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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 21:15

Romancière, journaliste et femme de culture, Edmonde CHARLES-ROUX nous a quittés le 20 janvier 2016. Elue à l’Académie de Goncourt en septembre 1983, dont elle est devenue présidente en 2002, Edmonde avait cédé à cette fonction à Bernard PIVOT en 2014. «Il existait une sorte de repli sur soi-même qui n'était pas forcément bon. Quand je suis devenue présidente, en 2002, avec le soutien d'autres jurés, j'ai fait le contraire: j'ai ouvert les portes» dit-elle. Il y avait des pratiques contraires à la déontologie (vote à distance, connivences avec les maisons d’édition) avant son arrivée à l’Académie de Goncourt : «Jean Giono votait par téléphone, il se trouvait le plus souvent dans le bureau de son éditeur. On m'a raconté aussi que Colette, avant les délibérations, téléphonait à deux ou trois amis et cela suffisait à orienter le vote. Il y avait aussi beaucoup de bagarres, de caprices, de bouderies, de démissions. Songez que certains jurés ne se parlaient pas. Le vote était secret. Nous avons mis fin à ce système en prenant des mesures importantes qui ont bousculé certaines pratiques».

Cosmopolite, Edmonde est née à Neuilly-sur-Seine elle naît à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, le 17 avril 1920. Fils d’un armateur marseillais, son père, François (1879-1961), est certes un homme d’affaires, mais aussi un diplomate. S’il devient membre de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques), ses, postes officiels l’entraînent, lui et les siens à vivre selon ses affectations, à Saint-Pétersbourg, Istanbul, Le Caire Prague, la ville de la petite enfance, et Londres.

Egérie de la gauche anticonformiste et antiraciste, Edmonde est une femme anticonformiste qui cachait, sous ses allures de grande bourgeoise un coeur à gauche, une volonté de fer et les passions d'une rebelle. Elle s’implique auprès des légionnaires les plus démunis et reçoit en 2007 le grade de caporal d’honneur de la Légion étrangère. "On me dit gauche caviar. Pourquoi pas ? L'essentiel, c'est la gauche. Si le caviar vient avec, tant mieux ! Cela veut dire qu'on était destiné à vivre à droite et qu'on a le coeur à gauche", lançait-elle. Résistante pendant la guerre, Edmonde devient infirmière volontaire aux armées. Elle a 19 ans. Résistante à Marseille, elle est appelée par le général de LATTRE de TASSIGNY, rallié au général De Gaulle, et reste attachée à son cabinet jusqu'à la Libération. Blessée à deux reprises, Edmonde reçoit la Croix de guerre.

Contrairement à l’avis de ses parents, Edmonde devient journaliste 1947 au jeune magazine Elle avec Françoise GIROUD et Hélène LAZAREFF. "Ma chance ? La journaliste qui devait couvrir la réouverture de la Scala tombe malade, on m'y envoie. C'est le retour de Toscanini après son exil. Je connaissais ses filles, j'ai été invitée dans sa loge", racontait-elle. Dans cette carrière de journaliste, Edmonde dirige ensuite la rédaction française de Vogue de 1950 à 1966, y imposant une vingtaine de pages culture par numéro. Le magazine tente de démocratiser le luxe et de faire connaître de nouveaux talents, tant chez les écrivains que chez les photographes ou les créateurs comme Christian DIOR, Yves SAINT-LAURENT Laurent et Emanuel UNGARO. Edmonde Charles-Roux a une particularité : elle traite la mode en la reliant aux autres formes de création. Invités de ces pages, ses amis écrivains et artistes, du communiste Louis ARAGON au poète et romancier homosexuel Jean GENET, sont trop sulfureux, pour ses patrons américains qui la renvoient finalement pour avoir choisi, en mars 1966, une mannequin noire, Donyale LUNA, en couverture d'un numéro. Il a fallu attendre 1988 pour qu'une mannequin, Naomi Campbell, puisse accéder à cet honneur. Ce combat d'Edmonde contre le racisme reste d'une grande actualité, en raison de la montée de la peste brune. grande proximité avec les communistes n'a pas été appréciée par son patron américain dans un contexte de guerre froide.

Féministe et indépendance, Edmonde est une romancière talentueuse. En 1955, elle participe aussi à l'écriture de la saga historique à succès "Les Rois maudits" de Maurice DRUON. "J'ai été un de ses nègres en somme", s'amusait-elle. «Oublier Palerme», son premier roman, a connu un grand succès public et la consécration par le Prix Goncourt. «Oublier Palerme» raconte l'histoire de deux femmes, Babs et Gianna, qui travaillent dans la presse féminine, et l'histoire de deux mondes, New York qu’Edmonde critique et la Sicile dont elle loue les beautés. «D’un côté, Palerme, la Sicile de la poussière, de l’étouffement, de l’honneur, de la misère, des passions gratuites et violentes, de la mer... De l’autre, n’importe laquelle de nos métropoles de commerce, d’argent, avec leur façon de briser les vies par la hâte, la férocité... Et, voguant entre ces deux univers, d’une époque à l’autre, les émigrants, paysans ou seigneurs, nostalgiques ou avides de recommencer. Si ce roman nous apparaît aussi dense, riche, lourd de vraie vie et de tendresse, c’est qu’il a été écrit à côté des modes littéraires, en plein cœur des souvenirs et de l’imagination» souligne François NOURISSIER. «L’amour d’Edmonde Charles-Roux pour la Sicile, sa connaissance et son intuition du monde sicilien, de certaines de ses réalités et de ses profondeurs historico-culturelles m’ont fait retrouver dans Oublier Palerme des thèmes que je poursuis dans ma tentative de brosser un portrait au cinéma du Sud de l’Italie» ajoute Francesco ROSI. Dès sa parution Oublier Palerme obtint le Prix Goncourt et connut un succès mondial.

En 1966, Edmonde quitte la rédaction en chef de Vogue et rencontre un Gaston DEFERRE, son futur mari. Femme passionnée, elle l'est aussi en amour. DEFFERRE est marié et le couple se voit clandestinement. "Il était d'une incroyable séduction", avouait cette célibataire farouchement éprise de liberté. Ils se marient en octobre 1973, après sept ans de liaison secrète, et deviennent le couple phare de la cité phocéenne. "Moi, j'étais plutôt pour l'union libre mais cela lui semblait impossible à Marseille.", dit-elle.

«L'Irrégulière ou mon itinéraire Chanel» paru en 1974 est le fruit d'une longue enquête et de rencontres avec Gabrielle CHANEL, qu'elle avait découverte en 1954. Cet ouvrage nous plonge dans l'intimité et les secrets de fabrication de la célèbre modiste à la vie aussi mouvementée que mystérieuse. Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle CHANEL aura été tout au long de son existence une «irrégulière» dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l’itinéraire inverse de celui qui l’avait menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l’inspiratrice et non le modèle, Edmonde a dû déblayer une vie entière de mensonges ou d’aveux subtilement travestis pour nous montrer la fillette de forains cévenols, née par hasard à Saumur, l’orpheline oubliée dans un couvent de Corrèze, la petite pensionnaire des chanoinesses de Moulins, qui n’allait pas tarder à devenir «poseuse» dans un beuglant de la garnison, où elle chantait «Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ?». «Gomeuse» à Vichy, et même donneuse d’eau, celle à qui ses nombreux amis donnaient dès vingt ans son surnom devait faire son chemin. «Irrégulière», certes, au sens équivoque et proustien du terme, mais toujours marginale, indépendante, ambitieuse, et déjà sûre de son destin d’exception. Il n’est guère d’hommes et de femmes célèbres qui ne l’aient approchée, si bien que sa vie se confond avec l’histoire de l’entre-deux guerres. A travers cette carrière mouvementée, Edmonde Charles-Roux raconte une femme unique, en même temps qu’elle trace la chronique des soixante-dix années de ce siècle. Ce portrait d’une célèbre inconnue est beaucoup plus qu’un portrait : l’épopée d’un roman vécu et vécu comme un roman par son héroïne. L'occasion également pour l'auteur de mettre à mal la légende et d'inviter des personnalités telles que Jean COCTEAU, Max JACOB, Pablo PICASSO ou encore Igor STRAVINSKY. Ce roman a été porté à l'écran par Anne FONTAINE sous le titre «Coco avant Chanel», avec Audrey TAUTOU, en 2009.

«Stèle pour un bâtard» publié en 1980 nous rappelle la figure de Don Juan d'Autriche (1545-1578), le bâtard de Charles QUINT, personnalité relativement peu connue du grand public, à travers ce roman d'aventures. On y trouve de grandes scènes historiques: la bataille de Lépante, l'entrevue entre Don Juan d'Autriche et une ancienne lavandière de Ratisbonne, Barbe Plumberger, qui n'est autre que sa mère, l'entrée de Don Juan à Grenade. Edmonde suit à la trace le mystère de ce bâtard qui remporta à vingt-six ans, sur les Ottomans, une des plus grandes batailles de l'histoire, qui fut le premier chevalier de la chrétienté, et qui fut sur le point d'épouser deux reines. Un Don Juan mort prématurément, à 33 ans.

«Isabelle du désert » en 2003 retrace le parcours singulier de l'aventurière et écrivain suisse Isabelle EBERHARDT (1877-1904) et la suivre à travers le Maghreb. Dans cette biographie particulièrement fouillée et qui se lit comme un roman, Edmonde ressuscite cette jeune femme d'origine russe, convertie à l'islam, depuis sa naissance sur les rives du lac Léman jusqu'au moment où Isabelle accepte d'assumer le «désir d'Orient» qui la hante et de rencontrer par la suite une mort tragique. C'est à Aïn Sefra, où elle était en reportage, qu'elle trouva la mort un après-midi d'octobre 1904, engloutie dans les eaux d'un oued. C'est grâce au jeune lieutenant Paris, un des admirables personnages secondaires qui gravitent autour d'Isabelle et qui entreprendra de fouiller les décombres boueux, que ses manuscrits parviendront jusqu'à nous. Pour Edmonde Charles-Roux, il y avait là toute la matière d'un prodigieux roman vrai. A travers des archives inédites, elle a ainsi recomposé l'itinéraire d'une héroïne «irrégulière» et mystique.

Dans «L'Homme de Marseille» Edmonde présente ainsi son «récit-photos», un portrait amoureux de l'homme de sa vie, Gaston DEFFERRE (1910-1986). DEFFERRE, le résistant, le maire de Marseille pendant plus de trente ans, le ministre de l'Intérieur de MITTERRAND. «Drôle de projet, il faut bien le dire. Raconter l'existence d'un homme dont j'ai partagé un grand pan de vie. Commencer tout simplement par une enfance heureuse, son enfance. Par ses parents. Par le grand mas épais où il est né et qui est demeuré longtemps un point d'ancrage. Dérouler ensuite la bobine de soie et de corde, l'étrange tapisserie d'une vie. Grâce à cet homme, comprendre une ville: Marseille. L'amour d'une ville, d'un certain parler, d'une certaine lumière. Et à partir de cet homme, de cette ville, retracer une vie. Une vie de Français pas ordinaire. La vie d'un homme de conviction, l'histoire d'une certaine France» dit Edmonde CHARLES-ROUX.

Dans «Une enfance sicilienne, d’après Fulco Di Verdura», la Sicile du début du siècle, ses palais, ses jardins, ses fêtes, ses moeurs qui semblent plonger dans un passé fabuleusement éloigné, sa splendeur et sa folie, voilà qui nous est restitué dans ce livre unique, écrit par le duc Fulco di Verdura en son âge avancé, moins pour faire oeuvre littéraire que pour conserver dans le souvenir une époque à jamais révolue. Edmonde a mis toute sa connaissance de la Sicile et tout son talent de romancière à traduire et adapter quand il le fallait ce texte d'un délicieux anachronisme qui emportera le lecteur dans un monde drôle, savoureux, exotique. Il y apprendra comment on élevait un jeune aristocrate à Palerme avant la Première Guerre mondiale ; quelle impression mémorable causa l'arrivée d'un chameau dans la maison paternelle ; pourquoi et comment sainte Rosalie est devenue la patronne et protectrice de la capitale sicilienne ; quelle fonction symbolique était assignée aux cinq rangées de loges de l'Opéra ; et mille autres détails qui le plongeront dans ce même univers merveilleux où le prince de Lampedusa avait déjà puisé la matière de son Guépard. Quel plus beau voyage rêver que cette remontée capiteuse jusqu'aux temps où Palerme vivait les dernières heures d'une civilisation à nulle autre pareille et d'autant plus éclatante que les rayons du déclin la touchaient ?

Dans «Elle, Adrienne», surgissent des questions. Elle, Adrienne, qui est-ce ? Vivant mystère qui se donne, se reprend à travers ses vérités et ses mensonges, l'homme qui l'a aimée, le capitaine Ulric Muhlen, se le demandera tout au long de sa vie, tout au long de ce livre. Derrière ses aveux successifs et contradictoires, quelle enfance cache-t-elle, quels secrets ? Comment est-elle devenue cette femme d'exception qui a fait de son seul prénom une griffe d'élégance et de beauté, quels troubles liens l'attachent à l'énigmatique Licia, quelle a été son existence avant que ne la rencontre Ulric, jeune aristocrate originaire de Bohême, que le hasard des événements et la guerre ont transformé en officier de l'armée allemande d'occupation, à Paris ? Construit comme un constant contrepoint qui entremêle, autour d'Adrienne, le sort d'Ulric et celui de Serge, le livre d'Edmonde Charles-Roux nous propose une symphonie d'un lyrisme exceptionnel : l'inoubliable mélodie d'un chant d'amour s'y détache sur l'ample accompagnement d'une musique de combats, de tumultes, et de passions.

Dans «Lire le pays : ballades littéraires», regroupe 86 textes parus dans "L'Humanité" sur le thème lire le pays. Cette série débute le 30 juin 1977 avec Jean Genet et se termine avec Yves Gibeau le 3 juin 1978. Entre les deux, rassemble des grands noms de la littérature ou de la pensée française : Michel Tournier, Roland Barthes, Georges Perec, Hervé Bazin, Georges Simenon. Les textes sont classés par ordre alphabétique d'auteur.

«Pour avoir l’air d’un Chinois, en Chine, il ne faut jamais rougir» disait Edmonde dans son guide du savoir-vivre. Ne sachant pas rougir, je puis vous dire je suis fier de la vie extraordinairement riche et des engagements pour la République de cette grande dame, Mme CHARLES-ROUX.

Bibliographie sélective

1 – Contributions d’Edmonde Charles-Roux

CHARLES-ROUX (Edmonde), Oublier Palerme, Paris, Grasset, 1990, 322 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), L'Irrégulière, ou mon itinéraire Coco Chanel. Paris, Grasset, Livre de Poche, 1977, 592 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Une enfance sicilienne, d’après Fulco Di Verdura, Paris, Grasset, 1981, 320 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Elle, Adrienne, Paris, Grasset, 1971, 564 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Isabelle du désert, Paris, Grasset, 2003, 1 400 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Lire le pays : ballades littéraires, Paris, Le Passeur/Cecofop, 2004, 427 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), L’homme de Marseille : un récit photos, Paris, Grasset, 2001, 221 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Stèle pour un bâtard : Don Juan d’Autriche, 1545-1578 Paris, Grasset, 1980, 246 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Nomade j’étais : les années africaines d’Isabelle Eberhardt, 1899-1904, Paris, Grasset, 1995, 586 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Amour de la Provence : variations sur une certaine Provence, Plaisir du Livre, 1978, 48 pages ;

CHARLES-ROUX (Edmonde), Guide du savoir-vivre, Paris, Grasset, 1965, 288 pages ;

ADLER (Laure), CHARLES-ROUX (Edmonde) ELY Bruno, Festival d’Aix : 1948-2008, Paris, Actes Sud, 2008, 158 pages.

2 - Critiques

SAILLARD (Olivier), Edmonde Charles-Roux : les années mode, Musées de Marseille, 1995, 44 pages ;

UNGER (Gérard), Gaston Defferre, Paris, Fayard, 2011, 416 pages.

Paris le 23 janvier 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Edmonde CHARLES-ROUX, romancière, journaliste, femme de culture (1920-2016).
Edmonde CHARLES-ROUX, romancière, journaliste, femme de culture (1920-2016).
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Edmonde CHARLES-ROUX, romancière, journaliste, femme de culture (1920-2016).

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