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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 21:38

Bon anniversaire en ce vendredi 5 mai 2017 à M. Bernard PIVOT qui se définit comme un homme d’influence : «Je préfère parler d’influence plutôt que de pouvoir. Il y a dans le pouvoir quelque chose de rigide, de décisif, d’instantané qui ne m’a jamais plu» dit-il à propos de ses émissions «Apostrophes» et «Bouillon de culture». M. PIVOT affirme que le hasard a dominé sa vie : «j’ai été embauché comme stagiaire au Figaro Littéraire par Maurice NOEL alors que je n’étais pas du tout un lecteur enflammé mais simplement parce que, au cours de la conversation, je lui ai dit que mes parents faisaient du beaujolais, et plutôt du bon, et qu’il a souhaité en avoir un caquillon. (…). C’est à partir de ce moment que je me suis mis à lire comme un fou. A rattraper le temps perdu».

Homme de lettres Bernard PIVOT, né le 5 mai 1935 à Lyon, est journaliste et critique littéraire français, animateur d'émissions culturelles à la télévision. Créa­teur des cham­pion­nats de France puis du monde d’or­tho­graphe, il devient en 2004 membre de l’aca­démie Goncourt, et la préside à partir depuis le 7 janvier 2014.

M. PIVOT effec­tue ses études au Centre de forma­tion des jour­na­listes à Paris, et en sort vice-major de sa promo­tion. À ses débuts dans la profes­sion en 1958, il entre au Figaro litté­raire et y reste pendant treize ans. En 1973, il rejoint le petit écran en créant sur l’ORTF l’émis­sion Ouvrez les guille­mets. L’an­née suivante, alors que la chaîne dispa­raît et est rempla­cée par Antenne 2, M. PIVOT lance sa mythique émis­sion litté­raire Apostrophes. Pendant seize ans, il reçoit chaque semaine les plus grands écri­vains de l’époque : Charles Bukowski, Alexandre Solje­nit­syne, Vladi­mir Nabo­kov. En 1991, il lance l’émis­sion «Bouillon de culture» et la présente pendant dix ans. De 2002 à 2005, il présente «Double Je».

Bernard PIVOT est un homme sous influence. Il est évident que notre environnement et notre jeunesse éclaire notre avenir. En effet, M. PIVOT a découvert la lecture dans Le Petit Larousse. Il avait 6 ans, la Seconde Guerre mondiale venait d’éloigner son père, Charles PIVOT, prisonnier en Allemagne. Maryse avait fermé l’épicerie lyonnaise et rapatrié sa famille à Quincié-en-Beaujolais. Bernard vécut là des années particulières, alternance d’allégresse et de mélancolie, états d’âme qui ne le quitteront jamais: inquiétude sourde devant la menace des occupants ; plaisir intense dû à la présence féminine, la cuisine de sa mère, les attentions de ses tantes, la sensualité des vendangeuses au début de l’automne et, comme un point fixe, le calme de ses tête-à-tête avec le Larousse ou les Fables de La Fontaine. On sait, depuis Eve, sa pomme et son serpent, que curiosité intellectuelle et sexuelle vont de pair. «A cause de la guerre, je vivais dans un petit village du Beaujolais et je n’avais à ma disposition que deux livres : une édition du Petit Larousse datant des années 30 et les Fables de la Fontaine. J’aimais beaucoup me promener avec le Petit Larousse, noter des mots dans un cahier misérable que j’avais toujours avec moi. Et je prenais les mots dans les Fables de la Fontaine dont je regardais le sens dans le Larousse et que je notais également sur le carnet. J’ai donc aimé lire des dictionnaires avant de lire du tout des romans» dit M. PIVOT.

Même devenu célèbre, M. PIVOT est méfiant, ce qui selon lui, est une garantie de l’indépendance.

M. PIVOT ne se définit pas comme un écrivain, mais comme un journaliste. Pour lui, les grands écrivains, comme PROUST ou Céline, font évoluer le langage, la syntaxe, un choix de mots par lesquels on les reconnaît, une musique.

«Une faute ne met pas en colère, elle me rend triste» dit M. PIVOT qui n’a jamais cessé son commerce quotidien avec le plaisir des mots et des sens. On le découvre en homme sensuel, sentimental et romantique. Dans les mots de ma vie, «Mots autobiographiques, mots intimes, mots professionnels, mots littéraires, mots gourmands... Tous ces mots forment un dictionnaire très personnel. Mais les mots de ma vie, c'est aussi ma vie avec les mots. J'ai aimé les mots avant de lire des romans. J'ai vagabondé dans le vocabulaire avant de me promener dans la littérature. Sur ces mots» dit M. PIVOT.

Décidemment, M. PIVOT est un amoureux des mots. Ainsi, dans «Les dictées de Bernard PIVOT» la grammaire est une chanson douce, comme dit Erik Orsenna, et, même si elle contient des mots vaches, la dictée est une ludique et aimable façon de tirer la langue aux mots pour ne pas en avoir peur.

«On s'emploie avec raison à sauver toutes sortes d'espèces d'oiseaux, d'insectes, d'arbres, de plantes, de grosses et de petites créatures bien vivantes, mais menacées de disparition... Rares sont les personnes émues par la disparition des mots. Ils sont pourtant plus proches de nous que n'importe quel coléoptère. Dieu sait que les initiatives ne manquent pas, ni les bras ni l'argent, pour conserver le patrimoine, mais, alors que les mots en font autant partie que les pierres, les tissus, la porcelaine, l'or et l'argent, ils n'intéressent pas grand monde. L'écologie des mots est balbutiante... Et si on travaillait à sauver des mots en péril ?» écrit M. PIVOT dans son livre «100 mots à sauver».

Son «Dictionnaire amoureux du vin», il y a de l'autobiographie, des lectures, des souvenirs de cuvage, de cave, de table... Voici cependant l'essentiel : le vin, c'est de la culture. La culture de la vigne, mais aussi de la culture pour l'esprit. C'est cette dimension culturelle d'un produit universel de consommation que ce livre a l'ambition de rappeler, dans un temps où le vin n'est pas bien considéré.

«On s'arrête tout à coup de lire. Sans pour autant lever les yeux. Ils restent sur le livre et remontent les lignes, reprenant une phrase, un paragraphe, une page. Ces mots, ces simples mots, ne nous évoquent-ils pas notre enfance, un livre, une querelle, des vacances, un voyage, la mort, des plaisirs soudain revenus sur nos lèvres ou courant sur la peau. C'est sans doute pourquoi elle interrompt aussi mes lectures pour des bagatelles, des sottises, des frivolités, des riens qui sont de nos vies des signes de ponctuation et d'adieu» dit M. PIVOT dans «La mémoire n’en fait qu’à sa tête».

«Au secours ! : les mots m’ont mangé», a été écrit par admiration des écrivains, ce texte est une déclaration d'amour fou à langue française. Bernard Pivot y raconte la vie d'un homme qui, malgré ses succès de romancier, invitation à Apostrophes, consécration au Goncourt, a toujours eu l'impression d'être mangé par les mots. Leur jouet plutôt que leur maître. Un hommage malicieux, inventif et drôle aux hôtes du dictionnaire.

«Pour mon malheur, le questionnement grâce auquel je me suis fait un nom dans la presse écrite, à la radio et à la télévision, s'est étendu à ma vie privée. Je souffre d'une maladie chronique que j'appelle la "questionnite'. Son symptôme est évident, identifié de tous mes proches : je n'arrête pas de leur poser des questions. Je ne peux pas m'en empêcher. C'est plus fort que moi. C'est une seconde nature. Je suis en état de perpétuelle curiosité. Et de manque si je n'arrive pas à la satisfaire » dit-il dans «oui, mais quelle est la question ? ».

Avec «Les tweets sont des chats», confesse qu’il aime les tweets parce qu'ils partent en silence, circulent en silence et arrivent en silence. Les tweets sont des chats». Grâce aux tweets, ces messages qui ne peuvent dépasser 140 signes, M. PIVOT a redécouvert le plaisir de faire court. Ainsi, avec humour, fantaisie et pertinence, a-t-il écrit une sorte de journal très personnel constitué d'observations, de réflexions, d'aphorismes et de citations, que découvrent chaque matin ses abonnés du réseau Twitter.

 

Bibliographie sélective

PIVOT (Bernard) SOMMANT (Micheline), Les dictées de Bernard Pivot, Paris, LGF, 2006, 605 pages ;

PIVOT (Bernard), Les mots de ma vie, Paris, Albin Michel, 2011, 368 pages ;

PIVOT (Bernard), Bernard Pivot présente la bibliothèque idéale, Paris, Albin Michel, 1988, 659 pages ;

PIVOT (Bernard), NORA (Pierre), Le métier de lire, Paris, Gallimard, 1990, 193 pages ;

PIVOT (Bernard), 100 mots à sauver, Paris, Albin Michel, 2009, 144 pages ;

PIVOT (Bernard), Dictionnaire amoureux du vin, Paris, ED18, 2014, 302 pages ;

PIVOT (Bernard), La vie, oh là là, Paris, Bernard Grasset, 1966, 191 pages ;

PIVOT (Bernard), La mémoire n’en fait qu’à sa tête, Paris, Albin Michel, 2017, 240 pages ;

PIVOT (Bernard), Au secours ! : les mots m’ont mangé, Paris, Allary éditions, 2016, 101 pages ;

PIVOT (Bernard), Oui, mais quelle est la question ?, Paris, Lafont, Bouquins, Seghers, 2012, 177 pages ;

PIVOT (Bernard), Les tweets sont des chats, Paris, Albin Michel, 2013, 162 pages ;

PIVOT (Bernard), Dictées : l’intégrale des Dicos d’or, Paris, Albin Michel, 2004, 605 pages ;

PIVOT (Bernard), L’amour en vogue, Paris, 1975, LGF, 224 pages ;

PIVOT (Bernard), Les critiques littéraires : le procès des juges, Paris, Flammarion, 1968, 237 pages ;

PIVOT (Bernard) NORA (Pierre) ORY (Pascal), Apostrophes, Paris, 2015 ;

DUCAS (Sylvie), «A défaut de génie, la panthéonisation de Bernard PIVOT», Communication et Langage, 2003, vol 135 n°1, pages 73-86 ;

MARTENS (David) MEUREE (Christophe), «L’intervieweur face au discours littéraire : stratégie de positionnement chez Madeleine Chapsal, Jacques Chancel et Bernard Pivot», Communication et langage, Argumentation et analyse du discours, 2014, 14. URL : http://aad.revues.org/1639

Paris, le 5 mai 2017, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

 

«M. Bernard PIVOT : un homme d’influence et sous influence», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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