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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 10:51

"Si vous avez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visités par la suite, Paris ne vous quitte plus, car Paris est une fête mobile", écrit Ernest HEMINGWAY (voir mon post). Dans cette atmosphère tristounette des présidentielles de 2017, Paris est arrosé en ce 12 avril 2017, par un soleil radieux ; ce qui a illuminé mon cœur. Et subitement en traversant le Jardin de Luxembourg, je fus envahi par une joie immense, sans que je sache sa provenance. Comme Marcel PROUST (voir mon post) je fis appel à ma mémoire involontaire. En fait, le Jardin du Luxembourg me rappelle bien des événements heureux, tristes, mais surtout de la joie et de l’espérance. Combien de fois, pendant mes années d’étudiant en droit à Paris 2 Assas, j’avais traversé ce jardin pour aller de la rue d’Assas au Panthéon ou vis-versa. Dans les jours heureux, il y a eu, cette rencontre furtive, Emmanuelle, une étudiante grecque, qui m’a appris à bien distinguer les différentes catégories de fleurs dans ce beau jardin du Luxembourg. Dans les moments de tristesse, je me rappelle aussi de ce coup de fil, d’un cousin Alpha DJIGO, qui résidait à l’époque dans le 6ème arrondissement, en m’apprenant la mort de mon oncle Demba Harouna N’DIAYE. J’avais séché mes cours de l’après-midi, inconsolable. Devant un tel drame qui venait de frapper à nouveau, la famille de ma mère, presque décimée, je suis allé sangloter au Jardin du Luxembourg. Dans mon pitoyable état, une dame âgée, croyant que j’étais sans domicile fixe, me donna un billet de 100 F. Cette attention particulière m’a profonde touché devant la grande indifférence des passants.


 

Plus tard, le Jardin de Luxembourg, sera devenu un terrain de jeux, parfois coûteux, pour mes enfants, Jean-Philippe et Arsinoé. La balançoire, l’aire de jeux, le théâtre, et la ballade en poney, la location des petits bateaux, à chaque fois, il faut sortir le porte-monnaie. Mais quelle immense joie de me retourner ainsi en enfance !

Le Jardin du Luxembourg, c’est aussi, la présidence de Gaston MONNERVILLE (1897-1991), du Parti radical. Et oui, peu de gens le savent, un Noir a été président du Sénat au Palais du Luxembourg, pendant 22 ans. En effet, Gaston MONNERVILLE a été vice-président du Conseil de la République de 1946 à 1947, président de cette institution de 1947 à 1958, et président du Sénat de 1959 à 1968 (voir mon post du 25 janvier 2015). Il a eu l’honneur et le courage de s’opposer aux référendums putschistes du général de Gaulle.

J’ai aussi été submergé d’un bonheur immense, le samedi 1er octobre 2011, jour de l’intronisation de M. Jean-Pierre BEL, 1er président socialiste au Sénat (voir mon post) qui m’avait invité pour cette cérémonie au Sénat. Pour la première fois de l’histoire, la Gauche avait tous les pouvoirs, au plan local et national, et on attendait le droit de vote des étrangers aux élections locales depuis 1981. Passée cette joie immense d’un moment, je fus envahi par la colère contre ceux qui avaient les yeux rivés sur les sondages, et, en fait, ne défendaient que leur petite soupe. Quelle trahison de Jean JAURÈS !


 

Le 10 mai, n’est pas seulement que la victoire de François MITTERRAND aux élections de 1981, ni celle de Blaise DIAGNE, 1er député noir du Sénégal, aux législatives de 1914, mais c’est aussi et surtout, la célébration de l’abolition de l’esclavage, déclaré «crime contre l’humanité», chaque année, au Jardin du Luxembourg. Cet événement majeur nous le devons à Mme Christiane TAUBIRA, une grande dame qui s’est dressée contre la déchéance de la nationalité.


 

Acquis par Marie de MÉDICIS, la superficie actuelle du domaine du Luxembourg, 25 hectares environ, équivaut à peu près à celle des acquisitions initiales, mais sa configuration a totalement changé. Ce n'est qu'à la fin du Second Empire que le jardin s'est installé dans ses limites actuelles. En 1611, lorsque commence l'histoire du Jardin, le faubourg qui s'étendait au sud des portes Saint-Michel et Saint-Germain, sur la rive gauche de la Seine, était devenu un quartier mondain et campagnard à la fois. La reine, Marie de MDECICIS aimait ce faubourg tranquille, plus salubre que le quartier du Louvre et où demeuraient des membres éminents de son entourage italien. Aussi est-ce là qu'elle songea à élire domicile lorsqu'elle manifesta son désir, après l'assassinat d'Henri IV, de quitter le Louvre. Elle se préoccupa donc d'acquérir un terrain assez vaste pour y édifier une demeure inspirée des palais florentins et un parc rappelant les jardins de Boboli. Le palais et le jardin doivent leur nom à François de Luxembourg, un duc, lointain descendant du premier comte du Grand-Duché. En 1581, il se fit construire un bel hôtel avec un parc de 8 ha, rue de Vaugirard, à Paris. La reine mère, Marie de MEDICIS, veuve d’Henri IV (1553-1610), eut un coup de coeur en voyant le palais du duc et le lui racheta en 1611. Elle voulait à tout prix fuir le palais du Louvre qu’elle trouvait trop sale. Marie de MEDICIS s’offrit aussi 16 ha supplémentaires alentour pour agrandir le parc. Ainsi acquis, ce patrimoine passa de main en main royale au fil du temps : le duc Gaston d’Orléans, Louis XIV, Louis XVI ou le comte de Provence, futur Louis XVIII.

Ce fut la première acquisition d'une longue série, car malgré ses embarras financiers, la Reine mère mena pratiquement jusqu'à son départ pour l'exil en 1631 des transactions complexes. Le jardin du Luxembourg subit de nombreuses modifications, jusqu'aux travaux d'Haussmann, qui lui donnent son tracé actuel.

Le domaine demeura en l'état jusqu'à ce que le Palais du Luxembourg fût donné en apanage au Comte de Provence. Afin de payer la remise en état du Palais, on vendit l'extrémité occidentale des jardins du côté Notre-Dame-des-Champs. Dix hectares environ furent cédés en 1782, et fut percée la rue de Luxembourg, future rue Guynemer. Les allées sacrifiées comprenaient la «Vallée des Philosophes» où Rousseau, hôte en 1741 de l'Hôtel Saint-Quentin, rue Victor-Cousin, se promenait tous les matins en exerçant sa mémoire récalcitrante sur les églogues de Virgile, ainsi que l'allée des Soupirs, au nom éloquent.

Le Jardin était désormais orienté du nord au sud, comme le Palais, et sa superficie considérablement augmentée : son extrémité touchait presque au boulevard du Montparnasse. Dès le lendemain de la condamnation à mort du Maréchal Michel NEY, duc d’Enghein (1769-1815) par la Chambre des Pairs, un fiacre l'emmena à 8 heures du matin, le 7 décembre 1815, du Palais, dans les combles duquel il était détenu, à l'Observatoire où il fut passé par les armes. Les aménagements d'Haussmann se firent largement aux dépens du parc, qui fut, dans un premier temps rogné par l'élargissement de la rue de Vaugirard et l'ouverture du boulevard Saint-Michel. Il fut décidé en 1865 de limiter au sud le jardin par une rue ouverte dans le prolongement de la rue de l'Abbé-de-l'Epée, et de lotir la pépinière et le jardin botanique.


 

Cette décision souleva à l'époque une levée de boucliers et suscita des pétitions, dont l'une atteignit 12.000 signatures. Dans un de ses contes, Guy de MAUPASSANT donne de la pépinière une description qui justifie cette indignation : "C'était comme un jardin oublié de l'autre siècle, un jardin joli comme un doux sourire de vieille. Des haies touffues séparaient les allées étroites et régulières, allées calmes entre deux murs de feuillages taillés avec méthode. Les grands ciseaux du jardinier alignaient sans relâche les cloisons de branches; de place en place on rencontrait des parterres de fleurs, des plates-bandes de petits arbres rangés comme des collégiens en promenade, des sociétés de rosiers magnifiques et des régiments d'arbres à fruits".

La reine, née à Florence, demande à Salomon de BROSSE, de s’inspirer du Palais Pitti de son enfance, mais l’architecte davantage à la tradition française qu’au modèle italien. Quant au jardin limité au Sud par l’enclos des Chartreux, elle en confie la composition à Boyceau de la BARAUDERIE pour les parterres à Thomas FRANCINE pour les terrasses et fontaines qui seront alimentées en eau grâce à la construction de l’aqueduc d’Arcueil. A la «Journée des Dupes», en novembre 1630, qui consacre le pouvoir de Richelieu, Louis XIII contraint sa mère à l’exil. Marie MEDICIS meurt à Cologne en 1642.


 

En 1635, André Le NOTRE réaménage les parterres, ne pouvant dérouler la grande perspective souhaitée vers le sud du fait de la persistance du couvent des Chartreux. Après la mort de Marie de MEDICIS, en 1642, le palais du Luxembourg et son jardin changent de mains à de maintes reprises.

Après la Révolution, le palais abrita successivement une prison, la préfecture de la Seine et le Palais du Luxembourg est affecté depuis le 22 juillet 1879 au Sénat qui a en charge son entretien, ainsi que celui de son Jardin. Sous la Vème République, le Sénat compte 348 sénateurs, renouvelés par moitie, tous les 3 ans.

L’émotion et la joie que j’ai ressenties, ce matin du 12 avril 2017 au Jardin du Luxembourg, dans ce pays riche d’histoire et de promesses, tranche bien avec la sinistrose ambiante. Dans ce beau pays qu’est la France, riche en patrimoine culturel et plein de promesses, je plains ceux qui ont le cœur rempli de haine. "Laissez la haine à ceux qui sont trop faibles pour aimer" nous avait dit Martin LUTHER KING.

Je ne l’avais pas bien remarqué, mais aujourd’hui, j’ai pris le temps d’admirer les 20 statues qui représentent une série de Reines de France et des femmes illustres. A l’exception de Marguerite d’Anjou, commandée en 1874, ces sculptures somptueuses ont été commandées entre 1843 et 1846. Les parterres furent réaménagés par l’architecte Alphonse de GISORS. On peut naturellement admirer au Jardin de Luxembourg, les sculptures notamment de Marie de MEDICIS (1573-1642), de Sainte Clotilde (545) de Blanche de Castille (1188-1252), de Sainte-Geneviève (423-512), patronne de patronne de Paris.

Mais le Jardin de Luxembourg est aussi, un hommage à des artistes et écrivains ou œuvres originales, comme Ludwig von BEETHOVEN, Stefan SWEIG, Charles BEAUDELAIRE (1821-1887). On y trouve une sculpture représentant le «Triomphe de Silène», père nourricier de Dionysos, dieu de la vigne et du vin, réalisée par Aimé Jules DALOU (1878-1912), de Paul VERLAINE (1844-1896) d’Edouard BRANLY (1844-1940), celui a découvert les radios conducteurs menant à la télégraphie et au télémécanique sans fil, la Comtesse de Sévigné, née Rostopchine (1799-1874). Je redécouvre surtout cette réplique en miniature de la statue de la «Liberté éclatant le monde» offerte au musée Luxembourg par Auguste BARTHOLDI et placée dans le jardin en 1906 et remplacée par une réplique en 2012. On est admiratif de l’œuvre d’Ossip ZADKINE (1890-1967) en hommage au poète Paul ELUARD (1895-1952) de l’hommage rendu à George SAND et Eugène DELACROIX, etc.

Je tenais à rendre hommage aussi, à ces ouvriers anonymes qui font partie de la minorité invisible, qui se consacrent actuellement, aux travaux de rénovation de ce jardin.

Le Musée du Luxembourg abrite de nombreuses expositions. Vous pourrez y admirer une exposition du PISSARO du 16 mars 2017 au 9 juillet 2017. On peut s’arrêter à la cafétaria Angélina, fondée en 1903. Les gâteaux sont magnifiques et artistiques et témoignent là aussi du savoir-faire et raffinement de la France, mais je ne pouvais pas en manger.

Depuis plusieurs années, je n’entends que cette petite musique de la classe politique traditionnelle : «ce pays est en crise, on ne peut rien pour vous». Mais devant ce défaitisme qui ne s’attaque pas pourtant aux privilèges de cette caste des régnants, j’entends également dire un candidat, M. Benoît HAMON, «on vous dit à chaque fois que ce n’est pas possible, jusqu’au jour où je vous dirai : on l’a fait !», en référence à un slogan de Nelson MANDELA.

Habité par l’optimisme et l’espérance, je vous dis soyons fier de ce pays, encore républicain, et croyons fermement à un futur désirable, pour faire battre le cœur de la France. Votez pour vous !


Paris, le 12 avril 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
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Published by Le blog de BA Amadou - dans Escapades
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