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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 15:06

Ce texte a été publié dans le journal FERLOO, édition du 17 septembre 2015

Plus de 30 000 immigrants sont rongés par des poissons au fond de la mer. Face à ce choc, pendant longtemps les nations riches, claquemurées sous le manteau d’un nationalisme étroit et frileux, ont été insensibles à ce plus grand drame humain de notre siècle, comme si la vie de certaines personnes avait peu de valeur, à leur sens. Et voila que cette image d’un enfant syrien mort sur une plage a, subitement, réveillé la conscience humaniste des forces démocratiques de cette vieille Europe, restée longtemps assoupie. Quel grand soulagement de constater qu’à l’indifférence coupable et l’égoïsme des Occidentaux, un puissant élan de solidarité, jusqu’ici réprimé dans le subconscient, a momentanément suppléé à la peur ! Cette réaction positive rappelle l’esprit de la marche du 11 janvier 2015 qui avait fait prévaloir, un instant, les valeurs républicaines de solidarité contre la frilosité irrationnelle. Le philosophe allemand, Hegel, a souligné que son concept de «Zeitgeist» ou «l’esprit révolutionnaire du temps présent», est amoral ; cette référence intellectuelle majeure peut servir le Bien comme le Mal. En l’occurrence, une majorité silencieuse, mais humaniste, s’est subitement insurgée contre le sort dramatique de ces réfugiés, et en appelle à une défense plus énergique de leur dignité. Je crois aux forces de l’esprit et souscris à l’interprétation que Martin Luther KING donne à l’esprit révolutionnaire du temps présent. Pour lui, le «Zeitgeist» comporte une dimension morale pour la réalisation du Bien et révèle une essence divine, sans laquelle on ne pourrait pas expliquer l’éveil subite du courage révolutionnaire, en vue de combattre une situation d’injustice.

Pourtant, les partis conservateurs continuent de réclamer la fermeture des frontières et l’exclusion énergique de ceux qui sont déjà entrés. Sous l’effet de la crise, les partisans de la haine crient que «barque est pleine» et veulent rejeter à la mer tout ce qui est différent. En fait, les Nations riches n’ont pas saisi, que depuis la moitié du XXème siècle, un des phénomènes majeurs des relations internationales, sous l’effet de différents facteurs (guerres, inégalités économiques, troubles de l’ordre public interne, améliorations des communications internationales, régimes autoritaires, perturbations climatiques, etc.) est l’abolition progressive des frontières suivie de déplacements massifs de populations. L’aspect nouveau depuis les années 60, est l’avènement d’une immigration issue des pays pauvres, initialement sollicitée par les pays riches au sortir de la guerre, en plein boom économique et en raison du manque d’une main-d’œuvre peu qualifiée, pour réduire les coûts salariaux. Cette immigration conçue, au départ comme temporaire, est devenue durable, dans un contexte de crise économique qui s’accentue avec tous les relents xénophobes.

I – Réparer les dégâts commis : une société internationale plus juste et plus démocratique

Les principaux d’accueil de ces réfugiés, ce sont les Nations du Sud (Liban Tunisie, Turquie). Les Occidentaux devraient, également, prendre en charge une partie de ce fardeau et cela, pour divers motifs.

Tout d’abord, le phénomène des immigrants issus des pays du tiers-monde atteste que le bonheur de certains est fondé sur le malheur des autres. Loin de constituer uniquement qu’une immigration économique, ces déplacements de populations sont, en partie, la conséquence des crimes commis contre les Nations du Sud, en dépit des leçons de démocratie et d’humanisme qu’on nous assène par un matraque idéologique, de plusieurs siècles d’esclavage, de colonisation et maintenant de néocolonialisme. «La raison du plus fort est toujours la meilleure», disait Jean de la FONTAINE. Le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), à travers son éminent porte-parole, Louis-Georges TIN, a eu raison d’exiger une réparation pour ces forfaitures dont les peuples du tiers-monde ont été victimes. En effet, la principale richesse d’une Nation, c’est sa population. Or ces phénomènes oppressifs ont largement contribué au retard économique des pays du Sud.

Ensuite, ces déplacements de populations sont les conséquences de guerres locales que les Occidentaux ont engagées et mal gérées par la suite, laissant derrière eux des situations chaotiques pires que la période antérieure. Je me demande si les Occidentaux on a tiré toutes les leçons des guerres calamiteuses du passé. Juifs et Palestiniens s’affrontent depuis plus de 2000 ans. Chaque guerre, supposée être la dernière, ne fait que raviver la tension et les affrontements, avec son lot de désolation pour toutes les parties. Ce conflit, paradoxalement, a renforcé le Hamas, et marginalisé les Palestiniens modérés. En Israël, où les partisans de la paix sont plus nombreux qu’on ne le pense, les belliqueux ont trouvé, dans cette tension permanente, leur fonds de commerce. En Afghanistan, Russes et Occidentaux, depuis plus 35 ans, se sont embourbés dans une guerre sans fin. En dépit, de cette formidable coalition, les Russes et certains pays occidentaux ont fini, devant leur impuissance, à plier bagage. En Syrie, en Libye et en Egypte, et en Somalie les dictateurs ont été chassés, mais la violence et le fondamentalisme sont encore plus que jamais présents. Il y a de cela plus 24 ans, les Etats-Unis, première puissance militaire du monde, étaient déjà venus avec leur armada, écraser et pendre Saddam HUSSEIN. Pourtant, l’Irak est devenu le pays le plus dangereux du monde et manque de tout, y compris le pétrole. Et c’est encore reparti pour la guerre. Ces guerres perçues comme un affrontement entre l’Occident et l’Orient, attisent, immanquablement, la haine, les provocations, la répression, la barbarie, la solidarité. Et puis, c’est un cycle infernal de violence, sans fin, avec son lot de réfugiés.

Enfin, et dans leurs intérêts propres, les Occidentaux maintiennent et soutiennent des régimes quasi monarchiques qui poussent à l’immigration. Nos maigres ressources sont pillées par des gouvernements autoritaires et corrompus. Au Mali, on parle de découverte de pétrole et de gisements d’uranium nécessaires pour faire fonctionner les centrales nucléaires françaises. Les gisements du Niger sont presque épuisés. Sans la démocratie et la paix qui assurent la stabilité du commerce international, si ces informations sont avérées, cela va attiser des convoitises et des guerres, comme jadis au Nigéria, et maintenant dans divers Etats comme le Congo. Or, la démocratie est possible dans les pays du Tiers-monde. L’exemple du Sénégal le prouve, avec éclat. Et, c’est la démocratie qui sera le seul puissant vecteur de développement et donc d’une vitalité du commerce international avec l’Afrique. Ce n’est pas un hasard que l’essentiel des activités économiques se réalisent avec les pays démocratiques. L’aide la plus précieuse qui pourrait être apportée aux Africains, c’est bien sûr la paix. Le président HOLLANDE a raison d’insister sur ce point. J’ajouterai que nous avons surtout besoin de démocratie. Sans la démocratie, aucun projet politique, dans l’intérêt des populations, n’est possible. Pire encore, nos maigres ressources sont détournées, et les conflits ethniques attisés. C’est la politique de la machette. On tue exécute son voisin, sans savoir pourquoi. Nous attendons, avec le grand intérêt, l’engagement de M. HOLLANDE de mettre fin à la Françafrique. Les dictatures alimentent l’immigration, les guerres et la mal gouvernance.

Dans un contexte de crise, s’interroger sur l’efficacité de la dépense publique est encore plus légitime que par le passé. Un sou est un sou. Chaque centime dépensé devrait être utile. En effet, une bonne partie de toutes ces dépenses militaires colossales aurait pu servir à réduire la pauvreté au plan interne et dans le monde, notamment en Afrique, et à engager de vrais projets de développement, pour promouvoir la paix et la démocratie, et stabiliser ainsi les populations. C’est la seule réponse, sur le long terme, viable. Ainsi, la guerre en Irak, aurait déjà coûté 815 milliards de dollars. Si on y inclut l’indemnisation des familles pour les militaires morts ou blessés au combat, cette guerre aurait déjà coûté, dans un contexte de contrainte budgétaire, 4 000 milliards de dollars aux Américains. En raison du manque de transparence dans ce secteur, les chiffres avancés sont peu fiables. On parle de 400 000 € ou d’1 million d’€uros de dépenses par jour pour la France, pour ses opérations militaires au Mali. Il serait utile de savoir combien ont coûté les guerres en Afghanistan, et en Libye, et pour quels résultats ?

II – En finir avec l’hypocrisie, promouvoir l’égalité réelle et le bien- vivre ensemble

Cet élan de solidarité réchauffe le cœur, mais faudrait-il encore que le discours s’accorde avec les actes. Il faudrait en finir avec l’hypocrisie ambiante et ce double langage et promouvoir, sans délai, l’égalité réelle et le bien-vivre ensemble.

A – Intégrer les étrangers

A côté d’une France républicaine, certains déniant le pluralisme ethnique et culturel, animés d’un esprit esclavagiste et colonialiste, rêvent d’une autre France qui n’a jamais existé, une France frileuse, rabougrie et recroquevillée sur elle-même, purement blanche et fantasmée. Devenus invisibles, on est là, sans être là. Paradoxalement, c’est parce que l’intégration est en marche, et de façon irréversible, que les esprits mesquins sont saisis d’une peur irrationnelle. En effet, sous l’effet de la crise et de la lepénisation des esprits, les forces du Mal ne cessent de progresser dans ce merveilleux pays des droits de l’Homme. Ce qui me frappe le plus, c’est que certains Français n’ont plus honte de se réclamer ouvertement des idées abjectes de l’intolérance. Le Front National, devenu respectable, est le deuxième parti de France. «Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute» disait Alphonse de Lamartine (1790-1869).

Je n’attends rien de bon de la part des forces conservatrices inspirées par le mépris et l’exclusion. En revanche, le plus grave, à mon sens, est la démission d’une partie de la Gauche face à cette montée de la peste brune. Le Parti Socialiste, affublé des citations de Jaurès, se revendique des valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté, mais la réalité de son bilan, à tout le moins dans le traitement qu’il accorde aux Français issus de l’immigration, est moins glorieuse. Cette grande hypocrisie, ces affirmations de façade ne trompent plus personne, et sont la cause de l’abstention massive aux élections, et donc la défiance à la parole publique. Nous attendons depuis 1981, le droit des étrangers. Pourtant en 2012, le gouvernement avait, pour la première fois de l’histoire, une majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et aurait donc pu appliquer la réforme. La diversité n’est pas représentée au gouvernement, dans les médias, dans la haute administration. Au sein des organes dirigeants du Parti socialiste, qui aurait dû faire preuve d’exemplarité, sa composition ne reflète pas la diversité de la France.

B – Combattre, sans concession, le racisme et promouvoir l’égalité réelle

A mon sens, sans partage du pouvoir, l’intégration est une véritable escroquerie. «Etre libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. Avant d’avoir le droit de vivre, chaque homme qui se respecte, doit être prêt à mourir pour les idées justes auxquelles il croit. Notre revendication légitime, mais non négociable est la suivante : la France républicaine, comme l’ont fait les Etats-Unis de Martin Luther KING, devrait assumer, enfin, son statut de pays multiculturel, si dénié et refoulé. Quand j’entends, certains cris de haine, comme l’injonction de Mme Nadine MORANO, de l’UMP, «Si tu n’es pas content, rentre chez toi !», je suis consterné par les mollesses de la Gauche, et notamment, même quand un membre du gouvernement, comme Mme TAUBIRA ou Naja VALLAUD-BELKACEM, fait constamment l’objet d’un lynchage médiatique. On n’est plus au temps de l’esclavage où l’on nous pendait sous un arbre, en toute impunité. Nous aussi sommes la France. Mettons de la couleur dans ce pays ! Nous en avons assez qu’on nous traite «d’immigrés», comme des citoyens de seconde zone, des indigènes de la République. Nous ne sommes plus dans les années 60, où les personnes venant du Tiers-monde étaient des immigrants, peu qualifiés, avec le mythe du retour au pays, et vivant en marge de la société française. La nouvelle génération éduquée, est enracinée, pour toujours, dans ce pays, revendique sa juste place. J’ai entendu les souffrances de ces jeunes français d’origine sénégalaise qui m’avait invité à la Défense en juin 2014. Tous issus de grandes écoles de commerce, bien formés et compétents me disent que leurs demandes d’emploi reviennent invariablement, avec la mention «ne correspond pas au profil recherché». Mais de quel profil parle t-on ?

Il est temps que cela change. Je voudrais convoquer à la table de la justice et de la fraternité, les grands groupes français qui pillent les ressources africaines (Elf, Total, Orange, etc.), pour leur faire comprendre que la différence n’est pas un mal, mais une grande richesse. Pour paraphraser le Pape Jean-Paul II : «Cessez d’avoir peur, entrez dans l’espérance». On nous dit toujours, à chaque échéance électorale : «Soyez patients. La fois prochaine ce sera votre tour». «Justice trop tardive, est déni de justice», est un dicton qu’aimait à rappeler Martin Luther KING. Comme l’avait promis, fort justement, François HOLLANDE : «le changement, c’est maintenant».

Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. En raison d’un lavage de cerveau intensif, les différentes communautés africaines, antillaises, maghrébines et asiatiques sont divisées et concurrentes, donc inefficaces. Aucun OBAMA ou Martin Luther KING n’a pu émerger en France. Cependant, le Mal, sous la forme de l’injustice et du racisme, ne triomphera pas. Car la Vérité terrassée se redressera. Je sens une colère ancienne et sourde qui gronde encore plus fort, et plus insistante. Je perçois ce «Zeitgeist», dont parlaient Hegel et Martin Luther KING, pour rétablir l’égalité rétablir l’égalité réelle, la fraternité, le bien –vivre ensemble et la justice. «Je vois la Terre promise de la liberté et de la justice», disait Martin Luther KING.

Paris le 12 septembre 2015 M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Immigration, paix, égalité, justice et bien-vivre ensemble, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.
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