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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 17:46

«Toute sa noble vie fut un long apostolat en faveur du peuple, seule puissance légitime qui puisse assurer l’immortalité à ses défenseurs» écrit Guillaume PAUTHIER dans la préface de la Grande étude. Organe et représentant de la raison et de la conscience humaines, Confucius continue, après 26 siècles, à recevoir des honneurs presque divins. «Réanimer le Vieux pour acquérir la connaissance du Nouveau» tel est l’objectif général poursuivi par Confucius. «Deviens ce que l'homme est» pourrait être la maxime de Confucius. Ce grand sage invite les hommes de pénétrer et approfondir les choses, de rectifier les mouvements de leur cœur, de se corriger, de se perfectionner eux-mêmes et de gouverner les hommes dans la rectitude, pour le Bien commun. L’esprit de l’homme a acquis assez de maturité ; chacun doit accomplir ses devoirs envers lui-même, envers les autres hommes et envers la société tout entière, avec abnégation, rigueur, amour, pour l’intérêt général, et en visant la perfection de soi-même. Cette exigence morale s’adresse aussi bien aux administrés qu’aux gouvernants. En effet, l’homme a une mission sacrée : celle d’affirmer et d’élever toujours plus haut sa propre humanité. La doctrine de Confucius est une véritable révolution culturelle qui se confond avec le destin de la civilisation chinoise. Figure de la conscience universelle, au même titre que Socrate, Bouddha ou le Christ, la pensée de Confucius est un saut qualitatif, une réflexion de l’homme sur l’homme afin de le rendre meilleur. En effet, Confucius a vécu dans une époque où régnaient les guerres et la confusion. Homme de génie de la civilisation la plus ancienne du monde, maître érudit et éveilleur de conscience, pour sauver le monde de son temps, qu’il jugeait en perdition, Confucius s’employa, sans relâche, à travers son enseignement et par une conduite qu’il voulait irréprochable, à former le cœur de ses disciples pour en faire des hommes de bien. Croyant au pouvoir de l’exemple, il rêva aussi de réformer la classe dirigeante en s’efforçant de lui inculquer l’esprit de moralité qui avait habité les Sages Rois du passé, à lui faire recouvrer la voie de la rectitude que ces bienfaiteurs de l’humanité s’étaient attachés de suivre, et à prendre comme modèle ces parangons de vertu. Confucius n’a jamais cessé de chercher et défendre un chemin vers le dépassement des difficultés grâce à la connaissance. «Si tu veux être sage, apprend à interroger raisonnablement, à écouter avec attention, à répondre sereinement et à te taire quand tu n’as rien à dire» dit-il. «La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le Bien du Mal» écrit-il. Confucius est celui qui s’obstine à vouloir sauver un monde en décomposition, tout en sachant que c’est peine perdue ; il a une démarche messianique, canonique. Après avoir étudié la doctrine des Anciens, pour sauver la Chine de l’affaissement des valeurs morales, Confucius a dégagé, dans sa Grande étude, les principes suivants : «Développer et rendre à sa clarté primitive le principe lumineux de la raison que nous avons reçu du Ciel ; renouveler les hommes et ne placer sa destination définitive que dans le souverain Bien ; connaître le but où on doit tendre, ou sa destination définitive ; mettre le bon ordre, bien gouverner, pacifier et porter ses connaissances à leur dernier degré de perfection». La mémoire des anciens rois est restée dans le souvenir des hommes parce qu’ils ont dirigé la Chine en pratiquant la vertu. Les Chinois ont adoré le créateur de l’univers appelé Xam-Ti et auquel le troisième empereur, Hoam-Ti, a bâti un temple. Fo-hi serait le 1er empereur qui aurait régné 2952 ans avant Jésus-Christ. Dans son ouvrage, Chun Qiu ou       Annales des «Printemps et Automnes», Confucius écrit que dans les Etats florissants, ceux du Printemps, sont ceux dirigés par des Princes vertueux et sages. En revanche,  lorsque les Princes sont méchants et ont peu d’esprit, ils tombent, comme à l’Automne, et se détruisent entièrement en feuilles mortes. C’est pour cela que les hommes conserveront, pour les princes sages, une grande vénération, plus le temps s’éloignera, moins ils seront oubliés. La tendance athéiste a dominé un instant, faisant croire que «le principe et la fin de toutes choses, étaient le néant». Confucius rétablit les valeurs morales. En effet, la pensée de Confucius tourne autour de l’éducation, et notamment de trois vertus fondamentales : la Bonté, qui génère paix et joie intérieures ; la Science, qui permet de dissiper les doutes et le Courage, qui fait fuir toute forme de peur. Dans sa pensée, un esprit tolérant, Confucius plaide pour la réflexion et la modération dans le comportement.

Confucius, un lettré, philosophe et théoricien de la politique, est le fondateur de la première école chinoise de la sagesse, dans la Chine féodale des premiers siècles, au temps des «Royaumes combattants». Confucius, dans sa doctrine, n’avait pour but que de dissiper les ténèbres de l’esprit, bannir les vices, rétablir cette intégrité qu’il assurait avoir été un présent du Ciel. Il faut écouter et obéir les instructions du Ciel, à le craindre, à le servir, à aimer son prochain comme soi-même, à se vaincre, à soumettre ses passions à la raison, à ne rien faire, à rien dire, à ne rien penser qui fût le contraire. Pragmatique, il prône une «voie à suivre» dans l'action, la transmission du savoir et le respect pour «l'Antiquité», assimilée à un ordre parfait. «Appliquez-vous à garder en toute chose, le juste milieu» dit-il. De ses réflexions sur les problèmes de son temps, ses élèves tirent un recueil destiné à l’enseignement de la vertu. Un siècle et demi plus tard, ses disciples, notamment Meng-Tzu ou encore appelé Mencius (372-289 avant J-C), ont propagé sa pensée. Au centre de la pensée de Mencius se trouve la bonté innée de la nature humaine, don du Ciel qui atteint la perfection avec le saint Confucéen. Il importe avant toute chose de développer son attirance vers le bien et la justice. Le Saint joue un rôle essentiel dans la conservation de la voie dite royale face aux hérésies et à la décadence morale. Un autre disciple de Confucius, Hsün-Tsu (310-238 avant J-C), ne croit pas à la bonté naturelle de l’homme ; il met l’accent sur le rôle de l’éducation en vue du perfectionnement de l’individu.  De nos jours, on reconnaît en Confucius une des grandes figures de la civilisation mondiale. Le confucianisme va dès lors profondément imprégner la manière d’être et de penser des Chinois, en particulier l’élite d’administrateurs lettrés recrutés par concours, les mandarins. «Quand vous plantez une graine une fois, vous obtenez une seule et unique récolte. Quand vous instruisez les gens, vous en obtenez cent» dit-il. Divers empereurs, tel Wang Mang, se conduisent aussi en fervents adeptes de l'antique sage. Confucius et sa doctrine n'appartiennent pas seulement à la Chine, mais au monde tout entier où il est reconnu comme une des grandes figures de la civilisation et de la culture universelle. Il a considérablement influencé les philosophes grecs, même si l’Occident a du mal à le reconnaître.

Confucius, dont le patronyme était QIU et le prénom Zhongni, naquit à Quyi, ville de la principauté de Lu, ville appelée aujourd'hui Qufu, dans la province du Shandong. Confucius est la latinisation, opérée par les Jésuites missionnaires en Chine, à partir du XVIème siècle, du nom chinois de Kong Fuzi ou maître Kong. Présumé lointain descendant d'une dynastie royale, le petit Kong naquit au sein d'une famille modeste. Son père, officier de rang subalterne, épousa à plus de soixante dix ans une jeune fille d'une quinzaine d'années. Son enfance est pauvre et misérable, car ayant perdu son père à l'âge de trois ans, sa mère l'éleva avec les maigres revenus qu'un lopin de terre, octroyé aux veuves de fonctionnaires sans fortune, lui rapportait. Il est certain que ce quasi dénuement influença et marqua profondément l'enfant, car il n'eut de cesse d'étudier et de travailler pour améliorer sa condition. Son ambition était grande. Sa vie apparaît plutôt comme l'histoire d'un échec, l'échec d'un homme qui, naît dans des conditions modestes, et qui veut s’élever dans la société, se perfectionner. Confucius nourrissait de grandes ambitions politiques mais ne parvint jamais à les réaliser. La plupart de ses disciples réussirent très vite à s'imposer, alors qu'il resta un théoricien et un enseignant. Il s'appliqua avec rigueur et constance aux études, se maria très jeune, puis vers l'âge de vingt deux ans. Il eut un fils nommé PEYN ; c’est le seul enfant qu’il eut mais sa race ne s’éteignit pas pourtant ; il lui resta un petit-fils, appelé Cusu qui s’attacha à sa philosophie. Alors qu'il n'était encore qu'un enfant, Confucius perdit son père, modeste fonctionnaire, laissant sa famille dans la misère. D'abord petit employé chargé de l'administration du bétail, puis des greniers, il accéda vers la quarantaine aux fonctions de préfet, et de responsable des travaux publics, puis de responsable de la sécurité et de la justice. Confucius fut un moralisateur prodiguant ses conseils aux souverains qui voulaient bien l'écouter. Par ce fait, il tentait de poser quelques principes dans le monde de chaos qui était la Chine d'alors. A l'instar des autres grands initiés que furent Pythagore, Moïse, Socrate et Jésus, il écrivait très peu et son enseignement nous a été délivré par ses disciples.

Toute sa vie, Confucius eut la passion d'apprendre et d'enseigner. Il fut un grand érudit aux multiples talents et, de son vivant même, sa réputation s'étendait fort loin. Avant lui, sous la dynastie des Zhou, les études s'effectuaient dans l'administration sous la conduite de fonctionnaires de celle-ci. L'enseignement général était le monopole exclusif des nobles, mais il était dénié au peuple. Au surplus, la notion même d'enseignant professionnel à plein temps était inconnue. L'enseignement visait à dispenser aux nobles une formation à la fois civile et militaire par l'étude des «six arts»: rites, musique, tir à l'arc, conduite des chars, calligraphie et mathématiques. Confucius vécut à la fin de la période «des Printemps et des Automnes» au moment où la société chinoise, passant de l'esclavagisme au féodalisme, connaissait des troubles et subissait de profonds changements. Les «études au sein et par l'administration» perdaient progressivement leur fondement politique et économique tandis que la culture se popularisait. Conscient de cette tendance, Confucius brisa le monopole exercé sur l'éducation par la classe noble en ouvrant une école privée, accueillant aussi bien les pauvres que les riches. «Mon enseignement est destiné à tous, sans distinction» disait-il. Confucius parcourut avec ses disciples les pays de Wei, Cao, Song, Zheng, Chen, Cai, etc., exposant ses points de vue politiques et enseignant sa doctrine morale, mais sans succès. Confucius revint finir sa vie dans la principauté de Lu, où il se consacra à l'écriture et à l'enseignement. Vers la soixantaine, Confucius abandonnera ses fonctions administratives, pour se consacrer, chez lui, exclusivement à l’enseignement. Il a compris que la carrière politique était liée à des compromissions avec des souverains ayant perdu le sens du mandat céleste. Il commença à s'attacher des disciples quand il eut atteint la trentaine. De son vivant et par après, son enseignement eut une influence considérable dans les domaines de l'éducation, de la politique, de l'économie, de la culture, aussi bien que dans celui de l'éthique et de la morale. Il s'y consacra près d'un demi-siècle jusqu'à ce que la maladie l'emporte à l'âge de 72 ans. Ses disciples observèrent un deuil de trois ans. Né et mort à Qufu, son temple, sa maison et le cimetière où il est enterré sont devenus monuments historiques classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1994. Douze dynasties d’empereurs chinois ont agrandi et conservé ces sites. En 213, avant Jésus-Christ, Cheu Houang de la dynastie des Ts’în persécuta les disciples de Confucius, mais de nombreuses tablettes ont été cachées par la famille de Confucius, et donc de ce fait, ont été sauvées de la destruction par le feu.

La pensée de Confucius n'a pas seulement exercé une profonde influence sur le développement de la société chinoise, et en particulier de l'éducation et de la morale, elle a aussi eu un impact hors de Chine. En Occident, la philosophie grecque ainsi la pensée des Lumières, ont adopté une conception positive et laudative de la société et de la politique chinoise, notamment de la philosophie chinoise classique. Confucius influencera considérablement les stoïciens Epictète et Marc-Aurèle, ainsi que la métaphysique d’Aristote. En effet,  à la fin du XVIème siècle, les missionnaires jésuites, venus évangéliser la Chine, répandirent les idées de Confucius en Occident. C'est principalement sur les philosophes des Lumières que cette influence fut considérable en Europe. Celle-ci en était alors au stade de la révolution bourgeoise et, pour combattre le despotisme et le principe du droit divin, ces penseurs cherchèrent des arguments dans la doctrine de Confucius. Sa philosophie athée, sa vision moraliste de la politique, sa conception du caractère indissociable de la politique et de l'éthique et sa théorie de l'économie qui mettait l'accent sur la production agricole remplirent d'admiration des penseurs tels que d'Holbach, Voltaire, ou Quesnay, qui encensèrent Confucius, l'utilisant à leur façon pour dénoncer les abus de leur temps et attaquer le despotisme et la doctrine du droit divin, en lui prêtant leurs propres idéaux.

Par les récits qu’en ont faits les Jésuites, envoyés en 1685 en Chine par Louis XIV, la pensée de Confucius traduite ainsi en langue française, est devenue, pour les philosophes des Lumières, une importante source d’inspiration, l’asile de la vertu, de la sagesse et de la félicité «On peut dire que la morale de ce philosophe est infiniment sublime, et qu’elle en même temps sensible et puisée dans les plus pures sources de la raison naturelle. Assurément, jamais la raison destituée des lumières de la révélation divine n’a paru si développée, avec tant de force. Comme il n’y a aucun devoir dont Confucius ne parle, il n’y en a aucun qu’il outre. Il pousse bien sa morale, il ne la pousse pas plus loin qu’il ne faut, son jugement lui faisant connaître toujours jusqu’où il faut aller et il faut s’arrêter» écrit Simon FOUCHER dans l’introduction de la morale de Confucius. «Quiconque a écrit sur nos devoirs a bien écrit dans tous les pays du monde, parce qu’il n’a écrit qu’avec raison. Ils ont tous dit la même chose : Socrate, Epicure, Confucius et Cicéron, Marc-Antonin et Amurah second ont eu la même morale» écrit Voltaire dans son dictionnaire philosophique. Opposé fermement au catholicisme, avocat du déisme, Voltaire propose de remplacer la religion par la morale, en faisant à la raison, pour bâtir une société équitable. Pour édifier une philosophie des lumières, Voltaire reprend la vulgate sinophile et la morale de Confucius suivant laquelle «ne faites pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fissent». Il loua la Chine antique de Confucius qui adorait la vertu. «Sans éblouir le monde, éclairant les esprits, il (Confucius) qu’en sage, et jamais en prophète. Cependant, on le crut, et même en son pays» écrit Voltaire qui valorise la doctrine émancipatrice de Confucius fondée sur les vertus d’unité, de modération, de tolérance, de critique de soi, d’amitié, d’humilité, d’humanité et d’hospitalité. Par conséquent, l’humanité est identique à elle-même, en dépit de ses multiples aspects. La lutte contre le despotisme des gouvernements d’Asie est, pour Voltaire, une source d’inspiration pour les Occidentaux qui combattaient l’absolutisme royal. Dans l’esprit des Lumières, il fallait donc réformer la monarchie française. «Confucius ne recommande que la vertu ; il ne prêche aucun mystère (…) pour apprendre à gouverner, il faut passer tous ses jours à se corriger» écrit Voltaire dans l’introduction de l’essai sur les mœurs. Le Prince doit réprimer ses passions et « rectifier la raison qu’il a reçue du Ciel, comme on essuie un miroir terni ; qu’il doit aussi se renouveler soi-même, pour renouveler le peuple par son exemple. En Chine, l’Empereur, premier pontife souverain du Ciel et de la Terre, était «le premier philosophe de l’empire : ses édits sont presque toujours des instructions et des leçons de morale» dit Voltaire dans son Essai sur les moeurs. «Que devrons faire nos souverains d’Europe en apprenant de tels exemples ? Admirer et rougir, mais surtout imiter» écrit Voltaire dans son dictionnaire philosophique. Pour Voltaire, Confucius a tous les honneurs, non pas les honneurs divins, mais ceux que mérite un homme qui a donné de la divinité les idées les plus saines que puisse former l’esprit humain. Voltaire qui se défend de faire l’apologie de l’athéisme dans la doctrine de Confucius reprend la formule de P. COMTE «Les Chinois ont connu le vrai Dieu, quand les autres étaient idolâtres, et qu’ils lui ont sacrifié dans le plus ancien temple de l’univers».

La pensée de Confucius nous est utile au XIXème siècle à plus d’un titre, elle nous aide à nous enrichir de l’art du bien-vivre ensemble, à nous rappeler de toujours chercher à nous améliorer, à nous redresser lorsque nous traversons des situations difficiles, à nous réveiller lorsque la facilité nous envahit et à développer en nous la vertu de bienveillance, de prudence éclairée ou d’humanité pour un monde harmonieux et fraternel. Au cœur de la pensée antique chinoise, il y a le «Tao», qui désigne une voie, une route un chemin. L’harmonie et l’ordre universel dépendent des manifestations de ce Tao. Cependant, contrairement aux religions monothéistes, c’est une volonté divine qui ne fait pas référence à un Dieu créateur. Différent en cela aux autres religions, le bouddhisme n’est pas un acte d’allégeance à Dieu, mais une doctrine de sagesse individuelle, une croyance en l’homme et en sa capacité de devenir meilleur. Confucius rejeta la religion et la piété et arrêta le torrent de superstition et d’idolâtrie. L’âme humaine ne devrait être ornée que sobriété, frugalité, modération et justice. Sa doctrine est un formidable pari sur l’homme. En effet, pour Confucius, il y a une providence qui provoque une harmonie naturelle, de façon à ce que chaque chose occupe la place qui lui échoit afin de remplir sa fonction propre. Ainsi, si les gouvernants s’acquittaient de leurs devoirs avec équité et justice, l’Etat connaîtrait une prospérité. Si le peuple se montrait disposait à rechercher la voie, la société serait pleinement fondée sur la réussite et le bonheur.

Le Taoïsme préconise la passivité et le retour à la nature. Il faut laisser les choses se dérouler et s’abandonner au mouvement naturel. En instituteur du genre humain, et rejetant les spéculations intellectuelles, Confucius qui reprend le Tao des Anciens chinois, dans ses principaux ouvrages (La Grande étude, L’invariabilité dans le Milieu, ses entretiens philosophiques) y a apporté sa touche personnelle en privilégiant le pragmatisme. Pour lui, l’ordre social ne règne que si les hommes s’acquittent de leurs devoirs, du gouvernant jusqu’au modeste citoyen. La pensée de Confucius codifie les rapports sociaux en intimant aussi bien aux gouvernants qu’aux citoyens une bonne conduite à tenir. Confucius recommande les vertus de la bienveillance, de la générosité, de la bonne foi et de la loyauté. Ce grand sage part du principe que quelle que soit sa place dans la société, la nature humaine n’est ni, par principe, bonne ou mauvaise, mais que tout individu doit apprendre à devenir meilleur par une connaissance et un effort constant sur soi-même. «Lorsque le Milieu et l’Harmonie sont au point de perfection, le ciel et la terre sont dans un état de tranquillité parfaite et tous les êtres reçoivent leur complet développement» dit-il dans le «Tchoung-Young» ou L’invariabilité dans le Milieu. «Sur terre, tous les rapports humains sont du type, frères aînés, frères cadets» dit Confucius. Cela veut dire que tous les humains forment une famille, comme à l’intérieur de toutes les familles, les relations sont hiérarchisées, les aînés primant sur les cadets.

Finalement, Confucius assigne à tous, gouvernants et gouvernés, la persévérance de la conduite dans une ligne droite, éloignée des extrêmes, la  voie de la vérité.

I – Confucius et la codification du rapport avec les  gouvernants

La Chine antique était composée de plusieurs Etats féodaux qui se combattaient incessamment. Les troubles compromettaient l’autorité des gouvernants. Par ailleurs la population souffrait en raison de cette instabilité incessante. Différentes écoles de pensée apparurent afin de préconiser les voies et moyens de remédier à ce désordre en vue d’établir un ordre social et un code moral. C’est dans ce contexte que les enseignements de Confucius auront une influence déterminante. Il faut faire «jouir le monde de la paix  et de l’harmonie, en bien gouvernant l’empire» dit Confucius.

Confucius est légitimiste et sa pensée se caractérise par un goût prononcé de l’ordre ou plus exactement de l’ordonnancement érigé au rang de Bien suprême. Cette rationalité chinoise est imprégnée d’un esprit rituel afin de parvenir à une harmonie productrice du Bien. En effet, Confucius était confronté à un délitement de l’ordre politique et sa conception particulière de l’art de gouverner était une réponse pour apaiser ces tensions.

A – La bonne gouvernance en vertu d’un mandat céleste

Confucius considère l’art de  gouverner les hommes comme la plus haute et la plus importante mission confiée à un mortel, comme un «véritable mandat céleste». L’élite n’a pas de privilèges, mais d’importantes responsabilités ; les gouvernants doivent avoir une conscience critique. Le souverain doit pratiquer le Bien et éviter le Mal. Le Prince  conservera ainsi l’affection du peuple, s’il gouverne avec un principe rationnel et moral. En effet, l’homme noble n’est plus déterminé exclusivement par la naissance, mais sa valeur dépend surtout de ses qualités d’être humain accompli et bienveillant. «Le mandat du Ciel qui donne la souveraineté à un homme ne la lui confère pas pour toujours. Ce qui signifie qu’en pratiquant le Bien ou la Justice, on l’obtient ; et qu’en pratiquant le Mal ou l’Injustice, on le perd» dit-il dans La Grande étude. Confucius confère aux gouvernants, non pas des privilèges, mais d’importants devoirs et obligations «Gouverner son pays avec la vertu et la capacité nécessaires, c’est ressembler à une étoile polaire qui demeure immobile à sa place, tandis que les autres étoiles circulent autour d’elles et la prennent pour guide» dit-il dans ses Entretiens philosophiques. L’étude du cœur humain et de l’histoire avaient appris à Confucius que le pouvoir pervertissait les gouvernants quand ils n’observaient pas une éthique ; cela pourrait conduire à l’abus de pouvoir et à l’oppression. «Le Prince dont la conduite est toujours pleine d’équité et de sagesse, verra les hommes des quatre parties du monde imiter sa droiture» dit-il dans Le Ta Hio ou La Grande étude. Aussi, Confucius est persuadé que le respect par l’Etat des règles morales de bonne conduite freinerait la mal-gouvernance, la passion ou la tyrannie. «Lorsque la Voie prévaut dans le monde, le peuple n’a pas de raisons de se plaindre» dit Men Zi, un de des disciples. Confucius considère la Voie comme une loi céleste devant être respectée par tous ceux qui vivent sous le Ciel, y compris les gouvernants. «Si je possédais le mandat de la royauté, il ne me faudrait pas plus d’une génération pour faire régner partout la vertu de l’Humanité» écrit Confucius.

B – La gouvernance avec justice et équité.

«Le gouvernement est ce qui est juste et droit» dit-il. Dans la pensée de Confucius, il y a plusieurs allusions à l’importance de la congruence entre la manière de penser, de sentir et d’agir. «Lorsque le Prince aime l’humanité et pratique la vertu, il est impossible que le peuple n’aime pas la justice ; et lorsque le peuple aime la justice, il est impossible que les affaires du Prince n’aient pas une heureuse fin» écrit-il dans la Grande étude. Confucius donne une importance essentielle aux actes, car ce sont eux qui révèlent la véritable validité des mots. Il rejette les postures artificielles et exalte la simplicité. Voici ce qu’il pense : «L’homme supérieur c’est celui qui d’abord met ses paroles en pratique, et ensuite parle conformément à ses actions» ou encore «Le type le plus élevé d’homme est celui qui agit avant de parler et qui fait ce qu’il promet».

Le «Tao» fait appelle à la piété familiale et à la bienveillance. «Pour bien gouverner un royaume, il est nécessaire de s’attacher auparavant à mettre le bon ordre dans sa famille. Il est impossible qu’un homme qui ne peut pas instruire sa propre famille, puisse instruire les hommes» écrit-il dans la Grande étude. La famille est conçue comme étant une extension de l’individu et l’Etat comme une extension de la famille, et le Prince étant à ses sujets ce qu’un père est à ses fils. «Le seul Prince qui inspire la joie, est celui qui est le père et la mère de la Nation» écrit Confucius. En effet, le Prince est comme «une mère qui embrasse tendrement son nouveau-né. Elle s’efforce, de toute son âme, à prévenir ses désirs naissants ; si elle ne les devine pas entièrement, elle se méprend beaucoup sur l’objet de ses vœux» écrit Confucius dans la Grande étude. Il faut donc gouverner avec une droiture du cœur, humanité et charité pour obtenir l’obéissance et la soumission du peuple. «Traitez le peuple avec égard et vous serez vénéré» dit-il. Le Prince avare et cupide causera du désordre dans une nation. Le bon gouvernant est celui traite ses sujets avec confiance, respect et bienveillance. Il faut que le Prince soit proche du peuple comme de sa vraie famille. «Pour ordonner son pays, on commence par régler sa propre maison. Pour régler sa propre maison, on commence par se perfectionner soi-même. Pour se perfectionner soi-même on commence par rendre son cœur droit. Pour rendre doit son cœur, on commence par rendre authentique son intention» écrit Confucius dans la Grande étude. On peut recenser d’autres maximes : «Sous un bon gouvernement la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte» ; «Qui ne se préoccupe pas de l’avenir lointain, se condamne aux soucis immédiats».

Pour Confucius, les gouvernants doivent entretenir la paix et la bonne harmonie dans le monde. «Faire jouir le monde de la paix et de l’harmonie consiste à bien gouverner son peuple» écrit Confucius dans la Grande étude. «Ce que l’on a résolu ou promis de tenir, il faut le tenir fermement, et ce qu’on a promis d’effectuer, il faut l’effectuer. Ce sont là les moyens d’entretenir la paix et la tranquillité dans l’Empire» écrit Confucius. «Quand on peut accomplir sa promesse sans manquer à la justice, il faut tenir sa parole» dit-il. «L’homme supérieur est celui d’abord met ses paroles en pratique, et ensuite parle conformément à ses actions» dit-il. 

II - Confucius et le perfectionnement de soi-même

«A quinze ans, je résolus d’apprendre» dit-il. Confucius s’intéresse à la façon dont on devient un être humain à part entière. Pour lui, au commencement, il y a l’apprendre. Il l’intime conviction que la nature humaine est perfectible : l’homme est un être humain capable de s’améliorer, de se perfectionner à l’infini. La doctrine de Confucius impose à l’homme d’être perfectible, l’obligation de se perfectionner ; la perfection étant la vertu de l’humanité. «Mon enseignement est là pour tous, sans distinctions» dit-il en rejetant ces barrières aristocratiques ou claniques concernant l’accès au savoir. «Apprendre quelque chose pour pouvoir le vivre à tout moment, n’est-ce pas la source de grand plaisir ?». Par conséquent, l’optimisme de Confucius est un pari sur l’homme capable de se dépasser et de briser tous les liens fondés sur le déterminisme.

Cependant, Confucius rejetait toute forme de savoir livresque. L’éducation a une vertu pratique pour former des hommes de Bien. «Celui qui ne sait pas distinguer le Bien du Mal, le Vrai du Faux, qui ne sait pas reconnaître dans l’homme le mandat du Ciel, n’est pas arrivé à la perfection» écrit-il dans l’Invariabilité dans le Milieu. L’étude du Bien, du Vrai et de la Vertu, est le moyen d’aboutir au perfectionnement. «L’homme bien connaît le Juste, l’homme de peu ne connaît que le profit. L’homme de bien est impartial et universel ; l’homme de peu, ignorant universel, s’enferme dans le sectaire» dit-il.

A – L’éducation pour un homme de Bien

1 – Apprendre à être humain

«Seulement, lorsque ce sont les passions aveugles, les penchants vicieux qui dominent l’homme, que ses désirs immodérés l’offusquent, alors c’est le moment où ce principe lumineux de la raison l’obscurcit» écrit Confucius. C’est le moment où l’homme devrait faire appel à la raison, pour y voir clair. En effet, d’une grandeur d’âme et d’une personnalité lumineuse, Confucius estime que pour chacun, il y a une obligation morale de pratiquer la vertu, la rectitude, en de devenir «un homme de qualité». Pour lui, «apprendre, c’est apprendre à être humain». Le but de l’éducation est de devenir un homme de bien, un homme de qualité. «Apprendre, c’est apprendre à faire de soi un être humain». Il ne faut «penser rien de méchant ou sale». L’homme ne devient humain que dans le champ relationnel, dans sa relation à autrui, c’est aimer les autres. Comme le dira le Christ, il recommande «aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux vous haïssent» dit-il.  «Ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ne l’inflige pas aux autres» dit-il. L’homme vertueux doit persévérer dans le Milieu, la voie droite, la sagesse, la piété familiale et la défense fraternelle. «La doctrine de notre maître consiste uniquement à posséder la droiture du cœur et aimer son prochain comme soi-même» dit la doctrine de la raison, «Lyn-Yu». L’éducation et la connaissance font partie de la philosophie de Confucius. Cet érudit pensait que la nature humaine était bonne, mais qu’elle devait être cultivée et formée pour qu’elle arrive à sa meilleure expression. Savoir est une voie sûre pour atteindre la vertu et la vertu amène avec elle-même la paix intérieure et le bonheur.

Dans la relation à autrui, Confucius demande de faire preuve d’exigence d’équilibre, d’équité, de mesure, de solidarité générationnelle. Il insiste en particulier sur la piété familiale. «Mettre le bon ordre dans sa famille consiste à se corriger soi-même des passions vicieuses. (…) C’est pourquoi aimer, et reconnaître les défauts de ceux qu’on aime ; haïr et reconnaître les bonnes qualités de ceux que l’on hait, est une chose rare sous le Ciel» écrit Confucius dans la Grande étude. Tout homme a des devoirs. Ces devoirs sont ceux des pères et des mères envers leurs enfants ; ceux des enfants envers leurs  pères et leurs mères ; les devoirs du mari et de la femme ; ceux des amis ; ceux qui regardent l’hospitalité, ceux dont il faut s’acquitter, soit à la porte, ou dans la maison, ou dans la maison, ou dans les festins. Il faut vénérer ses morts. Le fils répond à la bonté et à l’amour de ses parents par la bienveillance et la confiance. Cette piété familiale est par la suite étendue à la fratrie, à toute la communauté et à l’humanité entière.

Dans la philosophie de Confucius, il y a beaucoup de réflexions orientées vers des formules adaptées pour améliorer les relations entre les personnes. Le respect doit être à la base de toute société et la générosité est un bien maximal, qui amène bonheur à quiconque la pratique. Cela encourage l’idée de juger les autres de manière vertueuse et maintient la concorde. Voyons quelques conseils sages à ce propos : «Exigez beaucoup de vous-même et attendez peu des autres. Vous vous économiserez ainsi des contrariétés» ou encore «Exige beaucoup de toi-même et attend peu des autres». Ainsi, beaucoup d’ennuis te seront épargnés. «Rendez le Bien pour le Bien et la justice pour le Mal» ; «Agis avec gentillesse, mais n’attend pas de la reconnaissance».

L’âme humaine doit être armée de la droiture et de la probité. Il faudrait pour cela maintenir ses désirs et ses passions dans des limites raisonnables afin de ne pas connaître des déconvenues. «Depuis l’homme le plus élevé en dignité, jusqu’au plus humble et obscur ; devoir égal pour tous : corriger et améliorer sa personne, ou le perfectionner de soi-même, est la base de tout progrès et de tout développement moral» écrit Confucius dans la Grande étude. Le grand but de la philosophie de Confucius unique était l’amélioration constante de soi-même et des hommes ; de soi-même, ensuite des autres. «Renouvelle-toi complètement chaque jour ; fais-le de nouveau, encore de nouveau, et toujours de nouveau» dit le maître. Se renouveler soi-même, renouveler le peuple, c’est vouloir parvenir à la perfection souveraine. «L’oiseau jaune, au chant plaintif, fixe sa demeure dans le creux touffu des montagnes» dit-il dans le Livre des Vers.  «En fixant là sa demeure, il prouve qu’il connaît le lieu de sa destination ; et l’homme, la plus intelligente des créatures, ne pourrait en savoir autant que l’oiseau» écrit Confucius. L’homme doit connaître le point de perfection où il doit tendre et s’arrêter. Le but auquel il doit tendre est la recherche du souverain bien, la pratique de l’humanité, la bienveillance.

2 – Se fixer un but auquel on doit tendre

Chaque individu doit connaître le but auquel il doit tendre. Auparavant, il faudrait rendre ses intentions sincères, pures, et tendre vers la perfection morale. La vie d’un homme est brève. Elle passe, en un instant. En cela est elle est semblable au courant d’un fleuve. Dans ce bref espace de leur existence, les hommes doivent apprendre, s’exercer, peiner, se perfectionner, sans un seul instant de relâche. «De même que le cours d’un fleuve aspire à l’immensité de la mer, de même que le cours de la vie humaine, celui de l’humanité entière tendent vers l’immensité marine, aspirent à la réalisation d’une grande société» dit ce grand sage. Confucius pense, qu’à l’âge mur, l’homme doit se fixer un objectif majeur et donner une direction, un sens à sa vie, il doit «réaliser la volonté du Ciel». L’individu, quelle que soit la difficulté de la tâche, doit persévérer dans sa mission, s’atteler entièrement à sa mission. Finalement «connaitre la volonté du Ciel» signifie reconnaître la mission dont nous avons été investis ; découvrir ce que nous devons faire durant notre vue d’être humain. L’homme n’est homme que s’il tient à ses convictions, et s’il lutte sans considération des succès ou des échecs, pourvu qu’il fasse ce qu’il croît être juste et dans ses possibilités.

«Les richesses ornent et embellissent une maison, la vertu orne et embellit la personne ; dans cet état de félicité pure, l’âme s’agrandit, et la substance matérielle qui lui est soumise profite de même. C’est pourquoi le sage doit rendre ses intentions pures et sincères» écrit Confucius dans la Grande étude. La réalité de la vertu est à l’intérieur et la forme est à l’extérieur. Il faut donner une droiture à son âme. On doit aimer son prochain comme soi-même ; ne pas lui ce que nous ne voudrions pas qu’il nous fît. L’amélioration ou le perfectionnement de soi-même est d’une nécessité absolue pour arriver à l’amélioration et au perfectionnement des autres. «L’homme supérieur ne demande rien qu’à lui-même ; l’homme vulgaire et sans mérite demande tout aux autres» dit-il.

Confucius invite chaque individu à travailler sur lui-même et faire preuve de mansuétude dans son entourage. Tout commence par soi dans le sens d’une exigence sans limite envers soi-même. Ainsi, il recommande ceci : «Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie». Ou encore «Trois sortes d’amis vous sont utiles, trois sortes d’amis vous sont néfastes. Les utiles : un ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Les néfastes : un ami faux, un ami mou, un ami bavard». Il ajoute : «Je ne cherche pas à comprendre les réponses, je cherche à comprendre les questions». «Nulle plus grande gloire n’est point de tomber, mais de savoir nous relever à chaque fois que nous tombons» écrit-il. «Examine ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette» dit-il. «Que l’on s’efforce d’être pleinement humain, il n’y aura pas de place pour le Mal». «La vraie faute est celle que l’on ne corrige pas» dit-il.

B – La doctrine de Confucius et la postérité, un exemple pour l’Afrique

Loin d’être une figure poussiéreuse de l’Antiquité chinoise, Confucius, par son puissant et lumineux héritage, nous aide à comprendre le monde du XXIème siècle.

1 – L’influence de la doctrine de Confucius dans la Chine contemporaine

La doctrine de Confucius a laissé sur la culture chinoise une trace indélébile. «Toute grande puissance qui apparaît sur la terre y laisse des traces plus ou plus moins durables de son passage. Des pyramides, des arcs de triomphe, des colonnes, des temples, des cathédrales, en portent la marque à la postérité ; mais les monuments les plus durables, ceux qui exercent la plus puissante influence sur les destinées des nations ce sont les grandes œuvres de l’intelligence humaine» écrit Guillaume PAUTHIER dans la préface du Ta Hio ou la Grande étude.

Au XIXème siècle, l’influence de Confucius s’est estompée ; la Chine n’est plus une puissance, elle n’est qu’un territoire que les Européens partagent à leur gré. Depuis la première guerre de l’opium (1839-1842), et sa défaite militaire face aux puissances occidentales une crise sous-jacente a agité l’opinion publique chinoise quant à son retard sur l’Occident sur des aspects militaires mais également financiers et même philosophiques. Le traité de Versailles enfonce définitivement le clou, la Chine est reléguée au rang de puissance mineure. Le 4 mai 1919 est annoncé le traité de Versailles ; 3000 étudiants manifestent alors dans les rues de Pékin et répandent la nouvelle dans toute la Chine.

Lorsque les Chinois, au début du XXe siècle voulurent mettre à bas l’héritage traditionnel de leur nation, ils s’en prirent spontanément à Confucius, confirmant par là son caractère indissociable de la civilisation chinoise. Il y eut certes en Chine de nombreux courants de pensée qui marquèrent durablement sa culture, mais seul le confucianisme en fut pour ainsi dire le cadre qui fit de l’empire du Milieu un monde si spécifique. Si l’étude de la pensée confucéenne est d’une importance capitale à celui qui veut comprendre ce monde chinois, elle offre également une méditation fondamentale sur l’homme.

Depuis la fin des années 1980, avec la recherche de la grandeur de la Chine, des professeurs-chercheurs d’universités ont réussi à réhabiliter l’héritage de Confucius. Les cours sur le confucianisme font classes pleines quand les cours sur le marxisme peinent à remplir les amphithéâtres. Ce mouvement de fond a percé en 2004 quand les Instituts Confucius ont été créés. De plus, Hu JINTAO en souhaitant en février 2005 dans un discours aux membres du parti communiste une société harmonieuse, fait explicitement référence aux valeurs confucéennes. En 2006, il prononcera un discours incitant les membres de l’administration à suivre les principes confucéens de probité morale. Les valeurs confucéennes seront aussi mises en valeur par Xi JINPING pour lutter contre la corruption.

La valorisation de la doctrine de Confucius coïncide avec le retour de la puissance chinoise. En effet le peuple a déconsidéré Confucius, les Mandarins et l’Empire car ils n’avaient pas été capables au cours du XIXe siècle de défendre les intérêts chinois. L’occidentalisation du pays avait été vue comme seule réponse à la supériorité européenne, décision définitivement entérinée après l’échec du Grand Bond en Avant et les réformes de 1978 qui avaient inscrites la Chine dans une logique plus libérale. Mais aujourd’hui la Chine est redevenue la première puissance économique du monde même si son PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est inférieur à celui de la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union Européenne. Et cette puissance retrouvée qui coïncide avec le manque de valeur propre à la mondialisation et au libéralisme qui ont frappé la Chine ces 30 dernières années l’incite à puiser dans sa longue histoire pour créer sa légende nationaliste et retrouver un système de valeur qui lui est propre en faisant appel à la doctrine de Confucius.

DENG Xiaoping (1904-1997), contrairement à Mao Tsé-Toung, isolationniste, s’est inspiré, en 1962, du pragmatisme de Confucius : «Peu importe qu'un chat soit noir ou blanc, s'il attrape la souris, c'est un bon chat». Cela veut dire, à l’époque, au vu de la pauvreté de la Chine profonde, il faut prendre des mesures économiques efficaces, même si elles rompent avec l'idéologie marxiste. À condition toutefois que l’hégémonie du Parti communiste soit maintenue. Dans les années 70, le débat était vif entre partisans et adversaires des systèmes communistes soviétique et russe : quel système communiste allait gagner ? Le système communiste soviétique rigide s’est effondré. La Chine, se fondant sur le pragmatisme de  Confucius, a maintenu un régime communiste de façade, mais a instauré une économie de marché dynamique, avec de fortes inégalités entre la ville et la campagne.

2 – La doctrine de Confucius : un modèle pour l’Afrique ?

La Chine sous l’impulsion de la doctrine de Confucius, en dépit de la masse importante de sa population, est sortie du sous-développement en moins de 30 ans, pour devenir un géant mondial, respecté de tous. En effet, jadis la Chine suscitait le mépris ou la peur à travers le concept de «péril jaune». Alain PEYREFFITTE (1925-1999), de l’Académie française, Ministre de l’Information sous de Gaulle, et Garde des Sceaux sous Giscard, est un des rares hommes de l’Occident à avoir prédit dans un ouvrage paru en 1973 «Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera». Alain PEYREFITTE part de l’idée que la Chine est une civilisation millénaire avec l’héritage de Confucius : «La Chine d'aujourd'hui ne prend son sens que si on la met en perspective avec la Chine d'hier» dit-il. Ce réveil de la Chine intéresse l’Afrique à plus d’un titre.  

Tout d’abord, la démographie n’a été conçue comme un handicap en Chine, mais comme un formidable atout. En effet, la Chine, avec un régime politique fort, a transformé la masse de sa population en une armée d’esclaves qui produisent à bas coûts. Le résultat : la Chine est largement gagnante dans le cadre de la mondialisation. Ainsi, quand M. MACRON, président français, évoque avec un grand mépris, le cas de ces femmes africaines qui ont entre 7 ou 8 gosses, doit-on suivre aveuglément les recommandations des occidentaux à limiter la population africaine ?

Ensuite, l’optimisation des ressources humaines, s’est doublée d’un fétichisme sur la valeur travail. En effet, les Chinois sont de grands travailleurs qui ne connaissent ni le samedi, ni le dimanche. La Chine ne s’arrête de travailler que pendant le Nouvel An, soit 15 jours. En Afrique et au Sénégal en particulier, nous avons les fêtes religieuses musulmanes ainsi que les fêtes catholiques, sans compter le Magal de Touba et différentes retraites religieuses ou des grèves incessantes qui ont cassé le système éducatif. En revanche, en Chine tout est mis en œuvre pour réussir dans son projet professionnel. Cette discipline, ce goût prononcé de l’effort, sont un héritage de la doctrine de Confucius : chaque individu doit avoir dans sa vie un objectif raisonnable et se donner les moyens de l’atteindre. Cette valeur travail est aussi une forte exigence sur soi-même en vue d’atteindre la perfection. La conséquence de cela c’est que les Chinois ont conquis l’Afrique et tous les cafés parisiens sont tombés sous leur escarcelle. A Paris, les grands magasins ont engagé des personnes parlant le mandarin, pour bien recevoir les touristes chinois qui sont supplanté les Japonais.

Enfin, contrairement à l’idiotie des Etats africains qui créent des zones franches industrielles dont on voit peu l’intérêt pour les nationaux, la Chine a toujours exigé le recrutement de ses nationaux dans les cadres dirigeants des entreprises étrangères ; ce pays impose surtout une clause de transfert de technologie. Il est donc urgent pour les Africains de mettre fin à cette Françafrique qui les maintient dans le néocolonialisme.

Par ailleurs, la Chine s’est dotée d’un modèle de consommation adapté à ses besoins réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des autres pays. En revanche, les principales denrées consommées en Afrique, viennent de l’étranger. La Chine, sans se fermer au monde, a coupé les principaux moyens de communication américains (Facebook, Google et Overblog), mais elle a mis en place des réseaux sociaux nationaux adaptés (QQ et Wicha). Les Africains, en revanche, sans aucune précaution, ont ouvert les vannes et ce sont les chaînes françaises d’information continue qui inondent le Sénégal.

Confucius valorise à l’extrême la piété familiale, mais il ne s’agit pas du népotisme dévastateur africain. Pour le philosophe chinois, aussi bien les gouvernants que les gouvernés doivent se comporter en bon père de famille ; chacun doit faire son devoir, en se fondant sur la bienveillance, être exigeant avec lui-même et se perfectionner en permanence.  Chacun doit faire avancer sa famille et donner sa contribution en fonction de ses capacités. On est loin ainsi de l’esprit de mendicité et la solidarité familiale étouffante africaine.

L’Afrique, berceau de l’humanité, en raison de son énorme potentiel humain et ses matières premières, reste fondamentalement un continent d’opportunité et d’avenir. Tout reste à construire, mais il faudrait au préalable s’armer de la confiance en nous-mêmes, retrouver nos valeurs culturelles et combattre l’esprit colonial qui nous inhibe. En effet, Confucius nous invite «à pardonner les injures et à ne se souvenirs que des bienfaits. A veilleur sans cesser soi-même. A corriger aujourd’hui les fautes d’hier. A réprimer les passions, et à cultiver l’amitié (…) il recommande toutes les vertus» écrit Voltaire.

Bibliographie très sommaire :

1 – Contributions de Confucius

Confucius, Citations et enseignements, Paris, Biotop, 2004, 80 pages ;

Confucius, Code la nature, poèmes de Confucius, traduction du père Paris, Londres, Le Roy, 1788, 127 pages ;

Confucius, Entretiens, traduit et présenté par Anne Cheng, Paris, Seuil, 1981, Seghers, 1962, 223 pages ;

Confucius, Li-Ki ou Mémorial des rites, traduction de Joseph-Marie Callery, Imprimerie royale de Turin, 1853, 200 pages ;

Confucius, L’invariable milieu, traduction Albert Rémusat, Nice, éditions des Cahiers astrologiques, 1952, 62 pages ;

Confucius, Chunquin Zuozhuan ou Chronique de la principauté de Lu (Annales des printemps et automne) traduction Séraphin Couvreur, Paris, Société d’édition Les Belles Lettres, 1914 et 1951, tome 1, 672 pages et tome 2, 586 pages ;

Confucius, Hiao King, ou le livre canonique sur la piété familiale, Mémoires concernant l’histoire, les sciences, les arts, les mœurs, les usages et coutumes des Chinois, traduction de Joseph Marie Amyot, François Bourgeois,  Pierre-Martial Cibot,  Aloys Caho, Aloys de Poirot, Louis-Georges-Oudard Feudrix de Bréquigny,  Paris, Nyon, 1776, 556 pages spéc sur la piété familiale de Confucius, pages 28-76 ;

Confucius, La morale de Chou-Kin ou le livre sacré de la Chine, préface de Antoine Gaubil, Paris, V. Lecou, 1851, 227 pages ;

Confucius, La morale de Confucius, traduction Jean de Labrune, éditeur scientifique Hubert Martin-Cazin, Paris, E. Le Grand, Fontenay-le-Comte, Gaudin Fils, 1844, 159 pages ;

Confucius, Le livre de la sagesse de Confucius, éditeur scientifique Eulalie Steens, Paris, Monaco, éditions du Rocher, 1996, 239 pages ;

Confucius, Les entretiens de Confucius, préface de René Etiemble, éditeur scientifique Pierre Ryckmans, Paris, Gallimard, 1994, 168 pages ;

Confucius, Les livres classiques de l’Empire de la Chine, annotations François-André-Adrien Pluquet, traduction François Noël, Paris, de Bure, Barrois Aîné et Jeune, 1784, 7 volumes ;

Confucius, Les quatre livres de la philosophie morale et politique, préface de Zi Zhu, traduction de  Guillaume Pauthier, Paris, Garnier Frères, 1921, 485 pages ;

Confucius, Maximes et pensées, Paris, A. Silvaire, 1963, 160 pages ;

Confucius, Pensées de Confucius, Paris, Pockett, 1995, 160 pages ;

Confucius, Sources de la sagesse, Paris, Genève, Wéber, 1974, 23 pages ;

Confucius, ZENG (Zi), Le Ta Hio, ou la Grande étude, Paris, Firmin Didot Frèces, 1837, et Rouvré, édition du Prieuré, 1993, 104 pages.

2 – Critiques de Confucius

BLANCHON (Flora), RANG-RI (Park-Barjot), Le nouvel âge de Confucius, Paris, Presses de la Sorbonne, 2007, 367 pages ;

CHENG (Anne), Histoire de la pensée chinoise, Paris, Seuil, 1997, 696 pages, spéc pages 61-93 ;

COUVREUR, (Séraphin), Les quatre livres, Guanchi Presse, 1972, 748 pages ;

COUVREUR, (Séraphin), Li-Ki ou mémoires sur les bienséances et les cérémonies, Paris, Imprimerie de la Mission Catholique, 1913, 868 pages ;

DOBLIN (Alfred), Confucius, Paris éditions d’Aujourd’hui, 1975, 233 pages ;

DOBLIN (Alfred), Les pages immortelles de Confucius, Paris, Corrêa, 1947, 237 pages ;

ETIEMBLE (René), Confucius, maître Kong, Paris, Gallimard, Collection Folio, essai n°40, 1966, réédition de 1986, 320 pages ;

FINGARETTE (Hébert), Confucius : du profane au sacré, Paris, PUM, 2004, 167 pages ;

FOUCHER (Simon), LABRUNE, de (Jean), COUSIN (Louis), La morale de Confucius, Paris, Edouard Legrand, 1844, 188 pages ;

HELMAN (Isidore-Stanislas), AMIOT (Joseph-Marie), ATTIRET (Jean-Denis), BERTIN (Léonard-Henri-Jean-Baptiste), PONCE (Nicolas), Abrégé historique des principaux traits de la vie de Confucius, célèbre philosophe chinois, Paris, Didot l’Aîne, 1782, 110 pages ;

INOUE (Yasushi), Confucius, Paris, Stock, 1989, 414 pages ;

JAVARY (Cyrille), Paroles de Confucius, Paris, Albin Michel, 2005, 53 pages ;

JAVARY (Cyrille), Sagesse de Confucius, Paris, Eyrolles, 2016, 181 pages ;

JING (Shi), Couvreur (Séraphin), Cheu King, texte chinois avec double traduction en français et en latin, Paris, 1896, Imprimerie de la Mission Catholique, 556 pages ;

LEVI (Jean), Les entretiens de Confucius, Paris, Albin Michel, 2015, 288 pages ;

LEVI (Lévi), Confucius, Paris, La Martinière, X. Barral, 2003, 64 pages ;

MARTINO (Pierre), L’Orient dans la littérature française au XVIIème et au XVIIIème siècles, Paris, Hachette, 1906, 378 pages, spéc pages pages 308-323 ;

PALMER (Martin), Le taoïsme, traduction de Sophie Bastide-Foltz, Paris, Payot et Rivages, 1991, 238 pages ;

PAUTHIER (Jean-Pierre-Guillaume), Les livres sacrés d’Orient : comprenant le Chou-King ou le Livre par excellence, les Ssce-Chou ou les quatre livres moraux de Confucius et de ses disciples, les lois de Manou, premier législateur de l’Inde, le Koran de Mohamet, Paris, Société du Panthéon littéraire, 1843, 764 pages ;

SANCERY (Jacques), Confucius, l’appel à la rectitude, Paris, Seuil, 2010, 96 pages ;

SILHOUETTE de (Etienne), Idée générale du gouvernement et de la morale des Chinois tirée particulièrement des ouvrages de Confucius, Paris, GF Quillau, 1731, 61 pages ;

VOLTAIRE, Dictionnaire philosophique, Paris, Imprimerie de Cosse et Gaultier-Laguionie, 1838, tome 1, 948 pages, spéc. sur la Chine, avant-propos et pages 269-282  ;

VOLTAIRE, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Paris, Treuttel et Würtz, 1835, tome 1, 516 pages, spéc sur la Chine, pages 13-39 ;

YANG (Huanyin), «Confucius (K'Ung Tzu) (-551/-479)», Perspectives, vol. XXIII, n° 1- 2, mars-juin 1993, pages 215-223.

Paris, le 23  septembre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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Published by Le blog de BA Amadou - dans Littérature
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