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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 22:38

HEGEL, le plus grand philosophe allemand de tous les temps, avait théorisé sur le concept de Zeitgeist, «l’esprit du temps», ou l’ambiance intellectuelle et spirituelle d’une époque. En effet, Le «Brexit», ou le vote des Britanniques le 23 juin 2016, pour une sortie de l’Union européenne, est l’un des signes de l’esprit de notre temps. Même si la construction de l’Union européenne a apporté la paix et la démocratie, il n’en reste pas moins qu’une technocratie sourde aux demandes des peuples a confisqué la souveraineté des Etats et alimenté les populismes. Ce «coup de Trafalgar» des Britanniques a requinqué l’extrême-droite en France qui réclame un référendum sur l’Union européenne. Subitement, le débat sur la campagne des présidentielles françaises de 2017, change radicalement de nature en devenant un plébiscite pour ou contre l’Europe et ses élites. Ce changement brusque de cap, que personne n’avait sérieusement envisagé, ringardise la droite et marginalise un peu plus les communistes. C’est du «pain béni» pour François HOLLANDE, en grande perdition, mais qui avait toujours tablé sur une montée de l’extrême-droite, afin de s’ériger en sauver de la République.


«L’esprit du temps» de Hegel, atteste que nous vivons une drôle d’époque où l’obsession identitaire menace la République, la Gauche n’est plus la Gauche, la Droite est lepénisée, les guerres locales, menées sur des objectifs contestables ou fallacieux, drainent des déplacements massifs de populations, les considérables moyens économiques sont pas au service de l’Homme, mais à la solde des marchés financiers et menaçant ainsi l’équilibre de notre planète. Cette dialectique du maître de l’esclave dont parlait Hegel nous saisit de manière prégnante : l’argent n’est pas au service de l’homme, mais ce sont les marchés financiers qui nous assujettissent à leur diktat. La violence, la barbarie, le racisme, le gaspillage des ressources, tout semble défier la logique de la raison, de la justice, de l’équité, de la liberté et de l’égalité. Les vents mauvais qui soufflent, parfois sur le monde, peuvent convoquer soit la soumission ou la révolte. "L'ancien monde se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour ; c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres" disait Antonio GRAMSCI, un philosophe italien.


L'«idée» du «Zeitgeist» doit se réaliser pour assurer la marche en avant de l'humanité. HEGEL soutient la nécessité du passage au politique pour la réalisation de la justice. La dialectique n'est plus individuelle, elle est collective avec ses retournements et ses changements de mode, ses retours de bâton toujours surprenants, où progresse, malgré d'inévitables régressions, la conscience de notre liberté et de notre responsabilité collective. «C’est parce que nous sommes la réalité que nous allons la changer» dit HEGEL. Il faut donc passer de l’histoire subie à l’histoire conçue, pour cela il faut «le savoir absolu» et une construction collective. L’histoire doit être circulaire et doit s’arrêter, et c’est à ce moment que la vraie philosophie peut se réaliser. Qui était donc Hegel ?

Georg Wilhelm Friedrich HEGEL est né à Stuttgart en 1770 d'un père qui est un petit fonctionnaire des finances. Il fait de solides études secondaires classiques au gymnasium (lycée) de la ville qui lui donnent le goût de la civilisation grecque et de l'histoire. En 1788 il entre comme boursier au «Stift», le séminaire protestant de Tübingen, où il se passionne pour les idées révolutionnaires françaises. N'ayant pas la vocation de pasteur, il devient précepteur à Berne, puis à Frankfurt, de 1793 à 1796. En 1797 il est professeur stagiaire à Frankfurt puis à Jena en 1800, où il est nommé professeur extraordinaire (auxiliaire) en 1804. En 1806 il publie : «Phénoménologie de l'Esprit». De 1808 à 1816 il dirige le gymnasium de Nuremberg où il enseigne la philosophie. Il publie en 1811 «Propédeutique philosophique», et de 1812-1816, «Science de la Logique». En 1816 il obtient la chaire de philosophie à l'Université de Heidelberg. En 1817 il est nommé professeur de philosophie à l'Université de Berlin, où il enseigne jusqu'à sa mort en 1831.

On est subjugué à la fois par l’immensité du propos de Hegel et tétanisé par l’obscurité de son langage, particulièrement hermétique. En effet, HEGEL est resté inaccessible à un bon nombreux de lecteurs, même les plus aguerris. Il manipule différents concepts qui nous donnent le tournis. «La philosophie de Hegel est trop profonde et trop étendue dans son agencement, pour pouvoir être déjà achevée» disait Karl ROSENKRANZ, son premier et officiel biographe, en 1844.

Dans ses écrits de jeunesse, Hegel a beaucoup réfléchi sur la religion. Si l’on définit la liberté comme ce qui est conforme et intérieur à la raison, la religion repose sur la contrainte, et donc brime la liberté de l’homme. Admirateur de Jean-Jacques ROUSSEAU, il exalte la religion grecque, naturelle et sans contrainte, le plus haut idéal incarné sur la terre. Face aux religions établies, Hegel enseigne «la positivité», l’ardente invitation à ressusciter la vie, à retrouver la naïveté et la beauté de la religion grecque. Il parlera, à ce titre, du «lever de soleil magnifique». L’esclave doit se libérer du maître. «Le Moi est un Nous et le Nous est un Moi» dit-il. Pour lui, le Christianisme a perdu tout sentiment du vivant et ne connaît que la froideur des dogmes et la dureté des commandements. Dans son apologie de la liberté, Hegel nous invite «à vaincre les chaînes». «Par l’amour, le Christ s’élève au-dessus de la justice et de l’injustice, au-dessus du droit» dit Hegel. La critique de Hegel à l’égard du Judaïsme est particulièrement sévère. Pour lui, les Juifs n’ont jamais connu l’heureuse harmonie du peuple grec, ils sont esclaves de leur Dieu. Suivant Hegel, Abraham est la première figure de «l’aliénation». Il est étranger au monde vivant, parce qu’il est esclave de son Dieu. Le seul rapport qu’il connaît est la domination. Dans le message délivré par Moïse, il manque aux Juifs «une flamme de la vie». «Celui qui veut conserver sa vie la perdra» dit Hegel qui en appelle à la «belle âme».

«Si Hegel s’était montré polygraphe au gymnase, républicain au séminaire, théologien et historien en Suisse, à Franckfort c’est l’impulsion de son talent spéculatif qui prit forme dans la décision de ne plus vivre que pour lui» dit ROSENKRANZ. En effet, philosophe de la pensée de la vie humaine, du rapport de la vie et de la conscience de soi, Hegel avait pour ambition de rendre la pensée haute et vraie. Dans sa brillante contribution «La phénoménologie de l’esprit», HEGEL voit dans l’accomplissement de l’histoire la manifestation absolue de l’esprit qui s’élève des profondeurs. A la base, Hegel pose l’idée que la vie spirituelle, qui dans l’individu est au moins, provisoirement, incapable de surmonter l’opposition de l’intérieur et de l’extérieur, ne se réalise pleinement que dans la vie d’un peuple. La cité antique grecque lui apparaît comme une société harmonieuse et il était admirateur de la Révolution française.

Défenseur de la liberté individuelle et inspiré des idées d’Adam SMITH, Hegel estime que la société civile est la jungle de l’égoïsme, chacun est son but et nie les intérêts communs. Sa conception de l’Etat, qui est enseignée aux étudiants en droit, est restée très controversée. On a estimé que Hegel faisait l’apologie du prussianisme le plus borné. En effet, pour ce philosophe, l’Etat est reconnu comme la réalité efficace de l’Idée morale, par opposition civile qui ne peut réaliser que la possibilité vide et formelle de la liberté. L’Etat est la personne morale réalisée en tant qu’il exprime la volonté du peuple sur lequel il veille, et qui l’a constitué. L’Etat est la raison en soi et pour soi et représente la rationalité la plus élevée que l’on puisse atteindre dans la vie sociale. Loin d’être au service de l’individu, l’Etat exprime et réalise la personne morale. Ce n’est qu’au sein de l’Etat que la liberté atteint sa plus haute expression. Seul, l’Etat peut la garantir et lui donner son sens authentique.


On comprend dès lors que face à des époques troublées, certains grands penseurs ont fait appel, directement, ou indirectement, à "l’esprit du temps" de Hegel qui reste d’une grande actualité. Le premier d’entre eux est notamment Martin Luther KING, confronté à une doctrine de l’Eglise conservatrice qui refusait combattre le racisme. Selon lui, l’Amérique a besoin «d’extrémistes créateurs», car «Jésus Christ était un extrémiste de l’amour, de la vérité et du bien, et s’était ainsi élevé au-dessus de son entourage». En pleine affaire Dreyfus, et face à un antisémitisme violent, dans son exceptionnelle lettre à la jeunesse du 14 décembre 1897, Emile ZOLA (1840-1902) invitait la jeunesse d’aller «à l’humanité, à la vérité, à la justice».


Dans sa lettre à la jeunesse, en 1985, Amadou Hampâté BA, un écrivain malien, a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine «pour se découvrir et bien se connaître, afin de pouvoir ensuite se reconnaître en son prochain et l’aimer en conséquence». Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant, en faisant un pas vers l’autre : «À notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre est toujours plus enrichissante, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d’Afrique disait : il y a «ma» vérité et «ta» vérité, qui ne se rencontreront jamais. «La» Vérité se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dégager un peu de «sa» vérité pour faire un pas vers l’autre».

Le professeur Achille M’BEMBé, d’origine camerounaise, et enseignant aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, à travers son ouvrage "politiques de l'inimitié" nous rappelle que nous habitons tous la même planète et que les politiques fondées sur le sectarisme et la haine mènent à l'impasse. Les frontières n’ont pas d’avenir.


Par conséquent, le "Zeitgeist" hégélien est au cœur de nos préoccupations du XXIème siècle. Il nous indique, qu'en dépit de certains reculs, le mouvement général de l'histoire va vers l'égalité, la fraternité et la coopération mutuellement avantageuse.


I – Le Zeitgeist ou le souffle de la liberté

Martin Luther KING a subi une influence considérable de Hegel, notamment, son concept d’esprit révolutionnaire du temps (Zeitgeist). La notion de Zeitgeist de Hegel, ou «l’esprit du temps», est amorale ; ce concept peut servir aussi pour le Mal comme pour le Bien. Pour Martin Luther KING, le Zeitgeist hegelien est l’une des références intellectuelles fondamentales, dans l’éveil soudain des peuples opprimés. Le Zeigeist, : «c’est le vent de changement qui commence à souffler en Amérique, et dans le monde, pour balayer les systèmes immoraux et injustes ; c’est l’esprit qui suscite l’aspiration profonde des hommes à la liberté». Dans sa thèse, Martin Luther KING fait remarquer que le Zeigeist est une foi en un esprit intérieur qui, au moment historique opportun, éveille les personnes à leur valeur, à leur identité, à leur rôle dans la défense de leur dignité : «Quelque chose au fond de lui-même a rappelé au Noir que sa liberté est un droit de naissance ; quelque chose dans le monde lui a rappelé qu’il peut l’obtenir». Contrairement à Hegel, Martin Luther KING donne à l’esprit révolutionnaire du temps présent, une dimension morale pour la réalisation du Bien. Pour lui, le Zeitgeist révèle une dimension divine, sans laquelle on ne pourrait pas expliquer l’éveil subite du courage révolutionnaire du peuple noir. Dans la longue nuit de l’oppression, le Zeitgeist a rappelé aux Noirs qu’ils avaient le droit d’aller vers la «Terre promise de justice raciale», de toute urgence.

Martin Luther KING a lu et bien digéré Karl Marx. Autant, il rejette les fondements athéistes et dépersonnalisant du marxisme, autant il reconnaît le dynamisme révolutionnaire de cette doctrine. «Nous ne pouvons accepter la doctrine des communistes, mais nous reconnaissons leur zèle et leur dévouement à une cause qu’ils croient capable de créer un monde meilleur», dit-il dans «La force d’aimer». On ne peut pas abandonner la part de sacré et de spiritualité qui fait de l’Homme un être plus grand que sa personne.

Dans sa thèse de doctorat, en théologie, Martin Luther KING définit Dieu comme étant «Etre à l’amour infini et à la puissance sans bornes. Dieu est le créateur, le soutien et le préservateur de toute valeur». Il ne faut pas considérer Dieu comme celui qui a le pouvoir de faire tout ce qu’il veut et agir à notre place, mais plutôt celui qui entre en communion avec l’Homme. De cette communion l’Homme va vaincre le Mal et le non-être, sous toutes ses formes. Par conséquent, l’homme qui croit en Dieu, c’est le courage de sa foi qui va l’aider à atteindre ses objectifs. La puissance divine agit dans le cœur des hommes animés de foi et d’espérance. La foi est un appel constant pour que l’homme se dépasse afin qu’il puisse agir, efficacement, contre le Mal et l’Injustice. Les peuples noirs qui cherchent à se libérer de toutes les contraintes de l’oppression, de l’injustice, de l’esclavage et du racisme, doivent croire en la justesse et au succès de leur cause.

II – Le Zeitgeist ou le souffle de la coopération mutuellement avantageuse

Dans son ouvrage «politiques de l’inimitié», le professeur M’BEMBé part du constat que le monde est tout petit, en raison de la finitude des ressources et de l’accélération de la vitesse qui abolit les distances. Nous vivons un emboîtement ; l’ici est ailleurs et l’ailleurs est ici. Pourtant, ce qui frappe c’est le désir de séparer, d’exclusion des minorités (Noirs, Arabes, Juifs, immigrés, etc.) de rétablir les frontières. L’inimitié c’est la mise en valeur de l’adversité, la haine, tout ce qui repousse. C’est un contexte caractérisé par des guerres, des polémiques et le terrorisme. Comment se fait-il que les démocraties libérales font appel, si facilement, à la guerre comme un moyen de résolution des conflits, alors que les solutions sont ailleurs ?

La guerre est toujours une défaite de l’imagination morale avec des prétextes fallacieux vitaux, Dans cette démarche de recours à la guerre qu’est-ce qui est accidentel ? Quest-ce qui est structurel ?

Les «ennemis de l’intérieur» comme l’immigré, le Noir, l’Arabe, le Juif sont exclus, parce que la différence de la différence n’est pas tolérée. La différence est traduite en hiérarchisation. C’est finalement une démocratie d’esclaves ; ceux qui ne sont pas autochtones sont marginalisés. L’universel devient une indifférence à la différence, c’est un universel ethnique.

Les explications purement matérialistes ne permettent pas de comprendre la crise actuelle des démocraties libérales qui est de l’ordre de la pulsion, du désir ou du non désir. Pour comprendre ces passions qui se déchaînent, le professeur fait à la psychanalyse de Sigmund FREUD et à la psychiatrie de Frantz FANON. FANON était médecin ; il soignait les gens atteints de folie. Il se trouve que des sociétés entières peuvent être atteintes de folie, soit par le racisme ou le terrorisme. Quelles perspectives ?

«L’ignorance, c’est le privilège des puissants» dit le professeur M’BEMBé. Il faut faire appel à «la pharmacie du passant». C’est la fête de l’imagination. Il y a des luttes essentielles et des luttes qui ne valent pas la peine d’un recours à la guerre. Le désir d’élimination de l’autre doit être réprimé et combattu, comme l’idéologie coloniale. Il pose par-delà l’humanisme, les fondements d’une politique de l’humanité.


Ce que dit le professeur M’BEMBé reflète bien l’ère de notre temps. En effet, Juifs et Palestiniens s’affrontent depuis plus de 2000 ans. Chaque guerre, supposée être la dernière, ne fait que raviver la tension et les affrontements, avec son lot de désolation pour toutes les parties. Ce conflit, paradoxalement, a renforcé le Hamas, et marginalisé les Palestiniens modérés. En Israël, où les partisans de la paix sont plus nombreux qu’on ne le pense, les belliqueux ont trouvé, dans cette tension permanente, leur fonds de commerce. En Afghanistan, Russes et Occidentaux, depuis plus 35 ans, se sont embourbés dans une guerre sans fin. En dépit, de cette formidable coalition, les Russes et certains pays occidentaux ont fini, devant leur impuissance, à plier bagage. En Libye et en Egypte les dictateurs ont été chassés, mais la violence et le fondamentalisme sont encore plus que jamais présents. Il y a de cela 20 ans, les Etats-Unis, première puissance militaire du monde, étaient déjà venus avec leur armada, écraser et pendre Saddam HUSSEIN. Pourtant, l’Irak est devenu le pays le plus dangereux du monde et manque de tout, y compris le pétrole. Et c’est encore reparti pour la guerre. Ces guerres perçues comme un affrontement entre l’Occident et l’Orient, attisent, immanquablement, la haine, les provocations, la répression, la barbarie, la solidarité. Et puis, c’est un cycle infernal de violence, sans fin.

Les Etats ont, sans doute, des intérêts économiques à protéger, et c’est légitime. Mais la défense des intérêts des Occidentaux, sur le long terme, n’est efficace que dans la démocratie et la justice dans la société internationale. La moralisation de la société internationale est un objectif exigeant. Mais c’est le seul combat qui vaille. Jadis, les Européens qui se sont affrontés, pendant des siècles, autour de guerres meurtrières, dont deux guerres mondiales particulièrement sanglantes, ont fini par comprendre, que la réconciliation, autour de la démocratie et de la coopération économique, est le seul chemin viable. Cette stratégie de la construction européenne, autour de la paix, est une indication majeure, de la façon efficace, de solutionner les différends internationaux. Le génie de Nelson MANDELA, et la puissance du message qu'il nous a laissé, dans une Afrique du Sud engluée dans le racisme et le génocide contre les Noirs, est que l'Amour est plus fort que la haine. Seul l'Amour nous permet de vivre ensemble, durablement, dans le respect mutuel, dans le cadre d'un Etat sud-africain multiracial et démocratique.

La démocratie est possible dans les pays du Tiers-monde. L’exemple du Sénégal le prouve, avec éclat. Et, c’est la démocratie qui sera le seul puissant vecteur de développement et donc d’une vitalité du commerce international avec l’Afrique. Ce n’est pas un hasard que l’essentiel des activités économiques se réalisent avec les pays démocratiques. L’aide la plus précieuse qui pourrait être apportée aux Africains, c’est bien sûr la paix. Le président HOLLANDE a raison d’insister sur ce point. J’ajouterai que nous avons surtout besoin de démocratie. Sans la démocratie, aucun projet politique, dans l’intérêt des populations, n’est possible. Pire encore, nos maigres ressources sont détournées, et les conflits ethniques attisés. C’est la politique de la machette. On tue exécute son voisin, sans savoir pourquoi. Nous attendons, avec le grand intérêt, l’engagement de M. HOLLANDE de mettre fin à la Françafrique. Les dictatures alimentent l’immigration, les guerres et la mal gouvernance. Ainsi, divers chefs d’Etat africains préparent la modification de leur Constitution, afin de se maintenir, à vie, comme président (Paul BYA au Cameroun, Joseph KABILA au Congo, Blaise COMPAORE au Burkina Faso, Ali BONGO au Gabon, Faure EYADEMA au Togo, etc.). Car la plupart, de ces pays évoqués sont riches. Cependant, leurs ressources sont pillées par des gouvernements autoritaires et corrompus.

Dans un contexte de crise, s’interroger sur l’efficacité de la dépense publique est encore plus légitime que par le passé. Un sou est un sou. Chaque centime dépensé devrait être utile. En effet, une bonne partie de toutes ces dépenses militaires colossales aurait pu servir à réduire la pauvreté au plan interne et dans le monde, notamment en Afrique, et à engager de vrais projets de développement, pour promouvoir la paix et la démocratie.

Ma voix dissonante n’appelle pas à l’inaction face à la menace terroriste. Loin de là. Mais il s’agit de retrouver la noblesse et l'efficacité durable de l’action sur la scène internationale. L’immense richesse que les Occidentaux ont légué donnée au monde, ce n’est pas, à mon sens, la richesse matérielle, mais est la démocratie. Cependant, cette démocratie restera inachevée tant que, aussi sur le plan interne qu’internationale, la guerre n'est pas déclarée, de façon énergique, contre les inégalités et les injustices. C’est le de mon engagement en qualité de Socialiste : l’Homme est la mesure de toute chose. "Nos vies valent bien vos millions", disait un slogan politique contre le libéralisme sauvage. Je ne comprends pas parfois, le cynisme et la cécité des acteurs politiques, face de tels défis, alors qu'on a les moyens de les résoudre.

III – Le Zeitgeist ou le souffle de l’égalité et de la fraternité

A côté de cette France républicaine, certains déniant le pluralisme ethnique et culturel, animés d’un esprit esclavagiste et colonialiste, rêvent d’une autre France qui n’a jamais existé, une France frileuse, rabougrie et recroquevillée sur elle-même, purement blanche et fantasmée. Devenus invisibles, on est là, sans être là. Paradoxalement, c’est parce que l’intégration est en marche, et de façon irréversible, que les esprits mesquins sont saisis d’une peur irrationnelle. En effet, sous l’effet de la crise et de la lepénisation des esprits, les forces du Mal ne cessent de progresser dans ce merveilleux pays des droits de l’Homme. Ce qui me frappe le plus, c’est que certains Français n’ont plus honte de se réclamer ouvertement des idées abjectes de l’intolérance. Le Front National, devenu respectable, est le deuxième parti de France. «Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute» disait Alphonse de Lamartine (1790-1869).

Mais, le plus grave, à mon sens, est la démission d’une partie de la Gauche face à cette montée de la peste brune. Le Parti Socialiste, affublé des citations de Jaurès, se revendique des valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté, mais la réalité de son bilan, à tout le moins dans le traitement qu’il accorde aux Français issus de l’immigration, est moins glorieuse. Cette grande hypocrisie, ces affirmations de façade ne trompent plus personne, et sont la cause de l’abstention massive aux élections, et donc la défiance à la parole publique. Nous attendons depuis 1981, le droit des étrangers. Pourtant en 2012, le gouvernement avait, pour la première fois de l’histoire, une majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et aurait donc pu appliquer la réforme. La diversité n’est pas représentée au gouvernement, dans les médias, dans la haute administration.

A mon sens, sans partage du pouvoir, l’intégration est une véritable escroquerie. «Etre libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. Mettons de la couleur dans ce pays ! Nous en avons assez qu’on nous traite «d’immigrés», comme des citoyens de seconde zone, des indigènes de la République. Nous ne sommes plus dans les années 60, où les personnes venant du Tiers-monde étaient des immigrants, peu qualifiés, avec le mythe du retour au pays, et vivant en marge de la société française. La nouvelle génération éduquée, est enracinée, pour toujours, dans ce pays, revendique sa juste place.

Il est temps que cela change. Je voudrais convoquer à la table de la justice et de la fraternité, les grands groupes français qui pillent les ressources africaines (Elf, Total, Orange, etc.), pour leur faire comprendre que la différence n’est pas un mal, mais une grande richesse. Pour paraphraser le Pape Jean-Paul II : «Cessez d’avoir peur, entrez dans l’espérance». On nous dit toujours, à chaque échéance électorale : «Soyez patients. La fois prochaine ce sera votre tour». «Justice trop tardive, est déni de justice», est un dicton qu’aimait à rappeler Martin Luther KING. Comme l’avait promis, fort justement, François HOLLANDE : «le changement, c’est maintenant».

Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. Je perçois ce Zeitgeist, dont parlaient Hegel et Martin Luther KING, pour rétablir l’égalité réelle, la fraternité, le bien –vivre ensemble et la justice. «Je vois la Terre promise de la liberté et de la justice», disait Martin Luther KING.

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

I – Ouvrages de Hegel

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HEGEL (G. W. F.), L’encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, Paris, Vrin, bibliothèque des textes philosophiques, 2012, 620 pages ;

HEGEL (G. W. F.), L’esprit du christianisme et son destin, précédé de l’Esprit du judaïsme, traduction d’Olivier Depré, Paris, Vrin, collection philosophique, 2003, 253 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La différence des systèmes de Fichte et Schelling, traduction de Bernard Gilson, Paris, Vrin, bibliothèque des textes philosophiques, 1986, 226 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La logique subjective, traduction S. Sloman et J. Wallon, Paris, éditions philosophie de Ladrange, 1854, 139 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La phénoménologie de l’esprit, traduction Jean Hyppolite, Paris, Aubier, éditions Montaigne, 1807, 355 pages ; Paris, Vrin, Collection textes philosophiques, traduction Bernard Bourgeois, 2006, 704 pages ; Paris, Flammarion, traduction Jean-Pierre Lefebvre, 2012, 684 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La philosophie de l’esprit, traduction par Auguiti Véra, Paris, Germer Baillière, 1869, t. II, 520 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La philosophie de la nature, traduction par Auguiti Véra, Paris, éditions philosophie de Ladrange, 1863, t. I, 628 pages ; t II, 1864, 435 pages et t. III, 1866 574 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La raison dans l’histoire, introduction de Kostas Papaioannou, Paris, Agora, Pocket, 2012, 350 pages ;

HEGEL (G. W. F.), La science de la logique, traduction de S. Jankelevitch, Paris, Aubier, pages ;

HEGEL (G. W. F.), La vie de Jésus, précédé de dissertations et fragments de l’époque de Stuttgart et Tübingen, Paris, Vrin, bibliothèque des textes philosophiques, 2009, 196 pages ;

HEGEL (G. W. F.), Leçons sur l’histoire de la philosophie traduction de Jean Gibelin, Paris, Gallimard, 1954 et 2007, collection Folio essai n°490, 1954 et 2007, 464 pages et traduction de Pierre Garniron, Paris, J. Vrin, 2016, 288 pages ;

HEGEL (G. W. F.), Leçons sur la philosophie de l’histoire traduction de Jean Gibelin, Paris, J. Vrin, 1979, 349 pages ; vol 1, introduction, philosophie orientale, traduction Gilles Marmasse, Paris, Vrin, 2004, 206 pages ;

HEGEL (G. W. F.), Leçons sur la philosophie de la religion, vol. 2 (religions antiques, africaines et orientales) Paris, J. Vrin, 2010, 480 pages ;

HEGEL (G. W. F.), Les preuves de l’existence de Dieu, traduction de Henri Niel, Paris, Aubier - Montaigne, 1947, 248 pages ;

HEGEL (G. W. F.), Principes de la philosophie du droit, traduction d’André Kaan, et préface de Jean Hyppolite, Paris, Gallimard, 1940, 380 pages ;

HEGEL (G. W. F.), Propédeutique philosophique, Paris, Denoël-Gonthier, 1977, 205 pages.

II – Critique de Hegel

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HYPPOLITE (Jean), «Les travaux de jeunesse de Hegel», in REVUE de METAPHYSIQUE et de MORALE, 1935, juillet-octobre 42 (4) pages 549-578 ;

HYPPOLITE (Jean), Etudes sur Marx et Hegel, Paris, Marcel Rivière, collection bibliothèque philosophique, 1955, 205 pages ;

HYPPOLITE (Jean), Introduction à la philosophie de l’histoire de Hegel, Paris, Marcel Rivière, collection bibliothèque philosophique, 1948, 98 pages ;

HYPPOLITE (Jean), Logique et existence, Paris, PUF, 1952, 256 pages ;

KERVEGAN (Jean-François) MABILLE (Bernard) Hegel au présent, Paris, CNRS 2012, 464 pages ;

KOJEVE (Alexandre), Introduction à la lecture de Hegel, leçons sur la phénoménologie de l’esprit, de 1933 à 1939, à l’école des Hautes études, textes réunis par Raymond Queneau, Paris, Gallimard, Bibliothèque des Idées, 1947 et 1968, 597 pages, spéc page 65 ;

Lénine, (W. I. O), Cahiers sur la dialectique de Hegel, traduction et introduction par Norbert Guterman et Henri Lefebvre, Paris, Gallimard, hors série Connaissance, 1938, 220 pages ;

NIEL (Henri), De la médiation dans la philosophie de Hegel, Paris, Garland Pub, 1984, 376 pages ;

NIEL (Henri), Hégélianisme et histoire, Paris, Fayard, 1956, 82 pages ;

NOEL (Georges), La logique de Hegel, Paris, Alcan, 1897, 188 pages ;

PALMIER (Jean-Michel), Hegel, essai sur la formation du système hégélien, Paris, Paris, éditions universitaires, Classiques du XXème siècle, 1968, 1925 pages ;

PAPAOIANNOU (Kostas) Hegel, préface de François Bordes, Paris, Les Belles Lettres, Le Goût des idées, 2012, 234 pages ;

PEPERZAK (Adriaan, Theodoor), Le jeune Hegel et la vision morale du monde, Paris, Nijhoff, 1960, 264 pages ;

RONDET (Henri), Hégélianisme et christianisme : introduction théologique à l’étude dy système hégélien, Paris, P. Lethieleux, 1965, 160 pages ;

ROSENKRANZ (Karl), Vie de Hegel, suivi d’apologie de Hegel contre le docteur Haym, traduction de Pierre Osmo, Paris, Gallimard, collection bibliothèque de philosophie, 1844 et 2004, 735 pages ;

WAHL (Jean André), Le malheur de la conscience dans la philosophie de Hegel, Paris, P.U.F., et Rieder, 1929, 264 pages ;

WEIL (Eric), Hegel et l’Etat, Paris, Vrin, 1950, 117 pages.

III – Autres contributions

GAUDRAULT (Gérard), L’engagement de l’Eglise dans la Révolution d’après Martin Luther King, Paris, Cerf, 1971, 331 pages.

KIERKEGAARD, (Sören), Craintes et tremblements, traduction de Charles Le Blanc, Paris, Payot et Rivages de Poche, Petite bibliothèque, 2000, 240 pages ;

KIERKEGAARD, (Sören), L’école du christianisme, traduction de P.H Tisseau, Paris, Berger-Levrault, 1936, 348 pages ;

KIERKEGAARD, (Sören), Les miettes philosophiques, le concept de l’angoisse, traité du désespoir, traduction de Knud Ferlov et Jean-Jacques Gateau, Paris, Gallimard, collection Tél n°164, 1990, 504 pages, ;

KIERKEGAARD, (Sören), Post scriptum aux miettes philosophiques, traduction de Paul Petit, Paris, Gallimard, collection Tel n°149, 1941 et 2002, 532 pages ;

KING (Martin Luther), A Comparison of the Conceptions of God in the Thinking of Paul Tillich and Henry Wieman, Thèse de doctorat, soutenue le 15 avril 1955, au Département de Théologie, Université de Boston, sous la direction de L. Harold De Wolf, inédite, 209 pages ;

M’BEMBE (Achille), Politiques de l’inimitié, Paris, La Découverte, hors collection, 2016, 184 pages.

Paris le 24 juin 2016, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1770-1831) et son Zeitgeist ou l’esprit du temps», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1770-1831) et son Zeitgeist ou l’esprit du temps», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

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