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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 23:10

Aux jeux olympiques de Berlin organisés du 1er au 16 août 1936, alors que le Nazisme était triomphant, l'américain Jesse OWENS devenait une légende de l'athlétisme en remportant quatre médailles d'or, en parvenant à battre ou égaler neuf records olympiques et en établissant trois records du monde. Adolphe HITLER, alors chancelier de l’Allemagne installe, progressivement, un régime totalitaire, raciste et antisémite ; il vante alors la «Grande Allemagne» et la supériorité de race aryenne. Il introduit le culte du corps et de l’activité physique. Les jeux de Berlin deviennent pour HITLER l’occasion de donner l’image d’une nouvelle Allemagne, héritière légitime de la Grèce Antique. HITLER espérait que ces jeux allaient démontrer la supériorité de la race aryenne. Cependant, les exploits de Jesse OWENS sont vivement ovationnés par les Allemands.

Avant même leur ouverture, la presse du monde entier s’était interrogée sur la nécessité de participer à une fête confiée à un pays qui, depuis sa désignation en 1931, avait nettement viré au fascisme. Finalement, ce furent presque 4 000 athlètes de 49 pays qui participèrent aux épreuves. Seule l’Espagne républicaine avait formellement boycotté ces XIème Olympiades auxquelles l’URSS n’était pas invitée. Dans la capitale du Reich, GOEBBELS avait donné de fermes instructions pour que l’accueil des visiteurs étrangers soit parfait et que tout signe d’antisémitisme soit gommé. Les organisateurs teutons avaient veillé à ce qu’il ne manque pas un seul bouton de guêtre, ajoutant même quelques belles trouvailles dont la principale fut l’introduction de la flamme olympique, transportée en relais depuis la Grèce. Pendant les compétitions elles-mêmes, les controverses reprirent, cependant, avec en point d’orgue la décision de la délégation américaine de modifier son équipe de relais en remplaçant deux athlètes juifs, Marty GILCKMAN et Sam STOLLER, par leurs coéquipiers noirs Jesse OWENS et Ralph METCALFE.

Sur le plan sportif, les jeux de 1936 furent marqués par le triomphe de l’athlète noir américain Jesse OWENS qui remporte quatre médailles d’or en athlétisme. C’est bien après la cérémonie de clôture que s’imposa un scandale resté dans les mémoires : Hitler a quitté le stade, refusant ainsi  de serrer la main à Jesse OWENS après sa victoire au saut en longueur, le  4 août 1936, venant après celles du 100 mètres du  3 août 1936, en attendant celles du 200 m (5 août) et du relais 4 x 100 m du 9 août 1936. Suivant la théorie d’un nazi, le professeur WAITZER si les Noirs gagnent à l’athlétisme, c’est «en raison de la construction atomique de leur corps. Chez eux, l’angle formé par la cuisse et les os du bassin serait toujours plus grand que chez le Blancs». De sorte qu’en pleine course, selon ce professeur,  le travail des muscles des Noirs, leur contraction et leur allongement serait plus rationnel ; chacun des pas de l’athlète noir dépasserait de huit à dix centimètres, ceux de ses adversaires blancs. Face à cette théorie absurde et stupide, Jesse OWENS estime que la victoire d’un athlète dépend des secrets de son entraînement, «c’est la qualité qui compte, les dons particuliers, chez les Blancs, comme chez les Noirs. La maitrise de soi-même y a sa part et même la chance. (…). Question de race ? Erreur. La valeur de l’individu est, à mes yeux, le principal facteur qui compte» dit-il dans une interview du 11 août 1936  accordée à Maurice SALLET de Paris-Match.

Dans Paris-Soir du 6 août 1936, Gaston BENAC considère Jesse OWENS comme «l’athlète le plus prodigieux des jeux de Berlin, et des temps modernes aussi» ; «ce fut hier la journée de Jesse OWENS, qui donna aux spectateurs quelques aperçus de vitesse et de détente musculaire, toujours dans ce style plein de finesse et de légèreté qui est le sien. Quel est celui des 100 000 spectateurs […] qui ne conservera pas […] la mémoire de ces «foulées merveilleuses » du grand lévrier noir ?».

Aux jeux olympiques de 1936, Adolf HITLER voulait prouver la supériorité de la race aryenne. Jesse OWENS démontra qu'il se trompait. En effet, c’est la première de ses quatre médailles d’or à venir avec le saut en longueur, le 200 mètres et le relais 4X100 mètres. Seul Carl LEWIS égalera cet exploit aux Jeux de Los Angeles en 1984. Ultime affront à la propagande hitlérienne : Lutz LONG, l’une des égéries du sport allemand défait par l’Américain, tombera dans les bras de Jesse OWENS après sa victoire. Le chancelier Adolf Hitler quitte le stade. Issu d’une famille bourgeoise de Leipzig, en Saxe, LONG est un blond qui vit dans un manoir, où ses performances sportives lui permettent, à 16 ans, d’intégrer le célèbre Leipzig Sport Club. Très vite, il deviendra un athlète adulé, dans un pays où le nouveau régime utilise le sport comme un efficace outil de propagande nazie. Même le journal d’extrême-droite, l’Action Française, dirigé à l’époque par Léon DAUDET et Charles MAURRAS a été obligé de rendre compte, tardivement, de cette extraordinaire performance : «au début de la saison, on entendit parler des exploits accomplis par un de ces Nègres que les Américains blanchissent  en universitaires : le nommé Jesse OWENS. (…) c’est extraordinaire, puisque cela n’a jamais été fait par personne. Pourtant les spécialistes ont déclaré que ce n’était pas incroyable, ni inhumain. (…). Ce sont des records du monde, c’est-à-dire qu’ils reculent la limite du pouvoir de l’animal humain». Le journal «Le Temps» qualifie Jesse OWENS de «phénomène noir».  Face à incroyable performance : «son exhibition fit sensation. Son style particulier, sa souplesse féline, sa maîtrise, sa facilité en un mot, ont démontré qu’à l’heure actuelle, OWENS cet aussi imbattable comme sauteur que comme coureur de vitesse».

Jesse OWENS est en cette période l’homme le plus rapide du monde, et le restera jusque bien des années plus tard. Fils de henry CLEVELAND et Marie Emma OWENS, Jesse OWENS issu d’une fratrie de six frères et soeurs, né le 12 septembre 1913 à Oakville, dans l’Alabama, quitta son Sud natal avec sa famille pour chercher du travail dans les aciéries du Nord industriel. Il passa son enfance à Cleveland en Ohio. Doté de qualités athlétiques hors du commun, il développe un don naturel pour l’athlétisme dès15 ans. Quand il était encore étudiant à l’East Technical High School, il égala le record du monde de 100 yards (91 m) en 9.4 secondes, pendant le National High School Championship du 1933, à Chicago. Il commença à fréquenter sa future femme, Minnie Ruth SOLOMON (1935-1980), quand il avait 15 ans et qu'elle en avait 13. Ils se marièrent en 1935. Leur première fille, Gloria, naquit avant leur mariage, en 1932, et ils eurent deux autres filles, Marlene,  née en 1939 et Beverly,  née en 1940. Alors qu'il fréquenta l’université d’Etat de l’Ohio, Jesse OWENS gagna huit championnats individuels. Toute sa vie, il attribua sa carrière aux encouragements de Charles RILEY, son entraîneur du collège, qui l'avait repéré et lancé dans l'équipe nationale.

Les Jeux terminés, l’athlète rentre aux États-Unis, où la ségrégation raciale a toujours cours. S’il est reconnu pour sa performance, il est de nouveau confronté à la ségrégation raciale. En effet, en pleine campagne électorale, Franklin ROOSEVELT refusera ainsi de recevoir l’athlète à la Maison Blanche. La star olympique déchante, et reste un citoyen de seconde zone. Il faudra attendre 1955 et Dwight EISENHOWER pour que Washington lui décerne les honneurs. Quarante ans après ses exploits, le président américain Gerald FORD, lui remettra en 1976, The Presidential Medal of Freedom, la plus haute distinction accordée à une personnalité civile. Georges BUSH lui accordé, à titre posthume, en 1990, The Congressional Gold Medal.

Jesse OWENS mourra le 31 mars 1980 d’un cancer du poumon, à Tucson en Arizona. En 2016, un biopic, «La couleur de la victoire» (Race en anglais) retrace son exceptionnel parcours.

Bibliographie sélective

1 – Références en langue française

NEIMARK (Paul), Jesse OWENS : autobiographie spirituelle, Le Havre, Le Mont sur Lausanne, éditions Foi et Victoire, 1980, 223 pages ;

RAINFROY (Claire), «Retour sur la performance de Jesse Owens aux Jeux Olympiques de 1936 de Berlin», Jeune Afrique, 21 juillet 2016 ;

NIEL (Aurélien), SIROST (Olivier), «Sportifs de haut niveau : du record au mythe», Ethnologie française, 2005, n°3,  vol. 35, pages 411-423 ;

SALLET (Maurice), «Une interview de Jesse Owens», Paris-Match, n°530, 11 août 1936, 19 pages, spéc page 10 ;

TAELMAN (René), BILLIC (Pierre), DOVOS (Daniel), LOISEAU (Maurice), Les 100 plus grands sportifs de tous les temps : de Jesse Owens à Lionel Messi, Paris, Bruxelles, éditions Jourdan, 2014, 315 pages ;

«L’athlétisme», Action Française, n°177, 26 juin 1935, page 5 ;

«Les jeux olympiques de Berlin», Le Temps, n°27863, du 6 août 1936, page 5.

2 – Références en langue anglaise

EDMONSON (Jacqueline), Jesse Owens, Greenwood publishing Group, 2007, 104 pages ;

McDOUGALL (Chrs), Jesse Owens : Trailblazing Sprinter, Abdo, 2011, 112 pages ;

MERYL HENDERSON (M. M. Eboch), Jesse Young Record Breaker, Simon and Schuster, 2008, 196 pages ;

STREISSGUTH (Thomas), Jesse Owens, Twenty-First Century Books, 1999, 112 pages ;

STUCLIFFE (Jane), Jesse Owens, Carolroda Books, 2000 48 pages ;

WAGNER (Tony, Gentry, Heather, Lehr), Jesse Owens : Champion Athlete, 2009, 116 pages.

Paris, le 17 décembre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jesse OWENS (1913-1980), l’athlète noir qui a défié les démons du racisme», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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