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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:49

Pelé, c’est l’incroyable ascension de la légende du football, qui, grâce à un style hors norme et à force de détermination, triompha de tous les obstacles, pour devenir l’inspiration d’un pays tout entier, et le changer à jamais. Pelé a forcé le destin et en rompant les chaînes de son enfance dans les favelas, avec son entrée dans le club du FC Santos, son talent le mènera jusqu’à la Coupe du Monde 1958 où, alors âgé de 17 ans seulement, il marqua le but décisif qui couronna le Brésil du titre mondial. Sacré joueur du XXe siècle par la FIFA, meilleur joueur de la Coupe du Monde 1970, Pelé a disputé 831 matches officiels pour 767 buts. Selon la FIFA, qui comptabilise également tous ses matches amicaux, il aurait disputé 1363 matches et inscrit 1281 buts (dont 6 quintuplés, 30 quadruplés et 92 triplés). En Coupe du Monde, Pelé a marqué 12 buts en 14 matches et a inscrit au moins 1 but lors de 4 éditions. Pélé a gagné 3 fois la Coupe du Monde en 1958, 1962 et 1970. Pélé a débuté pour FC Santos en 1ère division à 16 ans et a joué pour la Sélection brésilienne à 18 ans, inscrivant un but à son premier match le 7 juillet 1957. L’année suivante en Coupe du Monde à Stockholm, en Suède, il était le plus jeune participant, le plus jeune buteur er le plus jeune vainqueur. A la coupe du monde en 1958, en Suède, Pelé marqua 3 buts en demi-finale contre la France et 2 en finale, contre le pays hôte, la Suède. Un an après ce titre, en 1974, après 18 ans avec le FC Santos, à 34 ans, il se retira du football international. Mais il ne put résister à l’appel du Cosmos de New York, pour lequel il joua pendant 3 saisons : il fut une des raisons qui assurèrent le développement du football en Amérique du Nord.


Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, né le 23 octobre 1940 à Três Corações, est un footballeur brésilien évoluant au poste d'attaquant et de meneur de jeu du milieu des années 1950 au milieu des années 1970. Le football est devenu son métier, et ce métier l’a changé comme joueur et comme homme. Pelé est un enfant pauvre des favelas qui a réussi à s’en sortir. «Si je ferme les yeux, je peux encore voir mon premier ballon de football. En fait, il s’agissait d’une simple boule de chaussettes nouées ensemble, que mes copains et moi, «empruntions» sur les cordes à linge de nos voisins. (…) Nous étions fous de football et trop pauvres à nous payer autre chose. Et, puis les chaussettes retrouvaient toujours leur propriétaire légitime, peut-être un peu plus sales que lorsque nous les avions prises», dit Pelé dans son autobiographie, «Ma vie de footballeur».

 

Le football a changé depuis la Coupe du monde de 1950, qui a eu lieu au Brésil quand Pelé avait neuf ans. Ainsi, en 1958, les Brésiliens ont dû attendre, parfois un mois, pour voir au cinéma les images de la finale entre le Brésil et la Suède : «Je m’émerveille aussi, dans l’ensemble, que le monde ait évolué pour le mieux. Comme pauvre garçon noir de la campagne brésilienne qui a grandi en tapant dans une boule de chaussettes. (…). Le football rassemble les communautés, et en donnant aux gosses défavorisés, comme moi, un but et une source de fierté, et a permis de rendre le monde quelque peu meilleur» dit Pelé. Alors qu’il avait 9 ans, sa petite ville de Bauru perchée sur le plateau de l’intérieur de l’Etat de Sao Paulo, semblait éloignée à mille lieues des plages prestigieuses de la capitale, Rio, où se déroulait la coupe du monde de 1950. A cette époque, Pelé n’avait jamais vu l’océan, encore moins une fille en bikini. Le Brésil où vit la plus grande communauté de la Diaspora en dehors de l’Afrique (plus de 80 millions de Noirs), est un pays marqué par de très fortes inégalités, une vraie fracture sociale. En effet, le Brésil, généreux par bien des aspects, riche de son or et de son pétrole, de son café et de ses nombreux trésors, est composé de deux pays parfaitement opposés. D’un côté les magnats et politiciens de la capitale, Rio, avec leurs belles demeures à la française, leurs hippodromes et les vacances à la mer, de l’autre, près d’un Brésilien sur deux ne mangeait pas à sa faim. Un sur trois ne savait pas lire correctement. «Mon frère, ma sœur et moi, faisions partie de la moitie de la population qui allait nu-pieds. Ces inégalités étaient ancrées dans notre politique, notre culture et notre histoire» dit Pelé.


 

Pelé a été fortement impression par sa rencontre avec Nelson MANDELA : «Parmi toutes les célébrités que j’ai eu l’honneur de croiser (des papes, des présidents des rois, des stars d’Hollywood) aucune ne m’a plus forte impression que lui» dit Pelé. Nelson MANDELA a interpellé Pelé en ces termes : «Ici, en Afrique du Sud, il y a tant d’ethnies différentes, qui parlent bien des langues différentes, mais vous au Brésil, vous possédez toutes les richesses et une seule langue, le portugais. Alors pourquoi votre pays n’est pas riche ? Pourquoi votre pays n’est-il pas uni ?». Pelé comprendra, avec du recul, le sens de cette question. En effet, le football a un pouvoir magique d’unifier un peuple, ne serait-ce que le temps d’un match, «le pouvoir de nous réjouir ensemble, de souffrir ensemble, comme une seule nation» dit Pelé.

 

Pelé voue une grande admiration à son père qui était également passionné du football. «J'ai toujours eu une philosophie que je tiens de mon père. Il avait l'habitude de dire : "Écoute. Dieu t'as donné le don de jouer au football. C'est un cadeau de Dieu. Si tu fais attention à ta santé, si tu es tout le temps en bonne forme, avec ton cadeau de Dieu, personne ne t'arrêtera. Mais tu dois être prêt» dit-il. En effet, son père, Joao Ramos do Nascimento dit Dondinho, originaire d’une petite ville de l’Etat de Minas (mines générales), d’où provenait une grande partie de l’or du Brésil, a rencontré sa mère, Céleste, alors âgée de 15 ans, quand il faisait son service militaire. Ses parents l’ont surnommé Thomas EDISON, car en 1940, c’est l’année de la première ampoule électrique dans sa ville. Son père voulait devenir footballeur professionnel. Mais au cours d’un match, son père a percuté un défenseur adverse ; ce qui jeta sa famille dans le dénuement le plus complet. «Mon frère (Jair), ma sœur (Maria) et moi portions des vêtements d’occasion, parfois cousus dans des sacs pour transporter le blé, et nous n’avions pas d’argent pour acheter des chaussures. Certains jours, la seule chose que maman pouvait nous donner à manger, c’était un morceau de pain avec une tranche de banane. (…) Quiconque a été aussi pauvre, vous dira que cette incertitude, cette peur, une fois qu’elle prend possession de vous, est une pensée glaçante qui ne vous quitte jamais» dit Pelé. Sa famille déménagea à Bauru, en Amazonie. Cette ville est un melting-pot «le football nous faisait oublier nos différences» dit Pelé. «Bauru est une belle leçon d’ouverture au monde, qui a éveillé, très tôt chez moi, un appétit des cultures différentes» précise Pelé. Les conditions de vie de sa famille s’améliorèrent un peu. En effet, son père a trouvé un emploi à l’épicerie générale. En semaine, il travaillait comme commis pour faire le café et le servir, livrer du courrier. Le week-end, il faisait du football à l’Atletico Clube (BAC). Dans la ville de Bauru, tout le monde connaissait son père et l’appréciait, mais à quoi être bon être célèbre si on ne peut pas nourrir, décemment sa famille ?

 

Aussi, son père a placé sous ses espoirs en lui, et lui a appris tous les rudiments du football. «Sur le terrain, quand il était en forme, mon père laisser entrevoir le génie qui l’avait autrefois mené, si près de la victoire» dit Pelé. Cependant et contrairement à son père mesurant 1m82, Pelé reconnaît qu’il fallait compenser son absence d’ascendant physique sur le terrain : «Comme je ne pouvais pas pousser les autres joueurs hors de mon chemin ou sauter plus haut qu’eux, il a fallu simplement que je sois le plus doué. J’ai dû apprendre à faire du ballon un prolongement de moi-même» dit-il.

 

Sa mère, Dona Celeste, redoutait de voir son fils devenir footballeur, à l’époque les salaires des sportifs étant misérables. Pour sa mère, le football serait une impasse, un chemin direct vers la grande pauvreté. «Pour ma part, je n’ai jamais rien ressenti de tel. La simple vérité, c’est que j’aimais le football. J’adorais le contact du ballon sur mon pied, le soleil sur mon visage, la camaraderie du bon travail d’équipe, l’électricité qui courait dans mes veines quand je marquais un but. Par-dessus tout, tout j’aimais le temps passé avec mon père» écrit Pelé. Cet amour du football, est pour Pelé comme une «religion, une langue maternelle». Pelé ne fréquente guerre l'école étant enfant, préférant taper dans un ballon. S’agissant de l’école, justement, «sur ce terrain-là, je dois avouer que mes performances étaient loin d’être aussi remarquables. Mon enthousiasme pour le football faisait de moi un élève difficile et souvent rebelle» confesse-t-il. Pelé réservait une bonne partie de son énergie au football : «C’est un endroit où l’on pouvait oublier la pauvreté ou la tragédie» écrit Pelé.


Les entrainements de son père finiront par porter leurs fruits. Pelé gagnait ses tournois avec ses amis avec scores élevés de 12-3 ou 20-6. Aussi, tous les enfants refusaient de jouer contre lui. Ses parents l’avaient surnommé «Dido», mais à cette époque, que ses amis le surnomment «Pelé».


«J’ai eu de la chance. Je dois beaucoup à beaucoup de gens qui m’ont aidé sur ma route. Je les remercie et je remercie aussi le football, ce jeu merveilleux, d’avoir permis à un petit garçon nommé Edson de vivre la vie de Pelé» dit le footballeur. Son talent ne reste pas longtemps dans l'ombre, il intègre dès ses 16 ans l'équipe du Bauru, et ce jusqu'en 1956. Il quitte alors sa famille et suit son mentor, l'entraîneur Waldemar de Brito, pour le club de Santos FC. Il devient alors joueur professionnel.


Son premier but officiel est marqué lors d'une rencontre amicale au sein de cette équipe. Au vu de son jeu dynamique et imprévisible, l'équipe du Brésil le repère et le fait jouer le 7 juillet 1957 contre l'équipe d'Argentine. L'équipe du Brésil le titularise dès le lendemain. Sa carrière est lancée, il gagne ses titres d'honneur en finissant meilleur butteur de l'Etat de Sao Paulo, ce qui lui donne son ticket d'entrée pour la Coupe du Monde en Suède. Quand Pelé fait des promesses, il s’y tient. Le 16 juillet 1950, le Brésil, pays hôte de la Coupe du Monde, s’incline en finale face à l’Uruguay. Certains auteurs, comme Filho Mario, dans son livre «Les Noirs dans le football», estiment que les Brésiliens mettaient cette défaite sur le compte de «l’infériorité raciale», et suivant cet auteur «une nation noire, avec des joueurs noirs, n’ira jamais loin», et comme par hasard deux joueurs noirs brésiliens étaient impliqués, malencontreusement dans les deux buts de l’Uruguay. Or, l’Uruguay est le seul pays qui avait recours massivement à des joueurs noirs depuis 1910. Pour Pelé, sur le terrain, il n’y avait pas de riches, de Noirs ou de pauvres, «il fallait juste jouer». La nation, meurtrie, et son père pleure à chaudes larmes. Pelé aussi. Face à l’incommensurable détresse paternelle, il prononcera la phrase suivante : "Je la gagnerai (cette coupe du monde), je te le promets".


 

Pelé est resté modeste et explique son succès en soulignant qu’en matière de football : «La tête parle au cœur et le cœur parle aux pieds». Pelé glorifie le travail et l’effort «Le succès ne vient pas par accident. C'est du travail intense, de la persévérance, de l'apprentissage, de l'étude, du sacrifice et plus que tout, c'est de la passion pour ce que vous faites ou ce que vous êtes en train d'apprendre». Il faut croire en son destin et se passionner pour la cause que l’on défend : «L'enthousiasme est tout. Il doit être tendu et vibrant comme une corde de guitare». Pelé rend surtout hommage à ses équipiers «Une équipe n'est pas faite d'individualités isolées. Il faut toujours rester dans le jeu, ne pas être passif. Le football est un jeu d'équipe, personne ne joue tout seul. Le succès dépend de toute votre équipe comme seule unité».

 

Pelé devenu une vedette mondial, est courtisé par tous les clubs, si bien que le Brésil le déclare en 2014, «trésor national non exportable». Cependant, Pelé disputant un nombre impressionnant de matchs, les blessures se sont accumulées avec les années, rendant la pratique du sport de plus en plus dangereuse. Il prend donc une retraite anticipée en 1977 et s'investit alors dans des causes humanitaires.


Pelé a cassé tous les codes raciaux au Brésil. En effet, il épouse en 1966 avec une blanche Rosemeri dos Reis Cholbi qui lui donne trois enfants, deux filles Kelly Cristina et Jennifer et un fils Edinho. Puis il rencontre Assiria Lemos Seixas qu'il épouse en avril 1994. En septembre 1996, ils acceuillent les jumeaux Joshua et Céleste. Depuis, Pelé partage la vie d'une chef d'entreprise d'origine japonaise, Marcia Cibele Aoki, de 25 ans sa cadette.


Bibliographie

WINTER (Brian), Pelé, ma vie de footballeur, Paris, 2013, école du loisir, 314 pages ;

GOMES (Daniel), Eduardo Galéano, Le football, ombre et lumière, Montréal, Lux éditeur, 2014, 310 pages ;

LEITE (Lopes José Sergio), FAGUER (Jean-Pierre). «L'invention du style brésilien [Sport, journalisme et politique au Brésil]», in Actes de la recherche en sciences sociales, juin 1994 vil 103, Les enjeux du football. pages 27-35 ;

 

FILHO (Mario Rodriguez), O negro no futebol brasileiro (Le Noir dans le football brésilien), préface de Gilberto FREYRO, 1947, Pongetti, 1947. Apud : WISNIK, José Miguel. Veneno remédio: o futebol e o Brasil, São Paulo, Companhia das Letras, 2008, 242 pages ;

RASPAUD (Michel), Histoire du football au Brésil, Paris, Chandeigne, 2010, 246 pages, spéc page 127-146.

Paris, le 13 mai 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Pelé, une gloire mondiale du football.
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Published by Le blog de BA Amadou - dans Société
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