Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 22:21

Socrate, lui qui n’a rien écrit, est un sujet d’étonnement. Personnage historique et mythique dominant toute la pensée antique, son nom est associé aux plus grands penseurs comme Conficius, Bouddha, Moïse et Jésus. Socrate n’est pas fondateur d’une religion, mais il interpelle encore notre conscience au XXIème siècle, à bien des égards. Initiateur de la rationalité et de la philosophie, «Socrate fut l’existant irréductible aux systématisations de l’histoire et qui revit, ou devait revivre, en chacun d’entre nous ; dès lors comprendre Socrate, ce n’est pas chercher à savoir ce qu’il fut, mais bien ce qu’il est pour nous autres hommes du XXème siècle» dit Sören KIERKEGAARD (1813-1855). A une question posée par Chérophon, à l’oracle de Delphes, au temple d’Appolon : «Y a-t-il un homme plus sage que Socrate ?». «Non, il n’y en pas» répond la Pythie. Socrate est le plus «grand événement de la vie intérieure», souligne l’oracle de Delphes. Désigné comme l’homme le plus sage, Socrate affirme, modestement, n’être qu’un messager de Dieu. D’après le Phédon de Platon, Socrate était passionné de physique dans sa jeunesse, mais par la suite, déçu, il s’est «tourné vers les mots» et, finalement, s’est converti à des croyances pythagorisantes. «La sagesse commence dans l’émerveillement» dit-il. Le philosophe est celui qui aspire au savoir qui est l’apanage de la divinité. Mais cette aspiration suppose au préalable que l’on reconnaisse son ignorance, car celui qui croit savoir ne se mettra jamais en quête de la connaissance dont il est en réalité dépourvu. «Vivre, pour lui, ce fut penser» estime Alphonse de LAMARTINE (1790-1869).

Marc Tullii CICERON (103-46 avant J-C) a promu Socrate comme étant le «père de la philosophie». En effet, les tentatives philosophiques avant Socrate se caractérisent, «par l’absence complète de méthode et goût excessif des spéculations» souligne Pierre MONTEE. Socrate a introduit la sagesse en tant que science et art de vivre. Il va contredire les sophistes qui pensent que la sagesse est une accumulation de connaissances. Pour lui, la philosophie doit cesser de se tourner, exclusivement, vers le dehors, pour se tourner vers soi-même et examiner les conditions de la connaissance vraie, de l’action droite, c’est-à-dire ce qui définit et fonde le Bien, la Justice, la Vertu, bref toutes les valeurs de l’action humaine. En faisant appel à la conscience de soi, Socrate représente la mauvaise conscience des Athéniens. Suivant Socrate, la sagesse n’est pas un savoir mais un savoir-vivre et un art du bonheur. La doctrine de Socrate est que la justice est la vertu principale de l’accomplissement personnel de l’homme. L’homme est composé d’une âme et d’un corps. Pour Socrate, l’âme est supérieure au corps. Selon lui, l’âme représente l’amour, la raison, la conscience et par conséquent, le bonheur. L’âme permet de vivre en accord avec soi-même et donc, par la force des choses, d’être heureux. Vivre en accord avec son âme et en prendre soin, c’est vivre selon la justice, vertu morale suprême. Par conséquent, la conduite morale doit être au centre de toutes les préoccupations. Socrate veut enseigner à ses disciples, dont Platon, la vertu. C’est par la réforme des individus qu’il voulait procurer le bonheur à la Cité. C’est ce projet de réforme morale et politique d’Athènes qui allait le perdre.

Né, sans fortune, ni noblesse, à Athènes, Socrate était fils de Sophronisque, un tailleur de pierres et de Phénarète, une sage-femme. Socrate, alors qu’il n’a jamais quitté sa ville, affirme d’emblée son cosmopolitisme : «Je ne suis ni d'Athènes, ni de Corinthe, je suis citoyen du monde».Voué, lui-même ; au métier de sculpteur, il l’abandonne pour se consacrer à la philosophie. On dit qu’il était polygame. Sa première femme, Xanthippe, réputée être acariâtre, lui donna un fils, Lamproclès. Il eut avec sa seconde épouse, Myrto, deux enfants, Sophronisque et Ménéxène. Sobre et se passant du superflu, Socrate a été raillé par Aristophane dans ses «Nuées» en ces termes : «tu te rengorges et tu lances des regards obliques. Insensible, tu vas nu-pieds, l’œil méprisant». Homme ordinaire et ignorant la langue de la suffisance des intellectuels, on représente toujours Socrate discutant, vêtu d’un manteau grossier, parcourant les rues pieds nus, par tous les temps. Il a une apparence ignorante et vulgaire, il est laid et a une femme insupportable et pleurnicharde. L’originalité de sa figure, sa grande noblesse d’âme et la puissance de sa parole consistent alors à discuter avec ses concitoyens, en déambulant où que ce soit dans Athènes, mais de préférence sur l’agora. Il ne se prétend pas fondateur d’une école. À la différence des sophistes, professeurs itinérants, Socrate ne fait pas payer ses leçons. Il a la réputation de vivre dans la pauvreté. Socrate ne quitte jamais Athènes, ne s’intéresse pas à la science de la nature mais au monde humain, et en particulier aux problèmes moraux. Caractérisé par le sentiment moral, Socrate a développé la maïeutique d’où devait sortir la dialectique platonicienne. L’ironie de Socrate suggère la remise en question d’un mode de vie trop étranger à la connaissance de soi, point de départ de la vie authentique. Socrate est inquiétant et déroutant, obsédant même. Pour lui, l’ironie est une source inépuisable de réflexion. Le discours ironique de Socrate prend la forme d’un non-savoir, une feinte d’ignorance. «Si vous êtes beaux, restez dignes de votre beauté ; si vous êtes laids, faites oubliez votre laideur par votre savoir», dit-il. Il s’interroge sur l’essence des vertus (comme le courage, la justice, la piété, l’amitié, l’amour…) et cherche à en proposer des définitions. Socrate discute avec les gens et leur montre qu’ils ne savent rien ; lui-même prétend ne rien savoir : «tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien».

Fondateur de la rationalité et de la philosophie, Socrate a repris l’injonction du temps de Delphes : «Connais-toi, toi-même» dont la traduction exacte est «Sache ce que tu es». Cette devise reflète l’humilité même de Socrate. L’homme n’est rien d’autre au regard de la divinité. Sa sagesse n’est que néant. Tout ce qu’il y a de grand, de beau, de noble lui vient des dieux et il n’a aucun motif de s’enorgueillir. Dans «l’Iliade», Achille choisit la mort, sachant qu’il est des valeurs supérieures à la vie. Socrate agit de même : «Il ne faut considérer qu’une chose, quand on agit, si ce que l’on fait est juste ou injuste». Socrate avait la posture d’un prophète : il vaut mieux obéir à dieu qu’aux hommes. Les hommes passent, les dieux demeurent. «Le mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien» dit-il.

D’où sont nées la spéculation et les interrogations philosophiques ? D’où vient-il que la raison humaine, délaissant la poésie mythique et la théologie épique, ait pris soudain le parti de philosopher ?

Socrate était l’ami d’Archélaos de Milet, le physicien et le discipline d’Anaxagore de Clazomène (500-428, avant J-C), lui-même élève d’Anaximène de Milet (585-525, avant J-C), était le penseur officiel de Périclès (495 – 429, avant J-C). Anaximène retient sa préoccupation pour la recherche d’un principe matériel qui soit en même temps illimité ou encore infini, comme l’air et le feu. Anaxagore qui reprend cette théorie affirme que derrière le visible se dissimule toujours l’invisible. Anaxagore refuse la création découlant du Big bang ou du chaos et fait appel à l’intellect, moteur de la révolution universelle. Socrate salue, comme il convient, la postulation d’un intellectuel divin ordonnateur du monde, mais il reproche à cet intellectuel de n’être pas un dieu entendu comme étant la cause finale qui mouvrait les êtres, comme le bien auquel ils aspirent. Les Athéniens ont été secoués par cette critique. Témoin d’une société en crise morale, Socrate perdra la vie, dans sa recherche obstinée de dire la Vérité. Le crime de Socrate, c’est sa farouche indépendance dans la liberté de pensée. Socrate laissa de côté la physique pour étudier la morale, en déclarant rechercher «ce qui est bien, ce qui est mal dans les maisons». Pour Socrate, il n’existe qu’un seul bien : le savoir, et qu’un seul mal, l’ignorance. Il est un bien naturel d’apprendre ce qu’on ignore.

Socrate prétendait avoir un démon qui lui indiquait l’avenir ; que le bien était une chose importante, et qu’il ne connaissait qu’une seule chose : son ignorance. «Le démon de Socrate était la perception que Socrate avait du langage muet des puissances célestes (éternuement, paroles entendues par hasard» souligne PLUTARQUE (45 après JC – 120 après JC). Socrate montre que les Dieux ont des favoris parmi les hommes, favoris qu’ils dirigent par la raison, sans faire appel au sensible. Comment se fait-il si cette «voix intérieure», ce démon lui a confié une telle mission et que Socrate ne fasse pas de la politique ? Socrate pense que la démocratie athénienne est tellement corrompue, au point que vouloir, en politique, prendre la défense de la justice, c’est se condamner soi-même à mort. «Il est nécessaire, si l’on veut combattre réellement pour la justice et préserver quelque temps sa vie, de demeurer simple particulier et ne pas faire de politique» dit Socrate.

I – Socrate, initiateur de la philosophie et du rationalisme

A – Socrate, un martyr de la liberté

Platon (428-348 avant J-C) a fait de la condamnation injuste de Socrate, martyr de la liberté de pensée, l’acte fondateur de la philosophie. En effet, le procès de Socrate se déroule dans un contexte d’affaissement des valeurs morales. Après avoir perdu la guerre du Péloponnèse, Sparte impose un régime sanglant. Bien que la démocratie fût vite rétablie, il règne un climat de méfiance et de découragement. L’esprit critique s’éveilla et ne réussit qu’à ruiner les croyances dont on avait vécu jusqu’alors. La démocratie, de plus en plus débridée, et cependant incapable de se gouverner elle-même, tomba très vite entre les mains de vils démagogues, qui usèrent de leur ascendant pour la corrompre. Le peuple soupçonne les intellectuels, les penseurs d’être à l’origine de la défaite face à Sparte. Socrate servit alors de bouc émissaire. Socrate a été condamné à mort parce qu’il aurait nié les Dieux que reconnaît l’Etat, et de vouloir introduire des divinités nouvelles et aussi de corrompre la jeunesse. Socrate a été condamné en raison des haines qu’il s’attira en démasquant l’ignorance des grands personnages devant les jeunes. Socrate ne cachait pas le dédain que lui inspirait le régime de flatterie et d’incompétence qu’était la démocratie athénienne. Contrairement à ce qu’avance Aristophane, Socrate n’était pas sophiste, c’est-à-dire qu’il n’appartenait pas à ce mouvement philosophique qui passait comme étant le destructeur des vieilles traditions, des impies, des athées et des professeurs d’immoralité. Socrate a refusé de s’évader, de sa prison, alors qu’il en avait l’opportunité. Anaxagore, Protagoras et Aristote, devant les persécutions des intellectuels, avaient préféré s’enfuir. «Il vaut mieux subir l’injustice que la commettre» dit Socrate. Il n’a pas voulu non plus être condamné à l’emprisonnement, pour être nourri au Prytanée aux frais de l’Etat. La fameuse «prosopopée des lois» dans le «Criton» indique Socrate, lui qui s’est présenté libre devant le juge, préfère une mort injuste à une fuite qui bafouerait les lois de sa ville. «J’obéirai au dieu plutôt qu’à vous», dit Socrate à ses juges. «Séparé d’Athènes par l’intervalle d’une conscience, Socrate est pourtant Athènes, il est Athènes» souligne Micheline SAUVAGE.

«Pour ma part, Socrate, ce qui me peine le plus, c’est de te voir mourir injuste» dit Apollodore à Socrate, un de ses fidèles et affectueux ami. «Très cher, préférerais-tu donc me voir mourir justement qu’injustement ?» lui rétorque, avec ironie, Socrate. Condamné à boire la ciguë, Socrate reste fidèle à sa cité et accepte son sort. On peut même dire que Socrate s’est condamné lui-même. Dans le «Criton», Platon raconte la scène : à ses amis qui lui proposent de s’évader, Socrate refuse, affirmant que bien que les juges aient tort sur son compte, il respectera leur verdict car il a toujours accepté et aimé la démocratie : il doit donc obéir à sa loi. Socrate aurait pu échapper à la mort mais il préfère mourir, par respect pour les lois qu’il aime et accepte. En effet, Socrate place la Justice bien au-dessus de la vie : il préfère la mort à une injustice, et il semble d’ailleurs croire à une vie après la mort dans laquelle les Justes sont récompensés.

Dans ses paroles dont la noblesse et la beauté résonnent encore à nos oreilles, Socrate n’a pas non plus imploré la clémence à ses juges. Car pour lui la justice est divine. «Je crois aux dieux, Athéniens, comme aucun de mes accusateurs, c’est pourquoi je m’en remets à vous et au dieu afin que vous décidiez ce qui sera le meilleur pour moi et pour vous» dit-il. Socrate préfère la mort au déshonneur : «la difficulté n’est pas d’échapper à la mort, mais au vice. Car le vice court plus vite que la mort». «Philosopher, c’est apprendre à mourir», suivant Socrate. Mourir, c’est séparer le corps de l’âme. En se détachant du corps, l’âme débutera son parcours ascendant vers l’absolu qu’il contemple. Philosopher est donc une façon de se préparer à l’éternité. Par conséquent, la mort de Socrate est «le plus bel acte de la vie» suivant une formule de LAMARTINE.

B – Socrate, à travers le récit de ses disciples

Socrate est connu, à travers les écrits de ses disciplines. Pour Xénophon (570-478 avant J-C), dans ses mémorables, qui agit en historien, la condamnation de Socrate reste une affaire personnelle, affective. Il se contente de souligner une affirmation rhétorique banale que «Socrate a laissé aux yeux du monde beaucoup plus d’éclat à notre République que Lichas à celles des Lacédémoniens». Xénophon relate «la noblesse de sa fierté». «S’il a daigné de s’abaisser aux prières, c’est qu’il croyait déjà que la mort était pour lui préférable à la vie» dit Xénophon dans son Apologie de Socrate. «Il est un trait de la vie de Socrate qu’il est juste» dit Xénophon.

Platon était malade lorsque Socrate bu la ciguë, et il ne put assister à ses derniers moments. En réaction contre la mort injuste de son maître, Platon écrit, trois ans après sa mort, son «Apologie de Socrate», véritable acte qui révolutionne la démarche philosophique. «Une œuvre participe d’autant plus de l’éternité qu’elle rend, qu’elle exprime de ce qui y a de plus profond, de réel de religieux, et c’est précisément ce que fait l’apologie», affirme Georges MEAUTIS (1890-1970), biographe de Platon. Socrate, préférant la mort au déshonneur, avait lui-même envisagé que ses disciples allaient continuer la lutte pour la justice et contre les mœurs corrompues d’Athènes : «Si vous vous figurez qu’en tuant les gens vous empêcherez qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous reprocher de vivre mal, vous trompez. Car cette manière de se débarrasser des censeurs n’est ni belle, ni efficace. La plus belle, la plus simple consiste, non pas à empêcher les autres de dire ce qu’ils pensent, mais bien à essayer de devenir soi-même meilleur». Socrate, fidèle aux mystères d’Eleusis, a une autre conception de la mort qui n’est pas un anéantissement, un monde sans rêves, ou un changement de lieu, mais c’est un véritable départ pour un autre monde. La mort vaut mieux que la vie, notamment dans le déshonneur ; la vie n’est que la mort et c’est la mort qui est la véritable vie. La sagesse humaine n’est de rien, Dieu seul est grand ; ayons confiance en lui, en sa bonté, en sa sollicitude envers les hommes. Platon croit à la vie de l’âme. C’est l’être intérieur qu’il découvre la vraie beauté, la véritable noblesse. La supériorité de l’âme par rapport au corps s’effectue par la recherche de la sagesse. Lorsqu’on a paré son âme des ornements qui lui conviennent, de la raison, de la justice, de la liberté, de la vérité, alors on peut, avec sérénité, attendre le moment de mourir.

II – Socrate et sa doctrine du développement de l’esprit humain

«Il (Socrate) a pensé à la fois avec son temps, pour son temps, contre son temps ; il a légué à la postérité, non seulement ses idées, mais encore si l’on peut dire, sa personne, sa vie et sa mort même» dit Victor DELBOS (1862-1916). De par sa démarche inspirée de la sagesse, Socrate a considérablement contribué au développement de l’esprit humain. Il faut cultiver notre âme afin de la rendre meilleure.

1 – Socrate et sa révolution intellectuelle : le culte de la raison

Socrate s’est fixé un objectif particulièrement subjectif, novateur révolutionnaire qui nous anime même maintenant : la vertu interdit à tout homme de renoncer à soi, d’abdiquer sa liberté en faveur de qui ou quoi que ce soit. Par conséquent, Socrate met les hommes en face d’eux-mêmes et les appelle à une transformation radicale.

Pour CICERON, dans son traité «Sur la nature des dieux», «la philosophie enseignait la science des nombres. (…). En fin, les choses célestes. Socrate le premier fit descendre la philosophie du ciel, l’introduisit, non seulement dans les villes, mais jusque dans les maisons, et la força de régler la vie, les mœurs, les biens, les mots». Il faut bien préciser, qu’avant Socrate, la philosophie était déjà un art de vivre, avec Thalès de Millet (585 avant J-C) qui expliquait les phénomènes naturelle à partir des causes naturelles. Pythagore et les doctrines orphistes, vont jusqu’à proposer des recommandations diététiques. La cosmogonie d’Héraclite fait état d’importants développements sur la sagesse et l’âme. Empédocle d’Agrigente (500-480 avant J-C), inspiré du vrai savoir, pense que le bienheureux est celui «possède la richesse d’une intelligence divine» et exhorte à lutter contre le mal de l’ignorance.

En revanche, la révolution socratique est d’avoir introduit la conscience de soi. L’homme est renvoyé à lui-même. Sans pensée, l’homme n’est pas homme, mais chose, «une vie sans examen ne mérite pas d’être vécue» dit-il. Socrate lance cette proclamation « Je cherche ». Il cherche un pouvoir de l’homme qui puisse se substituer à l’univers défaillant des choses pour fonder «le règne humain. Une liberté qui puisse assurer la relève des vieilles certitudes chancelantes » dit Micheline SAUVAGE. Par conséquent, Socrate met l’homme en face de lui-même pour susciter une conduite réfléchie et autonome. Le courage, c’est de penser notre courage, au lieu de l’être.

La démarche de Socrate, hautement intellectuelle et révolutionnaire, a introduit le culte de la raison, et une dialectique, à travers son art du dialogue entre les hommes. Platon fera de cet art un instrument de détermination des essences, l’instrument de la connaissance vraie, celle qui appréhende les Idées, et ultimement l’Idée des Idées, celle du Bien. En somme, à travers les concepts l’homme doit tendre à voir clair en soi et se faire voir clair. Le culte de la raison de Socrate est finalement le culte de la conscience claire. La condition de la prise de conscience, c’est la prise de parole, «la parole ordonnée et féconde de l’homme qui se cherche lui-même» souligne Micheline SAUVAGE.

Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) a qualifié Socrate «d’homme théorique», c’est-à-dire qui ne veut agir qu’éclairé. Il faut dissiper l’obscurité des esprits. La conduite droite est science et la vertu peut s’enseigner. Mais ce savoir et contrairement à ce que pense Alcibiade, dans le Banquet ne s’acquiert pas automatiquement, par le contact avec le maître. «En nous connaissant, nous pourrions connaître la manière de prendre soin de nous-mêmes» dit Socrate. On ne peut enseigner la vertu parce qu’elle réside dans une conversion, un mouvement d’âme que le maître aide le disciple à opérer en lui-même. «J’exerce le même métier que ma mère ; accoucher les esprits est ma tâche, et non pas d’enfanter, qui est l’affaire du dieu» dit Socrate. Science vraie, c’est une certaine conscience, c’est avoir faim d’une certaine faim. La sagesse hindoue identifie le mal du monde à l’ignorance. Le savoir est une illumination libératrice. Cependant, Socrate, contrairement aux Orientaux, ne croit pas à l’illumination du sage. L’intelligence est le seul outil dont dispose l’âme pour arriver à voir clair. Par conséquent, agissant en «homme théorique», Socrate propose à l’homme, pour y voir clair, la parole, la lucidité et la conscience, et non la méditation muette, la vision sans yeux et l’inconscience. Socrate revient à l’impératif de Delphes : «connais-toi, toi-même». «Ceux qui ne se connaissent pas (…) ; ils ne savent pas ce qu’il faut, ni ce qu’ils font, ni de qui ils se servent ; mais, abusés sur tout, ils laissent échapper le bien et tombent dans le malheur» dit Socrate, dans les mémorables de Xénophon. En définitive, la conscience n’est autre chose que l’esprit. Elle est clairvoyance, liberté et vérité.

2 – Socrate rejette le Sophisme et s’attache à la Vérité

L’analyse de Socrate est tout avant une réaction contre les idées des Sophistes (Hippias d’Elis, Protagoras d’Abdère, Prodicos de Céos). Le sophisme ou l’art des discours captieux, du «raisonnement injuste», suivant Aristophane, peut servir à berner le bon droit et à ne pas payer son débiteur. En effet, les Sophistes diffusaient une doctrine destinée à rendre tout citoyen capable de se tirer d’affaire en toute circonstance, à lui assurer les meilleurs moyens d’action, le plus grand pouvoir et de faire dominer l’individu sur les forces de la tradition. En effet, les Sophistes considèrent, suivant une formule de Protagoras d’Abdère (487-416, avant J-C) que «l’homme est la mesure de toute chose» ; c’est-à-dire qu’il n’y pas de vérité fixe et universelle. L’objectif des Sophistes n’était pas d’’étalir la science, mais de faire prévaloir de simples opinions, dans l’intérêt de chacun. C’est une ambiance qui pousse à la curiosité intellectuelle, mais sans tenir compte du Bien commun.

Socrate ressemble aux Sophistes sur la sensibilité et l’argutie de ses raisonnements. Il rejette la science de la nature et ne se préoccupe que des choses humaines. Cependant, Socrate s’oppose, radicalement, aux Sophistes dans la foi qu’il a de la vérité. La sagesse, selon Socrate, et s’inspirant des doctrines védiques de l’Inde, est la connaissance de l’Immuable ; c’est une vérité impersonnelle et la loi, la justice et l’éthique doivent régler la conduite humaine. En effet, Platon a relié la théorie des Idées aux spéculations de son maître. Il s’agissait de savoir si les concepts ont une existence, non seulement dans notre esprit, mais dans la réalité, si les idées générales correspondent à des êtres. Comment donc résoudre ce conflit entre la constatation empirique et le devenir ? Héraclite a avancé une formule choc : «Tout s’écoule. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve». Les Eléates, notamment Parménide, estiment que «l’Etre est, le Non-Etre n’est pas». La philosophie du «concept» de Socrate de Socrate allait permettre à Platon de résoudre cette énigme. Les Sophistes qui savaient défendre toute chose et son contraire, prétendaient qu’il n’y aurait pas de vérité universelle ; ce qui peut conduire au scepticisme moral. La doctrine du réalisme de Platon a balayé ces doutes. Pour cet élève de Socrate, c’est au dessus du sensible, dans le domaine de l’intelligible pur, que se situent les vraies réalités, appelées Idées. Par conséquent, pour Socrate, de toutes choses l’homme n’est pas la mesure, mais le support.

En distinguant ainsi savoir et opinion, Socrate est le fondateur de la rationalité et de la philosophie. Contrairement à l’opinion (doxa), le savoir est une croyance que l’on peut justifier par des raisons, et non une croyance simplement admise. «L’écriture ne peut saisir le savoir, car le savoir, contrairement à l’information, n’existe pas en dehors de l’homme» dit Socrate. Du même coup, Socrate a ringardisé les discussions parfois oiseuses d’Héraclite et Parménide : toute affirmation qui se veut scientifique doit être rigoureusement démontrée. Descartes introduira une révolution comparable, lui aussi par l’application d’un doute méthodique, au XVIIe siècle. René DESCARTES (1596-1650) posera le concept, en tant qu’idée claire et distincte, comme l’objet même du savoir.

3 – Les méthodes de Socrate : maïeutique et ironie

Dans sa démarche, Socrate fait appel à la maïeutique ou l’art de faire accoucher les esprits de la vérité, tout comme sa mère faisait accouchait les femmes. Par la maïeutique, Socrate, inspiré de la sagesse indienne se propose d'éveiller chez les auditeurs de ses entretiens la conscience de leur nature impérissable, terme ultime à la recherche de soi. L'homme est capable d'appréhender la vérité soit implicitement présent en tout homme, c'est la plus intime conviction de Socrate. En effet, Socrate est habile à persuader qu’à dissuader. «Je cherche. Ensemble nous examinons chaque problème qui se présente. Si je cherche, c’est que moi-même» dit-il à Critias. A travers, sa maïeutique, une interrogation jamais innocente, Socrate adopte une posture philosophique, c’est un accoucheur des esprits hors norme. Sa philosophie est avant tout un comportement, une attitude. Très souvent, dans la maïeutique ne mène à aucune conclusion édifiante. Socrate lui-même prétend ne rien savoir : «tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien». Cette reconnaissance de notre ignorance est le point de départ nécessaire de toute recherche. «Toute la philosophie n'est fondée que sur deux choses : sur ce qu'on a l'esprit curieux et les yeux mauvais» dit Bernard Le Bouyer de FONTENELLE (1657-1757).

On a glosé sur l’ironie socratique ou l’art d’interroger, tout en surprenant l’interlocuteur en étant là où il ne s’attend pas à nous trouver. L’ironie vise à faire identifier par l’interlocuteur une ignorance non identifiée. Elle s’adresse aux personnes qui prétendent savoir, alors qu’elles sont dans l’ignorance, alors que la maïeutique est appliquée aux personnes qui ignorent qu’elles savent. «Il n’y a de vie humaine authentique sans ironie» et «le doute est à la science ce que l’ironie est à la vie personnelle» dit Sören KIERKEGAARD. Avec l’ironie, qui est essentiellement pratique, alors que le doute est théorique, il y va de la subjectivité et de la liberté individuelle. «L’ironie est la négativité absolue et infinie » précise Hegel. L’ironie est nécessaire au sujet pour qu’il se libère de l’immédiateté du phénomène et accède à au plan de l’idée ou du concept. Dans la démarche de Socrate, il ne s’agit pas d’une ironie négative ou individuelle, mais de l’objectivité des valeurs morales. Socrate invite à se lancer sur la piste infinie de la vie intérieure. En effet, il avait pour ambition d’être un éveilleur de conscience qui libère l’homme authentique des multiples déterminations de la vie concrète, en l’amenant, sans cesse, à l’abstrait en vue de découvrir le chemin à suivre.

4 – La morale de Socrate : l’art de cultiver la vie

Plus de vingt-cinq siècles après sa mort injuste, Socrate interpelle encore notre conscience, par sa morale. Il avait comparé les Athéniens qui voulaient le condamner à des «gens ensommeillés qu’on réveille», dans un mouvement de colère, alors qu’un mouvement de colère gronde et qu’ils passeront le reste de leur vie à dormir. L’acte de courage de Socrate, sa fermeté intellectuelle devant l’affaiblissement des valeurs et vertus traditionnelles, rappelle l’Antigone de Sophocle invoquant, contre le décret de Créon (interdiction d’honorer un mort), les lois non écrites des Dieux, les obligations éternelles auxquelles l’homme, ni le temps ne doivent toucher. «On ne peut rien faire de bon et d’honnête sans la vertu» nous dit Socrate.

La morale de Socrate c’est l’art de cultiver la vie comme un champ, en vue d’une abondante moisson et d’éviter les maux de ce monde. La vie morale est le principe de la connaissance et de la vérité. La vertu, c’est le chemin de l’harmonie, du bien-vivre et donc du bonheur. Socrate ramène la vertu, dans ses différents aspects (tempérance, courage, justice, équité, etc.) à un seul concept : la vérité. En effet, la morale est un ensemble de percepts à respecter dans l’intérêt de l’homme.

Albert CAMUS (1913-1960) écrit au début du «Mythe de Sisyphe» qu’il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux, celui de savoir si la vie mérite d’être vécue. Se demander si la vie mérite d’être vécue revient, aujourd’hui, à se demander si la vie peut avoir un sens. Socrate avait répondu à cette question depuis l’Antiquité par sa morale. Il est un réformateur de la vie pratique. Il voulait qu’on s’occupe à ce qui peut servir à quelque chose. L’homme devrait consacrer sa vie à la poursuite du Bien souverain et vivre en harmonie avec certaines vertus.

«La plus importante des affaires humaines est de persuader l’âme d’aller vers le Bien plutôt que vers le Mal» dit Socrate. Socrate découvre qu’il n’y a pas de plus grand mal que l’ignorance, ou plutôt, que l’ignorance est à la source de tous les maux. «En toutes choses, on doit agir pour le Bien» dit Socrate. Le Bien souverain, c’est ce qui est utile. «L’utile est la raison, le principe du bon et du beau» dit Alfred FOUILLEé.

«Le point de vue «dialectique» consiste à ne pas séparer la pensée de l’être» dit Alfred FOUILLEé. La dialectique de l’action consiste à examiner ce qu’il y a de meilleur. Ainsi, on devient à la fois bon et heureux dans la dialectique. Mais une chose est bonne à une certaine fin, relative. La notion de «finalité» et de «bien» sont au cœur de la pensée socratique. Le but unique auquel l’homme doit tendre est le meilleur. C’est la tendance à aspirer vers le Bien.

Socrate est une âme profondément religieuse. «Je crois la philosophie une œuvre de l’esprit humain, et je place l’esprit humain, non dans la région des causes nécessaires et fatales, mais dans les sphères morales et libres» dit Antelme Edouard CHAIGNET (1819-1901). Marqué par une grande religiosité, Socrate professe, dans sa morale, les devoirs envers Dieu ; il faut l’honorer, prier et lui ressembler. «L’homme doit s’élever au-dessus de la terre, aux limites de l’atmosphère et au-delà, ainsi seulement pourra-t-il comprendre le monde dans lequel il vit» dit Socrate. Le principe de cette ressemblance à dieu est dans l’âme que Socrate appelle «la chose la plus parfaite qu’ait produite l’être le plus parfait». L’âme doit commander notre action vers le Bien souverain. Cependant, Socrate estime qu’une voix intérieure divine lui parle qu’il appelle son démon. «Quand je me fie à mon démon j’annonce à mes amis la volonté des dieux, elle se réalise toujours et pas une seule fois mon démon ne m’a menti» dit Socrate. La piété de Socrate est une mythologie de la raison. En effet, «faiseur de Dieux», Socrate était profondément croyant, mais il croyait au «Démon» aux esprits intermédiaires entre les dieux et les hommes, à cette voix intérieure, à ce «génie». «Je n’apporte pas un dieu nouveau, quand je parle de mon démon. Je crois en cette voix divine comme vous croyez» dit Socrate. Ce démon est un «ensemble intérieur et extérieur à l’âme qui l’illumine pour s’imposer à celle» ; c’est une parole médiatrice, suivant une formule de Micheline SAUVAGE. Par conséquent, le ciel n’est pas vide, une quête de dieu est possible, mais la conscience est seule garant dépositaire de cette quête. Ce démon fut pour Socrate un gardien, un intime, un familier, qui l’écartait des choses à éviter, lui révélait des choses à craindre, l’avertissait des choses à savoir. Là où la prudence humaine faisait défaut, le pressentiment et l’inspiration protégeaient Socrate.

Socrate, dans sa morale, professe des devoirs envers l’âme. Il croit en l’immortalité de l’âme, d’où une sérénité à l’égard de la mort. Chaque homme a un devoir à l’égard de son âme, en l’honorant, en adoptant dans sa conduite, la sobriété, la tempérance, la frugalité, le renoncement, l’indépendance, la droiture. Il faut éclairer et élever son intelligence, vers la vérité et le bien. «Si l’homme aime assez son âme, pour la purifier de toute souillure, et l’affermir dans la sainteté et la vérité, ses intentions pures et droites lui donnent une inaltérable limpidité, grâce à laquelle l’homme de bien reconnaît son semblable et lui accorde son estime et sa confiance», dit Mme Jules FAVRE, VELTEN. Dieu unit les belles âmes par la vertu.

Socrate nous a légué l’amour de l’humanité, c’est-à-dire l’idée du juste, la justice, la fermeté du juste, l’équité, l’amitié, la bienveillance, la charité, le pardon, l’éducation et la perfection possible de chacun. Homme de devoir, l’amour de l’humanité signifie, pour Socrate, que l’homme n’appartient ni à lui-même, si à sa famille, ni à ses amis, il doit à sa communauté, son cœur, ses biens. Notre lutte et notre existence doivent tendre vers le Bien commun. Dans ce contexte, «la justice consiste en ce que chacun fasse ce qu’il a à faire» dit Socrate. Par conséquent, la justice n’est pas qu’une conception négative, s’abstenir de faire du tord aux autres, mais c’est une conception active et positive, qui exige encore «que nous fassions pour eux ce qui leur est dû» précise Socrate. Mais ce grand ajoute encore que la justice est l’harmonie de l’âme, c’est-à-dire la perfection qui résulte de la concorde, de l’ordre, de l’accord parfait de toutes les parties de l’âme, la raison, le sentiment et la volonté. Bref, c’est l’idée du Bien qui doit régler notre conduite, la conscience humaine. «On ne peut vivre qu’en cherchant à devenir meilleur, ni plus agréablement qu’en ayant la pleine conscience de son amélioration» nous dit Socrate.

BIBLIOGRAPHIE TRES SELECTIVE

1 – Ouvrages de base sur Socrate

CICERON (Marc Tullii), Entretiens sur la nature des dieux, traduction de l’abbé Pierre Joseph d’Olivet, Paris, Frères Barbou, 1793, 381 pages, spéc page 118 ;

LAERCE (Diogène), Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres, Paris, Garnier Flammarion, 1965, tome I, 365 pages, spéc sur Socrate, pages 109-119 ;

LELUT (Louis-Francisque), Le démon de Socrate, Paris, J. B. Baillière, 1856, 348 pages ;

PLATON, Apologie de Socrate, Criton, Phédon, traduction et notes d’Emile Chambry, Paris, Garnier Flammarion, 1965, 187 pages ;

PLUTARQUE, Œuvres morales, traduction de Jean Hani, Paris, Société les Belles lettres, 1980, tome VIII, 271 pages, spéc sur «le démon de Socrate», pages 39-129 ;

XENOPHON (de Colophon), Apologie de Socrate, Paris, Hachette, 1843, 37 pages ;

XENOPHON (de Colophon), Entretiens mémorables de Socrate, Paris, Hachette, 1868, 166 pages.

2 – AUTRES CRITIQUES DE SOCRATE

ADRADOS (Francisco Rodriguez), «Tradition et raison dans la pensée de Socrate», in: Bulletin de l'Association Guillaume Budé, Lettres d'humanité, n°15, décembre 1956, pages 27-40 ;

ANGELOPOULOS (Elie, Ioannes), Aristophane et ses idées sur Socrate, Athènes, 1933, 48 pages ;

AUBENQUE (Pierre), Socrate, Paris, P.U.F., Que sais-je ? n°899, 1960, 128 pages ;

BABUT (Daniel), Le dialogue de Plutarque sur le démon de Socrate : essai d’interprétation, Lyon, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, 1994, pages 405-430 ;

BASTIDE (Georges), Le moment historique de Socrate, Paris, Félix Alcan, 1939, 322 pages ;

BOUCHARD (Denis) «L’ironie socratique», in Laval théologique et philosophique, 2001, vol 57 n°5, pages 277-289 ;

BOUTROUX (Emile), Socrate fondateur de la science morale, in Etudes d’histoire de philosophie, Orléans, Paul Colas, 1883, 63 pages ;

BRUN (Jean), Socrate, Paris, PUF, collection Que sais-je ? 1960 et 1991, 128 pages ;

CALLOT (Emile), La doctrine de Socrate, Paris, M. Rivière, 1970, 177 pages ;

CHAIGNET (Antelme-Edouard), Vie de Socrate, Paris, Didier, 1868, 332 pages ;

CHAMOUX (François), «L’homme Socrate», in L’Académie des inscriptions et des belles lettres et l’Académie des beaux arts face au message de la Grèce ancienne, Actes du 6ème colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-mer, les 6 et 7 octobre 1995, Paris, Académies des Belles Lettres, 1996, pages 55-70 ;

COURCELLES (Pierre), Connais-toi, toi-même de Socrate à Saint Bernard, Paris, Etudes augustiniennes, 1975, 790 pages ;

CRESSON (André), Socrate, sa vie, son œuvre avec un exposé de sa philosophie, Paris, 1956, 127 pages ;

DELBOS (Victor), Figures et doctrines de philosophes (Socrate, Lucrèce, Marc Aurèle, Descartes, Spinoza, Kant, Maine de Biran), Paris, Paris, Plon, Plon-Nourrit, 1921, 327 pages, spéc. sur Socrate pages 1-27 ;

DEMAN ((Thomas), Le témoignage d’Aristote sur Socrate, Paris, Les Belles Lettres, 1942, 140 pages ;

DEMAN (Thomas), Socrate et Jésus, Paris, L’Artisan du livre, 1944, 309 pages ;

DESMARET de SAINT SORLIN, (Jean), Les morales de Socrate, de Plutarque et de Sénèque, 1653, Au Château de Richelieu, Etienne Migon, 196 pages ;

DONAY (Guy), «Le parcours intellectuel de Socrate», in L’Antiquité Classique, 2009 tome 78, pages 39-61 ;

DORION (Louis-André), Socrate, Paris, P.U.F., Que sais-je ? n°899, 2004, 127 pages ;

DUPRE (Raoul) «Socrate», in Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°5, juin 1948, pages 77-90 ;

DUPREEL (Eugène), La légende socratique et les sources de Platon, Bruxelles, Robert Sand, et Paris, Agence générale de librairie, 1922, 450 pages ;

EGGER (Emile), Le Socrate et le dialogue socratique, Paris, Georges Charmont, 1879, 16 pages ;

FAVRE (Jules), La morale de Socrate, Paris, Félix Alcan, 1888, 328 pages ;

FESTUGIERES (André-Jean), Socrate, préface de A-D Sertillanges, Paris, Flammarion, 1954, 189 pages ;

FOUILLEE (Alfred), La philosophie, Paris, Ladrange, 1874, tome I, Socrate, 432 pages ;

FRAISSES (Anne) FRAISSE (Jean-Claude), Socrate, Paris, P.U.F, 1972, 236 pages ;

GARNIER (Adolphe), Histoire de la morale second mémoire Socrate, Paris, SN, 1855, 75 pages ;

GARNIER (Adolphe), De la morale de l’Antiquité, précédée d’une introduction par Prévost-Paradol, Paris, 1865, Germer Baillière, 180 pages, spéc. sur Socrate, pages 51-123 ;

GILSON (Etienne), L’esprit de la philosophie médiévale, Paris, J. Vrin, 1944 et 1969 «Connais-toi, toi-même» 446 pages ;

GODEL (Roger), Socrate et Diotime, Paris, Les Belles lettres, 1955, 62 pages ; voir aussi Bulletin de l'Association Guillaume Budé : Lettres d'humanité, n°13, décembre 1954. pages 3-30;

GODEL (Roger), Socrate et le sage indien, Paris, Les Belles lettres, 1953, 46 pages ;

GODEL (Roger) «De Socrate au Sage indien», in Bulletin de l'Association Guillaume Budé, Lettres d'humanité, n°11, décembre 1952, pages. 3-21 ;

GOGUEL (Edouard), Aristophane et Socrate, Reims, 1859, P. Dubois, 94 pages ;

GOTTLIB (Anthony), Socrate, martyre de la philosophie, Paris, Seuil, 2000, 86 pages ;

GRONDIN (Jean), «Le sens de la vie : une question assez récente, mais pleine de saveur», in Théologiques, 2001, vol n°2, pages 7-15 ;

GUARDINI (Romano), La mort de Socrate : interprétation des dialogues philosophiques Euthyphron, Apologie, Criton, Phédon, Paris, Seuil, 1956 et Ipagine, traduction de Paul Ricoeur, préface de Jean Greisch, 2015, 268 pages ;

KIERKEGAARD (Sören, AAbye), Œuvres complètes, tome II, Le concept d’ironie constamment rapporté à Socrate, confession publique ; Johannes Climacus ou De omnibus dubitandum est, traduction de Paul-Henri Tisseau et Else-Marie Jacquet-Tisseau, introduction de Jean Brun, Paris, 1975, éditions de l’Orante, 367 pages ;

KOFMAN (Sarah), Socrate, Paris, Galilée, 1989, 337 pages ;

LACOMBE (Olivier), «Socrate et la sagesse indienne», in Revue du Nord, tome 36, n°142, Avril-juin 1954. Mélanges offerts à Louis Jacob à l'occasion de son 70e anniversaire, pages 111-114 ;

LAMARTINE (Alphonse, de), Homère et Socrate, Paris, Michel Lévy, 1863, 213 pages, spéc Socrate pages 119 -2013 ;

LUCCIONI (Jean), Socrate et le socratisme, Paris, P.U.F, 1953 156 pages ;

MAGALHAES-VILHENA de (Vasco Manuel), Socrate et la légende platonicienne, Paris, P.U.F., 1952, 235 pages ;

MEAUTIS (Georges), Platon vivant, Paris, Albin Michel, 1950, 360 pages, spéc sur Socrate, pages 105-164 ;

MEUNIER (Mario), La légende de Socrate, Paris, Albin Michel, 1965, 183 pages ;

MILLET (René), Socrate et la pensée moderne, Paris, Paris, Plon-Nourrit, 1920, 287 pages ;

MONTEE (Pierre), La philosophie de Socrate, A Durand et Pédone-Lauriel, 1869, 380 pages ;

MORALI (Claude), Socrate, Paris, La Martinière, 2004, 64 pages ;

MOSSé (Claude), Le procès de Socrate, Bruxelles, La mémoire des siècles, 1989 et Paris, éditions Complexe, 1996, 153 pages ;

PIAT (Clodius), Socrate, Paris, Félix Alcan, 1900, 268 pages, et 1974, Robert Laffont, 281 pages ;

PIAT (Clodius), «La valeur morale de la science d'après Socrate», in Revue néo-scolastique. 6ᵉ année, n°22, 1899, pages 119-130 ;

PAISSE (Jean-Marie), «Socrate et Descartes» in Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°2-3, Juin-octobre 1968, pages 241-257;

SAUVAGE (Micheline), Socrate et la conscience de l’homme, Paris, Seuil 1957 et 1997, 166 pages ;

STONE (Isidore, Feinstein), Le procès de Socrate, Paris, Odile Jacob, 1990, 318 pages ;

STRAUSS (Léo), Le discours socratique de Xénophon, traduit par Olivier Sedeyn, Combas, éditions de l’Eclat, 1992, 242 pages ;

TOVAR (Antonio), Socrate, sa vie, son temps, traduit par H. E. Del Medico, Paris, Payot, bibliothèque historique, 1954, 443 pages.

Paris, le 6 juillet 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Socrate (470-399 avant J-C), incarnation mythique de la sagesse», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Socrate (470-399 avant J-C), incarnation mythique de la sagesse», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Socrate (470-399 avant J-C), incarnation mythique de la sagesse», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0

commentaires

NDIAYE 12/09/2016 04:44

Très intéressant cousin.merci .

Liens