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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 15:02

RONSARD m’est apparu, avec plus de quatre siècles de distance, comme le poète de l’Amour, le symbole de l’esprit de raffinement du peuple français et de son génie. En effet, les lumineux poèmes de Pierre RONSARD qui sont intemporels, chantent l’amour, la nature et la fuite du temps. Tout âge de l’humanité peut se résumer dans une œuvre : la Grèce antique, c’est Homère, en Italie le siècle d’Auguste, c’est Virgile, le Moyen-âge, c’est Dante et Pétrarque. RONSARD a eu cette gloire singulière d’être l’homme de son temps. Ecrivain majeur de la Renaissance, poète inspiré, RONSARD a eu pour ambition de purifier et renouveler la poésie française qui avait tendance à se scléroser au début de son ère. En effet, la poésie lyrique du Moyen-âge, déclamée par des troubadours, en présence des dames et des chevaliers, réprimait les idées nouvelles, et ne visait qu’à flatter l’oreille de ses auditeurs. Clément MAROT (1496-1544) a résumé, durant sa brève existence, toutes les qualités de la vieille poésie, mais ses successeurs furent loin de l’égaler. La poésie fut, après MAROT, l’art de la galanterie et donc assimilée à un affadissement de l’esprit français. Un vent de révolte s’organisa contre ces œuvres légères et frivoles. Celui qui en donna l’impulsion fut Joachim Du BELLAY entouré de Jean DORAT, un éminent helléniste, Etienne JODELLE, Jacques PELETIER du MANS, Rémy BELLEAU, Antoine de BAIF et Pontus de TYARD. Du BELLAY fut l’organisateur de la Pléiade littéraire, mais c’est RONSARD qui en fut le chef intrépide. Désireux de se présenter comme l’avenir de la poésie française, dans une France dépourvue de tradition littéraire, RONSARD a été confronté à des points de vue divergents au sein de la Pléiade entre le Collège Coqueret (Ronsard, Du Bellay et BAIF) et celui de Boncourt (Belleau, Jodelle). RONSARD mène un combat pour la «République des lettres» à la fois nationaliste et politique. Il n’admet pas, qu’à la moitié du XVème siècle, l’Italie s’illustre comme étant le porte-drapeau des Arts et des lettres. Epicurien, RONSARD récuse l’obscurantisme, l’étroitesse d’esprit de l’Eglise catholique qui brime la création et persécute encore les libres-penseurs.

On s’accorde à dire que RONSARD naquit le 11 septembre 1524, dans le Château de la Possonnière, près de Vendôme, sous le règne de François 1er (1494-1547, un roi de la dynastie des Valois), à quelques mois de la défaite de Pavie du 24 février 1525. Une chute a failli coûter la vie au jeune Pierre, le jour de son baptême. Il est le fils de Louis de RONSARD, un maître d’hôtel et chevalier à la cour royale, qui a étudié à l’université de Bourges. Sa mère est Jeanne CHAUDRIER. La famille de RONSARD serait originaire de Hongrie ou de Bulgarie. Les armoiries de la famille de notre poète portent l’emblème d’un «ross», une sorte de gardon qui se pêche dans le Danube. Le premier personnage de sa famille, arrivé en France au XIIIème siècle, serait un certain Marucini qui a accédé au titre de marquis et dont le nom, KORSART, a été francisé en RONSARD. Mais les origines étrangères des RONSARD et sa qualité prétendue de prêtre, soulèveront de nombreux débats au XIXème siècle. RONSARD, cadet de la famille, a deux frères morts au berceau ; trois frères restés vivants : Claude, Louis et Charles. Il a vécu à la campagne jusqu’en 1533. Son père meurt, subitement, le 6 juin 1544.

A 19 ans, le 21 avril 1543, RONSARD rencontre dans une fête, à la cour de Blois, Cassandre SALVIATI, âgée de 13 ans, fille d'un banquier italien. Deux jours après, la cour quitte Blois. RONSARD ne cessera, dans ses œuvres, de proclamer son amour platonique. «L’existence libre et mondaine qu’il mena, fut certainement aussi utile que la vie à l’école pour le développement de sa personnalité, et c’est sans doute cette structuration particulière, qui fit de RONSARD un homme d’expérience avant qu’il ne devient un érudit», souligne Paul LA
UMONIER.


De santé fragile, à 30 ans RONSARD est déjà gris, chauve, maigre, pâle et défait par une fièvre intermittente ; il est en proie aux douleurs et aux insomnies. Sur la fin de sa vie, RONSARD cesse de publier de nouveaux textes. «Pour exécuter les grandes choses, il faudrait vivre comme si on ne devait jamais mourir», disait Luc de CLAPIERS marquis de VAUVENARGUES (1715-1747). Soucieux de sa gloire posthume, il se consacre à la préparation des éditions de ses oeuvres complètes. Dans ses dernières années, atteint d’une caducité précoce du corps et de l’esprit, RONSARD remania ses ouvrages. En juin 1585, aux prises de la fièvre et de la goutte, notre poète est alité chez Jean GALLAND, principal du collège de Boncourt, à Paris. RONSARD meurt, à 61 ans, le dimanche 27 décembre 1585, dans son prieuré de Saint-Cosme, près de Tours.

De son vivant, RONSARD a exercé une autorité absolue sur la littérature française. Sous les Valois, considéré comme la gloire la plus la haute, qualifié de «Prince des poètes» ou «poète des princes», RONSARD fut comblé de distinctions. L’Académie des Jeux floraux lui décerna le prix de la poésie, et les capitouls de Toulouse, au lieu de la simple fleur d’argent traditionnelle, lui firent présent d’une Minerve d’argent massif et le proclamèrent le «poète français par excellence». Les savants de son temps le comparaient à Homère, à Pindare, à Virgile. Quatre rois Valois, Henri II, François II, Charles IX et Henri III, le comblèrent de faveurs, de distinctions et de récompenses. Charles IX, en particulier, le reçut dans son intimité et lui adressa les vers suivants : «Tous deux également nous portons des couronnes ; Mais, roi, je les reçois ; poète, tu te les donnes». Il mourut comme il vécut en «prince des poètes français», et ses funérailles ont été célébrées avec un culte qui d’ordinaire n’est réservé qu’aux souverains, et l’on crût enterrée avec lui la littérature.

«L’avenir n’est à personne. De quoi demain sera-t-il fait ?», disait Victor HUGO. Cette interrogation s’applique à notre poète. En effet, comme tout homme distingué, RONSARD avait, lui aussi, déjà du temps de sa vie, un grand nombre d’ennemis. Ce fut avant tout François de MALHERBE (Caen 1555 - Paris 1628, poète officiel des Bourbons) qui, le premier en France, entreprit de terrasser cette grande gloire de la littérature française. Tombé avec les Valois, renversé de son piédestal, réduit en poussière, livré au ridicule, RONSARD sombra dans l’oubli pendant trois siècles. Il a fallu un effort surhumain pour retirer RONSARD de la boue, pour le remettre en lumière et en honneur. Au bout de ce temps, quelques esprits ardents dont les tenants de l’école du romantisme (Sainte-Beuve et Charles PHILARETE), fatigués de la pâle littérature de l’Empire, fille bâtarde des Muses de Louis XIV, et désireux de se ressourcer aux sources vives de la langue française, osèrent s’aventurer jusqu’à la Renaissance. Quel immense bonheur de soulever cette antique crasse, d’y retrouver des trésors perdus de grâce et de fraîcheur de la langue française ! L’esprit de la Renaissance, réprimé et refoulé au XVIIème siècle, reprend le dessus au XVIIIème siècle, et triomphe au XIXème siècle. «Je rends grâces aux poètes du XIXème siècle, qui ont acclamé le poète du XVIème siècle, vengeant, par un hommage inouï, la mémoire d’un grand homme, qui renaît glorieux après trois siècles d’oubli et d’ignorance», souligne Prosper BLANCHEMAIN.

I – RONSARD, entre tradition et audace

A – RONSARD, imitateur des Anciens

Pierre de RONSARD est un écrivain du XVIème siècle dominé par trois influences : la Réforme de Calvin, la Renaissance et l’Humanisme. La Renaissance est une émancipation de l’esprit humain marquée par une Antiquité restaurée. Partout régnait une activité d’intelligence. On essayait de créer, on imitait, on copiait, et l’imitation, elle-même, offrait le plaisir de la découverte. Le latin dominait, la langue française étant en construction. Cette indécision de la langue et du vocabulaire encourageait toutes les audaces. Le coeur aiguisait la main et la main aiguisait la plume. RONSARD, doué d’un esprit persévérant, laborieux et énergique, d’une grande hardiesse dans l’expression et d’une témérité dans l’innovation, révolutionna la littérature française. RONSARD se fixa un objectif majeur : enrichir, élever et ennoblir la langue française. Il faut, désormais, écrire en français et non en latin, et il faut écrire en français mieux qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. Pour RONSARD, la langue française, au XVIème siècle, est souple, agréable, assez forte, mais elle n’est pas assez riche. Le génie d’un auteur ne suffit pas pour atteindre ce noble objectif ; il faut travailler sans cesse, imiter les bons auteurs, notamment les Anciens sur le fond et la forme.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que RONSARD soit influencé par l’Antiquité repensée par des esprits ouverts. L’humanisme, pour lui, c’est le goût de l’art critique, le souci de bien connaître et de bien imiter les grands artistes des siècles passés. RONSARD a été fortement influencé, notamment par Pétrarque, Pindare, et Virgile. Habité par une fièvre de travail, cet enthousiasme pour l’Antiquité, RONSARD s’appropria leur langue, leurs idées, leur tournure d’esprit, il écrivit comme un Ancien eût écrit. Ces idées, et les souvenirs de la Grèce et de Rome, inondèrent sa poésie.

Cependant, RONSARD a une conception particulière de l’imitation. L’écrivain doit être pénétré, par ses lectures, des grands penseurs et des sentiments qui sont de ces auteurs, et puis quand il écrit, sans y songer, sans le vouloir, les laisse sortir de lui-même, tout imprégnés de lui-même par le long commerce. Bref, il faut savoir digérer ses lectures.

Le style de RONSARD a de l’enflure, de l’exagération, des imitations parfois stériles. Il a cette tendance à employer des expressions alambiquées, des mots composés, à l’instar des Grecs et des latins, des tournures vieillies qu’il s’efforce de rajeunir ou des expressions nouvelles qu’il tente d’acclimater dans la langue française. Dans son système inspiré de l’hellénisme, RONSARD introduisit, partout où il le peut, à la place des verbes simples et naturels, des vers parfois ampoulés. On a, de tout temps, reproché aux odes de RONSARD d’être obscures ; cette obscurité ne tient pas au langage employé, mais aux emprunts si éloignés de son temps et de son pays. Certaines de ses contributions sont indigestes ou inintelligibles, sans le recours fréquent à un dictionnaire d’histoire ou de mythologie.

B – RONSARD, une audace dans ses sources nationales

On a cru, fort injustement, que RONSARD n’était qu’un imitateur des Anciens, sans grande originalité. Il est vrai qu’une partie de son œuvre témoigne de l’effort qu’il fait de s’écarter des traditions nationales françaises. Il croyait que plus on les fuyait, plus on s’élevait vers la perfection. Nicolas BOILEAU (1636-1711), comme arbitre du bon goût français, comme législateur du Parnasse français, a fait la guerre, avec ses satires, à RONSARD pour le délégitimer. «Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, fit sentir dans les vers une juste cadence, d'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, et réduisit la muse aux règles du devoir. Par ce sage écrivain la langue réparée n'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée», disait BOILEAU, dans son «Art de la Poétique». Dans une critique injuste, BOILEAU avait dit de RONSARD que «sa muse parlait grec et latin». RONSARD, lui-même, a pris soin de mettre en garde la postérité contre cette excessive sentence dans les deux préfaces de «la Franciade» : «c’est un crime de lèse-majesté d’abandonner le langage de son pays vivant et florissant, pour aller déterrer je ne sais quelle cendre des Anciens».

En réalité, RONSARD s’inscrit bien dans la tradition nationale. Il confesse que le «Roman de la Rose» est bien écrit et a bercé son enfance. RONSARD considère Clément MAROT comme «la seule lumière en ces années de vulgaire poésie». Selon lui, MAROT a montré l’envie de s’engager dans un genre nouveau (élégies, églogues, blasons, épigrammes, épitaphes, odes, sonnets).

En définitive, l’examen de la contribution de RONSARD sur la langue française, l’étude de son vocabulaire, de son orthographe ou de sa syntaxe, atteste qu’il a été particulièrement inventif, et ne s’est pas borné à imiter les Anciens. En effet, il a puisé dans la tradition nationale et fait des emprunts aux dialectes du centre de la France. De par l’éclat et la nouveauté de sa versification sonore, ferme et rapide, la magnificence des images et la singularité de ses innovations, RONSARD se place, au plus haut niveau des plus grands génies littéraires. De par sa souplesse d’esprit et son talent, ses œuvres font songer au miroir qui réfléchit sur tout ce qui passe. Il a crée des mots nouveaux, en utilisant le préfixe en (emparfumer), les verbes composés. Il a lâché sa bride, sa fantaisie avec de nouveaux adjectifs, dérivés de mots français, avec des suffixes eux, in, ard, al, er (aigueux, grateleux, frétillard, etc.). Il a, comme à la mode du XVIème siècle, fait honneur au diminutif (archet, archelet,) créé des adjectifs composés (claire-voix, bien-disant). L’orthographe de cette époque reste tout de même bien capricieuse.
Par ailleurs, RONSARD est un poète de la Nature qui reprend un thème fréquent chez les pétarquistes. Amadis JAMYN (1540-1593), secrétaire de RONSARD de 1565 à 1754, a noté que notre poète avait un goût prononcé pour la solitude et le jardinage. Les termes de vénerie et de fauconnerie ont une place importante dans le vocabulaire de RONSARD. Il avait la sensation de la nature dans ses contributions littéraires, c’est-à-dire cette impression indescriptible qui s’empare du promeneur s’élevant vers le sommet des montagnes, et qui entend le torrent bruisser à ses pieds les parfums de la joie de vivre. RONSARD n’a jamais été mieux inspiré que lorsqu’il a parlé de nature. Il adorait la campagne, particulièrement, celle qui fut le berceau de sa famille, le Loir, les coteaux, les vallées couverts d’arbres, les grottes arrosées de sources. Dans ses poèmes, au parfum de l’Antiquité, se mêle agréablement l’odeur du terroir. RONSARD a su décrire les vrais habitants à la campagne, les paysans au travail, les troupeaux au pâ
turage.

Contre les bûcherons de la forêt de Gastine (extraits, Elégie XXIV)
Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?
Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront
sous ton ombre, et ta verte crinière
Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.

Cette nature lascive n’est-elle pas pour la femme qu’il chante un exemple à suivre ? Ne l’invite-t-elle pas à céder sa prière, à s’abandonner à l’amour ?

II – RONSARD, poète du sentiment amoureux.

Epicurien, et avant tout poète de l’Amour, RONSARD a compris que les femmes consacrent la renommée des poètes, et qu’on les prend en leur parlant des choses qu’elles aiment, en leur parlant d’elles, surtout. RONSARD a voulu être le poète des tendres aveux, des joyeux et souriants propos. Il s’est contenté, pour l’essentiel, de chanter l’Amour. RONSARD s’est dépeint comme un homme aux sentiments mobiles, nerveux, sensible et mélancolique. RONSARD a parcouru, dans son œuvre, toute la gamme de l’Amour : la tendresse, la sensualité, la passion, la préciosité, la contrariété, l’amour platonique, esthétique ou romantique, l’amour volage ou sensuel.

Les femmes qui l’ont inspiré sont de toutes conditions (bonnes, bourgeoises, jeunes filles, vieilles, veuves, mariées, ingénues ou perverses). Cependant, la vie de RONSARD fut marquée, en particulier, par trois femmes qui sont ses muses : Cassandre, Marie et Hélène, pour lesquelles il écrivit des poèmes sublimes. Il composa ses poèmes surtout sur le thème de la fuite du temps, de l’expression des sentiments.

A – RONSARD et sa CASSANDRE

En 1543, alors qu'il a dix-neuf ans, il rencontre une jeune fille de treize ans, Cassandre SALVIATI, fille d’un banquier italien. RONSARD l’aperçoit furtivement au cours d’une soirée. Celle qui chante est une toute une jeune fille, presque une enfant. Toute mignonne, elle se tient droite dans sa robe de satin blanc bordée de fourrure brune. Au cours de cette fête royale, la voix de Cassandre qui monte est si captivante que tous les regards sont tournés vers la chanteuse, et qu’un instant les chuchotements des seigneurs se sont tus. RONSARD est littéralement conquis par Cassandre. Aussitôt rencontrée, aussitôt disparue, la jeune Cassandre, mariée, va devenir l'être "inaccessible". Cassandre sera à RONSARD, ce que Laure a été à Pétrarque, et va lui permettre de célébrer l'amour platonique. Il serait difficile de trouver rien de plus gracieux que ces stances qu’il adresse, un soir, à Cassandre, la dame de ses pensées.

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu’au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte
nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

Le poème consacré à Cassandre va au-delà d'un thème conventionnel : la jeune fille est belle comme une rose. Il donne de l'amour l'image d'un jeu intelligent mettant en œuvre des scènes gracieuses, évocatrices et des raisons pour séduire.

L’autre jour que j’étais assis auprès de vous
Prisonnier de vos yeux si cruels et doux
Dont l’Amour fit le trait qui me rend fantastique
Vous me demandez pourquoi j’étais mélancolique
Et que toutes les fois que vous me verriez ainsi
Voulez-vous savoir quel es
t le mal qui me causait mon souci ?

Lorsque Cassandre fut mariée, RONSARD en sent, au cœur, un pincement douloureux et le dit dans un poème.
J’ai vos beautés, vos grâces, vos yeux
Gravés en moi, les places, et les lieux
Où je vous vis danser, parler, rire, (...).

Des années ont passé. RONSARD s’est épris de vingt femmes qu’il a remarquées, courtisées, délaissées et oubliées.
Mais il pense toujours à sa Cassandre.

L’absence, ni l’oubli, ni la course du jour
N’ont effacé le nom, les grâces de l’amour
Qu’au cœur je m’imprimai dès ma je
unesse tendre.

RONSARD malgré tous ses amours, est mort avec au cœur le regret et le souvenir fidèle de son premier amour pour Cassandre, le seul auquel il fut constant. Le mari de Cassandre est mort ; elle est restée veuve, seule et vieille, mais RONSARD lui consacre encore des poèmes.

Vous êtes déjà vieille et je le suis aussi
Joignons notre vieillesse et l’accolons ensemble
Et faisons d’un hiver qui de la froidure tremble
Autant que nous pourrons
un printemps adouci.

B – RONSARD et sa Marie DUPIN

Sa nouvelle muse est une paysanne, Marie DUPIN, âgée de 15 ans, originaire de Bourgueil, alors en Anjou, actuellement dans le département d’Indre et Loire. RONSARD publie 183 sonnets des Amours de juin 1550 à fin 1552, et en 1556 le second livre, et les Amours de Marie. Il s’agit d’un poème officiel écrit sur demande d’Henri III, c'est-à-dire de circonstance, ce Roi venait de perdre sa maîtresse Marie de CLEVES décédée à 21 ans en 1574. Rencontrée en avril, Marie ralluma, plus cruellement, un nouveau feu dans le cœur de RONSARD. Le poème sur la «Mort de Marie» est un sonnet, en alexandrin, mais avec une particularité des rimes, propres à RONSARD.

«Sur la mort de Marie»
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :
La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase
plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

RONSARD choisit de rendre hommage à Marie par un éloge poétique élaboré autour de la métaphore de la rose ; il dépeint sa beauté avant d’évoquer sa mort. Initialement, aucune image macabre ou de mort n’est évoquée, sauf dans un hémistiche «La Parque t’as tuée». La tristesse est présente, mais elle est dominée et domestiquée. La mort de Marie est transposée en beauté. RONSARD semble, au départ, détaché et extérieur à ce drame, puis il nous expose ses sentiments personnels sur cette perte en construisant une élégie dramatique à double sens. D’une part, le poète nous fait part de sa douleur, sa souffrance, sa vie tragique de la vie, à travers l’exemple de la mort de cette jeune fille. D’autre part, notre poète exprime l’urgence de vivre, comme dans son poème précédent consacré à Cassandre, «Mignonne allons voir si la rose». La métaphore de la rose, ainsi que la réflexion sur le temps qui passe font partie des thèmes majeurs que traite RONSARD. Le destin éphémère de la rose est une consolation à la mort. Bien que chrétien convaincu, RONSARD est imprégné d’une culture païenne et épicurienne ; il fait largement appel à la mythologie et aux rites antiques. Marie, déifiée, est mise au centre des divinités du jardin et de la rose.

C– RONSARD et son Helène de SURGERES

«La gloire est, pour un vieil homme, ce que sont les diamants pour une vieille femme : ils la parent et ne peuvent l’embellir», disait François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848). Le dernier amour de RONSARD, à 54 ans, s’appelle Hélène de FONSEQUE baronne de SURGERES, âgée de 25 ans ; elle ne cédera jamais à RONSARD qui lui écrira encore ses derniers vers. Hélène est issue de deux grandes familles : l’une française, l’autre espagnole. A la cour de Charles IX, RONSARD, vieux et sourd, vient de se réconcilier avec le Roi, après plusieurs années de discordance. Afin de célébrer ces retrouvailles, RONSARD se rend à l’office religieux. Quel n’est pas son éblouissement d’y trouver une jeune fille brune, au teint mat, aux longs cheveux presque noirs, mais d’un charme fascinant des brunes aux yeux bleus. RONSARD tombe immédiatement amoureux de cette charentaise, une fille d’honneur de la reine Catherine de MEDICIS. RONSARD lui parle de ses tristesses, de ses ennuis d’homme de cour et d’écrivain : il lui fait sentir que, s’il pouvait se passer de gloire, il ne pouvait se passer d’amour. La chasteté sereine et souriante d’Hélène, son goût pour les lettres, excitent encore la curiosité du poète. Cette liaison platonique durera 7 ans. Les premiers sonnets pour Hélène voient le jour… «Vivez si m’en croyez ! N’attendez à demain ! Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie !» lui écrit-il.

«Quand vous serez bien vieille» (extraits des sonnets pour Hélène)
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.
Lors, vous n’aurez servante ayant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédai
n.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Au début réticente, Hélène finit par s’attendrir de l’assiduité de celui qui lui apparaît un peu comme un vieillard fatigué et romantique. Peu à peu pourtant, sa constance la touche et ses poèmes l’émeuvent. Elle consent un jour à lui susurrer : «Je vous aime, poète». Hélène aimait sa propre gloire et avait un extrême souci d’être tenue pour chaste. Et tandis que le poète se retire en sa Touraine natale pour y vivre ses derniers jours, la belle Charentaise meurt le 15 janvier 1618, à 72 ans, dit-on, pucelle !

Ce poème, «Quand vous serez bien vieille» est une puissante déclaration d’amour. Contrairement au poète qui se nomme par l’usage répétitif de la première personne, Hélène qui n’est jamais citée, est omniprésente. RONSARD évoque la vieillesse et la mort, en ce qu’elles ont le plus de cruel, mais cette évocation est également une invitation, pour Hélène, à être raisonnable et à goûter aux plaisirs de la vie, alors qu’il est encore temps. Il faut vivre au présent et conjurer tout regret inutile, plus tard. Le caractère fugace et fragile de la vie est mis en exergue. RONSARD est un amoureux souffrant et sans espoir qui s’exprime. Hélène, inaccessible, est immortalisée à travers l’écriture poétique.
En définitive, RONSARD s’inspire de Pétrarque, un grand humaniste, érudit ayant la passion de la forme châtiée et raffinée. Pétrarque est surtout un théoricien et peintre de l’Amour chaste, élevé et délicat. L’art de RONSARD de pétrarquiser, avec ses trois muses, se manifeste à travers plusieurs éléments : la description de la beauté physique de la bien-aimée qui est idéale ; la beauté morale qui est angélique, l’influence physique et psychique de ces deux genres de beauté sur l’amant ; l’antagonisme des effets produits par les deux genres de beauté (espoir et désespérance), et l’influence morale de l’aimée sur l’amant. Pétrarque a aimé Laure pour les «rayons de soleil» qu’elle portait en sa personne ; c’est un amour platonique qui permet de s’élever à la contemplation du Beau et du Bien. Son profond amour est vertu qui engendre toutes les autres, en particulier le sentiment de l’honneur et de la fidélité inébra
nlable.

III – RONSARD, poète du sentiment national

RONSARD est un poète engagé dans certains combats politiques. La grande ambition de RONSARD ce fut de devenir et rester le poète officiel de la cour de France, comme l’avaient été Virgile et Horace à la cour d’Auguste. Poète autoritaire par excellence, chantre de la maison des Valois, poète courtisan, RONSARD avait une inspiration militante, notamment à travers «la Franciade» ou «le Discours des misères de ce temps».

A – RONSARD et son roman national français : la Franciade

RONSARD a exprimé une Révolution littéraire, dans les idées et dans le goût, qui a eu une incidence sur l’effort de la Royauté pour centraliser et unifier la France. RONSARD cultivait encore de plus hauts desseins. RONSARD, poète officiel des Valois, a servi, non pas par les armes, mais par la parole. Il a fait de la propagande politique, tout en étant libre et partisan. Dans son patriotisme, lorsque RONSARD entreprend «la Franciade», qu’il croit être son chef d’œuvre littéraire, il veut que l’honneur rejaillisse sur la maison des Valois. Il veut élever un monument à la gloire nationale ; son but c’est d’illustrer la France en lui donnant une épopée qui lui manque. En effet, depuis 1550, il rêvait d'écrire une épopée qui puisse rivaliser avec l'Iliade et l'Odyssée. Dans «La Franciade», RONSARD témoigne, à chaque page, l’admiration profonde que lui inspire le génie d’Homère et le soin religieux qu’il mit pour le lire, l’étudier et s’en inspirer. Dans cet ouvrage, les Rois de France descendent d’Astyanax, le seul fils qu’ait eu Hector avec Andromaque et donc petit-fils de Priam, roi de Troie, le seul qu’Homère ait nommé. Après de multiples obstacles et tentations de renoncement, Francus arrive, enfin, sur les bords de la Seine, dans une île, il fonde Paris. Le merveilleux est omniprésent dans ce poème de RONSARD. A chaque pas, l’intervention des Dieux se fait sentir, tout est en leurs mains. Mais l’Olympe de RONSARD n’est pas tumultueux comme celui d’Homère, il a banni les injures, les menaces et les éclats de rire.
La composition de la Franciade, annoncée depuis si longtemps, l'occupe jusqu'en 1572, où les quatre premiers livres sont publiés. Ceux-ci tombaient mal : quelques semaines après la Saint-Barthélemy, le public avait d'autres sujets de préoccupation que les aventures de Francus. Ceux qui les lurent furent déçus, mais ne le dirent pas, tant le prestige de RONSARD était grand. L’exportation du poème n’est pas claire. La haute origine de Francus n’est pas établie de façon authentique. Les verbeux prologues sont particulièrement déconcertants. La Franciade n’est, à bien des égards, qu’une longue succession d’épisodes isolés. RONSARD s’oublie, avec complaisance, à tous les détours chaque épisode languit comme l’action elle-même. La forme qui devait sauver le fond devient, aussi, par une conséquence inévitable, verbeuse et ennuyeuse.
Après la mort de Charles IX, RONSARD découragé laisse à d’obscurs continuateurs, le soin de versifier le reste de son travail. Œuvre imparfaite et inégale, «la Franciade», n’a pas été un
grand succès.

B – RONSARD et son discours des misères de ce temps

Face aux guerres de religion qui déchirent la France, en 1562, RONSARD, poète officiel, est un catholique, mais un partisan de la paix et de la réconciliation nationale. Il offre un poème, «Discours des misères de ce temps», à Catherine de Médicis, reine mère et régente. RONSARD se veut affirmer le primat des questions politiques sur le religieux. Il veut, comme la Royauté, rechercher une issue pacifique à la crise et rester au dessus de la mêlée.

Cependant, les protestants mettent l’accent sur l’engagement confessionnel de RONSARD comme élément de son engagement politique ; il ne serait donc pas neutre. Ils reprochent, en particulier, à RONSARD de «cacher son talent sous la terre». L’interprétation usuelle de cette parabole souligne la nécessité de faire fructifier les dons que l’on a reçus de Dieu, en vue de répandre la bonne parole et le Bien autour de soi. Or, ce poème allégorique de RONSARD a un sens politique et polémique qui discrédite les protestants. Il s’attaque au libre examen des protestants. La mythologie est au service de la satire pour caricaturer les protestants. RONSARD dénonce les protestants comme étant les responsables des malheurs de son époque. RONSARD s'aliène, ainsi, définitivement des hommes qui ont été parfois ses amis.

Une paix précaire à peine conclue, il doit répliquer à des pamphlets lancés contre lui. La plume de RONSARD se fait alors féroce : en 1563, dans sa "Réponse.... aux injures et calomnies de je ne sais quels prédicants et ministres de Genève". Il compare l'un de ses adversaires à un "loup-garou" qu'il faut exorciser.

Auparavant, dans les "Rencontres au peuple de France", RONSARD fait la part des choses : les protestants sont, certes, condamnables ; mais le peuple, les prélats, et même certains princes, en faisant montre d'une faiblesse coupable, ont aussi leur part de responsabilité dans le dérèglement des moeurs.

En définitive, RONSARD a joué un rôle politique dans la construction du sentiment national qui est l’amour du pays, le désir de voir s’étendre sa puissance, et la haine de l’envahisseur. Pour RONSARD, élevé à la cour des Valois, le Roi et la France ne font qu’un. En poète-soldat, RONSARD chantera les louanges de la famille royale ; il les traite comme des Dieux antiques et leur dédiera des poèmes.

Poème dédié à Henri II
Comme on voit le navire attendre bien souvent
Au premier front du port, la conduite du vent
Ainsi, Prince, je suis sans bouger attendant
Que la fureur royale aille, un jour, commandant
A ma nef d’entreprendre un chemin honorabl
e
Du côté que le vent lui sera favorable.

RONSARD a regretté de n’avoir pas chanté Jeanne d’Arc (1412-1431), Godefroy de Bouillon (1060-1100, un champion des Croisades), Charles Martel (686-741, duc d’Austrasie, fils de Pépin le Bref, et a repoussé les Musulmans à Poitiers) et Carlus Magnus dit Charlemagne (742-814, roi des Francs et empereur). Mais, il dit à Catherine de Médicis, veuve d’Henri II, mère et régente d’Henri III, François II et Charles IX, jeunes rois dans une période trouble : «Prenez le gouvernail de ce navire. La France, à jointes mains, vous en prie et re-prie».

Point n’est besoin de plaider la cause de RONSARD devant le Tribunal de la Postérité. J’ai une confidence à vous livrer : «ce gentilhomme vandomois» est le plus grand savant métricien de tous les versificateurs français. Initiateur de la Renaissance littéraire, avant lui ne coulaient que de minces ruisseaux, après lui, gronde un océan de poésie.

BIBLIOGRAPHIE TRES SELECTIVE
1 – Les principales œuvres de RONSARD
RONSARD (Pierre, de), Œuvres complètes (1er et 2nd livres des Amours, vers d’Eurymédon, Sonnets et Madrigals pour Astrée, 1er 2nd livres des sonnets pour Hélène, Amours et sonnets, Gayetez, Folastries, Charité, Odes, La Franciade, divers textes), tome I, édition de Jean Gérard, Daniel Ménager, Michel Simonin, Paris, Pléiade, n°45, 1993, 1 808 pages ;
RONSARD (Pierre, de), Œuvres complètes (Bocage royal, Eglogues, combats et cartels, Hymnes, Elégies, Epitaphes, 1er et 2nd livres des poèmes, discours des misères de temps, textes inédits), tome II, édition de Jean Gérard, Daniel Ménager, Michel Simonin, Paris, Pléiade, n°46, 1994, 1 792 pages ;
BLANCHEMAIN (Prosper), Œuvres complètes de RONSARD, Paris, P. Jannet, tome 1 (Amours, Sonnets, Vers d’Eurymédon et de Collirée, Sonnets et Madrigals, Sonnets pour Hélène) 1857, 446 pages ; tome 2 (Odes), 1857, 488 pages ; tome 3 (La Franciade, Le Bocage royal), 1858, 438 pages ; tome 4 (Eglogues, Mascarades, Elégies), 1857, 408 pages ; tome 5 (Hymnes, Sonnets divers), 1866, 376 pages ; tome 6 (Poèmes, Gayetez, Epigrammes), 1866, 422 pages ; tome 7 (Discours, Discours des misères de ce temps, Epitaphes, Fragements, derniers vers, Abrégé de l’art poétique) 1866, 350 pages ; tome 8 (Poèmes inédits en vers et en prose), 1867, 333 pages.
2 – Les critiques de RONSARD
ANDERSON (Bénédikte), L’invention lyrique, visage d’auteur, figure de poète et voix lyrique de Ronsard, Paris, Honoré Champion, 2011, 824 pages ;
BELLENGER (Yvonne), Lisez la Cassandre de Ronsard, étude sur les Amours, Paris, Honoré Champion, 1997, 187 pages ;
BINET (Claude), La vie de Ronsard, étude historique et critique, avec une introduction et un commentaire de Paul Laumonier, Paris, Hachette 1910, Genève, Slatkine, 2011, 264 pages ;
BIZOS (Gaston), Ronsard, Lecène Oudin, 1891, 238 pages ;
BLANCHEMAIN (Prosper), Etude sur la vie de Pierre de Ronsard, précédée des poètes du XIXème siècle, à Ronsard, suivie de ses œuvres inédites, son oraison funèbre, son tombeau, bibliographie, tables, etc., Paris, A Frank, 1857, 336 pages, spéc pages 1-63 (biographie de Ronsard) ;
BONNEFON (Daniel), Les écrivains célèbres de la France, ou histoire de la littérature française, depuis l’origine de la langue jusqu’au XIXème siècle, Paris, Kischbacher, 1895, 558 pages, spéc. pages 65 à 68 (doc BNF, 8°Z 13811) ;
BOURCIEZ (Edouard-Eugène, Joseph), Les mœurs polies et la littérature à la cour d’Henri II, Paris, Hachette, 1886, 452 pages ;
BURON (Emmanuel), GOEURY (Julien), Lectures de Ronsard, discours des misères de ce temps, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, 272 pages ;
CHALANDON (Georges), Essai sur la vie et les œuvres de P. de Ronsard, Paris, 1875, A. Durand et Lauriel, 308 pages ;
CHAMARD (Henri), Les origines de la poésie française la Renaissance, Paris, E. de Boccard, 1920, 336 pages ;
CHAMPION (Pierre), Ronsard et son temps, Paris, Honoré Champion, 1967, 708 pages ;
CHAMPAGNAC (J-B C), Poètes français ou choix des auteurs de second ou troisième ordre, des XVème, XVIème, XVIIème, XVIIIème siècles, avec des notices sur chacun des auteurs, Paris, Ménard et Desenne, 1825, t. I, 291 pages, spéc. Pages 73-101 ;
CHASLES (Philarète), Etudes sur le Seizième siècle en France, précédée de l’histoire de la littérature et de la langue française de 1470 à 1610, Paris, G Charpentier, 1876, 480 pages, spéc. pages 123-160 ;
COLLETET (Guillaume), Pierre de Ronsard, ses juges et ses imitateurs, Genève, Slatkine, 1983, 168 pages ;
DORCHAIN (Auguste), Chefs-d’œuvre lyriques de Ronsard et son école, Paris, A Perche, 1907, 127 pages ;
FAGUET (Emile), Seizième siècle, études littéraires, Commynes, Clément Marot, Rabelais, Calvin, Ronsard, Du Bellay, D’Aubigné, Montaigne, Paris, Boivin, 1900, 421 pages, spéc. pages 199-288 ;
FRANCHET (Henri), Le poète et son œuvre, d’après Ronsard, réimpression de l’édition de 1923, Genève, Slatkine, 2011, 370 pages ;
FROGER (Louis, Abbé), Les premières poésies de Ronsard (Odes et Sonnets), G. Fleury et A Dangers, Mamers, 1892, 113 pages ;
GANDAR (Eugène), Ronsard considéré comme imitateur d’Homère et de Pindare, Metz, F. Blanc, 1854, 211 pages ;
GENDRE (André), Ronsard poète de la conquête amoureuse, Genève, Slatkine, 1998, 582, pages ;
GREVIN (Jacques), Le temple de Ronsard où la légende de sa vie est brièvement décrite, Orléans, 1563, Eloi Gibier, 16 pages ;
LAUMONIER (Paul), Ronsard, poète lyrique : étude historique et littéraire, Genève, Slatkine, 1932, 806 pages ;
LAUMONIER (Paul), Ronsard, poète lyrique, étude historique et littéraire, avec un tableau chronologique des œuvres de Ronsard, Paris, Hachette 1909 et Genève, Slatkine, 1997, 860 pages ;
LAUMONIER (Paul), Tableau chronologique des œuvres de Ronsard, Paris, La Flèche E Besnier, 1903, 92 pages ;
LONGNON (Henri), Pierre de Ronsard, essai de biographie, les ancêtres, la jeunesse, Paris, H. Champion, 1912, 544 pages ;
MARTY-LAVAUX (Charles), La langue de la Pléiade, Genève, Slatkine, réimpression de l’édition de 1966, 2 volumes, 1102 pages ;
MELLERIO (Louis), Lexique de Ronsard, précédée d’une étude sur son vocabulaire, son orthographe et sa syntaxe, préface Petit de Julleville, Paris, Plon, 1858, 250 pages ;
MORTELLIERE (Jean) HANOTAUX (Gabriel), Pierre de Ronsard, gentilhomme vandômois, A. Lemerre, 1924, 280 pages ;
MURET (Marc-Antoine), Les Amours de Pierre de Ronsard vandômois, nouvelle édition Hugues Vaganay, préface de Joseph Vianey, 1910, 592 pages ;
NERVAL (Gérard), Choix des poésies de Ronsard, Du Bellay, Baïf, Belleau, Dubartas, Chassignet, Desportes, Paris, bibliothèque choisie, 1830, 337 pages ;
NOLHAK (Pierre de), Ronsard et l’humanisme, réimpression de l’édition, de 1911, Genève, Slatkine, 2009, 366 pages ;
NOLHAK (Pierre, de), La vie amoureuse de Pierre de Ronsard, Paris, Flammarion, 1926, 187 pages ;
PIERI (Marius), Le pétrarquisme au XVIème siècle, Pétrarque et Ronsard ou, de l’influence de Pétrarque sur la Pléiade française, Marseille, Lafitte, 1896, 362 pages ;
PLAT (Abbé), Société archéologique du Vandomois, Les fêtes du IVème centenaire : Ronsard, Vendôme, Launay et Fils, 1924, 102 pages ;
PY (Albert), Imitation et Renaissance dans la poésie de Ronsard, Librairie Droz, 1984, 165 pages ;
ROCHAMBAUD (Achille, de), La famille de Ronsart, recherches généalogiques, historiques et littéraires sur Pierre de Ronsard et sa famille, Paris, A Frek, 1868, 357 pages ;
Ronsard, lyrique et amoureux, Paris, à la Sirène, 1922, 307 pages ;
SAINTE-BEUVE (Charles-Augustin), Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIème siècle, Paris, 1869, Charpentier, 526 pages ;
SCHEFFLER (Wilhelm), Ronsard et sa réforme littéraire, dissertation académique, du 31 octobre 1873, Université de Rostock, sous la direction de Hugues Haepe, 28 pages.
3 – Autres contributions,
ALLAIS (Gustave), Malherbe et la poésie française à la fin du XVIème siècle, Paris, H Champion, 1892, 440 pages ;
BEVER (A.D Van), Les Amours et autres poésies d’Estienne Jodelle, sieur du Lymodin, Paris, E. Sansot, 1907, 294 pages ;
BONNETIERE (Ferdinand), Histoire de la littérature française classique, tome 3, le XVIIIème siècle, Paris, Ch. Delagrave, 1912, 605 pages ;
BUZON (Christine, de) sous la direction, Jean Dorat, poète humaniste de la Renaissance, actes du colloque international, Limoges 6-8 juin 2001, Genève, Droz, 2007, 548 pages ;
CHAMARD (Henri), Joachim du Bellay (1522-1560), thèse Paris, Lille, Le Bigot, 1900, 580 pages ;
ECKHARDT (Sandor), Rémy Belleau, sa vie, «sa bergerie», étude historique et critique, Budapest, Joseph Németh, 1917, 252 pages ;
JEANDET (JP Abel), Pontus de Tyard, seigneur de Bissy, depuis évêque de Chalon, Paris, 1860, 278 pages ;
JUGE (Clément), Jacques Peltier du Mans (1517-1582), essai sur sa vie, son œuvre, son influence, Paris, A. Lemerre, 1907, 492 pages ;
SAINTE-BEUVE (Charles-Augustin), Causeries du lundi, Paris, Garnier Frères, 3ème édition, 1852, 547 pages, spéc pages 38-55 sur le classicisme.
4 – Les articles sur RONSARD,
BALSAMO (Jean), «Le pétrarquisme des Amours de Ronsard», Revue d’histoire littéraire de la France, 1998, n°2, pages 179-193 ;
CHAMARD (Henri), «L’invention de l’Ode et le différend entre Ronsard et Du Bellay, contribution à l’histoire de la Pléiade», in Revue d’histoire littéraire de la France, 1899, (2) pages 21-54 ;
COMTE (Charles), LAUMONIER (Paul), «Ronsard et les musiciens du XVIème siècle», Revue d’histoire littéraire de la France, 1900, VII, pages 341-381 ;
FROGER (Abbé), «Nouvelles recherches sur la famille de Ronsard», Revue historique et archéologique du Maine, 1884, t. XV, pages 90-134 et 202-241 ;
GUY (Henry), «Les sources françaises de Ronsard», in Revue d’histoire littéraire de la France, 1902, pages 217-256 ;
LAUMONIER (Paul), «La jeunesse de Ronsart», Revue de la Renaissance, 1902, t. 1, pages 95-108 et tome 2, pages 42-54, 94-111, 149-165 et 281-294 ;
LEBEGUE (Raymond), «Malherbe disciple et critique de Ronsard», in Cahiers des Annales de Normandie, 1977, n°9, pages 8-20 ;
LORCIERE (Henry) «Pierre de Ronsard et la belle Cassandre», in 100 grandes f
igures françaises, Paris, Gründ, pages 51-56 ;
MADELEINE (Jacques), «Le madrigal de Ronsard ou le sonnet madrigalesque», Revue de la Renaissance, 1902, t. 2 pages 248-264 ;
MORTELLIERE (Jean), «Les origines des Ronsard», Annales Fléchoises et la Vallée du Loir, mai-juin, 1909 ;
SECHE (Léon), «Les origines de Joachim du Bellay», Revue de la Renaissance, 1902, t. 1, pages 9-31.
Paris 9 septembre 2015, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Pierre de RONSARD, chef de la Pléiad (1524-1585).

Pierre de RONSARD, chef de la Pléiad (1524-1585).

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commentaires

jacqueline 09/03/2017 19:07

Eh bien quel hommage riche et inspiré à l'un des plus grands poètes de notre langue ! Merci pour Ronsard !
Voici pour le sourire et la cordiale sympathie, écrites par notre metteur en scène, deux pièces dont il ne vous échappera pas qu'elles se souviennent du XIVe siècle...
J. Salvin
https://www.youtube.com/watch?v=FBXFtVs9IeU

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