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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 23:06

Ce samedi 21 mars 2015, à la veille d’une échéance électorale importante, le climat est morose. Le printemps n’est pas du tout au rendez-vous. Pourtant, bunkérisé chez moi depuis de nombreuses semaines, j’ai décidé de sortir de ma tanière. Je suis donc allé au Salon du Livre, à Paris, Porte de Versailles.

Marie-Andrée CIPRUT venait juste de quitter le salon du livre, une contrainte familiale. J’ai été accueilli par Jean-Louis MALHERBE, éditeur et gérant d’Ibis Rouge. Je n’ai pas résisté à l’achat d’un ouvrage de Mme CIPRUT : «Flore de femmes». La plume de Marie-Andrée est alerte. «Ecrire au sujet des femmes, on ne le fera jamais trop», souligne-t-elle. «Majoritaires dans la population, elles continuent d’être traitées comme une minorité et d’être l'objet de violences et des barbaries les plus inimaginables à travers le monde», précise notre auteure. Pour Marie-Andrée, écrire sur les femmes est «un devoir de révolte et d’information». Marie-Andrée refuse de tolérer l’intolérable et nous administre une leçon d’espoir et d’espérance sur la dignité, le respect, l’intégrité et l’égalité.

J’ai été submergé par l’émotion lors de ma rencontre avec Jenny ZOBEL. Son père, Joseph ZOBEL (1915-2006) est un fidèle ami du Sénégal. Cette année 2015, les Martiniquais célèbrent le centenaire de la naissance de Joseph ZOBEL, écrivain et artiste. Jenny me dédicace son livre consacré à son père : «A Amadou BA, ces écrits de mon père qui était aussi un frère du Sénégal». Il faut dire que Joseph ZOBEL est venu, pour la première fois, au Sénégal, en 1957. Il est recruté par Amadou Maktar M’BOW, ministre de l’éducation, pour diriger un collège à Ziguinchor, en Casamance, dans le sud du Sénégal. Le collège n’étant pas terminé, Joseph ZOBEL rejoindra, en 1958, Dakar pour occuper les fonctions de surveillant général du Lycée Van Vollenhowen. En 1961, Joseph ZOBEL est chargé de réorganiser l’école des Arts de Dakar. Il obtient son détachement à la radio du Sénégal, pour former le service culturel et ne quitte le Sénégal qu’en 1974. Jenny exhume un écrit de Joseph ZOBEL, datant de 1958 sur le «Sabar», danse au tam-tam : «Elles arrivaient par groupes, dans leurs boubous légers comme des tissus de brume et de lumière». Joseph ZOBEL décrit encore un peu plus l’atmosphère du sabar «Toute une foule debout formait autour d’eux une clôture bourdonnante de gaité admirative. D’autres arrivaient encore lorsque les tam-tams commençaient à battre. Six tam-tams que portaient en bandoulière de jeunes batteurs au torse nu. Devant eux, à l’intérieur du cercle, un tam-tam plus gros, posé par terre, qui, sous les doigts d’un batteur plus âgé, parlait d’une voix grave, alors que les six autres, frappés avec le plat d’une main et une baguette, alternativement, sonnaient plus clair».

Joseph ZOBEL est né à Petit Bourg, en Martinique, le 26 avril 1915. Issu d’une famille très modeste (une mère employée de maison et un père cocher de l’administration), il est élevé par sa grand-mère, Marie ROCHER, dite «Manman Marie», ou «Man Time», dans le film «La Rue case-nègres», ouvrière dans les plantations à sucre. Le roman «La Rue Case-nègres », écrit en 1950, est tiré de ces souvenirs d’enfance.

Brillant élève, ne pouvant pas avoir une bourse, pour poursuivre ses études en France, après le baccalauréat, il accepte, en 1937, un emploi de secrétaire comptable qui le conduit, successivement, au Saint-Esprit et au Diamant, où il découvre la vie des pêcheurs, différents du monde agricole. Il écrira, en 1942, son premier roman, «Diab’la» qui est l’histoire d’un paysan qui voulait s’émanciper en vivant dans une communauté de pêcheurs.

En 1946, Joseph ZOBEL quitte la Martinique, pour suivre, à Paris, des cours à la Sorbonne, d’ethnologie et d’art dramatique. Il s’installe à Fontainebleau avec sa famille.

En 1953, il publie son roman, «La Fête à Paris».

Joseph ZOBEL est un amoureux de la France. Il achète, en 1955, à Générargues, petit village du Gard, non loin d’Anduze, dans les Cévennes, une petite maison. Celle-ci lui servira de maison de vacances, jusqu’à sa retraite où il s’y installera, définitivement. Il est mort le 17 juin 2006, à Alès, dans le Gard, en France.

L’autre grand choc émotionnel est la rencontre avec Walles Kotra, directeur de la chaîne de télévision Nouvelle Calédonie 1, et auteur d’un ouvrage : «Antoine KOMBOUARE, paroles d’un footballeur kanak». Je fais remarquer à l’auteur que mon fils, Jean-Philippe, est un grand amateur de football. Il me dédicace son livre ainsi «Pour Jean-Philippe et Amadou BA, ces paroles kanak qui disent qu’il n’y a pas de limites pour un homme debout. Debout et fier de sa culture». En effet, Antoine KOMBOUARE est un exemple vivant pour cette jeunesse, parfois déboussolée. Il est à la fois un style et une parole. Le style c’est cette manière d’aller à l’essentiel. Sans fioriture. La parole, dense et forte, «semble surgir des profondeurs de la terre kanak», dit l’auteur.

Né le 16 novembre 1963, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, Antoine KOMBOUARE a débarqué en France métropolitaine en 1983 et restera à Nantes, jusqu’en 1990. Entraîneur, tour à tour du RC Strasbourg (2003-2004) et du Valenciennes FC (2005-2009), il sera entraîneur du Paris SG de mai 2009 à décembre 2011. Il n’y avait un grosse équipe parisienne. C’était la fin de l’épopée Borelli. «C’est une équipe en construction», dit-il. C’est une équipe vieillissante, avec des joueurs qui avaient de la bouteille, de l’expérience et du caractère. Alors que son club est champion d’automne, il est évincé de la capitale «pour déficit de notoriété».

J’ai acquis différents livres, dont une biographie sur Félix Eboué (1884-1944), gouverneur du Tchad, et qui fut le premier des chefs coloniaux à refuser l’Armistice imposé par le maréchal Philippe Pétain, entraînant ainsi dans la résistance toute l’Afrique équatoriale et le Cameroun. Il repose au Panthéon, situé au cœur du Quartier Latin et qui honore les grands hommes. Je rappelle que le premier président du Sénégal, Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001), était marié, en premières noces, le 12 septembre 1946, à Paris, à Ginette Eboué (1923-1992). Ils auront deux enfants : Arphang SENGHOR, né en 1947 et Guy-Walli (1948-1984). SENGHOR a dédié un poème à Félix Eboué, dans «Hosties noires». SENGHOR consacrera à Ginette Eboué, un poème «chants pour Signare», paru dans un recueil de poèmes «Etude de Nocturnes» :

«Une main de lumière a caressé mes paupières de nuit

Et ton sourire s'est levé sur les brouillards qui flottaient monotones sur mon Congo.

Mon cœur a fait écho au chant virginal des oiseaux d'aurore

Tel mon sang qui rythmait jadis le chant blanc de la sève dans les branches de mes bras».

J’ai pu acquérir deux biographies consacrées à Léon-Gontran Damas (1912-1978). «Le lion est mort, mais ses griffes demeurent encore tenaces sur la place », souligne un slammeur. Damas c’est la quête de soi, la quête collective et l’exploration de l’historicité guyanaise, mais c’est aussi l’esthétique de l’humain et le symbole de l’universalisme. SENGHOR et DAMAS se rencontrent à Paris, dans les années 30. Le poème «Pigments» de DAMAS est dédié à SENGHOR. Découvrant en DAMAS un frère, le premier poème de SENGHOR dans «Hosties noires», est un hommage au guyanais. Les deux poètes se rencontrent autour de la Négritude. DAMAS s’inscrit dans un radicalisme, sans concession, qui exclut tout pardon. SENGHOR s’abandonne à Dieu pour l’aider à surmonter cette haine qui est tapie en chacun de nous, comme un serpent.

La biographie consacrée à Albert BEVILLE (1915-1962), alias Paul NIGER, «cet homme de marbre dur», mériterait une attention particulière. Poète, romancier, essayiste, et militant politique, il a été un fidèle ami du sénégalais, Alioune DIOP, fondateur de Présence Africaine. Paul NIGER, avec Edouard GLISSANT, portent une critique radicale sur l’assimilation, et il est, à ce titre un des fondateurs du nationalisme antillais. Paul NIGER c’est «un verbe exigeant et caustique», souligne Christiane TAUBIRA, dans sa préface de cette biographie. «Insulaire prévoyant, il a compris que la mer ne sépare pas, elle relie», poursuit Mme TAUBIRA. Paul NIGER, c’est «le refus d’abdiquer sa dignité», ou encore dit-il «je n’aime pas l’Afrique, cette Afrique-là des boubous qui flotte tels des drapeaux de capitulation».

J’ai vu Marc LEVY signer des autographes, mais j’ai raté la rencontre avec Antoine KOMBOUARE qui était venu le vendredi 20 mars 2015 au salon du livre.

Ma bibliographie de salon du livre parisien, édition de 2015 :

CIPRUT (Marie-Andrée), Flore de femmes, Matoury, Ibis Rouge éditions, 2008, 174 pages ;

ZOBEL (Jenny) Joseph ZOBEL : écrits inédits, Rivière Pilote, Collection régionale de Martinique, Connaissance du patrimoine, 34 pages ;

BLERALD (Monique), GYSSELS (Kathleen), et LONY (Marc), sous la direction de, Léon-Gontran Damas : poète, écrivain patrimonial et post colonial : quels héritiers ? Quels héritages au seuil du XXIème siècle ?, Matoury, Ibis Rouge éditions, 2014 385 pages ;

NDAGANO (Biringamie) et CHIRHALWIRWA Gervais), sous la direction de, Léon-Gontran Damas : poète moderne, Matoury, Ibis Rouge éditions, 412 pages ;

SELBONNE (Ronald), Albert de Belleville alias Paul NIGER, préface de Christiane TAUBIRA, Matoury, Ibis Rouge éditions, 2013, 299 pages ;

ALEXANDRE (Rodolphe) et GUYOT (Philippe), Félix Eboué : 1884-1944, Matoury, Ibis Rouge éditions, 2011, 64 pages ;

Paris, le 21 mars 2015. M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog

Salon du livre à Paris 2015 : le centenaire de Joseph ZOBEL et l’exemplarité d’Antoine KOMBOUARE, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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