Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
  • Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA
  • Contact

Recherche

27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 22:14

Le clan EYADEMA, arrivé par la force en 1963, se maintient toujours au pouvoir par les larmes et le sang, avec la complicité d’une certaine Françafrique, symbolisée par Charles DEBBASCH. Jusqu’en 1960, Sylvanus OLYMPIO (6 sept 1902 – 13 janvier 1963), premier président du Togo indépendant, avait donc incarné ce pays multiculturel que les Français n’avaient pas pu coloniser à leur façon, entre 1919 et 1960, la tutelle du Togo avait été confiée à la France par la Société des Nations (SDN), puis par l’ONU. Et juste après l’indépendance, en mai 1960, le premier président du Togo avait confié à l’AFP : «Je vais faire mon possible pour que mon pays se passe de la France».  En effet, pour de GAULLE et Jacques FOCCART, son conseiller aux affaires africaines, M. Olympio était le prototype du chef d’État sournoisement anti-Français. D’abord à cause de ses origines. Né à Lomé en 1902, sous la colonisation allemande, formé à la London School of Economics, M. OLYMPIO était polyglotte (allemand, anglais, français, portugais, yorouba) et avait longtemps travaillé pour la compagnie anglo-néerlandaise Unilever. Si le président OLYMPIO ne s’opposait pas frontalement à la France, il envisageait après sa visite aux Etats-Unis, sous J.F. KENNEDY, de sortir du F.C.A. Par ailleurs, le président OLYMPIO, un Ewé du Sud, s’opposait avec une faible armée de 1000 hommes, à l’intégration d’anciens militaires démobilisés des guerres coloniales françaises, des KABYés venus du Nord, dont EYADEMA. Le sergent EYADEMA reconnaît avoir abattu le président OLYMPIO, «parce qu’il ne voulait pas avancer» dit-il. «Des sacrifices humains déguisés en assassinats politiques  il y a une certaine confusion liée au succès de mon roman. Les gens pensent que ce que je raconte dans mon livre relève de la fiction, alors qu’il s’agit de faits réels. Lorsque je dis dans mes entretiens que tous les présidents africains sont entourés de magiciens qui ont parfois rang de ministres d’État, on me répond que des hommes politiques français aussi ont leurs magiciens. En Afrique, il n’y a pas un seul dirigeant qui n’ait son magicien ou son marabout ; magie et pouvoir politique sont des entités presque identiques».

Le général EYADEMA (1935-2005), après avoir assassiné le président OLYMPIO, est resté au pouvoir jusqu’au 5 février 2005, date de son décès. L’article 65 de la Constitution, adoptée par référendum le 27 septembre 1992 du Togo, prévoyait qu’en cas d’empêchement définitif, de décès ou de démission du président de la République, c’est le président de l’Assemblée nationale qui devait exercer l’intérim jusqu’à l’organisation de nouvelles élections, sous 60 jours. Et l’article 144 alinéa 5 de la Constitution de 1992, est strict quant à la procédure de révision constitutionnelle, «aucune procédure de révision ne peut engagée ou poursuivie en période d’intérim ou de vacance ou lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire». En dépit cette formelle interdiction,  le président de l’assemblée, alors à l’étranger, a été éloigné du pays en raison d’un couvre-feu. Cependant, Faure EYADEMA, le fils du général défunt Gnassingbé, lui, a été autorisé, pendant cette période, à regagner le pays, et à modifier la Constitution, avec la complicité de Charles DEBBASCH, un juriste français. Elu par intérim du 7 au 25 février 2005, par un coup de force électoral, il s’est fait réélire les 24 avril 2005, 4 mars 2010 et 25 avril 2015.

Par conséquent, la dynastie EYADEMA est au pouvoir au Togo depuis 54 ans. Actuellement, au Rwanda, le président Faure EYADEMA craint en raison des manifestations de l’opposition, de retour dans son pays. Cependant, en raison du peu de considération qu’il accorde à la dignité humaine, il a chargé son armée de tirer sur les manifestants. En effet, le peuple togolais manifeste pour le respect des libertés et réclame le retour à la constitution de 1992. La mobilisation massive des Togolais n’a eu d’équivalent que la répression féroce de la part des forces de l’ordre. Si cette manifestation relève d’une décision partisane, son ampleur illustre le désarroi d’un pays otage d’une même famille depuis plus de 50 ans. Face à la violence d’Etat et à la frustration de la population togolaise, «Tournons la Page» exige une réponse ferme de la communauté internationale.

Le 19 août 2017, des manifestations ont eu lieu dans les grandes villes togolaises, à l’initiative du PNP autour du slogan «50 ans, ça suffit». La répression de ces marches pacifiques a fait au moins sept morts et a été l’œuvre non pas de la police ou de la gendarmerie mais de militaires et de miliciens, souvent habillés en civil. La traque des militants, notamment à Sokodé, fief du PNP, se poursuit depuis lors avec de nombreuses arrestations de militants du parti d’opposition.

Ces manifestations expriment l’exaspération des citoyens togolais qui pour 88% d’entre eux n’ont connu qu’une seule famille au pouvoir. Ces citoyens mesurent l’injustice de leur situation alors que le Togo est désormais le dernier pays de la sous-région à n’avoir jamais connu d’alternance. L’arrestation au Gabon du représentant du PNP, relâché samedi soir, suite à un rassemblement de ressortissants Togolais devant leur ambassade à Libreville, démontre à nouveau que les dictatures africaines se soutiennent pour bâillonner les aspirations du plus grand nombre.

Face aux graves violations des droits humains par le pouvoir togolais, la campagne « Tournons la Page » exige du gouvernement du Togo :

  • la libération immédiate et sans condition des personnes interpellées depuis le 19 août 2017 ;

  • la sanction, conformément à la loi, des auteurs de la violence injustifiée et disproportionnée contre les manifestants ;

  • l’autorisation des manifestations des partis politiques d’opposition et de la société civile, dans le respect de la constitution et des textes internationaux ;

Et de la communauté internationale, en premier lieu l’Union Européenne, la France et l’Allemagne :

  • une dénonciation univoque de l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre togolaises ;

  • une relance du processus pour l’application de l’Accord de Politique Global de 2006 et notamment des nombreuses dispositions concernant les droits humains (neutralité politique de l’armée, lutte contre l’impunité des forces de l’ordre…) et la gouvernance politique (élections locales, réforme du fichier électoral, vote de la diaspora…).

Solidarité avec le peuple togolais en lutte pour la démocratie !

Paris, le 27  août 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Solidarité avec le peuple togolais en lutte pour la démocratie et contre la monarchie du clan EYADEMA», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Solidarité avec le peuple togolais en lutte pour la démocratie et contre la monarchie du clan EYADEMA», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost 0
Published by Le blog de BA Amadou - dans Politique
commenter cet article

commentaires

Articles Récents

Liens