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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 23:06

Cet article a été publié dans le journal FERLOO, édition du 23 août 2017.

«Jamais voix pareille à celle de Tolstoï n'avait encore retenti en Europe. Comment expliquer autrement le frémissement d'émotion que nous éprouvions alors à entendre cette musique de l'âme, que nous attendions depuis si longtemps et dont nous avions besoin ? Mais c'était trop peu pour nous d'admirer l'oeuvre : nous la vivions, elle était nôtre» écrit Romain ROLLAND. «Titan des lettres», scrutateur d’âmes, messager spirituel et écrivain prolifique, TOLSTOI a produit : 4 romans, 35 nouvelles, 2 pièces de théâtres, 4 essais autobiographiques, 14 essais et une importante production épistolaire. Reconnu comme l'un des plus grands écrivains planétaires, avec «Guerre et Paix» et «Anna Karénine», issu de la haute aristocratie, TOLSTOI, en puriste de la langue russe, a révolutionné langue russe. Par rapport à ses devanciers (TOURGUENIEV, DOSTOIEVSKI), libre de toute attache d’école, indifférent aux partis politiques qu’il dédaigne, solitaire et méditatif, TOLSTOI est un écrivain original, parfois fantasque. DOSTOIEVSKI, citadin sans fortune, épileptique, écrivain vivant de sa plume, a introduit le roman psychologique en créant dans l'angoisse et la maladie, avec une énergie surhumaine. Par conséquent, le monde extérieur apparaît sous des formes contrefaites, hideuses, sinistres ; il s’exhale de tout cela un air malsain, des odeurs fétides qui ne sortent que des lieux hantés par la pauvreté, la débauche et le crime. Partisan de la réforme sociale, DOSTOIEVSKI a été influencé par les idées de Charles FOURRIER. En revanche, TOLSTOI a rompu avec le passé, avec la servitude étrangère : «c’est la Russie nouvelle, précipitée dans les ténèbres de la recherche de ses voies, rétives aux avertissements de nos goûts» écrit le Vicomte Eugène Melchior VOGUE. Elevé dans le culte de l’art et de la chevalerie, hostile au populisme, comme à la tyrannie, TOLSTOI décrit des conflits politiques, des oppositions de caractères. TOLSTOI est à la fois le traducteur et le propagateur de cet état d’âme russe qu’on appelle le nihilisme. «Il a la vue nette, prompte, analytique, de tout ce qui est sur terre, à l’intérieur comme ce qui est à l’extérieur de l’homme ; les réalités sensibles d’abord, puis le jeu des passions, les plus fugitifs mobiles des actions, les plus légers malaises de la conscience» précise VOGUE.

TOLSTOI est un grand admirateur de Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778) avec qui la littérature est devenue active et militante. Pour lui, ROUSSEAU est le «prophète du cœur», possédé par une manie moralisante. ROUSSEAU prêche le retour à la vie naturelle niant la civilisation, les arts et les sciences qui corrompent l’homme, parce qu’ils le détournent de la nature, source de toutes les vertus. Ce que TOLSTOI admire en ROUSSEAU, ce n'est ni la beauté esthétique, ni le «bavardage artistique», mais c’est l'élément moral qu'il trouve en lui, le degré d'utilité, le perfectionnement intérieur de l'homme et l'amélioration de ses rapports avec son prochain. En effet, écrire n’est plus amuser, ni rechercher le beau, c’est prophétiser, agir, entraîner ou convertir. Par conséquent, pour TOLSTOI, la plume est comme une croix ou une épée. En revanche, TOLSTOI, en sévère moraliste et ascète, est critique vis-à-vis de Guy de MAUPASSANT, un artiste sensuel, dionysiaque et misogyne (voir mon post). MAUPASSANT est un homme qui n’écrit pas pour prouver quelque chose et pour nous dire ce qu’il pense ; un homme, en un mot, qui n’écrit pas pour agir : «qu’est-ce que c’est cet écrivain ? Je cherchais un sermonnaire, j’ai trouvé un romancier» dit-il. Or, pour TOLSTOI, l’artiste doit pouvoir distinguer le Bien du Mal, il est tenu d’être un prédicateur, un directeur de conscience. En 1861, TOLSTOI rendit visite à Joseph PROUDHON (1809-1865) à Bruxelles, pour qui «la propriété, c’est le vol». TOLSTOI estima alors : «il ne se dit pas une vérité plus forte en un siècle». C’est PROUDHON qui a suggéré le titre de «Guerre et paix» à TOLSTOI. La guerre et la paix sont deux fonctions alternant dans la vie de l’humanité, «La guerre comme phénomène moral, inspiratrice d’art et de poésie».

Léon TOLSTOI est le précurseur de la non-violence. «Ce n’est pas la violence, mais le Bien qui supprime le Mal» dit-il. Ardent défenseur de l’environnement et passionné de la chasse, TOLSTOI a toujours manifesté un amour passionné de la vérité, orientée vers le progrès social et le progrès personnel. Il dira, dans sa nouvelle «Sébastopol» : «Le héros de cette histoire est une héroïne, une héroïne que j’aime de toute la force de mon âme, que je me suis  efforcé de retracer dans toute sa beauté, et qui a été et sera éternellement belle, l’héroïne de ma nouvelle c’est la Vérité». TOLSTOI est hanté par la mort omniprésente dans sa réflexion : «La vraie vie commence et se termine avec l’agonie» écrit-il. En réalité, TOLSTOI est l’un des principaux personnages de sa contribution littéraire. L’évolution de sa vie, comme celle de son œuvre, a suivi une voie logique. «Son œuvre littéraire est continue, immense et perplexe et sa vie peut être considérée comme le premier de ses ouvrages, comme la matière de la plupart d’entre eux» écrit LOURIE. On décerne trois étapes majeures dans sa vie. Jeune et fougueux, son exubérance vitale est conforme à sa joie de vivre. A l’âge mûr, il se fait historien et sociologue ; il a foi dans le progrès et dans l’action. Avec l’âge qui avance, TOLSTOI est en quête sens, et adopte une nouvelle religion.

1ère étape de L’enfance aristocratique et heureuse (1828-1852)

Dans ses souvenirs, écrits en Caucase, TOLSTOI évoque son enfance, «une période merveilleuse, innocente, poétique et joyeuse», et il rêve de se refaire «un cœur d’enfant, bon sensible et capable d’amour». En effet, TOLSTOI a grandi à la campagne dans un environnement paradisiaque. Sa merveilleuse peinture réaliste de l’enfance est peuplée d’une bonhommie affectueuse et narquoise, teintée d’une nature aristocratique : «J’ai constamment l’impression d’avoir volé un bonheur immérité, illégitime qui ne m’était pas destiné. J’ai eu toute ma vie, pour tout ce qui m’arrivait de bien, le sentiment que cela ne m’était pas destiné» écrit TOLSTOI. Il n’était pas beau, mais sa mère lui avait une recommandation «tâche d’être brave et avoir beaucoup d’esprit». Enfant timide, original, en raison de son physique, Léon rentre en lui-même, s’isole, vit dans ses pensées et prend le goût de la réflexion et de l’analyse.

TOLSTOI appartient à la haute noblesse d’origine allemande (Dick, gros en allemand, traduit en russe, Tolstoï), émigrée en Russie en 1353. Son père, Nicolas Ilitch, un lieutenant-colonel, après la guerre de 1812, se retire à Iasnaïa-Poliana (la claire clairière), dans le district de Krapivna, dans la province de Toula, à 200 km de Moscou, où naquit le 28 août 1828, Léon Nicolaiévitch TOLSTOI. «Je suis né et j’ai passé ma tendre enfance à Iasnaïa Polinia» dit-il. Cette maison apportée en dot par la mère de TOLSTOI, devient la propriété de Nicolas TOLSTOI à la mort de son père. TOLSTOI est né sous le règne de Nicolas 1er (1796-1855), empereur de Russie, roi de Pologne, grand-duc de Finlande, un régime aristocratique et despotique, marqué par la censure et la répression. Sa mère, Marie NICOLAEVNA, comtesse VOLKONSKAIA, meurt en 1830 : «Je ne me rappelle pas de ma mère (…), J’en suis presque content, car la représentation que j’ai d’elle est ainsi toute spirituelle. Ma mère n’était pas jolie. Elle était, pour son temps, très instruite. Sa qualité la plus précieuse était de savoir dominer son caractère emporté. (…) Si je pouvais entrevoir ce sourire dans les moments difficiles, je ne saurais pas ce que c’est le chagrin» dit TOLSTOI. Ses deux parents sont représentés dans son roman «Guerre et paix». Il avait une sœur, Marie, qui se fit religieuse et trois frères (Serge, un égoïste et charmant, Dimitri, un passionné et concentré qui finit dans la débauche et meurt à 29 ans, Nicolas, un militaire, l’aîné, un ironique et un conteur hors pair). En 1837, la famille s’installe à Moscou pour les études de son frère, et son père décède. La famille est contrainte, pour des raisons financières, de revenir Iasnaïa-Poliana. Le portrait qu’il dégage de son père est peu flatteur : «mon père était de taille moyenne, bien bâti, sanguin et très vif, il avait le visage agréable et les yeux toujours tristes». Son père était aimable et moqueur d’une existence indépendante et dénuée de toute ambition.

TOLSTOI fréquente l’université de Kazan en 1844 pour étudier les langues orientales, et la civilisation française, mais se livre aussi aux orgies, duels et jeux de cartes. En 1847, il abandonne les études et revient se fixer à Iasnia-Poliana «Je vais me consacrer à la vie rustique. (…) J’ai trouvé ma propriété dans le plus grand désordre. A force de chercher un remède à cette situation, j’ai acquis la certitude que le mal vient de la misère des Moujiks» écrit-il. TOLSTOI avait 700 serfs sous sa responsabilité. Il observe les Moujiks vicieux, méfiants, paresseux, menteurs et butés. Mais, il n’a pas réussi à changer leurs conditions de vie et retourne un certain temps à Moscou. Dans cette ville, il sera obligé de vendre sa maison pour rembourser des dettes de jeu.

Le 23 septembre 1862, il épouse Sophie-Andreivna BERS (1844-1919), une fille de 17 ans et lui en avait 34 : il se regardait comme un vieil homme, qui n’avait pas le droit d’associer sa vie usée, souillée, à celle d’une innocente jeune fille. Sophia, une femme écrasée par le génie de son mari, deviendra également sa secrétaire, copiste et traductrice ; elle conserve soigneusement tous ses manuscrits et s’occupe de la publication de ses livres. TOLSTOI lui communique son journal intime qui retraçait ses débordements. Ils eurent 13 enfants dont 9 ont survécu (4 filles, 5 garçons). «Je tenterai d'être sincère et authentique jusqu'au bout. Toute vie est intéressante et la mienne attirera peut-être un jour l'attention de ceux qui voudront en savoir plus sur la femme que Dieu et le destin avaient placée à côté de l'existence du génial et complexe comte Léon Nikolaïevitch Tolstoï», avoue-t-elle. Sophie BERS a inspiré TOLSTOI dans «Bonheur conjugal», Natacha dans «Guerre et paix» et Kitty pour «Anna Karénine». Dans ces romans, les caractères de femmes sont supérieurs à ceux des hommes. «Le poète enlève ce qu’il y a de meilleur dans sa vie pour le mettre dans son œuvre. C’est pourquoi son œuvre est si belle et sa vie, si laide» dira TOLSTOI.

 

Entré au service militaire, il passe quelques années au Caucase, dans un régime d’artillerie. Le Caucase, dont la nature merveilleuse respire la beauté étrange, produit sur TOLSTOI une influence apaisante. En 1854 il est transféré à Sébastopol, quand la guerre de Crimée éclate et soutient le siège mémorable.

 

2ème étape : L’historien, le sociologue et génie de la langue russe (1852-1880)

 

Dans cette deuxième tranche de sa vie, TOLSTOI est le porte-drapeau de l’école réaliste russe. En novembre 1855, TOLSTOI est envoyé comme courrier à Saint-Pétersbourg ; il commence à être reconnu dans les cénacles littéraires. Il juge avec sévérité, la vie de ces hommes «arrivés». Mollesse, gourmandise, vanité, potins, absence d’idéal et de convictions profondes, il fera le procès de cette époque, plus tard, dans ses «Confessions».

 

Grâce à son épouse, avec son énergie vitale, qui a su créer une atmosphère de sérénité et de paix, TOLSTOI écrira ses deux romans majeurs : «Guerre et paix» ainsi que «Anna Karénine» qui éclipseront les autres contributions littéraires. L’influence d’une vie familiale heureuse, détourne TOLSTOI de toute recherche du sens général de la vie. Cependant, dans une lettre du 30 août 1869, TOLSTOI affirme découvrir Arthur SCHOPENHAEUR, un pessimiste «J’éprouve une admiration sans bornes pour Schopenhaeur ; il me procure des plaisirs moraux que je méconnaissais jusqu’à présent».

3ème étape - Le moraliste et l’humaniste (1880-1910)

Cette dernière partie de la vie de TOLSTOI est marquée par une conversion religieuse et un profond changement des vues artistiques. En effet, c’est en pleine gloire que TOLSTOI va basculer dans le mysticisme et l’espérance religieuse «La vie n’aboutit à rien, elle n’a aucun sens» dit-il. Il songe même à devenir moine, donner ses biens ou se suicider. Il abandonne la littérature profane et s’interroge à travers ses écrits sur le sens de sa vie. «Il n’est plus possible de continuer à vivre comme j’ai vécu jusqu’à présent. Voila ce que m’ont révélé la mort d’Ivan Ilitch et le journal qu’il a laissé. Je veux donc décrire ma conception de la vie et de la mort, avant cet événement, et je transcrirai ce journal tel qu’il m’est parvenu» dit-il dans «La mort d’Ivan Ilitch. TOLSTOI va donc réviser sa conception de la vie : «Pendant 35 ans de ma vie j’ai été nihiliste, dans l’exacte acception du mot, c’est-à-dire non pas un socialiste révolutionnaire, mais un homme qui ne croit à rien» dit-il. TOLSTOI constate que la religion classique autorise l’esclavage et fait l’apologie du défaitisme et de la résignation. Il forge alors un christianisme arbitraire inventé par lui tout seul : «Il y a cinq ans la foi me vint ; je crus à la doctrine de Jésus et toute ma vie changea subitement. Je cessais de désirer ce que je désirais auparavant, et je mis, au contraire, à désirer ce que je n’avais désiré. Ce qui, auparavant, me paraissait bon me parut mauvais, et ce qui me paraissait mauvais me parut bon. Il m’arriva ce qui arrive à un homme qui, sortit pour une affaire, décide, chemin faisant que l’affaire ne lui importe guerre et retourne chez lui. Tout ce qui était à sa droite se trouve alors à sa gauche, et tout ce qui était à sa gauche se trouve à sa droite» écrit TOLSTOI dans «Ma religion». Léon TOLSTOI est à la fois ce chrétien en "quête de la vérité", révolté par la pauvreté, la peine de mort, l'indifférence à autrui, l'esclavage, le militarisme et l'hypocrisie du clergé, et c’est un intellectuel curieux des autres cultures. «Tolstoï n’a pas mis cinquante ans à dominer et à briser les survivances et les préjugés qu’il tenait de son rang et de sa caste, à faire un homme libre du prisonnier qu’il fut, à conquérir sa croyance morale, pour culbuter au temps de la vieillesse, aux déprimantes élégances d’un impuissant pyrrhonisme. Donc, il affirme, mais cependant, il discute, il écoute. (…) La curiosité d’un cerveau en constant travail, et qui professe que la Vérité se plaît parfois à s’exprimer par les bouches les plus humbles» écrit  Georges BOURDON.

I – TOLSTOI, patriote, peintre de la société russe

A – TOLSTOI, l’écrivain soldat, ivre de la vie

«Le patriotisme est un principe que, dès notre petite enfance, nous adoptons sans examen» dit-il. TOLSTOI n’attaque le patriotisme qu’en ce lui paraît avoir pour complément nécessaire l’idée de guerre. TOLSTOI hait la guerre, mais il dit sa haine avec l’ardeur des batailles. Cependant, la liberté n’est si belle que pour l’ardeur de lutter pour elle. Poursuivi par ses créanciers, TOLSTOI s’enfuit en Caucase et s’engage dans l’armée de son frère, Nicolas. Dans ces montagnes poétiques, il commence, sous la passion du jeu, de la sensualité et de la vanité, à rêver et à écrire : «La nuit dernière, j’ai à peine dormi. Je me suis mis à prier Dieu. Il m’est impossible de décrire la douceur du sentiment que j’éprouvais en priant. Je me suis endormi en rêvant de gloire et de femmes. Je remercie Dieu pour ce moment de bonheur, pour ce qu’il m’a montré ma petitesse et ma grandeur» dit-il.

Dans «Les Cosaques» rédigé en 1852, mais publié en 1862, il note la surabondance de sa vie antérieure «ce que je sentais en moi était un amour profond et chaud pour moi-même de bon et de beau, susceptible de développement» dit-il. TOLSTOI se laisse vivre en Caucase : «Les hommes vivent ici selon les lois de la nature ; ils naissent, engendrent, se battent, mangent, boivent, jouissent de la vie, meurent et ne connaissent d’autres lois que celles imposées invariablement par la nature au soleil, à la végétation, aux animaux. Il n’y a en pas d’autres» écrit-il. En éveillant, dans son âme, la passion de la simplicité, la haine de la vie de salon, des complications factices de l’existence, c’est cette simplicité primitive, c’est cette beauté grandiose et simple de la nature qu’il va respirer au Caucase.  Libidineux, TOLSTOI est saisi par la joie de vivre. La vie est tout bien, tout bonheur, la vie toute puissante, universelle : la vie est Dieu. «S’amuser avec une fille n’est pas un péché, c’est le salut» dit-il. Dieu a tout fait pour la joie de l’homme. Rien n’est péché. C’est l’époque de la volupté intense dans sa rencontre avec la belle et sauvage Marianka. Ainsi, ce sont les guerres, notamment en Caucase et à Sébastopol, qui ont inspiré en premier sa contribution littéraire. TOLSTOI commence à écrire ses souvenirs autobiographiques, et évoque le bonheur familial. Il est encore sous influence de David Copperfield de Charles DICKENS. Il faisait de la littérature par intermittence. Son vrai héros n’est pas apparemment, comme il le dit la Vérité, mais la foule, la nation russe. En cette foule, en ses croyances, ses goûts, ses idées, TOLSTOI a dépeint ses vérités. Bien vivre, c’est faire battre le cœur de la nation russe. Bien penser, c’est bien penser comme elle. La sagesse devient le sentiment inconscient des masses populaires que la littérature de TOLSTOI a bien capté. Les «Cosaques», dira TOURGUENIEV c’est là «le plus beau récit de toute la littérature narrative russe».

Cependant, ce délire de force et de vie n’entament en rien la lucidité de TOLSTOI qui commence, profondément, à s’interroger sur le sens de sa vie : «En même temps, c’était en Caucase, j’étais particulièrement solitaire et malheureux. Je tendis toutes les forces de mon esprit, comme on ne peut le faire qu’une seule fois dans sa vie. C’était un temps de martyre et de félicité. Jamais, ni avant, ni après, je n’ai atteint une telle hauteur de pensée, je n’ai vu aussi profond que pendant ces deux années. Et tout ce que j’ai trouvé alors restera ma conviction» dit-il.

Avec les trois récits de «Sébastopol», empreints de patriotisme et d’héroïsme, TOLSTOI mettait une certaine passion dans la vie et un esprit de sacrifice. Le véritable héros de la guerre de Crimée, avec le siège des Anglais et des Français, c’est la masse des simples soldats, héroïque et grande, parce qu’elle ne doute pas de la grandeur qu’il y a à mourir pour la patrie. TOLSTOI perd tout sentimentalisme, et évoque «cette compassion vague, féminine et pleurnicheuse» dit-il dédaigneusement. Il brosse un mélange de grandeur et de faiblesse de l’âme humaine : «dans mon œuvre, il n’y a pas de héros ; tous sont bons et tous sont mauvais, et je n’aurai qu’un héros, le vrai». La maîtrise de ce jeune écrivain est déjà entière ; la peinture minutieuse des détails matériels, l’analyse infinitésimale des motifs psychiques au sein de la mêlée sanglante y atteignent la perfection. Le héros peut devenir, l’instant d’après, mesquin ou brutal. «Ce vin est encore jeune, mais quand il aura fini de fermenter, il en sortira une boisson digne des Dieux» écrit TOURGUENIEV dans la préface de ces récits. Pendant cette guerre de Sébastopol, TOLSTOI fut frappé par la grandeur de la souffrance humaine, par les menaces de la mort : «Les éclats volent en l’air en sifflant et grinçant. A ces sons divers, vus éprouvez un étrange mélange de jouissance et de terreur. Au moment où le projectile arrive sur vous, il vous vient infailliblement à l’esprit qu’il vous tuera, mais l’amour-propre vous soutient et personne ne remarquera le poignard qui vous laboure le cœur». Le 5 mars 1855, TOLSTOI continue à s’interroger sur le sens de sa vie «J’ai été amené à une grande idée, à la réalisation de laquelle je me sens capable de consacrer toute ma vie. Cette idée, c’est la fondation d’une nouvelle religion, la  religion du Christ, mais purifiée des dogmes et des mystères. Agir en claire conscience, afin d’unir les Hommes par la religion» écrit-il.

Dégouté de la guerre, il démissionna de l’armée en novembre 1856, et fit 1857 un voyage en Europe occidentale ; il séjourne à Paris, Londres et Genève où il se familiarise avec les idées de Jean-Jacques ROUSSEAU. De retour dans son domaine, il crée une école fondée sur la liberté de l’éducation. Il fera un second voyage en Europe de 1860 à 1861 et ne quittera plus la Russie.

B – TOLSTOI, le succès avec l’école réaliste

L’inutilité de l’héroïsme, la lutte avec la vie et la nécessité de la résignation sont des traits du réalisme où TOLTSOI et DOSTOIEVSKI se rencontrent. Mais les résignés de DOSTOIESKI sont les vaincus de la vie, alors que chez TOLSTOI la reconnaissance devant la nature, devant la société, devant Dieu n’est pas seulement pour l’individu la plus haute sagesse, mais aussi le chemin conduisant au bonheur. De toutes les formes du bonheur, c’est-à-dire de la satisfaction donnée aux instincts naturels, l’amour du prochain et le dévouement, sont à la fois légitimes et plus accessibles. Artiste et créateur d’images, TOLSTOI a admirablement décrit la vie de son pays, dans ses facettes multiples ; il est l’incarnation de l’âme du peuple russe. Ainsi, dans «Guerre et paix» et «Anna Karénine», en peintre, il y cherche moins à prouver quelque chose qu’à décrire sa Russie du XIXème, y compris dans ses aspects hideux comme le servage.

«Guerre et paix», publié en 1878, est une description de la société russe pendant les guerres napoléoniennes de 1805 à 1815. TOLSTOI parle de la guerre en homme qui l’a faite. TOLSTOI se fait «historiographe de la noblesse, le scrutateur de l’âme de la noblesse à l’époque la plus glorieuse de la patrie» dira DOSTOIEVSKI. C’est une chronique familiale en toile de fond la rivalité entre Alexander 1er et Napoléon. TOLSTOI s’intéresse également aux petites gens et au peuple. Il met en lumière, avec une accumulation de détails, le contraste des temps sombres et des temps clairs, des moments violents et des moments calmes. Guerre et paix est un livre d’histoire, un poème épique, un poème bucolique et un poème psychologique. C’est un spectacle humain, celui de la Russie dans sa lutte désespérée contre l’étranger. Le vrai héros de ce roman homérique est le peuple : armée, noblesse, classe dirigeante, les administrés, les intellectuels, les souffrances physiques et morales, tout y est. Il écrit en romancier, en historien et en dramaturge. « La plus vaste épopée de notre temps, une Iliade moderne. Un monde de figure et de passions s’y agite. Sur cet océan humain, aux flots innombrables, plane une âme souveraine, qui soulève et réfrène les tempêtes avec sérénité. […] La plupart des lecteurs français, un peu myopes, n’en voient que les milliers de détails, dont la profusion les émerveille et les déroute. Ils sont perdus dans cette forêt de vie. Il faut s’élever au-dessus et embrasser du regard l’horizon libre, le cercle des bois et des champs ; alors on apercevra l’esprit homérique de l’œuvre, le calme des lois éternelles, le rythme imposant du souffle de destin, le sentiment de l’ensemble auquel tous les détails sont liés, et, dominant son œuvre, le génie de l’artiste, comme le Dieu de la Genèse qui flotte sur les eaux». Romain ROLLAND écrit, non sans lyrisme. TOLSTOI précisera : «J'ai tué des hommes à la guerre, j'en ai provoqué d'autres en duel pour les tuer; en jouant aux cartes et en me goinfrant, j'ai dilapidé les fruits du labeur de mes paysans ; je les châtiais sévèrement, je m'adonnais au stupre, à la tromperie. Mensonge, vol, débauche de toute sorte, violence, meurtre. Pas un crime que je n'aie commis», écrit TOLSTOI qui envisage d’expier tout ce mal. Le capitaine KHLOPOV, le vrai héros, ne se bat point pour son plaisir, mais parce que c’est son devoir. Cependant, TOLSTOI réprouve déjà la guerre «Les hommes peuvent-il vivre à l’aise, dans ce monde si beau, sous cet incommensurable ciel étoilé ? Comment peuvent-ils, ici, conserver des sentiments de méchanceté, de vengeance, de rage de détruire leurs semblables ? Tout ce qu’il y a de mauvais dans le cœur humain devrait disparaître contact de la nature, cette expression la plus immédiate du Beau et du Bien » écrit TOLSTOI.

«Anna Karénine», écrit entre 1875 et 1877, est l’histoire tragique d’une femme de la haute société de Saint-Pétersbourg qui s’éprend d’un jeune homme, quitte mari et enfant, et finira par se suicider. Cette tragédie de la faute et du châtiment a été inspirée par un fait divers touchant une voisine de TOLSTOI. En effet, en 1872, une jeune femme, Anna STEPANOVNA, se jette sous les roues d’un train de marchandises, son amant l’ayant répudiée pour prendre une autre maîtresse. TOLSTOI, qui habite à deux pas, se rend à l’autopsie ; ce fait divers qui expose un drame passionnel excite son imagination pendant plus d’un an jusqu’à ce qu’il se décide à en faire un roman où la fatalité, en accord avec son nouvel état d’esprit, est l’expression d’une folie sensuelle due à «la séduction quasi infernale» de l’héroïne : Anna Karénine. Ce roman est un drame de famille et un drame d’amour ; c’est aussi une tragédie entre du mariage entre jeune femme et mari âgé, entre une femme romanesque et un mari méthodique et borné. Le rôle destructeur de la passion entraîne à mentir, à s’abaisser, cause scandale, séparations, suicide. Comme Emma Bovary, Anna ne s’appartient plus, mais au moins le sait-elle ? ; Tout ce qu’il y a de meilleur en elle s’affaisse, tombe et le pire est porté à son comble : désir de vivre devenu unique désir de plaire, jalousie chronique, volonté de séduire tout homme, morphine pour s’abrutir, conscience de la déchéance morale qui la pousse sous un train. Et plus on le loue pour son roman, plus l’écrivain s’énerve, condamne et vitupère : «L’art c’est le mensonge et je ne peux plus aimer un beau mensonge».

TOLSTOI revient sur le thème du mariage dans deux romans : «Katia» et la «Sonate à Kreutzer» : «Le mariage, tel qu’il existe aujourd’hui, est le plus odieux de tous les mensonges, la forme suprême de l’égoïsme» dit-il. Katia c’est l’histoire de la littéraire, de l’intellectuelle, pour qui l’amour est une forme d’admiration. Une jeune femme s’éprend d’un homme sur le commencement du déclin, parce qu’il est admirable et intelligent. Ce genre d’amour peut mener à une impasse. «La Sonate à Kreutzer» nous relate un drame conjugal dans lequel l’homme marié n’est pas fait pour le mariage ; c’est un loup solitaire qui ne peut pas vivre à deux. On assiste à une succession d’états du marié qui peut être l’étonnement, l’inquiétude, l’angoisse, l’irritation nerveuse ou la folie meurtrière.

Pour TOLSTOI, la femme est un être sacré, doux et mystérieux, un organisme délicat que peut détruire un accident de la vie. TOLSTOI est bienveillant pour elle, mais il la veut, aussi, droite et sans reproche, il a pour cette créature, qui sera mère, le culte de la pureté. Les héroïnes de l’auteur sont étranges, mais attachantes. Belles et insouciantes, parfois naïves, il y a, au fond de leur cœur, beaucoup de tristesse et désillusion. «TOLSTOI veut que la femme soit honnête, il trouve que celle qui se donne en dehors du mariage est une sorte de monstre piétinant les lois sacrées de l’union et de la maternité» écrit J. LORIAC.

II – TOLSTOI, le penseur et moraliste inspiré par la fraternité humaine

«Il y a deux TOLSTOI, celui d’avant la crise, celui d’après la crise ; l’un est le bon, et l’autre ne l’est point» écrit  Romain ROLLAND. Les hommes ont besoin de vivre. Et, pour vivre, ils ont besoin de savoir comment vivre. En parvenant à sa maturité, TOLSTOI devient moraliste, sociologue et philosophe. «La vérité est horrible. Sans doute, tant qu’existe le désir de la savoir et de la dire, on tâche de la savoir et de la dire. C’est la seule qui me soit restée de ma conception morale» dit-il. TOLSTOI renonce à ses droits d’auteur et donne ses biens à gérer par sa femme. Il s’habille en Moujik et met sur pied des cantines et des secours pour les pauvres. Il bascule même vers l’anarchisme. En 1869, TOLSTOI traverse soudain une crise terrible : «Brusquement ma vie s’arrêta… Je n’avais plus de désirs. Je savais qu’il n’y avait rien à désirer. La vérité est que la vie était absurde. J’étais arrivé à l’abîme et je voyais que, devant moi, il n’y avait rien que la mort»Tout en restant un homme de son époque, un génie représentatif de son peuple, TOLSTOI a su résumer la crise morale de son pays et exprimer, en les exagérant, toutes les inquiétudes religieuses que la génération précédente a traversées et que tourmentent les Russes peu avant la Révolution de 1917. «J’ai trouvé, j’ai la voie qui conduit au repos du cœur !» dit-il.

A – TOLSTOI, une conception particulière de la religion

 Subitement la cinquantaine dépassée, TOLSTOI estime que sa vie n’était qu’une farce. «La raison ne m’a rien appris ; tout ce que je sais m’a été appris par le cœur» dit-il. La foi est la force de la vie. Pour TOLSTOI, la vie est la lumière des hommes, le principe de tout. La vie c’est l’aspiration au Bien.

1 –  TOLSTOI et son Dieu d’amour et de fraternité

TOLSTOI exige le retour au catholicisme originel «Aime Dieu comme toi-même, ne te mets en colère, ne commet pas d’adultère, ne prête pas serment, ne résiste au Mal par la violence» écrit-il dans «Ma religion». En effet, TOLSTOI reprend à son compte le Sermon de la Montagne, il ne faut jamais faire le Mal ; jamais, sous aucun texte, faire usage de la violence. Répondre aux coups, aux agressions, aux crimes, par d’autres coups, c’est perpétuer le règne de la violence et du Mal. Accepter la parole du Christ, c’est inaugurer le règne de la paix et de l’Amour, c’est transformer le monde. Jésus a prescrit l’abolition de toute police, de tout tribunal, de toute sentence judiciaire. L’amour, alors, par sa puissante vertu, aura raison du Mal qui est dans le Mal. «Tu aimeras ton ennemi, ce qui supprime la notion même d’ennemi, abolit les haines et les barrières nationales, la guerre» suivant l’Evangile selon Saint Matthieu. «L’amour est le Bien réel, le Bien suprême, qui résout toutes les contradictions de la vie, mais qui non seulement fait disparaître l’épouvante de la mort, mais pousse l’homme à se sacrifier pour les autres» dit-il. TOLSTOI en appelle à un ordre nouveau où régneront la concorde, la vérité et la fraternité.

Pour TOLSTOI, l’Eglise n’est, depuis le IIIème siècle, que «mensonges, cruautés et impostures». Il est excommunié en février 1901. «Je ne partage pas, il est vrai, la foi du Saint-Synode, mais je crois en Dieu qui est, pour moi, l’Esprit, l’Amour, le principe de toutes choses» réplique TOLSTOI à l’Eglise. En effet, le point de départ de sa réflexion est religieux, il recherche un sens à sa vie. Or, pour lui, la vie a un sens pour celui qui s’attache à Dieu afin de réaliser, dans l’Amour, sa volonté. «La religion est un certain nombre de rapport établi entre l’individualité particulière d’un homme et l’univers ou le principe de l’univers» écrit TOLSTOI. Et la morale est «une règle constante de la vie qui découle de ce rapport». Ainsi, la doctrine chrétienne renvoie à la conscience primitive de son moi, non de son moi animal, mais de son moi divin, fils de Dieu. L’homme aime, non parce que c’est son intérêt d’aimer, mais parce qu’il ne peut pas ne pas aimer. «C’est la source dont parle l’Evangile, la source vive, qui jaillit sans calcul et déborde sur tout ce qu’elle peut atteindre» dit TOLSTOI dans «Le salut est en vous». «La vie me semblait affreuse, et tout à coup j’entendis les paroles de Jésus ; je les compris, et la vie et la mort cessèrent de me sembler un mal ; au lieu du désespoir, je goutais une joie et un bonheur que la mort ne pouvait détruire» dit TOLSTOI. Il combat l’individualisme et exige le partage des richesses. Il voudrait apprendre à vivre en croyant dans les autres. Il s’intéressait beaucoup aux pauvres et en particulier aux paysans : «Agir sur cette classe de la population simple, réceptive et innocente, la délivrer de la pauvreté, lui procurer le bien-être social et l'éducation dont, par bonheur, je bénéficie, corriger ses vices nés de l'ignorance et de la superstition, développer son sens moral et l'amener à aimer ce qui est bon. Quel avenir radieux !» écrit TOLSTOI.

2 – TOLSTOI, un anarchiste précurseur de la non-violence

En 1884, attiré par l’orientalisme, et par la Chine, en particulier, TOLSTOI a étudié Conficius et Laotse. Il a la conviction que la Chine jouera un rôle important à la tête des peuples d’Orient. La tâche de l’Asie est de montrer au reste du monde, le vrai chemin à la vraie liberté ; le Taoïsme étant le chemin. Toute la sagesse et le secret du bonheur sont dans la vraie vie de travail, se libérer de la force brutale, ne pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas que les autres vous fassent, vivre dans l’abnégation et l’amour. C’est en ce sens que TOLSTOI est un prophète de l’Amour et de la Paix et donc de la non-violence. TOLSTOI était également subjugué par la religion musulmane. Le devoir de tout croyant est de donner l’exemple d’une vie vertueuse. Il est enthousiaste pour la prière de Mohamet de la pauvreté «Seigneur, conserve ma vie en pauvreté, et fait qu’en pauvreté je meurs !».

TOLSTOI était nourri de l’esprit de Krishna, «Seigneur de l’Amour». Dans une lettre du 14 décembre 1908, adressé à Mahatma GANDHI (voir mon post) qui séjournait en Afrique du Sud, TOLSTOI proclamait, énergiquement, la doctrine de Résistance et de l’Amour : «Si les Hindous sont asservis par la violence, c’est parce qu’eux-mêmes ont vécu dans la violence et ne reconnaissent pas la loi éternelle de l’amour, propre à l’humanité. (…) Ne résistez pas au Mal  et ne prenez pas part à ce Mal, à la contrainte de l’administration, des tribunaux, des impôts, et surtout de l’Armée ! Et rien, ni personne au monde ne pourra vous asservir !». GANDHI écrit en 1909, à TOLSTOI pour lui annoncer que les Indiens aller entamer une campagne de résistance passive. En réponse, TOLSTOI lui envoya sa bénédiction fraternelle dans le combat : «de la douceur contre la brutalité, de l’humilité et de l’amour contre l’orgueil et la violence. (…) La question que vous traitez, de la résistance passive, est de la plus haute valeur, non seulement pour l’Inde, mais pour toute l’humanité». GANDHI dira : «La Russie m’a donné en Tolstoï un maître qui m’a pourvu d’une base raisonnable pour ma non-violence». Par conséquent, TOLSTOI est le maître à penser de Mahatma GANDHI, celui a mis en œuvre la théorie de la non-violence.

La société est une prison. En conséquence, TOLSTOI en appelle à la désobéissance civile contre l’Etat, un instrument de violence par une minorité  dans le but d’assujettir le plus grand à son pouvoir. Il exige une collaboration étroite des citoyens à l’exercice du pouvoir. Il s’oppose farouchement à l’Armée, organe d’oppression du peuple. Pour lui, la marque évolutive de l’humanité s’élève, progressivement de la licence à la décence. «Avec une tranquillité héroïque, une douceur terrible, il (TOLSTOI) a dénoncé les crimes d’une société qui ne demande aux lois que la consécration de ses injustices et de ses violences » écrit Anatole FRANCE.

B – La philosophie de Tolstoï

TOLSTOI part du constat que la société est dominée par le Mal, l’Egoïsme et la Force. Le luxe, l’indolence, l’orgueil sans limites, éloignent les hommes du bonheur. En conséquence, pour TOLSTOI, le bonheur c’est «le fruit de la charité et de la bonté. Il faut s’oublier soi-même». Il recommande la Fraternité, l’application des principes d’humanité et de justice.

L’art n’est pas une manifestation du beau, mais une des conditions de la vie étant en même temps un moyen de communion avec les hommes. L’art n’agit sur nous que par l’intermédiaire des sens. Ainsi, la nature est belle et morale. «L’art est un organe moral de la vie humaine et son but est l’union fraternelle des hommes» dit-il.

Comme ROUSSEAU, TOLSTOI croit que, pour être heureux, l’homme n’a qu’à renoncer aux hypocrisies de la civilisation moderne. La véritable civilisation est en ce que l’homme sache se conduire et discerner le Bien du Mal. Par conséquent, la mission la plus importante et la plus nécessaire à accomplir dans notre existence est de chercher à être conscient de notre vie intérieure. La volonté éclairée de l’homme est la seule chose sainte entre toutes.

La foi c’est le sens de la connaissance de la vie humaine, connaissance qui fait que l’homme ne se détruit pas, mais vit.

L’homme doit servir non seulement son bien-être personnel, mais aussi à celui des autres.

Le bonheur, c’est de vivre avec la nature, de la voir, de la sentir, de parler avec elle.

La compassion est une des plus précieuses facultés de l’âme humaine.

Le Mal se multiplie par le Mal. Plus les gens poursuivent le Mal, plus ils l’accroissent. Ce n’est pas la violence, mais le Bien qui supprime le Mal.

Conclusion

Le 28 octobre 1910, en pleine nuit, il se lève, plie bagages, réveille son médecin et ordonne d’atteler : «Mon âme aspire de toutes ses forces au repos et à la solitude, pour vivre en harmonie avec ma conscience, ou, si ce n’est pas possible, pour échapper au désaccord criant qu’il y a dans ma vie actuelle et ma foi». Il quitte sa maison et veut, désormais, mener une vie de pèlerin pauvre, au couvent de Chamardino, où vit sa sœur Marie. TOLSTOI demande, alors, à sa fille Alexandra LVOVNA d’écrire ces dernières pensées : «Dieu est le Tout illimité, l'homme n'est qu'une manifestation limitée de Dieu… Dieu est amour et plus il y a d'amour, plus l'homme manifeste la présence de Dieu, plus il existe véritablement». On trouve une explication de ce geste d’une lettre du 8 juin 1897 adressée à sa femme : «Depuis longtemps, Comtesse Sophie,  je souffre du désaccord de ma vie avec mes croyances. Je ne puis vous forcer à changer ni votre vie, ni vos habitudes. (…) J’ai résolu de faire maintenant ce que je voulais faire depuis longtemps : m’en aller. Je désire de toutes les forces de mon âme le calme, la solitude, et, sinon, un accord complet, du moins pas de désaccord criant entre ma vie et ma conscience». Alors que sa fille veillait sur lui juste avant sa mort, TOLSTOI lui dit «il y a sur la terre des millions d’hommes qui souffrent. Pourquoi êtes-vous là tous à vous occuper de moi seul ?».

La mort de TOLSTOI,  le 20 novembre 1910, est un événement planétaire. «Ses derniers jours sont un acte de révolution incomparable et tragique : la rupture de ce grand vieillard avec tout le milieu qu’il subissait en frémissant, mais qui avait malgré tout sur lui ses prises secrètes et profondes auxquelles nul ne peut se dérober, est d’une grandeur douloureuse et émouvante. Il avait transigé en quelque sorte durant de longues années avec les lois de la vie commune. Il a voulu avant de mourir éliminer de lui toute contradiction, et s’évader vers l’absolu. On eût dit qu’avant d’avoir réalisé la plénitude de son idéal, il ne se sentait pas digne de mourir» écrit Jean JAURES. «Léon Tolstoï était le plus grand écrivain de notre temps ; il était à tout le moins le plus célèbre. Aucun nom russe, aucun nom d’écrivain peut-être, n’avait jamais été porté, sur les ailes de la gloire, aussi loin dans l’espace ; aucun surtout n’avait pénétré aussi profondément dans les masses populaires» écrit Anatole LEROY-BEAULIEU. En effet, TOLSTOI, «C’est lui dont la conscience et la contenance font reculer l’autre» disait Joseph de MAISTRE. «Ce que la Grèce antique a conçu et réalisé par le concours des cités et l’essor harmonieux des siècles : un Homère, la nature l’a produit d’un coup pour la Russie, en créant Tolstoï, Tolstoï, l’âme et la voix d’un peuple immense, le fleuve où boiront, durant des siècles, les hommes, et les pasteurs des hommes» écrit Anatole FRANCE.

 

En définitive, TOLSTOI a posé cette redoutable question : quelle direction devrions-nous donner à notre éphémère et fragile existence ?

 

Cette interrogation prophétique de TOLSTOI est plus que jamais prégnante et d’actualité. «L’homme porte en son cœur une parcelle divine» disait-il.  Quant à moi, cette étude sur TOLSTOI m’a profondément bouleversé, tourneboulé. Je dirai, modestement et avec TOLSTOI, que la vie, la vraie vie, n’a de sens que si elle est marquée du sceau de l’humanité, de la compassion, de la justice, de l’égalité et de la fraternité. L'Amour est plus fort que la haine et en cette période de tension ethnique au Sénégal et de poussée des forces du racisme aux Etats-Unis et en France, cela mériterait une grande méditation. Ce qui fait l'individu, c'est son aptitude à distinguer le Bien du Mal, à préférer l'Amour à la Haine. Tout le reste n’est qu’illusion, futilité, vacarme et vanité. «Marchez pendant que vous avez la lumière !» ordonne TOLSTOI.

Bibliographie très sommaire :

1 – Contributions du Comte Léon TOLSTOI

TOLSTOI (Léon), A la recherche du bonheur, traduction de E. Halpérine-Kaminski et E. Jaubert, Paris, Librairie académique Didier Librairie-éditeur Perrin, 1899, 267 pages ;

TOLSTOI (Léon), Anna Karénine,  Bruxelles, éditions La Boétie, 1945, 667 pages, Paris Gallimard, collection Folio classique n°2660, 1994, traduction de Henri Mongault, préface de Louis Pauwels, 928 pages ;

TOLSTOI (Léon), Contes et fables, traduction par E. Halpérine, Paris, Plon, Nourrit, 1888, 255 pages ;

TOLSTOI (Léon), De la vie, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, traduction de la Comtesse Tolstoï, non daté, 303 pages ;

TOLSTOI (Léon), Guerre et paix,  Paris, Hachette, 1939, 3 volumes, Paris Archipoche, 2016 vol 1 950 pages, vol 2, 812 pages et vol 3, 832 pages ;

TOLSTOI (Léon), Hadji Mourad, e-artnow Sro, 2014, 139 pages ;

TOLSTOI (Léon), Katia, traduction de M. le Comte d’Hauterive, Paris, Didier, 1878, 278 pages ;

TOLSTOI (Léon), La mort d’Ivan Ilitch, suivi de maître et serviteur, traduction de Boris Schloezer, Paris, Stock, 1983, 223 pages ;

TOLSTOI (Léon), L’anarchie passive et le Ciel est en vous, traduction de Marie Manacéine, Paris, Félix Alcan, 1895 160 pages ;

TOLSTOI (Léon), L’argent et le travail, préface Emile Zola, postface Georges Nivat, Syrtes, 168 pages ;

TOLSTOI (Léon), L’esprit chrétien et le patriotisme, traduction J. Legras, Paris, Perrin, 1894, 182 pages ;

TOLSTOI (Léon), La foi universelle, Create Space independant Publishing Plateform, 2016, 110 pages ;

TOLSTOI (Léon), La loi de l’amour et la loi de la violence,  traduction E. Halpérine, Paris, Dorbon Ainé, 1910, 266 pages ;

TOLSTOI (Léon), La mort, traduction et préface E. Halpérine, Paris, Perrin, 1886, 303 pages ;

TOLSTOI (Léon), La pensée de l’humanité, traduction par E. Halpérine-Kaminsky, Paris, édition Moderne, Ambert, 1912, 408 pages ;

TOLSTOI (Léon), La puissance des ténèbres, drame en 5 actes,  traduction E. Halpérine, Paris, Perrin, 1887, 241 pages ;

TOLSTOI (Léon), La sonate à Kreutzer suivie de Pourquoi ?, traduction de E. Halpérine-Kaminsky, Paris, Plon, Plon-Nourrit, non daté, 176 pages ;

TOLSTOI (Léon), Le chant du cygne, traduction et préface E. Halpérine, Paris, Perrin, 1889, 289 pages ;

TOLSTOI (Léon), Le Prince Nekhlioudov, Independantly Published, 2017, 157 pages ;

TOLSTOI (Léon), Le roman du marriage, traduit par Michel Delines, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, non daté, 218 pages ;

TOLSTOI (Léon), Le salut est en vous, Paris, Didier et Perrin, 1893, 389 pages ;

TOLSTOI (Léon), Les cosaques : souvenirs de Sébastopol, Paris, Hachette, 1907, 310 pages ;

TOLSTOI (Léon), Les grands problèmes de l’histoire, traduction Michel Delines, Paris, L. Westhausser, 1888, 237 pages ;

TOLSTOI (Léon), Ma confession, traduction par Zoria, Paris, A Savine, 1887, 265 pages ;

TOLSTOI (Léon), Ma religion, Paris, Fisbacher, 1885, 266 pages ;

TOLSTOI (Léon), Maître et serviteur, Paris, 1895, 75 pages ;

TOLSTOI (Léon), Marchez pendant que vous avez la lumière : récit du temps des premiers chrétiens, traduction E.W Smith, Paris, Alphonse Lemaire, 1896, 227 pages ;

TOLSTOI (Léon), Morale et  religion, traduction Charles Salomon, Paris, éditeur non précisé, 1898, 50 pages ;

TOLSTOI (Léon), Plaisirs cruels, contenant la profession de foi de l’auteur,  traduction de E. Halpérine, préface de Charles Richet, Paris, 1895, Charpentier, 282 pages ;

TOLSTOI (Léon), Pourquoi on tient à la vie : scènes de la vie russe, Paris, Librairie Blériot, éditeur Henri Gauthier, date non précisée, 248 pages ;

TOLSTOI (Léon), Qu’est-ce que l’art ?, Introduction et traduction de Teodor Wyzewa, Paris, Librairie académique Didier, Libraire- éditeur Perrin, 1898, 270 pages ;

TOLSTOI (Léon), Que faire ?, traduction par Mariana Polonsky et Debarre, Paris, Nouvelle Librairie parisienne, 1887, 277 pages ;

TOLSTOI (Léon), Quelle est ma vie ?, traduction Emile Pagès et Alexandre Gatzouk, Paris, Librairie illustrée, 1888, 291 pages ;

TOLSTOI (Léon), Résurrection : drame en quatre actes, Paris, Librairie Blériot, éditeur Henri Gauthier, date non précisée, 248 pages ;

TOLSTOI (Léon), Souvenirs, enfance, jeunesse, adolescence, Paris, Hachette, 1913, 309 pages.

TOLSTOI (Léon), Tolstoï par Tolstoï, Tolstoï avant sa crise morale (1848-1879) autobiographie épistolaire, traduction E. Halpérine-Kaminsky, Paris, éditions Modernes, Librairie Ambert, 1912, 408 pages ;

TOLSTOI (Léon), Un musicien déchu, Paris, Fayard, Mille et une nuits, 2017, 112 pages.

2 – Critiques du Comte Léon TOLSTOI

AUCOUTURIER (Michel), «Tolstoï est mort : un évènement de portée mondiale et son retentissement en France», Revue des études slaves, 2010, tome 81, fascicule 1, pages 11-22 ;

AUCOUTURIER (Michel), La grande âme de la Russie, Paris, Gallimard, Découvertes, 2010, 128 pages ;

BARRES (Maurice), «Tolstoï et la guerre», Annales politiques et littéraires, 27 novembre 1910, n°143, page 520-521 ;

Bibliothèque Nationale de France, Léon Tolstoï, exposition exposition organisée pour le cinquantenaire de sa mort, présentation de Julien Cain, introduction de Sophie Laffite, Paris, 1960, 83 pages ;

BIROUKOV (Paul), Tolstoï, éducateur, Neuchâtel, Paris, Delachaux, Niestlé, 1921, 194 pages ;

BIRUKOV (Paul), Tolstoï : vie et œuvres, mémoires, souvenirs, lettres, journal intime, notes et documents biographiques, Paris, Mercure de France, 1916, tome 1, 324 pages et tome 2, 283 pages ;

 BODART (Marie-Thérèse), Tolstoï, Paris, éditions universitaires, Classiques du XXème siècle, 1971, 128 pages ;

BOUNINE (Yvan), La délivrance de Tolstoï, 2010, 200 pages ;

BOURDEAU (Jean), Tolstoï, Lénine et la révolution russe, Paris, Félix Alcan, 225 pages ;

BOURDON (Georges), En écoutant Tolstoï, entretiens sur la guerre et quelques autres sujets, Paris, Carpentier et Fasquelle, 1904, 322 pages ; 

CANDIANI (R), Auteurs contemporains, Tolstoï, Paris, Armand Colin, 1914, 5ème édition, 314 pages ;

CHESTOV (Léon), Les Révélations de la mort. Dostoïevsky - Tolstoï. Traduit du russe par Boris de Schloezer, Paris, Plon, 1923. Réédité chez Plon, 1958, 188 pages ;

CHESTOV (Léon), L'Idée de bien chez Tolstoï et Nietzsche (Philosophie et prédication). Traduit du russe par T. Rageot-Chestov et George Bataille. Paris, Éd. du Siècle, 1925, réédité chez J. Vrin, 1949, 256 pages ;

FAGUET (Emile), «Léon Tolstoï, l’homme et l’œuvre», Annales politiques et littéraires, 27 novembre 1910, n°143, pages 517-518 ;

FRANCE (Anatole), «Hommage à Tolstoï», Annales politiques et littéraires, 27 novembre 1910, n°143, pages 520 ;

HENNEQUIN (Emile), Ecrivains francisés, Dickens, Heine, Tourgueniev, Poe, Dostoïewski, Tolstoï, Paris, Perrin, 1889, 305 pages, spéc. 185-244 ;

MANN (Thomas), Goethe et Tolstoi, traduction d’Alexandre Vialatte, Paris, Neuchâtel V.  Attinger, 1947, 150 pages ;

KOLOGRIVOV (Ivan), «La morale de Léon Tolstoï», Revue Apologétique, 1er novembre 1924, pages 152-168 ;

LAFITTE (Sophie), Tolstoï et ses contemporains, Paris, Hachette, 1960, 330 pages ;

LEMAITRE (Jules), «Résurrection», Annales politiques et littéraires, 27 novembre 1910, n°143, pages 519 ;

LIONNERT (Jean), Evolution des idées chez quelques-uns de nos contemporains : Zola, Tolstoï, Huysmans, Lemaître, Barrès, Bourget, Le Roman catholique, Paris, Perrin, 1903, 283 pages, spéc page 39-82 ;

LORIAC (J), Tolstoï et les femmes, Paris, Nilsson, 1932, 123 pages ;

LOURIE (Ossip, Davidovitch), La psychologie des romanciers russes, Paris, Félix Alcan, 1905,  438 pages, spéc pages 197-306 ;

LOURIE (Ossip, Davidovitch), Philosophie de Tolstoï, suivie de ses pensées, Paris, Félix Alcan, 1922,  176 pages ;

MANACEINE de (Marie), L’anarchie passive et le comte Tolstoï (Le salut est en vous), Paris, Alcan, 1895, 159 pages ;

MARKOVITCH (Milan, I), Tolstoï et Gandhi, Slatkine, 1977, 188 pages ;

PELADAN (Sar), La décadence esthétique, réponse à Tolstoï, Paris, Chamuel, 1898, 273 pages ;

PERSKY (Serge), Tolstoï intime, souvenirs, récits, propos familiers, Paris, Les Annales, 1909, 279 pages ;

POZNER (Vladimir), Tolstoï est mort, Paris, Plon, 1935 et Christian Bourgois, 2010, 239 pages ;

RANCE (Christiane), Tolstoï, le pas de l’ogre, Paris, Seuil, 2010, 268 pages ;

RECOULY (Raymond), «Tolstoï intime», Figaro, supplément littéraire du dimanche, 26 novembre 1910, n°48 ;

ROLLAND (Romain), Vie de Tolstoï, Paris Hachette, 1921, 241 pages et  Paris, Albin Michel, préface de Stéphane Barsacq, 2010, 260 pages ;

SEAILLES (Gabriel), Les affirmations de la conscience moderne, Paris, Armand Colin, 1906, 285 pages, spéc 263-274 ;

SECHET (Alphonse), BERTHAUT (Jules), La vie anecdotique et pittoresque des grands écrivains : Léon Tolstoï, Paris, Louis-Michaud, 192 pages ;

SEMENOFF (Marc), Tolstoï et Gandhi, Paris, Denoël, 1958, 215 pages ;

SOREL (Albert), Lectures historiques, Tolstoï historien, Paris, Plon, 1913, 292 pages, spéc pages 267-292 ;

STEINER (Georges),  Tolstoï ou Dostoïevski. Traduit par Rose Celli. Paris, Seuil, 1963 et 10/18 collections Bibliothèques, 2004, 414 pages ;

SWEIG (Stefan), «Le message de Tolstoï», La revue hebdomadaire, 15 septembre 1928, n°37, pages 259-275 ;

TOLSTOI (Sophia), Journal intime,  Paris, Albin Michel, 1980,  536 pages ;

TOLSTOI (Sophie), La tragédie de Tolstoï et de sa femme,  Paris, Arthème Fayard, 1931,  365 pages ;

TOLSTOI (Sophie), Ma vie, traduit du russe par Luba Jurgenson et Maria-Luisa Bonaque, Paris, Éditions des Syrtes, 2010, 1060 pages.

TOLSTOI (Tatania), Sur mon père,  Paris, éditions Allia, 2003, 96 pages ;

TROYAT (Henri), Tolstoï, Paris, Fayard, 2004, 902 pages ;

VOGUE de (Vicomte, Eugène-Marie, Melchior), Le roman russe, Paris, E. Plon, Nourrit, 1886, 351 pages ;

VOGUE de (Vicomte, Melchior), «Le roman russe et Léon Tolstoï», Figaro, supplément littéraire du dimanche, 26 novembre 1910, n°48.

Paris, le 22  août 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Comte Léon Nikolaïevitch TOLSTOI (1828-1910) : un écrivain russe nihiliste, réaliste et pacificiste, une conscience morale pour l’humanité», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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