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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 21:44

Leçons et perspectives du référendum du 20 mars 2016, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Ce post a été publié dans le journal Ferloo édition du 22 mars 2016.

"Je ne suis pas ici pour la haine. Je suis ici pour l'amour", fait dire Sophocle à Antigone. La violente et hystérique campagne électorale du référendum étant terminée, ne nous attardons pas aux considérations amères des mauvais perdants. Seul le peuple sénégalais est vraiment sorti victorieux de cet historique scrutin qui consolide la démocratie sénégalaise.

A travers ce vote du OUI, le Sénégal confirme son statut de pays démocratique et de véritable nation laïque et pluriethnique, fondée sur une coexistence pacifique entre plusieurs religions et groupes ethniques. C’est un échec cuisant pour les marabouts affairistes qui entretenaient un mythe, suivant lequel, ils pouvaient faire et défaire la classe politique. Les politiciens qui avaient joué la carte ethnique, mais qui cachaient mal leurs ambitions personnelles en ont pris pour leur grade, et pour bien longtemps. Une action politique doit être fondée sur un projet politique cohérent susceptible de rassembler tous les Sénégalais, quelque soient leur confession religieuse ou leur appartenance ethnique. De ce point de vue, il faudrait se féliciter de l’héritage du président SENGHOR, dans contribution décisive de l'édification d’une nation sénégalaise unie dans la diversité, autour de principes et valeurs républicains de tolérance et du bien-vivre ensemble. Toute méconnaissance de cette donnée majeure, dans le jeu politique, ne pourrait que rencontrer incompréhension et échec.

Le vote en faveur du OUI, à 62%, est indubitablement un succès pour le président Macky SALL, même s’il ne s’agissait pas d’un scrutin plébiscitaire. M. SALL après trois années au pouvoir, a conservé l’essentiel de sa légitimité de 2012 qui se situait à 65% ; ce qui est rare dans un contexte de crise et de violente guerre électorale avec ce référendum du 20 mars 2016. M. SALL est incontestablement entré dans l’histoire. En effet, les Sénégalais votent depuis la fin du XIXème siècle. De grands événements ont marqué la vie politique sénégalaise, comme la victoire de Blaise DAIGNE en 1914 contre CARPOT, l’indépendance en 1960, le multipartisme illimité sous Abdou DIOUF, les alternances en 2000 et 2012. Ce référendum a suscité de fortes passions qui relèvent parfois de l'hystérie ou de la malveillance, que tout échec aurait gravement nuit à la carrière politique du président Macky SALL. Par conséquent, tout succès est aussi à mettre aussi à son crédit. La future campagne des présidentielles, en son temps, ne pourra pas être valablement polluée par la question de la durée du mandat présidentiel. Ce sera programme contre programme.


C'est aussi une victoire de M Ousmane Tanor DIENG, premier secrétaire du Parti socialiste, qui a tenu bon, en dépit d'une ambiance délétère, dans sa stratégie de défense résolue de l'intérêt national. Il ne fallait pas confondre les questions de leadership au Parti socialiste et le référendum modernisant la vie politique sénégalaise. Les ambitions personnelles sont légitimes, mais chaque chose en son temps.

En définitive, l’adoption de ce référendum constitutionnel ouvre de grandes perspectives pour le Sénégal.


Tout d’abord une étape incertaine, de tentation de monarchisation du pouvoir politique, est close. Cette question de la durée du mandat présidentiel a considérablement empoisonné la vie politique sénégalaise, qu’on s'est finalement délivré d’un lourd fardeau. Le Sénégal peut affirmer, avec une grande fierté, qu’il reste une grande nation démocratique et républicaine servant de modèle en Afrique.


Ensuite, le grand chantier concernant la rationalisation et le financement des partis politiques, ainsi que le statut de l’opposition, peut commencer. Qu’entend t-on exactement par le «concept de statut de l’opposition», en termes de droits et d’obligations ?


Comment, dans une démocratie, juguler et maîtriser les forces politiques qui se situent en dehors ou à la périphérie des partis politiques ?


Certaines personnalités se réclament de la «société civile» et s’érigent en forces indépendantes. S’agit-il d’un phénomène d’auto-proclamation qui vise à masquer l’absence d’une assise politique ? ou est-ce que c’est une autre manière de faire de la politique, sans l’avouer ?


Divers groupes de pression interviennent dans le champ politique, et risquent de rester en dehors du champ de la future réglementation sur les partis politiques. C’est le cas notamment des pouvoirs religieux.

Au moment où on a découvert du pétrole et du gaz au Sénégal, les puissances économiques, et en particulier les multinationales, interfèrent dans le champ politique.

Le président Macky SALL devrait équilibrer les tendances à sein de son parti, organisation très jeune qu'il faudrait professionnaliser.

Enfin, les Sénégalais de l’extérieur attendent, avec un grand intérêt, un système de représentation, mais surtout efficace de défense de leurs intérêts. Les sujets de mécontentement ne manquent pas. Ainsi, en France le sort des retraités, le respect de la convention d’établissement (droit à la sécurité sociale, droit au séjour et regroupement familial, tarif des communications internationales ou des billets d'avion, place dans le champ économique au pays, etc.), l'efficacité et la disponibilité de nos représentations diplomatiques à l'égard de nos nationaux, sont autant de points de friction.

Je retiens de cet épisode politique au Fouta-Toro, le grand besoin des Foutankais d’être mieux représenté dans les instances politiques et étatiques. En effet, jusqu’ici, alors que le Fouta est resté légitimiste à l’égard de tous les gouvernants, ses représentants se sont révélés de piètres hommes politiques. Les Foutankais ne veulent plus de Farba N’GOM qui a gravement terni l’image de la Politique. Ils souhaitent avoir une représentation digne qui défende énergiquement leurs intérêts.


En effet, dans ce besoin d’une meilleure gouvernance, ce référendum a fait émerger, sur un point modeste, mais important, l’irruption de l’intelligentsia de mon village, Danthiady, dans la scène politique sénégalaise. Le OUI a triomphé, massivement, à Danthiady, à plus de 93%.


En effet, la déclaration de M. Kalidou Diallo, ancien ministre, pour le Oui, maître Malick Sall, un avocat d'affaires très influent, connu et reconnu, a animé de grands meetings à Ogo, à Danthiady et dans le Fouta-Toro. Il a été accompagné d'une forte délégation :


Des journalistes de renom :

M. Daouda N'DIAYE,

M. Alassane Diallo,


D'éminents universitaires :

M. Harouna BAL dit Chita Bal,

M. Abdoulaye Ndiaye,


Des enseignants chevronnés :

M. Amadou Ndiaye, proviseur au lycée de Ouro-sogui,

M. Amadou Harouna Ndiaye dit "Soda", enseignant.


Le village de Danthiady bénéficie, à travers de son important et exceptionnel réseau de cadres, d'une force d'influence dans le jeu politique au Fouta-Toro et dans le pays.

Vive le Sénégal et vive la République !


Paris, le 20 mars 2016 par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/

Leçons et perspectives du référendum du 20 mars 2016 au Sénégal, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

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