Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 20:10

Cet article a été publié dans le journal FERLOO, édition du 19 août 2015.

On a souvent tendance à dire, abusivement, que le Nègre c’est le rythme, «c’est l’émotion» en référence à une expression du poète Léopold Sédar SENGHOR. Il est des hommes qui, par leur génie et la maîtrise de leur art, peuvent symboliser l’âme d’un peuple. «Tout ce que j’entreprends, c’est dans le seul but de faire connaître mon pays», souligne Doudou N’DIAYE qui, par son génie du tam-tam, ou Sabar comme on l’appelle chez nous, a enchanté et honoré le peuple sénégalais. Aussi, le président François MITTERRAND avait eu, en 1989, la délicieuse idée, lors du bicentenaire de la Révolution française, de faire défiler sur les Champs-Elysées, la troupe de Doudou N’DIAYE Coumba Rose. L'engagement de Doudou, auprès du Parti socialiste sénégalais, n'a pas jamais fait défaut. Universellement connu et reconnu, comme ambassadeur du rythme sénégalais, Doudou a sillonné tous les continents. Doudou a collaboré avec Peter Gabriel, qui sort l'album Djabote sur son label Real World, ou avec Alan Stivell, Jacques Higelin, Bernard Lavilliers et Youssou N’DOUR.

De son vrai nom Mamadou N'diaye, Doudou N'diaye Rose est un musicien percussionniste sénégalais, né en 1930 à Dakar, dans le quartier de la Médina. Issu d'une famille de griots, il a consacré toute sa vie au tambour. «Mon père m’interdisait de jouer aux percussions. Il voulait que je fasse des études. Ce que j’ai fait jusqu’à l’obtention de mon Certificat d’études primaires» précise notre artiste. Cependant, Doudou ne pouvait pas résister au Sabar : «le matin, le sac en bandoulière j’ai la ferme intention d’aller à l’école mais il suffit que j’entends le son d’une percussion, pour suivre le rythme jusqu’à oublier l’heure qu’il fait», confesse-t-il. L’école primaire Faidherbe ne voyait son potache que dix jours en moyenne dans le mois. Malgré les nombreuses heures d’école buissonnière, il obtient le certificat d’études primaires en 1944, s’inscrit à l’école Pinet Laprade pour être tourneur. Le destin en décide autrement et en fait un plombier. Quatre ans plus tard Doudou sort avec un diplôme de plombier en poche. «Même si j’ai appris le métier de plombier que j’ai exercé jusqu’à l’indépendance, je n’ai jamais cessé de jouer du tam-tam, me renseignant sans arrêt sur la signification de tous les rythmes. A l’époque, à Dakar, il y avait chaque jour des cérémonies de mariage, de baptême… Sur le chemin de l’école, j’entendais le tam-tam... c’était fini pour moi : je suivais les sons portés par le vent, je courais, je cherchais jusqu’à trouver la maison où il y avait la fête. En grandissant, la famille a fini par me laisser tranquille», raconte Doudou dans un ouvrage biographique écrit par Tafsir Ndické Dieye en 2005, Doudou Ndiaye Rose, le grand tambour major du Sénégal.

En 1959 il est remarqué par Joséphine BAKER venue à Dakar, qui confirme sa vocation en lui prédisant : «Tu seras un grand batteur». Mais c’est quand il a intégré l’Ecole nationale des Arts au début des années 1960 comme professeur de rythme que Doudou Ndiaye Rose a pris une nouvelle dimension. Il en a profité pour apprendre le solfège. Selon lui, c’est ce petit plus qui fait sa différence avec les autres batteurs de tam-tam, surtout les plus jeunes. «La jeune génération joue très bien le tam-tam, mais j’ai l’avantage de maîtriser les cinq clés du solfège. Si bien qu’aujourd’hui il n’y aucun orchestre que je ne puisse accompagner sur scène», dit Doudou. Doudou souligne que maîtriser le langage du tam-tam, il faut savoir que derrière chaque rythme, il doit y avoir un message. «Il ne s’agit pas de faire du tintamarre et d’essayer de gagner de l’argent. La percussion, c’est tout un art avec des règles. Chaque rythme a une signification bien défini» enseigne le tambour-major.

Par conséquent, sa passion restera le Sabar. En effet, sa rencontre avec Mada SECK change son destin. «Après le travail, j’allais à la répétition de l’organisation du fanal. Alors je jouais un peu avec les percussions avant l’arrivée des batteurs. C’est en ce moment que Mada Seck m’a repéré et m’a fait savoir que je jouais bien. C’est ce jour-là qu’il m’a recruté» dit-il. Mathématicien des rythmes, grand maître du Sabar, il pouvait diriger un ensemble de plus de 100 batteurs. Repéré lors d'un défilé de tambourinaires le jour de l'indépendance, en 1960, le maître du Sabar deviendra chef-tambour des Ballets nationaux du Sénégal. Il participe, modestement au Festival mondial des Arts Nègres, en 1966, à Dakar.

Doudou qui avait 4 femmes, 42 enfants et de nombreux vient de disparaître à l’âge de 85 ans. Il avait un groupe de femmes percussionnistes dénommé «Les Rosettes». «Je sais que je ne suis pas éternel, alors qu’il est temps je partage avec mon expérience et mes connaissances», dit-il. Doudou Ndiaye Rose n’est pas éternel, mais son œuvre va certainement lui survivre. L’Unesco l’a classé «trésor humain vivant». Je m’autorise donc à remercier Doudou pour ses services rendus à son peuple et à l’Afrique.

Paris le 19 août 2015, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Doudou N'DIAYE Coumba Rose, percussionniste sénégalais (1928-2015).
Doudou N'DIAYE Coumba Rose, percussionniste sénégalais (1928-2015).

Doudou N'DIAYE Coumba Rose, percussionniste sénégalais (1928-2015).

Partager cet article

Repost0

commentaires

Liens