien des barbouzes envoyés par la France, la Belgique et les Etats-Unis. Le résultat est la disparition de Patrice Emery LUMUMBA (1925-1961), le maintien de Joseph-Désiré MOBUTU (1930-1997), probablement l’assassinat du Secrétaire général des Nations Unis, Dag HAMMARSKJOLD, 180 soldats des Nations Unis tués. La France interviendra également en 1978 au Kolwézi. Un véritable fiasco pour Jacques FOCCART qui rééditera un soutien des séparatistes Ibos biafrais au Nigéria du 6 juillet 1967 au 15 janvier 1970, avec plus de 2 millions de morts. Au Togo, le 15 août 1963, le président Sylvanus OLYMPIO (1902-1963), soupçonné d’être antifrançais est assassiné par Etienne EYADEMA GNASSINGBE (1935-2005) devant l’ambassade des Etats-Unis. Son corps a été expédié au Bénin. Faure EYADAMA, le fils de son père, est président du Togo depuis 2005. Tous les chefs d’Etats africains qui se sont opposés à la France ont été destitués : Modibo KEITA (1915-1977) au Mali, Hamani DIORI (1916-1989) au Niger et Thomas SANKARA (1949-1987) au Burkina-Faso). Par conséquent, l’indépendance des colonies africaines ressemble «à la simple poursuite de la colonisation par d’autres techniques» estime Mongo BETI.

B – La Francafrique, une mise sous tutelle de l’Afrique

L’idéologie occidentale est bien cachée dans la diligence de la Françafrique. Les roues de cet engin de domination et de colonisation sont huilées depuis l’Elysée et ses réseaux. En effet, la France a placé à la tête de ses anciennes colonies, des hommes sûrs pour perpétuer le système colonial ou pour renverser les indélicats. La Françafrique c’est un système politique et institutionnel, ainsi que l’ensemble de réseaux officieux, permettant à la France de conserver sa domination sur l’Afrique. «Foccart passera partout en Afrique, sauf en Guinée» disait Sékou TOURE, premier président guinéen. Né d’un milieu catholique, conservateur et proche de l’Action française, de l’OAS et des services de contre-espionnage (SDECE) qui dépendaient de lui, Jacques FOCCART (1913-1997) avait fondé une société d’Import-Export, SAFIEX, le Service d’Action Civique (SAC, bras armé du mouvement gaulliste devenu mafieux et dissout en 1982).

FOCCART connaissait bien l’Afrique et a des rapports personnels avec les présidents africains qu’il recevait à son domicile, à la villa Charlotte, à Luzarches, dans le Val-d’Oise, près de Paris. Dès les années 50, il s’entoure de barbouzes pour effectuer de sales besognes en Afrique. Devenu Secrétaire général de l’Elysée aux affaire africaines de 1960 à 1969, homme de GAULLE, Jacques FOCCART avait en charge aussi du contre-espionnage, dans un contexte de guerre froide et de compétition avec l’Amérique. Il ne dépendait que du général de GAULLE. Inventeur de la «Françafrique» ce pré-carré qui fait de l’Afrique une chasse gardée pour la France, tous les soirs, à la suite du directeur de cabinet, du secrétaire général de la présidence de la République et du chef d'état-major particulier, Son influence diminue sous Georges POMPIDOU (1969-1974), mais ce président organise à partir de 1973, les sommets franco-africains. Valéry GISCARD d’ESTAING, de droite, mais non issu du gaullisme se méfie de FOCCART qui révélera ses rapports douteux avec Jean-Bédel BOKASSA (1921-1996) en RCA. Pendant cette période, FOCCART cache ses archives à l’ambassade du Gabon et transfert ses fonds secrets auprès de Félix HOUPHOUET-BOIGNY (1905-1993). C’est Jacques CHIRAC qui nomme FOCCART son conseiller des affaires africaines de 1986 à 1988. Il dirige de 1988 à 1995, la cellule Afrique de la mairie de Paris pour le compte de CHIRAC qui le désignera en 1995, son représentant personnel auprès des chefs d’Etats africains. Jacques FOCCART décède le 19 mars 1997, mais son système de mise sous tutelle des Africains perdure toujours.

L'Afrique centrale «française» (ex-AEF) fonctionne comme le laboratoire de la politique africaine de la France, et Jacques FOCCART apparaît comme l'architecte des intérêts français en Afrique. Dans un premier temps (1958-1960), il s'agit de garantir les conditions d'une «Pax Gallica», par une géographie politique fondée sur la «balkanisation» de l’Afrique relayée par Félix HOUPHOUET-BOIGNY, au nom d'une «théorie des dominos». En 1960, Brazzaville devient le bastion français en Afrique centrale ou se forge empiriquement une première «méthode FOCCART», caractérisée par l'emploi des services de renseignement, le recours à des mercenaires, et l'ingérence dans les grands ensembles régionaux. Ainsi, ce mardi 13 août 1963, lors d’une manifestation syndicale de 3000 personnes hostiles au président Fulbert YOULOU, les soldats français venus de la base centrafricaine sont présents. Le président YOULU fait savoir son intention de négocier, mais le 14 août 1963 il instaure un système de parti unique. Il téléphone à De GAULLE pour avoir de l’aide, mais le président français ne prend pas de décision, FOCCART étant absent. Le président YOULU sera contraint à la démission, par une foule menaçante, le 15 août 1963. Nationaliste farouchement anticommuniste, prêtre en rupture avec la hiérarchie catholique pour son engagement politique, Fulbert YOULU (1917-1972) continuait à porter la soutane par défi. Son goût pour le luxe, ses soutanes commandées chez les grands couturiers français, son libertinage, sont parmi les raisons de sa chute ; tout comme son autoritarisme et cet étrange projet d’instaurer un système de parti unique. La chute inattendue du président YOULU oblige Jacques FOCCART à repenser la défense des intérêts de la France en Afrique autour de trois notions : endiguer les coups d'Etat au sein du pré-carré, refouler les ingérences étrangères qui espèrent profiter du premier cycle de contestation et gérer le nouvel équilibre de la zone. Pierre BERNES a résumé cette orientation politique : «Consolider le pouvoir des dirigeants qui jouaient loyalement le jeu de l’amitié franco-africaine […] et faire sentir le mors à ceux qui regardaient un peu trop dans d’autres directions; contrer en même temps les visées des puissances concurrentes dès qu’elles étaient jugées menaçantes».

Suivant Pierre MESSMER (1916-2007), il  y a eu 16 interventions militaires de 1962 à 1992, en Afrique. Au Gabon, dans la nuit du 17 au 18 février, le président Léon M’BA (1902-1967) est enlevé au cours d’un coup d’État organisé par une équipe d’officiers gabonais. Jacques FOCCART décide d’envoyer les parachutistes contre les putschistes. L’ordre est rétabli le 19 février 1967, mais 15 soldats gabonais sont tués. En 1967, Léon M’BA étant gravement malade et hospitalisé à Paris, la France fait modifier la Constitution gabonaise en prévoyant qu’en cas d’empêchement du président de la République, c’est le vice-président qui le succède. Ce texte est signé par Léon M’BA, hospitalisé en France depuis août 1966 ; il décédera le 27 novembre 1967, à Paris. C’est ainsi qu’Albert-Bernard BONGO, nommé Ministre délégué à la Présidence, puis vice-président, le 14 novembre 1966 deviendra président Gabonais, sans être élu. Il sera prévu le même subterfuge juridique pour son fils, Ali BONGO, élu président du Gabon depuis le 30 août 2009, Albert BONGO étant décédé le  30 juin 2009. La Gabon, pays sous-peuplé, et riche en matières premières (bois, cuivre, pétrole et uranium) est l’une des places fortes de la Françafrique. Jacques FOCCART est pragmatique  en 1966, en Centrafrique, avec le putsch du colonel BOKASSA contre David DACKO, pourra être maintenu, il s’agit le danger d’un glissement à gauche. Bokassa reste au pouvoir aussi longtemps qu’il saura demeurer raisonnable.

Félix HOUPHOUET-BOIGNY et Omar BONGO sont les pièces maîtresses de cette Françafrique ; ils ont souvent servi d’intermédiaires entre FOCCART et les présidents africains. A la mort de HOUPHOUET-BOIGNY le 7 décembre 1993, tout le gotha de la politique française se rendra à ses obsèques, le 7 février 1994. SENGHOR n’a pas eu un tel honneur. Le génocide au Rwanda, ayant conduit à 500 000 morts, est en relation avec les méthodes de la Françafrique. Michel SITBON parle d’un «génocide sur la conscience». Pour cet auteur, le drame rwandais est la conséquence logique d’une vision ethnique et néocoloniale qui nourrit la corruption, les coups d’Etat et les guerres. C’est quoi exactement la Françafrique ?

La Françafrique est tout d’abord une aide financière à la recolonisation. Toute aide n’est jamais neutre, elle est toujours conditionnée. «Tous les pays sous-développés, qui hier dépendaient de nous, et qui sont aujourd’hui nos amis préférés, demandent notre aide et notre concours. Mais cette aide et ce concours, pourquoi nous les donnerions-nous, si cela n’en vaut pas la peine ?» avoue le général de GAULLE le 5 septembre 1961. La Françafrique est ensuite, et surtout, un accès à un prix avantageux pour la France aux importantes matières premières (pétrole, cuivre, manganèse et aux cultures de rente) pour la France dont certaines, comme l’uranium, sont vitales pour le secteur nucléaire. Il s’agit aussi de s’offrir un marché de consommateurs pour les entreprises françaises. La Françafrique est, enfin, dans le concert diplomatique, un outil pour la France, notamment au sein des organisations internationales, pour faire avancer ses projets, avec des voix africaines acquises d’avance. Curieusement, c’est un outil de financement des partis politiques français qui sont arrosés de subventions occultes venant des chefs d’Etat africains.

II – L’avenir des relations franco-africaines

A – Le cas emblématique du F. FCA

Le Franc F.C.A. focalise, à lui tout seul, la conscience à peine émergente des peuples africains de cette indépendance dans la dépendance. M. Stellio Kapo Chichi dit Sémi KEBA, un citoyen français d’origine béninoise, a eu le mérite d’allumer le détonateur, en brûlant, comme Serge GAINSBOURG, un billet de F.C.A. Aussitôt après ce pied de nez à la Françafrique, il fut, en septembre 2017, expulsé du Sénégal où il s’était réfugié.

Le Franc de la Communauté financière africaine (CFA) concerne 155 millions d’Africains et couvre 14 pays africains, dont les 8 Etats de l’Union monétaire africaine (UMOA) que sont : Bénin, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, ainsi que 6 Etats de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) auxquels il faut ajouter les Comores. Les mécanismes sont les suivants :

- la fixité du taux de change entre le FCA et l’euro ;

- la garantie de convertibilité illimitée du FCA ;

- et l’obligation de la mise en commun de 50% des réserves de change africaines auprès du Trésor africain ; cette réserve de change africaine est excédentaire de plus 14 milliards. En d’autres termes, ce sont les Africains qui financent le déficit du Trésor français.

L’avenir du FCA pose la question de la poursuite et de la consolidation de l’intégration africaine. Sur les 53 africains, 32 pays ont leur monnaie nationale :  Nigéria, la Naira ; Afrique du Sud, la Namibie et le Natal, le Rand ; Lesotho le Loti ; Swaziland le Lilangeni ; Ghana, le Cedi ; Kenya, le Shilling ; Algérie, le Dinar ;  Angola, le Kwanza ;  Burundi, le Franc Burundi ; Cap-Vert, Escudo Cap-Vert ; Congo démocratique, le Zaïre ; Egypte, la Livre égyptienne ; Libéria, dollar libérien ; Libye, dinar libyen ;  Malawi, Kwacha ;Mauritanie, le Ougiya ; Maroc, le Dirham ; Mozambique, le Metical ; Ouganda, Shilling ougandais ; Rwanda, Franc rwandais ; Seychelles, le Roupi des Seychelles ; Sierra Leone, Le Leone ; Sao Tome et Principe, le Dobra ; Soudan, La Livre soudanaise ; Tanzani, le Shilling ; Tunisie, le Dinar tunisien ; Zambie, le Kwacha ; Zimbabwe, le Dollar du Zimbabwe. Ce qui est possible isolément est plus efficace s’il y avait une monnaie à l’échelle de tout le continent africain. Le colonialisme français s’est illustré, à travers la monnaie, par sa grande volonté de perpétuer la domination sur ses possessions coloniales : diviser pour mieux régner. Or, la monnaie revêt un aspect symbolique à deux niveaux. D’une part, émettre la monnaie était traditionnellement une question de souveraineté nationale, la monnaie existe, par et pour la Nation. D’autre part,  la monnaie est un instrument de pouvoir économique pour les Etats. En régulant la masse monétaire, en jouant sur les taux d'intérêt, en établissant une politique de change vis-à-vis des autres monnaies, les gouvernements s'attachent ainsi à orienter les indicateurs économiques.

En centralisant auprès du Trésor français une partie des réserves de change, les Etats africains de la zone FCA sont privés de leurs liquidités et de leur capacité de faire évoluer leurs politiques économiques. L'arrimage à l'euro fait subir au franc CFA les fluctuations de la monnaie européenne. Avec des conséquences parfois néfastes pour les exportations des pays de la zone FCA, quand l’euro est fort. L’Afrique a besoin de développer ses infrastructures, ses services publics (santé, éducation, énergie) et a intérêt à coopérer avec le plus offrant, et de non de s’enfermer dans le piège de coopération coloniale. La parité fixe permet aux pays de la zone euro, mais surtout à la France, pays de 65 millions d’habitants, de conserver son statut de premier partenaire économique de la zone FCA, sur une population de consommateurs de 155 millions. Les grandes entreprises françaises (Bolloré, Orange, Bouygues, Aréva, chaînes de télévision privées), ont besoin de ce marché de consommateurs africains, et surtout des matières premières africaines, dont l’uranium, le pétrole.

Au 1er janvier 1999, la France a dévalué, unilatéralement, le FCA qui atteste de la poursuite des rapports coloniaux, l’indépendance n’ayant changé fondamentalement ce rapport de domination. Créé en 1939, le «Franc des Colonies Françaises d’Afrique» (FCFA) est mis en circulation le 26 décembre 1945, à la suite de la ratification par la France des accords de Bretton Woods. En 1958, le CFA est devenu «Franc de la Communauté Française d’Afrique» et en 1960, aux indépendances des pays africains, cette monnaie, avec le même sigle est rebaptisée : «Franc de la Communauté Financière d’Afrique». Michel ROCARD (1930-2016) avait souhaité diligenter une enquête administrative sur le bilan coût-avantage du FCA, François MITTERRAND s’y est opposé, catégoriquement. Mongo BETI, dans son ouvrage «Mains basses sur l’Afrique», préconisait de sortir du FCA «Que la monnaie soit convertible ou inconvertible n’a jamais été la préoccupation du paysan africain. Il a été plongé à son corps défendant dans un système économique contre lequel il est impuissant. (..). Le franc CFA, lié au système monétaire français est une arme de la domination française» dit-il. La polémique, sur le CFA, s’est invitée dans la campagne des présidentielles de 2017. Pour le candidat Emmanuel MACRON, c’est «un choix qui appartient aux Africains».

B – La poursuite du commerce avec la France

sur une base équitable

En raison des liens historiques qui nous unissent, la France a, naturellement, toute sa place dans le commerce avec les pays africains, à condition de respecter la souveraineté de nos Etats. On ne demande pas de la charité, mais un commerce équitable : nos matières premières doivent rémunérées à un juste prix, et nos pays par des gouvernements intègres, démocratiques et soucieux de l’intérêt des Africains. Pour l’homme ordinaire français, les Africains sont pauvres et ne vivent que l’aide de la France. Mais l’Afrique est riche en matières premières. On connaît la formule de GISCARD «nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées ». On aurait pu préciser que la Françafrique est une idée de mise sous tutelle de l’Afrique.

Mongo BETI est un adversaire résolu de la Françafrique et il écrit dans la préface de «Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation» un ouvrage interdit en 1972 en France : «Depuis De Gaulle, la France semble avoir signé un pacte avec la classe dirigeante camerounaise, selon lequel, pourvu qu'elle témoigne une allégeance indéfectible à Paris, toutes les fantaisies, toutes les turpitudes et toutes les corruptions lui seront pardonnées. C'est ce pacte tacite qui a donné à la corruption cette dimension hallucinante et mortelle que chacun observe, et qui fait de toute stratégie prétendue de développement une comédie cynique, puisque personne n'y croit vraiment, mises à part les misérables populations longtemps bernées, mais qui viennent d'exprimer un rejet péremptoire» écrit Mongo BETI. La Françafrique, c’est aussi de grands groupes industriels français qui pillent, sans vergogne, l’Afrique : «L’Afrique est comme une île reliée au monde par les mers. Donc, qui tient les grues, tient le continent» disait un cadre du groupe Bolloré en avril 2009 au Monde diplomatique.

Chaque fois qu’un Président français est élu, il s’empresse d’annoncer la fin de la Françafrique. Mais le simple fait de parler ainsi est un aveu que ce système de domination est injuste et immoral. Jean-Marie BOCKEL, éphémère secrétaire d’Etat à la Coopération l’a appris à ses dépens : ayant osé mettre en cause la Françafrique, il a été prestement remercié par Nicolas Sarkozy sur intervention d’Omar BONGO du Gabon. Auparavant, Jean-Pierre COT, avait voulu en 1981 profiter de l’élection de François MITTERRAND pour établir des rapports moins ambigus avec les Etats francophones d’Afrique, mais en vain. «Il n'y a pas de grands ou de petits pays, mais des pays également souverains, et chacun mérite un égal respect. (…) J'en appelle à la liberté pour les peuples qui souffrent de l'espérer encore ; je refuse tout autant ses sinistres contre-façons, il n'est de liberté que par l'avènement de la démocratie» avait François MITTERRAND le 20 octobre 1981, à Cancun, au Mexique. «Le souffle de la démocratie fera le tour du monde» avait dit François MITTERRAND au sommet de la Baule du 20 juin 1990. Nous avons toujours nos régimes préhistoriques africains au service de leur maître colonial.

Lors de la campagne des présidentielles de 2017, le candidat Emmanuel MACRON, se disant ni de droite, ni de gauche, avait une belle analyse de la situation. Selon M. MACRON, l’Afrique ancrée à part entière dans l’Histoire et le monde est une chance pour tous. Sans angélisme ni naïveté, la France doit donc regarder cette «vérité africaine» en face, sans idées préconçues ni clichés, et définitivement débarrassée du surmoi de la colonisation et de la Françafrique. L’époque du pré-carré, de l’aide compassionnelle entremêlée de cynisme et des situations de rente entretenues par des réseaux occultes est révolue. Il est grand temps que la France regarde au contraire l’Afrique comme un partenaire économique au même titre que la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Turquie. Le candidat des riches, sitôt élu, change radicalement de fusil d’épaule et fait des déclarations insultantes et colonialistes à l’égard des Africains : «Quand des pays ont encore aujourd'hui sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien» dit-il le 8 juillet 2017.

C  - Quelles perspectives ?

Il ne faudrait rien attendre du colonisateur français, que je ne confonds pas avec le peuple français inspiré des valeurs républicaines. Le salut ne viendra donc pas de la France colonisatrice, le bonheur de certains étant fondé sur le malheur des autres ; chaque Etat défend ses intérêts. A tous le moins, la France qui ne voit l’Afrique que sous l’angle de l’aide internationale, de l’immigration ou terrorisme, est désormais sérieusement concurrencée par la Chine. La Diaspora vivant en France a un rôle important pour rétablir un pont de fraternité entre la France et l’Afrique. Le salut ne viendra pas non plus des gouvernements africains, qui croient encore, même presque 60 ans après l’indépendance, que leur sort dépend de la France. Ce sont des régimes souvent corrompus et qui se vautrent dans la Françafrique pour conserver leurs privilèges. Intéressés au partage du gâteau, gagnés par la paresse ou les égos surdimensionnés, les partis politiques et la presse n’ont pas pu, jusqu’ici, poser les enjeux fondamentaux concernant l’avenir des Africains.

L’intégration africaine peine à voir le jour, le colon a réussi, depuis la conférence de Vienne, de balkaniser l’Afrique, et de GAULLE a institutionnalisé cet état de fait. Finalement, il appartiendra aux Africains de prendre leur destin en mains. «Et j’ai pendant longtemps idéalisé mon pays. Il a fallu que je revienne au Cameroun, que j’y vive, pour découvrir l’autre vision de l’Afrique. (…). C’était un peu la Case de l’oncle Tom : le bon Noir opprimé par le méchant Blanc, puisque pour nous, même les chefs d’Etat postcoloniaux étaient des marionnettes des Blancs. Donc la situation coloniale et esclavagiste continuait. Et c’est lorsque je suis retourné en Afrique, que je me suis aperçu que nous sommes pour moitié responsables de nos malheurs» dit BETI. «L’Afrique n’est pas encore perdue. J’affirme que l’Afrique peut se développer, qu’elle va se développer, si du moins elle a le courage de combattre contre cette humiliation. Il faudra, certes, très longtemps, sans doute plusieurs décennies, pour extirper le cancer de la corruption» dit Mongo BETI. Mais les peuples africains ont-ils conscience de la force qu’ils ont de pouvoir changer leur situation ? Une bataille idéologique importante est à engager contre ce lavage de cerveau qui dure maintenant depuis des siècles. Un des aspects insidieux de la Françafrique est l’hégémonie culturelle de la France coloniale, qu’il faudrait déconstruire. Mais dès qu’on le dit, aussitôt, les forces colonialistes et esclavagistes vous taxent de propagateur de discours victimaire. Pourtant, cet enjeu majeur est au cœur du combat pour la liberté des Africains. Aucune dictature, aucun régime si puissant si puissant soit-il ne peut résister à un soulèvement populaire, à une volonté de retrouver la dignité et la liberté «il n'y a pas d'ordre établi, pour répressif qu'il soit, qui puisse résister au soulèvement de la vie» suivant François MITTERRAND.

 «L’essentiel, ce n’est pas de savoir à quelle date ni de quelle façon les changements vont se produire, c’est d’observer dans la mentalité populaire une attente d’émancipation, de libération. Nous sommes engagés dans un processus où le peuple est conscient qu’il n’est pas libre et qu’il a besoin de liberté, qu’il le veuille ou non, il s’est mis en route pour aller vers elle. Je suis certain que nous sommes engagés dans un processus irréversible» écrit Mongo BETI. «On peut non seulement dépouiller les gens de leur richesse économique, mais encore de leur cœur et bien sûr de leur espoir. Ne pas intervenir aurait des conséquences dramatiques pour l’avenir» dit Mongo BETI.

Bibliographie très sommaire :

1 – Contributions de Général de Gaulle

GAULLE de (Charles), La France et son armée, Paris, Plon, 1945, 173, pages ;

GAULLE de (Charles), Le fil de l’épée, Paris, Plon, 1971, 207, pages ;

GAULLE de (Charles), Lettres, notes et carnets, Paris, Plon, 1986, 366, pages ;

GAULLE de (Charles), Mémoires de guerre, Paris, Plon, 1989, 886  pages ;

GAULLE de (Charles), Mémoires de l’espoir, Paris, Plon, 1972 et 1995, 284  pages ;

GAULLE de (Charles), Pour l’avenir, Paris, Livre de Poche, 1973, 346  pages.

2 – Critiques de Gaulle

ABELIN (Pierre), Rapport sur la politique française de coopération, Paris, La Documentation française, 1975, 78 pages ;

AURILLAC (Michel), L’Afrique à cœur, la coopération : un message d’avenir, Paris, Berger-Levrault, Monde en Devenir, Bâtisseur d’avenir, 1987, 264 pages ;

BAT (Jean-Pierre), «Le rôle de la France après les indépendances», Afrique contemporaine, 2010 (3) n°235, pages 43-52 ;

BAT (Jean-Pierre), Décolonisation de l’AEF selon Jacques Foccart entre stratégies politiques et tactiques sécuritaire, Paris, 2011, 2436 pages ;

BAT (Jean-Pierre), La fabrique des barbouzes ; histoire des réseaux Foccart en Afrique, Paris, Nouveau Monde éditions, 2015, 518 pages ;

BERNAULT-BOSWELL (Florence), Démocraties ambiguës en Afrique centrale. Congo-Brazzaville, Gabon ? : 1940-1964, Paris, Karthala, 1996, 423 pages ;

BETI (Mongo), Main basse sur le Cameroun : autopsie d’une décolonisation, Paris, La François Maspéro, 1972 et La Découverte 2003, 269 pages ;

BETI (Mongo), Remember Rubben, Paris, L’Harmattan, 1982 et 1990, collection Encres noires, 320 pages ;

BIARNES (Pierre), Les Français et l’Afrique noire de Richelieu à Mitterrand, Paris, Armand Colyn, 1987, 448 pages ;

BIYOGO (Grégoire), Déconstruire les accords de coopération franco-africaine, Paris, L’Harmattan, 2011, vol 1, 136 pages et vol 2, pages ;

BOISBOUVIER (Christophe), Hollande l’Africain, Paris, La Découverte, 2015, 300 pages ;

BOURGES (Yvon), La politique de coopération franco-africaine et malgache, Paris, extraits de la Revue française de défense, 1970, 16 pages ;

BOURGI (Albert), La politique française de coopération en Afrique, le cas du Sénégal, préface de Pierre-François Gonidec, Dakar, NEA, Paris, LGDJ, 1979, Paris Hachette, 1991, 373 pages ;

Centre Bordelais d’études africaines, La politique africaine du général de Gaulle : 1958-1969, Paris, A. Pedone, 1980, 421 pages ;

CHAIGNEAU (Pascal), La politique militaire de la France en Afrique, Paris, CHEAM, 1984, 143 pages ;

COQUERY-VIDROVITCH (Catherine), FOREST (Alain), Décolonisations et nouvelles dépendances : modèles et contre-modèles idéologiques et culturels dans le Tiers-monde, préface d’Albert Bourgi, Presses universitaires de Septentrion, 1986, 282 pages ;

COQUET (Bruno) DANIEL (Jean-Marc), «Quel avenir du Franc CFA ?», Revue de l’OFCE, 1992, vol 41, n°1, pages 241- 291 ;

Cour des Comptes, La politique française d’aide au développement, Paris, 26 juin 2012, 128 pages ;

DONAT (Gaston), Afin que nul n’oublie : l’itinéraire d’un anticolonialiste (Algérie, Cameroun, Afrique), préface de Gilles Perrault, Paris, L’Harmattan, Mémoires africaines, 2000, 398 pages ;

FOCCART (Jacques), Foccart parle, entretien avec Philippe Gaillard, Paris, Fayard, Jeune Afrique, tome 2, 1995, 506 pages et tome 2, 1997, 528 pages ;

GALLO (Max), De Gaulle, Paris, Robert Laffont, tome 1, «L’appel du destin (1890-1940)», 2012, 353 pages ; tome 2, «La solitude du combattant (1940-1946)», 2012, 450 pages ; tome 3, «Le premier des Français (1946-1962)», 393 pages, et tome 4, «Le statut de commandeur (1962-1970)», 373 pages ;

GAUTRON (Jean-Claude), La politique africaine de la France, Centre d’études d’Afrique Noire, I.E.P. de Bordeaux, 1986, 23 pages ;

GOUNIN (Yves), La France en Afrique : les combats des anciens et des modernes, De Boeck Supérieur, 2009, 192 pages ;

HIBOU (Béatrice), «Politique économique de la France en zone Franc», Politique africaine, 1995, n°58, pages 25-40 ;

Institut Charles de Gaulle, Brazzaville, janvier-février 1944, aux sources de la décolonisation, actes colloques des 22 et 23 mai 1987, Paris, Plon, 1988, 384 pages ;

LONSI-KOKO (Gaspard-Hubert), Mitterrand l’Africain ?, Paris, L’Atelier de l’Egrégore, 2015, 232 pages ;

M’BEMBE (Joseph-Achille), La naissance du maquis au Cameroun (1920-1960) : histoire des usages de la raison en colonie, Paris, Khartala, 1996, 438 pages ;

M’BEMBE (Joseph-Achille), présentation de, Les écrits sous le maquis de Ruben Um Nyobé, Paris, L’Harmattan, 1989, 296 pages ;

M’BEMBE (Joseph-Achille), présentation et notes de, Le problème national kamerunais, Paris, L’Harmattan, 1984, 443 pages ;

MARC (Michel), «Une décolonisation confisquée ? Perspectives sur la décolonisation du Cameroun sous tutelle de la France 1955-1960», Revue Française d’histoire d’Outre-mer, 1999, vol 86, n°324, pages 229-256 ;

MESSMER (Pierre), Après tant de batailles, mémoires, Paris, Albin Michel, 1992, 462 pages ;

MESSMER (Pierre), Les Blancs s’en vont : récits de la décolonisation, Paris, Albin Michel, 1998, 301 pages ;

MIGANI (Guia), La France et l’Afrique Sub-saharienne, 1957-1963 : histoire d’une décolonisation entre idéaux eurafricains et politique de puissance, Bruxelles, Peter Lang, 2008, 295 pages ;

ONANA (Charles), La France et ses Tirailleurs, Enquête sur les combattants de la République, Paris, Deboiris, 244 pages ;

OULMONT (Philippe), VAISSE (Maurice), De Gaulle et la décolonisation de l’Afrique Subsaharienne, Paris, Karthala, Fondation Charles de Gaulle, 2014, 243 pages ;

PASCALON (Pierre), La politique de sécurité de la France en Afrique, Paris, L’Harmattan, 2004, 474 pages ;

PEAN (Pierre), L’homme de l’ombre : éléments d’enquête autour de Jacques Foccart, l’homme le plus mystérieux et le plus puissant de la V, Paris, Fayard, 1990, 594 pages ;

PESNOT (Patrick), Les dessous de la Françafrique, Paris, Nouveau Monde éditions, 2014,  512 pages ;

PETITEVILLE (Franck), «Quatre décennies de coopération franco-africaine : usage et usure d’un clientélisme», Etudes internationales, 1996, 273, pages 571-601 ;

PEYREFITTE (Alain), C’était De Gaulle, Paris, Gallimard, 2002, 1952 pages ;

POURTIER (Roland), «Congo-Zaïre : un itinéraire géopolitique au cœur de l’Afrique», Hérodote, 1997, n°86-87, pages 6-41 ;

RICHARD (Alain), LABOUYGUE de (Marsaud), TIHY (Jean-Côme), Charles de Gaulle, le dernier capétien, l’unité du peuple, Paris, VA Presses, 2017, 146 pages ;

SITBON (Michel), Le génocide sur la conscience, Paris, L’Esprit frappeur, 1998, 159 pages ;

TOURRE (Brian), De la Françafrique à la Chine Afrique, Paris, L’Harmattan, 2012, 133 pages ;

TURPIN (Frédéric), Jacques Foccart, dans l’ombre du pouvoir, Paris, CNRS, 2015, 488 pages.

Paris, le 22 novembre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
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Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.
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Charles de GAULLE, président de la République Française de 1958 à 1969.

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