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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 22:37

«Deux images de George Sand masquent, comme des préjugés tenaces, la richesse de son œuvre. Ses liaisons orageuses avec Musset et Chopin, la liberté de ses mœurs, cette coquetterie du scandale qu’elle ne répugnait pas à cultiver, l’ont faite connaître comme une aventurière présente à tous les rendez-vous de la petite histoire littéraire. (…) Il suffit d’enlever à ces images tout ce qu’elles peuvent avoir de réducteur, de considérer la masse imposante de l’œuvre de George Sand. La profusion de cette œuvre atteste un labeur constant et une extraordinaire fécondité» écrit George LE RIDER. En effet, George SAND appartient au mouvement du romantisme, avec la Révolution de 1789, et son cortège de violences, les idéaux des Lumières sont sérieusement ébranlées. C’est un sentiment d’échec, d’impuissance, à imposer les valeurs de la Révolution, dans une société dominée par le bien-être matériel. La littérature du XIXème siècle marque ainsi un retour à des valeurs fondamentales : l’individualité, le cœur et la nature. Dans ses romans, le jeune Marcel PROUST (voir mon post) a déjà célébré le talent de George SAND en vantant «la bonté et la distinction de sa prose» ; sa contribution littéraire fait recours à «des procédés de narration destinés à exciter la curiosité et l’attendrissement». Aussi, la plupart des écrivains de son temps ont salué son génie : «J’ai la tête tournée de Valentine ; la variété des tons et des portraits, le charme des descriptions, la vérité de la profondeur des sentiments font de ce roman un ouvrage à part et qui vivra» dira Prosper MERIMEE dans une lettre du 7 mars 1833. «Il y a dans Lélia des vingtaine de pages qui vous vont droit au cœur, franchement, vigoureusement, tout aussi belles que celles de René et Lara. Vous voila George Sand» écrit Alfred de MUSSET. «Vous êtes un des plus grands esprits de la France et du monde, et, ce qu’il y a de plus beau dans le monde, un esprit fait de cœur. Dieu a, au milieu des hommes, une preuve, le génie. Vous êtes, donc il est» écrit Victor HUGO dans une lettre du 28 novembre 1865. Charles MAURRAS, qui n’est pas pourtant tendre avec SAND, a reconnu les talents de l’auteur, pour la fraîcheur, la netteté et la force de son langage : «On ne peut refuser à madame Sand une place éminente entre les premiers écrivains de son âge et de son école ; il n'est pas impossible que la postérité détache de son fatras bien des pages belles et pures» dit-il. «Vous cherchez l’homme tel qu’il devrait être ; moi, je le prends tel qu’il est. (…). Ces êtres vulgaires m’intéressent plus qu’ils ne vous intéressent. Je les grandis, les idéalise, en sens inverse, dans leur laideur ou leur bêtise. Je donne à leurs difformités des proportions effrayantes ou grotesques. Vous faites bien de ne pas regarder les êtres qui vous donneraient le cauchemar. Idéalisez dans le joli et le beau, c’est un ouvrage de femme» lui dit Honoré de BALZAC.

«Tout est roman chez George Sand, et autour d’elle : non seulement son œuvre, mais sa vie ; non seulement sa vie, mais celle de ses parents en remontant jusqu’à la troisième génération» écrit Samuel ROCHEBLAVE. Notre auteure est née, sous le nom d’Amantine, Aurore, Lucile DUPIN de FRANCUEIL, le 1er juillet 1804, au numéro 15 de la rue Meslay, à Paris 3ème. «Je suis née l’année du couronnement de Napoléon, l’An XII de la République française. Mon nom n’est pas Marie-Aurore de SAXE» dit George SAND. En effet, son père, Maurice DUPIN de FRANCUEIL (1778-1808) aristocrate, était un descendant de Maurice de SAXE (1696-1750), maréchal de France, vainqueur de Fontenoy. Des amours de son arrière grand-mère, Aurore Koenigsmark (1670-1728), avec Frédéric Auguste, roi de Pologne, est né un fils naturel. «Mon père était l’arrière petit-fils d’Auguste II, roi de Pologne, de ce côté, je me trouve d’une manière illégitime, mais fort réelle, proche parente de Charles X et de Louis XVIII» dit George SAND. La grand-mère de George SAND, s’appelait Marie-Aurore de SAXE (1748-1821), elle avait épousé en premières noces, à 15 ans, en sortant d’un couvent, le capitaine Antoine de HORNE, un bâtard de Louis XV et chevalier de Saint-Louis, mais le mariage n’a pas été consommé, son mari ayant été tué à un duel. Sa grand-mère se remaria, en secondes noces, à Louis-Claude DUPIN de FRANCUEIL (1715-1786), un aide de camp du prince Murat. La grand-mère de SAND était «une âme ferme, clairvoyante, éprise particulièrement d’un certain idéal de liberté et de respect de soi-même. (…). Condamnée par un destin étrange à ne pas connaître l’amour dans le mariage, elle résolut le grand problème de vivre calme et d’échapper à toute malveillance, à toute calomnie» écrit SAND. Sa grand-mère accoucha le 13 janvier 1778, un enfant unique Maurice de Saxe, en mémoire du Maréchal de Saxe, l’arrière grand-père. Le couple vivait à Châteauroux et avait fondé une manufacture de draps. Généreux et avec des dépenses inconsidérées, quand son grand-père mourut dix ans après son mariage, il laissa des dettes à sa grand-mère. L’hôtel Lambert, qu’ils habitaient à Paris 4ème (Ile Saint-Louis), depuis 1732, fut vendu. A la Révolution, certains de leurs biens furent confisqués. Mais sa grand-mère qui avait caché ses bijoux pendant la Révolution, fut dénoncée et incarcérée au couvent des Anglaises, rue des Fossés-Saint Victor à Paris.  En août 1794, Mme DUPIN libérée, après 6 mois de détention. La mère de notre auteure, Antoinette-Sophie-Victoire DELABORDE (1773-1837), une pauvre enfant du vieux pavé de Paris, était la fille d’un oiseleur qui vendait des serins et des chardonnerets. «On n’est pas seulement l’enfant de son père, on est aussi, un peu, je crois, l’enfant de sa mère. Il me semble même qu’on l’est davantage, et que nous tenons aux entrailles qui nous ont portés, de la façon la plus immédiate, la plus puissante, la plus sacrée. Je tiens au peuple par le sang, d’une manière aussi intime que directe. Il n’y a point de bâtardise de ce côté-là» écrit SAND. Son frère, Maurice a sombré dans l’alcool et les dettes, avec des envies suicidaires. Aurore sera partagée, après la mort de son père survenue en 1808, entre une mère à la dévotion non-conformiste et une grand-mère voltairienne, qui toutefois lui fera faire sa première communion. «Sa courte vie fut un roman de guerre et d’amour terminé à trente ans par une catastrophe imprévue. (..) Ce père que j’ai à peine connu, et qui est resté dans ma mémoire comme une brillante apparition, ce jeune homme artiste et guerrier, est resté tout entier vivant dans les élans de mon âme, dans les fatalités de mon organisation, dans les traits de mon visage.» écrit George SAND à propos de son père. Confiée d’abord aux bons soins d’un précepteur, l’abbé DESCHARTRES, le 18 janvier 1818, Aurore entre comme pensionnaire au couvent des Augustines anglaises, à Paris. Elle quitte l’institution le 12 avril 1820, non sans avoir connu l’été précédent une invasion étrange du sentiment religieux.

Avec le décès de sa grand-mère, le 26 décembre 1821, se pose de nouveau le problème de la tutelle de la jeune fille, partagée entre sa mère et une tierce personne choisie par Mme DUPIN. Afin de s’éloigner de ces intrigues, Aurore séjourne au printemps 1822 chez des amis de son père, près de Melun, et fait alors la rencontre de François-Casimir DUDEVANT, un sous-lieutenant d’infanterie de 27 ans, licencié en droit, et bon parti, qu’elle épouse le 17 septembre 1822, à Paris, à l’âge de 18 ans. De cette union, naitront deux enfants : Maurice, le 30 juin 1823 et le 13 septembre 1828, Solange. Le mariage semble avoir été heureux pendant quelques années, puis les époux se séparent, en raison d’aspirations et de conceptions de la vie profondément divergentes. En janvier 1831, Madame DUDEVANT s’installe à Paris avec Jules SANDEAU (1811-1883), son amant de 19 ans, aux côtés duquel elle se lance dans une carrière littéraire. Aurore obtient l’accord de son mari de partager désormais son temps entre Nohant. Les deux premiers romains de George SAND (Le Commissionnaire – Rose et Blanche) sont signés par Jules SANDEAU. Cet ouvrage «fut ébauché par moi, refait en entier par Jules SANDEAU». Aurore DUPIN entame sa carrière littéraire sous le pseudonyme de George SAND. Pour le premier roman, «Rose et Blanche», l’éditeur donna à Jules SANDEAU, le nom de «SAND». «Le nom est tout pour la vente, et le petit pseudonyme (Jules SAND) s’était bien écoulé, on tenait essentiellement à le conserver. Henri Delatouche (1785-1851), consulté, trancha la question par un compromis : SAND resterait intact et je prendrai un autre prénom qui ne servirait qu’à moi. Je pris vite sans chercher celui de George qui me paraissait synonyme de Berrichon. Jules et George, inconnus au public, passeraient pour frères ou cousins» écrit George SAND. En effet, Henri de LATOUCHE, découvreur de talents, mentor de BALZAC, a trouvé un emploi au Figaro à SAND : «On me blâme, à ce qu’il paraît, d’écrire dans le Figaro. Je m’en moque […]. Il faut bien vivre et je suis assez fière de gagner mon pain moi-même» écrit-elle et explique ainsi son ambition littéraire naissante : «Etre artiste ! Oui, je l’aurais voulu, non seulement pour sortir de la geôle matérielle, où la propriété, grande ou petite, nous enferme dans un cercle d’odieuses petites préoccupations ; pour m’isoler du contrôle de l’opinion en ce qu’elle a d’étroit, de bête, d’égoïste, de lâche, de provincial, pour vivre en dehors des préjugés du monde, en ce qu’ils ont de faux, de suranné, d’orgueilleux, de cruel, dans des mansardes hideuses».

Issu d’un sang royal et populaire, George SAND ne croit pas à la fatalité ; on n’est pas prisonnier de son destin. Admiratrice de Jean-Jacques ROUSSEAU, elle pense que nous sommes tous nés bons, éducables et perfectibles. Il n’y a aucune perversité générale qui s’empare de l’homme au berceau pour le corrompre et inoculer en lui l’amour du mal. «Chaque famille a sa noblesse, sa gloire, ses titres : le travail, le courage, la vertu ou l’intelligence» écrit notre auteure. Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778) était secrétaire de Mme Louise DUPIN (1706-1799), mère de Louis-Claude DUPIN de FRANCUEIL, et habitait au château de Chenonceau ; il travaillait sur un ouvrage sur le mérite des femmes qui n’a jamais été publié. Mme Louise DUPIN pense que tous les hommes ont un droit égal au bonheur, «au plaisir. Son véritable sens est un bonheur matériel, une jouissance de la vie, bien-être, répartition des biens». L’égalité de l’homme et la femme est dans l’ordre de la nature. Dans sa recherche de vérité religieuse et sociale, George SAND a eu pour mentor Hugues Félicité Robert de LAMMENAIS (1782-1854), un religieux qui a renoncé à la graphique nobiliaire de son nom. C’est Frantz LISZT qui l'avait présenté à George SAND en mai 1835. Il admirait et aimait ce prêtre courageux qui venait de rompre avec Rome, le prêche d’un humanisme chrétien, répondant ainsi à sa quête de fusion entre vérité sociale et religieuse. Malgré son caractère rugueux et irascible, George SAND lui conserva toujours son admiration, voire une certaine vénération : «M. Lammenais, petit, maigre et souffreteux, n’avait qu’un faible souffle de vie dans la poitrine. Mais quel rayon dans sa tête ! (…) Sa parole était belle, sa déduction était vive, et ses images rayonnantes. (…). Par le génie et la vertu qui rayonnaient en lui, il était mon ciel sur ma tête.» dit-elle dans «Histoire de ma vie». George SAND cherchait à parfaire ses idées politiques avec Pierre LEROUX (1797-1871), issu du saint-simonisme : «La langue philosophique avait trop d’arcanes pour moi et je ne saisissais pas l’étendue des questions que les mots peuvent embrasser. (..). Grâce à ce noble esprit, je pus saisir enfin quelques certitudes» dit SAND qui considérait LAMMENAIS et LEROUX comme étant «les deux plus grands intellectuels» du XIXème siècle. «Il [Pierre Leroux] a la figure belle et douce, l'œil pénétrant et pur, le sourire affectueux, la voix sympathique [...]. Il était alors le plus grand critique possible dans la philosophie de l'histoire et, s'il ne vous faisait pas nettement entrevoir le but de sa philosophie personnelle, du moins il faisait apparaître le passé dans une si vive lumière, et il en promenait une si belle sur les chemins de l'avenir, qu'on se sentait arracher le bandeau des yeux comme avec la main» dira George SAND.

George SAND engage, à 47 ans, la rédaction de «L’histoire de ma vie» qu’elle compose entre 1847 et 1855. «Cette maturité m’est si agréable que j’ai l’impression, à mesure que je m’approche de la mort, de voir la terre et d’être bientôt sur le point d’arriver au port après un long voyage» écrit Cicéron. A un âge avancé la curiosité, le désir d’apprendre ne l’ont pas quittée : «Votre époque m’interpelle avec force et je compte bien profiter de vous pour assouvir ma soif de connaissance et d’idées nouvelles. J’ai encore tant à apprendre et à découvrir, c’est la curiosité qui me garde vivante» écrit George SAND. Avec une rare lucidité, SAND analyse le «devenir soi» d'un caractère, rappelle sa petite enfance à Nohant, les conflits familiaux la déchirant, les tensions qui habitent une famille brisée par la mort du père, la grande mélancolie qui s'ensuit jusqu'à sa tentative de suicide à 17 ans. Si elle évoque admirablement le passé, SAND sait aussi dire le présent et l'avenir : elle expose ses vues sur le devenir de la société, le rôle de la religion, la condition des femmes. SAND évoque, avec profondeur, l’atmosphère de l’Empire, la naissance et le développement du «mal du siècle». SAND explique le titre de cette monumentale histoire littéraire de France : «Je ne l’ai pas intitulé mes mémoires, et c’est à dessein que je me suis servi de ces expressions : Histoire de ma vie, pour bien dire que je n’entendais pas sans restriction celle des autres». SAND ne veut pas donner une autobiographie à la manière des Confessions de ROUSSEAU : Il n’y a pas lieu «à se chercher des torts puérils et à raconter des fautes inévitables» dit-elle. Ces fautes ne sont que des «bêtises» et, selon elle, «il y a toujours vanité, vanité puérile et malheureuse, à entreprendre sa propre justification». En effet, George SAND tait certaines misères, certaines fautes, mais non sans nous apprendre beaucoup sur son enfance ballottée et son existence si caractéristique. «Je ne pense point qu’il y ait de l’orgueil et de l’impertinence à écrire l’histoire de sa propre vie. (…) Je ne connais rien de plus mal aisé que de se définir et de se résumer en personne» dit George SAND. C’est un amour du devoir que de faire profiter les autres de sa propre expérience : «Charité envers les autres, dignité envers soi-même» écrit-elle. C’est «une étude sincère de ma propre nature et un examen attentif de ma propre existence» dit SAND. Pour Samuel ROCHEBLAVE «l’histoire de ma vie» de SAND est plutôt «l’histoire de ses admirations dans le passé, une consécration de pages poétiques et les plus attendrissantes». Constantin LECIGNE n’est pas tendre avec SAND qui, dans ses mémoires «s’y dévoile tout entière, sans pruderie, trop souvent sans pudeur». LECIGNE est encore plus féroce : George SAND «fut victime de l’éducation qu’elle reçut, victime du milieu où elle vécut, la victime de la nature fougueuse qu’elle ne sut pas gouverner. Elle souffrit de son impiété, elle pleura sur ses fautes. Elle fit beaucoup de mal, en se figurant qu’elle faisait quelque bien». Cependant, notre démarche n’est ni de juger, de condamner ou d’absoudre l’auteure. La seule ambition c’est de faire entendre la voix de George SAND de façon claire et intelligible, dans ce XIXème siècle teinté de romantisme et agité par de fortes luttes politiques. De ce point de vue, force est de reconnaître que la puissance et l’originalité de la création littéraire de George SAND résident dans la mise en scène de sa vie, de ses sentiments et de ses prises de politiques ou sociales. Sur ce registre, George SAND, témoin de l’Histoire, est un génie littéraire incontestable. Amie d’Eugène LACROIX, notre auteure considère qu’il «n’y a qu’une vérité dans l’art, le beau ; qu’une vérité dans la morale, le bien, qu’une vérité dans la politique, le juste».

Ecrivain le plus fécond du XIXème siècle, George SAND a produit plus de 70 romans, une cinquantaine de contes, une trentaine de pièces théâtres, et de nombreux articles. George SAND nous a légué une importante contribution épistolaire, soit plus de 1200 lettres. Sa devise est «tout étudier est le devoir». Sa contribution littéraire est particulièrement riche : romans psychologiques, à thème sentimental, idéaliste, champêtre ou social, philosophique ou ayant une valeur historique. Elle s’est intéressée à l’entomologie, à la musique et surtout l’amour dans ses différentes facettes. Les préfaces et notes de ses ouvrages sont souvent d’un grand intérêt pour l’histoire de ses œuvres et de ses idées. Deux points émergent dans ses écrits :

- une littérature champêtre ;

- une littérature féministe.

 

I – George Sand et son engagement dans le romantisme

Georges SAND, depuis son enfance, s’est sentie attirée vers le paysan bon et hospitalier, rusé et chicaneur, de mœurs douces, de tempérament calme, d’esprit réfléchi et d’aspect plein de dignité et de fierté. La nature est belle et la fête champêtre réunit tous : «Tout cela mange sur l’herbe. Tout cela vient pour se montrer en calèche ou sur un âne, en cornette ou en chapeau de paille d’Italie, en sabot de bois de peuplier ou en soulier de satin turc, en robe de soie ou en robe de droguet» écrit George SAND.  En effet, l’auteure découvre dans la vie des champs une poésie simple et naïve «Le paysan est le seul historien qui nous reste des temps anté-historiques. Honneur et profit intellectuel à qui se consacrerait à la recherche de ces traditions merveilleuses de chaque hameau qui, rassemblées ou groupées, comparées entre elles et minutieusement groupées disséquer, jeter peut-être de grandes lueurs sur la nuit profondes des âges profondes» écrit George SAND. L’auteure a valorisé cette littérature orale qui est «un mélange de terreur, d’ironie, une bizarrerie d’invention extraordinaire jointe à un symbolisme naïf qui atteste du vrai moral au sein de la fantaisie délirante».

A – George Sand et ses romans champêtres :

 

Dans sa contribution littéraire, SAND a pour ambition de parler clairement pour le parisien et naïvement pour le paysan. Il s’agit de «donner l’illusion de la naïveté paysanne en lui conservant son intelligibilité pour le bourgeois citoyen» écrit Maurice TOESCA dans la préface de François le Champi. «Les pensées et les émotions d’un paysan ne peuvent être traduites dans notre style sans s’y dénaturer entièrement, et sans y prendre un air d’affectation choquant» écrit George SAND. Ainsi, dans «Valentine» en 1832 et «Mauprat» en 1837, on retrouve des figures paysannes et dans «Jeanne» en 1844, George SAND donne la parole aux paysans. Mais c’est surtout dans «Maîtres Sonneurs», «François le Champi», «La Mare au diable» et «La Petite Fadette», que George SAND donne ses lettres de noblesse à la littérature champêtre.

La «Mare au Diable» est la touchante histoire du second mariage de Germain, un métayer de 28 ans. Resté veuf de bonne heure avec trois enfants, il ne songeait pas à se remarier, mais c'est son beau-père lui-même, le père Maurice, qui l'en presse : il veut une seconde femme pour s'occuper de ses petiots. A quelques lieues demeure une veuve qui serait un bon parti. Germain part lui rendre visite accompagné par Marie, une jeune fille de 16 ans du pays dont lui a confié la garde. Elle doit se placer dans une ferme proche du lieu où vit la veuve. Un des fils de Germain est aussi du voyage, en passager clandestin. Un orage les presse de quitter leur route pour se réfugier dans une forêt. Ils campent toute la nuit près d’une mare enchantée, «la Mare au diable». Si quelqu’un avait le malheur de s’arrêter à cette mare la nuit, il ne pourrait pas en sortir avant le jour.  C'est un lieu enchanté qui les rapproche irrésistiblement les uns des autres. Il ne faudrait pas s’approcher de cette mare sans jeter trois pierres dedans, en faisant le signe de la croix de la main droite : cela éloigne les mauvais esprits. Marie confie qu'elle préfère les hommes plus âgés qu'elle. Au matin, on reprend la route, la magie de la nuit s'étant dissipée. Ayant atteint le but de leur voyage, Germain et Marie doivent tous les deux faire face à de cruelles déconvenues. Germain n'est pas le seul prétendant auprès de la veuve qui joue les coquettes. Il est celui qu'elle préfère, mais il ne veut pas participer à une compétition qu'il juge humiliante. Il part chercher son fils qu'il a confié à Marie. Mais la jeune fille et l'enfant ont fui la ferme où le propriétaire a tenté d'abuser de Marie. Germain les retrouve dans les bois. Chacun rentre chez soi. Il faudra bien du temps à Germain pour s'avouer qu'il est amoureux de Marie et la demander en mariage. George SAND décrit les fiançailles et le mariage, avec  les coutumes du pays.

La «Petite Fadette», publié pour la première fois en 1849,  est une histoire qui se concentre sur une famille de paysans du nom de Barbeau. Tout commence à la naissance des deux bessons ou jumeaux : Sylvain et Landry. Lorsque ces derniers atteignent l'adolescence, l'un est obligé de quitter le foyer pour gagner de l'argent et subvenir aux besoins de la famille. Landry se plait dans sa nouvelle vie de travailleur à la ferme du père Caillaud mais Sylvain sombre dans la dépression. En voulant venir en aide à son frère, Landry fait alors la connaissance d'une jeune fille peu ordinaire, surnommée la petite Fadette. En effet, Fanchon Fadet, surnommée «La Petite Fadette», elle avait la taille d'un farfadet et les pouvoirs d'une fée, et guérissait les hommes et les animaux. La Petite Fadette, abandonnée très jeune par sa mère, orpheline de père, est confiée avec son petit frère à sa grand-mère, vieille femme aigrie, violente, maltraitante. La petite Fadette ne mange pas à sa faim, ne porte que des guenilles et vit dans une petite maison en bordure de forêt. Au-delà de sa pauvreté, matérielle et affective, la pauvre enfant souffre encore du regard des autres : elle est décrite comme très laide, et perçue comme une sorcière, petite-fille d'une guérisseuse, on lui étiquette une qualité malicieuse et démoniaque. C’est une réflexion sur la différence et l’originalité. La «Petite Fadette» se décide finalement : Landry devra danser avec elle, et rien qu'avec elle, lors d'une grande fête au village. S'humiliant devant tous, avec ce grelet tout laid et malpropre, il tient pourtant sa promesse, Landry est un garçon de parole.  Et puis, au fil du temps, des discussions, Landry découvre une autre Fadette, pleine de raisonnement et d'intelligence, grande observatrice de la nature et de ses bienfaits. Loin d'une sorcière, elle au contraire très pieuse et chrétienne, clairvoyante quant à sa laideur et aux appréhensions des autres. Elle connaît ses torts mais la petite méchanceté dont elle a pu faire preuve ne découle que des violences que les autres lui ont infligées. Et ainsi naissent des sentiments amoureux très forts. George SAND nous gratifie de cette morale : ne pas se fier aux apparences, ne pas jeter la pierre au plus démuni, gratter la surface dure et découvrir la tendresse qui se cache. «La Petite fadette» est une figure de la lutte féministe, hors du commun, à l'opposé des autres filles du village, elle s'habille en garçon et dont la coquetterie fait défaut. C’est une fille révoltée, pertinente, pétillante, à l’image de George SAND.

 «François le Champi», roman champêtre de 1850 comportant une part autobiographique, est aussi une œuvre qui marque l’engagement politique et social de l’auteure. Un champi est un petit enfant bâtard, un enfant trouvé ou abandonné dans les champs par ses parents. En grandissant, suivant la croyance populaire, les champis, dont l’esprit serait tourné à la malice, deviennent des paresseux et des voleurs. «C’est le diable qui met ces enfants-là dans le monde, et il est toujours après eux» fait dire George SAND à des personnages du roman. Pour George SAND, cette légende ne serait pas exacte, si les champis sont aimés. Ainsi, dans son roman, «François le Champi», une pauvre dame, Isabelle Bigot alias Zabelle, puis Madeleine Blanchet, une jeune femme mal mariée, recueilleront un bel enfant et l’aimeront tant qu’il leur rendra au centuple. Dans ce roman, il  n’est question que d’amour, amour maternel et amour filial, amour frivole ou passionné. Ce roman est inspiré du souci social hérité de Jules BARBES et de Pierre LEROUX. «J’aime mieux souffrir le mal que de le rendre» dit Madeleine. François CHAMPI viendra en aide à Madeleine quand elle sera dans la difficulté ; il finira par l’épouser. «Il n’est rien de si laid que la méconnaissance, rien de si beau que la recordation des services rendus» dit Jean Vertaud, un personnage du roman.

Dans les «Maîtres sonneurs» paru en 1853, on croise dans cette quête musicale et humaine au sein d’une société paysanne les figures habituelles de l’idiot du village, de l’enfant illégitime, et les histoires d’amour y trouvent une conclusion heureuse, tout au moins pour les personnages à la vertu tranquille et à l’âme simple. «Les Maîtres Sonneurs» est celui des romans champêtres qui évoque avec le plus d'ampleur les trésors des sociétés rurales, leurs croyances occultes, leurs rites d'initiation, leurs traditions secrètes. Deux pays, deux cultures : le Berry et le Bourbonnais, le chêne et l'épi, la plaine et la forêt. Roman de l'une de ces corporations itinérantes, celle des joueurs de cornemuse, jadis constituées en associations quasi maçonniques, «Les Maîtres Sonneurs» disent aussi l'histoire d'un pauvre enfant du plat pays, Joset «l'ébervigé», l'Idiot dont la musique des sonneurs de la forêt fera un Élu, l'incarnation même du génie populaire. Joset, le héros du roman, est un enfant simplet et faible aux yeux des villageois de Nohant ; son caractère contraste étrangement avec celui de la belle Brulette et du turbulent Tiennet, ses amis. Solitaire, comme Frédéric CHOPIN, il se découvre une vive passion pour la musique et ne peut se satisfaire du seul mode majeur de la plaine. Pour devenir un musicien complet, il lui faudra découvrir le mode mineur dont les sonneurs de musette usent naturellement dans les  lieux sauvages et isolés du Haut-Bourbonnais. Sur les conseils de son ami Huriel, sonneur et muletier «du pays dont-il a pris le nom», il entreprend un voyage de douze lieues pour perfectionner son art. En définitive, George SAND, en conteuse, reste fidèle à la mémoire des paysans, du peuple.

B – George Sand, engagement politique et social dans sa littérature agreste

George SAND se défend, dans sa littérature champêtre, d’avoir créé un genre nouveau : «Je n’ai voulu ni faire une nouvelle langue, ni me chercher une nouvelle manière» écrit-elle dans la «Mare au diable». Pourtant, il a été décelé un engagement politique et social dans lequel elle exalte ses idées socialistes, égalitaires et religieuses, et met en valeur les pauvres gens ignorés de la campagne. L’enfer n’existe pas, le démon est un mythe, seule la nature doit être glorifiée : «La nature est une œuvre d’art, mais Dieu est le seul artiste qui existe, et l’homme n’est qu’un arrangeur de mauvais goût. La nature est belle, le sentiment s’exhale de toutes ses pores ; l’amour, la jeunesse, la beauté y sont impérissables» écrit SAND «François le Champi». En effet, George SAND a aimé, d’un amour sincère et passionné, la terre et les paysans qui l’arrosent de leur sueur pour la rendre féconde. «Les créations de l’art parlent à l’esprit seul, et (…) le spectacle de la nature parle à toutes les facultés» écrit George SAND. Les romans champêtres de George SAND se passent dans les bois et les champs, dans les cours des fermes et les fêtes campagnardes. SAND, une romantique, chante la douceur de vivre de la campagne berrichonne. «Malgré tout ce que j’invente ici pour chasser le spleen que cette belle capitale me donne toujours, je ne cesse d’avoir le cœur enflé d’un gros soupir quand je pense aux terres labourées, aux noyers autour des guérets, aux bœufs briolés par la voix des laboureurs, mais toujours si douces, si complètes. Il n’y a pas dire, quand on est campagnard, on ne se fait jamais aux bruits de la ville» écrit George SAND. Ethnologue et comprenant le patois du terroir, elle a inventé le concept de «culture orale» ; lors des veillées d'hiver elle a écouté le chanvreur ; ses récits fantastiques l'ont passionnée, parfois effrayée. George SAND sait évoquer, dans ses romans, les habitudes ancestrales des paysans qui risquent de disparaître avec le progrès technologique. «Tu (Maurice Sand) as recueilli diverses traditions, chansons et légendes, que tu as bien fait, selon moi, d’illustrer ; car ces choses se perdent à mesure que le paysan s’éclaire, et il est bon de sauver de l’oubli qui marche vite quelques versions de ce grand poème du merveilleux, dont l’humanité s’est nourrie depuis longtemps et dont les gens de campagne sont aujourd’hui, à leur insu, les derniers bardes» écrit George SAND dans «Les légendes rustiques». Romantique dans l'âme, SAND, persuadée que l'action du peuple peut régénérer la société, prône donc un retour aux éléments de la culture populaire, au genre rustique et champêtre.

On a reproché à George SAND d’avoir idéalisé la nature et le paysan dans ses romans champêtres, et occulté certaines réalités trop crues, le laid et le spectacle répugnant de la vie champêtre. George SAND sait que l’homme a des vices et que le paysan n’est pas exempt de défaut, mais elle préfère considérer longuement ses qualités, afin de le rendre sympathique. En effet, elle a donné libre cours à se facultés poétiques, son imagination et sa sensibilité, ainsi que le rayonnement de pureté. Ces romans sont des actes de foi, d’espérance en un avenir meilleur pour les pauvres et les malheureux. «Nous croyons que  la mission de l’art est une mission de sentiment et d’amour. (…). L’art n’est pas une étude de la réalité positive, c’est une recherche de vérité idéale» écrit George SAND dans «la Mare au diable». C’est le sens de l’engagement littéraire de George SAND qui caresse, comme Jean-Jacques ROUSSEAU, le rêve d’une vie sociale mieux organisée. L’originalité de sa contribution littéraire champêtre est d’essayer de trouver la pureté, dans l’âme humaine. Le milieu champêtre est présenté comme une société idéale ayant échappé à la perversion des valeurs. C’est un retour à la théorie du bonheur primitif de l’homme, le paysan incarnant, dans sa simplicité, cet idéal humain. «La mission de l’artiste est de célébrer la douceur, la confiance, l’amitié, et de rappeler aux hommes endurcis ou découragés que les mœurs pures, les sentiments tendres et l’équité primitive sont ou peuvent être encore de ce monde» écrit George SAND.

II – George Sand et les combats politiques et sociaux de son temps

A – George Sand et le féminisme militant

1 – George Sand et le droit au plaisir des femmes

L’actualité politique, à l'aube du XXIème, siècle bruisse de prédateurs sexuels, de violences à l'égard des femmes, souvent le fait de gens puissants qui continuent d'écraser la Femme : «Je suis automatiquement attiré par les belles femmes. Je les embrasse immédiatement, c’est comme un aimant. Quand t’es une star, elles te laissent faire ce que tu veux. Leur saisir la chatte… tu peux faire ce que tu veux.», disait en 2015, Donald TRUMP, un milliard obscène, devenu président des Etats-Unis.

Au XIXème siècle, et à l’image de son arrière-grand-mère, George SAND prend la défense résolue des femmes, prône la passion, le droit à la jouissance, le désir des plaisirs charnels, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d’une société conservatrice. «On savait vivre et mourir dans ces temps-là. On trouvait qu’il valait mieux mourir au bal ou à la comédie que dans le lit, entre quatre cierges et de vilains hommes noirs» disait sa grand-mère, Aurore de Saxe. George SAND fait aussi scandale par sa vie amoureuse agitée et ses effets vestimentaires. Elle n’était pas sensuelle, mais son impétuosité naturelle, des passions débordantes d’un ordre élevé, l’ont entraîné dans une série d’aventures romanesques. «L’amour n’est pas le calcul de pure volonté. Les mariages de raison sont une erreur où l’on tombe, ou un mensonge que l’on se fait à soi-même. (…). Dieu a mis le plaisir et la volupté dans les embrasements de toutes les créatures» dit-elle. Ses biographes prétendent que son mariage serait la plus grave erreur de sa vie, son mari serait «infidèle, brutal, avare, ivrogne, repoussant» écrit Marie-Louise VINCENT. Wladimir KARENINE parle d’un mari : «grossier et brutal». Pour le journal Le Figaro, «nous avons de nombreux regrets à donner à toutes ces aberrations d’un talent qui aurait pu intéresser le public à travers ses œuvres, si la femme s’était contentée d’être femme». Aussi, en raison de ces polémiques et scandales, George SAND a déployé une formidable énergie pour se justifier : «Le père de mon mari était colonel de cavalerie sous l’empire. Il n’était ni rude, ni grognon, c’était le meilleur et le plus doux des hommes. (…) . On accuse mon mari de torts dont j’ai absolument cessé de me plaindre. (…). Je n’ai pu vivre avec lui, nos caractères et nos idées différaient essentiellement. ». George SAND reconnaît aux femmes l’aptitude «à toutes les sciences, à tous les arts, et même à toutes les fonctions comme les hommes». Elle exige qu’on «rende à la femme les droits civils que le mariage seul lui enlève, et que seul le célibat lui conserve».

L’indépendance affichée par George SAND, notamment dans sa vie amoureuse, a contribué à propager le cliché d’une femme émancipée, souvent confondu avec celui d’une militante féministe. Il est vrai que la romancière a conquis sa liberté de haute lutte et s’est affranchie du mariage à la suite d’un procès célèbre contre son mari. Séparée de Casimir DUDEVANT, elle est rentrée en possession de son bien et a obtenu la garde de ses enfants. Toute sa vie, elle a travaillé énergiquement pour assurer son autonomie et entretenir sa famille. George SAND est définie, par ses adversaires, comme «une femme vieillie, épuisée par toutes les débauches de l’esprit et corps» suivant BREUILLARD dans un discours du 7 août 1858. Défendue par ses amis, George SAND est qualifiée de «grand homme» par Gustave FLAUBERT. C’est «La femme la plus féminine que j’aie connue» renchérit Alfred de MUSSET. Appelée, affectueusement, par Hugues LACROIX et Firmin ROZ, la «Bonne dame de Nohant», pour Paul LACROIX, l’œuvre de George SAND, pourrait s’intituler : «L’histoire des femmes au XIXème siècle ou l’Histoire de l’Amour». En effet, «l'amour, c'est une chose qui embrouille la cervelle et fait clocher la raison» écrit George SAND.

George SAND a eu toutes les audaces, publiques et privées, et elle est fortement attirée par Paris et Venise, synonymes, pour elle, de liberté et d'émancipation. «La solitude est bonne, et les hommes ne valent pas un regret» Cependant, elle a eu de nombreux amants : «J’ai eu des amours à tous les crins, qui reniflaient dans mon cœur comme des cavales dans les prés. J’en ai d’enroulés sur eux-mêmes, de glacés et de longs comme les serpents qui digèrent. J’ai plus de concupiscence que j’en ai de cheveux perdus» écrit-elle. «George avait l'âme grande, généreuse et hospitalière ; c'est-à-dire presque incapable du sentiment que le commun des hommes appelle l'amour» écrit Charles MAURRAS dans les «Amants de Venise», pour qui tout n’est que «fausseté de passion». Ce culte voué à la liberté sexuelle, «ce n’est pas seulement le bonheur, c’est le droit supérieur à la personne humaine, c’est une sorte de devoir, même un culte divin ; si bien que tout devient permis, et légitime et un droit sacré à la passion pourvu qu’elle soit sincère» rétorque George SAND.

Ses amours passionnels ont été notamment Alfred de MUSSET et Frédéric CHOPIN. En effet, Alfred de MUSSET et George SAND deviennent amants en juillet 1833. Les amoureux partent en Italie, s’arrêtent à Venise ; George SAND souffre de fièvres violentes, et au lieu de rester à son chevet, MUSSET va s’encanailler toutes les nuits dans les bals et les bordels ; rétablie et furieuse de ses incartades, SAND le congédie ; puis il tombe malade à son tour, et SAND, oubliant son amertume, prend soin de lui. Elle appelle un jeune médecin à la rescousse, Pietro PAGELLO, et un triangle amoureux infernal s’instaure. Leur liaison devient destructrice, faite de disputes violentes, de reproches, de cruautés, et, incapable de supporter un tel quotidien, Musset quitte Sand un mois plus tard. «Je me dis seulement : À cette heure, en ce lieu, Un jour, je fus aimé, j’aimais, elle était belle. J’enfouis ce trésor dans mon âme immortelle. Et je l’emporte à Dieu !» écrit Alfred de MUSSET dans «Souvenir». Alfred de MUSSET, en réaction à cette relation sulfureuse, écrira «On ne badine pas avec l’amour».

La liaison avec Frédéric CHOPIN de 1838 à 1847, a suscité d’acerbes polémiques et critiques. Ils se rencontrent la première fois chez Frantz LISZT. C’est une relation passionnée qui va sombrer dans la destruction. C’est une folle aventure, romantique, électrique, le triomphe de la passion jusqu’à son triste déclin, le couple se découvre, s’aime et se déchire. Mais avant ces orages, cette période est féconde et mutuellement avantageuse pour les deux amoureux. Le compositeur, d’un tempérament assez tyrannique qui ne fait pas bon ménage avec le féminisme de SAND, s’aliène les deux enfants de l’écrivaine, Maurice et Solange. La rupture, qui clôt dix ans de relation, est violente. Particulièrement féroce, George SAND dira avoir été de CHOPIN «le garde-malade pendant 9 ans».

2 – Une littérature féministe visionnaire,

pour l’égalité, une protestation contre la tyrannie

George SAND, en avance sur son temps, résolument antiraciste, a fait l’éloge vibrant du droit à la différence. Elle a osé, une des premières, vivre sa vie, de manière toute virile. Georges LUBIN n’hésite à dire que les attaques, dont elle a fait l’objet, sont une attitude digne de la période victorienne : «Et j’ose dire raciste à l’égard du sexe féminin. C’est toujours le même principe : à l’homme tout est permis, à la femme rien». En effet, sa littérature agreste porte déjà un regard affectueux et compassionnel sur les paysans, les enfants misérables et abandonnés. SAND a pris une position de principe, dans une lettre de mai 1837 : «J’en fais le serment, et voici la première lueur de courage et d’ambition de ma vie ! Je relèverai la femme de son abjection, et dans ma personne et dans mes écrits». Elle réclame, dans une lettre du 20 juin 1863, que les femmes soient représentées à l’Académie française. En effet, durant trois siècles et demi, l’Académie française a obstinément fermé ses portes aux femmes. «George Sand eût fait scandale par la turbulence de sa vie ; la personne encore plus que l’écrivain devançait son temps» dira Marguerite YOURCENAR, première femme élue à l’Académie française en 1980 (voir mon post).

 

Casimir DUDEVANT, époux violent, ivrogne et infidèle, avait inspiré l’ignoble mari d’Indiana. Pour André MAUROIS «Indiana, c’est George SAND». «Indiana, n’était pas mon histoire dévoilée. (…) C’était une protestation contre la tyrannie en général» dit SAND dans «l’Histoire de ma vie». En fait, «Indiana» est un roman d’amour relatant l’histoire d’une jeune fille mal mariée. «J’ai écrit Indiana avec le sentiment non raisonné, mais profond et légitime, de l’injustice et de la barbarie des lois qui régissent encore l’existence de la femme dans le mariage, dans la famille et dans la société» écrit SAND dans la préface d’Indiana. C’est une dénonciation de la dévalorisation de la femme victimisée. Indiana, jeune et belle Créole de 19 ans, morne, naïve et ignorante, rencontre un jeune noble, le colonel Delamare, plus vieux qu’elle de 44 ans. C’est un mari autoritaire, brutal, tyrannique et partisan de l’Empire. Indiana, une femme se confondant avec le décor de son milieu familial, tiraillée entre le devoir conjugal et la passion pour Raymon, envisage d’abord le suicide, puis se ravise et choisit un autre amant. George SAND défend la thèse suivant laquelle la vérité romanesque est supérieure et à la moralité, Indiana étant «une histoire de cœur humain, avec ses faiblesses, ses violences, ses droits, ses torts, ses biens, ses maux».  René DOUMIC considère «Indiana», «Valentine» et «Jacques» comme des «romans de vulgarisation de la théorie féministe». Leslie RABINE, qui appuie son étude sur «Indiana», «reproche à Sand de fonder son statut exceptionnel de femme écrivain sur l’infériorité des autres femmes». «Flamarande», un roman de George SAND, prouve le contraire de ce qu’affirme le Comte à propos des femmes : «Ce sont des êtres inférieurs en tout ce qui est bon, supérieurs à nous quand il s’agit de faire le mal».George SAND, dans la préface d’Indiana, déclare : «Nous vivons dans un temps de ruine morale, où la raison humaine a besoin de stores pour atténuer le trop grand jour qui éblouit». Pour notre auteure, Indiana n’est ni un genre nouveau, ni roman philosophique, mais «c’est un type ; c’est la femme, l’être faible chargé de représenter les passions opprimées ou si vous l’aimez mieux réprimées par les lois ; c’est la volonté aux prises avec la nécessité, l’amour heurtant son front aveugle à tous les obstacles de la civilisation. Mais le serpent use et brise ses dents à vouloir ronger une lime, les forces de l’âme s’épuisent à vouloir lutter le positif de la vie». Mais le joug social est si pesant, la vertu si rude, la raison si triste, l’opinion si injuste. La société est gouvernée par la fausse morale.

Les passions amoureuses sont, en partie, une source de la fécondité intellectuelle de George SAND. Ainsi, dans «Lélia», roman du désir irréalisé, irréalisable, travesti, différé et sublimé, le poète Sténio aime passionnément Lélia d'Almovar. C'est une jeune femme qui préfère s'adonner aux joies et aux souffrances de la méditation plutôt qu'aux plaisirs charnels, car, très jeune, elle a vécu un amour malheureux. Lélia aime Sténio mais se refuse à lui. Lélia a un ami et confident nommé Trenmor, qui est un bagnard repenti. Sténio est d'abord jaloux de Trenmor. Il devient pourtant son ami lorsqu'il le retrouve au chevet de Lélia atteinte du choléra. Ils essaient de la sauver avec l'aide d'un moine, Magnus, qui, lui aussi, est très attiré par Lélia. La jeune femme survit. Le roman «Lélia» est un cri de détresse et de révolte. Tout n’est que de froideur, de désespoir sombre, de découragement, de cruelles déceptions. La jouissance ne parait nulle part. C’est l’impossibilité à éprouver du plaisir sexuel qui est la cause de sa détresse. Lélia, c’est la frigidité, aucun homme ne semble la satisfaire : est-ce sa faute ? ou celle des hommes ? Lélia illustre le contraste entre l’infini du rêve et le contraste de la réalité. Léila, corps de marbre alliant à la fois beauté et froideur en quête d’absolu en contraste avec le personnage de Pulchérie incarnant le sens de la vie au corps, les plaisirs et la volupté.

Dans «Le Secrétaire intime» George SAND écrit «Je me suis livrée à tous mes goûts, j’ai cherché toutes les distractions, toutes les amitiés qui me tentaient». Indépendante et fière, le personnage de Quintilia marche dans la vie, la tête haute, sûre d’elle-même, sans se soucier du qu’en dira-t-on. La princesse sortira pure et victorieuse de toutes les calomnies. Le roman «Jacques» est une soumission à la destinée cruelle, la force dans le sacrifice, l’immolation complète, l’acceptation de l’infériorité physique. Dans «Valentine» George SAND dénonce le silence qui règne sous les toits, les affres de la vie conjugale. Dans  «Antonia», paru en  1863, une femme de lettres, extrêmement cultivée, mais aussi véritable précurseur de son temps, milite pour la défense des femmes et de leurs droits, et lutte contre la société conservatrice de l'époque. C’est une littérature engagée, de protestation contre l’esclavage des femmes et le mariage qui en fait de perpétuelles mineures.

B – George Sand et les combats politiques et sociaux de son époque

George SAND a été témoin de faits politiques et sociaux majeurs du XIXème siècle : «Mon siècle a fait jaillir les étincelles de la vérité qu’il couve ; et je les ai vues, et je sais où sont les principaux foyers» écrit SAND. Elle est née seulement 5 ans après la Révolution  qui est, selon elle, «une des phases actives de la vie évangélique. Vie tumultueuse, sanglante, terrible à certaines heures, pleine de convulsions, de délires et de sanglots. C’est la lutte violente du principe d’égalité prêché par Jésus» écrit-elle dans l’histoire de ma vie. «Depuis trente ans on nous pose ainsi la question : Eussiez-vous été royaliste, girondin ou jacobin ? A coup sûr, répondrais-je, jacobin» confesse SAND. «Apparue en un temps fécond, elle se pencha sur son siècle, sur la vie, pour y puiser l’inspiration ; elle regarda le mouvement des hommes qui s’agitent, elle pénétra les pensées de leur tête, elle écouta les palpitations de leur cœur ; elle prit les idées et les passions, les doutes et les croyances, les plaintes et les espoirs, tout le rêve d’une époque troublée, elle embellit ce songe des âmes en ajoutant ses richesses propres» écrit Michel REVON.

Châtelaine, mais de gauche, George SAND aura défendu la République et la liberté à travers sa contribution littéraire. La notion de parti lui déplait ; elle se réclame d’un seul parti : le peuple. Elle a exposé sa sensibilité socialiste, notamment dans son ouvrage «Souvenir de 1848» et dans l’Histoire de ma vie.  «C'est à la lumière de l'idée républicaine d'égalité qu'elle écrit et qu'elle pense. Tant sur le plan privé que public, elle s'est efforcée d'imaginer des transformations du lien social incluant la réciprocité» écrit Nicole MOZET.

1 – George SAND, ses convictions socialistes et les révolutions de 1830 et  1848

Jusqu’en 1830, George SAND ne s’était guère préoccupée de la politique et affectait d’être dépassée par les débats d’idées. 1830 est, pour elle, une année charnière : la Révolution de Juillet l’émeut et l’intéresse. Les journées révolutionnaires du 27 au 29 juillet 1830, à Paris, renversèrent Charles X et mirent fin à la Restauration. Charles X est remplacé par le Duc d’Orléans, qui prend le nom de Louis Philippe 1er. Une liaison passionnée avec l’avocat et député, Michel de BOURGES (197-1853), précipite l’évolution des idées de George SAND. En effet, Michel de BOURGES est un ardent républicain, défenseur des accusés du «procès monstre» d’avril 1835 lorsque sont jugés devant la Cour des pairs les insurgés de Lyon et de Paris. «J’ai vu le peuple grand, sublime, naïf, généreux. (…) La République est conquise, elle est assurée, nous y périrons plutôt que de la lâcher» dit George SAND qui pose la question sociale et celle du partage des biens.

«Les chefs-d’œuvre de la littérature, indépendamment même des exemples qu’ils présentent, produisent une sorte d’ébranlement moral et physique, un tressaillement d’admiration qui nous dispose aux actions généreuses» écrit Mme de STAEL dans «De la littérature». Suivant George SAND, «La bourgeoisie avait fait fortune, elle n’aimait plus les révolutions ; son rôle de 1830 était terminé, elle n’avait plus de principes de gouvernement, elle n’avait plus de philosophie à elle, elle ne se tenait plus, à force de vouloir tenir à tout, elle ne tenait plus à rien». Dans «Compagnons du tour de France», une églogue humaine, George SAND veut initier une littérature populaire : «ce peuple qui forme la race forte où se trouvera la jeunesse intellectuelle dont elle a besoin pour prendre sa volée» dit-elle. George SAND a tracé «le portrait le plus agréable, le plus sérieux possible, pour que tous les ouvriers intelligents et bons eussent le désir de lui ressembler, le roman n’est pas forcément la peinture de ce qui est, la dure et froide réalité des hommes et des choses contemporaines». George SAND voulait cultiver l’amour, la passion de l’humanité et le sentiment de la nature pour aboutir à une doctrine égalitaire. Ce roman a suscité l’ire de la bourgeoisie, et de l’Eglise, en particulier, qui l’a accusée «d’aller étudier avec les mœurs de la populace le dimanche, à la barrière, d’où elle revenait ivre avec Pierre Leroux».

2 – George Sand, et l’Empire de  Bonaparte (1851)

La Révolution de février 1848, animée par des amis socialistes de George SAND substitue la IIème République à la Monarchie de Juillet de Louis Philippe 1er. Le 15 mai 1848 la République sociale est écrasée. Les conservateurs, Le Parti de l’Ordre, avec Adolphe THIERS, élisent Louis-Napoléon Bonaparte, Napoléon III (1808-1873) le 10 décembre 1848, et gagne les législatives du 13 mai 1849. Rendue amère par l’échec de la révolution de 1848, SAND déclare, dès le 16 avril 1848 : «Ici, tout va de travers, sans ensemble. Il y aurait pourtant de belles choses à faire en politique et en morale pour l’humanité». Après la répression de la population, George SAND laisse exploser sa colère : «La République a été tuée dans son principe et dans son avenir. (…) Elle a été souillée par ses cris de mort, la liberté et l’égalité ont été foulées au pied, avec la fraternité». L’ambition et l’égoïsme des dirigeants de gauche a fait échouer la Révolution de 1848. Elle ne revient sur la scène politique qu’après le coup d’État du 2 décembre 1851. «Ce coup d’Etat qui, dans les mains d’un homme vraiment logique, eut pu nous imprimer un mouvement de soumission ou de révolte dans le sens du progrès, ne nous a conduit qu’à un affaiblissement tumultueux à la surface, pourri en dessous. Le Français veut vivre vite. Il se préoccupe peu de l’avenir, il oublie le passé Ce qu’il lui faut, c’est l’intensité d’émotion de chaque jour » écrit en mars 1860, dans «Impression et souvenirs» dit George SAND. Après ce coup d’État perpétré par le président Louis-Napoléon Bonaparte pour se maintenir au pouvoir, George SAND écrit qu’elle donne sa «démission politique», et estime qu’il n’y a plus rien à tirer de l’Empire. Elle ne croit ni en la libéralisation du régime, ni en la politique sociale du souverain. «Les trois actes de la politique de Bonaparte, la paix, le  Concordat et le Consulat à vie, sont les trois aspects d’une même pensée, une volonté personnelle» écrit SAND dans «l’histoire de ma vie». Bonaparte ne fait que préparer «son envahissement absolu» et sa «dictature». George SAND croit en une religion de l’amour qui admet la loi du progrès dans l’humanité, dans la charité, la tolérance et la fraternité avec «un instinct du beau, du vrai et du bien».

Cependant, et en contradiction avec cette position initiale radicale, George SAND plaide pour la libération des prisonniers politiques et l’amnistie des exilés. «Après tout, lorsque les lois fondamentales d’une République sont violées, les coups d’État, ou pour mieux dire les coups de fortune ne sont pas plus illégitimes les uns que les autres […]. Nous n’étions vraiment plus en République, nous étions gouvernés par une oligarchie, et je ne tiens pas plus à l’oligarchie qu’à l’Empire. Je crois que j’aime encore mieux l’Empire» écrit le 29 décembre 1851, George SAND. Pourtant, dans son engagement républicain et socialiste,  sa devise est : «Je soupire après le juste, le vrai et la liberté». Ses amis socialistes estiment qu’elle s’est ralliée à l’Empire, et ses démarches auprès de Napoléon, pour implorer la libération des prisonniers, seraient une trahison. «Républicaine toujours, mais, convaincue que vous seriez le meilleur chef d’une république, ou la meilleure compensation à une République impuissante à renaître, je me moque pour mon compte de l’accusation de trahison que quelques-uns ne m’épargnent pas» écrit George SAND.

Conclusion :

Retirée à Nohant depuis 1870, avec de rares déplacements, George SAND meurt le 8 juin 1876. A ses obsèques, sont présents notamment : le prince Napoléon, parrain de sa petite fille Gabrielle, et Alexandre DUMAS. «Je pleure une morte et je salue une immortelle. Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée, aujourd’hui dans l’auguste sérénité de la mort, je la contemple. Je la félicite parce que ce qu’elle a fait est grand et je la remercie parce que ce qu’elle a fait est bon.» dira Victor HUGO le 10 juin 1876.

Bibliographie très sommaire :

1 – Contributions de George Sand

SAND (George), André, Paris, Calmann-Lévy, 1856, 282 pages ;

SAND (George), Claudie, drame en 3 actes, Paris, Michel Lévy, 1866, 90 pages ;

SAND (George), Compagnon du tour de France, Paris, Pérotin, 1841, 2 vol, 392 et 480 pages ;

SAND (George), Consuelo, Paris, Calmann-Lévy, 1882, 359 pages ;

SAND (George), Correspondances 1812-1876, Paris, Calmann-Lévy, 1884, 413 pages ;

SAND (George), Correspondances George Sand et Alfred de Musset,  Félix Decori, éditeur, Bruxelles, E. Deman, 1904, 187 pages ;

SAND (George), François Le Champi, Paris, Michel Lévy, 1869, 243 pages ;

SAND (George), Histoire de ma vie, Paris, La Pléiade, tome 1 (1800-1822), 1970, 1536 pages et tome 2, (1822-1832), 1971, 1648 pages et Paris, Gallimard, Quarto, 2004, 1664 pages ;

SAND (George), Impressions et souvenirs, Paris, Michel Lévy, 1873, 366 pages ;

SAND (George), Indiana, Paris, Calmann-Lévy, 1852, 334 pages ;

SAND (George), Jacques, Paris, Michel Lévy, 1857, 282 pages ;

SAND (George), L’homme de neige 3, Paris, Michel Lévy, 1883, 300 pages ;

SAND (George), La comtesse de Rudolstadt II, Paris, Calmann-Lévy, 1882, 332 pages ;

SAND (George), La confession d’une jeune fille, Paris, Calmann-Lévy, 1880, 311 pages ;

SAND (George), La mare au diable, Paris, J. Hetzel, 1857, 96 pages ;

SAND (George), La petite Fadette, Paris, Calmann-Lévy, 1887, 237 pages ;

SAND (George), Le château des dessertes, Paris, Michel Lévy, 1866, 287 pages ;

SAND (George), Le Marquis de Villemer, Paris, Calmann-Lévy, 1876, 379 pages ;

SAND (George), Le meunier d’Angibault, Paris, Calmann-Lévy, 1884, 377 pages ;

SAND (George), Légendes rustiques, Guéret, Verso, 1987, 101 pages ;

SAND (George), Lélia, Paris, Calmann-Lévy, 1864, 308 pages ;

SAND (George), Les amours de l’âge d’or : Evenor et Leucippe, Paris, Michel Lévy, 1866, 320 pages ;

SAND (George), Les lettres d’un voyageur, Paris, Michel Lévy, 1869, 344 pages ;

SAND (George), Les maîtres sonneurs, Paris, Alexandre Cadot, 1853, 303 pages ;

SAND (George), Ma vie littéraire et intime, Clermont-Ferrand, éditions Paléo, 2012, 393 pages ;

SAND (George), Mauprat, Paris, Calmann-Lévy, 1930, 383 pages ;

SAND (George), Pourquoi les femmes à l’académie ?, Paris, Michel Lévy, 1863, 16 pages ;

SAND (George), Questions d’art et de littérature, Paris, Calmann-Lévy, 1878, 431 pages ;

SAND (George), Souvenirs de 1848, Paris, Calmann-Lévy, 1880, 434 pages ;

SAND (George), Souvenirs et idées, Paris, Calmann-Lévy, 1904, 281 pages ;

SAND (George), Théâtre de George Sand, Paris, Michel Lévy, 1860, 372 pages ;

SAND (George), Valentine, Paris, Henri Dupuy, 1832, tome 1, 351 pages et tome 2, 344 pages.

2 – Critiques de George Sand

AGEORGES (Joseph), «Parler rustique dans l’œuvre de George Sand», Revue du Berry, septembre 1901, pages 308-392 ;

AGEORGES (Joseph), L’enclos de George Sand, Paris, Bernard Grasset, 1910, 198 pages ;

ANCEAU (Eric), «George Sand et le pouvoir politique : du coup d’Etat du  2 décembre 1851 à la révolution du 4 septembre 1870» in George Sand, terroir et histoire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006, pages 247-262 ;

ARON (Raymond), Misérable et glorieuse : la femme au XIXème siècle, Paris, éditions Complexe, 1984, collection Bibliothèque de littérature et d’histoire, 248 pages ;

AURAIX-JONCHIERE (Pascale), BERNARD-GRIFFITHS (Simone) et LEVET (Marie-Cécile), La marginalité dans l’œuvre de George Sand, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2012, 404 pages ;

BARRY (Joseph), George Sand ou le scandale de la liberté, Paris, Seuil, collection Points, Essai, 1982, 567 pages ;

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 LECIGNE (Constantin), George Sand, Paris, P. Lethilleux, collection «Femmes de France», 1910, 126 pages ;

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MAUROIS (André), Lélia ou la vie de George Sand, Paris, 2004, Le Livre de Poche, 736 pages ;

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PERROT (Michelle), présentation, George Sand : politique et polémiques (1843-1850), Paris, Imprimerie nationale, collection «Acteurs de l’histoire», 1997, 578 pages ;

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PLANTE (Christine), «George Sand et le roman épistolaire : variations sur l’historicité d’une forme», Littérature, 2004, n°134 pages 77-93 ;

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REVON (Michel), George Sand, Paris, Paul Ollendorff, 1896, 148 pages ;

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ROCHEBLAVE (Samuel), George Sand, pages choisies, Paris, Armand Colin et Calmann-Lévy, 1900, 390 pages ;

ROUGET (Marie-Thérèse), George Sand, «Socialiste», thèse de doctorat, université de Dijon, 1931, Bosc Frères, L Riou, 222 pages ;

SALOMON (Pierre), «Les rapports de George Sand et de Pierre Leroux en 1845 d’après le prologue de la mare au diable», Revue d’histoire littéraire de la France, 1948, 1, pages 352-357 ;

SCHOR (Naomi), «Le féminisme et George Sand : Lettres à Marcie», Revue des Sciences humaines, 1992, n°226, pages 23-35 ;

THOMAS (P. Félix), Pierre Leroux, sa vie, son œuvre, sa doctrine : contribution à l’histoire des idées au XIXème siècle, Paris, Félix Alcan, 1904, 340 pages ;

VALOIS (Marie-Claire), «Histoire de ma vie : George Sand, poète ouvrière»,  Littérature, 2004, n°134, pages

VIARD (Jacques), «George Sand et les chroniques romanesques de Giono», Revue d’histoire littéraire de France, janvier-février 1977, 77, n°1, pages  75-100 ;

VINCENT (Marie-Louise), George Sand et l’amour,  Paris, Edouard Champion, 1917, vol 1, 270 pages ;

VINCENT (Marie-Louise), George Sand et le Berry,  Paris, Edouard Champion, 1919, vol 2, 366 pages ;

VINCENT (Marie-Louise), La langue et le style rustiques de George Sand dans les romans champêtres,  Paris, Edouard Champion, 1917, vol 1, 270 pages ;

WERMEYLEN (Pierre), Les idées politiques et sociales de George Sand, Bruxelles, éditions de l’université de Bruxelles, 1985, 372 pages ;

ZANONE (Damien), «Romantiques ou romanesques ? Situer les romans de George Sand», Littérature, 2004, 134, pages 5-21.

Paris, le 18 octobre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

George SAND (1804-1876), un puissant souffle de liberté du romantisme.
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«George SAND (1804-1876), une littérature champêtre, une féministe, laïque et républicaine», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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