Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 20:57

Cet article a été publié dans le journal FERLOO, édition du 15 août 2015.

Le 20 décembre 2001 disparaissait un exceptionnel homme de culture, qu’était Léopold Sédar SENGHOR. Fondateur de la nation sénégalaise. académicien, illustre poète, chantre de la Négritude, Français, défenseur de la langue française et serviteur loyal de la France, SENGHOR n’a pas eu les honneurs de la République, comme Johnny HALLYDAY. «Depuis trois siècles, nos deux histoires, celle du Sénégal et de la France, ce sont mêlées ; la décolonisation, grâce à vous, s’est faite sans heurts ni violence et je n’ai pas trouvé dans votre pays, les signes d’amertume et de frustration qu’on trouve malheureusement ailleurs» disait Pierre de BOISDEFFRE, dans un entretien du 13 octobre 1980 avec le président SENGHOR. L’académicien, Erik ORSENNA, dans un retentissant article du journal le Monde, daté du 4 janvier 2002, a réveillé une certaine France républicaine restée, largement assoupie, avec un titre sec : «J’ai honte». «On se le disait, le répétait, sans oser y croire. Les masques sont tombés. L'affaire est entendue. La France, désormais, se moque de l'Afrique. De ses fidélités passées, de ses douleurs présentes, de l'avenir de sa jeunesse. Chacun chez soi. Le Nord avec le Nord. Les gueux du Sud entre eux. Merci la Méditerranée. La mer nous protège des appels des plus pauvres. Un grand d'Afrique vient de mourir, son dernier "Vieux". Un grammairien, c'est-à-dire un gourmand de règles sous le désordre du monde. Un poète, c'est-à-dire un chasseur d'échos secrets. Un démocrate, c'est-à-dire un respectueux de la dignité humaine. Un ministre du général de Gaulle en même temps qu'un militant indomptable de son pays. Un ami indéfectible de la France en ce qu'elle a d'universel : sa langue, celle de la liberté. Quatre-vingt-quinze années d'une telle existence, ça se salue. On se déplace, et l'on ôte son chapeau quand on porte en terre celui qui a si hautement vécu», entonne, fort justement, dit-il. Le président François HOLLANDE, de passage au Sénégal, en novembre 2014, en marge du sommet de la francophonie, est venu se recueillir devant la tombe de SENGHOR. «Au nom de l'ensemble de mes prédécesseurs et du peuple français, il était important que je vienne dire ce que nous avons comme reconnaissance et gratitude à l'égard du président Senghor», dit le président français. Trop peu et trop tard. Justice lente, déni de justice. Quel crédit accorder à cette parole fort apaisante d’un Président qui n’a pas voulu, enfin, respecter sa promesse de droit de vote des étrangers aux élections locales ; un engagement ancien que l’on attend depuis plus de 34 ans ? Pourquoi son projet honteux de déchéance de la nationalité ? J’ai le sentiment que cet Occident arrogeant et oublieux des promesses républicaines, nous prend encore pour de «grands enfants». En effet, «j'ai honte. Honte pour eux et pour nous, Français qu'ils représentent. Honte de leur oubli et de leur petitesse. Petitesse de vision», souligne Erik ORSENNA.

Qui était donc Léopold Sédar SENGHOR ?

«La compassion l’anime, le catholicisme et surtout sa foi humaniste l’ont gardé de toute haine», souligne Nimrod dans son hommage à SENGHOR. «Le problème du XXe siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs», disait W.E.B. Du BOIS (1868-1963), dans son ouvrage «l’Ame du peuple noir». Intellectuel majeur ou «ligne de partage des couleurs» du XXème siècle, Léopold Sédar SENGHOR est à la fois Noir, Français et Africain. Avec Aimé CESAIRE et Léon-Gontran DAMAS, SENGHOR a consacré tous ses efforts à rendre à l’homme noir sa dignité perdue :"Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort. Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ? Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux. Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement. Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur. Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France" avait dit SENGOR, dans le poème préliminaire, Hosties Noires.

SENGHOR est né le 9 octobre 1906 à Joal, petite ville côtière du Sénégal. La légende veut qu’à l’heure de sa naissance un grand baobab, situé à la sortie de la ville, s’écroula dans un terrible craquement : l’esprit qui l’habitait l’avait quitté pour se glisser dans une autre enveloppe. Membre de l'ethnie Sérère, issu d'une famille chrétienne, mais évoluant en milieu animiste, Léopold Sédar SENGHOR passe une enfance heureuse. Son père, Basile Diogoye SENGHOR, est un Sérère d’origine Malinké, polygame avec 5 épouses, 41 enfants et commerçant catholique aisé. Coumba N’Doffène DIOUF, roi du Sine, est le cousin de son père. Sa mère, Gnilane BAKHOUM, Sérère d’origine Peule, est la troisième épouse de son père, dont elle aura six enfants. Ses deux parents appartiennent à la noblesse. Son prénom Sérère, «Sédar», signifie «qu’on ne peut humilier». Son prénom catholique, «Léopold», lui a été donné en souvenir de Léopold ANGRAND, riche commerçant mulâtre, ami et employeur ponctuel de son père.

SENGHOR est un grand mystique et un religieux ; il a été formé par les missionnaires français. De cette éducation religieuse, sa vie entière, fut marquée, comme on le sait, par le travail, la méthode, la discipline, l'organisation, la ponctualité et le sens des convenances. En effet, après avoir passé ses premières années, «son royaume d’enfance», dans la famille de sa mère, il y découvre une éthique proprement sénégalaise : le sens de l’honneur, la maîtrise de soi, la façon de se tenir et de se conduire, la patience. SENGHOR fréquente, de 1913 à 1914, la mission catholique de Djilor, chez le père Léon DUBOIS (1869-1940) où il reçoit ses premiers rudiments de français. Envoyé par ses maîtres chez les Pères spiritains, à la mission Saint-Joseph de Ngasobil pendant 8 ans de 1914 à 1922, après sa communion en 1916, il songeait au métier qu’il allait choisir. «J’avais une forte inclination pour deux métiers : ceux de prêtre et de professeur. Finalement, à la fin de mes études primaires, j’ai choisi de ne pas choisir : j’ai décidé d’être, en même temps, prêtre et professeur», dit SENGHOR. Mais les années décisives, auront lieu à Dakar, à la congrégation du Saint-Esprit, au collège-séminaire François Libermann, de 1923 à 1926, sous la direction du père Albert LALOUSE, originaire de la Sarthe (Le Mans). «Je dois beaucoup à cet homme, car il a orienté ma vie», avoue SENGHOR. «Pour le Père Lalouse, nous étions, des créatures de Dieu. Nous avions les mêmes dispositions naturelles que les autres races ; il s’agissait seulement, par un travail méthodique, de nous élever au niveau des Blancs», dit SENGHOR. «Faites-vous Nègres avec les Nègres», disait le père Libermann. «En somme, ce que demande Libermann à ses missionnaires, partis dans les colonies d’Afrique noire, c’est de se faire colonisés avec les colonisés, plus concrètement, «nègres avec les nègres» ; il conseille de perfectionner, sanctifier et relever de la bassesse, la civilisation négro-africaine», précise SENGHOR. De cette injonction, SENGHOR en a retenu : «faites-vous nègres avec les nègres pour les former comme ils le doivent être, non à la façon de l’Europe, mais laissez-leur ce qui leur est propre ; faites-vous à eux comme des serviteurs doivent se faire à leurs maîtres, aux usages, au genre et aux habitudes de leurs maîtres, et cela pour les perfectionner, les sanctifier, les relever de la bassesse et en faire peu à peu, à la longue, un peuple de Dieu». Le père Lalouse estimant que SENGHOR est revendicatif et peu obéissant le conseille, en 1926, dintégrer le cours secondaire laïque au Lycée Van Vollenhoven. SENGHOR passe brillamment son baccalauréat.

SENGHOR est le résultat de la méritocratie de la République. En effet, grâce à une demi-bourse d'études exceptionnellement accordée par son directeur, il quitte, en 1928, à vingt-deux ans, le Sénégal et découvre Paris. «C’est à un professeur de la Sorbonne, M. Ernout, je crois, que je dois la chance d’être entré au Lycée Louis-le-Grand. J’étais, débarqué à Paris, un jour gris d’octobre 1928. Malgré tout ce que j’en avais lu, le dépaysement fut grand, qui s’accentua, quelques semaines après, lorsque je m’assis dans un amphithéâtre de la Sorbonne. Livré à la liberté de l’étudiant, je n’arrivais pas à m’organiser, à travailler : j’étais désemparé. C’est alors que je demandai conseil à M. Ernout, qui m’orienta vers la Khâgne du Lycée Louis-le-Grand», dit SENGHOR. C'est l'époque où il rencontre Damas et Césaire. SENGHOR relate une rencontre décisive, avec Georges POMPIDOU, futur président de la République française : «L’influence de Georges Pompidou sur moi a été, ici, prépondérante. C’est lui qui m’a converti au Socialisme, qui m’a fait aimer Barrès, Proust, Gide, Baudelaire, Rimbaud, qui m’a donné le goût du théâtre et des musées. Et aussi le goût de Paris (…). Si je suis devenu curieux des hommes et des idées, si je suis devenu écrivain et amateur d’art, si je reste un ami de la France, je le dois, essentiellement, à mes anciens camarades de Louis-le-Grand».

Son arrivée en France marque le début de ce qu’il appellera ses «seize années d’errance». SENGHOR est le premier Africain à obtenir l’agrégation de grammaire en 1935. Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l'Institut d'ethnologie de Paris. Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie en janvier 1942, il participe à la Résistance dans le Front national universitaire. De 1944 jusqu'à l'indépendance du Sénégal, il occupe, grâce à Robert DELAVIGNETTE (1897-1976), la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l'École nationale de la France d'outre-mer, un certain temps, détenue par Maurice DELAFOSSE (1870-1296).

Les femmes occupent une bonne partie de la production littéraire de SENGHOR qui se marie d’abord, le 12 septembre 1946, avec Ginette EBOUE (1923-1992), la fille de Félix EBOUE, gouverneur général de l’A.E.F. Ils ont eu deux enfants, Félix et Guy, nés respectivement en 1947 et 1948. «J’ai épousé, en septembre 1946, Ginette Eboué, qui était la fille du gouverneur général Félix Eboué (…) Les circonstances de mon mariage, c’est d’abord, qu’en captivité, j’étais dans le même Frontstalag que deux frères de Ginette : Henri et Robert, qui me parlaient de leur soeur. Quand j’ai été député, je l’ai rencontrée dans les couloirs de l’Assemblée Nationale car elle était secrétaire parlementaire du ministre Marius Moutet», dit sobrement SENGHOR. Puis, SENGHOR s’est remarié, à Verson le 18 octobre 1957, avec une normande, Colette HUBERT, sa secrétaire, qui lui a donné un fils, Philippe Maguilène (1958-1981), décédé accidentellement. «Ma première femme a demandé le divorce en 1955, après une querelle de ménage, et je me suis remarié, le 18 octobre 1957, avec Colette Hubert, une authentique Normande», confesse SENGHOR.

«J'ai toujours, depuis mes années du Quartier latin, voulu être socialiste et démocrate», proclame SENGHOR. Lancé en politique par son compatriote le socialiste Lamine GUEYE, il devient député du Sénégal à l’Assemblée nationale française. Prônant un «socialisme africain» combinant technologies occidentales et traditions africaines, il devient très populaire auprès des Sénégalais, qu’il séduit par son éloquence, et fonde son propre parti, le Bloc démocratique sénégalais, en 1948. Élu député du Sénégal, il est, par la suite, constamment réélu (1946, 1951, 1956). Membre de l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l'UNESCO et à l'assemblée générale de l'ONU. Secrétaire d'État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956. Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Entre 1960 et 1962, Senghor partage d’abord le pouvoir avec son premier ministre Mamadou DIA, trop à gauche pour cet homme de compromis. En 1962, il le fait arrêter et ne lui donne pas de successeur. Le régime devient dès lors de plus en plus personnel et le multipartisme est interdit. Mais SENGHOR doit affronter, à la fin des années 1960, une agitation sociale et estudiantine qui le conduit à négocier un prudent virage libéral à partir de 1970. Un premier ministre sous contrôle est rétabli, de même que le pluralisme politique, d’abord limité au tripartisme. Réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, il se démet, volontairement, de ses fonctions le 31 décembre 1980.

Elu à l'Académie française, le 2 juin 1983, au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix (16e fauteuil), il disparaît, en Normandie le 20 décembre 2001. Il est inhumé au cimetière catholique de Bel-Air, à Dakar, auprès de son fils Philippe Maguilène. Lionel JOSPIN, alors premier ministre socialiste, dans un mépris souverain, n’avait pas daigné de se rendre, le 29 décembre 2001, aux obsèques de SENGHOR. Je crois que les dirigeants socialistes français, avec des exceptions notables, ne voient l’Afrique qu’à travers le prisme de l’immigration, de la colonisation et de l’esclavage. C’est en raison de cette indifférence à la différence que Léopold Sédar SENGHOR, dans cette quête de dignité pour les Noirs, avait déjà lancé dans les années 30, le mouvement de la Négritude. «Que j’écrive un poème ou que je décide l’élaboration d’un projet de loi, il s’agit de la même chose sous deux aspects différents. Il s’agit de transformer le monde» disait SENGHOR. Transformer le monde pour le mettre à la mesure de l’homme, à la mesure de ses aspirations et de son bien-être, c’est le rêve de tout homme politique. C’est aussi le rêve de tout poète. Il ne s’agit dans cette étude, dans la mesure du possible, que de SENGHOR, l’exceptionnel homme de culture.

I – Léopold Sédar SENGHOR, chantre de la Négritude

A – L’enracinement dans les valeurs africaines

L’essentiel de l’œuvre de SENGHOR aura été un ardent plaidoyer en faveur de la Négritude. La Négritude «est enracinement en soi et confirmation de soi : de son être». Fréquentant les milieux antillais de Paris, Senghor ne cesse de s'interroger sur sa «Négritude», c'est-à-dire sur la spécificité de l'identité africaine. «Le catholicisme, du moins tel qu'il était vécu en France, ne pouvait convenir au Négro-Africain que j'étais : humilié parce que aliéné. Je cherchais donc, en ces années d'après la Libération, ma propre libération, dans la sueur et le tremblement. Car, par-delà le politique, voire l'économique, il s'agissait de libération spirituelle : véritablement, de recherche. Il s'agissait de trouver, à travers et par ma Négritude, mon identité d'homme. Il s'agissait, en un mot, non plus d'être un consommateur, mais un producteur de civilisation : la seule façon, en définitive, qu'il y eut d'être», précise SENGHOR. C'est ainsi qu'en 1934, avec le Martiniquais Aimé CESAIRE et le Guyanais Léon GONTRAN-DAMAS, il fonde la revue contestataire L'Étudiant noir, qui remet en question la colonisation et exerce un véritable activisme culturel en faveur de la civilisation africaine. C’est dans les colonnes de cette revue que SENGHOR avait proposé du concept de Négritude une définition qui prolongeait celle d’Aimé Césaire : «La Négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités». La Négritude, «c’est d’abord une négation [...], plus précisément l’affirmation d’une négation. C’est le moment nécessaire d’un mouvement historique: le refus de l’Autre, le refus de s’assimiler, de se perdre dans l’Autre».

En 1948, il avait publié l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française. La préface de Jean-Paul SARTRE. «Orphée noir», avait connu un retentissement considérable et contribué à donner au mouvement de la négritude une audience internationale. Il semblerait qu’il faille comprendre la Négritude, non pas comme une catégorie raciale, mais comme une catégorie esthétique, ce qui autorise par exemple SENGHOR, dans Ce que je crois, à qualifier Claudel et Péguy de «poètes nègres». La Négritude n’est rien d’autre que cette «personnalité noire» découverte et proclamée par le mouvement américain du «New Negro». SENGHOR insiste sur l’apport des Noirs à la civilisation de l’Universel, une manière d’établir l’égalité des civilisations et d’ouvrir le débat sur la complémentarité des cultures. Pour SENGHOR, la Négritude c’est d’abord le patrimoine culturel, les valeurs et l’esprit de la civilisation négro-africaine. Mais c’est aussi la noblesse et la fierté retrouvée pour chaque Noir. «Je crois, d'abord et par-dessus tout, à la culture négro-africaine, c'est-à-dire à la Négritude, à son expression dans la poésie et dans les arts. Je crois également, pour l'avenir, à la francophonie, plus exactement à la Francité, mais intégrée dans la Latinité et, par-delà, dans une civilisation de l'Universel, où la Négritude a déjà commencé de jouer son rôle primordial", dit SENGHOR. «La négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture», souligne SENGHOR.

Certains ont prétendu, imprudemment que la Négritude serait dépassée ; d’autres ont engagé de violentes polémiques contre le poète-président. «Un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore», proclame Wolé SOYINKA. Pour l’écrivain nigérian, le temps de la «Négritude» est dépassé. La négritude est un instrument culturel qui a été créé pour lutter contre le dénigrement de la culture africaine par l’Europe. C’est un outil qui doit être remis dans son contexte, dans son époque: les années 1930. Il faut le relier à la nature du colonialisme français. Les Britanniques pensaient que les «indigènes» ne pourraient jamais accéder à la civilisation; ils voulaient les laisser à leur caractère primitif et vivre à côté. Alors que les Français étaient déterminés à transformer les colonisés en «petits Français». Selon lui, on ne pouvait pas accepter certains propos de Senghor tels que: «L’émotion est nègre, la raison est hellène». Wolé SOYINKA a, en fait, nuancé sa pensée «Nous réfutions les tentatives pour présenter l’Afrique sous une forme romantique, car en réalité, l’Afrique est tout aussi complexe que n’importe quelle autre société. Mais avec les années, Senghor et moi, nous nous sommes rapprochés. D’un point de vue intellectuel, comme d’un point de vue humain».

Un mouvement de «créolité», c’est-à-dire de défenses des valeurs culturelles et spirituelles propres aux Antilles, semble remettre en cause le fondement de la Négritude telle qu’elle a été conçue par les pères fondateurs (SENGHOR, CESAIRE et GONTRAN-DAMAS), avec une relation étroite entre les Africains et les Antillais. C’est ainsi que Patrick CHAMOISEAU, Jean BARNABE et Raphaël CONFIANT, dans leur «éloge de la créolité», paru en 1989, estiment que la Négritude ne rendrait pas compte de la réalité antillaise dans sa diversité. «Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure, mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde», disent-ils. Selon eux, il ne faut non plus baser l’identité antillaise sur le vécu des descendants d’anciens esclaves africains, mais intégrer l’apport spécifique des Caraïbes. Edouard GLISSANT, sans se déclarer adversaire de la Négritude, définit la créolité comme étant «un métissage conscient de soi-même». Ce mouvement littéraire veut redonner sa place à la parole populaire «L’oralité est notre intelligence, elle est notre lecture de ce monde», disent-ils «l’éloge de la créolité». La créolité n’est pas seulement qu’une forme de langage, mais c’est une façon d’être.

Pourtant, à sonder de près les préoccupations de nos intellectuels, il est aisé de constater que, plus que jamais, le retour aux sources négro-africaines n’est aussi ardemment prêché. Il est indubitable que la question de l’identité culturelle est devenue un des enjeux majeurs à l’aube du 3ème millénaire. Il semble que c’est plutôt le terme qui rebute les intellectuels, à cause, probablement, de la notion de couleur qu’elle renferme. Pourquoi nos frères anglophones, tout en acceptant le concept, préfèrent-ils à Négritude le terme d’African personality ? Pourquoi le Zaïre de Mobutu, en son temps, lui préférait-il le terme «d’authenticité» ? Pourquoi l’intellectuel africain ne cesse de prêcher, avec ardeur, la spécificité de sa culture, tout en évitant de se référer au terme de Négritude, sinon que pour le rejeter ? Ne s’agirait-il donc d’une question sémantique ?

La théorie de la Négritude est devenue, incontestablement, tant par l’action quotidienne de ses représentants que par celle de ses contempteurs, un humanisme digne de notre époque. En effet, la Négritude élaborée dans les années 30, concerne encore la deuxième génération des Français issus de l’immigration, en quête d’identité et plus d’égalité, dans un cadre républicain. En effet, nous devons nous inspirer de la vie de SENGHOR, de ses combats et de ses idéaux, pour la construction d’un monde plus fraternel et plus juste. «La France ne peut se contenter d’être heureuse mais petite, limitée spirituellement à l’hexagone, car elle trahirait sa vocation vraie qui est de libérer tous les hommes aliénés de leurs vertus d’hommes», dit-il, déjà, le 13 février 1958. Et SENGHOR ajoute : «il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Il faut que nous soyons dans la République ou hors de la République». SENGHOR défenseur de la Négritude ne concevait ce mouvement que dans le cadre de l’ouverture aux autres.

B – L’ouverture aux autres, ou l’Homme universel

«Assi­mi­ler, non être assi­mi­lé», telle est la ligne de conduite de SENGHOR qui refuse toute politique assimilatrice d’essence coloniale ou esclavagiste, une affirmation de l’indifférence aux différences fondée, uniquement, sur la domination d’une culture sur une autre. «Toutes les civilisations humaines sont égales. C’est pourquoi il ne faut pas juger les Négro-Africains avec les préventions, c’est-à-dire les préjugés racistes de l’Europe blanche», précise-t-il. SENGHOR découvre chez Pierre TEILHARD de CHARDIN une dimension cosmique «un devoir de la vie d’aller toujours vers plus de vie». Pour SENGHOR, la Négritude, ou l’affirmation de l’africanité, est nécessairement une participation à cette tendance à plus d’humanisme ; les Africains doivent apporter leur contribution au «rendez-vous du donner et du recevoir», et participer ainsi au «dialogue des cultures».

En même temps, l’Afrique doit s’ouvrir aux autres, c’est-à-dire être en mesure d’assimiler les apports extérieurs. Porte-parole d’une culture qui depuis des siècles n’a que le droit de se taire, SENGHOR a combattu toute sa vie pour le métissage culturel, non pas dans l’oubli des identités de chaque peuple, mais au contraire dans leur confrontation féconde et leur enrichissement mutuel. Passeur entre deux cultures, SENGHOR espérait un monde de paix porté par le dialogue. Mal aimé des intellectuels africains il a toujours cherché à discuter, à expliquer et à échanger. Il rêvait d’une civilisation de l’universel. La francophonie, dont il a assuré à partir de 1980 le rayonnement, était pour lui un moyen d’y parvenir. Sa poésie, qui fut le moteur de sa vie, sa respiration, rassemble, apaise, construit et parfois introduit une distanciation par l’humour comme ce poème, à «mon frère blanc».

Cher frère blanc, Quand je suis né, j'étais noir, Quand j'ai grandi, j'étais noir, Quand je suis au soleil, je suis noir, Quand je suis malade, je suis noir, Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc, Quand tu es né, tu étais rose, Quand tu as grandi, tu étais blanc, Quand tu vas au soleil, tu es rouge, Quand tu as froid, tu es bleu, Quand tu as peur, tu es vert, Quand tu es malade, tu es jaune, Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux, Qui est l'homme de couleur ?

De même, fervent promoteur de la francophonie, à l’instar des chefs d’État cambodgien Norodom SIHANOUK, le nigérien Hamani DIORI et le tunisien Habib BOURGUIBA, Léopold Sédar SENGHOR la hisse à une définition universelle dans son article de 1962 publié dans la revue Esprit, «Le français, langue de culture» :«La Francophonie, c’est cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre» ; ce qui l’amène à théoriser un idéal de francophonie universelle qui serait respectueuse des identités, et à imaginer une collaboration avec les autres langues latines. En 1969, SENGHOR envoie des émissaires à la première conférence de Niamey qui sera fondatrice pour le mouvement, avec la participation du ministre de la Culture français     André MALRAUX.

Celui qui se définit comme un «métis culturel» aime aussi répéter que «le métissage est l'avenir de l'homme». Par l’approfondissement des concepts de Négritude et de francophonie et par l’œuvre poétique qu’il a élaborés, SENGHOR a contribué à l’enrichissement de la civilisation universelle. «L’homme est le médicament de l’homme» dit un proverbe sénégalais.

II – Léopold Sédar SENGHOR, poète et défenseur des Arts et Lettres

A – Léopold Sédar SENGHOR, le lyrisme poétique, le «maître-de-langue»

SENGHOR, se rattachant à la grande tradition orale du lyrisme poétique, a soigneusement évité les divers écueils que recense un professeur à la Sorbonne d’anthologie de la poésie française au XXème siècle, Michel COLLOT : «À trop faire crédit au moi, elle (poésie lyrique) est tombée souvent dans le narcissisme, l’effusion sentimentale ou la confession. À vouloir chasser toute subjectivité pour atteindre à l’objectivité, elle a abouti parfois à la trivialité du cliché, à un plat réalisme ou à un exotisme de surface. À donner les pleins pouvoirs au langage, elle s’est exposée à un formalisme desséchant ou à une virtuosité gratuite». SENGHOR a produit une œuvre littéraire constituée prioritairement de recueils poétiques. Ses poèmes revendiquent de multiples influences européennes, faisant de lui «un griot qui aurait lu Saint-John Perse», les délicatesses mallarméennes ou le souffle épique du verset claudien. L’ouvrage de SENGHOR «Ce que je crois» en 1988, trace le bilan d'une vie d'exception animée par la foi dans la poésie. La poésie se veut celle de l’action. L’art y est encore davantage parole que silence devant la vanité du mot qui n’est plus lié de façon nécessaire à son objet. L’œuvre de SENGHOR, qui est mystique et religieuse, tire son efficacité de sa foi en le pouvoir réel de sa prière.

«Moi le Maître-de-langue, Ma tâche est d’éveiller mon peuple aux futurs flamboyants. Ma joie de créer des images pour le nourrir, ô lumières rythmées de la Parole !», dit-il dans Élégie des alizés, Œuvre poétique. Léopold Sédar SENGHOR s’est insurgé contre les occidentaux colonialistes qui cherchent à faire ancrer dans l’esprit du Noir qu’il n’a pas de civilisation, pas de patrimoine et qu’il n’a rien écrit. Dans Chants d’ombre, Hosties noires, il s’ingénie à montrer que l’Afrique est «civilisée jusqu’aux os». SENGHOR réfute l’idée du Nègre sauvage ou bon enfant. En effet, SENGHOR a construit son œuvre autour de deux versants, l’un poétique, l’autre critique ; mais, toujours, il a célébré les splendeurs de la civilisation négro-africaine, du continent africain et de l’homme noir. SENGHOR a donné à la poésie africaine une universalité humaine assimilant et louant l’originalité spirituelle. Les poèmes de SENGHOR sont portés par l’espoir de créer une Civilisation de l’Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Sa poésie s’inspire du chant incantatoire dont les mots et les rythmes se lient à la pensée et au corps car «la poésie est chant, sinon musique», dit SENGHOR. En effet, sa poésie de légende, liée à la musique et à la danse, SENGHOR a su exprimer avec un très grand lyrisme aussi bien l’amour, voire l’érotisme, que la solitude de l’exilé (Chants d’ombre), la sérénité et les angoisses de l’homme parvenu au soir de sa vie (Lettres d’hivernage, Elégies majeures), ou encore la dénonciation de l’Occident (Hosties noires). Ses poèmes, essentiellement symbolistes et incantatoires, enracinés dans «le Royaume d'enfance» et ses «forêts de symboles», s'inspirent des rythmes traditionnels africains, «Dans mes poèmes, je parle souvent du Royaume d’enfance. C’était un royaume d’innocence et de bonheur : il n’y avait pas de frontières entre les Morts et les Vivants, entre la réalité et la fiction, entre le présent, le passé et l’avenir», précise-t-il. Ainsi, SENGHOR a chanté son «Royaume d’enfance», à travers le poème consacré à Joal, sa ville natale (extraits de Chants d’ombre).

Joal ! Je me rappelle.

Je me rappelle les Signares à l'ombre verte des vérandas Les Signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grève. Je me rappelle les fastes du Couchant Où Koumba N´Dofène voulait faire tailler son manteau royal. Je me rappelle les festins funèbres fumant du sang des troupeaux égorgés Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots. Je me rappelle les voix païennes rythmant le Tantum Ergo Et les processions et les palmes et les arcs de triomphe. Je me rappelle la danse des filles nubiles Les choeurs de lutte - oh ! la danse finale des jeunes hommes, buste Penché élancé, et le pur cri d'amour des femmes - Kor Siga !

Je me rappelle, je me rappelle... Ma tête rythmant Quelle marche lasse le long des jours d´Europe où parfois Apparaît un jazz orphelin qui sanglote, sanglote, sanglote.

La Femme est source d’inspiration pour le poète Léopold Sédar SENGHOR. Lui, si discret dans ses sentiments, décrit ses muses avec sensualité. Bien que près de la moitié de sa production poétique soit consacrée à chanter la femme et l’amour, SENGHOR est resté d’une grande pudeur et discrétion sur l’identité des femmes qu’il a aimées. Pour conserver, jalousement, les secrets de sa vie sentimentale, SENGHOR brouille souvent les pistes, confondant femme noire, blanche ou métisse. Si la Femme est autant vénérée dans les poèmes de Senghor, il convient de rappeler que dans les familles sérères comme celle de Léopold Sédar SENGHOR, l'enfant grandit dans sa famille maternelle. C'est une société matriarcale dans laquelle les premières années de l'enfant se déroulent dans un milieu exclusivement féminin. Dans le village de Djilor où il a passé son enfance, SENGHOR n'oublie pas les «trois grâces», trois femmes qui ont bercé son enfance. SENGHOR aime les femmes et elles le lui rendent bien. Dans certains poèmes, on peut deviner le portrait de plusieurs femmes à la fois. Avant de se marier une première fois avec Ginette EBOUE en 1946, il faillit se marier deux fois déjà (Andrée NARDEL, une Antillaise en 1935 et Jacqueline CAHOUR, sœur de Claude POMPIDOU, en 1940). Divorcé 10 ans plus tard, il se remariera avec Colette HUBERT, sa «Normande» comme il s'amusait à l'appeler. Une dédicace, dans «Epîtres à la Princesse», à la Marquise Joséphine Daniel de Betteville, grand-mère de Colette, est cependant explicite. «Sans la femme, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue», dit SENGHOR qui n’a pas oublié la «femme noire» dans sa poésie lyrique, une ode à l’amour et à la terre africaine.

Femme nue, femme noire Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux. Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi, je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle. Femme nue, femme obscure Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est Tamtam sculpté, tamtam tendu qui grondes sous les doigts du vainqueur Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée. Femme nue, femme obscure Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau Délices des jeux de l’esprit, les reflets de l’or rouge sur ta peau qui se moire À l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux. Femme nue, femme noire Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel Avant que le Destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Dans ce poème la Femme, dans ses qualités, est source et condition de toute vie, protectrice, douce, apaisante et représente la lumière spirituelle. La Femme, dans sa beauté, symbolise également la grâce, le mysticisme et la sensualité. L’Afrique étant maternelle, ce poème magnifie et glorifie les splendeurs et les sortilèges de la terre africaine. SENGHOR, avec cette envolée lyrique, embrasse l’univers d’une étreinte animiste et catholique avec une passion érotique et mystique invitant à la réconciliation, la plénitude et l’espérance.

B – Léopold Sédar SENGOR, une intense activité culturelle

SENGHOR prenait du temps pour sa famille, ses lectures et son écriture poétique. Le président SENGHOR n’aimait pas qu’on lui dise «je n’ai pas le temps». Pour le poète président, «l’homme organisé trouve toujours le temps». Abdou DIOUF affirme, dans ses mémoires, qu’en dépit des multiples activités du président SENGHOR, celui-ci était connu pour son hygiène de vie. Il se couchait tôt, pour se réveiller tôt. Il pratiquait la gymnastique, la marche et la natation. Chez SENGHOR, il y a un temps pour chaque chose, un temps pour le travail, pour le repas, pour le sommeil, pour le loisir, pour le repos, repos et loisir dans ce cas d'espèce n'ayant pas la même signification qu'habituellement. Pour SENGHOR, le repos consiste simplement à changer d'occupation, à se consacrer à des tâches ou à des études qui ne relèvent pas du domaine des affaires de l’Etat.

En conséquence, les activités culturelles de SENGHOR sont constantes : en 1966, se tient, à Dakar, le 1er Festival mondial des arts nègres. Léopold Sédar SENGHOR est, notamment, médaille d'or de la langue française ; grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965) ; grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; prix Guillaume Apollinaire (1974) ; prince en poésie (1977). Il est docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora.

SENGHOR a écrit l’histoire de Samba Guéladio Diégui ; Samba est noble mais à la mort de son père, son oncle Abou Moussa a pris le pouvoir à sa place. Samba part alors pour rechercher de l'aide. Il sollicite Tounka de Ouandé mais celui-ci est trop faible. Il part voir El Kébir, l'émir des Maures qui lui offre l'hospitalité mais décide de le mettre à l'épreuve avant de l'aider. Grâce à son courage, Samba va finir par avoir raison de son oncle.

SENGHOR est l’auteur, avec Abdoulaye SADJI, de «la belle histoire de Leuk-le-lièvre». Aux côtés de Leuk-le-Lièvre, on découvre, avec leurs caractères particuliers, tous les habitants de cette immense brousse qui ont fait de cette "belle histoire" l'un des grands classiques de la littérature africaine.

 

BIBLIOGRAPHIE TRES SELECTIVE

1 – La contribution de Léopold Sédar SENGHOR

SENGHOR (Léopold, Sédar), Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, Paris, Presses universitaires de France, 1985. 227 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Ce que je crois : négritude, francité et civilisation de l’universel, Paris, Grasset, 1985. 234 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Elégies majeures, suivi de Dialogue sur la poésie francophone, Paris, Seuil, 1979. 123 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Léopold Sédar Senghor et la revue Présence Africaine, Paris, Paris, Présence Africaine, 1996, 246 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Liberté 1 : négritude et humanisme, Paris, Seuil, 1964, 438 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Liberté 2 : nation et voie africaine du socialisme, Paris, Seuil, 1971, 314 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Liberté 3 : négritude et civilisation de l’universel, Paris, Seuil, 1977, 573 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Liberté 4 : socialisme et planification, Paris, Seuil, 1983. 668 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Liberté 5 : le dialogue des cultures, Paris, Seuil, 1993, 295 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), Œuvre poétique, (Chants d’ombre, Hosties noires, éthiopiques, Nocturnes, Lettres d’hivernage, élégies majeures), Paris, Seuil, 1990, 429 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), DROAL (Pierre) La ballade toucouleur de Samba Foul, Paris, Seuil, Jeunesse, 2006, 30 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), SADJI (Abdoulaye), La belle histoire de Leuk-le-lièvre, Paris, EDICEF, 2001, 192 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), La Poésie de l’action : conversations avec Mohamed Aziza, Paris, Stock, 1980, 429 pages ;

SENGHOR (Léopold, Sédar), «Pourquoi une idéologie négro-africaine ?», Présence Africaine, 1972 (2) 82, pages 11-38.

2 – Etudes critiques sur Léopold Sédar SENGHOR

BENA DJANGRANG (Nimrod, dit Nimrod), Tombeau de Léopold Sédar Senghor, suivi de Léopold Sédar Senghor chantre de l’Afrique heureuse, Cognac, Le Temps qu’il fait, 2003, 75 pages ;

BENOIST, (Joseph-Roger de), Cheikh Hamidou KANE, Léopold Sédar Senghor, Paris, Beauchêne, collection Politiques et chrétiens, 1998, 304 pages ;

BIONDI, (Jean-Pierre), Senghor ou la tentation de l’universel, Paris, Denoël, 1993, 197 pages ;

BOUSSARD (Léon), «Sous la Coupole : Quand Léopold Sédar Senghor succède au duc Antoine Lévis-Mirepoix, chez la Grande Signare du quai Conti», Revue des Deux Mondes, mai 1981, pages 320-326 ;

BRANDILY (Max-Yves), Hommage à Léopold Sédar Senghor, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002, 174 pages ;

Université Marien Ngouabi (Brazzaville), Le siècle Senghor. Paris, Harmattan, 2001, 256 pages ;

BOISDEFFRE, de (Pierre), «Avec Léopold Sédar Senghor», Revue des Deux Mondes, mars 1981, pages 513-529 ;

BOURGES (Hervé), Senghor Universel, Paris, Mengès, 2006, 192 pages ;

CAMARA (Aliou), La philosophie politique de Léopold Sédar Senghor, Paris, Harmattan, 2001, 140 pages ;

Centre culturel international (Cerisy-la–Salle), Colloque, Léopold Sédar Senghor. Marseille Sud, 1987, 362 pages ;

COULON (Paul) BRASSEUR (Paule), Libermann 1802-1852, une pensée et une mystique des missionnaires, préface de Léopold Sédar Senghor, Paris, Le Cerf, 1988, 938 pages ;

DIAKHATE (Lamine), Lecture libre de lettres d’hivernage et d’Hosties noires de Léopold Sédar Senghor, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1976, 70 pages ;

DJIAN (Jean-Michel), Léopold Sédar Senghor : genèse d’un imaginaire francophone. Paris, Gallimard, 2005. 75 pages ;

DIOUF (Abdou), Mémoires, Paris, Seuil, 2014, 379 pages ;

DURAND (Jean-François), Péguy-Senghor : la parole et le monde, Paris, Harmattan, 1996, 238 pages ;

ELIZONDO (Virgil), L’avenir est au métissage, traduit de l’américain par J Pierron, préface de Léopold Sédar Senghor, Paris, Mame, 1987, 175 pages ;

FONGANG – KESTELOOT (Lilyan), Les Poèmes de Léopold Sédar Senghor, Issy-les-Moulineaux, Classiques africains, 1987, 143 pages ;

GARROT (Daniel), Léopold Sédar Senghor critique littéraire, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1978, 154 pages ;

GIRAULT (Jacques), Léopold Sédar Senghor : Africanité-Universalité, Paris, Harmattan, 2002, 290 pages ;

Guibert (Armand), Léopold Sédar Senghor, Paris, Seghers, 1979, 188 pages ;

Hommage à Léopold Sédar Senghor : homme de culture, Paris, Présence africaine, 1976, 425 pages ;

HYMANS (Jacques Louis), Léopold Sédar Senghor : an Intellectual Biography, Edinburgh, University press, 1971, 312 pages ;

JOUANY (Robert), Les Voies du lyrisme dans les Poèmes de Léopold Sédar Senghor. Paris, Champion, 1986, 161 pages ;

Senghor, le troisième temps : documents et analyses critiques, Paris, Harmattan, 2002, 220 pages ;

KLUBACK (William), Léopold Sédar Senghor : from Politics to Poetry, New York, P. Lang, 1997, 117 pages ;

LEBAUD-KANE (Geneviève), Léopold Sédar Senghor ou la Poésie du royaume d’enfance, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1976, 101 pages ;

Imaginaire et création dans l’œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor, Paris Harmattan, 1995, 254 pages ;

MEZU (Sébastian Okechukwu), Léopold Sédar Senghor et la défense et illustration de la civilisation noire, Paris, Didier, 1968, 229 pages ;

NANTET (Jacques), «Léopold Sédar Senghor», La revue des Deux Mondes, juillet 1978, pages 46-51 ;

NGANDU (Pius Nkashama), Négritude et poétique : une lecture de l’œuvre critique de Léopold Sédar Senghor, Paris, Harmattan, 1992, 158 pages ;

NESPOULOS-NEUVILLE (Josiane), Léopold Sédar Senghor de la tradition à l’universalisme, Paris, Seuil, 1988, 215 pages ;

Organisation internationale de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor, la pensée et l’action politique, Paris, colloque Assemblée Nationale, 26 juin 2006, 269 pages ;

SARAVAYA (Gloria), Langage et poésie chez Senghor, Paris, Harmattan, 1989, 224 pages ;

SINGARE (Issiaka, Ahmadou), L’œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor : esthétique de la réception, procès de la création, Thèse Université de Cergy Pontoise, sous la direction du professeur Daniel Delas, 2012, 763 pages ;

SOREL (Jacqueline), Léopold Sédar Senghor : l’émotion et la raison, Saint-Maur-des-Fossés, Sépia, 1985, 201 pages ;

SPLETH (Janice), Léopold Sédar Senghor, Boston, Twayne, 1985, 184 pages ;

TILLOT (Renée), Le Rythme dans la poésie de Léopold Sédar Senghor, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1985, 167 pages ;

VAILLANT (Janet G), Vie de Léopold Sédar Senghor : Noir, Français et Africain, Paris, Karthala, préface d’Abdou DIOUF, 2006, 448 pages ;

VENEV (Yvan Dimitrov), La première bibliographie mondiale Léopold Senghor, membre de l’Académie française, Sofia, Y. Venev, 1999, vol. I, 119 pages.

3 - Articles sur Léopold Sédar SENGHOR

DIAGNE (Pathé), «Senghor in Context», Research in African Literature, 2002, 33, pages 12-16 ;

FONKUA (Romuald-Blaise), «Marxisme et écriture : J. Stephen Alexis, A. Césaire et L.S. Senghor», Notre Librairie : Revue du Livre : Afrique, Caraïbes, Océan Indien, 1997, 132, pages 124-136 ;

GASSAMA (Makili), «Lépold Sédar Senghor et la Négritude», in Ethiopiques, 1980 22 pages 57-64 ;

GAULME (François), «Senghor : Politique et penseur entre deux mondes», Etudes, 2002, 397(1-2), pages 11-20 ;

MICHEL (Jacqueline), «Léopold Sédar Senghor : Le corps de la femme noire ou la géographie magique d’une terre», Lettres Romanes, 2002, 56, pages 259-67 ;

MOORE (Gerald), «Senghor : Poet of Night», Research in African Literature, 2002, 33 (4), pages 51-59 ;

OLIVIERI (Claude), «Senghor : Négritude et francophonie», Français dans le monde, janvier 1998, 103-104, pages 124-136 ;

RIESA (Janos), «Senghor and the Germans», Research in African Literature, 2002, 33 (4), pages 25-37 ;

SALL (Amadou, Lamine), Senghor : ma part d’homme, éditions Feu de brousse, 2006, 272 pages ;

SIAMUNDELE (André), «Senghor, Kourouma et Sony Labou Tansi : D’un mouvement littéraire à la littérature en mouvement ou la Négritude de l’ère post coloniale», LittéRéalité, 2004, 16, pages 9-22 ;

SOYINKA (Wole), «Léopold Sédar Senghor», Research in African Literature, 2002, 33(4), pages 1-100 ;

TILLIETTE (Xavier), «Senghor, poète du soleil noir», Etudes, juillet - août 2002, 397, pages 5-10 ;

VAILLANT (Janet G.), «Homage to Léopold Sédar Senghor : 1906-2001», Research in African Literature, 2002, 33 (4), pages 17-24 ;

WATTS (Richard G.), «Senghor’s Prefaces between the Colonial and the Postcolonial», Research in African Literature, 2002, 33 (4), pages 76-87 ;

WESTLEY (David M.) «A Select Bibliography of the works of Léopold Sédar Senghor», Research in African Literatures, 2002, 33 (4), p. 88-100.

Paris, le 20 décembre 2017, par Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/.

 

Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).
Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).

Léopold Sédar SENGHOR, homme d'Etat et de culture (1906-2001).

Partager cet article

Repost0

commentaires

Liens