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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 11:15

Dans la contribution littéraire de Marguerite YOURCENAR convergent la mémoire, l’imagination, l’histoire et le mythe récrée et déformé. Célèbre mais restée assez mal connue du grand public, figure singulière de la littérature française du XXème siècle, traductrice et critique de plusieurs grands auteurs de la poésie universelle, Marguerite YOURCENAR n'a cessé de questionner le fait poétique, véritable source souterraine qui irrigue l'ensemble de son œuvre. Elle a traversé cette période en portant un regard neuf et ouvert sur toutes les dimensions de la vie. Suivant, la belle formule de Michel FOUCAULT, une «archéologie du silence» entoure la relation de Marguerite YOURCENAR avec la poésie. Son intelligence vive, son vaste savoir et sa curiosité débordante ont marqué chacune des pages d’une œuvre riche et complexe.

La technique narrative et la langue de perfection de YOURCENAR expriment son immense talent, son éducation, son humanité, sa grande connaissance de la philosophie, de l’histoire d’antiquité. YOURCENAR fait appel aux figures du style : comparaison, métaphores, périphrases, symboles. Le recours aux maximes et proverbes est une des procédés les plus utilisées dans l’écriture de YOURCENAR ; ce qui reflète le régime méditatif de l’œuvre. La qualité de son expression écrite, la rigueur de sa pensée et l’originalité de ses échafaudages intellectuels, donnent à ses propos, une puissance décuplée. L'oeuvre de Marguerite YOURCENAR vise très large, aussi bien dans l'espace que dans le temps. Elle allie de manière unique son ambition d'universalité à l'attention modeste aux aspects les plus singuliers de l'existence et aux êtres les plus obscurs de l'univers. L'inquiétude du temps est le foyer central d'où se relance toujours son écriture. Le temps demeure, pour elle, impensable, inscrutable, impossible à unifier et à totaliser, mais ses apories nourrissent l'imaginaire. YOURCENAR s’applique un principe bouddhiste : «travailler jusqu’au bout, car tout est périssable». Perfectionniste, elle a réécrit bon nombre de ses ouvrages.

Dans le paysage littéraire du siècle dernier, la situation d'insularité de l'œuvre de Marguerite YOURCENAR n'est pas contestable. YOURCENAR a fait le vœu de renouer avec le concept d'innutrition, fréquentant historiens, poètes, romanciers, peintres, penseurs de tous siècles et de tous horizons culturels et spirituels, qui parcourt les territoires génériques les plus variés (poésie, essais, récits brefs, amples fictions historiques, légendes revisitées, chroniques familiales) et dont la langue, tantôt classique, sobre et abstraite à l'excès, tantôt étrangement maniériste ou baroque, surprend tant elle est en décalage avec le champ des recherches scripturales contemporaines. Une force de direction constante assure pourtant, la cohésion de cet ensemble : l'écrivain semble s'être fixé la tâche de faire de ses ouvrages un espace d'accueil de toutes les expressions du souci de soi.

Issue d’un milieu aristocratique et aisé, Marguerite CLEENWERCK de CRAYENCOUR dont YOURCENAR est l'anagramme, née le 8 juin 1903 à Bruxelles, est morte le 17 décembre 1987 à Bar Harbor, dans l'État du Maine (États-Unis). Elle est une écrivaine française naturalisée américaine en 1947, auteur de romans et de nouvelles «humanistes», ainsi que de récits autobiographiques. Après la mort de sa mère d’origine belge, suite à son accouchement, Marguerite et son père quittent Bruxelles pour rejoindre le château du Mont-Noir près de Bailleul construit en 1824 par un trisaïeul. Elle y demeure alors tous les étés jusqu'en 1912 date où est vendue la propriété. Elle fut la première femme élue à l'Académie française, le 6 mars 1980, grâce au soutien actif de Jean d'Ormesson, qui prononça le discours de sa réception, le 22 janvier 1981.

Attirée très jeune par le goût de l'écriture, elle publie son premier roman : «Alexis ou le traité du vain combat», en 1929, quelques mois après la mort de son père. Ce roman écrit sous la forme d'une longue lettre d'un homme à sa femme. Dans cet échange, il lui avoue son homosexualité et met fin à des années de mensonge. Son père meurt la même année, après avoir lu ce premier roman. À partir de cette date, Marguerite YOURCENAR mène une vie de voyages, en visitant Paris, Lausanne mais aussi les îles grecques ou Constantinople.

De passage aux États-Unis lorsque la guerre éclate, elle accepte l’offre des Américains d’enseigner la littérature comparée dans un collège près de New York. Son premier et son dernier amour auront été des homosexuels, mais elle passera l’essentiel de sa vie avec une femme. C’est en 1937, à Paris, à trente-quatre ans, qu’elle fait une rencontre décisive, celle de Grace FRICK (1903-1979), universitaire américaine de son âge, qui va devenir la femme de sa vie pendant quarante-deux ans et sans doute au-delà de la mort. Amie, amour, collaboratrice et traductrice. Selon elle, «l’amitié est avant tout une certitude, c’est ce qui la distingue de l’amour. Elle est aussi respect et acceptation totale d’un autre être». Elle suit son amie aux États-Unis et, lorsque la guerre éclate, Grace est prête à tout faire pour adoucir l’existence de Yourcenar, l’aider, la soutenir et, si elle le peut, la rendre heureuse. Elle n’a pas mesuré sa peine pour lui obtenir un travail. «L’amour de Grace pour Marguerite est une attention de tous les instants», constate Josyane SAVIGNEAU, sa biographe. Dès 1947, elle se retire sur l’île des Monts Déserts, dans le Maine, dans une maison qu’elle baptise «Petite Plaisance», avec sa compagne et traductrice américaine, Grace Frick, qu’elle ne quitte plus jusqu’à la mort de cette dernière en 1979.

Continuant son travail d'écrivain, elle publie en 1951, «Les Mémoires d'Hadrien» qui lui vaut une renommée mondiale. Dans cet ouvrage, elle fait revivre Hadrien, empereur romain du 2ème siècle. Cet homme a une personnalité très forte, il a favorisé le développement des arts dans la société et a amélioré la vie des esclaves. L'auteure a eu l'idée de cet ouvrage dès ses voyages en Italie avec son père lorsqu'elle visite la Villa Adriana, villa d'Hadrien à Tivoli. Le roman se présente comme une longue lettre de l'empereur Hadrien à son petit-fils et successeur potentiel, Marc Aurèle. Il lui raconte ses exploits militaires mais lui parle aussi de philosophie, et de son amour pour le jeune Antinoüs, ainsi que la douleur que sa mort a provoqué chez lui. Le roman historique, très documenté, sert de trame à l'histoire d'amour entre Hadrien et Antinoüs. Les ouvrages qui suivent sont couronnés de succès à l'image de : «L'œuvre au Noir», paru en 1968 qui reçoit le prix Femina.

Après avoir été élue membre de l'Académie Royale de Belgique on 1970, elle entame une sorte d'enquête sur ses ancêtres, qui formera la trame de son oeuvre en trois volets intitulée: Le labyrinthe du monde et dont le premier volume: Souvenirs Pieux sort en 1974.

L'auteur reprend alors ses voyages à travers le monde, faisant en 1980 et 1982 une halte à Saint-Jans-Cappel. Le 29 septembre 1985, le Musée communal Marguerite Yourcenar fut inauguré en présence de Monsieur Maurice Schumann. Marguerite Yourcenar le visitera le 3 mai 1986, inscrivant sur le livre d’or : «Avec le très grand plaisir de me retrouver chez moi». Il abrite depuis, le travail réalisé par Louis SONNEVILLE durant de nombreuses années. Le Musée se propose d’unir par un lien plein de respect et d’affection, Marguerite YOURCENAR au pays de son enfance ; ajoutant ainsi à sa vocation didactique l’hommage de la Flandre au prestigieux auteur des «Archives du Nord».

Marguerite YOURCENAR décède le 18 décembre 1987 à l'hôpital de l'île des Monts-Déserts. Incinérée, elle sera inhumée au cimetière de Somesville, non loin de «Petite Plaisance», aux États-Unis.

Des thèmes majeurs reviennent dans la contribution littéraire de cette écrivaine indépendante et subversive : le refus du narcissisme, le rapport au temps et à l’histoire, l’Amour impossible ou réprimé, la mort et le suicide.

I – Marguerite YOURCENAR, une écrivaine indépendante et subversive

A – Marguerite YOURCENAR et le refus narcissisme

Est-il décent de parler de soi ?

Rompant avec le mythe barrésien de l’écrivain enraciné, pour Marguerite YOURCENAR il serait insensé de parler de soi à longueur de roman. «L’être fuit, le moi est poreux ; s’en faire une image globale relève de la pure illusion», dit-elle. Suivant YOURCENAR, ne mérite d’être évoqué et relaté c’est ce qui est commun «à la glaise humaine». L’auteur écarte «la gloriole» qui dérive de l’appartenance familiale, de la possession d’un nom. Elle rejette tout narcissisme. Cela ne signifie pas passer sous silence ses ascendants ou l’accession à elle-même. «L’être que j’appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d’un Français appartenant à une vieille famille du Nord, et d’une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liège, puis fixés dans le Hainaut», dit-elle dans «Souvenirs pieux». L’histoire de sa famille et des Flandres belges est utilisée dans le but de parvenir à une compréhension de la réalité humaine et de l’univers. Marguerite YOURCENAR se livre à une importante introspection, à travers divers ouvrages autobiographiques. Ainsi, dans «Les Archives du Nord», Marguerite YOURCENAR part à la recherche de ses origines. Commençant par l’évocation de ces terres, de ces dunes, de ces forêts, elle descend le cours du temps. «Je pétris le pain ; je balaie le seuil ; après les nuits de grand vent, je ramasse le bois mort», dit-elle. L’Histoire devient comparable à une immense circulation sanguine dont l’écrivain serait toujours le cœur battant. Dans «Souvenirs pieux», Marguerite YOURCENAR tente de percer l’épaisseur du temps. Du récit de sa naissance, elle s’interroge sur l’origine de ses parents. Personne ne rend sensible, comme Marguerite YOURCENAR, l’existence d’âge en âge des êtres en un lieu donné, et le fait que les générations sur le même coin de terre s’entassent comme des strates géologiques, côte avec les bêtes et les plantes. Dans «Quoi ? L’Eternité» le centre du récit Michel, le père de Marguerite YOURCENAR. Il s’agit du récit de son enfance, même si elle y parle peu d’elle-même ; elle laisse seulement deviner, derrière le portrait du père, sa silhouette de petite fille, puis d’adolescente. Mais ce qui constitue son monde est la clé pour comprendre son œuvre romanesque.

Marguerite est élevée par son père, sa mère, de nationalité belge, meurt dix jours seulement après sa naissance. Marguerite sera donc élevée par son père, chez ses grands-parents. En 1912, après la mort de sa grand-mère, Marguerite et son père s’installent à Paris : rue Anatole-de-la-Forge puis 15 avenue d’Antin, aujourd’hui Franklin DELANO-ROOSEVELT. Les étés se passent à Westende, sur la côte belge, dans une villa finalement bombardée. Marguerite se plonge dans les livres que lui prête son père, en particulier les oeuvres de Racine, d’Aristophane, Chateaubriand, Shakespeare, Marc Aurèle, Tolstoï, Huysmans, Platon, Virgile, Homère, Romain Rolland, Ibsen, Lagerlöf, etc. Son père, homme fantasque et joueur, latiniste, amateur de livres, d’antiquités, de voyages, décèle très tôt les dons de sa fille et l’encourage dans l’étude des langues anciennes et de la littérature. Il lui donne ce goût des voyages. Les années qui suivent sont marquées par les nombreux séjours qu'elle effectue en compagnie de son père dans différents pays européens, formant sa culture en autodidacte au fil des visites. Le père de Marguerite occupe une place prépondérante dans la vie de sa fille unique, mais, tout en étant gâtée, celle-ci comprend très vite qu’on ne peut compter que sur soi-même. La mort de sa mère et le congédiement de sa bonne, Barbe, qui la remplaçait lui ont appris cruellement la nécessité d’être autonome. Marguerite dressera un portrait acerbe de sa grand-mère dans son roman «Archives du Nord».

B- Marguerite YOURCENAR, une révoltée contre son époque

Marguerite YOURCENAR a été influencée par divers auteurs. Elle a lu Maurice BARRES, l’homme de l’époque. Si «les déracinés» de BARRES lui ont paru «artificiel et voulu», en revanche, YOURCENAR trouve que «la colline inspirée» est un roman bouleversant, un grand livre sur le monde invisible et la réalité paysanne, un grand art véritable. IBSEN a appris à YOURCENAR l’indépendance totale de l’homme, comme «un ennemi du peuple», où le héros est le seul à s’apercevoir que la ville est polluée. YOURCENAR a été influencée également par NIETZSCHE et TOLSTOI, ces grands écrivains réfractaires, subversifs, en opposition avec toute une époque et leur entourage, contre la médiocrité humaine. Le NIETZSCHE du «Gai savoir», «d’Humain, trop humain» a une certaine manière de considérer les choses "à la fois de très près et de loin, lucide, aiguë, et en même presque légère» dit YOURCENAR. Elle a admiré, avec une certaine stupeur, avec des moments d’arrêt de souffle, par moments, tant a paru grand, DOSTOIEVSKI.

YOURCENAR a toujours aimé les poètes français de la Renaissance, ainsi que Hugo, Rimbaud et Apollinaire. Elle a lu et relu Marcel PROUST. Par l’incomparable perfection de la langue, chez Racine, considéré comme le plus grand poète, c’est presque exclusivement la passion amoureuse et la jalousie qui comptent. YOURCENAR se conforme à la tradition de Racine, qui dans les préfaces de ses tragédies énumère soigneusement ses sources. Marguerite YOURCENAR vénère surtout Saint-Simon : «j’avais le sentiment d’y rencontrer les foules humaines ; j’y ai vu le grand observateur de ce qui se passe. Quant à son style, il est si grand qu’à moins vraiment du métier on ne s’aperçoit pas qu’il en a un», confesse Marguerite YOURCENAR qui a fini par trouver son style poli et glacé. «A travers la vie, le style s’améliore, se débarrasse des scories imitatives, se simplifie, trouve sa pente, mais que le fond reste, enrichi, ou plutôt confirmé par la vie» dit-elle. YOURCENAR a connu COCTEAU et ROGER MARTIN du GARD, mais est restée très hostile aux écoles et aux amitiés littéraires.

C – Marguerite YOURCENAR, une femme virile

La consécration de YOURCENAR, en hommage au talent de sa plume, demeura son élection à l'Académie Française le 6 mars 1980, sur recommandation de son ami, Jean d’ORMESSON. Marguerite YOURCENARD a toujours eu les mêmes aspirations que les membres de l’Académie, et elle est fière qu’on la traite de confrère et non de consoeur. En bonne fille patriarcale, YOURCENAR se dissocie clairement des femmes et surtout des féministes. Sa biographe remarque à juste titre que : «Ce n’est pas l’absence de sa propre mère qui fonde son manque d’intérêt pour les figures maternelles. [...] Tout ce qu’elle a vu des mères, à commencer par sa propre grand-mère Noémi, l’a rendue absolument hostile à cette fonction-là. Et ce refus a une part au moins aussi importante que sa version officielle sur le terrible surpeuplement de la planète dans son désir de stérilité». Ces valeurs viriles lui valent un éloge ému de la plupart des critiques et son entrée en tant que première femme à l’Académie française. Pour Robert KANTERS, «L’œuvre au noir» est sans doute le chef-d’œuvre viril de la littérature féminine». Bernard PIVOT ajoute que «le secret de la force de cette femme qui sourit et cultive son jardin est sans doute ce pessimisme viril». On connaissait déjà son opinion concernant les droits des femmes : parlant d’une aïeule, elle écrit qu’elle était le chef-d’œuvre d’une société où la femme n’a pas besoin de voter et de manifester dans les rues pour régner». Elle a même précisé sa pensée en latin : «Sit ut sunt, que les choses restent comme elles sont !». S'appuyant sur une double lecture, littéraire et psychanalytique, Carole ALLAMAND se propose d'éclairer les rapports existant entre la poétique de la romancière et la perte irréparable de la mère, de mettre au jour une " écriture en mal de mère". Une écriture virile qui montre un mépris affiché pour le moi, pour un sujet dont la mise au monde fut aussi une mise à mort, une écriture qui narre la hantise de la féminité et de son sinistre privilège, la maternité. Au fil des pages de ce brillant essai, on comprend mieux que Marguerite Yourcenar a composé son personnage d'auteur avec autant de soin que chacun de ses livres, et que son style, loin d'être voué au seul perfectionnisme classique, procède d'une perpétuelle lutte contre les forces de la subjectivité. Ainsi se trouve mis à nu le désir obsédant l'écrivain : celui d'être enfin regardée et reconnue par sa mère, Fernande, laquelle "détourna la tête quand on lui présenta l'enfant", puis ferma les yeux pour toujours.

II – Marguerite YOURCENAR, une écriture de la mémoire et de l’Amour

A – Les mémoires d’Hadrien

«Les Mémoires d'Hadrien», chef-d’oeuvre de Marguerite YOURCENAR, est un mélange fascinant de faits et de fiction. D'une part, le livre constitue la reconstruction méticuleuse et scientifique de la vie d'un des plus grands empereurs romains. D'autre part, il se distingue par sa composition littéraire riche. C'est pourquoi Mémoires d'Hadrien est considéré aussi bien comme un roman historique qu'une autobiographie ou une biographie. «Les Mémoires d’Hadrien» sont écrits dans une langue épurée, parfaite imitation du style de stoïciens de l’antiquité, émouvante par la sobriété avec laquelle sont évoquées les souffrances et la maladie d’Hadrien, ses passions et son chagrin ; la narration sert comme le support à une longue méditation sur la vie, la sagesse, le temps, la mort. L’essentiel, c’est de dégager la ligne qui mène du particulier au général. Par ce procédé synecdochique, l’anecdotique ne sert que de prétexte pour la méditation philosophique de l’empereur sur la condition humaine. Yourcenar découvre certains types de comportements humains. Donc elle généralise. Situé dans l’époque d’Hadrien, elle dégage une personnalité qui n’appartient pas seulement à un moment historique précis, mais qui existe toujours dans les esprits.

L’histoire d’Hadrien est retracée comme une construction pyramidale : la lente montée vers la possession de soi et celle du pouvoir ; les années d’équilibre suivies de l’enivrement, puis l’effondrement, la descente rapide ; et de nouveau la reconstruction. La mort d’Antonüs n’est pas la seule cause d’effondrement dans la vie d’Hadrien qui a tendance à aller jusqu’au bout de ses forces, à les dépasser.

Cette œuvre, qui est à la fois roman, histoire et poésie, est en forme d’une lettre d’Hadrien, adressée à son petit fils adoptif de 17 ans, Marc Aurèle, son futur successeur. Au départ, Hadrien y décrit le jeune Marc-Aurèle, son quotidien de malade ; il est en effet atteint d’une maladie du cœur et sent ses forces décliner et la mort approcher. Mais progressivement, l’objectif d’Hadrien va changer. Il décide de poursuivre sa lettre et de faire au jeune homme le récit de sa vie, afin de le préparer au métier d’empereur mais aussi dans un but personnel. Hadrien fait le récit de sa vie avant qu’il ne devienne empereur. Son enfance en Espagne, son adolescence, ses études à Rome et en Grèce et sa formation à l’armée. Hadrien fait le récit de sa vie avant qu’il ne devienne empereur. Son enfance en Espagne, son adolescence, ses études à Rome et en Grèce et sa formation à l’armée. Hadrien décrit sa rencontre avec Antinöus à Nicomédie en Asie. Le jeune homme devient son compagnon et son amant. Commence une période de grand bonheur pour Hadrien. Elle prendra fin avec la mort d’Antinöus lors d’un voyage en Egypte. L’empereur et le jeune homme y rencontrent une magicienne qui prédit un avenir funeste à Hadrien et Antinöus se sacrifie pour protéger Hadrien de ce présage. Hadrien crée alors une ville en son nom, Antinoe et y établit le culte du jeune homme. Hadrien revient à Rome et ce concentre sur son métier d’empereur. La pensée d’Antinöus reste constamment présente. Hadrien se prépare à mourir. Il envisage le suicide puis y renonce, acceptant d’attendre la venue de la mort. Il meurt en écrivant les derniers mots de sa lettre à Marc-Aurèle.

Ce livre est également intéressant car il montre la fonction introspective de l’écriture. En effet, il existe une relation forte entre l’auteur, Marguerite Yourcenar, et Hadrien. Si elle a choisi de faire le récit de la vie d’Hadrien c’est notamment en raison de la proximité de leurs histoires. Hadrien est un homme marqué par la pensée grecque, grand voyageur et homosexuel, comme Marguerite Yourcenar. Le récit est à la première personne du singulier, mais très souvent Hadrien dépersonnalise le discours, ce qui est l’inverse de l’objectif de la communication épistolaire. La lettre commence par la visite d’Hadrien à son médecin ; il ne se sent pas bien et il revient sur son passé en désordre. L’œuvre ne se déroule pas d’une manière linéaire, mais autour d’un axe qui est la mort prochaine d’Hadrien. Le temps dans l’œuvre a le caractère fragmentaire. Aucune continuité ne réunit le passé au présent et le présent au futur. Il n’y a ni passé, ni futur, seulement une série des présents successifs. Le discours devient au fur et à mesure le monologue d’Hadrien. Avec la présence de ses réflexions, Yourcenar réussit à introduire le discours essayistique dans la narration romanesque. Ainsi place-t-elle son œuvre à la croisée de plusieurs genres.

La qualité principale de l’œuvre est l’actualité du passé. Les réflexions d’Hadrien sont d’un intérêt toujours actuel. Ses conseils valent pour tous les temps. D’après les mots de Yourcenar c’est l’histoire d’un homme intelligent et persécuté ; cela se passe vers 1569 et pourrait s’être passé hier ou se passera demain. YOURCENARD partage avec Hadrien la sagesse inspirée des doctrines orientales qui consiste à se préparer à sa propre mort, à y entrer les yeux ouverts.

C’est un récit met en avant la difficulté et la nécessité de se connaître soi-même, de se comprendre et surtout de s’accepter. Cet ouvrage qui sous-entend la nécessité d’être guidé, et aussi d’avoir quelqu’un à qui parler, capable d’écouter.

B – L’œuvre au Noir

En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIème siècle, Marguerite YOURCENAR ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans âcre et brutale réalité ; un monde contrasté où s'affrontent le Moyen-Age et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage et qui pour cette raison même finira par le broyer. YOURCENAR décrit le monde de la Renaissance où la culture et les découvertes scientifiques déstabilisent les assises d’un vieux monde porté par l’obscurantisme religieux et par l’amour du pouvoir et de la richesse.

«Qui consentirait à mourir sans avoir au moins fait le tour de sa prison» dit Zénon le héros tragique de «l’œuvre au Noir». Ce roman est une espèce de miroir qui condense la condition humaine de l’homme, à travers une série d’évènements. Zénon, ce mélange de personnage de Campanella, Erasme et Giordano Bruno, s’enfonce dans des cercles infernaux d’ignorance, de sauvagerie, de rivalités absurdes. En réaction à cela, il est contestataire et s’oppose à tout, aux universités quand il est jeune ; à la famille, où il est bâtard. Il récuse l’idéologie et l’intellectualisme. Il a pratiqué diverses formes de plaisir charnel, mais rejette la sensualité et la pensée chrétienne. Finalement, Zénon est un libre-penseur, l’homme sans illusions et sans compromis, d’un bout à l’autre de sa vie. Jusqu’à la fin Zénon reste en état d’étonnement et d’incertitude. Il pourrait appeler le gardien de prison, faire son autocritique et échapper au suicide.

Le suicide et la mort, thèmes récurrents dans l’œuvre de Marguerite YOURCENAR, caractérisent une analyse complexe des rapports de l’être humain avec son corps et l’affirmation fondamentale de la consistance de l’échec dans le destin des hommes. Pour l’écrivain japonais Mishima, il y a trois types de suicides : le pathologique, le désespéré, le raisonné. Suivant YOURCENAR, le suicide est une préparation méthodique en vue de l’affrontement des fins dernières, une épreuve définitive. Il existe deux voies pour atteindre la sagesse : la conscience de l’échec et du caractère atroce de la vie, ne doit pas entraîner une abdication ou un manque de goût à la vie. Le suicide représente la plus grande victoire de l’homme sur la mort.

III – Marguerite YOURCENAR et le rapport au temps

A – Marguerite YOURCENAR, un sens aigu de l’Histoire

Marguerite YOURCENAR entretient un rapport particulier avec le temps. «Quand on parle de l’amour du passé, c’est de l’amour de la vie qu’il s’agit ; la vie est beaucoup plus au passé qu’au présent. Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine» dit-elle. De ses premiers récits jusqu'aux chroniques familiales qui forment «Le Labyrinthe du monde», en passant par les romans et les pièces de théâtre, YOURCENAR tisse une poétique du temps qui fait leur place à la permanence des mythes, aux difficiles questions de la connaissance historique et du désenchantement de l'histoire, et à la quête de la transmission généalogique. La présente étude s'articule selon les grandes lignes de cette poétique et met en lumière la manière dont YOURCENAR orchestre les temporalités plurielles sur l'horizon d'un temps unique.

L'oeuvre de Marguerite YOURCENAR vise très large, aussi bien dans l'espace que dans le temps. «Le jour où une statue est terminée, sa vie, en un sens commence», dit-elle dans son ouvrage, «le temps, ce grand scuplteur». Elle allie de manière unique son ambition d'universalité à l'attention modeste aux aspects les plus singuliers de l'existence et aux êtres les plus obscurs de l'univers. L'inquiétude du temps est le foyer central d'où se relance toujours son écriture. Le temps demeure pour elle impensable, inscrutable, impossible à unifier et à totaliser, mais ses apories nourrissent l'imaginaire. Le temps ne vous coûte rien, à vous les philosophes : il existe pourtant puisqu'il nous sucre comme des fruits et nous dessèche comme des herbes, dit un personnage de Feux. Cependant, à défaut de mourir pour échapper au temps, vivre consiste en ripostes créatrices. De ses premiers récits jusqu'aux chroniques familiales qui forment Le Labyrinthe du monde, en passant par les romans et les pièces de théâtre, Yourcenar tisse une poétique du temps qui fait leur place à la permanence des mythes, aux difficiles questions de la connaissance historique et du désenchantement de l'histoire, et à la quête de la transmission généalogique. La présente étude s'articule selon les grandes lignes de cette poétique et met en lumière la manière dont Yourcenar orchestre les temporalités plurielles sur l'horizon d'un temps unique.

B – Marguerite YOURCENAR et l’Amour impossible ou réprimé

L’Amour impossible ou réprimé occupe une place singulière dans la contribution littéraire de Marguerite YOURCENAR. Ainsi, dans «Le coup de grâce», en 1919, dans les pays Baltes ravagés par la guerre, la révolution et le désespoir, trois jeunes gens, Eric, Conrad et Sophie, jouent au jeu dangereux de l'amour. Attirance, rejet, faux-semblants, conflits, mensonges et érotisme les pousseront aux confins de la folie. Marguerite YOURCENAR renouvelle le thème du triangle amoureux dans cette somptueuse et tragique histoire d'amour.

Dans «Alexis ou le traité du vain combat», il s’agit de l’histoire de l’histoire d’un jeune homme marié depuis deux ans, qui écrit à sa femme au moment de la quitter, les raisons pour lesquelles il s’en va. C’est un livre intimiste qui évoque Gide puisqu’il s’agit d’un homosexuel qui aime sa femme, et qui cependant la quitte. Alexis est tremblant. Son analyse prouve qu’il est fait d’un continuel flottement, d’un retrait, presque d’un balbutiement. Ce langage qui tremble et hésite est un flottement psychologique L’effort d’Alexis est de ne pas mélanger les sentiments. Il faut d’abord savoir ce qu’on entend par amour. On l’entend souvent par l’amour de sympathie, le sentiment profond de tendresse pour une créature. Pour Marguerite YOURCENAR cette notion d’amour traduit l’absence de sacré. Le vrai amour c’est l’union divine à travers une personne.

Dans «Alexis ou le traité du vain combat», Marguerite YOURCENAR, alors qu’elle n’avait que 24 ans, avait cru que le problème sexuel était le principal, le premier à résoudre, et que le reste suivrait de soi-même. Sigmund FREUD a sans doute eu raison de secouer les convenances viennoises, mais il était trop prisonnier de son siècle et de son milieu pour donner à sa théorie pan-sexuelle une valeur qui résiste au temps. Marguerite YOURCENAR reconnaîtra plus tard les dangers de cette libération sexuelle, parce que celle-ci est continuellement «en deçà du sacré». De ce point de vue, Marguerite YOURCENAR ne semble pas aller dans le sens de l’histoire. A tout le moins, elle récuse toute objection de courte vue : «Tous les grands combats sont d’arrière-garde. Et, l’arrière-garde d’aujourd’hui est l’avant-garde de demain. Ça tourne, la terre», dit-elle.

Il n’est pas étonnant que Marguerite YOURCENAR aborde dans sa contribution littéraire des sujets frappés d’interdit. En effet, la grande sensualité de la jeune Marguerite se manifeste dès l’enfance. Pour sa biographe, Josyane SAVIGNEAU, elle fait preuve d’un érotisme premier, naturel, insoucieux des sexes et des normes, s’inspirant en cela de ses deux mères, l’une réelle, l’autre rêvée. Au cours de recherches sur ses origines familiales, Marguerite apprend que sa mère Fernande a fait la rencontre, au pensionnat des Dames du Sacré-Cœur, de Jeanne, une jeune baronne hollandaise, avec qui elle devient amie. Dès l’arrivée de Jeanne, les très brillants résultats scolaires de Fernande se dégradent. YOURCENAR ne peut s’empêcher d’y voir «l’effet d’un engouement, ce qui revient à dire d’un amour, l’intimité sensuelle entre deux personnes du même sexe faisant trop partie du comportement de l’espèce pour avoir été exclue des pensionnats les plus collets montés d’autrefois». Cette histoire passionnée fait rêver la jeune Marguerite. Elle aimera elle-même Jeanne, venue vivre plus tard avec son père et elle, et donnera d’elle l’image d’une femme possédant le génie du cœur, la beauté et une forte personnalité.

C’est à Londres que Marguerite YOURCENAR connaît ses premières expériences sexuelles avec une jeune fille hébergée par son père : «Couchée cette nuit-là dans l’étroit lit de Yolande, le seul dont nous disposions, un instinct, une prémonition de désirs intermittents ressentis et satisfaits plus tard au cours de ma vie, me fit trouver d’emblée l’attitude et les mouvements nécessaires à deux femmes qui s’aiment». Mais elle comprend aussi très tôt que «manier les mots, les soupeser, en explorer le sens, est une manière de faire l’amour, surtout lorsque ce qu’on écrit est inspiré par quelqu’un, ou promis à quelqu’un» Ainsi, l’écriture participe du goût de la conquête et de l’amour chez Yourcenar, tel que le confirment nombre de témoignages et de photographies remontant à cette époque. Marguerite YOURCENAR est inspirée, d’un «nomadisme du cœur et de l’esprit», empreint d’une forte fascination, non pas prioritairement envers les femmes, tel que pouvaient le laisser croire ses premières expériences, mais pour des «hommes qui aiment les hommes» et dont elle voudrait être la maîtresse. Il s’agit en particulier, en 1930, d’André FRAIGNEAU, des éditions Grasset, qui apprécie «le talent et la tenue» des œuvres de YOURCENAR et qui, pendant plusieurs années, joue un rôle-clef dans la carrière et dans la vie privée de la jeune femme, qui se consume pour lui d’un amour impossible.

Bibliographie sélective :

1 – Ouvrages de Marguerite YOURCENAR

YOURCENAR (Marguerite), Alexis, le Coup de Grâce, Paris, Gallimard, Folio, 1971, 248 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Anna, Soror, Paris, Gallimard, Folio, 1981, 114 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), DIMARAS (Constantin), Présentation de Constantin Cavady 1863-1933, suivie d’une traduction des poèmes, Paris, Gallimard, Folio, 1974, 364 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Fleuve profond, sombre rivière, les Negros Spirituals, commentaires et traduction, Paris, Gallimard, 1966, 282 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), L’œuvre au Noir, Paris, Gallimard, Folio, 1968, 469 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), La couronne et la Lyre, poèmes, Paris, Gallimard, Collection Blanche, 1979, 488 pages

YOURCENAR (Marguerite), Le coup de grâce, Paris, Gallimard, 2006, 121 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Le Temps, ce grand sculpteur, essais, Paris, Gallimard, 1983, 246 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Les Archives du Nord, Paris, Gallimard, Folio, 1977, 370 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Les mémoires d’Hadrien, Paris, Gallimard, Folio, 1974, 364 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Les yeux ouverts, entretiens avec Mathieu Galey, Paris, Le Centurion, 1980, 336 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Quoi ? l’Eternité, Paris, Gallimard, Folio, 1988, 337 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Sous bénéfice d’inventaire, Paris, Gallimard, Collection Idées, 1962, 320 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Souvenirs pieux, Paris, Gallimard, Folio, 1974, 369 pages ;

YOURCENAR (Marguerite), Un homme obscur, une belle matinée, Paris, Gallimard, Folio, 1982, 228 pages

2 - Les critiques de Marguerite YOURCENAR

ALLAMAND (Carole), Marguerite Yourcenar, une écriture en mal de mère, Paris, Imago, 2004, 196 pages ;

BLANCHET-DOUSPIS (Mireille), L’influence de l’histoire contemporaine dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar, Amsterdam, Rodopi, 2008, 513 pages ;

BONALI-FIQUET (Françoise), Réception de l’œuvre de Marguerite Yourcenar : essai de biographie chronologique, 1995-2006, Société Internationale d’Etudes Yourcéennes, 2007, 180 pages ;

GAUDIN (Colette), Marguerite Yourcenar, à la surface du temps, Amsterdam, Rodopi, 1990, 143 pages ;

HALLEY (Achmy), Marguerite Yourcenar en poésie : archéologie du silence, Amsterdam, Rodopi, 2005, 604 pages ;

HORMANN (Pauline, A.H.), La biographie comme genre littéraire : mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, Amsterdam, Rodopi, 1991, 191 pages ;

JULIEN (Anne-Yvonne), Marguerite Yourcenar, Paris, PUF, 2002, 287 pages ;

PEYROUX (Marthe), Marguerite Yourcenar : mon très cher père, Paris, Euredit, 2007, 171 pages ;

REAL (Eléna), Autobiographie et cosmologie dans le labyrinthe du monde de Marguerite Yourcenar, Université de Valencia, 1988, 273 pages ;


SAVIGNEAU (Josyane), Marguerite Yourcenar, l’invention d’une vie, Paris, Gallimard, 1990, 790 pages ;

VERGNIOLLE de CHANTAL (Henri), La morale de Marguerite Yourcenar d’après son œuvre romanesque, Paris, Presses universitaires du Septentrion, 1997, 448 pages.

3 – Les colloques sur Marguerite YOURCENAR

• Le(s) style(s) de Marguerite Yourcenar, Actes du colloque international de Nicosie (4-5 octobre 2012), May Chehab éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2015, 284 pages.

La réception critique de l’œuvre de Marguerite Yourcenar, Actes du colloque international de Clermont-Ferrand (22-24 novembre 2007), Clermont-Ferrand, SIEY, 2010, 468 pages ;

Le Sacré dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar, Actes du colloque de Bruxelles (26-28 mars 1992), R. Poignault éd., Tours, SIEY, 1993, VIII-325 pages ;

L'Écriture du moi dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, R. Poignault, V. Torres, J.-P. Castellani, M. R. Chiapparo éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2004, 231 pages ;

Lectures transversales de Marguerite Yourcenar, R. Poignault & B. Arancibia éd., Tours, SIEY, 1997, 218 pages ;

L'universalité dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar, Actes du colloque de Tenerife, M.-J. Vazquez de Parga, R. Poignault éd., volume 1, Tours, SIEY, 1994, XIV-261p., volume 2, Tours, SIEY, 1995, VIII-300 pages ;

Marguerite Yourcenar : un écrivain du XIXe siècle ?, G. Fréris & R . Poignault éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2004, 437 pages

Marguerite Yourcenar citoyenne du monde, Actes du colloque international de Cluj, Arcalia, Sibiu, 8-12 mai 2003 (en collaboration avec Maria Capusan et Maurice Delcroix), Clermont-Ferrand, SIEY, 2006, 267 pages ;

Marguerite Yourcenar entre littérature et science, Actes du colloque de Chypre (11-17 octobre 2003), May Chehab, Rémy Poignault éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2007, 202 pages ;

Marguerite Yourcenar essayiste. Parcours, méthodes et finalités d’une écriture critique, C. Biondi, F. Bonali Fiquet, M. Cavazzuti, E. Pessini éd., Tours, SIEY, 2000, 328 pages ;

Marguerite Yourcenar et l’enfance, M. Laurent, R . Poignault, L. Waleryszak éd., Tours, SIEY, 2003, 235 pages ;

Marguerite Yourcenar et l’univers poétique, Actes du colloque international de Tokyo (9-12 septembre 2004), Osamu Hayashi, Naoko Hiramatsu, Rémy Poignault éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2008, 396 pages ;

Marguerite Yourcenar et l'art. L'art de Marguerite Yourcenar, J.-P. Castellani & R. Poignault éd., Tours, SIEY, 1990, 379 pages ;

Marguerite Yourcenar. Écriture, réécriture, traduction, R. Poignault et J.-P. Castellani éd., Tours, SIEY, 2000, 400 pages ;

Marguerite Yourcenar. La femme, les femmes, une écriture-femme ?, Actes du colloque international de Baeza, 19-23 novembre 2002 (en collaboration avec Manuela Ledesma Pedraz, Clermont-Ferrand, SIEY, 2005, 437 pages ;

Marguerite Yourcenar. Retour aux sources, R. Lascu-Pop & R. Poignault éd., Bucarest-Tours, Ed. Libra-SIEY, 1998, 226 pages ;

Roman, histoire et mythe dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar, M. & S. Delcroix éd., Tours, SIEY, 1995, 524 pages ;

La poétique de l’espace dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar, Actes du colloque international de Cluj-Napoca (6-8 octobre 2010), Lucia Manea, Rémy Poignault, Rodica Pop éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2013, 480 pages ;

Les miroirs de l'altérité chez Marguerite Yourcenar, Actes du colloque international de Bogota (10-11 mars 2011, Rémy Poignault, Vicente Torres éd., Clermont-Ferrand, SIEY, 2014, 213 pages.

Paris, le 19 février 2016, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Marguerite YOURCENAR, de l'Académie française (1903-1987).
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