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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 22:52

Paul David BOILAT était un prêtre, un missionnaire apostolique, un ancien directeur de collège et inspecteur de l'instruction publique, Directeur de l'enseignement au Sénégal de 1843 à 1852 ; il parcourt inlassablement le Sénégal pour amasser une documentation ethnographique dont il envoie une partie à la Société de géographie de Paris. Il est l'un des premiers prêtres catholiques du Sénégal et l'un des premiers écrivains sénégalais à avoir décrit l'histoire et la société de son temps. «A travers son destin, c’est le Sénégal de la première moitié du XIXème siècle que l’on décrit» soulignent Yvon BOUQUILLON et Robert CORNEVIN dans la biographie qu’ils ont consacrée à l’abbé BOILAT. C’est en 1853 qu’il publie à Paris «Les esquisse sénégalaises» avec le sous-titre «Physionomie du pays – peuplades – commerce- religion passé et avenir- Récit et légendes». Le principal souci de cet ouvrage était de faire connaître la Sénégambie en faisant découvrir sa géographie, ses traditions et coutumes. Les Esquisses sont une des sources essentielles de l’histoire du Sénégal. L’abbé BOILAT est un remarquable observateur de ce Sénégal en pleine mutation. En effet il est le témoin d’une époque charnière de l’histoire du Sénégal, une période de transition dans laquelle les comptoirs commerciaux et l’esclave s’estompaient, mais la colonisation ne concernait encore que Saint-Louis et Gorée ; l’essentiel du pays est dirigé par des démocraties sans Etat, des royautés. C’est l’époque du début de la conquête directe avec une progressive domination de tout le territoire sénégalais. Le travail accompli par l’abbé BOILAT est d’autant plus intéressant qu’il est le fruit d’observations, de l’expérience et de la réflexion d’un auteur qui se réclame de la nation sénégalaise. Les Esquisses sont une véritable étude sociologique du Sénégal qui présente les groupes ethniques, leur genre de vie, leurs activités économiques, leurs organisations sociales et politiques, leurs coutumes et leurs croyances. C’est un véritable bilan ethnographique et historique du Sénégal. Abdoulaye Bara DIOP, dans sa préface, estime que c’est un ouvrage trop ambitieux et de ce fait même «manque souvent de précision et de profondeur. S’il est le résultat d’une connaissance directe, vécue, du pays et de ses habitants, il n’est pas, cependant, l’œuvre d’un spécialiste. Mais il renferme des données utiles, voire précieuses, qui méritent d’être confrontées aux renseignements fournis par d’autres sources, écrites ou orales».

Les Esquisses sont accompagnées de 24 illustrations des principales ethnies vivant au Sénégal. Ces planches, qui sont également de l’abbé BOILAT, donnent un éclairage particulier et une réelle authenticité de la description du Sénégal de cette époque. L’abbé BOILAT est également l’auteur d’une grammaire wolof qui obtient le prix Volney de l’Institut de France.

David BOILAT est né, le 20 avril 1814, à Saint-Louis, d’un père européen et d’une mère métisse, une Signare, pendant l’occupation anglaise de Saint-Louis. Il parle aussi bien le wolof, le sérère que le français. Il devient très tôt orphelin, et sera pris en charge par l’Eglise. En 1827, à treize ans, il fait partie d’un groupe de jeunes Sénégalais envoyés en France par la mère Anne-Marie JAVOUHEY (1779-1851), afin d’y poursuivre leurs études. Il a quitté le Sénégal en 1827, à l’âge de 13 ans, pour aller recevoir une éducation religieuse en France. Il est ordonné prêtre en 1840 et participe à la célébration d’une messe au palais de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, devant le Roi Louis Philippe et la reine Amélie. Revenu au Sénégal en 1842, il exercera son ministère à Saint-Louis et Gorée. A la demande d’Edouard BOUET-WILLAUMEZ (1808-1871), gouverneur du Sénégal de 1842 à 1845, il est nommé proviseur du collège du Sénégal, à Saint-Louis, puis inspecteur de l’instruction publique. David BOILAT est contraint de retourner en France en 1852, à la suite d’une rivalité entre son collège et l’école primaire dirigée par les Frères. Nommé curé du diocèse de Meaux il meurt le 19 décembre 1901. Il est enterré à Nantouillet, en Seine-et-Marne, sa dernière paroisse.

David BOILAT est considéré comme un précurseur de la littérature sénégalaise, «un nationaliste, sans négritude» suivant une expression de Bernard MOURALIS. L’abbé BOILAT a donc passé 23 ans au Sénégal, 64 ans en France. Cependant, «le discours qu’il entend tenir est celui d’un ressortissant du pays (Sénégal) et non celui d’un voyageur qui y aurait séjourné un certain temps» dit Bernard MOURALIS. Son œuvre tranche avec le récit des voyageurs ou explorateurs qui sont souvent tendancieux et folkloriques. "Les Noirs sont de grands enfants immuables dans leur état d'esprit qui diffère essentiellement du nôtre" disait Léon d'ANFREVILLE. «Quoi qu’en aient dit les négrophiles, le mélanien est inférieur d’une manière considérable sous le rapport de l’intelligence» dit Laurent BERANGER-FERAUD. Par conséquent, c’est à juste titre que Robert CORNEVIN considère l’abbé BOILAT comme le premier grand écrivain francophone, tant par l’importance que la qualité de sa contribution. En effet, l’œuvre de l’abbé BOILAT est fondatrice ; c’est une nouvelle forme de littérature qui s’écarte considérablement des modèles fournis par le colonisateur inspirés de l’infériorité intellectuelles des Noirs qui ne sont que de grands enfants paresseux, incapables de réfléchir et d’avoir une histoire. C’est une œuvre marquante et à part entière dans la production littéraire africaine. De ce point de vue, l’abbé BOILAT est un véritable précurseur des études africaines. Il confère à l’Afrique un véritable objet littéraire abandonnant ainsi la démarche folklorique des voyageurs qui décrivaient le continent noir de l’extérieur. Il ne se contente pas d’une simple description de l’Afrique, il statue sur les données observées en fonction du devenir du pays, de ses croyances religieuses. Il a une vision et une démarche d’africaniste.

I – L’abbé David BOILAT, ethnographe et historien

«Aucun ouvrage du XIXème siècle n’a mieux décrit les populations du Sénégal et leur environnement que ces Esquisses sénégalaises. L’abbé BOILAT y décrit avec minutie l’habillement, l’habitat, la nourriture, le mode de vie des divers groupes : wolof, toucouleur, sérère, bambara, etc.» souligne Abdoulaye Bara DIOP. En effet, les Esquisses sénégalaises ne sont pas un essai, mais une monographie qui expose l’ensemble des données que l’on pouvait disposer du Sénégal, au milieu du XIXème siècle. C’est un bilan géographique, ethnographique et historique du Sénégal entre 1817 et 1853. L’abbé BOILAT a fait des considérations sur les royautés, les superstitions, l’hospitalité, la charité, l’attitude envers les morts, le mariage, les naissances et les diverses réjouissances.

A – Les institutions et la philosophie africaine

L’abbé BOILAT souligne le caractère démocratique des institutions que sont les royautés et dresse la liste des Damels du Cayor. Il évoque la République de Dakar qui comprend toute presqu’île du Cap Vert dont Dakar est le chef lieu. Le président de cette République a pris le titre d’Elimane, nommé à vie, tant qu’il reste musulman. Il y a un Sénat composé de chefs de chaque village et de vieillards de Dakar. Cette République compte 10 000 âmes. L’abbé BOILAT relate l’audience que N’Daté Yalla M’BODJ (1810-1860), reine du Walo, lui avait accordée. Cette dernière reine du Walo couronnée en 1846 et portant le titre de Linguère, fait partie des 24 planches qui illustrent les Esquisses. Il évoque également cette fameuse République des Nones, groupe ethnique appartenant aux Sérères qui est attaché à sa liberté. Les Nones craignant d’être pris et vendus, résolurent de fermer l’entrée de leur territoire à tout étranger. C’est pour ce motif qu’ils assassinaient quiconque se permettait d’entrer dans leur village. Les Nones pratiquent la religion traditionnelle et reconnaissent deux Dieux : un bon qui ne s’occupe pas des hommes, et un mauvais qui leur envoie toutes sortes de maux. On mesure l’originalité de la démarche de l’abbé BOILAT quand on la compare aux remarques des colonialistes de l’époque «Un auteur du milieu du siècle précédent, le P Boilat, les (Nones) gratifiés de titre de républicains. On ne donnait pas alors sans doute à ce mot, du moins sur la côte d’Afrique, le sens qu’il possède aujourd’hui. La République des Nones (…) n’était pas une véritable République. Un certain nombre de villages n’obéissant à aucun chef commun composaient ces groupements purement anarchiques» disait Léon d’ANFREVILLE en 1909.

Le titre du roi du Baol est le Tègne et sa capitale est Lambaye. S’agissant du Royaume du Sine les villages les plus importants, à l’époque sont Saly et M’Bour. Le royaume du Saloum est habité par les Sérères qui sont de «beaux hommes, d’une grande taille, à membres nerveux, d’une couleur noire comme les Wolofs. (…). Ils ne paraissent différer des Wolofs que par la langue et la religion». Au Nord, les Toucouleurs dirigés par un Almany au Fouta-Toro, «sont tous rigides observateurs du coran et tellement fanatiques qu’il serait difficile de les convertir». Il raconte l’histoire d’Abdoul Khader KANE qui avait prisonnier du Damel du Cayor. «Les Toucouleurs auraient formé une véritable nation plutôt qu’une race spéciale, s’ils avaient pu atteindre un degré plus élevé de civilisation, et si on avait pas pris soin de morceler de morceler leur pays afin de mieux le pacifier» dit d’ANFREVILLE. L’abbé BOILAT a vanté la beauté des femmes peules qui sont «les plus belles du Sénégal ; elles ont la figure régulière, une taille mince et délicate, de beaux yeux mais languissants et la voix toujours douce et tendre». Le royaume du N’Galam, dirigé par un Tounka, a pour capitale Tiyabou, c’est le pays des Sarakollés.

L’abbé BOILAT voue une grande admiration pour les Wolofs qu’il connaît le mieux en évoquant «leur supériorité morale». L’abbé BOILAT est l’un des tout premiers à penser que l’Afrique a ses philosophes. «Les Wolofs aiment passionnément la conversation. On croirait peut-être qu’ils entretiennent des absurdités ou des bagatelles. (…). On est surpris de trouver chez eux tant de sagesse traditionnelle» dit-il. L’abbé BOILAT consacre dans ses Esquisses des développements dits «conversations spirituelles des Ouolofs». Ce qui tranche avec l’image d’éternels «grands enfants» que les Européens de l’époque renvoyaient aux Noirs : «Le Noir ne s’adonne pas aux sciences spéculatives, quelle que soit son instruction, sa crédulité est excessive ; ses goûts presque exclusivement naturels et grossiers, sont simples. On sent que leur intelligence ne se complait pas dans des combinaisons compliquées. On peut admettre que leur infériorité intellectuelle dépend de l’état de leur société. C’est un mot, un grand enfant condamné par la nature à rester perpétuellement dans cet état d’infériorité intellectuelle, esclave de ses passions et obéissant au sentiment du moment, sans savoir réfléchir longuement» dit Laurent BERENGER-FERAUD (1832-1900).

Dans son dictionnaire Ouolof, l’abbé BOILAT ne s’est pas limité à l’aspect linguistique ; il aborde également, la sagesse africaine à travers les dictons, proverbes et maximes. «Pour se familiariser avec une langue, en apprendre les tournures et en saisir le génie, il n’est guère mieux que d’en étudier les maximes, les proverbes et les adages. On y trouve l’application de tous les principes» dit-il. Les grands philosophes ouolofs ont été Kothie Barma FALL (1586-1655), avec son trait d’esprit, il naquit du temps d’Amary N’Goné, dans le Cayor ; Masséni, sous le règne de Massamba Tacko, c’est le petit-fils de Kothie Barma et Birame THIAM Demba, sous le règne de Makourédia. Cette philosophie, cette sagesse traite des principes de justice, de prudence, de tempérance et de force morale. Kothie BARMA avait un nombre incalculable de maximes dont «un Roi n’est pas un parent, ni un protecteur», «un enfant du premier lit n’est pas un fils mais une guerre intestine», «Aime ta femme mais ne lui donne pas ta confiance. Un vieillard est nécessaire dans un pays». Très traditionniste, il a dit : «Il ne manque pas d’hommes qui désirent le bien-être, mais ceux qui le procuraient ne sont plus !». «Suivez les conseils de trois personnes, ne suivez pas les conseils de trois autres». Pour Kothie BARMA, il fallait toujours suivre les avis de son père, de sa mère et de son fils aîné, et se défier de ceux de sa femme, de son esclave et de son griot. «Un arbre infructueux n’est pas fréquenté» ; c’est un message au Roi pour lui signifier que c’est en aimant ses sujets qu’un monarque devient cher et précieux pour ses sujets et qu’il peut compter sur leur dévouement.

Pour l’abbé BOILAT, les griots constituent une caste «immonde de la société wolofe et qui méritent, à juste titre, le mépris et l’horreur de tout le peuple». Même s’ils exercent l’art du chant ou de la danse, l’abbé BOILAT dénonce leur immoralité, leur parasitisme et leurs postures lascives. Les sorciers sont des hommes qui ont le pouvoir de manger des âmes humaines. «Comme les sorciers sont très dangereux, chaque Wolof apprend de bonne heure des paroles pour les éloigner, achète des gris-gris pour s’en préserver». L’abbé BOILAT a fait part de ses réserves sur la danse du sabar «que la pudeur défend de peindre» et qui n’est autre que la «répétition des passions les plus brutales». Les «Tiédos» sont des gens «incrédules, mécréants, sans foi ni probité. Ne vivant que du vol et du pillage sur les grands chemins ; ce sont de redoutables guerriers. Ce sont des hommes violents avec un goût immodéré pour l’alcool».

B – Un témoignage sur certaines coutumes et groupes ethniques

L’abbé BOILAT est un exceptionnel observateur des populations du Sénégal, dans leur diversité, leurs comportements et leurs mœurs. En effet, l’abbé BOILAT travaillé pour le compte de la Société géographique dont deux sociétaires, le baron Roger (1787-1849) et Amédée JAUBERT (1789-1847), un orientaliste, qui ont apprécié ses travaux en termes condescendants : «Boilat fait preuve de dévouement, son engagement révèle beaucoup d’intelligence, de discernement de goût éclairé des langues et de l’ethnographie». En 1843, L’abbé BOILAT a notamment fait parvenir à la société de Géographie une collection de cinq cahiers. Le premier cahier a pour titre «les mœurs et coutumes des Maures au Sénégal». C’est un recueil d’histoires, d’anecdotes et de fables écrites en arabe. Les deuxième et troisième cahiers contiennent des notes en langue maure du Sénégal. Le quatrième cahier renferme des prières des musulmans du Sénégal. Il est accompagné de croquis d’une fidélité remarquable. Le costume, la pose, la physionomie des personnages, notamment des marabouts, sont d’une vérité frappante. Le cinquième cahier, illustré l’un au crayon, l’autre à la plume, concerne des marabouts du Fouta-Toro. L’abbé Boilat a reproduit des gris-gris confisqués chez des Signares, pourtant chrétiennes, mais ont conservé les superstitions africaines.

En 1845, l’abbé BOILAT a fait parvenir à la Société de géographie des notes sur d’autres peuples du Sénégal, avec des mœurs particulières. Ainsi, les Kognaris et les Bossaras, sont considérés comme très méchants. Leur caractère tient des bêtes féroces. Ils sont toujours nus, les hommes comme les femmes, les libres comme les esclaves. Les hommes et les femmes vivent séparément pendant le jour. Ils ne vivent que de la chasse des bêtes sauvages et des éléphants. Ils échangent l’ivoire contre des fusils, des pierres à feu et de la poudre. Les marchands qu’ils rencontrent sont aussitôt tués et pillés. Chez eux personne ne croit en Dieu.

Chez les Mandingues, les voleurs convaincus sont punis d’esclavage. Tout homme qui surprend sa femme en adultère ou seulement en tête à tête avec un homme, a le droit de se saisir de celui-ci et de le vendre en esclave.

Dans le pays Balenta, les habitants sont cuivrés. Les morts ne sont pas enterrés ; ils sont enfermés dans un sac qu’on accroche à un arbre, et sur lequel on veille jusqu’à ce que les chairs soient entièrement décomposées. Alors on retire les os, qu’on enfouit dans le creux d’un arbre. Ces gens-là ne tuent jamais ni bœufs, ni moutons, pas même des poules. Ils ne mangent que des animaux morts naturellement ou accidentellement. Ils peuvent épouser des femmes en nombre illimité. Celui qui croit avoir à se plaindre de sa femme peut la congédier ou la tuer, sans que personne n’ait rien à lui dire.

Chez les Diolas, quand un père meurt laissant des fils, ceux-ci, selon la coutume, épousent les veuves de leur père. Chacun prend la mère de son frère. Il n’y a pas de dot. L’amour et le consentement suffisent pour constituer le mariage ; la désaffection est un motif de rupture de mariage. En cas de séparation, les enfants mâles restent avec le père et les filles suivent la mère. Les Diolas mangent des singes et des chiens. Ils vouent un culte aux serpents. Quand ils ont un trop grand nombre d’enfants, ils en vendent une partie. Si le père meurt, en laissant de jeunes enfants, ceux-ci sont ordinairement vendus comme esclaves, pour ne pas être à la charge de la famille. Les Diolas sont sans Roi, ni chef ; chacun est maître chez soi. A la mort d’un individu, on réunit tout ce que possédait, et on l’enterre avec lui ; on ne conserve que les bœufs, les chèvres, chiens et porcs. A cette occasion, ils boivent du vin de palme, dansent au tam-tam et tirent des coups de fusil.

Par ailleurs, l’abbé BOILAT a effectué un voyage en pays sérère du 16 au 26 avril 1846 et en a rapporté de fortes impressions. Les hommes et les jeunes ne portent qu’un linge de deux pouces de large pour couvrir leur nudité et les femmes portent un pagne autour de leurs reins. Les enfants sont armés de flèches et pensent que le Damel a l’habitude de piller le pays et d’emmener les enfants en captivité. Les Sérères même catholiques ont conservé des animistes et fétichistes. Le rite funéraire est marqué par des danses au tam-tam ; on pleure de temps en temps et la danse dure quatre jours pour un homme, trois jours pour une femme. Les cimetières sont recouverts de coquillages. S’agissant du mariage, c’est la famille, du côté du mari, qui va demander la main de la jeune fille à ses parents. La jeune fille n’est jamais associée à ces démarches. La fille est enfermée pendant un mois avant la cérémonie du mariage. La plupart des couples ont déjà eu quatre ou trois enfants avec leur future épouse ; ce qui n’empêche pas de faire la cérémonie de mariage. A M’BISSEL, il relate avoir vu un arbre sacré, servant de magasin de sûreté pour tout, qu’on ne pouvait y voler sans être frappé de mort par un génie protecteur qui en est le gardien. Au pied de cet arbre, il n’est pas permis de parler le Ouolof ; le génie exige de parler le Sérère ou le silence absolu. Il est défendu de passer, à cheval, devant l’arbre sacré. Le Roi du Sine se rend chaque année pour faire un sacrifice à l’arbre sacré.

II – L’abbé David BOILAT, son projet politique et économique

La contribution de l’abbé BOILAT est sous-tendue par une démarche, un projet idéologique, murement réfléchie. «C’est le projet idéologique de Boilat qui donne à l’ouvrage son sens et sa force. Il est soutenu avec foi et conviction et ne peut laisser indifférent» dit Abdoulaye Bara DIOP.

1 – Un projet fondé sur les valeurs morales et religieuses

De par sa formation religieuse, l’abbé BOILAT avait pour mission de propager la foi catholique dans un pays à la fois musulman et animiste. L’abbé BOILAT déplore, en son temps, la faible progression du christianisme qui se limite à certaines villes comme Gorée, Saint-Louis et la Petite côte. Le père François LIBERMANN (1802-1952) avait obtenu de l’église de Rome, en 1846 le principe d’une africanisation du clergé au Sénégal. Le 21 avril 1824, la Mère JAVOUHEY écrivait au Ministre de la Marine pour lui demander l'autorisation d'élever de jeunes noirs en France, dont l’abbé BOILAT. On ferait des garçons des prêtres ou des instituteurs, des filles des religieuses ou des institutrices. "Ce projet que je médite depuis longtemps se rattache naturellement au grand projet de civiliser l'Afrique, d'en faire un peuple agricole, laborieux, et surtout honnête et bon chrétien". L’évangélisation favorisant la colonisation et la bonne connaissance du pays et de ses hommes, est un outil au service de la domination française. Il se sent, dans sa mission évangélisatrice, être le porteur de la civilisation française, tout en tenant compte des spécificités africaines.

Pourtant, il reconnaît que le colonialisme n’a apporté aux Africains que l’eau de vie, les armes à feu et l’esclavage ; ce qui est un signe de régression visant à abrutir et à détruire qu’à sortir des ténèbres. Il regrette que les quelques rares chrétiens soient encore sous l’emprise de la superstition. L’abbé BOILAT, à certains égards, est sévère vis-à-vis de l’Islam qu’il considère comme «une religion absurde et rétrograde. (…) qui promet à ses adeptes de voluptés charnelles pour récompenses». A d’autres égards, il est nuancé. Il admet que certains hommes «moralisent le peuple, donnent généralement des conseils de paix et de conciliation. Sans leur influence, les villages des Ouolofs ne seraient que des réunions de brigands, de scélérats et d’assassins». Pour lui, il y a deux catégories de marabouts «ceux qui se contentent de prier pour ceux qui se recommandent à eux» et ceux qui poursuivent une activité lucrative en vendant des gris-gris et en tirant la bonne aventure.

L’abbé BOILAT conçoit un plan d’évangélisation qui est intimement lié à son projet d’éducation. L’évangélisation est censée apporter la civilisation et le salut des âmes, avec le soutien du gouvernement français. C’est en cela que l’abbé BOILAT est un assimilationniste qui approuve la conquête coloniale. Il ne manque pas de fustiger certaines dérives de colons, comme les mariages coloniaux, l’alcoolisme ou la dépravation de mœurs de certains religieux. Cependant l’abbé BOILAT est fondamentalement antiraciste. Il pense que l’individu peut s’améliorer et s’élever dans la société, s’il est éduqué et observe les lois de Dieu : «Il est de fait que ce n’est ni la couleur, ni la forme extérieure qui font l’homme, mais l’âme créée à l’image de Dieu».

2 – Un projet sur la promotion des cultures vivrières

Le Sénégal de la moitié du XIXème siècle connaissait une grave crise économique. Après l’abolition de l’esclavage, le commerce reposait, principalement, sur une seule matière, la gomme arabique échangée contre divers produits (tissus, liqueurs, fusils, pacotille, etc.). L’arachide, monoculture d’exportation, est incapable de faire vivre convenablement les populations.

Le nationalisme de l’abbé BOILAT se traduit alors dans l’analyse qu’il porte sur la situation économique du Sénégal. Pour lui, sans la production de richesses, le progrès spirituel, intellectuel ou juridique n’est que vain mot. Il dénonce, en particulier, une situation économique marquée par une traite fondée sur l’or et la gomme arabique et qui n’entraîne, par la même occasion, que très peu de valeur ajoutée. Il fallait passer d’une colonie de commerce à une colonie agricole. «Le Sénégal offrira un immense débouché aux produits français, et en même temps qu’il deviendra, pour la France, un immense champ de denrées» souligne Christian SCHEFER. Ainsi, dans le domaine agricole, l’abbé BOILAT insiste sur l’effort déployé pour introduire de nouvelles cultures et la diversification agricole qui en est résultée : «dans tous les jardins on voyait s’élever des dattiers, des cocotiers, des bananiers, des sapotiers, des corossoliers, des orangers, des citronniers, des goyaviers, des manguiers ou de superbes rondiers». Lorsque le Baron PORTAL, qui prit la colonie en 1917, entreprit l’exploitation des régions incultes où l’on espérait développer des plantations de sucre, de café, de coton, de soie, d’indigo, d’arbre à beurre et de différents arbres fruitiers. Mais lorsque le Baron ROGER quitte le Sénégal ce projet agricole sera abandonné et on coupa même des arbres fruitiers, sous prétexte, qu’en temps de guerre, les ennemis pourraient s’y cacher ou attaquer à l’improviste. L’abbé BOILAT regrette l’absence de vision : «Toutes nos activités sont purement mercantiles. Nous n’avons point de colonie agricole». Georges HARDY a exposé dans un ouvrage intitulé «La mise en valeur du Sénégal de 1817 à 1854», la faillite de cette politique agricole orientée vers la monoculture et donc par la suite, vers la désertification et l’appauvrissement du Sénégal.

L’abbé David BOILAT est un écologiste avant l’heure. Il s’est intéressé à la faune et à la flore. Visitant en avril 1846, La Petite Côte, il n’a pas manqué de mentionner «je n’ai pas trouvé dans toute la forêt un seul endroit qui ne soit pas couvert de verdure». Le pays sérère regorge de lièvres, de pintades, de bœufs sauvages, de sangliers et d’huitres. «Il n’est pas nécessaire d’être militant écologiste pour déplorer la destruction de la nature, sur cette grande échelle, qui n’était pas la fatalité. Le système politico-économique colonial a favorisé ce processus, avec l’instauration de la culture arachidière» dit Abdoulaye Badara DIOP dans sa préface. Il est évident que l’action de l’homme est le principal facteur de la dégradation de la nature. La monoculture, notamment de l’arachide, est l’une des principales causes de la désertification du Sénégal.

3 – Un projet fondé sur la promotion des langues nationales

L’abbé BOILAT, dans le cadre d’une démarche assimilationniste, propose aux colonisés l’accès à la culture et à un système économique comparables à ceux qui existent dans la métropole. Cet assimilationnisme lui a été reproché au nom d’une vision différentialiste. Mais, l’abbé BOILAT est animé d’un certain nationalisme. Partisan du savoir et de la conscience des populations, l’abbé BOILAT entreprit de porter un projet pédagogique à la mesure de cette ambition. Il préconise une formation humaniste accompagnée d’une prise en compte des réalités africaines. En effet, pour lui, les Sénégalais peuvent contribuer à l’élaboration d’une science de l’Afrique dont les horizons ne sont pas le monopole de la métropole.

L’abbé BOILAT est révolté contre la misère et veut se rendre utile à cette pauvre colonie et surtout à sa jeunesse, pour le salut de son âme. Il a pour ambition de donner aux jeunes une éducation secondaire afin qu’ils puissent prétendre aux fonctions d’encadrement et de conception. L’enseignement peut contribuer à la renaissance de l’Afrique. Mais cette démarche n’est pas partagée par tous. Ainsi, Georges HARDY est partisan d’un enseignement adapté aux réalités concrètes et éloigné d’un esprit spéculatif. Cet argument est utilisé par les Frères Ploërmel qui pensent «qu’il faut donner des mœurs à un peuple, avant de lui apprendre les connaissances humaines. A de tels peuples, il ne faut pas des sciences, il faut des principes religieux, une morale pure et sévère».

Une des grandes originalités de la démarche de l’abbé BOILAT c’est de valoriser les langues nationales, notamment avec son dictionnaire Ouolof. Il y avait une double motivation à cela. D’une part pour les religieux, la connaissance des langues nationales est un impératif catégorique, une question d’efficacité. «La prédication exige la connaissance de l’idiome du peuple qu’on veut évangéliser. Ainsi, le missionnaire catholique regarde-t-il l’étude de la langue indigène comme le premier devoir. C’est l’unique raison qui nous fait entreprendre l’étude la langue volofe» dit Monseigneur Aloyse KOBES (1820-1872), vicaire apostolique de Sénégambie de 1863 à 1872, à l’introduction de son dictionnaire Wolof paru en 1869. Il parlait le Sérère le Soninké et le Ouolof. Jean DARD (1789-1833), enseignant qui a ouvert, en 1817, la première école à Saint-Louis, n’écarte pas cet argument d’opportunité pour le colonisateur ; il cite l’abbé Louis Edouard Camille GAULTIER (1746-1818) : «Allez, porter aux Africains les arts, les bienfaits : semez au milieu d’eux la parole de paix et la morale évangélique». Il précise, en évoquant le Ouolof, «cet idiome est parlé presque dans toute la Sénégambie. C’est dire combien il serait utile, dans l’intérêt des découvertes et des relations commerciales, de le connaître et de l’approfondir». Jean DARD estime que le recours aux langues nationale et plus qu’utile. En 1816, la France avait créé des écoles au Sénégal pour les indigènes. En deux ans, de jeunes étaient capables d’écrire en français et en Ouolof. Le Baron Jacques François ROGER (1887-1849), auteur d’un ouvrage de 1829 et intitulé «Recherches philosophiques sur la langue ouolofe, suivies d’un vocabulaire abrégé Français-Ouolof » estimait qu’une langue peut refléter les vues philosophiques, la créativité d’un peuple ; c’est instrument qui influence «le développement de l’esprit humain, ses facultés mentales, la gradation des idées». Lorsqu’il entreprenait cet ouvrage sur le Ouolof, le baron ROGER dit qu’il avait «l’esprit fatigué, le cœur froissé dans le tourbillon des affaires ; j’avais vu, de trop près, les passions haineuses». L’étude de la langue est inséparable des mœurs et des institutions d’un pays : «ces hommes (les Noirs) quoi qu’on puisse en penser, ne diffèrent des Européens que par la couleur».

Au début du XXème siècle, Léopold Sédar SENGHOR (voir mon post sur cet exceptionnel homme de culture), faisait remarquer les élèves apprenaient à la fois le français et le Ouolof. Et dans la démarche éducative de l’église, tout en tenant compte des réalités et de la personnalité africaines, SENGHOR a retenu des enseignements du père LALOUSE : «faites-vous nègres avec les nègres pour les former comme ils le doivent être, non à la façon de l’Europe, mais laissez-leur ce qui leur est propre ; faites-vous à eux comme des serviteurs doivent se faire à leurs maîtres, aux usages, au genre et aux habitudes de leurs maîtres, et cela pour les perfectionner, les sanctifier, les relever de la bassesse et en faire peu à peu, à la longue, un peuple de Dieu».

Depuis plus de deux siècles, après cette audace de David BOILAT s'ensuivront de longs débats, parfois polémiques, sur la place des langues africaines dans l'enseignement et le type de pédagogie à appliquer. Près de deux siècles plus tard, les pays africains sont confrontés au même type de problèmes. Mais le français s'est en même temps "africanisé", a pris des couleurs locales, tandis que certaines langues africaines s'imposaient comme langues véhiculaires et que d'autres étaient utilisées dans l'enseignement ou l'alphabétisation. Léopold Sédar SENGHOR, suivi en cela par le professeur Souleymane Bachir DIAGNE, pense que le français est une langue africaine. Boubacar Boris DIOP porte, à l’aube du XXIème siècle, le débat concernant la place des langues nationales dans un monde globalisé.

Le travail accompli par l’abbé BOILAT sur les langues nationales pose actuellement une autre interrogation qu’il n’avait pas pu prévoir, mais qui est impliquée dans sa démarche. En effet, au moment où l’intégration africaine se met en place, l’oralité est-elle le seul moyen privilégié de transmettre le savoir et la mémoire ? S’agit-il d’une remise en cause de l’extraordinaire contribution d’Amadou Hampâté BA, un gardien des traditions orales ? Ou du moins quel est le sens exact de sa pensée dans son combat pour la défense de l’oralité ?

Bibliographie très sélective :

1 – Contributions de l’Abbé Paul David BOILAT

BOILAT (David, abbé), Esquisses sénégalaises, physionomie du pays, peuplade, moeurs, commerce, religion, passé et avenir, récits et légendes, Paris, P. Bertrand, 1853, 736 pages et Paris, Khartala, 1984, préface d’Abdoulaye Bara Diop, 499 pages ;

BOILAT (David, abbé), Illustration des Esquisses sénégalaises, physionomie du pays, peuplade, moeurs, commerce, religion, passé et avenir, récits et légendes, Paris, P. Bertrand, 1853, 24 illustrations ;

BOILAT (Paul, David, abbé), Grammaire de la langue Ouoloffe, Paris, L’Imprimerie nationale, 1858, 430 pages, spéc. les maximes, adages et proverbes Ouolof (Kothje Barma, Masséni et Biram Thiam), pages 371-404 ;

BOILAT (David, abbé), Mœurs et coutumes des maures du Sénégal, en langue des Maures du pays, (texte en arabe) Paris, 23 juin 1843, 271 pages ;

BOILAT (Paul, David, abbé), ROGER (Jacques-François, Baron) Notes du Fouta-Toro, Lettres, mœurs, superstitions, dessins, chansons du Fouta, quelques fables, Paris, 180 pages ;

BOILAT (Paul, David, abbé), Mémoire sur le Sénégal et l’Ile de Gorée, 28 juillet 1894, Manuscrit de 31 feuilles, document BNF FR 12 079 ;

BOILAT (Paul, David, abbé), «Documents géographiques sur la Sénégambie, rédigés en langue maure par Fandi Sat, marabout mandingue et transmis à M. le Baron Roger par l’abbé Boilat, indigène du Sénégal», Bulletin de la Société géographique, 1843, tome XX, pages 306-310 ;

BOILAT (Paul, David, abbé), Voyage à Joal 1846, Manuscrit de 46 pages, document BNF, SG carton, BO –Bon (109) 1, aquarelle.

ROGER (Jacques-François, Baron) et PROBE JAUBERT (Pierer-Amédée-Emilien), Notes sur les manuscrits de l’abbé David Boilat transmis à la Société de géographie, 1850, 21 feuilles. Document BNF.

2 - Critiques

BOUQUILLON (Yvon) CORNEVIN (Robert), David Boilat (1814-1901) : le précurseur, Paris, N.E.A, 1981, 111 pages ;

D’ANFREVILLE de la SALLE (Léon, docteur), Notre vieux Sénégal, son histoire, son état actuel ce qu’il peut devenir, Paris, Auguste Challamel, 1909, 290 pages, spéc pages 51 et 197 ;

FAIDHERBE (Louis), général, Le Sénégal : la France dans l’Afrique Occidentale, Paris, Paris, Hachette, 1889, 501 pages, spéc pages 80-89 (croyances et superstitions du Sénégal, relatés par David Boilat) ;

LAVEILLE (Auguste), Jean-Marie de La Mennais (1780-1860), tome II, Paris, Ch, Poulguielgue, 1903, 680 pages, spéc sur l’Abbé David Boilat, pages 293-295 ;

MOURALIS (Bernard) «Les Esquisses sénégalaises de l'abbé Boilat, ou le nationalisme sans la négritude» in Cahiers d'études africaines, vol, 35, n°140, 1995, pages 819-837 ;

PASQUIER (Roger) «Boilat (Abbé David) : Esquisses sénégalaises (Nouvelle édition, introduction de Abdoulaye Bara Diop)», in Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 74, n°276, 3e trimestre 1987, pages 381-382 ;

PIOLET (J-B), sous la direction de, Les missions catholiques au XIXème siècle, vol IV, missions d’Afrique, Paris, Armand Colin, 1902, 511 pages, spécialement sur Boilat, pages 130 visite en 1846 de cimetières catholiques sérères ;

RIESZ (Jànos), Les débuts de la littérature sénégalaise de langue française : relation d’un voyage du Sénégal à Soueira (Mogador), de Léopold Panet (1819-1859) : esquisses sénégalaises de David Boilat (1814-1901), Paris, Centres d’études d’Afrique noire, 1998, 49 pages, spéc pages 34 et suivantes.

3 – Autres références

BATHILY (Abdoulaye), «Aux origines de africanisme le rôle et oeuvre ethno-historique de Faidherbe dans la conquête française du Sénégal» in Henri MONIOT éditeur, Le mal de voir : ethnologie et orientalisme : politique et épistémologie, critique et autocritique, Paris, Union générale d’éditions, 1976, pages 77-107 ;

CALVET (Louis, Jean), Histoire du français en Afrique : une langue de copropriété, Paris, Ecritures, 2010, 209 pages ;

CULTRU (Pierre), Histoire du Sénégal du XVème sièclle à 1870, Paris, Larose, 1910, 374 pages (sur le projet agricole, pages 298-307) ;

CORNEVIN (Robert) CORNEVIN (Mariane), La France et les Français d’Outre-mer :: de la première croisade à la fin du Second Empire, Paris, Tallandier, 1993, 514 pages ;

DARD (Jean), Dictionnaire Français-Wolof, Français-Bambara, suivi de dictionnaire Wolof-Français, Paris, Imprimerie Royale, 1825, 300 pages ;

BERANGER-FERAUD (Laurent, Jean-Baptiste), Les peuplades de la Sénégambie : histoire, ethnographie, mœurs, coutumes et légendes, etc., Paris, E. Leroux, 1879,, 420 pages, spéc sur «l’intelligence des nègres » pages 354-364 ;

HARDY (Georges), Vue générale de l’histoire de l’Afrique, Paris, Armand Colin, 1922, 200 pages ;

HARDY (Georges), La mise en valeur du Sénégal de 1817 à 1854, Paris, Larose, 1921, 376 pages ;

KOBES (Aloyse, Monseigneur), Grammaire de langue volofe, Saint-Joseph de N’Gasobil, Imprimerie de la Mission, 1869, 360 pages ;

SCHEFER (Christian), La France moderne et le problème colonial : les traditions et les idées nouvelles, la réorganisation administrative, la reprise de l’expansion (1815-1830), Paris, Félix Alcan, 1907, 460 pages (sur le projet de développement de la colonie du Sénégal, pages 205-2015) ;

Vicariat Apostolique des deux Guinées et de la Sénégambie, Dictionnaire Français-Wolof, Wolof-Français, nouvelle édition contenant tous les mots du dictionnaire de Dard, du vocabulaire du Baron Roger, du dictionnaire manuscrit de l’abbé Lambert, revue, corrigée, considérablement augmentée et précédée de principes de la langue Wolofe, par le RR PP missionnaires de la Congrégation du Saint-Esprit et du Sacré-Cœur de Marie, Dakar, 1855, Imprimerie de la Mission, 242 pages ;

ROGER (Jacques, François, Baron), Recherches philosophiques sur la langue ouolofe, suivies d’un vocabulaire abrégé François-Ouolof, Paris, Orientales de Dondey-Dupré Père et Fils, 1829, 175 pages ;

Paris, le 19 août 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

«L’abbé Paul David BOILAT, (1814-1901) ethnographe et précurseur d’une littérature africaine», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.
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