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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 14:42

Présentation des termes du débat :

Emmanuel TODD, né le 16 mai 1951, à Saint-Germain-en-Laye, historien, anthropologue, géographe, sociologue et essayiste, est un enfant de l’intelligentsia française. Fils d’une famille à la fois bourgeoise et bohème, dont les figures totémiques avec un grand-père écrivain, Paul NIZAN, un père journaliste, Claude-Lévi STRAUSS est de ses petits cousins, ses amis sont journalistes, professeurs ou chercheurs, venus pour beaucoup de la deuxième gauche. «Autant dire que les manifestants du 11 janvier me sont familiers», lâche-t-il comme pour justifier le portrait brutal – «délirant», disent ses premiers détracteurs – qu’il brosse, dans son dernier essai, "Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse", des quelque quatre millions de personnes qui, ce jour-là, défilèrent en France derrière des pancartes affirmant «Je suis Charlie».

Emmanuel TODD exprime, sans fard, ni détour, le mépris et la honte que lui inspire la «France de Charlie». Il déteste, sans retenue, François HOLLANDE, les socialistes et la social-démocratie «embourgeoisée» de MAUROY, ROCARD et VALLS. Pour certains, dont M. TODD, il est bon ton de fusiller la Gauche au pouvoir. «Pour la première fois, dit-il, je n’ai pas été fier d’être Français», dit-il. «Si on renvoie, tout le temps, les Musulmans à leur origine, on doit renvoyer tout le monde à son origine, c’est un acte de justice», précise-t-il. Le père de François HOLLANDE était d’extrême-droite, et alors ?

Le débat semble même déraper. Dans une France "où le taux de chômage est à 10%, où l'islamophobie se répand, l'antisémitisme se répand, l'optimisme de Manuel VALLS est l'optimisme de la Révolution nationale du maréchal PETAIN", déclare le 8 mai 1945, Emmanuel TODD.

Manuel VALLS conteste ces interprétations discutables d'Emmanuel TODD.

Manuel VALLS, né le 13 août 1962, à Barcelone, est un pur produit de la République. Il est curieux de constater, qu’au moment où les idées nauséabondes du FN progressent en France (67% des Français estiment qu’il y a trop d’étrangers en France), le Premier Ministre et la Maire de Paris, (Mme HIDALGO, première femme maire de Paris, née le 19 juin 1959, à San Fernando, Espagne) sont nés à l’étranger. Manuel VALLS, quelles que soient les réserves sérieuses sur sa politique social-libérale qui ont fortement contribué à la montée du FN, s’est fortement engagé dans la défense des valeurs républicaines. N’est-ce pas lui qui avait lâché le concept «d’apartheid», à propos de la situation de ségrégation réservée aux habitants de la Seine-Saint-Denis. Le Premier Ministre s’est fortement impliqué dans la campagne des départementales de mars 2015, pour combattre, sans concession, les idées du FN. Dans les colonnes du journal Le Monde, et en réponse à la polémique lancée par Emmanuel TODD, le Premier Ministre a défendu, vigoureusement, l’esprit de la manifestation du 11 janvier 2015. Reconnaissons que François HOLLANDE a géré ces événements, de façon royale. Il ne serait pas honnête de critiquer un succès, incontestable, dans ce quinquennat particulièrement controversé et chaotique.

Je m’autorise, dans ce contexte, à vous soumettre, à nouveau, ma modeste contribution du 1er mai 2015 intitulée «Il faut défendre la République», publiée dans le Journal LE FERLOO et sur ma page Facebook ainsi que dans mon blog baamadou.over-blog.fr.

I - Emmanuel TODD «Qui est Charlie ? Sociologue d’une crise religieuse», Paris, Seuil, 2015, 252 pages.

Un spectre hante la France. Celui du «catholicisme zombie». Une survivance de l’empreinte catholique dans les mentalités qui, selon l’historien et anthropologue Emmanuel TODD, explique en grande partie «l’accès d’hystérie» de la mobilisation historique du 11 janvier. Une détermination puissante et inconsciente qui permet, pêle-mêle, de comprendre «l’islamophobie» des classes moyennes, la dévotion européiste des élites, le mépris des ilotes taxés de «populistes» et même pourquoi le Parti socialiste de François Hollande est désormais «ancré à droite».

Dans Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse, Emmanuel TODD veut démonter «l’imposture» de la communion nationale du 11 janvier 2015. Comme l’avaient déjà rappelé de nombreux observateurs, «une partie de la France n’était pas là» lors de cette mémorable journée. En un mot, relève aujourd’hui Emmanuel TODD, c’est la France des classes moyennes supérieures qui a manifesté, pendant que celle du monde populaire, des jeunes des banlieues et des ouvriers de province boudait l’événement.

1 - Emmanuel TODD, un homme de tumulte,

L’unanimisme politique et médiatique lui fit l’effet d’un «flash totalitaire». En janvier 2015, assure-t-il, «aucune analyse critique n’aurait été audible». Rony BRAUMAN, ancien président de Médecin sans frontières, contestait pourtant dans les colonnes du Monde «la rhétorique de l’intimidation morale» en expliquant ce qui l’avait empêché de rejoindre le cortège (Le Monde daté du 16 janvier 2015), tandis que le philosophe Alain BADIOU raillait cette injonction à manifester : «C’est tout juste si Manuel VALLS n'envisageait pas d’emprisonner les absents», écrivait-il (Le Monde daté du 28 janvier 2015). Comme on peut le constater, l’originalité de l’essai d’Emmanuel TODD ne réside pas dans la victimisation d’un auteur alors prétendument bâillonné et qui fait aujourd’hui la couverture des journaux de toute l’intelligentsia de la Gauche.

2 - Emmanuel TODD dénonce "l'oligarchie de masse»

L’ouvrage est une invitation à comprendre les mécanismes du pouvoir idéologique et politique de notre société à partir du moment «Charlie», une analyse savante et virulente de la «crise religieuse» d’une nation qui «se ment à elle-même» dans la communion laïque. Bien sûr, accorde-t-il, les manifestants ont, en toute conscience, défilé pour la tolérance. Mais ce n’est pas la réalité des «valeurs latentes» qui les agissaient. Ce jour-là, écrit-il, «il s’agissait avant tout d’affirmer un pouvoir social, une domination». Celle de la «France blanche» des catégories supérieures qui s’est précipitée dans les rues pour «définir comme besoin prioritaire le droit de cracher sur la religion des faibles». Celle d’une France inégalitaire, non dans ses proclamations théoriques et conscientes, mais dans ses comportements pratiques et inconscients.

Car «les forces qui se réclament aujourd’hui de la République ne sont pas d’essence républicaine», explique-t-il. Comme l’illustre l’écart entre les manifestations massives de Lyon et celles plus modestes de Marseille, ce sont les habitants des anciennes terres catholiques et hiérarchiques qui se sont mobilisées le 11 janvier. C’est cette «oligarchie de masse» qui accepte la ségrégation sociale des populations défavorisées, la relégation des jeunes musulmans dans les ghettos urbains qui s’est indignée, insiste-t-il.

Cartographie à l’appui, le démographe veut démontrer qu’une «subculture catholique périphérique», qui perdure malgré le déclin de l’Eglise, détermine à leur insu les individus. Et favorise l’avènement d’une «néo-République» inégalitaire. Sous son influence, la «divinité cruelle» de la monnaie unique européenne a remplacé la Sainte-Trinité. Car le traité de Maastricht «nous vient du catholicisme et de Vichy plus que de la Révolution», assure-t-il. Sous son emprise également, le PS s’est droitisé. Ainsi François Hollande, fils de parents catholiques, apparaît-il comme «la parfaite incarnation du catholicisme zombie». Certes, le PS est «subjectivement» antiraciste, mais il est «objectivement xénophobe» assure M. TODD, car «il exclut les enfants d’immigrés de la nation française». En résumé, il y a un décalage complet entre les paroles et les actes de ces dominants qui composèrent l’essentiel des manifestants.

3 - Emmanuel TODD procède à un lynchage de «la nouvelle hystérie laïciste»

De l’islamophobie des beaux quartiers à l’antisémitisme des banlieues reléguées, la responsabilité des notables de cette «néo-République» inégalitaire est, selon TODD, immense. Que faire alors ? Combattre «la nouvelle hystérie laïciste», écrit-il, qui n’est autre qu’une «religion» qui fait de l’islam son bouc émissaire en proclamant «le devoir de caricaturer Mahomet».

Après l’outrance de la démonstration, place à l’œcuménisme de la conclusion. Toute la panoplie de la laïcité ouverte du néorépublicanisme que Todd s’acharne à combattre y est sagement déclinée. Droit au blasphème, liberté d’expression protégée par l’Etat, assimilation des immigrés, «intégration positive» de l’islam… Même l’interdiction du foulard à l’école, considérée comme islamophobe par beaucoup, est considérée par l’auteur, qui n’est exempt ni de paradoxes ni de contradictions, comme « une bonne chose ». La cohorte de ses anathèmes s’achève donc sur le catalogue d’un pur catéchisme républicain. Il est enfin temps de répondre à la question posée par l’anthropologue : «Qui est Charlie ?» C’est Emmanuel TODD, mais il ne le savait pas.

II - REPONSE de Manuel VALLS, Premier Ministre : «Non, la France du 11 janvier n'est pas une imposture», in LE MONDE du 07 mai 2015.

«Certains voudraient tirer un trait sur le 11 janvier, le remiser, minimiser la portée d’une mobilisation sans précédent, d’un gigantesque élan de fraternité. Il a fait marcher ensemble, dans nos rues, plus de quatre millions de personnes. Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, ce fut bien un mouvement spontané, populaire, venu des citoyens eux-mêmes. Le peuple français, dès le 7 janvier au soir, s’est dressé.

Bien sûr, il faut se garder de toute idéalisation de l’événement. De nombreux Français, notamment dans les quartiers populaires, délibérément, n’y ont pas pris part. D’autres ne se sont pas sentis concernés, non par opposition au mouvement, mais simplement parce que les difficultés quotidiennes – le réel – les empêchent, trop souvent, de croire à cet idéal rappelé avec force par les slogans et les pancartes : la citoyenneté, la cohésion, la solidarité. Que des citoyens aient volontairement fait le choix de se tenir à l’écart doit évidemment nous interroger, et nous commande d’agir. Le 11 janvier, je l’ai déjà dit, était d’abord une exigence adressée aux responsables politiques de tous bords.

Pour autant, faut-il noircir le tableau, céder à l’autoflagellation ? C’est un fait : notre nation, chahutée par les bouleversements du monde, connaît une forme de dépression, elle-même alimentée par les diagnostics réguliers d’intellectuels. Ceux-ci, bien que venus d’horizons différents, se retrouvent dans un même constat : celui du déclin. Un constat devenu une véritable idéologie, un leitmotiv. Trop souvent, notre nation ne sait plus s’émerveiller d’elle-même. Le devoir des responsables politiques est alors, aussi, de descendre dans l’arène des idées, de répondre, de combattre les faux-semblants.

1 - Manuel VALLS refuse les amalgames

L’historien et démographe Emmanuel TODD publie un ouvrage dans lequel il entend dénoncer «l’imposture» du 11 janvier [Qui est Charlie ?, Seuil, 252 pages]. D’autres l’ont précédé sur cette voie, et d’autres le suivront sans doute, mais je veux répondre à son analyse en pointant, pour reprendre sa terminologie, quatre impostures.

La première, c’est de vouloir faire croire que le 11 janvier était une attaque contre une religion, contre l’islam. «Piétiner Mahomet» ? A aucun moment ! Cette manifestation fut un cri lancé, avec dignité, pour la tolérance et pour la laïcité, condition de cette tolérance. Elle fut également un cri lancé contre le djihadisme qui, au nom de la foi, d’un islam dévoyé, s’en prend à l’Etat de droit, aux valeurs démocratiques, tue des juifs, des musulmans, des chrétiens. Elle fut, enfin, un refus des amalgames. Il fallait entendre cette Marseillaise chantée spontanément dans tous les cortèges pour saisir cet attachement viscéral aux valeurs qui nous unissent, au-delà de nos désaccords politiques, de nos appartenances culturelles ; un attachement à ce qui fait la nation républicaine, son caractère profondément consensuel et contractuel qu’Ernest Renan a si bien démontré. Est-ce que cela veut dire qu’il n’existe pas en France une tentative de stigmatiser les musulmans sous couvert de «laïcité» ? Bien sûr que non. Ces faits existent. On ne peut pas les accepter.

La deuxième imposture tient à la définition de la liberté d’expression. Sur ce point, face aux confusions dangereuses, notamment au sein de notre jeunesse, les intellectuels ont une responsabilité éminente : éclairer et non pas tout mélanger. Dans notre pays, la caricature a toujours eu un rôle essentiel dans la construction de l’opinion publique. Elle est ce mode d’expression si singulier qui permet la dénonciation de l’injustice, la contestation des abus, la critique des «puissants». Elle est le plus souvent, n’en déplaise à Emmanuel Todd, du côté des «faibles» et des «discriminés». En l’espèce, la caricature de Mahomet est du côté de ceux subissant le poids des fondamentalismes, la violence des fanatiques qui détruisent, terrorisent, assassinent. Il y a là une inversion des valeurs, une perversion des idées qui consiste à penser que ceux qui tuent sont les faibles. Ce genre de justification provoque des conséquences désastreuses, car il séduit tant d’individus, tant de jeunes qui pensent que ce sont les assassins les victimes.

La troisième imposture, c’est cette théorisation d’une néo-République, concept pour le moins brumeux. Emmanuel TOD veut voir dans le 11 janvier une confiscation idéologique par certaines catégories sociales supérieures, coupables par essence. L’historien ne prend alors plus aucune prudence avec sa discipline, au point de devenir inquiétant : c’est la France antidreyfusarde, catholique, vichyste ! N’en jetez plus !

2 - Manuel VALLS souhaite relever l’étendard de l’optimisme,

La vérité, c’est que, dans les cortèges, chaque citoyen comptait à égalité, quelles que soient ses croyances, ses origines, sa couleur de peau, sa classe sociale. Propager l’idée que Élysée – Présidence de la République française​ serait aux mains de certains et agirait au détriment d’autres, c’est jouer un jeu dangereux : celui des populismes, des extrêmes qui, eux, nous conduiraient vers la ruine. Dans cette crise d’identité que traverse la France, plus que jamais nous devons défendre la République, car elle est protectrice des citoyens et émancipatrice des individus. La République est notre meilleur atout.

Enfin, quatrième imposture : la définition donnée de la gauche. Une définition qui reflète la tentation populiste en vogue, qui voit dans les «élites» un groupe fondamentalement méprisant, «mondialiste», dont la seule motivation serait de trahir le peuple. La définition de la gauche que donne Emmanuel TODD traduit en fait les passions personnelles de l’auteur : lorsqu’elle est pro-européenne, la gauche est forcément synonyme de «traîtrise», de «soumission» à un supposé diktat. Tout est noir ou blanc, aucune place n’est laissée à la nuance. La gauche de gouvernement est présumée coupable et même condamnée avant d’avoir été jugée sur son action. Au fond, pour l’historien-démographe, devenu gardien du temple, la gauche ne vivrait bien que dans la contestation, le mythe révolutionnaire.

Je réponds, ici, à Emmanuel TODD, mais je ne réponds pas qu’à lui. Le plus inquiétant dans ses thèses, c’est qu’elles participent d’un cynisme ambiant, d’un renoncement en règle, d’un abandon en rase campagne de la part d’intellectuels qui ne croient plus en la France. J’aimerais que plus de voix s’élèvent pour défendre notre pays, pour mieux en penser les défis, pour relever l’étendard de l’optimisme.

Ce qui n’interdit en rien la lucidité. Je l’ai moi-même rappelé à la tribune de l’Assemblée nationale, dès le 13 janvier : pour beaucoup de nos concitoyens, la promesse républicaine est devenue un mirage. L’accès à l’éducation, à l’emploi, à un logement, à la santé, à la culture se heurte trop souvent à la réalité des faits. Mais c’est au nom de cette lucidité, et parce que je ne conçois pas la politique autrement que comme un combat, que je souhaite participer au débat sur le 11 janvier, pour entretenir ce mouvement, cette énergie. Elle est vitale pour notre pays. Le 11 janvier, la France s’est retrouvée, forte et fière. Ce souffle ne doit pas s’éteindre.

C’est à chaque citoyen de l’entretenir, de lui donner sens, sans prétendre le confisquer. Et à la place qui est la mienne, je mesure combien ce sursaut comporte d’exigences. Exigence d’agir, de s’élever à la hauteur des enjeux, de faire vivre nos valeurs. La lucidité n’empêche pas l’espoir, et la difficulté de ce combat républicain ne doit jamais nous faire oublier combien il est noble».

Manuel VALLS, Premier Ministre.

«Il faut défendre la République», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Il faut défendre la République», ce slogan fait écho à un cours de Michel FOUCAULT prononcé au Collège de France du 7 janvier au 16 mars 1976, intitulé «Il faut défendre la société». Il y est question de pouvoir disciplinaire, de discours contre la guerre, de lutte contre le racisme, et de la gouvernementalité. Qualifié, à tort, de philosophe de la marginalité, Michel FOUCAULT était, en fait, un philosophe visionnaire et emblématique du XXème siècle.

«L’inaction des bons n’est pas moins nuisible que l’action des méchants», disait Martin Luther KING. En effet, de lourdes menaces pèsent sur la République, à travers les peurs irrationnelles, la montée de la peste brune, la lepénisation et les impostures d’une partie de la Droite, ainsi que les trahisons de l’héritage de Jean JAURES, d’une partie de la Gauche.

Pourtant, il existe un Bien commun qui transcende tous les clivages politiques : c’est la défense des valeurs républicaines, socle de la démocratie et de la justice.La République est un héritage de la Révolution Française dont sont issus tous les acquis sociaux, qui fondent encore la cohésion de notre société.

Saluons, sans modération, le coup d'éclat des FEMEN lors de la manifestation du 1er mai 2015 du FN, comme étant une prise de conscience des dangers qui menacent la République.

I – Les menaces qui pèsent sur la République

Par une conjonction de différents événements (crise économique, ruralité, immigration), des peurs irrationnelles menacent, gravement, la République.

1 – Un Front National (F.N.), hors de la République

Le FN, dans sa quête effrénée de respectabilité, s’est affublé de tous les symboles de la République : le drapeau, l’hymne national, le concept de Nation et de patriotisme. Plus c’est gros, plus ça passe. En épargnant dans sa croisade raciste, les Juifs, communauté solidement organisée avec une grande capacité d'indignation et de réaction, le F.N. ne s’attaque qu’aux plus faibles : les Arabes et les Noirs, désignés, non plus sous le terme de Français musulmans, mais «d’immigrés». Le F.N. s’est arrogé, en violation flagrante du principe d’égalité, qui est au cœur des valeurs républicaines, «le pouvoir de faire vivre et de laisser mourir», en référence à une expression de Michel FOUCAULT.

Pourtant, les Français s’apercevront, vite que cette escroquerie du F.N., n’est qu’une respectabilité de façade. Les affaires qui éclaboussent ce parti (Compte en Suisse de son Président honoraire, marchés publics attribués à des amis, emplois fictifs, etc.) que le F.N. ne respecte pas les lois de la République. M. Jean-Marie LE PEN se targuait-il pas dire qu’il a «les mains propres, la tête haute». La République ce sont la probité et la transparence, c'est être au service de tous et non de se servir. Ce décalage entre la parole et les actes montre, comme le dirait M. Jean-Christophe CAMBADELIS, que les dirigeants du F.N. ont «les mains sales, la tête basse».

Pour ma part, et en dépit de ses succès électoraux, du sourire rassurant de Mme LE PEN, le F.N. est, indubitablement, hors de la République. En effet, un des principes ssentiels de la République, et donc de la démocratie, c’est le principe d’égalité. Il y a de cela 20 ans, le 1er mai 1995, des militants frontistes jetaient à la Seine, un jeune maghrébin, Brahim BOUARRAM. Souvenons-nous qu’Hitler s’est d’abord attaqué aux Juifs, aux homosexuels, aux communistes et aux Tsiganes. Les Allemands avaient applaudi. Mais à la fin de la deuxième guerre mondiale, les Allemands avaient fini par comprendre, que le pire ennemi de son peuple, c’était bien Adolphe HITLER.

Le F.N., parti peu démocratique, est une entreprise familiale dont la dévolution du pouvoir est fondée sur l’héritage ; ce qui est fondamentalement contraire aux valeurs républicaines. Même la Droite bonapartiste et Sarkozyste évolue, sur le chemin tracé par le Parti socialiste, vers une consultation des militants, aux grandes échéances. Le programme de ce parti isolationniste, xénophobe, qui veut cantonner les femmes dans les tâches domestiques et de reproduction de la société, ne pourrait qu’alerter tous les républicains.

Je suis persuadé, à l’instar de ce puissant mouvement du 11 janvier 2015, que la France profonde, même si elle reste pour l’instant léthargique et abstentionniste, se réveillera, en temps utile, pour défendre, fermement, la République.

2 – Les impostures de la Droite

La plus grande imposture, du moment, de M. SARKOZY est de vouloir rebaptiser, le 30 mai 2015, son parti, l’UMP, en «Les Républicains». Pour lui, les Socialistes, sont socialistes avant d’être républicains.

C’est peut-être une tentative, habile, de faire oublier les «casseroles» de l’U.M.P. dont l’image est ternie par cette calamiteuse primaire entre Messieurs COPE et FILLON, et surtout par cette affaire Bygmalion, rebaptisée «Big Millions». Depuis quelques années, l'U.M.P. est abonnée à la rubrique des faits divers, en raison du comportement crapuleux d'une partie de ses dirigeants. Ces délinquants en col blanc, qui aspirent à nouveau à gouverner le pays, représentent une menace grave pour les acquis sociaux.

Pour ceux qui n’ont pas la mémoire qui flanche, se souviennent que la campagne victorieuse de M. SARKOZY en 2007, était fondée sur la ligne raciste de M Patrick BUISSON. Cette lepénisation de la Droite l’avait conduite à vouloir imposer les thèmes contraires aux valeurs républicaines d'égalité comme l’identité nationale et les discours de Grenoble et de Dakar.

La stratégie de M. SARKOZY du «Ni Ni», au deuxième tour d’une élection opposant un candidat du F.N. et de la Gauche, est un sabordage du Front républicain.

Cette porosité entre la Droite et le F.N. pourrait mener à une alliance aux régionales de décembre 2015.

3 – Les trahisons de l’héritage de Jean JAURES

Jean JAURES avait établi un lien direct entre le Socialisme et la République. Pour lui, le socialisme doit s’inscrire dans la continuité républicaine pour en être l’aboutissement, en créant les conditions d’une réelle démocratie politique, mais aussi d’une démocratie sociale et économique.

La Gauche sociale-libérale se manifeste dans son action politique par la dissimulation et le mensonge. Ainsi, après la victoire aux présidentielles de 2012, les renoncements, les manquements au respect de la parole donnée constituent, indubitablement, des trahisons de l’héritage de Jean JAURES. Sans doute peu fier de son bilan, c'est en catimini, que François HOLLANDE est venu déposer une gerbe de fleurs, au Café Croissant, à Paris 2ème, lors du centenaire de l'assassinat de Jean JAURES. Pour Michel FOUCAULT dire la vérité, c’est la possibilité de fonder des actions sur la vérité. C’est pourquoi une étude sur la vérité chez Foucault s’analyse selon deux axes fondamentaux, d’une part celui des discours, en tant qu’ils prétendent dévoiler ou renfermer la vérité, et d’autre part celui des actions, en tant que celles-ci se devraient d’être justifiées en vérité. Alors que la vérité est habituellement comprise comme une qualité de ce qui est dit, Foucault introduit donc une perspective radicalement nouvelle : vérité du dire dans son rapport à la vie de celui qui l’énonce.

Cette faillite idéologique a mené à des désastres électoraux successifs de la Gauche et à une montée, sans précédent, du F.N. faisant peser des menaces sur la République. La Gauche a perdu la bataille de l’hégémonie culturelle, en référence à une expression d’un philosophe italien, Antonio GRAMSCI. Les thèmes en vogue (Nation, identité nationale, individualisme), sont fondamentalement contraires aux valeurs républicaines. Je me souviens du discours de François HOLLANDE au congrès du Mans, en novembre 2005, en pleines émeutes à la suite de l’assassinat de deux jeunes en Seine-Saint-Denis. Son discours sur la République nous avait réchauffé le cœur. Devenu président, M. HOLLANDE semble avoir oublié sa promesse pour un droit de vote des étrangers aux élections locales. «Le pouvoir éblouit, le pouvoir pétrifie», disait Michel FOUCAULT.

En dépit de cette bérézina électorale, la ligne sociale-libérale est réaffirmée par le gouvernement. On continue. On fonce dans le mur. La majorité gouvernementale vient de recevoir, pour le congrès de Poitiers de juin 2015, l’appui de Mme Martine AUBRY censée représenter un recours et une caution de gauche au PS. Elle a perdu, fort injustement comme d'autres élus locaux, en raison de cette politique social-libérale, l'emblématique et le symbolique département du Nord pour les socialistes. Ce revirement de Mme AUBRY doit-il nous inciter à désespérer de la politique ? «Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup» disait, fort justement Martine AUBRY, à l’endroit de François HOLLANDE, lors des primaires socialistes.

Pourtant, le P.S. reste un des principaux piliers pour encore sauver la République. Ce parti n’appartient pas à la Nomenclatura, seulement intéressée par le partage du gâteau et les combinaisons politiciennes, mais à ses militants qui doivent se battre pour le sauver de sa Mollétisation.

II – La nécessité de réaffirmer les valeurs républicaines, socle de la démocratie

1 – Défendre la Liberté

Le projet de loi relatif au renseignement, a suscité d’importantes polémiques et inquiétudes. Le recours à une autorité extérieure indépendante (Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement) et du Conseil d’Etat, me paraît insuffisant pour garantir les libertés. C’est une tradition de notre système juridique que les libertés individuelles sont sous le contrôle du juge judiciaire.

Tout Etat a le droit de se défendre, d'assurer sa sécurité et sa conservation. Mais cette défense doit se faire dans le cadre de l’Etat de droit, donc dans le cadre des lois républicaines et sous le contrôle du juge judiciaire. Remettre un blanc seing, sans garde-fou, aux services de sécurité, serait une atteinte grave à nos libertés, fondement même de la démocratie. Pour l’instant, la peur tétanise tous et nous laisse aphone. La grande masse pense, à tort, que cette loi n’est dirigée que contre la communauté musulmane. Toutes les personnes qui auraient un lien avec un supposé terroriste, peuvent voir leur tranquille vie basculer dans le cauchemar. Ainsi, on a observé des Européens, fraîchement, convertis à l’Islam, et sans en comprendre l'esprit et ses principes, adopter des conduites incompréhensibles ou condamnables.

François MITTERRAND avait élargi, dès 1981, diverses libertés (libération des radios et TV, dépénalisation de l’homosexualité, etc.).

Il ne faudrait pas, par une obsession sécuritaire, que le gouvernement de M. HOLLANDE fasse régresser la liberté dans ce pays, par un système intrusif, sans contrôle judiciaire efficace.

La puissante manifestation du 11 janvier 2015, nous a rappelé, tous, que la Liberté est un bien précieux, une valeur républicaine à défendre, sans concession. On a fait dire à François Marie AROUET, dit Voltaire, cette citation sur la liberté d’expression, sans qu’on puisse en vérifier l’authenticité : «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire".

2 - Promouvoir l’égalité réelle

Au cœur des tensions qui remettent en cause l’égalité réelle et le bien-vivre ensemble, on note la montée du chômage, le besoin d’ordre et de sécurité, les désordres au sein des communautés nationale et internationale. La Gauche, quand elle est au pouvoir, doit rester fidèle à ses engagements et ses valeurs, notamment l’égalité réelle à travers des politiques publiques innovantes préservant la cohésion de la société et le Bien-ensemble.

Au moment où l’on s’interroge sur l’égalité et le Bien-vivre ensemble, après cette historique manifestation du 11 janvier 2015, l’intégration, sans partage du pouvoir, est une véritable escroquerie. «Etre libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Une colère sourde et ancienne gronde pour une égalité réelle devant les charges publiques. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. Avant d’avoir le droit de vivre, chaque homme qui se respecte, doit être prêt à mourir pour les idées justes auxquelles il croit. Notre revendication légitime, mais non négociable, est la suivante : la France républicaine, comme l’ont fait les Etats-Unis de Martin Luther KING, devrait assumer, enfin, son statut de pays multiculturel, si dénié et refoulé. La France est diverse et multiculturelle. Nous aussi sommes la France. Mettons de la couleur dans ce pays ! Nous en avons assez qu’on nous traite «d’immigrés», comme des citoyens de seconde zone, des indigènes de la République. Nous ne sommes pas des «immigrés» hors de France. Nous sommes des citoyens de la République : «Nous sommes aussi la France !». Nous réclamons notre juste place au sein de la société, avec nos droits et nos devoirs.

Il est temps que cela change. Pour paraphraser le Pape Jean-Paul II : «Cessez d’avoir peur, entrez dans l’espérance». On nous dit toujours, à chaque échéance électorale : «Soyez patients. La fois prochaine ce sera votre tour». «Justice trop tardive, est déni de justice», est un dicton qu’aimait à rappeler Martin Luther KING. Comme l’avait promis, fort justement, François HOLLANDE : «le changement, c’est maintenant».

Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. Il est grand temps qu’un mouvement citoyen prenne la relève.

La Gauche a un devoir d’audace pour proposer des solutions modernes en vue notamment de promouvoir :

- Une réforme fiscale, en vue d’une égalité réelle ;

- Un plan d’urgence alliant soutien ciblé aux entreprises, du pouvoir d’achat pour les familles et un maintien des capacités d’investissement local des collectivités territoriales ;

- Aider l’offre par une demande soutenue et soutenir la demande, par une offre adaptée, pour soutenir les personnes en difficultés ;

- Des logements de qualité, décents et accessibles à tous.

3 – Défendre la Fraternité, la justice, la coopération

Les bateaux d’immigrants et le regain d’un islamisme violent inquiètent une bonne partie de la population, et font monter le F.N.

Or, il faudrait ramener les choses à leurs justes proportions. Les principaux pays qui accueillent les réfugiés, ce sont les pays du Sud frontaliers des zones de combat. Ainsi, la Tunisie, minuscule Etat, à elle seule, héberge 1 500 000 libyens. Le Liban, avec ses 4 millions d’habitants, accueille plus de 1 200 000 Syriens.

L’enjeu est de mieux répartir le fardeau. Les nations riches devraient mieux aider les pays du Sud où affluent ces réfugiés.

Il faudrait avant tout, s’interroger sur les finalités de ces guerres coûteuses (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, etc.) qui ne provoquent que terrorisme et déplacement de réfugiés.

Après 3 siècles de colonisation et d’esclavage, il faudrait se battre pour la liberté, la justice et la coopération internationale dans le monde, afin d’éviter ces déplacements douloureux de populations.

Sur le plan interne, la Fraternité est l’affaire de tous. Il faudrait lutter contre toutes les formes de discriminations qui gangrènent la société. La grande invention des Occidentaux, qu’il faut préserver et consolider, est le concept de «démocratie et des droits de l’homme». Mais la démocratie est largement insatisfaisante, si l’Etat ne combat pas la pauvreté et l’injustice sociale (plein emploi, logement et mixité sociale, équilibre entre les territoires). Car ce sont là des causes profondes, de l’inquiétude et de la peur, qui sapent le bien-vivre ensemble. La promesse républicaine d’égalité, est dans le prolongement des combats de Léon GAMBETTA : «La République, ce n’est pas de reconnaître des égaux, mais d’en faire», disait-il. Les discriminations subsistent et frappent de plein fouet ceux qui sont déjà les plus défavorisés socialement. Le combat pour le vivre-ensemble n’est ni communautaire, ni identitaire, il est républicain réussir l’égalité réelle.

Lutter contre les inégalités économiques et sociales, que la promotion de la diversité n’est pas une question ethnique, mais c’est d’abord, et avant tout, une question sociale. En conséquence, il faudrait favoriser la mixité et l’ascension sociale :

Le logement est au cœur du bien-vivre ensemble. Pour l’instant les gens, même s’ils sont issus de l’immigration, dès qu’ils le peuvent, ne cherchent qu’à fuir les quartiers à forte concentration d’exclus. Tout le monde appelle de ses vœux la mixité sociale. On craint pourtant les logements sociaux synonymes, pour les frileux, de relégation, d’immigration, de pauvreté, de délinquance et d’assistanat. La fracture sociale devient de plus en plus grande. La rénovation, régulière, de parc de logement social, est une nécessité pour que ces territoires ne soient pas synonymes d’exclusion. L’accès à la propriété pour ces logements sociaux et le mélange social et accès à la propriété sont peut être, une des solutions.

Le travail est un facteur un puissant facteur d’intégration. Plus de 3,5 millions de chômeurs, la situation est difficile pour tout le monde. Elle l’est encore plus pour les jeunes issus de l’immigration qui accumulent plusieurs handicaps. Ils sont, de plus en plus diplômés, sous-estiment ou méconnaissent les opportunités qu’offre l’entrée dans le secteur public. Le concours c’est l’égalité parfaite ; on ne peut pas suspecter, raisonnablement, les autres de discrimination. Quand, on est diplômé, il suffit de s’y préparer, méthodiquement, pour maximaliser ses chances. Pour ceux qui veulent se destiner au secteur privé, les formations qu’ils entreprennent sont souvent inadéquates aux besoins des entreprises. Ce qui m’a le plus frappé c’est que ces jeunes ne savent pas ne savent pas se vendre sur le marché du travail (Comportements inadéquats, ne pouvant qu’inciter, fortement, au rejet de la candidature ; une grande innocence et une grande naïveté dans certaines réponses ; méconnaissance de l’environnement du travail, des valeurs ou références culturelles). L’Etat, les associations et la famille ont un rôle stratégique et prééminent, dans l’orientation, l’information des opportunités.

Et naturellement, l’éducation est un facteur primordial de lutte contre les discriminations.

Paris, le 1er mai 2015, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

La marche du 11 janvier 2015, Manuel VALLS, premier ministre, Emmanuel TODD, intellectuel.
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