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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 16:50

Je suis heureux, à cette rencontre, d'avoir échangé avec l'écrivaine sénégalaise, Mme Ken Bugul M’BAYE, M. Abdourahman WABERI, écrivain, M. Doudou DIENE de L'UNESCO, Mme Yandé Christiane DIOP, veuve d'Alioune DIOP, fondateur de Présence Africaine, M. Adrien DIOP, M. Karfa Sira DIALLO, et bien d'autres amis. Avec ces universités de Présence africaine,  «on renoue avec la belle tradition de réunir les intellectuels et artistes noirs» dit Mme Yandé Christiane DIOP, présidente des éditions Présence Africaine, et veuve d’Alioune DIOP.

Le programme est riche :

Samedi 21 octobre 2017 :
10 H 30 - 12 H 00 : "Cheikh Anta Diop : un héritage et des questions", avec M’Backé DIOP, Yoporeka SOMET, modérateur Ousmane N’DIAYE ;

13 H - 14 H 30 : «L'écriture et le voyage : regards de femmes", avec Fathia RADJABOU, Ken Bugul, Nafissatou Dia DIOUF, modératrice Aminata THIOR ;

14 H 45 - 16 h 15 : «Romans de la migration », avec Mohamed M’Bougar SARR, Jussy KIYINDOU, Khalid LYAMLAHY, Jean-Roger ESSOMBA, modérateur Yvan AMAR ;

16 H 30 - 18 H 00 : «Les arts : créativité et dynamisme», avec Abd Al Malick, Aïssé N’DIAYE, Jo GUSTIN, Seloua Luste BOULBINA, modératrice Hortense ASSAGA ;

Dimanche 22 octobre 2017 :

10 H 30 - 12 H : «Diaspora noire en Amérique Latine : un héritage lointain et proche», avec Doudou DIENE, Karfa Sira DIALLO, Steve-Régis KOVO NSONDE, modératrice Sophie HARTMANN ;

13 H 14 H : «Aimé CESAIRE», avec Daniel MAXIMIN, modérateur Yvan AMAR ;

14 H 15 15 H 15 : «Souveraineté économique : les enjeux», avec Martial ZE BELINGA, Lamine SAGNA, Kako NUBUKPO, modérateur Joël ASSOKO ;

15 H 30 16 H 30 : «Critique littéraire : vide ou trop plein», avec Réassi OUABANZI, Ninon CHAVOZ, Romuald Blaise FONKUA, Khalid LYAMLAHY, modérateur, Joss DOSZEN ;

16 H 45 18 H : «Féminisme le grand schisme ?», avec Rokhaya DIALLO, Maboula SOUMAHORO, Ken Bugul M’BAYE, Sophie BESSIS, modératrice Stéphanie HARTMANN.

Les arts créativité et dynamisme ?

Les écrivains sont des porteurs de mots soit ils entérinent ou occultent la réalité, dans ce cas c'est un aveu de faiblesse ; soit l'écriture devient un acte militant et devient un moyen de libération. «Le poisson pourrit par la tête» a-t-on coutume de dire. La diaspora a besoin des écrivains, des grands penseurs, pour terrasser cette idéologie coloniale et raciste.

Les racines culturelles influencent l'engagement des auteurs. «Je suis, j'existe», on a besoin de s'exprimer pour pouvoir changer ses conditions de vie. L'acte peut venir au début d'une colère, d'un sentiment d'injustice, de relégation, mais on ne peut rien construire avec la colère. Si on veut donner sens à cette colère, il faut un oui à la justice, à la fraternité et au bien-vivre ensemble. La colère fait sens si on comprend ce qui soutient la révolte, pour une vie meilleure, si on lutte contre l'injustice. La colère stérile, la passion triste destructrice, est à éviter ; il faut privilégier l'amour de la justice. Dans la tragédie et la colère, il faudrait réagir de façon positive «reconnaître les autres à travers son désir» suivant Frantz FANON. Il faudrait abandonner les alternatives et les allégeances : soit on est immigré ou Français. Or, «j'ai besoin de toi pour être moi. Tu as besoin de moi pour être toi» dit Abd Al Malik. L'identité française est diverse, et elle nous enrichit. «La double culture, en s'intéressant à l'autre, favorise le bien-vivre ensemble» dit Aïssé NDIAYE. On vit un monde racialisé, mais il faut être en paix avec soi même, créer des liens de solidarité, en qualité d'être humain. Totalement Français tout en prenant soins et chérissant ses racines.

Diaspora noire en Amérique Latine : un héritage lointain et proche ?

Les esclaves ont résisté en se réfugient dans leur identité culturelle ; ils ont revêtu de la religion chrétienne de croyances africaines. Ils ont reconquis leur humanité à travers une résistance culturelle. Ce qui a fait la résistance des esclaves, leur survie c'est leur créativité artistique. La question de la mémoire est un des enjeux majeurs pour la Diaspora. Certains conservateurs sont en train de réécrire et falsifier l'histoire de l'esclavage. Pourtant le 1er maire noir était noir. Alexandre POUCHKINE a pour arrière grand père un noir. Doudou DIENE a été le grand témoin de cette table ronde.

Aimé CESSAIRE quel message ?

CÉSAIRE et SENGHOR, dans les années 30, se sont questionnés et se sont retrouvés ; ce sont des hommes méprisés qui veulent retrouver leur dignité ; fidèles à internationalisme et profondément des hommes de culture, ils ont adopté une démarche subversive. Ils ont trouvé dans la culture européenne des éléments pour justifier leur humanité et leur liberté. «Assimiler sans être assimilé» dit SENGHOR. On additionne, sans soustraire, on sort du ressentiment par la création et la jubilation. "Haïr c'est encore dépendre" disait CÉSAIRE. Dans ce contexte la langue française n'est pas un outil d'aliénation, mais de libération. "L'émotion est nègre et raison est Hélène" cela a été reproché à SENGHOR. En fait la dimension complète de l'homme c'est à la fois la raison et l'émotion. La politique ne doit pas être dépendre de la politique ; la poésie est au dessus la politique ; il ne faut pas être assoiffé de la politique ; il faut savoir partir quand il le faut c'est pourquoi SENGHOR, à un certain moment donné, a démissionné.

L'Afrique peut-elle penser sa souveraineté économique ?

La souveraineté économique est liée pour l'Afrique aux questions de décolonisation. Les modèles économiques proposés sont les causes d'appauvrissement de l'Afrique. Les biens culturels ont été exclus des modèles. Il faudrait un travail sur la souveraineté de penser. Il n'y a pas de facteurs endogènes de la croissance. L'Afrique n'a pas remis en cause le modèle économique colonial qui privilégiait les cultures d'exportation (coton, arachide) au détriment des cultures vivrières. La question du FCA est d'une grande banalité mais les chefs d'Etats et les économistes africains, vivent dans la banalité certains États sont sortis du FCA (Algérie, Maroc, Mauritanie, Madagascar etc.). «Dormir sur la nappe de l'autre, c'est dormir par terre», dit un dicton africain. L'Afrique peut mobiliser ses ressources pour défendre sa monnaie, notamment ses matières premières et combattre les fuites des capitaux.

Comment évaluer le critique littéraire africain ?

Il y a trois catégories de critiques littéraires pour vulgariser le savoir africain, c'est une démarche engagée. Tout d'abord, le journaliste avec un aspect promotionnel ; l'avantage de la presse c'est la réactivité un public large touché. Ensuite, l'universitaire qui rend compte de l'actualité littéraire dans des revues spécialisées, avec des codes et toute la rigueur pour évaluer objectivement l'oeuvre, mais l'inconvénient c'est qu'il faut attendre 1 ou 2 ans avant la publication. Enfin, le critique qui a le choix du mode de publication. Dans la presse privée africaine, la critique littéraire occupe une place incongrue au profit de la politique, de la religion et du folklore. Les revues littéraires choisissent leurs contributions ce sont des cercles fermés, avec parfois de la complaisance. Mais qu'est ce que qui est littérature ? Que le texte soit bon ou mauvais c'est un autre sujet, mais si on le lit, c'est qu'il a une certaine valeur littéraire.

Le féminisme : le grand schisme ?

Si le féminisme signifie la lutte contre l'oppression, la lutte pour l'égalité et la dignité ; c'est encore d'actualité. L'Afrique est matriarcale, avec la Grande royale de Cheikh Hamidou KANE. Le féminisme est impacté par diverses considérations mais ce thème était porte jusqu'ici par des femmes blanches qui ont la prétention de parler pour toutes les femmes (avortement islamophobie). Avec des arguments pseudos féministe cela a conduit au racisme. Les femmes du tiers-monde vivant en France ont le droit de défendre leurs droits dans un monde racialisé (canons de la beauté effets vestimentaires voile, le genre, la sexualité, la classe sociale, la race, IVG, femmes lesbiennes, etc.). L'oppression et la domination des femmes est racialisée et ethnicisée en France. Comment en France dans ce moment postcolonial articuler la féminité avec la citoyenneté ?

La France avait à Paris une grande mosquée et l'hôpital Avicenne pendant la période coloniale. Il faut lutter contre l'islamophobie et le racisme. Dans la République française le voile n'est pas une obligation juridique. Les femmes doivent avoir la liberté de porter ou non le voile. Il y a deux Prix Nobel qui portent le voile sans qu'on s'en offusque. La femme doit avoir la liberté de disposer de leur corps avec la protection et la bienveillance de la République. En Afrique les grandes préoccupations des femmes sont des questions de survie et d'indépendance économique (viols, indépendance économique, accès à la terre, accès au crédit, excision, la survie du quotidien, polygamie, femmes seules). S'agissant du camp d'été colonial à Paris en 2017 (Nyansapo), c'était un confort pour se retrouver et trouver de la bienveillance. Les femmes ont le droit de se retrouver entre elles pour développer des stratégies. En 1956, il y a eu un congrès des artistes noirs avec Présence Africaine.

La Colonie, au 128 rue La Fayette, à Paris, métro Gare du Nord, est un endroit pour méditer, échanger, penser sa culture et dépasser la colonisation. Suivant son fondateur, Farid ATTIAS, «la Colonie n'est pas un projet vindicatif, mais son ambition est de jeter les ponts entre les différentes cultures». On peut reconstruire à partir de l'héritage de la colonisation. Un endroit sympa, ouvert et accueillant, une agora de la pensée engagée, un lieu festif et un espace d'expositions à découvrir.

Mme Ken Bugul M’BAYE m'a dédicacé ses livres ; c'est donc un post en perspective ; une grande dame !

Paris, le 21 octobre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Mme Yande Christiane DIOP présidente des éditions Présence Africaine, rue des écoles Paris 5eme
Mme Yande Christiane DIOP présidente des éditions Présence Africaine, rue des écoles Paris 5eme
Mme Yande Christiane DIOP présidente des éditions Présence Africaine, rue des écoles Paris 5eme
Mme Yande Christiane DIOP présidente des éditions Présence Africaine, rue des écoles Paris 5eme
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