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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 23:48

 "Je suis le dernier des grands présidents. Après moi, il n’y aura que des financiers et des comptables» avait dit François MITTERRAND, un grand seigneur de la politique habité par une âme littéraire. Dans son premier discours de président élu, M. MITTERRAND avait déclaré «il appartiendra à l’histoire de juger». Pour les Français, François MITTERRAND est le meilleur président de la République ces 40 dernières années. Ceux qui ont pris le pouvoir, après lui, ne sont plus que des intendants et de vagues commis, des laquais du grand capital, peu visionnaires, sans grands desseins, oublieux des plus démunis. «Ils s’en prendront aux retraites, à la santé, à la sécurité sociale, car ceux qui possèdent beaucoup veulent toujours posséder plus, et les assurances privées attendent de faire main basse sur le pactole. Vous vous battrez le dos au mur» avait-il prédit. A bien des égards, en cette période de perte de valeurs et de repères, François MITTERRAND qui a réconcilié la gauche et le pouvoir, sous réserve d’un «droit d’inventaire», suivant une formule de Lionel JOSPIN, nous manque, énormément. Pharaon bâtisseur, doté d'un sens aigu de l'histoire, il a profondément modifié la physionomie de Paris (Grand Louvre, Opéra Bastille, Musée d'Orsay, Institut Monde Arabe, Grande Arche, La Villette, La Très Grande Bibliothèque, etc.). Riche de talents littéraires, polémiste, habile, redoutable tribun, prince de la réversibilité, intriguant, avide de pouvoir et sans cesse en quête de lui-même, séducteur, parfois retors, machiavélique, cynique, mais nationaliste, fidèle en amitié et bienveillant, François MITTERRAND est initialement un provincial de droite devenu patron de la gauche. «Si je suis un homme du passé, vous êtes un homme du passif» réplique-t-il à Valéry GISCARD-d’ESTAING lors du débat des présidentielles de 1981. Adulé ou vilipendé, «tonton», comme on l’appelait affectueusement, a représenté un immense espoir populaire à la suite de la victoire du 10 mai 1981. «Je crois pour demain, comme hier, à la victoire de la Gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que toute sa famille, c’est la Gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a point de salue» dit-il. Tacticien et surtout stratège de haute voltige, MITTERRAND est un artiste de la politique, passionné de littérature et d’écriture, il a mis sa contribution littéraire au service de son ascension politique. Doté d’une répartie et d’un sens de la formule, il savait aussi balancer des vacheries. «Chirac c’est un type sympathique, dommage qu’il manque de structure mentale» dit-il, ou encore, «Quand j’ai nommé Edith Cresson, je lui avait dit qu’elle avait le devoir d’être impopulaire. Je ne savais qu’elle réussirait aussi bien». Michel ROCARD est sévère à l’égard de son éternel rival : «Il n’y a pas de Parti socialiste, il n’y a que les amis de François MITTERRAND». Parfois ambigu, trouble et complexe, MITTERRAND est un véritable personnage de roman. Dans sa biographie, Jean LACOUTURE montre bien que François MITTERRAND est une «histoire de Français», sa personnalité, jusque dans ses ambiguïtés, incarne les Français eux-mêmes. Entre le catholicisme des origines et le socialisme d’adoption, entre Vichy et Londres, entre stoïcisme et cynisme, ruses et conviction, François MITTERRAND réunit et exacerbe en lui les contradictions françaises. Dans un pays, champion de familles recomposées, l’homme avec ses deux familles, fascine, «Sa vie est un miroir qui se promène sur une grande route», en référence à une expression de Stendhal. «J’aime ton corps, la joie qui coule en moi quand je détiens ta bouche, la possession qui me brûle de tous les feux du monde, le jaillissement de mon sang au fond de toi, ton plaisir qui surgit du volcan de nos corps, flamme dans l’espace, embrasement» écrit-il à Anne PINGEOT, sa maîtresse, le 16 juillet 1970. Avec ses paradoxes et contradictions, MITTERRAND fut, à la fois, le dirigeant d’un mouvement de résistance décoré par Vichy, un jeune parlementaire conservateur et l’artisan de l’union de la Gauche. Imposant les communistes au gouvernement, il fut le fossoyeur du Parti communiste français. Féroce opposant à De Gaulle et à la constitution de la Vème République, il le caricature dans son ouvrage «le coup d’Etat permanent» : «Il existe dans notre pays une solide permanence du bonapartisme, où se rencontre la vocation de la grandeur nationale, tradition monarchique, et la passion de l’unité nationale, tradition jacobine» écrit-il. Une fois au pouvoir, il a su cependant, tirer le meilleur profit de ce cadre constitutionnel, s’inscrire dans sa logique, et le sacraliser, plus que jamais, notamment à travers la gestion de la première cohabitation.

François MITTERRAND après des hésitations de jeunesse, a fini par s’ancrer, définitivement, à gauche : «sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop» dit-il. Le président MITTERRAND entre en fonction le 21 mai 1981, il met son septennat sous les auspices des grands ancêtres de l’humanisme qu'il va honorer au Panthéon : Jean JAURES, inspirateur du socialisme, Jean MOULIN, symbole de la Résistance, et Victor SCHOELCHER, qui abolit l'esclavage, symbole des idéaux universalistes et de l'égalité entre les humains. Dès le 22 mai 1981, il nomme un Premier ministre ancré à gauche, Pierre MAUROY, maire de Lille, qui semble capable de faire travailler ensemble les différentes tendances du Parti socialiste. Jusqu’en 1983,  il engage un programme de rupture : augmentation de 10 p. 100 du S.M.I.C., revalorisation des allocations familiales et de l'allocation logement, annonce de la création d'un nombre important d'emplois publics, abolition de la peine de mort, abrogation du délité d’homosexualité, libération des ondes avec la création de radios privées, nationalisations, régularisation des sans-papiers, 5ème semaine de congés payés, etc. Mais il ne fera pas le droit de vote des étrangers aux élections locales ; l’irruption durable du Front national, devenu Rassemblement national, aux élections locales à Dreux, est devenu un affront national.

Né le jeudi 26 octobre 1916 à Jarnac, François, Marie, Adrien, Maurice, MITTERRAND passe son enfance, en Saintonge, en Charente, dans une fratrie au total de huit enfants. «J’ai souvent regretté de ne pouvoir garder davantage de lien avec cette Charente, avec le Jarnac de mon enfance. Ma vie politique m’a conduit vers un territoire différent, auquel j’ai voué beaucoup d’attachement. Pourtant, je n’ai jamais vraiment quitté Jarnac. Je reviens de temps à autre dans la maison où je suis né, dans la maison où mes grands parents, mes parents ont vécu» dit-il. François MITTERRAND est issu d’une famille catholique, bourgeoise et conservatrice du Bloc National, mais ouverte. «François Mitterrand a donné de lui, une image fluctuante, floue, trouble parfois, qui s’est traduite par une expression définitive : «c’est un Florentin». Bien plus, «c’est un émule de Machiavel», écrit Geneviève MOLL. Pour son art de l’esquive, de l’intrigue et son cynisme, François MAURIAC le surnomma le «Florentin». «Je n’étais pas assuré de mon talent. Pour ce qui est d’agir sur les hommes, je l’ai su d’emblée» dit-il. Dans sa contribution littéraire, personnage complexe et ambigu, MITTERRAND s’est fabriqué un personnage de roman, entre mythe et réalité.  «Ceux de mes ancêtres dont je porte nom étaient bourgeois de Bourges. Notre généalogie, peut-être complaisante, prétend les suivre à la trace jusqu’aux brouillards du Moyen-âge» écrit-il dans «Ma part de vérité», et il exhibe, fièrement, ses origines du Berry, et donc son enracinement dans le terroir français. «Il n’y a de Mitterrand que Berry» dit-il et deux de ses ancêtres ont prévôts de Bourges. Le nom «Mitterrand» dérivé du mot «Mittier» signifierait des mesureurs de grains, et François MITTERRAND, même si aucun de ses parents n’a exercé ce métier, y fait dans son ouvrage, «La paille et le grain». Si MITTERRAND, c’est le grain, l’opposition ne peut incarner que la paille. Un de ses ancêtres, Sylvain MITTERRAND, vigneron, né en 1625 du temps de Louis XIII, a échappé la peste, adulte il sera témoin des ravages de la Fronde. Le fils de Sylvain, un certain Mathurin, né à Bourges, le 11 février 1681, deviendra également vigneron, et il aura un fils, dénommé Martin, qui lui-même aura comme descendant, Gilbert, (1744-1813), un quadrisaïeul de François MITTERRAND. Ce sont souvent des personnes modestes, des jardiniers, des journaliers ou domestiques. Un de ses ancêtres, Jean-Baptiste, renonce au métier de vigneron pour devenir cordier. Charles MITTERRAND, un bisaïeul de François, deviendra éclusier de Roueron. C’est une rupture dans l’histoire familiale des MITTERRAND.

Son père, Joseph (1873-1946) qui voulait devenir journaliste, a finalement, par sécurité, choisi une carrière dans les chemins de fer. Il a gravi les différents échelons de la hiérarchie et dirigé alors la gare d’Angoulême où toute la famille habitait. Ce n’est qu’en 1919, lorsque Joseph se lance dans les affaires en attendant de reprendre la vinaigrerie familiale, que sa famille s’installe définitivement à Jarnac. Joseph, un catholique, de droite, mais avec une inspiration sociale, est renfermé, solitaire et rigide ; «Il s’était réfugié dans la réflexion, loin de l’action qui le tentait et le repoussait à la fois. (…) Il aurait aimé le mouvement des villes, le mouvement des idées. La solitude et le silence firent ses compagnons» écrit MITTERRAND. Pudique, François MITTERRAND a appris de son père, l’art de se taire, de protéger sa vie privée, ainsi que le goût de l’économie. «Je sais qu’on me reprocher d’aimer le secret. Pourtant, il faut bien garder une part de secret pour exister» dit-il. Yvonne LORRAIN (1880-1936), la mère de François, est la fille d’un producteur de Cognac, devenu par la suite, vinaigrier à Jarnac ; elle est cultivée, musicienne et fait de la peinture. L’écrivain, François MAURIAC (1885-1970) auquel MITTERRAND consacrera un ouvrage, est une connaissance de sa mère. MAURIAC a bien décrit cette bourgeoisie de province, parfois méprisante et recluse. Le jeune François a de l’ambition, il veut s’élever dans la hiérarchie sociale : «Je serai roi ou Pape ? Diriger, commander aux autres, s’élever au-dessus des autres», il s’applique cette formule. «Quand l’enfant naît, il naît avec toutes les nuances du monde. Il a ses exigences, ses ambitions. C’est l’enfant, en moi, qui me créé» écrit-il. Les grands-parents maternels, installés à Touvent, dans une maison rustique, jouent un grand rôle dans l’éducation du jeune François. «Cette enfance, je l’ai surtout vécu en pleine campagne, dans la propriété de mes grands-parents maternels, à la limite des départements de Charente et de Dordogne» écrit-il. C’est là, certainement, qu’il développe ce besoin quasi charnel d’un contact avec la nature ; «J’avais la tête pleine de musique naturelle : le vrai vent sec, la rivière. Chaque heure avait son odeur. J’avais une vie sensorielle», dit MITTERRAND. Cette Charente de l’enfance, François MITTERRAND la découvre à pied. Il en gardera, toute sa vie durant, une passion immodérée pour la marche, entraînant dans son sillage ceux qui l’entoure, jusqu’à la roche de Solutré. Sa mère communique à ses enfants sa passion des livres. Ses goûts la conduisent d’ailleurs bien au-delà de ses propres considérations morales.

En pension, à Angoulême, au Collège Saint-Paul, il découvre d’autres milieux, d’autres adolescents. En octobre 1934, MITTERRAND s’inscrit à la faculté de droit de Paris. «Je suis arrivé comme étudiant à Paris. C’était un autre monde dont je faisais connaissance et j’avais encore beaucoup à apprendre», dit-il. Il est éloquent, ce qui l’a convaincu, sans doute, de prendre le chemin du barreau, mais aussi de poursuivre des études en sciences politiques. Jeune bourgeois de province arrivant dans la capitale, il se cherche et ne perd pas toutes ses habitudes charentaises. En particulier, il continue de s’adonner à la marche à pied. Il sillonne ainsi Paris, parcourt ses rues, notamment le Quartier latin, cafés, théâtres, expositions, dancings, rencontres mondaines de toutes natures, tournois sportifs, font partie de ses activités. Pétri de littérature, le voilà vite amoureux de sa «très chère cité». «A dix-sept ans, j’ai découvert Gide, Martin du Gard, Claudel, Jouhandeau ; je suis devenu fanatique de Paul Valéry. Dostoïevski, Tolstoï ont été révélateurs de toute une foule de sensations, de réflexions : les malheurs du monde» écrit-il. MITTERRAND, qui a su par la suite domestiquer les médias, est avant tout un passionné des belles lettres, de Stendhal, Pascal, Voltaire et Châteaubriand. François MITTERRAND étant encore un catholique pratiquant, réside dans un foyer d’étudiants catholiques au 104 de la rue de Vaugirard, tenu par des pères maristes. On y pratique la retraite. On y célèbre la messe. Des conférences sur la foi y sont données.

François MITTERRAND reste classé, à l’époque, à droite de l’échiquier politique, sans aucun doute critique à l’égard de la IIIème République tout en restant à l’écart des ligues fascistes ou royalistes, par ailleurs condamnées par l’Église catholique. En effet, il adhère quelque temps aux «Volontaires nationaux», c’est-à-dire à la branche «jeunesse» de la ligue du colonel François La ROCQUE (1885-1946), chef des Croix-de-Feu, puis du Parti social français, l’un des plus puissants mouvements de la droite contestataire de l’époque. Le discours de La ROCQUE est empreint d’un réel patriotisme, fait sans cesse référence aux vertus du catholicisme social, prône l’ordre et la rigueur morale dans les affaires publiques. Admirateur de François MAURIAC, un ami de sa famille, ses goûts littéraires reflètent son engagement catholique et politique. Mais c’est à ce moment que MITTERRAND rencontre un de ses fidèles compagnons, Georges DAYAN (1915-1919), jeune étudiant juif et socialiste. MITTERRAND tombe amoureux d’une fille de 15 ans, qu’il nomme «Béatrice», de nom vrai nom Marie-Louise TERRASSE (1923-1998), qui prendra le nom de Catherine LANGEAIS quand elle deviendra speakerine de la télévision française.

Depuis l’automne 1938, MITTERRAND est sous les drapeaux, à 23 ans, pendant la deuxième guerre mondiale. Le 14 juin 1940, après de terribles combats pour lesquels il sera décoré, un éclat d’obus le blesse à Verdun. Il frôle la mort, est évacué de justesse vers un hôpital militaire où les Allemands le capturent. MITTERRAND assiste, en effet, à un événement qui le marque à jamais : la naissance d’une société. Car au «règne du couteau» et de l’anarchie ne tarde pas à se substituer la règle du partage. Les hommes se regroupent. Des lois se créent. Ce qui l’étonne, aussi, c’est que ceux qui sont à l’origine de tout cela ne sont pas forcément de son milieu. Voilà qui ébranle ses valeurs et ses croyances. On apprécie son esprit, ses analyses. Il prend part à toutes sortes d’activités intellectuelles et se constitue un réseau d’amis qui l’aideront plus tard dans la résistance ou dans sa vie politique. Après plusieurs tentatives, il finira par s'évader et rejoindre en janvier 1942 Vichy. Les années de la guerre sont les périodes les plus troublées de la vie de MITTERRAND et qui ont généré de nombreuses controverses. «Par le hasard de la petite histoire, j’ai connu successivement, en l’espace de ces quatre à cinq ans, les camps de prisonniers de guerre en Allemagne, la France occupée, l’Angleterre, l’Afrique du Nord, de nouveau l’Angleterre et de nouveau la France, quelques mois avant la libération de mon pays. Tout cet itinéraire a préparé, il faut bien le dire, tout naturellement, une nouvelle étape de réflexion» dit François MITTERRAND. Ces soupçons de connivence avec le maréchal PETAIN ont été exhumés après sa mort. En effet, Pierre PEAN les a exposés dans son ouvrage, «une jeunesse française». C’est François MAURIAC qui a évoqué, le premier, l’enfance barrésienne de MITTERRAND, dans ses bloc-notes : «Il a été, en 1959, un garçon chrétien, pareil à nous, dans une province. (…) Il a été cet enfant barrésien souffrant jusqu’à serrer les poings du désir de donner la vie ! ».  MITTERRAND réplique, sèchement : «S’il est vrai que j’eusse été d’extrême-droite dans ma jeunesse, je jugerai plus honorable d’être où je suis aujourd’hui, que d’avoir accompli le chemin inverse, où l’on se bouscule, semble-t-il». Il prend contact avec le milieu «Prisonniers» et participe, avec d’autres, à sa structuration. Il aide les prisonniers restés en Allemagne à s’évader en fabriquant de faux papiers qui sont ensuite envoyés dans des colis de la Croix-Rouge.

En décembre 1943, MITTERRAND gagne secrètement Londres et s’engage dans la Résistance. Puis de Londres, il part pour Alger où il rencontre le général de Gaulle. Entré en février 1944 dans la clandestinité sous le pseudonyme de capitaine MORLAND s’exécute, il devient un des dirigeants du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Paris est libéré en août 1944. François MITTERRAND prend part aux combats dans la capitale. Désigné par de GAULLE commissaire général correspondant du ministère des Prisonniers, il assure l’intérim du gouvernement français en attendant le retour du général de GAULLE en France. Il n’a pas 28 ans, le voilà le plus jeune ministre de la IVème République. «J’ai été un très jeune ministre. Je m’étais habitué à entendre dire : “le plus jeune”, il arrive très vite le moment où l’on ne peut plus le dire», dit-il.

Avec la Libération, MITTERRAND se marie le 28 octobre 1944, en l’église Saint-Séverin, à Paris, avec Danièle GOUZE (1924-2011), fille d’une famille de résistants, de laïcs, républicains et membres de la SFIO. De cette union naîtront trois fils : Pascal, Jean-Christophe et Gilbert. Le premier, malheureusement, ne survivra que trois mois. Il décède prématurément en 1945. La famille s’installera d’abord à Auteuil, puis à la rue Guynemer, dans le VIe arrondissement. Les MITTERRAND y resteront jusqu’en juillet 1973, date à laquelle ils déménagent rue de Bièvre dans le 5ème arrondissement.

Pour se présenter à la députation, Henri QUEUILLE, en soutient, lui dit «On vous offre cette chance, parce qu’elle n’existe pas. Allez-y quand-même. Vous réussirez si vous écoutez tout le monde et n’en faites qu’à votre tête». Le 10 novembre 1946, MITTERRAND devient député de la Nièvre, contre le tripartisme. Le Morvan est une vieille terre de protestation, réfractaire au pouvoir central. MITTERRAND, homme de province très attaché à la terre et aux hommes qui y vivent, va défendre ce coin de France avec amour et vigueur. «Je suis resté 35 ans parlementaire de la Nièvre. Je suis resté 32 ans Conseiller Général en plein Morvan, 17 ans Président du Conseil général. Mon mandat de maire de Château-Chinon n’a été interrompu que par mon élection à la Présidence de la République», dit-il. Député à 30 ans, il s’apparente immédiatement au groupe U.D.S.R., une de ces petites formations charnières de la IVème République. Fin tacticien, orateur brillant, il sera nommé onze fois ministre de 1947 à 1957.

François MITTERRAND est défavorable à l’indépendance des pays africains. «L’Algérie, c’est la France» dit-il. Ferhat Abbas, lui prête même cet ordre, les fellaghas, «vous n’avez qu’à les tuer». Il ne concède aux Algériens que des réformes à la marge. Benjamin STORA et François MALYE relatent cette guerre coloniale, en Algérie. François MITTERRAND, Ministre de l’intérieur depuis quatre mois, quand la guerre d’Algérie éclate le 1er novembre 1954, se retrouve donc au cœur de la tourmente. Devenu ministre de la Justice, en février 1956, du gouvernement socialiste de Guy MOLLET, il reste un homme d’ordre, fidèle à la politique répressive qui s’installe. La guillotine en devient une des armes. Quand MITTERRAND quitte la place Vendôme à la fin du mois le 21 mai 1957, quarante-cinq condamnés à mort ont été guillotinés en seize mois. Michel ROCARD accuse François MITTERRAND d’avoir envoyé, injustement, de nombreuses personnes au peloton d’exécution. Cette violence, avec ses escalades, n’a fait que renforcer la détermination des combattants algériens. Les Harkis et les Pieds-Noirs finiront par quitter l’Algérie en 1962. MITTERRAND reconnaîtra son erreur : «J’avais cru que la société coloniale pourrait se transformer autrement que par la violence. À l’expérience, j’ai compris qu’elle était, en soi, la violence, que la violence la gouvernait, que la violence lui répondait et que pour sortir du cercle de la violence il fallait sortir de la société coloniale, qu’il n’y avait pas de solution moyenne. L’ayant compris, j’avais mis du temps à l’admettre».

Dès le départ, François MITTERRAND est hostile à la solution du général de Gaulle de mettre en place les institutions de la Vème République qu’il qualifie de «coup de force». «Après 1958 les choses ont changé. Ce qui m’autorise à répéter qu’en 1965, oui, j’étais le candidat des forces de progrès, de certaines forces sociales, en face du général de Gaulle ; que je respectais et que j’admirais, mais auquel je ne pouvais pas identifier ma propre démarche» dit-il. Eloigné du pouvoir, il entame une première traversée du désert. «L'affaire de l’Observatoire» survenue dans la nuit du 15 octobre 1959, l’atteint de plein fouet.

En mars et avril 1959, il s’est fait élire tour à tour maire de Château-Chinon jusqu’en 1981 et sénateur de la Nièvre. Il prend aussi le temps de voyager. Il découvre notamment la Chine et publie à cette occasion son quatrième livre, «La Chine au défi», en 1961. Durant cette mise en quarantaine, la situation politique évolue. Aux élections législatives de 1962, si le parti gaulliste l’emporte largement, MITTERRAND retrouve son siège de député de la Nièvre. Dès 1963, il crée le Comité d’action institutionnel, fédération de clubs républicains et progressistes, à l’intérieur duquel il regroupe ses plus fidèles partisans : Roland DUMAS, Claude ESTIER, Louis MERMAZ, Georges DAYAN, Georges BEAUCHAMP, Charles HERNU, Pierre JOXE, Georges FILLIOUD, André ROUSSELET. En 1964, MITTERRAND publie ce qu’il considérera plus tard comme son meilleur ouvrage : «Le Coup d’Etat permanent». De Gaulle est considéré comme un dictateur. Le livre est un succès. ««Les temps du malheur sécrètent une race d'hommes singulière qui ne s'épanouit que dans l'orage et la tourmente. Ainsi de Gaulle, réduit à briller aux dîners mondains et à se pousser dans les cabinets ministériels de la IIIe République, étouffait-il à respirer l'air confiné d'une époque figée dans sa décadence. Mais le désastre où s'abîma la France ouvrit d'un coup ses fenêtres et il put se saouler à son aise au grand vent de l'Histoire» écrit-il. Pour MITTERRAND, le général de GAULLE arrive toujours au pouvoir par effraction : «Entre de Gaulle et les républicains, il y a d’abord, il y aura toujours le coup d’Etat. (..) De Gaulle occupe le pouvoir parce qu’il l’a ardemment désiré, patiemment approché, habilement investi, audacieusement saisi» précise-t-il.

Pour l’élection présidentielle de 1965, c’est Gaston DEFFERRE (1910-1986) qui semble le candidat le mieux placé contre de GAULLE. Et c’est lui qui, dans un premier temps, tente de fédérer la gauche, sans les communistes. Or, François MITTERRAND l’a très bien compris, l’équation politique de la Vème République rend indispensable de s’entendre avec le P.C.F. pour parvenir au pouvoir. L’écart de stratégie est de taille. Après le retrait de Gaston DEFFERRE, MITTERRAND se lance dans la présidentielle de 1965, met en ballotage le général de Gaulle et devient le leader de la gauche. Il créé la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui regroupe toutes les forces de la gauche non communiste. MITTERRAND ne prend pas la mesure de ce qui souffle sur le Quartier latin en mai 1968. Ou, plutôt, il échoue à le canaliser. Lorsqu’en 1969, après la démission de De GAULLE, MITTERRAND cherche à imposer sa candidature, il échoue. La gauche part désunie. Gaston Defferre, candidat, ne recueille qu’un peu plus de 5 % des voix. Deux candidats de droite s’affrontent au second tour. Georges POMPIDOU est élu. MITTERRAND dit alors son amertume de voir la gauche échouer, une fois de plus, dans un nouveau livre, «Ma part de vérité», publié en 1969.

MITTERRAND entreprend alors une longue marche vers le pouvoir. Au congrès d’Epinay-sur-Seine du 11 au 13 juin 1971, grâce à une alliance entre le CERES de Jean-Pierre CHEVENEMENT, la motion DEFFERRE-MAUROY et les Conventionnels, MITTERRAND prend la tête du Parti Socialiste, et évince Guy MOLLET (1905-1975), secrétaire général de la SFIO de 1946 à 1969. «En France, je cherche à entraîner un mouvement populaire et je veux que les classes sociales qui composent ce mouvement populaire aient leur mot à dire dans les affaires de la Nation et dans les affaires de l’Etat», dit-il. Le nouveau premier secrétaire se met immédiatement au travail. Première étape, doter son parti d’un programme de gouvernement avec en mars 1972, le slogan «Changer la vie». Débutent alors de longues et difficiles tractations avec le P.C.F.. Finalement, le 26 juin 1972, avec l’aide des radicaux de gauche, le Parti socialiste impose à son puissant partenaire d’extrême gauche un programme comparable au sien. Le 27 juin 1971 devant l’Internationale socialiste qui s’interroge, MITTERRAND explique le sens de cet accord : «Notre objectif fondamental, c’est de refaire un grand parti socialiste sur le terrain occupé par le PCF lui-même, afin de faire la démonstration que sur les cinq millions d’électeurs communistes, trois millions peuvent voter socialiste».

À l’été 1972, le Parti socialiste sous la direction de François MITTERRAND est en ordre de marche. L’union de la gauche est réalisée, elle a un programme à proposer aux Français. Mais le calendrier est soudainement bouleversé par le décès de POMPIDOU (5 juillet 1911 – 2 avril 1974), président depuis le 20 juin 1969. La campagne est courte : moins d’un mois. Malgré une situation sociale MITTERRAND échoue une fois de plus, avec seulement 400 000 voix de retard. On se souvient de la réplique cinglante de Giscard d’Estaing : «Vous n’avez pas le monopole du cœur, M. Mitterrand».

Après 1974, le Parti socialiste se transformer et accueille le P.S.U de Michel ROCARD, des militants de la CFDT, des milieux chrétiens de gauche – tels que Jacques DELORS des «Sabra», jeunes intellectuels ou hauts fonctionnaires comme Paul QUILES, Lionel JOSPIN, Jacques ATTALI, Laurent FABIUS, Hubert VEDRINE. En 1977, aux élections municipales, le PS fait un véritable raz de marée, emportant 37 villes de plus de 10 000 habitants. Aux élections législatives de 1978, le PS devance désormais les communistes : 26,3 % contre 20 %. La prophétie de MITTERRAND s’est réalisée. Georges MARCHAIS (1920-1997), secrétaire général du PCF de 1972 à 1994, met alors un terme à l’union de la gauche. MITTERRAND opère un gauchissement de la ligne politique du PS pour prendre davantage de voix aux communistes, d’où une guerre sans merci contre les «rocardiens» Au congrès de Metz du 6 au 8 avril 1979, MITTERRAND appelle à la «rupture». Les militants applaudissent. Michel ROCARD est écarté. Dans «La Paille et le Grain», publié en 1975, dans «L’Abeille et l’Architecte», publié en 1978 et surtout dans «Ici et Maintenant», publié en 1980 MITTERRAND ne ménage pas ses critiques à l’égard du pouvoir.

La campagne présidentielle s’engage au tout début de l’année 1981. Cette fois-ci, le candidat MITTERRAND, grâce à Jacques SEGUELA, a appris à mieux communiquer et lance des slogans accrocheurs : «Changer la vie», «La force tranquille». Son programme est résumé en 110 propositions, dont le droit de vote des étrangers aux élections locales et l’abolition de la peine de mort. Lors du débat télévisé qui précède le scrutin, à un Valéry Giscard d’Estaing qui l’accuse d’être «l’homme du passé», François Mitterrand réplique que le «Président sortant» est quant à lui «l’homme du passif». Au soir du 10 mai 1981, MITTERRAND est élu président de la République avec 51,76 % des voix.

I – François MITTERRAND et l’alternance du 10 mai 1981,
 

Le 10 mai 1981 est une date hautement symbolique. Avant celle-ci la gauche n’avait gouverné la France que d’une manière sporadique : en 1924 avec le Cartel de gauche, en 1936, avec le Front populaire. On saisit mieux, dans ces conditions, la déclaration de MITTERRAND le soir de l’alternance : «Cette victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de création, des forces du renouveau qui se sont rassemblées dans un grand élan national pour l’emploi, la paix, la liberté, thèmes qui furent ceux de ma campagne présidentielle et qui demeureront ceux de mon septennat».

Le 10 mai 1981, dès qu’ELKABBACH, avec une mine renfrognée et défaite, annonce la victoire de François MITTERRAND à la télévision, on a tous exulté : «On a gagné !». C’est bien tout un peuple, écarté depuis près d’un quart de siècle de toute participation au pouvoir, qui se reconnaissait spontanément dans la victoire de MITTERRAND. Je suis allé, avec mes amis, à la place de la Bastille. Pour la première fois, depuis l’avènement de la 5ème République, on assistait à l’alternance. Communistes tant redoutés en plein guerre froide, allaient gouverner avec les Socialistes. Première élément de rupture, à la Place de la Bastille ce soir du 10 mai, un député communiste de l’Essonne, Pierre JUQUIN, monte à la tribune, ivre de joie et fait l’éloge de MITTERRAND. C'est une violente tornade, vers 3 h 30 qui nous a chassés de la Place de la Bastille. Pendant la marche vers mon domicile à la rue des Boulangers, à quelques 20 minutes de la Place de la Bastille, j'ai savouré, sans limites, cet instant magique de bonheur. Parfois, certains moments fugaces, mais intenses, sont logés dans votre mémoire et résument toute une situation.

Dès le lendemain, un camion débarque des caisses de champagne au métro Luxembourg. Les passants et les touristes qui n’y comprenaient rien, s’en donnent à cœur joie. Au restaurant universitaire à Mazet, près des Mouffetard, avec les jeunesses socialistes, on perturbe le repas de midi, en entonnant encore : «on a gagné !».

Ce 21 mai 1981, j’arrive très tôt à la rue Soufflot, dans le 5ème arrondissement, où se trouve le Panthéon, pour pouvoir apercevoir François MITTERRAND ; Le nouveau président venait déposer une rose et se recueillir sur les tombes de Jean Jaurès, du résistant Jean Moulin et de Victor SCHOELCHER qui a participé à l'abolition de l'esclavage en France. L’affluence de la foule et la dureté du service d’ordre sont tels que je suis rejeté loin de l’itinéraire de François MITTERRAND. Je suis même tombé, sans être piétiné par cette foule délirante. Mais j’ai pu entendre l’orchestre de Paris, entonner l'Hymne à la joie. C’est grâce à la caméra de mon ami, Serge MOATI, que j’ai pu apprécier, par la suite, à la TV, cette cérémonie magique. J’étais là pour participer à cette immense joie que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. Traditionnellement, les Parisiens sont méfiants, distants et peu exubérants. Et les voila qui se lâchent, vous saluent, et même vous embrassent. Moi aussi, j’en ai profité pour embrasser quelques unes. Cette liesse et ambiance fraternelles, je les ai ressenties, par la suite, lors du Bicentenaire de la Révolution en 1989. Et de nouveau, avec les jeunes socialistes on s’est tempête à la cafétéria de la place de la Sorbonne : «on a gagné !».

35 années après, je me pose encore cette question : Mais, au fait, en temps que citoyen français d’origine sénégalaise, qu’avons-nous exactement gagné ?

Au cœur de la campagne électorale de François MITTERRAND, il y avait l’espoir de «changer la vie». Nous avons gagné la liberté. Les générations actuelles issues de l’immigration n’imagent pas combien la Droite, et son représentant de l’époque, M. GISCARD-D’ESTAING, ont été durs avec nous. La loi sécurité et liberté permettait des contrôles au faciès et à moindre incartade, vous êtes humilié, menotté et mis dans "le panier à salade". Ainsi, un matin, habitant à l’époque à la rue des Boulangers, dans le 5ème arrondissement, et me rendant, en courant à ma faculté à la Place du Panthéon, j’étais en retard. La police m’interpelle : «Pourquoi tu cours ? Tu as ta carte de séjour ?». Oui, pour eux un Noir qui court ce n’est être qu’un voleur et un clandestin. Je réponds à l’agent que je n’en ai pas. Menotté et jeté dans la camionnette, je me retrouve au commissariat, tout près du Boulevard Saint-Germain. L’officier de police de garde me toise : «alors tu n’as pas de séjour, tu vas rentrer dans ton pays». Je lui réponds que, citoyen français, mon pays n’est pas loin. Je n’ai donc pas de carte de séjour. J’étais quand même en retard à mon cours à la faculté de droit. Moi, le paresseux, il fallait remonter la Montagne Sainte-Geneviève. Quant aux étudiants étrangers, les retraits de carte de séjour arbitraires étaient fréquents. On a fondé une association de défense des étudiants étrangers, INTERCAPA. J’ai prié, à Sainte-Geneviève, patronne de Paris, que ces vexations puissent cesser, un jour. Avec la victoire de la Gauche, MITTERRAND a abrogé la loi sécurité et liberté, et régularisé tous les étrangers qui avaient un contrat de travail.

Ce qu’on a tous gagné, c’est l’introduction dans la société de valeur humanistes et d’équité, porteuses de rénovation de la société. En termes de liberté, on avait à l’époque que des radios et télévisions d’Etat. Comme le disait Georges POMPIDOU, très conservateur, «l’ORTF c’est la voix de la France». MITTERRAND a libéré les ondes. Les radios et télévisions privées qui foisonnent, actuellement, c’est l’héritage de 1981. L’homosexualité était un délit. Comme si l’Amour pouvait représenter un grave danger pour l’ordre public. La peine de mort a été abolie. En 2005, j’ai pu approcher, de très près Robert BADINTER, lors du centenaire du Parti socialiste à la Très Grande Bibliothèque de François MITTERRAND. Je lui ai serré la main. Je lui ai dit simplement «merci». Jean AUROUX que j’ai rencontré au congrès du Comité National d’Action sociale, à Toulouse, nous a expliqué, qu’avant 1981, la citoyenneté s’arrêtait à la porte de l’entreprise. MITTERRAND a restitué aux travailleurs leur dignité et leurs droits légitimes. Anicet le PORS, un excellent ministre communiste, nous a brillamment exposé en 2003, au Sénat, lors du trentenaire de la loi du 13 juillet 1983 sur le statut de la fonction publique, en quoi la Gauche, contrairement à une idée reçue, a remis à l’honneur le service public. La Droite n’a pas osé abroger les 35 heures qui sont devenues un acquis majeur de notre temps. La Fête de la Musique a été institutionnalisée en Europe. La Gauche c'est avant tout un projet culturel.

Avec François MITTERRAND nous avons gagné l’idée que la Gauche est aussi légitime que la Droite à gouverner la France. Pendant longtemps, la Droite, se fondant sur les expériences du passé, brossait un procès en incompétence de la Gauche. Après deux échecs de MITTERRAND à la présidentielle (1965 et 1974), certains conservateurs croyaient que la Droite serait encore installée au pouvoir pour 150 ans. A la veille du 1er tour des présidentielles de 1981, le FIGARO, titrait que si la Gauche gagnait, les chars russes allaient défiler sur les Champs-Elysées. Avec le programme de nationalisations, les maisons durement, acquises, allaient être confisquées. Les quatre Ministres communistes se sont révélés très compétents. Le peuple français n'a pas tremblé. Il est entré dans l'espérance et dans l'espoir de changer la vie.

Comme «Tonton», je crois aux forces de l’esprit. C’est plein de reconnaissance et de gratitude, que je remercie François MITTERRAND de tous ces bienfaits, dont la liste est loin d’être exhaustive. Je prie pour le repos de son âme et que cet esprit de tolérance, de justice, d’égalité et de fraternité, de mai 1981, puisse encore durer des siècles et des siècles.

Au pouvoir la Gauche a souvent oscillé entre «l’ambition et le remords», en référence à un remarquable ouvrage d’Alain BERGOUNIOUX et Gérard GRUNBERG. En dépit de ces belles conquêtes qui ont changé notre vie, il y a eu des rendez-vous manqués. Dès 1983, la rigueur a provoqué de fortes désillusions et l’apparition, durablement, du Front National sur la scène politique. Une forme de «Gauche caviar», déférente aux puissances de l’argent, a conduit à la mort, fort injuste, en 1993, de Pierre BEREGOVOY, dont je salue la mémoire.

Auparavant, au congrès de CRETEIL du 24 janvier 1981, lors de la désignation de François MITTERRAND comme candidat du PS, et avec les jeunesses socialistes, on avait applaudi à tout rompre, à la proposition sur le droit de vote des étrangers aux élections locales. Aujourd’hui, les Bulgares et les Polonais, sans attaches solides avec la France et sans maîtrise de la langue française, ont un droit de vote. Mais nos parents qui résident dans ce pays depuis des générations, continuent d’être victimes d’une «Apartheid» qui ne dit pas son nom.

En dépit de ces sérieuses réserves, qui appellent des mesures de correction, sans délai, je crois fondamentalement aux valeurs républicaines et socialistes, pour une société plus fraternelle et plus juste. Entre le 21 mai 1981, à l'assaut du Panthéon pour changer la vie, et le 21 avril 2002, où j'entends, depuis lors et sans cesse, les trompettes de la peste brune résonner, je me suis dit où est passé l'héritage de François MITTERRAND ?

M. Lionel JOSPIN, un remarquable Premier Ministre, a diminué le chômage, équilibré les comptes, et mis en œuvre des réformes de progrès, comme la parité. M. JOSPIN a corrigé les dérives de cette «Gauche caviar». Protestant et rigoriste, M JOSPIN a introduit de grandes valeurs morales dans la politique. Il fait ce qu’il dit. Il dit ce qu’il fait. Comme le dirait Amadou Hampâté BA, «L'homme c'est sa parole. La parole est l'Homme». Je regrette très profondément le coup du sort du 21 avril 2002, et surtout cette fierté mal placée de sortir définitivement du jeu politique.

D.S.K. est un réformiste compétent et brillant universitaire, mais il a choisi de mener une vie de bâtons de chaise. Tant pis pour lui et pour la France.

Un autre François, M. HOLLANDE, est un homme honnête qui a engagé une bataille très difficile, celle de l’équilibre des comptes publics. Mais ces efforts douloureux ne sont pas acceptables que s’ils sont suivis de résultats substantiels et tangibles, en termes d'emploi, de pouvoir d'achat et de bien-être de chacun. Les aides consenties aux entreprises ne sont légitimes qui elles contribuent à créer de la richesse nationale, et surtout de l’emploi. L’aide à la spéculation boursière doit être condamnée, sans réserve. En 2012, la Gauche avait tous les pouvoirs, y compris au Sénat, mais le droit de vote des étrangers a été remis aux calendes grecques. Le projet de loi sur la déchéance de la nationalité a été une trahison du projet socialiste. La sanction est tombée, et le Parti socialiste contraint, en raison d’une cuisante défaite en 2017, d’abandonner son siège emblématique de la rue Solférino, a licencié du personnel, et s’est exilé à Ivry-sur-Seine. Jean JAURES avait établi un lien direct entre le Socialisme et la République. Pour lui, le socialisme doit s’inscrire dans la continuité républicaine pour en être l’aboutissement, en créant les conditions d’une réelle démocratie politique, mais aussi d’une démocratie sociale et économique. La Gauche social-libérale se manifeste dans son action politique par la dissimulation, le mensonge et le renoncement. Ainsi, après la victoire aux présidentielles de 2012, les manquements au respect de la parole donnée constituent, indubitablement, des trahisons de l’héritage de Jean JAURES. Sans doute peu fier de son bilan, c'est en catimini, que François HOLLANDE est venu déposer une gerbe de fleurs, au Café Croissant, à Paris 2ème, lors du centenaire de l'assassinat de Jean JAURES. Pour Michel FOUCAULT dire la vérité, c’est la possibilité de fonder des actions sur la vérité. C’est pourquoi une étude sur la vérité, chez ce philosophe, s’analyse selon deux axes fondamentaux, d’une part celui des discours, en tant qu’ils prétendent dévoiler ou renfermer la vérité, et d’autre part celui des actions, en tant que celles-ci se devraient d’être justifiées en vérité. Alors que la vérité est habituellement comprise comme une qualité de ce qui est dit, Foucault introduit donc une perspective radicalement nouvelle : vérité du dire dans son rapport à la vie de celui qui l’énonce.

Cette faillite idéologique a mené à des désastres électoraux successifs de la Gauche et à une montée, sans précédent, du F.N. faisant peser des menaces sur la République. La Gauche a perdu la bataille de l’hégémonie culturelle, en référence à une expression d’un philosophe italien, Antonio GRAMSCI. Les thèmes en vogue (Nation, identité nationale, individualisme), sont fondamentalement contraires aux valeurs républicaines. Je me souviens du discours de François HOLLANDE au congrès du Mans, en novembre 2005, en pleines émeutes à la suite de l’assassinat de deux jeunes en Seine-Saint-Denis. Son discours sur la République nous avait réchauffé le cœur. Devenu président, M. HOLLANDE semble a oublié sa promesse pour un droit de vote des étrangers aux élections locales. «Le pouvoir éblouit, le pouvoir pétrifie», disait Michel FOUCAULT.

Pourtant, le P.S. reste un des principaux piliers pour encore sauver la République. Ce parti n’appartient pas à la Nomenclatura, seulement intéressée par le partage du gâteau et les combinaisons politiciennes, mais à ses militants qui doivent se battre pour le sauver de sa «mollétisation». Il faut un autre congrès d’Epinay ! Le Socialisme auquel je crois, c’est celui de la défense des valeurs républicaines d’égalité de justice, de fraternité, de démocratie et de dignité de l’homme. Le progrès économique n’a de sens que si l’humain est placé au cœur du projet de société. «L’Homme est la mesure de toute chose», disait un ancien grec, PROTAGORAS.

II – François MITTERRAND : la littérature une arme politique

De l’homme qui aimait les livres au personnage de roman, l’ascension politique de François MITTERRAND ne peut être séparée de la littérature. Son œuvre littéraire comporte une vingtaine d’ouvrages principaux. «J’aime écrire. En avais-je le talent ? En tout cas, j’en ai le goût. Comment écrire ? Il faut l’unité de l’esprit», dit-il à l’émission de Bernard PIVOT, 5ème édition d’Apostrophe du 7 février 1975. François MITTERRAND est l’auteur de plus de vingt ouvrages. Homme de culture, la littérature fut pour une passion pour MITTERRAND, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant : «Si j'avais eu une ambition, elle aurait été celle-là », dit-il. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d’une époque.

François MITTERRAND, un témoin majeur de notre histoire est d’abord et avant tout un homme de la IVème République, avec ses guerres. Il a écrit sur les «prisonniers de guerre devant la politique» dans lequel il examine les principales forces politiques (M.R.P, P.C.F, S.F.I.O.) et le Parti radical en perte de vitesse. «Aux frontières de l’Union française» il brosse certaines guerres coloniales en Indochine, au Maroc et en Tunisie. Il réclame des évolutions inévitables, mais dans le maintien des relations avec la France. Il veut servir à la fois son pays et la vérité. Il revient sur ces thèmes dans «présence française et abandon». Les gouvernements successifs, pour avoir voulu tout ignorer afin de tout maintenir, ont d’abord tout compromis pour tout perdre enfin. Il a pu voyager en Chine et s’entretenir avec Mao Tsé TOUNG.

Initialement, François MITTERRAND s’est révélé, à travers ses contributions comme étant un farouche adversaire du pouvoir personnel du général de GAULLE et des institutions de la Vème République qu’il qualifie, à travers un ouvrage, de «coup d’Etat permanent». Par ce livre brillant, passionné, passionnant, MITTERRAND se range dans la lignée des plus grands polémistes. Sur nombre d’entre eux même il marque un avantage. Combattant de la dernière guerre, résistant, jeune député, plusieurs fois ministres et garde des Sceaux, appuyé sur une expérience déjà longue et une documentation sans défaut, il a le droit de parler et sait ce dont il parle. Ce livre de combat est critique sans ménagements du régime gaullien, de ses institutions, de ses dignitaires et de son chef. Qu’il séduise ou qu’il irrite, il invite à la réflexion. Cependant, François MITTERRAND finira, le 4 septembre 1987, par rendre hommage au général de GAULLE «Je reconnais tout à fait la place inimitable qu’a rempli le général de Gaulle, les services incomparables rendus par lui dans un des moments les plus dramatiques de notre histoire».

Dans «Ma part de vérité» et après avoir mis le général de Gaulle en ballotage au second tour des présidentielles de 1965, François MITTERRAND veut incarner l’unité de la gauche, en miettes. C’est un livre de combat. Il a pour ambition de reconstruire cette gauche en miettes. Pour cela, il s’agit de ne plus en laisser paralyser le renouvellement et donc de poser publiquement les problèmes comme ils se présentent, bref d’informer et non plus d’escamoter ou de voiler la réalité.

Dans «la Rose au point», MITTERRAND s’impose ici comme un écrivain et aussi un leader pour tous les hommes de bonne volonté. La rose au poing, symbole du combat socialiste, signifie que changer la vie est un impératif. Le peuple doit pouvoir échapper à la jungle des intérêts, au règne de l’argent, à toutes les formes d’exploitation pour maîtriser eux-mêmes leur destin. Le socialisme, qui veut rendre le citoyen responsable de la communauté politique et le travailleur responsable de la communauté économique, apporte une réponse conforme aux exigences de notre temps. Cette présentation du programme commun de la gauche est une façon pour l’auteur de dire ce qu’il pense de la Ve République, comme de dévoiler les raisons de son combat.

«La pagaille et le grain», est une chronique personnelle, un journal, où l’auteur exprime en toute liberté ce qui lui vient à l’esprit, s’étend de 1971 à l’été 1974. Certains textes ont paru dans le «bloc-notes» de l’Unité, hebdomadaire du Parti socialiste ; d’autres sont inédits. La paille et le grain des choses. D’origine paysanne, MITTERRAND estime que la paille est d’origine noble. Aux yeux de MITTERRAND, il n’existe pas de matière vile ou noble : chacune a son usage, et la «paille» vaut le «grain». Pour peu que le lecteur accepte, comme le chroniqueur l’y invite, de traverser les apparences, il rencontrera partout des sujets de réflexion.

Un tiers de l’œuvre concerne les promenades, les voyages. MITTERRAND griffonne assez souvent des notes, par souci de fixer dans leur contexte une impression, un fait. Ici il parle du Programme commun, des firmes multinationales, de l’inégalité fiscale, de la guerre au Proche-Orient. Ailleurs, il dresse un portrait : Sicco Mansholt, Valéry Giscard d’Estaing, Pablo Neruda, Georges Pompidou. Ailleurs encore, il dit son émotion devant un camélia de janvier, les tours de Paris, une plage l’hiver, les terrasses de Florence, un vol de grues à Latché ou son chien Titus.

Dans «L’abeille et l’architecte», François MITTERRAND laisse place à l’élan du rêve, aux sensations, aux émotions. MITTERRAND est un de ceux qui croient qu’il n’est de bonne écriture qu’exacte. Tandis qu’il mène sa vie d’homme d’action, un autre, en lui, observe le vent «grande rumeur dans le ciel immobile», garde le rythme des jours avec l’odeur du blé, l’odeur du chêne, la suite des heures. L’écrivain qu’il est Bonheur d’écrire, culture fulgurante, sagesse à la Montesquieu, charme des paysages de la mémoire, éblouissement devant la vie, ce livre, à la suite de La paille et le grain, fait partie des œuvres qui échappent au temps. L’abeille la loi de la nécessité, et l’architecte et la loi de l’initiative, y compris de la médiocrité.

«Ici et maintenant» est un livre issu d’une série d’entretiens avec Guy CLAISSE, dans lesquels MITTERRAND brosse le tableau de la France de l’Etat-Giscard et d’un monde malade du couple infernal dollar-pétrole. Reste à se battre, ici et maintenant, pour faire entrer l’air du dehors, maîtriser le progrès et vivre autrement. «Etre d’accord avec soi-même, je ne connais pas meilleur bulletin de santé». Le François Mitterrand d’Ici et maintenant tient tout entier dans cette affirmation tranquille. Trois ans après la rupture de l’union de la gauche, à quelques mois d’une nouvelle élection présidentielle, il fournit ses clés pour comprendre, savoir où il en est et où il veut aller. «Je fais partie du paysage de la France» dit-il. Il n’a pas l’intention d’en sortir. Dans cet ouvrage François MITTERRAND a apporté, avec tout son talent d’écrivain, une haute qualité littéraire.

On le dit parfois versatile ou insaisissable, mais «La grande constance de François Mitterrand est sa croyance dans l’idée européenne et dans sa construction» écrit Michèle COTTA. «De l’Allemagne, de la France», MITTERRAND est un européen convaincu et il a fortement œuvré pour un renforcer l’alliance entre la France et l’Allemagne comme moteur de la construction européenne. «Je rêve à la prédestination de l’Allemagne et de la France, que la géographie et leur vieille rivalité désignent pour donner le signal de l’Europe», dit-il. Au-delà de la leçon d’histoire, au-delà de l’essai politique, ce livre est le témoignage émouvant d’un homme habité par le destin de son pays, instruit par les guerres qui l’ont déchiré, déterminé à construire une Europe ouverte et sûre d’elle-même, capable de faire l’Histoire au lieu de la subir.

«Mémoires à deux voix» est un ouvrage en collaboration avec Elie WIESEL et MITTERRAND s’en explique : «Lorsque le mandat s’achève, que l’oeuvre s’accomplit, et qu’avec l’âge l’horizon se rapproche, le besoin naît, souvent, de rassembler des pensées éparses et de confier à l’écriture le soin d’ordonner sa vie».

«Mémoires interrompus» MITTERRAND résume son propos, «L’histoire de la France me possédait, j’aimais ses héros, ses fastes, et les grandes idées venues d’elle qui avaient soulevé le monde. J’avais la conviction, depuis l’enfance, que j’aurais à la continuer. J’éprouvais une profonde admiration pour le caractère, le courage, l’intelligence du chef de la France libre même si je contestais ses méthodes avant de combattre sa politique», dit-il. Il y a plus d’un demi-siècle, l’histoire personnelle de MITTERRAND a rencontré l’histoire de la France. Jusqu’à la fin, il aura poursuivi son dialogue avec elle. C’est à un demi-siècle de luttes et de rêves que ce livre est consacré, œuvre que la mort a interrompue.

Le Président lutte contre la maladie, il sait que la mort est proche, il a décidé d'aller jusqu'au bout de son mandat. C'est alors qu'il entreprend une «tournée des adieux» pour remercier et encourager à l'action tous ceux qui l'ont soutenu depuis le premier septennat : ses amis socialistes, ceux qui ont assumé des responsabilités publiques depuis 1981, le peuple de gauche, certains chefs d'Etat étrangers, etc. Nulle nostalgie dans tout cela, mais beaucoup d'émotion. Jamais d'apitoiement, mais la conviction que l'histoire reconnaîtra l'oeuvre accomplie. Ce n'est pas un vieil homme affaibli qui prend congé, mais l'incarnation d'un certain génie français qui désigne d'un geste assuré et affectueux le chemin qu'il faudra arpenter pour relever les défis de demain : la construction européenne, la défense des conquêtes sociales, la solidarité entre générations notamment.

«Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas», c’est par ces mots énigmatiques et intrigants que MITTERRAND, l’agnostique et le mystique, adresse son dernier message à la nation française, le 31 décembre 1994. François MITTERRAND est mort le 8 janvier 1996. Il n’est pas allé au Panthéon ; il nous a fait le coup de Jarnac. «Dans le cimetière de cette ville reposent mes arrière-grands-parents, mes grands-parents que j’ai aimés, mes parents et dans les cimetières alentours les générations d’auparavant par ma mère qui était très Saintongeaise au point que l’on parlait chez moi très souvent par souci de rester fidèle à cette province le patois saintongeais. Mon arrière-grand-père Beaupré - je ne sais pourquoi on l’appelait Beaupré de son prénom - Beaupré Lorrain l’enseignait de la façon qu’il aimait c’est-à-dire à la fin des banquets, des mariages avec Burgaux des Marais dont il était l’ami au point qu’ils se sont attelés à un moment donné à une grammaire du Saintongeais. C’est vous dire que je me sens à l’aise à l’endroit où se trouvent mes principales racines» explique François MITTERRAND. «Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de ne plus exister» dit-il.

Bibliographie très sélective :

1 – La contribution de François Mitterrand

MITTERRAND (François), Aux frontières de l’Union française, Paris, Julliard, 1953, 220 pages ;
 

MITTERRAND (François), De l’Allemagne, de la France, Paris, Odile Jacob, 1996, 247 pages ;
 

MITTERRAND (François), François MAURIAC, Paris, l’Herne, 1996, 109 pages ;
 

MITTERRAND (François), Ici et maintenant, conversations avec Guy Claisse, Paris, Fayard, 1981, 309 pages ;
 

MITTERRAND (François), L’abeille et l’architecte, Paris, Flammarion, 1975, 402 pages ;


MITTERRAND (François), La Chine au défi, Paris, Julliard, 1961, 199 pages ;
 

MITTERRAND (François), La paille et le grain, Paris, Librairie générale française, 1975, 285 pages ;
 

MITTERRAND (François), La rose au point, Lausanne, Rencontres, 1982, 239 pages ;
 

MITTERRAND (François), Le coup d’Etat permanent, Paris, Julliard, 1984, 273 pages,
 

MITTERRAND (François), Le socialisme du possible, Paris, 1970, Seuil, 118 pages ;
 

MITTERRAND (François), Les plus belles vacheries de François Mitterrand, Paris, Albin Michel, 2001, 141 pages ;

MITTERRAND (François), Les forces de l’esprit, messages de demain, préface de Roland, Dumas, Paris, Fayard-Institut François Mitterrand, 1998, 162 pages ;
 

MITTERRAND (François), Les prisonniers de guerre devant la politique, Paris, éditions du Rond Point, 1945, 51 pages ;
 

MITTERRAND (François), Ma part de vérité, de la rupture à l’unité, Paris, Fayard, Collection En toute liberté, 1969, 207 pages ;
 

MITTERRAND (François), Mémoires à deux voix, en collaboration avec Elie Wiesel, Paris, Le Grand Livre du Mois, 1995, 216 pages ;
 

MITTERRAND (François), Mémoires interrompus, entretiens avec Georges-Marc BENAHAMOU, Paris, Odile Jacob, 2001, 246 pages ;

MITTERRAND (François), Politique, Paris, Fayard, vol I, (1938-1977), 640 pages et vol. II (1977-1989), 368 pages ;
 

MITTERRAND (François), Présence française et abandon, Paris, Plon, 1957, 240 pages ;
 

MITTERRAND (François), Réflexions sur la politique extérieure de la France, Paris, Fayard, 1986, 444 pages.

2 – Les biographies de François MITTERRAND

ABBAS (Ferhat), Autopsie d’une guerre : l’aurore, Paris, éditions Garnier, 1991, 346 pages ;

ATTALI (Jacques), C’était François Mitterrand, Paris, Fayard, 2005, 462 pages ;

BALVET (Marie), Le roman familial de François Mitterrand, Paris,  Plon, 1993, 400 pages ;
 

BATTUT (Jean), François Mitterrand, le Nivernais, 1946-1971, la conquête d’un fief, Paris, l’Harmattan, 1971, 330 pages ;

BAYARD (Jean-François), La politique africaine de François Mitterrand, Paris, Karthala, 1984, 149 pages ;

BOCCARA (Edith), Mitterrand, en toutes lettres, 1971-1994, préface de Michèle Cotta, Paris, Belfond, 1995, 423 pages ;

COTTA (Michèle), Le monde selon Mitterrand, combats, pensées, arrière-pensées, piques polémiques, Paris, Taillandier, 2015, 336 pages ;

DENIS (Stéphane), La leçon d’automne : jeux et enjeux de François Mitterrand, Paris, Albin Michel, 1983, 249 pages ;

DUHAMEL (Eric), François MITTERRAND, l’unité d’un homme, Paris, Flammarion, 1998, 260 pages ;

 

DUMAS (Roland), Coups et blessures, 50 ans de secrets partagés avec François Mitterrand, Paris, Cherche-Midi, 2011, 402 pages ;

GOUZE (Roger), François MITTERRAND : l’homme, l’écrivain, Paris, Le Cherche Midi, 1994, 175 pages ;

GUIGO (Pierre-Emmanuel), François MITTERRAND, un homme de paroles, Paris, Presses universitaires de Vincennes, 2017, 188 pages ;
 

HALLIER (Jean-Edern), La force d’âme, suivi de l’honneur perdu de François Mitterrand, Paris, Les Belles Lettres, 1992, 373 pages ;
 

HOURMANT (François), François Mitterrand, le pouvoir et la plume, portrait d’un président écrivain, Paris, 2010, Presses universitaires de France, collection le nœud gordien, 240 pages ;
 

LABBE (Dominique), Le vocabulaire de François Mitterrand, Paris, La Fondation Nationale de sciences politiques, 1990, 326 pages ;

LACOUTURE (Jean), François Mitterrand, une histoire de Français, les risques de l’escalade, Paris, Seuil,  1998, 444 pages ;
 

LANG (Jack), François Mitterrand, fragments de vie partagée, Paris, Seuil, 2011, 298 pages ;
 

LONSI KOKO (Gaspard-Hubert), Mitterrand, l’Africain ?, Paris, L’atelier de l’Egrégore, collection l’arbre à palabre, 2006, 229 pages.
 

MALYE (François), STORA (Benjamin), François Mitterrand et la guerre d’Algérie, Paris, Calmann-Lévy, 2010, 312 pages ;

MANCERON (Claude), PINGAUD (Bernard), François Mitterrand, l’homme, les idées, le programme, Paris, Flammarion, 1981, 191 pages ;

MOLL (Geneviève),  François Mitterrand, le roman de sa vie, Paris, Sand, 1995, 216 pages ;

NAY (Catherine), Le rouge et le noir ou l’histoire d’une ambition, Paris, Grasset, 1984, 384 pages ;

 

PEAN (Pierre), François Mitterrand : une jeunesse française, 1934-1947, Paris, 1994, 624 pages ;

RIBAULT (Jean-Yves) GOLDMAN (Philippe), Contribution à la généalogie de M. François Mitterrand, Archives départementales du Cher, 1987,

SCHNEIDER (Robert), Les Mitterrand, Paris, Perrin, «Tempus», 2013, 416 pages ;  

SHORT (Philip), François Mitterrand, portrait d’un ambigu, traduit de l’anglais par Madison Deschamps, Paris, Nouveaux Monde éditions, 2015 ;
 

WINOCK (Michel), François Mitterrand, Paris, Gallimard, 2015, 432 pages.

Paris le 16 janvier 2016, actualisé le 7 août 2018 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

François Mitterrand, homme de lettres, premier président socialiste de 1981 à 1995.
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commentaires

souccar 27/07/2016 17:18

Mitterrand était la réincarnations du pharap' Séthi 1er
sethy1.free.fr

Mêmes visages !!!

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