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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA
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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 21:28

J'étais à la cérémonie du 10 mai 2015 de l'abolition de l'esclave, en 2017 j'y suis également mais avec 2 présidents : M. Emmanuel MACRON et M. François HOLLANDE. Nous réclamons depuis de nombreuses années la création d'une maison du souvenir à Paris où se côtoient plus de 116 nationalités. Paris est la seule grande ville de France sans élus du FN.


Le président MACRON, président élu, mais non encore investi, a condamné la colonisation, il s'agit de regarder l'avenir de façon apaisée. Nous voulons être, non pas des indigènes de la république, mais des citoyens français à part entière. C'est pour cela que nous réclamons notre juste place dans tous les lieux de décision (partis politiques gouvernement et haute administration). Nous demandons et exigeons que les relations avec l'Afrique ne soient empreintes ni de peur, ni de paternalisme, mais d'un esprit de coopération mutuellement avantageuse.

La traite négrière commencée au XVème siècle, a concerné 12 millions d'Africains avec son lot de morts, de souffrance et de servitude supposées être infinies.

La réparation n'est pas monétaire le crime contre les Noirs avec plus de 20 millions de morts est irréprochable c'est purement moral. Ce que nous demandons c'est de nous restituer notre dignité d'hommes et de citoyens. Nous ne sommes pas des mendiants, c'est un minimum non négociable.

La commémoration de l’abolition de l’esclavage n’est pas inspirée d’un esprit de revanche, mais c’est la capacité du monde noir à pardonner, pour un mieux vivre ensemble. «C’est pour le monde, une profonde leçon que la capacité des peuples noirs de pardonner, capacité qui, je le pense souvent, tient pour une grande part, aux préceptes éthiques issus de leur vision du monde et leurs religions authentiques», dit Wole SOYINKA, prix Nobel de littérature. Mais ce pardon «ne signifie pas une aptitude infinie ou naïve des peuples noirs à la patience», s’empresse t-il de préciser. Ce que nous réclamons c’est le respect mutuel et la dignité de tous. "Ce qui a été instauré par l'illusion suprématiste peut être aboli par la vérité de l'égalité", disait Martin Luther KING.


Il faut repartir sur de bonnes bases avec ce nouveau nous avons tellement été trahis et humiliés jusqu'ici qu'il est grand temps de rétablir la confiance en nos dirigeants politiques sinon la prochaine fois ce sera le feu comme le dirait James BALDWIN.

 

Enfouie, occultée, ce crime de lèse-majesté qu’est l’esclavage, est resté longtemps passé sous silence. C’est Mme Christiane TAUBIRA qui a fait adopté la loi du 10 mai 2001 déclarant l’esclavage crime contre l’humanité. L’abolition de l’esclavage est «cri et l’écrit », suivant une formule de l’abbé GREGOIRE. C’est l’écrit des Lois en réponse au cri des opprimés. En effet, l’esclavage c’est le déni de toute humanité aux Noirs réduits à un simple bien meuble que l’on pouvait exploiter, punir ou revendre.

 

Le devoir de mémoire procède de l’idée que l’on ne peut pas s’accommoder ou oubli cet asservissement fondé sur la hiérarchie des races et oublier ainsi les souffrances du passé.

 

La montée du racisme interpelle notre conscience humaine pour dire que ces idées sont contraires à toutes les valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté. Nous avons un devoir de vigilance et de résistances contre ces forces obscures qui veulent faire reculer l’humanité. Il n’est pas question de restaurer le passé ; ce qui s’est passé n’est pas réparable. On n’efface pas le passé, on le dépasse. Seule la vérité et non le déni, l’indifférence ou l’oubli, libère de ce lourd passé.

 

Une fondation pour la mémoire de l'esclavage doit voir le jour en 2018, au Musée de la Marine. Promis par François HOLLANDE le 10 mai 2016 elle devrait être présidée par Jean-Marc AYRAULT. Cette fondation est un pont entre les différents peuples La ville de Paris érigera un musée et un monument pour l’abolition de l’esclavage.


Le 10 mai est une date symbolique, à plus d’un titre : la victoire de Blaise DIAGNE aux élections de 1914 et puis celle de François MITTERRAND aux présidentielles de 1981.

Blaise DIAGNE se présenta aux élections générales législatives de 1914 et fut élu le 10 mai 1914 au second tour de scrutin, par 2424 voix contre 2 249 à Henri HEIMBURGER, candidat de la famille de Justin Devès, milieu d’affaires bordelais, sur 5231 votants. François CARPOT, député sortant, est venu en troisième position, n’avait obtenu que 472 voix.

Par conséquent, Blaise DIAGNE est bien le premier député africain noir à être élu à l’Assemblée Nationale française. Cette victoire aux élections de 1914 est hautement symbolique en ce sens que jusqu’ici la vie politique au Sénégal était tenue par les ressortissants blancs et métis des quatre communes (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint – Louis) qui ont droit à un député. Celui-ci, de 1848 à 1861 est un métis ; de 1871 à 1914, le siège de député est occupé successivement par quatre Blancs et un Métis.

Le caractère symbolique de cette victoire tient au fait qu’au départ, Blaise DIAGNE, un Noir, inconnu du grand public a pu, en pleine période coloniale, vaincre les candidats appuyés par l’administration coloniale et les commerçants bordelais.

Ce coup de tonnerre, «cette révolution», au début du siècle dernier, en référence à une expression du professeur Iba Der THIAM, marquait le début du réveil des peuples colonisés en vue de leur émancipation et pour l’indépendance.

Blaise DIAGNE avait lié la question de la nationalité et de la citoyenneté à celle du service militaire.500 000 tirailleurs sénégalais ont combattu pour la libération de la France. À la fin de la guerre, leur retour en terre natale, parfois très tardif, s’accompagne de nombreux incidents dont celui, particulièrement grave et meurtrier, survenu à Thiaroye, près de Dakar, le 1er décembre 1944, l’armée française fait trente-cinq morts et autant de blessés parmi les «tirailleurs sénégalais», sous prétexte qu’ils se sont mutinés pour obtenir leurs droits d’anciens prisonniers de guerre. SEMBENE Ousmane en tire un film, «Camp Thiaroye» demeuré interdit en France. Le bilan officiel de cette soi-disante «mutinerie», alors qu’ils ne sont pas armés, est établi par François HOLLANDE, le 30 novembre 2014, à 35 morts, 35 blessés 35 condamnations. Le soulèvement du peuple algérien contre le colonisateur français est directement lié aux massacres de Sétif le 8 mai 1945. A Madagascar et après la seconde guerre mondiale plus de 100 000 personnes ont été massacrées.

SENGHOR a consacré tous ses efforts à rendre à l’homme noir sa dignité perdue, notamment des tirailleurs sénégalais : "Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort. Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ? Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux. Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement. Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur. Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France" avait dit SENGOR, dans le poème préliminaire, Hosties Noires.

Après la première guerre mondiale, Bakary DIALLO, un peul du Fouta-Toro, du Nord du Sénégal, et ancien tirailleur sénégalais qui croyait à la promesse républicaine, publie en 1926 «Force-Bonté». Le président Léopold Sédar SENGHOR l’a considéré comme étant le premier écrivain sénégalais de langue française. Les critiques ont estimé que ce serait un récit de sa fascination pour l’uniforme. En effet, il décrit dans cet ouvrage son engagement volontaire dans les tirailleurs à Saint-Louis du Sénégal, son arrivée à Sète après avoir traversé le Maroc, son expérience du front et des tranchées, ainsi que ses faits d’armes et sa vision des Allemands. Bakary DIALLO est ensuite devenu l’interprète de Blaise DIAGNE, premier député noir de France. Bakary DIALLO est le premier tirailleur sénégalais à témoigner par écrit de son expérience de la Grande Guerre. Bakary DIALLO est né à M’Bala dans la région de Podor. Il s'engage dans l’armée française le 4 février 1911, participe à la pacification du Maroc en mai 1911, avant de débarquer à Sète en 1914. Engagé sur le front de la Marne, sa mâchoire fracassée l'oblige à se soigner dans divers hôpitaux à Epernay, Neuilly, Paris, Menton. Devenu citoyen français en 1920, il exerce le métier de portier à l’hôtel National de Monte – Carlo et divers emplois plus pénibles à Paris. En février 1928, il retourne au Sénégal, devient un interprète et chef de canton. Il finit sa vie à Podor en 1979.

 

A l'initiative d'Aïssata SECK, élue à Bondy, dans la proche banlieue parisienne, le président HOLLANDE a honoré, ce samedi 15 avril 2017, 28 tirailleurs sénégalais qui vont accéder à la nationalité française. Il faut savoir apprécier les bonnes choses, à leur juste valeur. Cependant, c’est une reconnaissance tardive (plus de 60 ans d’attente), mais "Mieux vaut tard que jamais" a-t-on coutume de dire. "Justice trop tardive est déni de justice" dit Turgood MARSHALL (1908-1993), un juge noir américain à la Cour suprême des États-Unis, confronté aux pratiques discriminantes.

 

Le 10 mai 1981 marque une autre date symbolique : l’alternance à gauche avec la victoire de François MITTERRAND.

Le 10 mai 1981, dès qu’ELKABBACH, avec une mine renfrognée et défaite, annonce la victoire de François MITTERRAND à la télévision, on avons tous exulté : «on a gagné !». Je suis allé, avec mes amis, à la place de la Bastille. Pour la première fois, depuis l’avènement de la 5ème République, on assistait à l’alternance.

Au cœur de la campagne électorale de François MITTERRAND, il y avait l’espoir de «changer la vie». Nous avons gagné la liberté. Les générations actuelles issues de l’immigration n’imagent pas combien la Droite, et son représentant de l’époque, M. GISCARD-D’ESTAING, ont été durs avec nous. La loi sécurité et liberté permettait des contrôles au faciès et à moindre incartade, vous êtes humilié, menotté et mis dans "le panier à salade". Avec la victoire de la Gauche, MITTERRAND a abrogé la loi sécurité et liberté, et régularisé tous les étrangers qui avaient un contrat de travail.

Ce qu’on a tous gagné, c’est l’introduction dans la société de valeur humanistes et d’équité, porteuses de rénovation de la société. En termes de liberté, on avait à l’époque que des radios et télévisions d’Etat. Comme le disait Georges POMPIDOU, très conservateur, «l’ORTF c’est la voix de la France». MITTERRAND a libéré les ondes. Les radios et télévisions privées qui foisonnent, actuellement, c’est l’héritage de 1981. L’homosexualité était un délit. Comme si l’Amour pouvait représenter un grave danger pour l’ordre public.

La peine de mort a été abolie. J’ai pu approcher, de très près Robert BADINTER, lors du centenaire du Parti socialiste à la Très Grande Bibliothèque de François MITTERRAND. Je lui ai serré la main. Je lui ai dit simplement «merci». Jean AUROUX que j’ai rencontré au congrès du Comité National d’Action sociale, à Toulouse, nous a expliqué, qu’avant 1981, la citoyenneté s’arrêtait à la porte de l’entreprise. MITTERRAND a restitué aux travailleurs leur dignité et leurs droits légitimes. Anicet le PORS, un excellent ministre communiste, nous a brillamment exposé en 2003, lors du trentenaire de la loi de 1983 sur le statut de la fonction publique, en quoi la Gauche, contrairement à une idée reçue, a remis à l’honneur le service public. La Droite n’a pas osé abroger les 35 heures qui sont devenues un acquis majeur de notre temps. La Fête de la Musique a été institutionnalisée en Europe. La Gauche c'est avant tout un projet culturel.

Avec François MITTERRAND nous avons gagné l’idée que la Gauche est aussi légitime que la Droite à gouverner la France. Pendant longtemps, la Droite, se fondant sur les expériences du passé, brossait un procès en incompétence de la Gauche. Après deux échecs de MITTERRAND à la présidentielle (1965 et 1974), certains conservateurs croyaient que la Droite serait encore installée au pouvoir pour 150 ans. A la veille du 1er tour des présidentielles de 1981, le FIGARO, titrait que si la Gauche gagnait, les chars russes allaient défiler sur les Champs-Elysées. Avec le programme de nationalisations, les maisons durement, acquises, allaient être confisquées. Les 4 Ministres communistes se sont révélés très compétents. Le peuple français n'a pas tremblé. Il est entré dans l'espérance et dans l'espoir de changer la vie.

«Tonton», je crois aux forces de l’esprit. C’est plein de reconnaissance et de gratitude, que je remercie François MITTERRAND de tous ces bienfaits, dont la liste est loin d’être exhaustive. Je prie pour le repos de son âme et que cet esprit de tolérance, de justice, d’égalité et de fraternité, de mai 1981, puisse encore durer des siècles et des siècles.

Au pouvoir la Gauche a souvent oscillé entre «l’ambition et le remords», en référence à un remarquable ouvrage d’Alain BERGOUNIOUX et Gérard GRUNBERG. En dépit de ces belles conquêtes qui ont changé notre vie, il y a eu des rendez-vous manqués. Dès 1983, la rigueur a provoqué de fortes désillusions et l’apparition, durablement, du Front National sur la scène politique. Une forme de «Gauche caviar», déférente aux puissances de l’argent, a conduit à la mort, fort injuste, en 1993, de Pierre BEREGOVOY, dont je salue la mémoire.

Auparavant, au congrès de CRETEIL du 24 janvier 1981, lors de la désignation de François MITTERRAND comme candidat du PS, et avec les jeunesses socialistes, on avait applaudi à tout rompre, à la proposition sur le droit de vote des étrangers aux élections locales. Aujourd’hui, les Bulgares et les Polonais, sans attaches solides avec la France et sans maîtrise de la langue française, ont un droit de vote. Mais nos parents qui résident dans ce pays depuis des générations, continuent d’être victimes d’une Apartheid qui ne dit pas son nom. En 2012, la Gauche avait tous les pouvoirs, y compris au Sénat, mais le droit de vote des étrangers a été remis aux calendes grecques.

En dépit de ces sérieuses réserves, qui appellent des mesures de correction, sans délai, je crois fondamentalement aux valeurs républicaines et socialistes, pour une société plus fraternelle et plus juste.

Jean JAURES avait établi un lien direct entre le Socialisme et la République. Pour lui, le socialisme doit s’inscrire dans la continuité républicaine pour en être l’aboutissement, en créant les conditions d’une réelle démocratie politique, mais aussi d’une démocratie sociale et économique.

La Gauche social-libérale se manifeste dans son action politique par la dissimulation et le mensonge. Ainsi, après la victoire aux présidentielles de 2012, les renoncements, les manquements au respect de la parole donnée constituent, indubitablement, des trahisons de l’héritage de Jean JAURES.

Le président élu, mais non encore investi, M. Emmanuel MACRON qui a battu aux présidentielles du 7 mai 2017 les forces du Mal, a pris d’importants engagements pour apaiser la société. Il sera jugé aux actes.

Paris, le 10 mai 2017, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

"Cérémonie de l'abolition de l'esclavage : pour une Maison dédiée à la mémoire à Paris" par M. Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr/

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Published by Le blog de BA Amadou - dans Politique et société
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