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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
  • Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 14:39

L’objectif du festival, à l’initiative du collectif Mwasi programmé au 14 avenue Parmentier, dans le 11ème arrondissement, dans des locaux appartenant à la ville de Paris : "Nous voulons construire des stratégies et des solidarités durables, et pour cela il est important de se rencontrer, pour partager, échanger, faire avancer nos combats. Pour cette première édition nous avons choisi de mettre l’accent sur l’organisation de nos résistances en tant que mouvements afroféministes". NYANSAPO, est un adinkra (symboles visuels, créés par les Ashanti du Ghana et les Gyaman de la Côte d'Ivoire) qui signifie nœud de la sagesse, ingénuité, intelligence. La capacité de choisir le meilleur moyen pour atteindre son but, utiliser la connaissance et l'expérience à des fins pratiques. Le festival est divisé en quatre parties :

  • Espace non mixte : femmes noires (80% du festival) : débats et construction d'une stratégie et d'un agenda politiques, groupes de paroles, réflexions sur les théories afroféministes et care ;
  • Espace non mixte personnes noires : Réflexions autour de la communauté noire, et les luttes afros ;
  • Espace non mixte femmes racisées : Échanges sur les féminismes décoloniaux ;
  • Espace ouvert à tou.te.s : Tables rondes, showcases et expositions.

Ce sont ces espaces non-mixtes qui ont suscité les demandes du Front National et de la LICRA, relayées par la Maire de Paris d’interdiction de ce festival.

 

A la rencontre à la Sorbonne du 22 avril 2017, je n’avais accordé une attention particulière, à ces femmes revendiquant leurs orientations sexuelles de lesbiennes, Bisexuelles et Transexuelles, et recommandant contre l’excision, le droit de se masturber à haute dose. Leurs arguments et notamment l’exposé de Sabreen Al’Rassace, m’avaient paru si simplistes et radicaux, que je me suis dit, il ne fallait pas leur prêter plus d’importance qu’elles n’en valaient. En effet, elles soutenaient que si les femmes étaient victimes de violences, notamment de l’excision et le mariage forcé, c’est à cause du colonialisme. Et comme elles le disaient à la Sorbonne, qui avait accueilli en 1957, à l’invitation d’Alioune DIOP, un colloque mondiale des artistes et écrivains noirs, j’étais rassuré, à l’idée que la France est un grand pays de liberté ; on tolère presque tout. La liberté d’expression est largement protégée dans ce pays. C’est au nom de cette liberté d’expression que le pays avait justifié les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Naturellement, tout ce qui est excessif n’a pas de signification, je ne partage pas le point de vue de ces femmes noires. Je me bats pour le bien-vivre ensemble. Je me bats aussi, pour la tolérance, et à l’instar de ce que disait François-Marie AROUET, dit Voltaire : «Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez les exprimer».

 

Aussi, quand j’ai entendu que le Front National souhaite dans cette affaire imposer à nouveau son diktat et qu’il a été appuyé et conforté dans cette initiative, par un attelage surprenant, par le président de la LICRA et la Maire de Paris, j’ai sauté jusqu’au plafond. Comment ceux qui étaient censés défendre les libertés s’associent-il avec le Diable incarné ? Pourquoi on s’empresse si vite à massacrer une seule catégorie de personnes, les Français issus de l’immigration ?

M. Alain JAKUBOWITZ, président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, qui ne défend que sa communauté, s’illustre, paradoxalement par certaines de ses déclarations à caractère raciste. Ainsi, dans l’affaire Théo, un jeune noir, à l’occasion d’un contrôle au faciès, que M. Omar SY, Yannick NOAH et Eric CANTONNA, qui défendaient ce jeune dans une tribune de Libération : «c’est des noms pas très français». M. Alain JAKUBOWITZ a presque excusé au bénéfice du doute les déclarations honteuses de ce représentant syndical policier expliquant que “bamboula, ça reste convenable”, puis celles cet ancien avocat général près la cour d’appel de Paris, M. Philippe BILGER, disant que «bamboula», c’était, dans sa jeunesse, «un terme affectueux». Par ailleurs, pour M. JAKUBOWITZ, particulièrement hostile aux musulmans de France, il faudrait "reprendre le combat contre cette imposture qu'est le concept d'islamophobie».

La LICRA a longtemps compté comme membre de son «comité d'honneur» Alain FINKIELKRAULT, un négrophobe et raciste assumé, comme membre de son bureau exécutif elle compte des habitués des propos racistes. La LICRA n’a jamais songé à interdire d’antenne ni Alain FINKIELKRAULT, ni Eric ZEMMOUR qui déversent à longueur de journée des insanités sur les Noirs. La LICRA invite à ses rencontres des personnalités ouvertement racistes : «Ces chiens de Roms, vont jusqu’à vendre leurs enfants. Qu’on ne vienne pas me traiter de raciste, c’est trop facile» écrit Jean-Paul NEY, un membre de la LICRA. Ou encore dit Jean-Paul NEY, «Les petits Noirs racistes, des imbéciles heureux. Faut leur parler leur langue, ils comprennent». Finalement dans sa défense de l’égalité de M. JAKUBOWITZ, on sent deux poids, deux mesures. En sa qualité d’un mouvement qui combattrait le racisme et l’antisémitisme, le tri sélectif de M JAKUBOWITZ est inacceptable et relève du manichéisme qui discrédite son organisation. L’intolérance, d’où quelle vienne mériterait d’être condamnée, sans réserve. Nous devrions être solidaires contre toute forme d’intolérance ou d’extrémisme, d’où qu’elle vienne.

 

Faisant suite aux pressions du FN et de la LICRA, Mme Anne HIDALGO, maire de paris, envisage de demander au Préfet de police de Paris d’interdire cette manifestation. Les mouvements politiques traditionnels ont-ils réellement songé à interdire le Front National, dont l’idéologie et les principes politiques, sont manifestement contraires aux principes républicains, notamment d’égalité ?

 

Le groupe ethnique majoritaire, nos ancêtre les Gaulois, pratique largement l’entre-soi, et donc l’exclusion, de fait des autres groupes ethniques. Dans certains départements, comme la Seine-Saint-Denis, la mixité est devenue un leurre. Dans les lieux de décisions, notamment, la haute administration parisienne ou le conseil de Paris, alors que Paris compte plus de 116 nationalités, comment se traduit la représentation de la diversité ? Dans les années 80, presque la totalité des éboueurs parisiens étaient des Noirs, originaires notamment du Mali. Vous constaterez «une théorie du remplacement», ce sont nos ancêtres les Gaulois qui occupent ces postes, même peu qualifiés, dans notre belle capitale.

 

A Paris et dans d’autres villes, où les demandes de permis de construire des mosquées sont systématiquement attaquées, bloquées et retardées indéfiniment, au nom du principe de la laïcité, d’autres communautés construisent des lieux de culte, des écoles et crèches confessionnelles, à grands coups de subventions Ainsi, à Paris, les crèches et écoles construites un mouvement religieux intégriste, les Loubavitch, sont massivement subventionnées avec les deniers des Parisiens. A ce que je sache, aucun Gaulois, encore moins un Noir, Arabe ne peut y envoyer ses enfants. La ségrégation y est de rigueur.

Dans l’affaire Brahim BOUARRAM jeté dans la Seine, aucun dignitaire du Parti socialiste socialiste digne de ce nom, n’est venu, jusqu’à sa présent honorer le 1er mai, ce martyre. C’est le président MACRON qui est venu pour la première fois, le 1er mai 2017 au Pont du Carrousel. Depuis le 1er mai 1996, à l’initiative de M. Mouloud AOUNITT, d’Aubervilliers aujourd’hui décédé, nous n’étions que quelques personnes présentes à cette cérémonie.

Finalement, la classe politique traditionnelle, affirme de beaux principes républicains, de belles déclarations sur l’égalité. Mais dans les faits, l’égalité réelle, pour les Français issus de l’immigration est loin d’être la préoccupation principale. Quand il y a une grave distorsion entre la parole et les actes, cet ordre ancien est condamné à périr en raison de ses dissimulations, de son double discours et de ses mensonges. C’est une démarche coloniale qui relègue certains citoyens de la République au rang d’indigènes de la République. C’est pour cette raison que le candidat Emmanuel MACRON, avait eu raison de qualifier la «colonisation de crime contre l’humanité». Chaque jour l’injuste continue sous des formes sournoises et hypocrites. Une partie de la communauté française s’est vite organisée et en prétendant que ce concept de «crime contre l’humanité» ne pouvait être réservée qu’à l’holocauste. Mais de quel droit les souffrances de certains seraient plus légitimes que celles des autres, à moins d’établir une hiérarchie inacceptable entre les individus ?

 

Christiane TAUBIRA nous a raconté le comment diverses forces obscures avaient tenté de mettre en échec, au nom de l’exclusivité de la souffrance, son projet de loi qualifiant l’esclavage de «crime contre l’Humanité».

En définitive, je préfère le bien-vivre ensemble. Dans cette polémique stérile et dangereuse, on a donné à ce groupe féministe marginal, une publicité qu’elles ne méritaient pas. L’extrémisme est une voie sans issue. La seule orientation qui vaille, c’est la solidarité de tous les Républicains, quelles que soient leurs origines ethniques, contre la montée de l’intolérance. Nous avons en commun, au-delà de nos différentes apparentes, les valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et du bien-vivre ensemble.

Pourquoi, pendant tous ce septennat de M. HOLLANDE ces polémiques oiseuses sur les détails vestimentaires (Burqa, Burkini) comme si la laïcité était devenue une arme de guerre contre tous les musulmans ? Pourquoi ce funeste projet de déchéance de la nationalité, comme s’il y avait deux catégories de citoyens ?

Il ne faudrait pas confondre intégration et assimilation. Chaque groupe ethnique a droit de vivre en accord avec ses principes, pourvu de ne pas troubler l’ordre public ou vouloir imposer ses règles aux autres. Par conséquent, le bien-vivre ensemble n’a de sens que si le groupe ethnique majoritaire, en l’espèce nos Ancêtres les Gaulois, n’impose pas son diktat aux autres. C’est ainsi que dans les conquêtes démocratiques, divers groupes ethniques, tout en respectant les lois générales, ont pu affirmer leur identité. C’est le cas d’abord des ouvriers, à travers les syndicats et les partis de Gauche, pour défendre des conquêtes sociales, puis des Femmes blanches, pour le droit de vote et la parité, des jeunes, enfin des Gays et lesbiennes, des handicapés, etc. Dans ces conditions vouloir réprimer, systématiquement et sans discernement, les revendications des Français issus de l’immigration, les ravaler au rang de citoyens de seconde zone, c’est avoir une démarche ségrégationniste et colonialiste, qu’il faut condamner.

A travers, cette initiative du 1er festival Afroféministe, ces femmes d’origine africaines revendiquent leur homosexualité et souhaitent faire le point entre elles des conditions de leurs existences et de leur liberté. Avant 1981, l’homosexualité était un délit. Aujourd’hui, dans Paris, et au Marais, on a des bars presque réservés à ces populations. Lors de la campagne des municipales à Paris, certains esprits étriqués disaient que jamais un Gay ne pourrait être Maire de Paris, et pourtant M. DELANOE a été un exceptionnel maire de Paris, dont Mme HIDALGO est l’héritière.

J’invite les organisations noires, comme le CRAN, à réorienter leurs actions vers des actions plus fondamentales pour l’égalité réelle, la justice sociale et la solidarité avec tous, et à aider à ramener le débat sur le terrain républicain sur les valeurs qui nous réunissent et non celles qui divisent. Chaque citoyenneté et notamment les Français issus de l’immigration, devrait abandonner le repli sur soi et réinvestir les combats nobles pour les valeurs républicaines contre cette intolérance qui ne cesse de nous diviser, au point de douter de nous-mêmes.

«Le problème du XXème siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs» avait prédit un intellectuel américain (voir mon post) W.EB du BOIS. A l’aube du XXIème siècle on continue à renvoyer les citoyens Français issus de l’immigration à leurs origines ethniques. Pour ma part la ligne de partage reste et restera entre les gens sincères et non pas hypocrites, de Bien, ceux qui luttent résolument contre la montée du Front National et la lépenisation des esprits qui gangrène l’esprit des Républicains. Il y a le Bien souverain et le Mal. Rejetant toute forme de sectarisme, solidaire avec tous les exclus et ceux qui souffrent : «J’ai décidé d’opter pour l’Amour. La haine est un fardeau trop lourd à porter» disait Martin Luther KING.

Paris, le 3 juin 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Faut-il interdire le 1er Festival Afroféministe dit NYANSAPO Fest, organisé à Paris du 28 au 30 juillet 2017 ?», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Faut-il interdire le 1er Festival Afroféministe dit NYANSAPO Fest, organisé à Paris du 28 au 30 juillet 2017 ?», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Faut-il interdire le 1er Festival Afroféministe dit NYANSAPO Fest, organisé à Paris du 28 au 30 juillet 2017 ?», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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