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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 11:19

Je viens d'apprendre avec tristesse la disparition, le 2 juillet 2016, de Michel ROCARD à l'âge de 85 ans. Ma rencontre inattendue, le 19 novembre 2005, avec Michel ROCARD, au congrès du Parti Socialiste, au Mans, m’a laissé une forte impression. Je lisais son livre «Si la Gauche savait, entretiens avec Georges-Marc BENAMOU» quand M. ROCARD, tout de go, me pose cette question : «qu’est ce que tu as pensé de mon livre ?». Intimidé par ce géant de l’histoire, j’ai d’abord bredouillé, puis je me suis vite ressaisi. J’ai fait part à l’ancien Premier Ministre, de mon appréhension, au début de ma lecture, avec son style hermétique d’énarque, de ne rien comprendre à son livre. Cependant, j’ai été agréablement surpris par le style fluide et simple adopté. Sans doute que Georges-Marc BENAMOU y est pour quelque chose.

Je ne savais pas que Michel ROCARD avait un engagement tiers-mondiste aussi marqué, une opposition farouche et parfois violente à MITTERRAND, mais surtout une grande originalité et finesse de sa pensée sur la «Deuxième gauche». On ne souvient de sa fameuse phrase sur l'immigration qui avait suscité une importante polémique : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde» dit-il lors de son émission du 3 décembre 1989 à Sept sur Sept avec Anne SINCLAIR sur TF1. Cette déclaration s'inscrivait dans un contexte de fermeture des frontières, à la suite du naufrage d’un bateau transportant des Libyens ; certains même, comme François MITTERRAND, reprenaient le concept de "seuil de tolérance". Devant les violentes protestations d'une partie de la Gauche, Michel ROCARD estimera, le 24 août 1996, que cette citation était tronquée. Il y adjoindra cette importante précision : "elle (la France) doit savoir fidèlement en prendre sa part". Il a essayé de rectifier le tir, mais on a retenu que la déclaration initiale télévisée ; le mal est fait.

Les idées et l’action de Michel ROCARD, depuis plus de 65 ans, mériteraient de faire l’objet d’une thèse de doctorat. Pas moins de 7 biographies lui ont été consacrées. Mais un travail universitaire, avec une distance critique, serait le bienvenu.

C’est le même jour où je rencontre également, dans les couloirs du congrès du Mans, un de ses disciples : Manuel VALLS. C’est un ami, encore en fonction à son cabinet, Ibrahima Diawandoh N’DJIM, qui me présente le maire d’Evry. M. VALLS c’est du ROCARD tout craché, aussi bien dans la taille, l’ambition que l’éloquence. Je me suis rendu compte qu’avec mes 1 m 68, que j’étais plus grand, par la taille précisions-le, que ces deux hommes politiques. Comme quoi, la grandeur n’est seulement que dans la taille. Cette comparaison flatteuse, ainsi que diverses lectures (Bibliographie sélective en annexe), m’ont conduit, plus de 11 années après, à vous faire part de ces réactions.

I – Michel ROCARD, militant socialiste de longue date et le tiers-mondiste

Michel ROCARD milite au Parti Socialiste depuis 1949, soit depuis 65 ans. C’est donc un témoin privilégié de notre temps. Sa parole compte beaucoup. Michel ROCARD est né le 23 août 1930 à Courbevoie d’une famille de petite bourgeoisie militaire. Son père, Yves-André ROCARD (1903-1992), un catholique, est Directeur au Laboratoire de Physique à l’Ecole Normale Supérieure, spécialiste du radar et de la physique nucléaire, un résistant de première heure. Sa mère, protestante, une institutrice, est originaire de la Savoie. «Ma mère m’a flanqué quelques inhibitions et démoli mes rapports avec la gent féminine».

Par conséquent, M. ROCARD n’est pas né dans une famille socialiste. C’est à l’adolescence qu’il rencontre la Gauche. Après avoir fréquenté le Lycée Louis-Le-GRAND, il s’inscrit à Sciences Po. C’est sa première transgression de l’ordre établi par sa famille. Son père entre dans une grande colère : «tu vas apprendre à baratiner, c’est-à-dire à empêcher les gens de travailler». Recruté comme tourneur-fraiseur dans le laboratoire de son père, Michel ROCARD y fait la connaissance d’un certain BERTIN qui lui parle du Front Populaire, de la Commune et des Socialistes français. «Il me faisait découvrir un univers et des choses inconnues», confesse Michel ROCARD dans ses entretiens avec Georges-Marc BENAMOU. Auparavant, pendant deux semaines, M ROCARD a été chargé d’accueillir, à l’hôtel Lutétia, des déportés de retour des camps de concentration. Mais c’est dans le scoutisme et le protestantisme que Michel ROCARD trouve l’engagement politique et moral. «J'ai senti dans ce monde protestant, une très grande tolérance, une grande ouverture aux problèmes du monde», dit Michel ROCARD. Les protestants cultivent un individualisme marqué, et refusent, par souci éthique, toute ostentation, notamment, celle de la richesse.

Cependant, Michel ROCARD a horreur du dogmatisme. «Je n’aime pas beaucoup les embrigadements, les idées reçues, les situations acquises» précise notre homme d’Etat. M. ROCARD s’enthousiasme pour les idées en vue de la construction européenne. C’est en pleines guerres coloniales et scandales financiers qui discréditent l’action de Guy MOLLET à la tête de la SFIO, que Jean HELY fait adhérer Michel ROCARD au mouvement des étudiants socialistes. «On est la SFIO pour la réformer de l’intérieur» lui dira t-il pour le convaincre. Il côtoie Jacques CHIRAC à Sciences Po qui refuse d’adhérer au mouvement des étudiants socialistes, jugé trop à droite. M. CHIRAC était, à l’époque, sympathisant communiste. Comme les temps changent ! C’est Michel ROCARD qui a réussi, en 1956, à éjecter Jean-Marie LE PEN de la présidence du Syndicat étudiant l’UNEF, en créant un Comité d’Action Syndicale à l’Université de Panthéon Assas.

Etudiant socialiste, Michel ROCARD est confronté à un casse-tête : le communisme domine et écrase la Gauche. Il découvre qu’à côté des communistes, il y a d’autres forces de gauche : les catholiques, et qu’il faut faire alliance avec eux. Michel ROCARD lit Joseph PROUDON et l’Armée Nouvelle de JAURES.

La guerre d’Algérie fait rage et Michel ROCARD découvre un maître à penser : Victor FAY (1903-1991), un militant de la Gauche de la Gauche, juif polonais, membre du parti de Rosa LUXEMBOURG. «Ma rencontre avec Victor FAY est une des clés de mon orientation», souligne ROCARD. Le socialisme démocratique est sa famille, mais la SFIO de Guy MOLLET (1905-1975) est discréditée avec ses guerres coloniales. Guy MOLLET, tellement habitué au double langage, qu’élu pour faire la paix en Algérie, il y fera la guerre à outrance. «J’ai senti ce qui me différenciait des socialistes à la Guy MOLLET, mais c’était confus. Je ne supportais pas leur sectarisme laïcard. Je les trouvais trop jacobins, bien peu européens. Les propos de FAY ont rationalisé, ce qui était une institution, en la centrant sur la question algérienne», dit ROCARD.

C’est Michel ROCARD qui a négocié la paix en Nouvelle Calédonie. Dans un ouvrage avec Jeanine GARRISSON, l’ancien premier ministre estime que la paix n’entre pas dans le domaine des sciences, moins encore de la stratégie: pour lui, la paix est un «art». En ce sens, Michel ROCARD propose cinq principes constants, formulés comme des verbes d’action, ayant comme fonction d’inscrire l’action de construction de la paix dans le temps, dans la durée : vouloir la paix, briser le tabou ; négocier, équilibrer, fonder.

Michel ROCARD se dit mendéciste, mais le problème c’est de faire passer le Mendécisme dans une grande boutique, dans une maison puissante. «Je ne suis pas naïf, ou timoré, face au pouvoir que MENDES refuse de prendre», affirme Michel ROCARD. Il ajoute cette précision : «Le pouvoir suprême et durable, c’est réservé à ceux qui sont capable de tuer».

On se souvient de cette phrase malheureuse de M. ROCARD : «On ne peut pas accueillir toute la misère du monde». En dépit de cet écart de langage, Michel ROCARD est resté, fondamentalement, tiers-mondiste et humaniste. On l’a vu dans ses prises courageuses contre les guerres coloniales, mais aussi dans sa production intellectuelle. Ainsi, dans son ouvrage «Pour l’Afrique», Michel ROCARD est l’un des rares dirigeants politiques français à s’intéresser à ce continent, non pas en termes d’immigration ou de catastrophes naturelles ou de coups d’Etat, mais en dégageant de perspectives nouvelles (sécurité et stabilité, aide non conditionnelle, commerce équitable, communauté culturelle avec la France à travers la langue française, etc.).

II – Michel ROCARD, social-démocrate de la première heure

et son concept de 2ème Gauche

1 – Michel ROCARD, adversaire résolu de MITTERRAND

Michel ROCARD, dans sa défense de la «Deuxième Gauche», se positionne, avant tout en opposition à François MITTERRAND, son concurrent éternel. En effet, Michel ROCARD reconnait que MITTERRAND est à l’évidence un tacticien génial. Mais, il ajoute que MITTERRAND un homme doté d’un cynisme gigantesque, d’une stratégie très personnelle, et très habile. Selon lui, MITTERRAND était étranger à toute notion de formation politique, à la notion de parti. Pour M. ROCARD : «Il n’y a pas de Parti socialiste, il n’y a que les amis de François MITTERRAND».

Michel ROCARD accuse François MITTERRAND, alors qu’il était Ministre de l’Intérieur, pendant la guerre d’Algérie, d’avoir envoyé, injustement, de nombreuses personnes au peloton d’exécution.

Michel ROCARD pense que MITTERRAND après la guerre, était un anticommuniste et un réactionnaire notoire. Il nous invite à lire le Barodet, qui est une reliure, à l’Assemblée Nationale, depuis la IIIème République, de toutes les professions de foi des candidats élus.

On a parfois l’impression que Michel ROCARD existe et se définit toujours par rapport à François MITTERRAND. Bien que toujours très populaire et très haut dans les sondages (54% pour ROCARD et 37% pour MITTERRAND), le 19 octobre 1980, six mois avant le premier tour de l’élection présidentielle de 1981, Michel Rocard annonce, depuis la mairie de CONFLANS SAINT-HONORINE, sa candidature, de façon compliquée et alambiquée. «J'ai décidé de proposer aux socialistes d'être leur candidat à la présidence de la République, déclare Rocard. (…) Le temps est donc venu pour les socialistes – en même temps que pour l'opinion toute entière – de savoir clairement et sans équivoque à quoi s'en tenir. Le temps est donc venu qu'un candidat soit un candidat car la détermination est une condition du succès». Le 8 novembre 1980, MITTERRAND annonce lui aussi sa candidature. M. ROCARD retire alors la sienne.

Michel ROCARD sera Premier Ministre de François MITTERRAND du 10 mai 1988 au 15 mai 1991. M. ROCARD rapporte cette indiscrétion de Jacques CHIRAC, alors Premier Ministre sortant lors de la passion de pouvoirs : «Méfie-toi de MITTERRAND, c’est quand il te sourit qu’il a le poignard le plus près de ton dos».

Michel ROCARD a créé le revenu minimum d’insertion (RMI). C’est également lui a commandé le livre Blanc sur les retraites qu’il a tout de suite refermé. Il s’occupera de la taxe carbone sous M. SARKOZY. M ROCARD revendique la paternité de la décentralisation, même si c’est Gaston DEFERRE qui l’a mise en œuvre.

2 – Michel ROCARD, idéologue de la «Deuxième Gauche».

Pour Michel ROCARD, Jean JAURES serait le père fondateur de la «Deuxième Gauche». En effet, à travers l’affaire DREYFUS, JAURES s’est battu pour faire admettre aux Socialistes qu’une atteinte aux droits de l’Homme les concernait tous. Pour lui, le droit à la dignité des Hommes passait avant le combat économique et social. JAURES est l’inventeur de l’économie sociale est solidaire, à travers la coopérative ouvrière qui a sauvé la verrerie d’Albi. Un parti politique est un outil qui malaxe du pouvoir. La discussion des idées y est première, facialement. En vérité, le Parti socialiste s’est transformé en écurie présidentielle au service de la conquête du pouvoir et donc des ambitions personnelles. Ainsi, on a fabriqué un JAURES officiel pour donner du change. «JAURES est tombé dans un chaudron collectif. Il a été avalé, intégré, parce qu’il est le plus grand, le plus porteur, et les idées subversives que son œuvre véhicule ont été oubliées au passage».

Cependant, ces idées de «Deuxième Gauche» ont été contrariées par les tares congénitales du Parti Socialiste. Tout d’abord, ce n’est pas le Parti socialiste qui a fait la Révolution française et ce parti, créé en 1905, n’a jamais été un parti ouvrier. La bataille du suffrage universel à mettre au compte du Parti Radical. Il existe un sérieux divorce entre le Parti Socialiste et les Syndicats. Il y a en France une culture de l’affrontement et de la suspicion, au détriment du compromis et de la négociation. Le Parti socialiste est resté longtemps une organisation pour bâtir le socialisme municipal avec l’appui des enseignants et de la classe moyenne. C’est pourquoi, il n’a pas été aisé de construire en France, une vraie social-démocratie, une «Deuxième Gauche». La rénovation du Parti Socialiste peut – elle être engagée, avec succès, avec les idées de «Deuxième Gauche» que portent Michel ROCARD ?

Michel ROCARD avec la création du Parti Socialiste Unifié (PSU), dans la droite file du refus de la guerre d’Algérie, et à la veille de la rénovation du Parti socialiste en 1971, avait entamé ce processus, à travers le concept d’autogestion. Dans le bagage intellectuel de la nouvelle gauche, on trouve le rejet des compromissions de la SFIO et du mitterrandisme avec l’appareil d’Etat durant la guerre d’Algérie, la critique de l’alliance PS-PCF des années 1970, et la conviction que le changement social ne se décrète pas d’en haut. L’impératif d’autogestion porté par la «Deuxième gauche» montre que son projet fut, en somme, de démocratiser le capitalisme. Les théoriciens de la deuxième gauche se révélèrent finalement meilleurs sociologues qu’économistes.

Au congrès de Nantes du Parti socialiste, en 1977, Michel ROCARD choisit de distinguer et d’opposer deux cultures politiques en œuvre dans la gauche française. «La plus typée, qui fut longtemps dominante, est jacobine, centralisatrice, étatique, nationaliste et protectionniste». C’est la «Première Gauche». Elle était revendiquée par une classe ouvrière qui exigeait une intervention dans le domaine économique et social. A ce congrès de Nantes du Parti socialiste, Michel ROCARD défend «la deuxième gauche, décentralisatrice, régionaliste, héritière de la tradition autogestionnaire, qui prend en compte les démarches participatives des citoyens, en opposition à une première gauche, jacobine, centralisatrice et étatique». Ces idées n’ont pas reçu un écho immédiat au sein du Parti socialiste, Michel ROCARD étant minoritaire dans cette organisation. Certaines de ses positions ont, en revanche, progressivement, rencontré l’air du temps au point de se diffuser naturellement dans le logiciel socialiste.

Pour certains, Michel ROCARD, le président d’honneur d’un Think Tank, réformiste : «Inventer à Gauche» serait classé à droite du PS. Jean POPEREN l’avait affublé de ce sobriquet désobligeant : «ROCAR-D’ESTAING». Michel ROCARD réfute violemment cette étiquette. Pour lui, la vraie définition de la Gauche c’est le respect de la vie humaine, de la démocratie, de l’égalité des personnes et la dignité des hommes.

La «Deuxième gauche» est ce que l’on appelle la social-démocratie à la suédoise. Elle disait oui à l’économie de marché et non à la société de marché. Missionné par François MITTERRAND, au congrès de METZ, Laurent FABIUS a lâché cette formule contre les Rocardiens «Mais si, Michel ROCARD, entre les marchés et le rationnement, il y a le socialisme». Les tenants de la doctrine néolibérale (THATCHER et REAGAN) ont éclipsé pendant quelques décennies ces idées de la «Deuxième Gauche». Pendant longtemps, on avait cru que Michel ROCARD avait perdu la bataille des idées. Puis l’accession de François HOLLANDE au pouvoir en mai 2012, un partisan de Jacques DELORS qui a affirmé, tardivement, son orientation social– démocrate, et surtout la nomination de Manuel VALLS en qualité de Premier Ministre, ont rendu d’une grande actualité les idées de Michel ROCARD.

Dans son débat qui l’a opposé en 2011, à Alain JUPPE, Michel ROCARD qui tire à boulets rouges sur la gauche, sur son incapacité à assumer l’économie de marché, le réformisme et le compromis politique auxquels elle adhère, pourtant, dans les faits.

3 – Les héritiers de Michel ROCARD.

Pour certains observateurs, M. Lionel JOSPIN serait une synthèse du Rocardisme et du Mitterrandisme. C’est un homme intègre et a refusé de mentir à l’opinion. Cet engagement de vérité l’a conduit à dire ce qu’il fait et faire ce qu’il dit. La moralisation de l’action publique est devenue crédible avec JOSPIN. Dans son livre, «Le cœur à l’ouvrage», Michel ROCARD défend cette idée centrale : la réflexion et l’action politique ne sont rien, si elles ne répondent pas à une exigence éthique. Mais le refus de JOSPIN de ne pas trancher et de choisir entre les deux gauches serait, suivant M. ROCARD, l’explication de l’échec de 2002.

M. Manuel VALLS a été conseiller pour les affaires étudiantes au cabinet de Michel ROCARD. Devenu Premier Ministre, M. Manuel VALLS a fait nommer Loïc ROCARD, un des fils de Michel ROCARD, 42 ans, conseiller à son cabinet. Manuel VALLS est naturellement un rocardien dans sa démarche de débarrasser la Gauche d'une pensée marxiste ou trop étatiste. Il faut s'intégrer dans une économie de marché en essayant de donner des résultats de distribution qui soient sociaux. Pour M. Michel ROCARD, le président HOLLANDE a fait un bon choix en nommant M. VALLS premier ministre. Les concepts de «Parler vrai» ou de «Vérité», de M. Manuel VALLS ont bien été empruntés au maître à penser qu’est Michel ROCARD. «Parler vrai. Si j’avais touché des droits d’auteur, ma fortune serait faite», souligne M. Michel ROCARD, dans son livre «Le cœur à l’ouvrage», page 292. Cette expression, née au cours d’un entretien avec Jacques JULLIARD, le 8 janvier 1979, signifie que c’est un devoir moral que de dire la Vérité. Les hommes politiques doivent cesser de mentir. Comme le disait, Pierre MENDES-France (1907-1982), «la vérité guide mes pas». La vérité est au cœur, non pas de l’engagement, il arrive que l’on se trompe, mais des choix de responsabilités, et donc de pouvoirs. On doit assumer ses responsabilités devant le peuple. La grande ambition du Rocardisme c’est non seulement de gagner le pouvoir, mais aussi y rester et réaliser des choses dans une vision réformiste progressiste. Toute la difficulté c’est comment concilier la Gauche et l’efficacité économique, et donc la pensée libérale ?

Bibliographie sélective :

ROCARD (Michel), Si la Gauche savait, entretiens avec Georges-Marc BENAMOU, Paris, Robert Laffont, 2005, 372 pages ;

ROCARD (Michel), Question à l’Etat socialiste, Paris, Stock, 1972, 187 pages ;

ROCARD (Michel), Un député pourquoi faire ? Paris, Syros, 1973, 90 pages ;

ROCARD (Michel), GALLUS (Jacques), L’inflation au coeur, Paris, Gallimard, 1975, 256 pages ;

ROCARD (Michel), Parler vrai, textes politiques (1966-1979), Paris, Le Seuil, 1979, 124 pages ;

ROCARD (Michel), A l’épreuve des faits, textes politiques, 1979-1985, Paris, Le Seuil, 1986, 219 pages ;

ROCARD (Michel), Le cœur à l’ouvrage, Paris, Odile Jacob, 1987, 352 pages ;

ROCARD (Michel), Un pays comme le nôtre (textes politiques, 1986-1989), Paris, Le Seuil, 1989, 283 pages ;

ROCARD (Michel), Les moyens de s’en sortir, Paris, Le Seuil, 1996, 272 pages ;

ROCARD (Michel), Eliminer les armes nucléaires, Paris, Odile Jacob, 1997, 287 pages ;

ROCARD (Michel) et GARRISSON (Janine), L’art de la paix, Paris, Atlantica, 1997, 80 pages ;

ROCARD (Michel), Le Français, langue des droits de l’homme, Paris, Paroles de l’Aube, 1998, pages ;

ROCARD (Michel), Mes idées pour demain, Paris, Odile Jacob, 2000, 270 pages ;

ROCARD (Michel), Pour une autre Afrique, Paris, Flammarion, 2001, 138 pages ;

ROCARD (Michel), Mémoire vivante, entretiens avec Judith Weintraub, Paris, Flammarion, 2001, 372 pages ;

HAMON (Hervé) et ROTMAN (Patrick), La deuxième gauche, histoire intellectuelle et politique de la CFDT, Paris, Ramsay, 1982, 447 pages.

ROCARD (Michel) JUPPE (Alain), La politique, telle qu’elle meurt de ne pas être, débat conduit par Bernard Guetta, Paris, 2011, Jean-Claude Lattès, 2011, 315 pages ;

ROCARD (Michel) GARRISSON (Jeanine), L’art de la paix, Paris, Atlantica, 1997, 215 pages.

Paris le 2 juillet mai 2016, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.
Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.

Michel ROCARD (1930-2016) ancien premier ministre, théoricien de la Deuxième Gauche.

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