Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 21:28

Intellectuel majeur du XXème siècle, l’influence de WEB du BOIS dans la lutte pour les droits civiques, l’émergence de la Négritude et les combats pour la citoyenneté de la diaspora, est considérable. Dans son livre, «Philadelphia Negro», une étude sociologique des habitants noirs du ghetto de Seventh Ward commandée par l’élite réformiste souhaitant reconquérir cette ville, W.E.B du BOIS relate les préjugés, les humiliations et les injustices, mais adopte un style narratif, explicatif, dénué apparemment de tout militantisme ; il était encore conformiste. Du BOIS n’était pas éloigné à cette époque, des idées de Booker T. WASHINGTON, un intégrationniste, à savoir que la criminalité chez les Noirs, libérés de l’esclavage, allait se réduire au fur et à mesure de leur bonne intégration dans la société américaine. WEB du BOIS avait une certaine estime pour WASHINGTON, et partageait avec lui certaines idées, à savoir que les Noirs, pour améliorer leurs conditions de vie, ne peuvent que compter sur eux-mêmes ; ils doivent vivre séparément des Blancs et créer leur propre cadre de vie. Les Noirs doivent remplir convenablement leurs obligations avant de réclamer des droits. Directeur du «Tuskegee Institute», une école d’enseignement technique fondée en 1881 à Tuskegee, une petite ville de l’Alabama et financée par les Blancs, WASHINGTON juge que les conditions de vie des Afro-américains doivent d’abord être améliorées sur le plan matériel avant de l’être sur le plan politique, et il pensait que par l’éducation dans certains secteurs (agriculture, mécanique, domesticité) et le travail, les Noirs pourraient, à force de persévérance et de droiture morale, gagner l’estime des Blancs, et avoir ainsi les mêmes droits. Par conséquent, WASHINGTON s’accommode du système ségrégationniste. Le séjour de Du BOIS en Allemagne où il étudie l’économie, la sociologie et l’histoire, s’inspirant de l’idéalisme hégélien et du marxisme-léninisme, a radicalement changé son point de vue. Il engage donc une bataille du leadership contre les idées «accomodationnistes» de WASHINGTON, et propose, à travers les «âmes du peuple noir» une alternative, en valorisant l’humanité du peuple noir, la grandeur de sa culture et les combats de ses grands hommes. En effet, Du BOIS a compris que les préjugés raciaux, niant l’égalité et la justice, sont plus souvent la cause que le résultat de la déchéance des Noirs, l’environnement social a de fortes incidences sur le comportement des personnes. Par conséquent, les réformes sociales sont urgentes afin d’améliorer la condition des Noirs. Désormais, il pense que la démarche WASHINGTON rendant les Noirs responsables de leur condition, sans tenir compte du système de ségrégation, était dangereuse. En effet, la déchéance physique et morale des Noirs est une conséquence de l’esclavage et des préjugés raciaux. La majorité des Noirs doit combattre le racisme et acquérir une éducation de qualité. Agissant en sociologue à Philadelphie et lors de ses conférences d’Atlanta, à partir de 1897, Du BOIS découvre, progressivement, la condition misérable des Noirs qui ne peuvent pas trouver un emploi ou un logement convenable et sont victimes de nombreuses injustices ; ce qui infirme l’idée suivant laquelle, ils seraient entièrement responsables de ce qui leur arrive. Au contact avec Alexander CRUMMELL (1819-1898, universitaire, président de la Negro Academy), et dont les idées transparaissent dans son roman, Du BOIS élabore sa philosophie d’une éducation supérieure de qualité, et met l’université au centre de ses préoccupations, l’université étant le lieu où les hommes apprennent à devenir des hommes avant de devenir des travailleurs. Du BOIS ne néglige pas la réussite économique des Noirs, synonyme de statut social et respect. Ils doivent être ambitieux et créer des entreprises. Il remet donc en cause le larbinisme sous-jacent aux idées de WASHINGTON. Dans les «âmes du peuple noir», Du BOIS fait une analyse raciale de la question noire suivant laquelle l’égalité raciale va créer une fraternité et une justice universelles.

«Les âmes du peuple noir» est aussi une réplique de la littérature raciste de certains Blancs conservateurs présentant les Noirs comme des êtres sans âme. A la fin du XIXème siècle, l’anthropométrie, sous couvert de la science, était en fait une propagande raciste, pour accréditer l’infériorité des Noirs. Il n’y aucun peuple plus vicieux et misérable que les Noirs prétendait William Hannibal THOMAS. Adepte du positivisme, chercheur rigoureux, bon vulgarisateur et prosateur de haut-calibre, WEB du BOIS croit aux vertus de la réforme de la société, et réclame l’égalité des droits. Si le monde noir est exploité, pillé et dégradé, à cause des préjugés, de l’insouciance, de l’injustice et de l’avidité, il en résultera, suivant Du BOIS, des conséquences graves pour l’humanité, et pour éviter un tel drame, il recommande de vivre dans l’entraide et la solidarité. «Les âmes du peuple noir» est un ouvrage majeur qui passe de la description au combat pour l’identité et les droits civiques. WASHINGTON ayant primé la prospérité matérielle au détriment de la culture, Du BOIS estime que le Noir est un être humain qui doit se consacrer, fondamentalement, à la recherche de la Beauté, de la Vérité et de la Justice. Du BOIS développe le thème de la fierté raciale, à savoir que le Noir est appelé à respecter ses «frères de couleur», à tirer une fierté de son histoire et des efforts qu’il a fait pour gagner sa liberté et améliorer sa situation depuis qu’il l’a acquise. Le Noir doit se rappeler, à tout moment, d’où il vient, l’injustice et l’humiliation qu’il subit et l’aide qu’il doit apporter à son prochain devant surmonter les mêmes difficultés que lui. Enfant, Du BOIS vivait dans un milieu à domination blanche, c’est quand il arrive à Fisk, en 1884, qu’il prend conscience de sa condition de Noir (ségrégation dans les transports, refus d’admission dans une chorale, ostracisme à l’école, insultes) et commence à développer un sentiment d’appartenance et de fraternité avec les Noirs. Contrairement à Frederick DOUGLASS (1817-1895), qui préconisait l’intégrationnisme, WEB Du BOIS s’oppose désormais à la séparation des races et réclame l’égalité immédiate et sans compromis. Les Noirs ne pourront améliorer leurs conditions que s’ils remettent en cause l’ordre social dans lequel ils évoluent. Que signifie donc être Noir, à l'aube du XXIème siècle ?

«Une grande partie de ce qui est enfoui dans ces pages peut aider un lecteur patient à saisir dans toute son étrangeté ce que signifie être Noir, ici, à l'aube du XX° siècle. Cette signification n'est pas sans intérêt pour toi, noble lecteur; car le problème du XX° siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs» écrit-il dans l’introduction «Les âmes du peuple noir».  «Le problème du XXe siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs» (Color Line) dit-il. Quel effet ça fait d’être «un problème» ? C’est une expérience étrange ; Une expérience dont on n’a pas à se déprendre depuis le moment de son enfance, où arraché à l’insouciance, on a brutalement compris qu’on était coupé du monde des Blancs «par un immense voile». Le voile désigne chez Du BOIS, tout ce qui borne l’horizon des Noirs, la ségrégation, les préjugés, la souffrance, la pauvreté, une vie âpre et misérable, les frustrations, les humiliations et les aspirations déçues. Par conséquent, pour du BOIS, les questions de couleur vont dominer la bataille pour l’égalité, contre le racisme. Telle est aussi l’intuition fondamentale de Du BOIS dans «Les Âmes du peuple noir », œuvre majeure de la littérature nord-américaine, dans laquelle il évoque le passé de souffrances : l’esclavage, la déshumanisation du Noir, le racisme, le désespoir et la résignation. Dans ce recueil d’essais publié en 1903 sous le titre «The Souls of Black Folk», Du BOIS entreprend de donner à voir à un lecteur blanc la réalité de l’identité noire américaine, de dénoncer l’échec de la mise en pratique des idéaux fondateurs de la République américaine et de proposer une refonte de ces idéaux afin que l’Amérique devienne une démocratie rationnelle et morale. Cependant, du BOIS est habité par l’espérance, la vitalité d’un monde ignoré ou méprisé, ses hautes figures et ses luttes obstinées pour la liberté et l’égalité. C’est un ouvrage où se mélangent des récits personnels et les chants des esclaves. Ainsi, John, revenu en Géorgie, après avoir étudié à Johnstown, a les yeux décillés ; il a accédé au monde du savoir et des idées, il s’est mis à observer des différences, à ressentir des entraves, des affronts qu’il ne remarquait pas auparavant. Du Bois était pour une aristocratie noire, «Talented Tenth», pour éduquer les masses, les empêcher d’être corrompues par ceux dont les mœurs sont viles et basses. Scolariser, nourrir et habiller les affranchis n’est plus suffisant, le Noir doit s’éduquer, acquérir de nobles idéaux, affermir son caractère et lutter pour ce qui est juste, et créer une civilisation afro-américaine. Partisan de la diversité culturelle, Du BOIS estime que les races ont toutes une contribution à faire à l’humanité et la race nègre n’y fait pas exception. La destinée du Noir n’est pas d’imiter, servilement, la culture anglo-saxonne, mais à embrasser l’originalité et la diversité de la sienne pour mieux s’opposer aux injustices dont il est victime. Les Noirs ont, en particulier, une imagination fertile, un bon sens de l’humour et une oreille musicale. Ils doivent aussi corriger leurs défauts (débauche, paresse, délinquance) afin de mieux combattre les préjugés raciaux. A Atlanta, Du BOIS tient les conférences annuelles sur «The Negro Problems» de 1896 à 1915, traitant des difficultés que rencontrent les Noirs dans les zones urbaines (accès aux affaires, éducation, artisanat, rôle de l’église).

Les «âmes noires» est un livre relatant la douleur de la double conscience noire, ces rivalités et conflits entre différents soi, une vraie dualité existentielle : «Chacun sent, constamment, sa double nature, un Américain, un Noir ; deux âmes, deux pensées, deux luttes irréconciliables ; deux idéaux en guerre dans un seul corps noir, que sa seule force inébranlable prévient de la déchirure» écrit-il. WEB du BOIS aurait-il fait l’éloge de l’hybridité ?

A la question de «Qui suis-je ?» Du BOIS y a répondu : le Noir est à la fois un Américain et un Africain ; il doit «se réconcilier avec les deux parts de lui-même pour que puisse émerger un meilleur soi». Le Noir américain ne pourra être heureux que lorsqu’il assume tous ses héritages. Il faut donc qu’il réclame la place qui lui est due dans la société américaine. Les Noirs doivent renoncer à la réconciliation du pays si celle-ci est synonyme  pour eux d’esclavage industriel et de mort civique. Il espérait dépasser le racisme par la science, en oscillant entre réalisme et utopie. Il invente le concept de «diaspora noire», et affirme la possibilité d’être «à la fois Nègre et Américain». L’idée d’une dualité fondamentale du «Nègre d’Amérique», à la fois Nègre et américain, est caractéristique de la position de Du BOIS. C’est d’ailleurs cette idée, qu’il popularisera par la suite sous le nom de «double conscience» qui tend à faire de Du Bois l’inventeur de la notion de «diaspora africaine» ou de «diaspora noire». Ecrite dans une langue lumineuse et imagée, cette contribution, «les âmes du peuple noir», repose sur un postulat simple : la double conscience des Noirs américains évolue dans deux mondes, celui de la culture américaine en général et celui de la culture noire.

«Les âmes du peuple noir» est un ouvrage dégageant tous les enjeux philosophiques d’un texte qui se veut également «littéraire», lyrique et poétique. L’écriture élégante et passionnée de Du BOIS tisse les souvenirs autobiographiques et les paraboles épiques avec les analyses historiques et sociologiques, construisant ainsi l’unité culturelle et politique du peuple noir à partir de la multiplicité de ses âmes individuelles. «Les Âmes du peuple noir» a inspiré l’essentiel de la conscience collective noire et des mouvements en faveur des droits civiques dans les années soixante, et continue d’avoir un retentissement considérable au sein de la communauté afro-américaine. WEB du BOIS est le précurseur de la négritude. On peut lire dans les «Âmes du peuple noir» une critique et un déplacement d’un idéal fondateur de la nation libérale américaine, celui de la sympathie, concept central de la pensée politique des pères fondateurs, hérité des Lumières écossaises. C’est l’échec de la sympathie comme prétendu liant social universel dont Du BOIS prend acte dans les Âmes ; en le resituant dans son rapport historique et particularisant avec «l’idéal unifiant de la race», Du BOIS propose de repenser la sympathie à partir de l’hétérogénéité et fonde ainsi le modèle du «multiple self» comme modèle de l’identité démocratique. Publié pour la première fois en France en 1959 par les éditions Présence Africaine, le livre était devenu introuvable. Magali BESSONE, traductrice de l’édition de 2004, lui donne une deuxième vie. Dans une postface roborative, elle retrace la biographie de l'auteur, situe le livre dans son contexte d'énonciation, souligne son importance pour les Afro-Américains et surtout pour l'histoire contemporaine, pour la diaspora.

Du BOIS n'est pas seulement un universitaire : il s'engage fortement en faveur de l'obtention des droits civiques pour les Noirs, et milite activement pour la fin de la ségrégation. En 1900, il prépare la première conférence panafricaine qui a lieu à Londres. C'est là qu'il prononce pour la première fois son intuition célèbre : "Le problème du XXe siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs". En 1905, il invite cinquante-neuf Noirs, des intellectuels, des savants, des universitaires, pour mettre au point une stratégie commune de lutte pour la progression des droits civiques des Noirs. Les vingt-neuf membres présents fondent le 11 juillet le mouvement Niagara, précurseur du NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) qui voit le jour en 1910. Ce mouvement biracial lutte contre l'exclusion dans l'emploi et à l'école, contre la ségrégation territoriale et contre la pratique du lynchage. Il utilise la médiatisation, la publicité et les plaintes devant les tribunaux. Du BOIS est embauché comme directeur des publications et des recherches, mais il est le seul Noir élu au conseil d'administration. Il est le rédacteur en chef du journal mensuel de l'association, «The Crisis». Ses audaces éditoriales, son intransigeance et ses provocations soulèvent une controverse au sein même de la communauté noire.

En 1912, Du BOIS soutient l'élection de Woodrow WILSON. Pendant la première guerre mondiale, Du BOIS incite les Noirs à s'engager, comme soldats ou dans les industries de guerre, pour gagner la reconnaissance des Blancs, mais il dénonce en même temps la discrimination à leur encontre dans l'armée, ce qui lui vaut d'être menacé de poursuites par le département de la Justice.

I – WEB Du BOIS, un éveilleur de la conscience noire

A – W.E.B du BOIS, un panafricaniste

Pour la plupart des Africains, le nom de William Edwad Burghardt du BOIS renvoie au panafricanisme. En sociologue et penseur, il estime que la libération des Noirs aux Etats-Unis est indissociable de celle du Tiers-monde. Du BOIS est considéré comme l’un des pères du panafricanisme, avec George PADMORE, après le congrès de Manchester en 1945 : les deux hommes avaient organisé ensemble la conférence panafricaine de Londres en 1900, exigeant pour les colonies des "gouvernements responsables" et le respect de l’indépendance de Haïti, du Libéria et de l’Ethiopie. En 1919 il organise le premier congrès panafricain, et avec l'aide de Blaise Diagne, membre sénégalais de la Chambre des députés en France, persuade Georges CLEMENCEAU d'autoriser le congrès à se réunir à Paris. Cinquante-sept délégués venus des États-Unis, d'Europe, d'Afrique et des Indes orientales y assistent. En 1921 a lieu le deuxième congrès panafricain, qui se tient successivement à Londres, Bruxelles et Paris ; il est marqué par les divisions entre les délégations anglaise et américaine d'une part, belge et française de l'autre. Les premières réclament des politiques de confrontation directe, alors que les secondes cherchent à réaliser un compromis avec leurs gouvernements. Du BOIS présente des résolutions à la Société des Nations à Genève et demande au Bureau International du Travail d'enquêter sur les conditions de travail dans les colonies. Il démissionne de son poste de secrétaire du mouvement panafricain. En 1927, il participe au Congrès panafricain qui a lieu à New York et en 1929 à celui qui a lieu en Tunisie. Il y rencontre notamment Kwamé N’KRUMAH.

W. E. B. Du BOIS est né le 23 février 1868 à Great Barrington (Massachusetts) dans une famille d’un père blanc et d’une mère noire, Mary Silvina BURGHART (1831-1885). Par son père, Alfred du BOIS (1825-date décès inconnue) descend d’une lignée de huguenots français installés aux États-Unis à la fin du XVIIIème siècle et propriétaires d’esclaves. Par sa mère, il descend d’un bisaïeul esclave, affranchi pendant la guerre d’indépendance. De là, tout est ambivalent en lui, sa vie, ses convictions, ses œuvres et les réponses qu’il y apporte sont complexes.

Sa mère étant morte, il obtient une bourse pour aller étudier à l’Université Fisk à Nahsville dans le Tennessee. Cette Université est l'une des plus importantes Universités noires aux États-Unis ; Du BOIS a toujours voulu étudier à la prestigieuse Harvard, mais son séjour à Fisk lui donne l’occasion de se trouver pour la première fois de sa vie dans un environnement majoritairement noir et lui ouvre les yeux sur la réalité de la misère et les frustrations auxquelles doivent faire face les Noirs dans le Sud. Admis à Harvard en 1888, il y poursuit des études d’histoire avant d’y obtenir son doctorat en 1895. Il est alors le premier Noir à obtenir un doctorat dans cette université. Sur les conseils de JAMES, il décide de travailler en thèse d’histoire sur la suppression de la traite des Noirs. En 1892, il obtient une bourse du Slater Fund pour aller étudier à Berlin où il suit des cours d’économie, de politique et d’histoire ; il a l'occasion d'assister à des conférences de Max WEBER, qui participera à la conférence annuelle organisée par Du BOIS en 1904 à l'Université d'Atlanta. De Berlin, il voyage dans toute l'Europe. À la fin de son troisième semestre à Berlin, sa bourse n’est pas renouvelée et il ne peut finir son doctorat en Allemagne. Il rentre donc à Harvard en 1894 pour terminer son troisième cycle. En 1895, il est le premier Noir à obtenir un diplôme de Harvard, avec sa thèse sur «la suppression de la traite négrière africaine aux Etats-Unis 1638-1870».

Il épouse Nina GOMER, une étudiante de Wilberforce, et la même année obtient un poste d'assistant en sociologie à l'Université de Pennsylvanie. Il dispose d'un fonds pour conduire une étude sociologique sur la population noire du septième «Ward» de Philadelphie. Les enquêtes aboutiront à «The Philadelphia Negro», publié en 1899, remarquable travail qui utilise les méthodes les plus modernes de sociologie que Du BOIS a notamment acquises à Berlin (contextualisation, usage de l’outil statistique, etc.) pour rendre compte de la situation dramatique des Noirs dans un Sud où règne la ségrégation.

En 1897, l’année où il fonde avec CRUMMELL l’American Negro Academy, il devient professeur d’histoire et d’économie à l’université d’Atlanta. L’année 1910 est particulièrement importante pour Du BOIS : elle voit la fondation de la «National Association for the Advancement of Colored People» (NAACP) qui se consacre à la dénonciation des discriminations dont sont victimes les Noirs aux États-Unis, ainsi que la création du mensuel «The Crisis», dont Du BOIS devient le rédacteur en chef proche du mouvement communiste depuis les années 1930, il est inquiété lors de la chasse aux sorcières au début des années 1950. Il n’adhère, cependant, au parti communiste qu’en 1961, l’année où il quitte les États-Unis pour le Ghana pour diriger le projet «Encyclopedia Americana» ; il y meurt en 1963, peu de temps après avoir acquis la nationalité ghanéenne.

B – WEB Du BOIS, un précurseur de la Négritude

«Je suis nègre, et je me glorifie de ce nom ; je suis fier du sang noir qui coule dans mes veines» souligne Du BOIS. Il veut «simplement qu’il soit possible à un homme d’être à la fois un Noir et un Américain, sans être maudit par ses semblables, sans qu’ils lui crachent dessus, sans que les portes de l’Opportunité se ferment sur lui". «Le problème noir n’est rien d’autre qu’un test concret des principes fondateurs de la grande république» précise t-il. Il va alors consacrer toute sa vie pour l’émancipation des Noirs aux Etats-Unis et dans le reste du monde.

On comprend avec ces citations que Du BOIS est le précurseur de la Négritude. Comme l’a dit fort justement, Jean-Paul SARTRE, l’écrivain noir «ramasse le mot Nègre qu’on lui a jeté comme une pierre en face du Blanc dans la fierté». Le combat des Noirs, à travers la littérature pour l’égalité des races, va conduire Aimé CÉSAIRE, l’homme dont le nom est un prénom à inventer le mot Négritude. Selon lui, «le propre du Zèbre est de porter ses Zébrures». Il définit la Négritude comme étant «la simple reconnaissance du fait d’être Noir, l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire, de notre culture».

Pour SENGHOR, la Négritude s’entend de deux manières : «Objectivement, dit- il, la Négritude, c’est l’ensemble des valeurs des civilisations propres au monde noir d’Afrique, mais encore d’Asie et d’Océanie sans oublier les Noirs de la diaspora américaine. Sens de la communion, sens de la communauté, sens de l’image symbolique et du rythme. Subjectivement, la Négritude c’est la manière dont chaque Nègre vit les valeurs que voilà selon son continent, sa nation». SENGHOR pense ainsi que la Négritude n’est ni racisme, ni micro-nationalisme. Si elle est enracinement dans la terre africaine, elle n’en est pas moins ouverture aux autres continents, aux autres races, aux autres nations, aux autres cultures. C’est donc une négritude qui est la négation de Négritude raciste.

Avant Du BOIS on parlait du «problème noir», après lui on parlera de la contribution des Noirs à la vie politique et culturelle américaine.

II – W.E.B. Du BOIS, un militant des droits civiques

A – Du BOIS, un combat pour l’égalité réelle et immédiate

Paru six ans avant «The Souls of Black Folk», le texte de W.E.B. Du BOIS «The Conservation of Races» est un texte capital pour saisir la position tout à fait particulière occupée par son auteur dans le champ du nationalisme noir de la fin du XIXème siècle, position médiane entre un pur intégrationnisme orienté vers l’accès des Noirs à l’intégralité des droits civiques et un pur séparatisme guidé par la nécessité du peuple noir-américain d’assurer sa propre formation et de tracer sa propre voie.

W.E.B. du BOIS se démarque de Marcus GARVEY et de Booker T. WASHINGTON, disparu en 1915. Il est tout d’abord marqué par la personne d’Alexander CRUMMELL (1819-1898), que Du BOIS a rencontré lors de son bref séjour comme enseignant à l’Université de Wilberforce entre 1894 et 1896, et qui est le premier président de l’American Negro Academy.

À l’époque, le mouvement noir se structure autour de deux pôles opposés, «l’intégrationnisme» et le «séparatisme». Frederick DOUGLASS (1817-1895), chef de file des intégrationnistes, insiste sur la nécessité pour les Noirs de lutter pour leurs droits civils afin de prendre place dans la nation américaine. CRUMMELL est séparatiste, et défend au contraire l’idée que les Noirs doivent éviter le plus possible de se mélanger avec les Blancs et ainsi former une nation au cœur de la nation. C’est à ce mouvement séparatiste qu’adhère également celui qui, dès 1895, grâce au discours qu’il prononce à Atlanta, devient le leader du mouvement noir-américain : Booker T. WASHINGTON (1856-1915), fondateur en 1881 du Tuskegee Institute dont la mission était d’assurer, dans un cadre séparé, la formation intellectuelle des Noirs américains. Pourtant, si CRUMMELL et Du BOIS partagent avec Booker T. WASHINGTON l’idée que la séparation Noirs-Blancs est nécessaire, ils accordent une importance bien plus grande que lui à la notion de «communauté» au détriment de celle d’individu qui est au cœur de l’approche et de l’action de Washington. Alors que ce dernier privilégie le rôle d’institutions séparées comme Tuskegee pour former des Noirs capables de s’insérer par la suite dans la société américaine, CRUMMELL et Du BOIS sont des défenseurs de la force collective, dans le cadre certes d’une critique très forte de l’individualisme et de l’universalisme de la République américaine, mais aussi dans le refus apparent de la dilution de l’identité noire dans le modèle constitutionnel et industriel des États-Unis. C’est en ayant ces distinctions en tête qu’il convient de lire «The Conservation of Races», dans lequel Du BOIS présente l’histoire du monde comme étant l’histoire des groupes, c’est-à-dire l’histoire des races. C’est en tant que race, et non en tant qu’individus, que les «Negroes» ont un message à délivrer.

WEB du BOIS est classé dans le camp du «radicalisme noir». En effet, il critique sévèrement la doctrine de «gradualism» du docteur Brooker T. WASHINGTON à savoir l’idée d’un lent cheminement vers l’émancipation, sans exiger, tout de suite, l’égalité et les droits civiques serait inacceptable. «Tant que M. WASHINGTON prêche en faveur de l’épargne, de la patience et de la formation technique pour les masses, nous devons marcher avec lui la main dans la main. (…). Mais quand M. WASHINGTON excuse l’injustice, au Nord et au Sud, ne voit pas que le droit de vote est un privilège et un devoir, sous-estime les effets castrateurs des distinctions de castrés par tous les moyens civilisés et non-violents possibles, nous devons lutter pour les droits que le monde accorde aux hommes», dit-il. Du BOIS est fondamentalement pour l’accès des Noirs à l’Université. «Les Noirs ne sont pas appelés à devenir maçons ou entrepreneurs uniquement, ou à faire de l’argent, ils doivent pouvoir penser» martèle Du BOIS. L’université ne permet pas seulement de gagner son pain, «mais de connaître la fin et le sens de cette vie que nourrit le pain», précise Du BOIS.

B – Du BOIS, une conscience noire à construire

1 – Construire une «double conscienc

C’est avec les concepts du «voile de couleur» et de la «double conscience» que Du BOIS théorise la question de la conscience noire. Pour Du BOIS la marche vers la liberté et l’égalité donnera aux Noirs une nouvelle «affirmation d’eux-mêmes» (Self-assertion) et une nouvelle «estime de soi» (self-respect).

Inspiré par Hegel, à travers le concept de conscience aliénée, Du BOIS fait appel à la «Conscience dédoublée». Le Noir est condamné à se renier lui-même pour se laisser intégrer la société blanche. En effet, Du BOIS pose l’existence de cette dualité fondamentale, associant la citoyenneté d’un pays et l’appartenance à un monde africain et/ou noir, qu’il nomme «double conscience». «Le Noir est une sorte de septième fils, né avec un voile et doué de double vue dans ce monde américain - un monde qui ne lui concède aucune vraie conscience de soi, mais qui, au contraire, ne le laisse s'appréhender qu’à travers la révélation de l'autre monde. C'est une sensation bizarre, cette conscience dédoublée, ce sentiment de constamment se regarder par les yeux d'un autre, de mesurer son âme à l'aune d'un monde qui vous considère comme un spectacle, avec un amusement teinté de pitié méprisante. L'histoire du Noir américain est l'histoire de cette lutte - de cette aspiration à être un homme conscient de lui-même, de cette volonté de fondre son moi double en un seul moi meilleur et plus vrai. Dans cette fusion, il ne veut perdre aucun de ses anciens moi. Il ne voudrait pas africaniser l'Amérique, car l'Amérique a trop à enseigner au monde et à l'Afrique. Il ne voudrait pas décolorer son âme noire dans un flot d'américanisme blanc, car il sait qu'il y a dans l'âme noire un message pour le monde. Il voudrait simplement qu'il soit possible à un homme d'être à la fois un Noir et un Américain», souligne Du BOIS.

Cependant, Du BOIS rompt avec une vision hiérarchique des races pour introduire l’idée que toutes les races collaborent, chacune à leur façon, à la progression de la civilisation. Du BOIS part d’une position originale tendue entre une insistance croissante sur la nécessité de l’accès aux droits civils tout en demeurant concentrée sur l’idée de fierté raciale, mais aussi sur l’importance de l’éducation et de l’enseignement des enfants noirs, éducation qui, pour des raisons pratiques, serait assurée par des Noirs.

Du BOIS invite les Noirs à renoncer à l’attitude de soumission, à penser par eux-mêmes et à développer l’affirmation de soi. «M. WASHINGTON représente, dans la pensée noire, la vieille attitude d’adaptation et de soumission. Il est devenu un véritable évangile du travail et de l’argent» dit-il. Il faut que les Noirs croient en eux-mêmes et trouvent en eux les ressources morales et intellectuelles pour recouvrer leur dignité.

2 – Lever le «voile de couleur»

Devant l’injustice, les Noirs ont tendance à porter un «voile», c’est-à-dire qu’ils ont tendance à se voir avec les yeux des Blancs, de manière déformée et aliénée. «Le Noir est né avec un voile et doué de double vue dans ce monde américain, un monde qui ne lui concède aucune vraie conscience de soi, mais qui, au contraire, ne le laisse s’appréhender qu’à travers la révélation de l’autre monde. C’est une sensation bizarre, cette conscience dédoublée, ce sentiment de constamment se regarder par les yeux d’un autre, de mesurer son âme à l’aune d’un monde qui vous considère comme un spectacle, avec un amusement teinté de pitié méprisante» dit-il. Or, il n’y a pas de libération des Noirs sans qu’ils soulèvent eux-mêmes ce «voile», dépassent les frontières, se réapproprient l’espace qu’on leur avait dénié et fassent tomber les murs de la ségrégation raciale. «Quand Moïse eut achevé de parler avec eux, il mit un voile sur son visage», proclame la Bible.

Pour Du BOIS si le Noir, «un Afro-Américain» est perpétuellement partagé en deux, il est possible qu’il soit américain sans renier son identité. La «double conscience» donne non seulement à l’afro-américain une «identité plurielle», d’être un Américain et un Noir, mais pose les conditions d’accès à l’émancipation. «Chacun sent constamment sa nature double, un Américain, un Noir ; deux âmes, deux pensées (…). L’histoire du Noir américain est l’histoire de cette lutte, de cette aspiration à être un homme conscient de lui-même, de cette volonté de fondre son moi double en un seul moi meilleur et plus vrai. Dans cette fusion, il ne veut perdre aucun de ses anciens moi. Il ne voudrait pas africaniser l’Amérique, car l’Amérique a trop à enseigner au monde et à l’Afrique. Il ne voudrait pas décolorer son âme noire dans le flot d’américanisme blanc, car il sait qu’il a dans le sang noir un message pour le monde», dit Du BOIS. Par conséquent, le Noir est appelé à fonder une nouvelle construction identitaire, et à demander d’être accepté, tel qu’il est. Sa démarche est finalement positive. «Il y a dans le sang noir, un message du monde» dit-il. Cette identité dédoublée et réconciliée du Noir, «en un seul moi meilleur et vrai» contribuera à rendre le monde meilleur. En effet, le destin du Noir et de la diaspora est de servir de trait d’union entre l’Amérique et l’Afrique, entre les dominants et les dominés. Il croit fondamentalement en l’égalité entre tous les hommes : «I believe in God, who made on blood of all nations on earth to dwell. I believe that all men, Black, Brown and White, are brothers” écrit-il dans l’introduction de “Darkwater”.

Bibliographie sélective,

1 – Contributions de WEB du Bois

Du BOIS (W. E. B), The Black North in 1901 : A Social Study, New York, Arno Press, 1969, 46 pages ;

Du BOIS (W. E. B), The Crisis Writings, une introduction de Daniel Walden, Greenwich, Fawcett Publications, 1972,  447 pages ;

Du BOIS (W.E.B) (1898), “The Study of Negro Problems”, Annals of the American Academy of Political and Social Science, 1898, vol 11, pages 1–23 ;

Du BOIS (W.E.B.) “The house of the Black Burghardts”, The Crisis, 1928, 35 n°4, pages 133–134 ;

Du BOIS (W.E.B.) The Gift of Black Folk : The Negroes in the Making of America, Boston, Stratford, 1924, 349 pages ;

Du BOIS (W.E.B.), “Strivings of The Negro People”, Atlantic Monthly, août 1897, n°80, pages 194-198 ;

Du BOIS (W.E.B.), “The Conservation of Races”, The American Negro Academy Occasional Papers, 1897, n°2, 15 pages ;

Du BOIS (W.E.B.), “The Evolution of the Negro Leadership”, The Dial, 16 juillet 1901, n°31, pages 53-55 ;

Du BOIS (W.E.B.), “The Religion of  American Negro”, The New World, décembre 1900, pages 614-625 ;

Du BOIS (W.E.B.), “The Talented Tenth”, in The Negro Problem, 1903, pages 31-75 ;

Du BOIS (W.E.B.), Black Folk, Then and Now : an Essay in the History and Sociology of the Negro Race, New York, Henry Holt, 1939 et 1973, 401 pages ;

Du BOIS (W.E.B.), Dusk of Dawn: an Essay toward an Autobiography of a Race Concept, introduction de K. Anthony Appiah, New York Harcours, 1940, 334 pages et Oxford University Press, 2007, 183 pages ;

Du BOIS (W.E.B.), The Autobiography of W. E. B. Du Bois: A Soliloquy on Viewing My Life from the last Decade of It First Century, New York, International Publishers, 1968, 448 pages ;

Du BOIS (W.E.B.), The Philadelphia Negro, Philadelphia, The University of Pennsylvania, 1899, 288 pages ;

Du BOIS (W.E.B.), The world and Africa : an Inquiry into the Part which Africa has Played in World History, New York, The Viking Press, 1947, 276 pages et 1965, NY, International Publishers, 1965, 352 pages ;

Du BOIS (WEB), «Strivings of the Negro People», Atlantic Monthly, août 1897 (80), pages 194-198 ;

Du BOIS (WEB), Black Reconstruction in America, 1860-1880, New York, Free Press, 1998, 774 pages ;

Du BOIS (WEB), Darkwater : Voices from within the Veil, New York, Harcourt, Brace and Howe, 1920, 276 pages ;

Du BOIS (WEB), John Brown, New York, International Publishers, 1974, 326 pages ;

Du BOIS (WEB), Les Ames du peuple noir, traduction Jean-Jacques Fol, Paris, Présence Africaine, 1959, 232 pages ; traduction, annotations et postface de Magali BESSONE, Paris, éditions rue d'Ulm, 2004, 339 pages et éditions la Découverte, 2007, 339 pages, avec une nouvelle introduction de Nathalie Bessone ;

Du BOIS (WEB), Prayers for Dark People, University of Massachusetts Press, 1980, 94 pages ;

Du BOIS (WEB), The Correspondence of WEB du Bois, 1997, University of Massachusetts Press, 518 pages ;

Du BOIS (WEB), The Negro Artisan, Université d’Atlanta, 27 mai 1902, 192 pages ;

Du BOIS (WEB), The Negro Church, Université d’Atlanta, 26 mai 1903, 212 pages ;

Du BOIS (WEB), The Negro in Business, Université d’Atlanta, 30 et 31 mai 1899, 77 pages ;

Du BOIS (WEB), The Philadelphia Negro, University of Pennsylvania Press, 1995, 582 pages ;

Du BOIS (WEB), The Quest of Silver Fleece : a Novel, Philadelphia, Pine Street Books, 2004, 444 pages

Du BOIS (WEB), Writings, Literacy Classics of the United States, 1986, 1374 pages ;

Du BOIS, (W.E.B), Darkwater : Voices from within the Veil, New York, Schocken Books et Harcourt, 1920, 1969 276 pages ;

N.A.A.C.P, An Appeal to the World, préface de W.E.B. du Bois, New York, 1947, 94 pages, spéc pages 1-14.

2 – Critiques de W.E.B. du Bois

AGBEYEBIAWO (Daniel), The Life and Works of WEB du Bois, Accra, éditeur non indiqué, 1998, 121 pages ;

ALDRIDGE (Derrick, P.), The Educational Thought of WEB Du Bois : An Intellectual History, New York, Teachers College Press, 2008, 189 pages ;

ANDREW (William), Critical Essays on WEB Du Bois, Boston, GK Hall, 1985, 255 pages ;

APTHEKER (Hebert), The Literature Legacy of WEB du Bois, Kraus International Publications, 1989, 371 pages ;

APTHEKER (Hebert), WEB du Bois and the Struggle against Racism in the World, New York, United Nations, 1983, 17 pages ;

BATTLE (Juan), WRIGHT II (Earl) «WEB du Bois Talented Tenth», Journal of Black Studies, juillet 2002, vol 32, n°6, pages 654-672 ;

BENNETT (Lerone), Pioneers in Protest, Baltimore, Pinguin Books, 1969, 278 pages ;

BESSONE (Magali), «Le peuple noir s’est couvert des principes de la grande République : WEB du Bois et la réalisation de l’idéal américain de sympathie», in Raisons politiques, 2006, n°24, pages 33-53 ;

BLOOM (Harold), W.E.B. du Bois, Philadelphia, Chelsea House Publishers, 2001, 290 pages ;

BLUM (Edward, J), W.E.B. du Bois, an American Prophet, University of Pennsylvania Press, 2013, 288  pages ;

BOBO (Lawrence, D.). “Reclaiming a Du Boisian Perspective on Racial Attitudes”, The Annals of the American Academy of Political and Social Science, 2000, vol 568, n°1, pages 186–202 ;

BRODERICK (Francis), W.E.B. du Bois, Negro Leader in a Time of Crisis, Standford University Press, 1959, 259 pages ;

CARBONELLA (August) SHARRYN (Kasmir), “WEB du Bois’s Dark Water and an Anti Colonial, Internationalist Anthropology”, Dialectical Anthropology, juin 2008, vol 32, n°1-2, pages 113-121 ;

CHANDLER (Nahum, Dimitri), W.E.B. du Bois : The Problem of the Color Line at the Turn of the Twentieth Century, New York, Fordham University Press, 2015, 372 pages ;

CHIVALLON (Christine), La diaspora noire des Amériques. Expériences et théories à partir de la Caraïbe, Paris, éditions du C.N.R.S., collection Espaces et Milieux, 2004, 258 pages ;

CLARY (Françoise), «Du déterminisme moral au pragmatisme. Les choix ambigus de W. E. B. Du Bois», Cercles, 2002, n°4, pages 177-192 ;

CRUMMELL (Alexander), “Civilization, the Primal Need of the Race”, The Negro Academy, Occasional Papers, 1898, n°3, 19 pages ;

DENAIN (Pierre), «Booker T. Washington et ses autobiographies», Revue française d’études américaines, mai 1982, n°14, pages 269-276 ;

DUFOIX (Stéphane), «W. E. B. Du Bois : race et diaspora noire/africaine», Raisons politiques, 2006, 1 no 21, p. 97-116 ;

DUFOIX (Stéphane), Les diasporas, Paris, P.U.F., coll. «Que sais-je ?», 2003, 128 pages ;

DUFOUR LAUZON (Emilie), La genèse de The Souls of Black Folk : Le chapitre initial de la vie intellectuelle de WEB du Bois, 1885-1903, maîtrise ès arts en histoire, Université de Montréal, Département d’histoire, faculté des sciences et des arts, août 2015, 134 pages ;

GABIDBON (Shaun, L.), «WEB du Bois : Pioneering American Criminologist», Journal of Black Studies, mai 2001, vol 31, n°5, pages 581-599 ;

HAMILTON (Virginia), WEB du Bois, A Biography, T.Y Crowell, 1972, 218 pages ;

HANCOCK (Ange-Marie), “W.E.B. Du Bois : Intellectual forefather of Intersectionality ?”, Souls, 2003, vol 7, pages 60–68 ;

HANSEN (David, T), Ethical Vision of Education : Philosophies in Practice, New York, Teachers College Press, 2007, 230 pages ;

HARRISSON (Faye, V), “The Du Boisian legacy in anthropology”, Critique of Anthropology, 1992, vol. 12, pages 239–260 ;

HOLT (Rinehart), HARCOURT (Brace), African American Literature, Austin (Texas), 1998, 1066 pages ;

HORNE (Gerald), Black and Red : W.E.B Du Bois and the Afro-American Response to the Cold War 1944–1963, State University of New York Press, Albany, 1986, 457 pages ;

HUNTER (Marcus), “WEB and Black Heterogeneity : How the Philadelphia Negro Shaped American Sociology”, The American Sociologist, juin 2015, vol 46, n°2, pages 219-233 ;

HWANG (Hae-Sung), Booker T. Washington and WEB du Bois : A Study in Race Leadership, 1895-1915, Seoul, American Studies Institute, Seoul National University, 1992, 194 pages ;

LAPIERRE (Nicole), «WEB du Bois, le «problème» Noir et la «question» juive», Revue des Sciences sociales, 2009, n°42, pages 104-109 ;

LEWIS (David, L.), W.E.B. du Bois : a Reader, New York, H. Holt and Co, 1995, 822 pages ;

LEWIS (David, L.), WILLIS (Deborah), A Small Nation of People : WEB du Bois  and African American Portraits of Progress, New York, Amistad, 2003, 2018 pages ;

LEWIS (David, Levering), W. E. B. Du Bois : Biography of a Race, 1868–1919, New York, Henry Holt, 1993, 752 pages ;

LEWIS (David, Levering), W.E.B. Du Bois: The Fight for Equality and the American Century, 1919–1963, New York, Henry Holt, 2001, 715 pages ;

LOGAN (Rayford, Whittingham), The Betrayal of the Negro : From Rutherford B. Hayes to Woodrow Wilson, New York, Collier Books, 1965, 447 pages ;

MAMBOU (Elie), «Le panafricanisme de William Edward Burghardt du Bois : entre réalisme et utopie»,  Commposite, 2015, vol 18, n°1, pages 128-148 ;

MAMBOU (Elie), «Le panafricanisme de William Edward Burghardt du Bois : entre réalisme et utopie», Commposite, 2015 18 (1) pages 128-148 ;

MARABLE (Manning), «Critical Perspectives on W.E.B. Du Bois : Reconstructing the Radical Du Bois», Souls, 2005, vol 7, n°3–4, pages 1–25 ;

MARABLE (Manning), W.E.B Du Bois, Black Radical Democrat, Boston, Twayne, 1986, 285 pages ;

MOORE (Jack, B), W.E.B du Bois, Boston, Twayne Publishers, 1981, 185 pages ;

MOORE (Jaqueline, M.), Booker T. Washington, W.E.B du Bois and the Struggle for Racial Uplift, Wilmington (Delaware), Scolarly Resources, 2003, 194 pages ;

MOSS (Hilary, J.), compte rendu de lecture sur «WEB du Bois and Race : Essay Celebrating the Centennial Publication of the Souls of Black Folk», History of Education Quaterly, hiver 2002, vol 42, n°4, pages 608-610 ;

MOSS (Nathaniel), W.E.B du Bois : Civil Rights Leader, New York, Chelsea Junior, 1996, 79 pages ;

MOTTU (Henri), «Etude critique : William EB du Bois : les âmes du peuple noir», in Revue de théologie et de philosophie, 2008, n°58, pages 50-60 ;

MULLINGS (Leith), “Interrogating Racism : Toward an Antiracist Anthropology”, Annual Reviews in Anthropology, 2005, vol 34, pages 667–693 ;

ORUNO (D. Lara), La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au XIXe siècle, Paris, Maisonneuve et Larose, 2000, 390 pages ;

PARINI (Jay), “The Souls of Black Folk : A Book that Changed America”, The Journal of Blacks in Higher Education, hiver 2008/2009, n°62, pages 72-80 ;

PAYNTER (Robert), “Building an Historical Landscape : Commemorating WEB du Bois”, International Journal of Historical Archaeology, juin 2014, vol 18, n°2, pages 316-339 ;

RAMPERSAD (Arnold), The Art and Imagination of WEB du Bois, Shocken Books, 1990, 342 pages ;

RUDWICK (Elliott), WEB du Bois : Propagandist of the Negro Protest, New York, Anthenum, 1968, 390 pages ;

RUTLEDGE (Dennis), WEB du Bois : The Scolar as Activist, Greenwich, JAI Press, 1996, 239 pages ;

STAFFORD (Mark), HUGGINS (Nathan, Irvin), W.E.B. du Bois, 1989, New York, Chelsea House, 138 pages ;

TROY (Don), WEB du Bois, Child’s World, 1999, 50 pages ;

VALENTI (Suzanne), «The Black Diaspora: Negritude in the Poetry of West Africans and Black Americans», Phylon, vol. 34, n° 4, 1973, p. 390-398 ;

WINTZ (Cary, D.), African American Political Thought, 1890-1930 : Washington, Du Bois, Garvey and Randolph, New York, Armonk, ME Sharpe, 1996, 366 pages ;

WOLTERS (Raymond), Du Bois and his Rivals, University of Missouri Press, 2002, 338 pages ;

ZUCKERMAN (Phil), Du Bois, On Religion, Walnut Creek, CA, AltaMira Pess, 2000, 230 pages ;

ZUCKERMAN (Phil), The Social Theory of WEB du Bois, Thousand Oaks, Pine Forge Press, 2004, 215 pages.

Paris le 13 avril 2016, actualisé le 28 août 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.
WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.

WEB du BOIS, un intellectuel majeur du XXème siècle.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Liens