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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 20:28

«Birago DIOP est le plus africain des écrivains sénégalais» décrète le cinéaste sénégalais SEMBENE Ousmane (1923-2007). Vétérinaire, conteur et poète sénégalais d’expression française, Birago DIOP est marqué par l'enracinement dans les valeurs culturelles ancestrales. Birago DIOP a résolu ce déchirement culturel par un humour inaltérable, de plus en plus tendre et féroce : «L’hybride n’est pas toujours ce caractère inquiet et, parmi les produits de culture antagonistes, surgit un original, les yeux plissés par le rire derrière des verres épais, la bouche faite pour la raillerie et la satire» souligne Roger MERCIER. En effet, Birago, qualifié par Jean-Paul SARTRE, de «centre calme du maelström» est connu pour ses rapports avec la Négritude, et la mise par écrit de contes traditionnels de la littérature orale africaine. «J’avais appris à lire pour écrire. J’ai beaucoup écouté pour savoir dire. Et j’ai essayé de bien écrire des dits», souligne, dans sa grande modestie, Birago DIOP, sa conception de l’écrivain. «Birago DIOP a vécu, comme seuls savent le faire les auditeurs négro-africains, les récits des griots ; il les a repensés et écrits en artiste nègre et français» dit Léopold Sédar SENGHOR. Le philosophe sénégalais, Souleymane Bachir DIAGNE pense que le français est une langue africaine. Fin lettré, puisant dans les richesses d'expression, d'émotion et d'expérience des deux mondes qu'il connaît, la France et l'Afrique, Birago connaît ses grands classiques : «J’ai bu longuement chez Villon. Je me suis abreuvé des classiques, ayant récité à satiété Corneille, Racine, Boileau et Molière, après Ronsard. J’ai été inoculé du virus Voltaire. Et ne m’en suis trouvé que plus accompli, sans complexe, avant d’aborder les Maîtres romantiques et parnassiens, ou je me suis étanché abondamment, et ensuite chez Anatole France» dit-il. En effet, Birago DIOP emploie la langue de l'un pour révéler la beauté, le mystère et la vie profonde de l'autre. «L’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la Terre nourricière» dit Birago DIOP. C’est à Paris qu’il composa en 1942 «les Contes d’Amadou-Koumba», publiés en 1947, marquant dès ce premier livre sa prédilection pour la tradition orale des griots. Les traits des mœurs qui caractérisent ses personnages renvoient-ils à la réalité villageoise dans ce qu'elle a à la fois de particulier et d'universel. Son recueil de poèmes, «Leurres et Lueurs», en 1960, est profondément imprégné de culture française alliée aux sources d’une inspiration purement africaine. A travers son œuvre, on reconnaît bien le cadre africain de manière générale, mais surtout le style nègre dont SENGHOR parle assez souvent : l'asymétrie dans le rythme qui n'ennuie nullement le public du conte. Les contes de Birago DIOP, associés à l’enfance, ont leur origine dans la tradition orale de l'Afrique. Récitées rituellement à un groupe la nuit par un conteur souvent professionnel, un griot, les histoires folkloriques furent répétées par les gens qui les écoutaient. Pendant la cérémonie on interpolait des chansons et des danses. Ainsi tout en servant de divertissement les contes africains remplissaient une fonction didactique : ils enseignaient aux jeunes pendant des veillées émotionnellement impressionnantes les croyances et les valeurs de leurs ancêtres. Evoquant les histoires que lui racontait sa grand-mère Birago dit : «J’ai bu l’infusion d’écorce et la décoction de racines, j’ai grimpé sur le baobab. Je me suis abreuvé enfant aux sources, j’ai entendu beaucoup de parole de sagesse, j’en ai retenu un peu». Son fameux poème, «Les Souffles», convoque les forces de l’esprit et constitue une puissante réflexion sur les rapports entre la vie et la mort, sur le sens de notre existence.

Né le 11 décembre 1906, à Ouakam, dans une proche banlieue de Dakar. Birago DIOP, dont la concession familiale est établie à Dakar, n’a jamais habité Ouakam. Mais le caprice du sort a voulu qu’il y soit né par hasard. Sa mère, Sokhna DIAWARA, d’origine Soninké et ménagère, devait porter à son mari, Ismaël DIOP, un Ouolof et maître-maçon, le repas de midi et parcourir ainsi, à pied, plusieurs kilomètres par jour. C’est au cours d’une de ces navettes, que Birago est né, par hasard, à Ouakam. Son père qui travaillait à la construction du camp militaire (lieu de naissance de Ségolène ROYAL) devait mourir deux mois plus tard, après sa naissance. Les femmes occupent une place singulière dans ses contes. Birago issu d’un métissage entre deux ethnies, a grandi à Dakar, dans un contexte de diversité culturelle, auprès des Capverdiens, des Soussous, des Peuls et des Européens ; ce qui témoigne de son ouverture d’esprit. Birago voue un culte sans limites à sa mère ; il est donc attaché à la tradition. Son frère Badara est envoyé à Saint-Louis, puis en Côte-d’Ivoire. Massyla et Youssouf, ses deux frères aînés, exerceront sur lui une influence considérable. Massyla, demi-frère de Birago qui disparaîtra en 1932, est un commis principal aux affaires indigènes, un intellectuel et sensible qui avait voulu entreprendre des études de Lettres. Auteur de deux nouvelles, «Les Chemins du salut» (1923) et du «Le réprouvé, roman d’une Sénégalaise» (1912), ainsi de quelques sonnets, dont «Thiaga», Massyla a été le directeur d’une revue éphémère, «la Revue africaine artistique et littéraire», en 1925. L’autre grand-frère, brillant médecin et passionné d’histoire, européanisé, parfait érudit, Youssouf, «gardien de mémoire et berger de souvenirs», est resté le guide spirituel de Birago, jusqu’à sa mort en 1962. Birago reconnaît avoir été fortement inspiré par ses frères : «J’avais aussi et surtout, dans la famille, deux grands frères qui avaient été mes exemples et mes moniteurs. J’ai tenté de « plonger ma poésie aux sources mêmes de croyances et de la sensibilité négro-africaine».

Birago DIOP reçut, en 1911 une formation coranique, chez un marabout Peul, et suivit, à partir de 1916, de son propre chef, les cours de l’école française, à la rue Thiong, à Dakar. En juin 1920, il échoue au certificat d’études primaires et ne pourra donc pas aller à l’école William Ponty, à Gorée, pour devenir instituteur. Mais, il réussit au concours des bourses et s’inscrit, en janvier 1921, au cours secondaire, au lycée Faidherbe, à Saint-Louis, un établissement fréquenté par des Européens, des Africains et des Métis. Fort en sciences, mais s’intéressant aux grands classiques de la littérature, à la poésie, Birago découvre les africanistes comme Maurice DELAFOSSE (1870-1926), Léo FROBENIUS (1873-1938) et Georges HARDY (1884-1972). Birago DIOP se met au diapason des écrits de l’époque. Il avait entendu parler d’Amadou Duguay Clédor N’DIAYE, un homme politique sénégalais, qui a publié en 1912, «la Bataille Guilé», un récit historique et épique. L’année 1921 sonne comme un coup de tonnerre avec le prix Goncourt attribué au «Batouala» de René MARAN. Il connaissait à la rue de Thiong, Amadou Mapaté DIAGNE avec ses «Trois volontés de Malick». Quand, il obtient son baccalauréat, de justesse, Birago DIOP devait faire son service militaire, à l’hôpital militaire de Saint-Louis. Pendant onze mois, il va se «dissiper, dans une vie de fête» dit Mohamadou KANE. Les bourses n’étant accordées qu’aux étudiants en médecine vétérinaire, et à la fin de cette année 1928, il rejoint Toulouse où l’hypothèque familiale ne lui permet pas d’entreprendre des études de médecine humaine. Il se spécialise dans les pathologies bovines et devient docteur. «Je me suis fait vétérinaire par nécessité. Mes fonctions de véto colonial m’ont permis d’être et plus en contact avec la brousse, la nature et les gens. J’ai cessé d’écrire lorsque je suis devenu vétérinaire (à Dakar)», dit-il. Birago DIOP rejoint alors l’Institut de Médecine Vétérinaire Exotique de Maisons-Alfort dont il obtient le diplôme. Il arrive à Paris, en novembre 1933, en plein bouillonnement intellectuel sur la Négritude, une entreprise de réhabilitation du continent noir. «Stagiaire après mon doctorat à l’Institut des Études de Médecine Vétérinaire Exotique d’Alfort, de novembre 1933 à juin 1934, j’avais fait la connaissance du Sénégalais Léopold Senghor, du Martiniquais Aimé Césaire et du Guyanais Léon-Gontran Damas, les trois «promoteurs» de la Négritude. Le premier me sera «un frère», dit-il. Birago DIOP participe à l’aventure de «L’Étudiant noir», la revue littéraire que l’on considère comme l’acte de naissance du mouvement de la Négritude, et se lie d’amitié avec ses fondateurs. «Je vous étonnerai peut-être en vous confessant que je n’ai jamais lu une page de L’Étudiant Noir dont j’ai toujours ignoré le format et le volume. Même pas l’exemplaire ou avait du être publié mon conte «Kotje Barma ou les Toupets Apophtegmes», envoyé de l’École Vétérinaire de Toulouse en 1932» dit-il. Il s’est lié d’amitié avec le Guyanais, Léon GONTRAN-DAMAS qui l’a présenté au prix Goncourt, René MARAN : «J’avais retrouvé Damas et Senghor. Damas avait été mon mentor. Il m’avait installé à «un établi» au Café Le Méphisto, rue de Seine, à l’angle du boulevard Saint-Germain, pour me faire reprendre la plume. Il m’avait commandé un conte pour La Revue du Monde que venaient de créer Paul Morand et Ramon Fernandez, un des premiers clients assidus du Méphisto», dit Birago. Damas fait paraître la totalité du manuscrit, en 1947, dans sa collection «Ecrivains d'Outre-Mer», chez Fasquelle. Fin 1949, Les Contes d'Ahmadou Koumba reçoivent leur récompense : le recueil obtient le Grand Prix littéraire de l'Afrique Occidentale Française.

Birago se marie le 5 avril 1934, à Toulouse. Ils auront deux filles, Renée et Andrée. Sa femme, Marie-Louise Paule PRADERE, est originaire de Sengouagnet, en Haute-Garonne. A son retour en Afrique, il est affecté, en qualité de vétérinaire, de 1934 à 1937, à Kayes au Mali ; ce qui lui donne l'occasion de parcourir la brousse et de faire la rencontre avec Fily Dabo SISSOKO, un instituteur, poète et futur parlementaire, surtout avec Amadou Koumba N’GOM, griot de la famille maternelle auprès de qui il recueillit beaucoup d'histoires. Commence alors un travail de «véto de brousse» qu’il résume dans cette formule aussi lapidaire qu’explicite : «courir au cul des vaches et en faire des rapports». Il exerce ainsi jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, où il prend la mesure de la mise en péril de l’économie locale au profit exclusif des Blancs et de la métropole. «Amadou Koumba m’a raconté, les mêmes histoires (…) qui bercèrent mon enfance. Il m’en a appris d’autres qu’il émaillait de sentences et d’apophtegmes où s’enferme la sagesse des ancêtres» dit Birago DIOP. «C’est que je suis devenu homme, donc un enfant incomplet. C’est que surtout, il me manque la voix et la mimique de mon vieux griot » ajoute notre écrivain. Se révoltant contre ce qu'on appelait «la mission civilisatrice de la France», ce Sénégalais recherche ses racines et la source de sa puissance créatrice dans les croyances, les coutumes et les valeurs de son continent natal. «Dans la trame solide de ses contes et de ses sentences (Amadou Koumba), me servant de ses lices sans bavures, j’ai voulu, tisserand malhabile, confectionner quelques bandes pour coudre un pagne sur lequel grand-mère, si elle revenait, aurait retrouvé le coton qu’elle fila la première ; et où Amadou Koumba reconnaîtra, beaucoup moins vif, sans doute, les coloris de la belle étoffe qu’il fila naguère» précise ainsi l’auteur toute l’orientation de sa contribution littéraire. Birago DIOP amasse de nombreux contes et se sent investi d’une mission : «la nécessité de réhabiliter les cultures, d’en attester le dynamisme, c’est-à-dire les facultés d’adaptation au monde nouveau» dit Mohamadou KANE, son biographe. Il séjournera une seconde fois au Soudan, entre 1937 et 1942 et naviguera entre Nioro-du-Sahel, Ségou et Djenné. Il fait une découverte plus poussée des choses et des gens. Pendant, il est affecté à l’Institut de Médecine vétérinaire exotique, à Paris de 1942 à 1944. Il retournera en Afrique servir l’administration coloniale, pendant cinq ans, en Côte-d’Ivoire, en Haute-Volta (Burkina-Faso), en Mauritanie et à Saint-Louis du Sénégal. SENGHOR publie ses poèmes dont les «Souffles» dans son «Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache». En 1950, Birago DIOP rentre au Sénégal et prend sa retraite de fonctionnaire colonial en mai 1961.

Nommé ambassadeur du Sénégal à Tunis (1960-1965), au lendemain de l’Indépendance, il affirme dans un premier temps vouloir renoncer à la littérature ; mais son séjour en Tunisie est au contraire marqué par une exploration plus profonde encore de la littérature traditionnelle africaine avec la publication, «Déjà à Tunis, ma Chancellerie était plus un «atelier littéraire» qu’une ambassade, d’où sortiront, aux Éditions Présence Africaine dans le même semestre 1963, les poèmes «Reliefs» de mon conseiller feu Malick Fall, et «Négristiques » de mon secrétaire Lamine Niang, en même temps que mon troisième livre « Contes et Lavanes», dit Birago DIOP. En 1963 les «Contes et Lavanes», peinture de la société traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest, qui lui valut le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire, en 1964.

Sa carrière diplomatique, après l’indépendance du Sénégal, et son retour à son premier métier de vétérinaire à Dakar, à partir de 1965, n’entravèrent pas son exploration de la littérature traditionnelle africaine. «Ni poème, ni conte. Car l’âge venant et venu, je considère ma vie comme le meilleur des contes, le plus réussi. J’essaie de la rapporter, depuis les sources généalogiques (ce qui est la seule richesse mentale du Négro-africain en général, et du Sénégalais en particulier), en me racontant et en racontant le peu que j’ai retenu de celles et ceux que j’ai rencontrés ou fréquentés au cours de mes diverses «carrières» que je trouve plus que remplies, depuis que j’ai quitté le bercail dakarois, pour y repasser par intermittence d’abord, et y revenir ensuite définitivement» dit-il dans une interview de 1985, à Bernard MAGNIER. Vice-président de la Confédération internationale des auteurs et compositeurs, il préside pendant plus de vingt ans, l’Association des Écrivains du Sénégal, et dirige également le comité de lecture des Nouvelles Éditions africaines. Grand ami d’Amadou Mactar M’BOW, il côtoie d’éminentes personnalités de la culture, dont Léopold Sédar SENGHOR et Mme Aminata SOW FALL qu’il cite abondamment dans ses mémoires.

Même s’il déclare avoir «cassé sa plume», son oeuvre semble se décliner en deux temps : le temps de la création et le temps des souvenirs. Birago DIOP a publié «la Plume raboutée» et quatre autres volumes de mémoires de 1978 à 1989. Dans ses mémoires, auxquels il a consacré la dernière décennie de sa vie, l’existence de Birago DIOP est bien connue. Grace à la biographie établie par Mohamadou KANE, à son autobiographie «tous contes faits», on peut reconstituer la vie de Birago DIOP, un homme méticuleux et rigoureux.

Ses mémoires constituent un précieux témoignage pour comprendre aussi bien l’homme que son époque. Birago DIOP est un mondain et ses mémoires foisonnent de détails sur ses réceptions, ses voyages, ses thalassothérapies. «C’est un carabin, du genre littéraire, certes, mais il aime par-dessus le monde et le bruit», dit Mohamadou KANE. Dans son originalité, le professeur KANE précise «son manque de conformisme et du peu de cas qu’il fera des écoles et des théories». Birago DIOP est en effet un paradoxe incarné : vétérinaire et fonctionnaire colonial d’une part, écrivain, garant et rénovateur de l’art de conter africain de l’autre. C’est un conteur-poète.

I – Birago DIOP, le conteur

Entre la poésie, le conte et le théâtre, la contribution littéraire de Birago DIOP est riche. «Le conte domine et inspire tout» dit Mohamadou KANE. Le conte englobe tout. C’est l’époque où Birago DIOP a participé, de manière décisive à la réhabilitation de la culture africaine, souvent méprisée. «Ces civilisations que l’on tenait pour périssables comme le bois et le verbe qui en sont le support naturel, se dégagent de la gangue du parti pris et de jugements hâtifs qui les étouffaient pour se montrer dans toutes leurs splendeurs» renchérit le professeur KANE.

A – Birago DIOP, gardien de la tradition orale

1 – Les contes d’Amadou Koumba, un retour à l’authenticité de la culture africaine,

Le recueil des contes d’Amadou Koumba est qualifié par Mohamadou KANE de «tableau complet de la vie rurale, du lever au coucher de soleil, et au fil des saisons». L’ouvrage s’ouvre sur une brève introduction où Birago rend hommage, avec une grande modestie, aux deux personnes qui ont forgé son goût du conte : sa grand-mère et le griot Amadou Koumba N’GOM. Il prétend ne faire que traduire et répéter ce que dit la tradition orale. En fait, «c’est au moment où il compose les Contes d’Amadou Koumba, qu’il se libère de ses Maîtres pour aller à la découverte de l’authenticité des Choses et des Êtres de la Surréalité» souligne Mohamadou KANE. C’est à partir de 1936 qu’il a rassemblé son contes avec les trois objectifs :«Montrer la complexité et l’intérêt littéraire de ces contes, les transposer en français en conservant leur valeur littéraire et en les rendant susceptible d’être reçus comme morceaux littéraires, les faire reconnaître par la critique européenne et assurer leur survie. La rédaction des Contes manifeste une double intention de l’auteur : témoigner d’une culture collective et développer une écriture personnelle» dit Viviane AZARIAN. Birago DIOP reconnaîtra, dans la biographie que lui consacre le professeur Mohamadou KANE, sa part de créativité ; «Amadou Koumba n’a été qu’un prête-nom, un pavillon commode, pour couvrir presque toute la marchandise que j’ai essayé de présenter et qui m’est venue de plusieurs sources».

C’est un recueil composé de dix-neuf contes, et abordant divers thèmes Le premier et le dernier conte traite du thème de l’incapacité à changer. «Fari l’ânesse» transformée en femme pour échapper à la famine, ne peut devenir autre, et est condamnée à être démasquée et asservie.

Dans les contes de Birago DIOP on trouve, un mélange de l'humain, du naturel et du surnaturel, l'animisme de l'univers, le manque de barrière entre la vie et la mort, les animaux avec des personnalités et des faiblesses humaines. Le merveilleux domine dans certains contes comme dans «Les mamelles», récit étiologique expliquant la présence des «Mamelles» du Cap Vert, et effets réalistes comme le récit «N’Gor Niébé», qui stigmatise l’indiscrétion des femmes. Les contes de Birago sont pleins de poésie. «Mauvais tisserand l’hiver n’arrive pas à égrener ni à carder le coton» dit-il dans les «Mamelles» ou encore dans ce même conte, il début avec cette maxime : «Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qui lui plaît».

Le conte «Maman-Caïman» est particulièrement intéressant puisqu’il combine le merveilleux de la fable avec cette mère caïman que ces enfants refusent d’écouter et le réalisme des guerres entre Maures et Wolofs. Il ouvre une longue série de contes ayant des animaux pour héros : «Maman-Caïman» que ses petits refusent d’écouter, «Les mauvaises compagnies I, II, III et IV», deux contes mettant en scène l’hyène Bouki et son fils M’bar, «La lance de l’hyène» et «Une commission» puis deux contes mettant en scène «Leuk le lièvre» : «Le salaire» et «Tours de lièvre». Le recueil propose ensuite un conte sans personnage zoomorphisé qui s’achève tragiquement «Petit-mari». Suit ensuite une fable «Vérité et mensonge» et deux contes animaux «La biche et les deux chasseurs» et «Les calebasses de Kouss».

«Sarzan», dans le recueil des contes d’Amadou Koumba, est l'aventure d'un ancien sergent africain revenu à son village natal, avec la ferme intention de le «civiliser», est rendu fou par les «souffles» du village qui le ramène à sa nature profonde africaine. Selon toute probabilité ce conte est la création de Birago DIOP et ne doit rien au griot. Dans ce récit on voit l'Afrique de deux points de vue différents: celui de Kéita, le sergent, influencé à un tel degré par les Français qu'il veut se révolter contre sa culture natale pour «civiliser» les «sauvages» africains; et celui du narrateur qui, aimant les traditions indigènes, emploie une ironie mordante pour se moquer des valeurs de la «civilisation» européenne. Dès le commencement du conte, on apprend que les indigènes tiennent beaucoup à leurs croyances. L'emprise de leur religion se révèle à travers le récit pour culminer dans deux poèmes, chants musicaux maintenant célèbres en dehors de ce conte où l'on peut la sentir comme une force surnaturelle. Alors que le premier poème décrit la vie intense de l'univers animé, le second révèle la peur et l'horreur de l'ordre renversé. Ce n'est donc pas seulement par son récit et par ses personnages que Birago DIOP saisit son lecteur ; c'est aussi, et peut-être surtout, par sa puissance poétique.

2 – Birago DIOP, entre divertir et instruire,

«L’Os de Mor Lam», comédie satirique, a été adapté pour le théâtre. Dans ce conte, un homme, Mor Lam, à cause de sa gourmandise et de son ingratitude, finira par provoquer sa propre mort, car il ne voulait pas partager son repas avec son frère Moussa. Birago défendant, avec vigueur les valeurs traditionnelles de l’hospitalité et de la fraternité, dénonce le parasitisme social. On sent sa volonté de fixer les mœurs qui tombent en désuétude. Dans une société solidaire, si l’individu se singularise, le groupe se dresse contre lui, et cette confrontation s’achève par sa perte.

Entre 1947 et 1963, Birago DIOP a publié trois recueils contenant 52 contes dans lesquels les principaux personnages sont des animaux. Dans ses contes, Birago DIOP fait défiler, dans la brousse et ses villages, des hommes et des animaux pleins de vie et de couleurs. «Les contes de Birago DIOP sentent nettement la brousse africaine tendant l’oreille aux battements sourds des tam-tams mâles et femelles» dit René MARAN. S’appuyant sur la tradition de moquerie de certains groupes ethniques, on retrouve très souvent dans ses contes, un Maure, un Peul, une femme ou un marabout. Ainsi, les flatulences de Mawdo, le vieux peul du Macina, sont au cœur de «N’Gor Niébé. Le marabout est souvent décrit comme, un gourmand, un parasite qui tire partie de l’incrédulité de ses disciples. Birago dépeint dans ses contes (Commission, Le tam-tam du lion, un jugement, N’Gor Niébé, Liguidi-Malgam, etc.) une vue nette de la place de la femme au sein du foyer et dans la société traditionnelle. La femme est, à première vue, considérée comme un objet dont on peut se servir. Elément essentiel de la société, la femme sait tourner les choses à son avantage par son savoir-faire. La femme est coquette, mais indiscrète. Kotje BARMA recommandait d’aimer sa femme, mais de ne jamais se fier à elle. On se moque des femmes, pour divertir.

Dans ses contes, le merveilleux côtoie le réel. Le jujubier parle, le tamarinier fait des affaires. Il dresse une peinture complaisante des mœurs des animaux. Ainsi, «Leuk-le-lièvre», petit mais déloyal et rusé, discute d’égal à égal à égal avec le lion. A certains égards, Birago DIOP fait appel à la fantaisie : l’hyène demande au chasseur des conseils pour capturer plus facilement une proie. Le lièvre fait un enfant à la fille du Roi. Les animaux ont leurs graves défauts. Ainsi, le singe est malfaisant, mal élevé, voleur et malicieux. La panthère, fourbe et sans honneur, voit avec les œil d’un maître et l’âme d’un esclave. Le caïman est impitoyable et féroce. L’âne est méchant et sot. Le lion, roi puissant, est un tyran despotique. L’hyène, bête et cupide, est la victime conventionnelle que la tradition accepte de ne pas plaindre.

«En Afrique Noire, toute fable, voire tout conte, est l’expression imagée d’une vérité morale, à la fois connaissance du monde et leçon de vie sociale» dit Léopold Sédar SENGHOR le 20 octobre 1957, dans sa préface aux Nouveaux contes d’Amadou Koumba. Dans les contes de Birago DIOP la dialectique de la vie, la paix et l’ordre finissent par triompher, par l’effet de ces vertus que sont la pitié, le bon sens, la générosité, la patience, le courage. Birago DIOP voit dans les contes un «miroir fidèle de la sensibilité et de la sagesse africaine» souligne M. KANE. Le conte n’est qu’une forme de divertissement mais c’est élément majeure de la culture africaine, avec une vertu morale, sociale voire philosophique. Il a réussi à concilier l’écrit et l’oralité, sans bavardages, il a restitué l’Afrique rurale, dans son authenticité, ses modes de vie, ses sagesses et ses civilisations.

Dans certains contes (Boli et Sarzan), les coutumes et traditions sont menacées par l’impatience et l’incompréhension de la jeunesse. Le conte «N’Gor Niébé» célèbre la vertu de la mémoire des hommes et les indiscrétions des femmes. «Mor Lam» est une condamnation de la gourmandise et de la cupidité : «s’il avait le ventre derrière lui, ce ventre le mettrait dans un trou».

II – Birago, sa poésie et les forces de l’esprit,

L’Africain est fondamentalement superstitieux, et croit, comme Birago DIOP, aux forces de l’esprit. Dans son conte «L’héritage» Birago fait état de croyances animistes : «le défunt n’a jamais offensé la terre». A côté des êtres humains, il y aurait un monde des Djins, des démons et des esprits. «Ceux qui sont morts ne sont jamais partis. Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire et dans l'ombre qui s'épaissit, les morts ne sont pas sous la terre : ils sont dans l'arbre qui frémit, ils sont dans le bois qui gémit, dans l'eau qui coule, dans l'eau qui dort, dans la cave, ils sont dans la foule, les morts ne sont pas morts», ce poème, «Les Souffles», dédié à M. CASSAGNE et son fils Charles, pour leur aimable accueil dans un village français, est l’un des plus célèbres du continent africain. C’est un extrait du recueil de poèmes «Leurres et Lueurs» paru en 1960. Léopold Sédar SENGHOR avait fait publier ce poème en 1948, dans son «Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache», page 143. Birago commence à écrire ses premiers poèmes lyriques, sensiblement influencés par Verlaine, dès 1925. «Mes poèmes sont datés, ainsi que je vous l’ai dit. Je l’ai précisé : les premiers de 1925 au Lycée Faidherbe, le dernier de 1946 en Haute-Volta. Parce que justement j’ai trouvé dans les contes la substance et l’expression de la poésie de mon terroir et des régions que j’ai parcourues en Afrique Noire. Je vous apprendrai que le mot «poème» n’existe pas dans mon wolof sénégalais. Chez nous, on connaît le «woï», le chant. Et même la Geste, telle celle du Roi (Charlemagne) ou de Garin de Monglane, chantée et non dite, pour Samba Guiladjégui ou Lat-Dior DIOP» dit-il.

Pour achever de définir l’originalité de Birago DIOP, il faut enfin mentionner la place que le merveilleux et le fantastique tiennent dans son œuvre, notamment dans ce poème «Souffles». L’écrivain a l’habileté de nous rendre plausibles ces données irréalistes en évitant de les présenter trop brutalement et en ménageant toujours un passage entre l’imaginaire et le réel. La croyance que les esprits des ancêtres morts continuent à errer dans le monde autour de leurs descendants sert de support à Birago DIOP laisse deviner derrière la réalité un arrière-plan de mystère, reste exceptionnel.

Dans ce poème, les «Souffles», qui animent les choses et les êtes sont les ancêtres, des êtres sereins. Birago nous invite à «écouter plus souvent les choses que les êtres». Les choses étant les êtres inanimés, les situations, c’est-à-dire, le Rocher, la Demeure, l’Eau, le Feu, la Case, le Bois. Les «Souffles» est un poème hautement symbolique et expressif qui renvoie à nos ancêtres. Les «Souffles» symbolisent tous les êtres animés et inanimés : le feu crépite, l’eau coule et dort, le buisson sanglote, l’arbre gémit et les herbes pleurent.

Renouant avec l’animisme africain, pour Birago DIOP la vie n’est pas synonyme d’existence : «les morts ne sont pas morts». «La mort, est le fruit de la vie. La vie est le fruit de la mort» dit un dicton au pays Diola, au Sénégal. «Il n’y a pas de frontière, en Afrique Noire, pas même entre la vie et la mort» précise M. Mohamadou KANE. La vie continue par-delà de notre existence. «Dans la cosmogonie négro-africaine, l’idéologie de la vie prime sur celle de la thanatologie, car la vie ne finit pas avec la mort. A contrario, elle la dépasse, la transcende et continue dans l’Au-delà. Ainsi, la mort n’est pas le dernier mot de la vie pour l’Africain. Celle-ci est, reste et demeurera une phrase en pointillés qui s’achèvera au village des ancêtres lors du retour final» dit Marcel ANGANGA. Les ancêtres vivent, en toutes choses, animées ou inanimées : «tous ceux sont morts ne sont pas partis». Un pacte nous lie à nos ancêtres ; c’est pour cela que nous devons les respecter. Commentant la philosophie de TEMPELS, Souleymane Bachi DIAGNE, un éminent philosophe sénégalais estime que «Le Muntu, l’être humain, est vivant et fort de ses liens à la divinité, à son clan, à sa famille, à ses descendants, comme il est fort et vivant de son patrimoine et de sa terre, de ce qu’elle porte et de ce qu’elle produit, de ce qui y pousse ou y vit». , «Les morts en Afrique ne sont pas morts». Ils ne sont pas partis, à en croire le poète sénégalais Birago DIOP, bien que vivant ailleurs d’une autre façon, ils restent cependant présents parmi les vivants. Ils sont avec eux, mais autrement. Invoqués en cas de nécessité, ils répondent et donnent satisfaction. D’où les rites d’invocations et d’offrandes pratiqués à leur égard.

Birago est décédé à Dakar le 25 novembre 1989. Le plus bel hommage que l’on puisse lui rendre c’est son poème, «Les Souffles».

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffl
e des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
L
es Morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Te
rre
Qui ne sont pas morts.


Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
L
es Morts ne sont pas morts.


Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Sou
ffle des Ancêtres.


Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont
pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.


Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Sou
ffle des Ancêtres.

  1. Contributions de Birago DIOP

1 – 1 Contes et autres contributions

DIOP (Birago), Contes d’Amadou-Koumba, Paris, Présence Africaine, 1961, 187 pages ;

DIOP (Birago), Les nouveaux contes d’Amadou Koumba, Paris, Présence Africaine, 1981, 188 pages ;

DIOP (Birago), L’os de Mor Lam, Dakar, Nouvelles éditions du Sénégal, 1997, 64 pages ;

DIOP (Birago), Leurres et lueurs, préface de Léopold Sédar Senghor, Paris, Dakar, Présence Africaine, 1960, 86 pages ;

DIOP (Birago), Contes et lavanes, Paris, Présence Africaine, 1963, 255 pages ;

DIOP (Birago), «Tous contes faits» revue Awa, 1964, n°7 et 8.

DIOP (Birago), Contes d’Awa, illustrations d’A. Diallo, Paris, NEA, 1977, 39 pages.

1-2 – Mémoires de Birago DIOP

DIOP (Birago), La plume raboutée, mémoires vol I, Paris, Présence Africaine, 1978, vol I, 253 pages ;

DIOP (Birago), A rebrousse-temps, mémoires vol. II, Paris, Présence africaine, 1982, 235 pages ;

DIOP (Birago), A rebrousse-gens, épissures, entrelacs et reliefs, mémoires vol. IV, Paris, Présence africaine, 1985, 235 pages ;

DIOP (Birago), Le Sénégal du temps de …, mémoires vol IV, Paris, L’Harmattan, 1987, 220 pages ;

DIOP (Birago), Et les yeux pour me dire, vol V, Paris, l’Harmattan, 1989, 199 pages.

1 – 3 La contribution de Massyla DIOP (demi-frère de Birago)

DIOP (Massyla), «Les chemins du salut», Bulletin de l’éducation de l'A.O.F., 1923, pages 52 ;

DIOP (Massyla), «Le réprouvé, roman d’une Sénégalaise» (1912), Revue Africaine artistique et littéraire 1925 et in Culture française, 1969, n°18, pages 28-30 ;

2 - Critiques de Birago DIOP

ALLAH (Kouadio, Alexis), La vision de l’au-delà de Selma Lagerlöff, Birago Diop et Bernard Dadié, mémoire maîtrise littérature comparée, Limoges, faculté des lettres et sciences humaines, 1995, 101 pages ;

ANGANGA (Marcel), «Vie et mort en Afrique noire», in Théologiques, 2011, vol. 19, n°1, pages 87-106 ;

AZARIAN (Viviane) «Double démarche individuelle et collective dans l’écriture de Birago Diop : mise en parallèle des Contes d’Amadou Koumba et des Mémoires», Francofonía, 2006, n°15, Universidad de Cadíz, p. 53-70.

BLAIR (Dorothy, S), «Le bestiaire islamique de Birago Diop», in Cahiers de l’Association internationale d’études africaines, 1979, n°31, pages 59-72 ;

BONGEH SHANG (Gladys), Introduction à la Négritude comme illustré chez Birago Diop, Washington State University, 1982, 108 pages ;

COLIN (Roland), «Birago Diop, écrivain de parole, diseur d’écriture : un passeur impertinent et détectable», in Présence Africaine, 2009, n°1 (179-180), pages 144-150 ;

DERJ (Aïssa), La société Ouolof à travers les contes de Birago Diop, Paris, Presses universitaires du Septentrion, 1997, 286 pages ;

DERIVE (Jean), "La réécriture du conte populaire oral chez Birago Diop, d’après les contes d’Amadou Koumba", in Itinéraires, littératures et contact de cultures, 1982, vol.1, pages 65-79 ;

DERIVE (Jean), «Le traitement littéraire du conte africain : deux exemples chez Bernard Dadié et Birago Diop», mis en ligne sur internet le 29 avril 2007 ;

FALL (Khady) "De l’oral à l’écrit : les contes d’Amadou Koumba de Birago Diop et les kinder-und hausmärchen des frères Grimm», Études Germano-Africaines, n°4, 1986 ;

FERNANDEZ (Elena, Lusante), NARBONA (Immacula, Diaz), Birago Diop et Léopold Sédar Senghor, cent après, Universidad de Cädiz, 2006, 286 pages ;

KANE (Mohamadou), Essai sur les Contes d’Amadou Koumba, du conte traditionnel au conte moderne d’expression française, Dakar, NEA, 1981, 249 pages ;

KANE (Mohamed Lamine), Birago Diop, l’homme et l’œuvre, Paris, Présence Africaine, 1971, 237 pages ;

LAMBERT (Fernando), «Un leader de la critique africaine, Mohamadou Kane», Etudes françaises 2001, vol 37, n°2, pages 63-77 :

MABANCKOU (Alain), Poésie africaine : six poèmes d’Afrique francophone : Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, Jacques Rabémananjara, Bernard B. Dadié, Tchicaya U Tam’Si, Jean-Baptiste Tati Loutard, Paris, Points, 2010, 142 pages ;

MERCIER (Roger), «Un conteur d’Afrique noire : Biago Diop», in Etudes françaises, 1968, vol. 4, n°2, pages 119-149 ;

MERCIER (Roger), BATTESTINI (M. S.), Birago Diop, écrivain sénégalais, Paris, F. Nathan, 1976, 63 pages ;

MERCIER (Roger), Un conteur d’Afrique Noire, professeur de l’université de Montréal, 1968,

MOURALIS (Bernard), «Le jeu de la mémoire et de la culture - Birago Diop», in Le Français aujourd’hui, n°81, mars 1988, pages 64-69 ;

MOURALIS (Bernard), «Littératures africaines, Oral, Savoir», Semen (revue en ligne), 2004 n°18, mis en ligne le 29 avril 2007, URL : http://semen.revues.org/2221 ;

MOURALIS (Bernard), Les contes d’Amadou Koumba, Paris, Bertrand Lacoste, 1991, 127 pages ;

MUPAYA KAPITEN (Didier), «Vivre sa mort dans les traditions initiatiques d’Afrique noire, une voie d’approche au mystère de la croix», in Théologiques, 2011, vol 19, n°1, pages 163-180 ;

PIERO (Battista), Présence de Birago Diop, conteur africain, Napoli Fratelli Conte, 1979, 202 pages ;

RIESZ (Jànos), «Birago Diop, écrivain et vétérinaire, un regard sur la société coloniale», in De la littérature coloniale à la littérature africaine, Paris, Karthala, 2007, 424 pages, spéc pages 2011-222 ;

TSHIJI BAMPENDI (Albert), KASONGO NGOY PAUNI (P), «Etudes de Souffles de Birago Diop», in Recherches linguistiques et littéraires, août 1999, (Université de Lubumbashi), pages 54-64.

Paris, le 9 juillet 2016, par M. Amadou Bal BA –http://baamadou.over-blog.fr/

"Birago DIOP, poète, conteur et traditionnaliste sénégalais (11 décembre 1906 – 25 novembre 1989)», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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