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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 16:20

«Par ses travaux, il fut celui qui guida nombre de chercheurs vers des avenues historiques nouvelles, tout en étant celui qui, par ses actions engagées dans plusieurs causes sociales, montra le rôle et 1'utilité des intellectuels dans la vie quotidienne», souligne Didier ERIBON, un de ses biographes. La pensée de FOUCAULT particulièrement neuve, ébranle les certitudes et envisage un nouvel ordre des choses, par delà les effets de mode ou les engouements sporadiques : «C'est que la pensée de Foucault, parmi bien d'autres choses, est celle de la révolte, du refus de la réflexion bâclée et superficielle et des fausses évidences, du changement aussi constant que fragile» écrivent Jean-Marie FECTEAU et Marcelo OTERO. Philosophe, anthropologue, psychologue, sociologue, journaliste, littéraire, épistémologue, critique d’art et historien, militant et humaniste, Michel FOUCAULT est un penseur atypique : «Les cloisons disciplinaires des sciences sociales et humaines se brouillent et de nouveaux ponts transversaux sont construits, obligeant de nombreux spécialistes à re-problématiser leurs objets d’étude et d’intervention» écrit Marcelo OTERO. Par ailleurs, le style FOUCAULT a été magnifié, par Maurice BLANCHOT, pour sa splendeur, sa précision et ses qualités, apparemment contradictoires. Renonçant à la métaphysique, la philosophie de FOUCAULT est «un îlot fragile, mais tenace» dit Martin RUEFF. La radicalité de son questionnement touche à des sujets variés, à la croisée de la philosophie et de l’histoire, comme le phénomène du pouvoir, la liberté et l’assujettissement, la volonté de normalisation de la société. Il ne propose ni vision globale du monde, ni théorie générale de la société. Il estime que le libéralisme n’est pas seulement une interprétation de la liberté, mais c’est un art de gouverner ; c’est pour cela que FOUCAULT s’intéresse aux pratiques concrètes d’exercice de la liberté, en termes de gestion des personnes et des choses. En particulier, FOUCAULT soulève d’importantes interrogations : Pourquoi faut-il constamment dire et se dire «qui» on est ? Qu’est-ce que dire «vrai» ? Comment peut-on devenir sujet moral de son action ?

En effet, FOUCAULT a considérablement transformé notre regard sur les choses et renouvelé considérablement la réflexion sur des objets précis, comme la folie, la médecine, la criminalité, les sciences humaines, la prison, la sexualité. Il est difficile de parler d’un héritage de FOUCAULT. En effet, personne n’aime se reconnaître, étranger, dans un miroir où il ne discerne pas son double, mais celui qu’il aurait aimé être. Contemporain de Jacques LACAN (1901-1981), Jean-Paul SARTRE (1905-1980) et Raymond ARON (1905-1983), Michel FOUCAULT a inventé une autre manière d’être intellectuel. Michel FOUCAULT, l’intellectuel ce n’est pas celui qui tente de modifier la pensée des autres, mais c’est d’abord celui qui réexamine la sienne. L'intervention de l'intellectuel n’est pas un donneur de leçons ou donneur d'avis quant à des choix politiques. En revanche, si, pour un certain nombre de raisons, un intellectuel pense que son travail, ses analyses, ses réflexions, sa manière d'agir, de penser les choses peuvent éclairer une situation particulière, un domaine social, une conjoncture, et qu'il peut effectivement y apporter sa contribution théorique et pratique, à ce moment-là, on peut en tirer des conséquences politiques, l’intellectuel peut apporter, s'il le veut, à la perception et à la critique de ces choses, des éléments importants, dont se déduisent ensuite tout naturellement, si les gens le veulent, un certain choix politique.

Grand philosophe du XXème siècle et militant engagé dans son époque, un penseur non-conformiste, hors institution pour mieux transformer notre regard sur les choses, la contribution de FOUCAULT est «un beau feu d’artifice». En 1978, devant des étudiants californiens, il rêvait à haute voix de «livres bombes» : ces livres ne tueraient personne, mais «disparaîtraient peu de temps après qu’on les aurait lus ou utilisés».

La philosophie comme «Mission impossible » : «ce message s’autodétruira dans cinq secondes». Après l’explosion, «on pourrait rappeler aux gens que ces livres ont produit un très beau feu d’artifice» ajoutait-il malicieusement. En dépit de ce clin d’œil à Hollywood, les livres de FOUCAULT ne se sont pas autodétruits. Mieux qu’à des bombes, ils ressemblent à ces fusées porteuses d’autres fusées que lancent pour notre joie les artificiers.  Michel FOUCAULT continue toujours de susciter un considérable intérêt, notamment dans le monde anglo-saxon et ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues.

Dans son rapport à l'action politique, sa perception du temps présent, ses convictions quant à la fonction sociale qui lui est dévolue, FOUCAULT dialogue avec Emmanuel KANT sur «Qu'est-ce que les Lumières ?». Inquiet du régime que les Politiques font subir à la Vérité, figure éminente de la vie intellectuelle, homme de plusieurs vies, philosophe masqué, influencé par Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) et Martin HEIDEGGER (1889-1976), Michel FOUCAULT part du principe que la liberté induit aussi la contrainte, le pouvoir disciplinaire de l’Etat. Dans la société libérale, régie par un contrat social, le citoyen est censé avoir accepté, une fois pour toutes, les lois de la société, y compris les mesures disciplinaires, la punition étant un moyen de préserver l’intégrité de la société, pour la protéger. Mais parler de dangerosité alimente le sentiment d’insécurité qui, à son tour, renforce l’idéologie sécuritaire. Finalement, derrière cette instrumentalisation excessive du sentiment d’insécurité, se joue une bataille politique : on passe ainsi d’une justice fonctionnelle, contre les éléments déviants, vers une justice de protection dirigée vers certains éléments de la société, avec une stratégie de pouvoir, une discipline d’exclusion et de transgression. La discipline devient, alors, une guerre de groupes sociaux aux intérêts divergents, une lutte des classes aux droits contradictoires, avec une désignation, avant le trouble à l’ordre public, de l’ennemi social (vagabonds, mendiants, étrangers). Ainsi, dans les pays Occidentaux, régimes de démocraties ethnicisées et racialisées, des lois sévères sur l’immigration ont été mises en place, et les nationaux issus de l’immigration, sous prétexte d’une lutte contre le terrorisme, l’islamisme ou le trafic de drogue, de vastes ensembles de populations sont arrêtés et détenus, souvent sur des motifs flous ou vague de sécurité nationale. Par ailleurs, et pour les nationaux, notamment en France, diverses techniques disciplinaires apparaissent contre les chômeurs, les retraités les fonctionnaires et les collectivités locales.

C’est dans ce contexte, que Michel FOUCAULT a soutenu la plupart des combats minoritaires qui ont vu le jour après mai 1968 (prisonniers, homosexuels, étrangers). Ses contributions restent et sont d’une grande actualité. Michel FOUCAULT appartient désormais à la grande tradition philosophique occidentale. Il a abordé divers thèmes, notamment anthropologie et langage, régimes de pouvoir et régimes de vérité, gouvernement de soi et des autres. Mais Michel FOUCAULT n’est pas un philosophe comme les autres. L’originalité singulière de sa démarche tranche fondamentalement avec la tradition. L'œuvre de Michel FOUCAULT, à l'écart des modes intellectuelles de son temps, et à la croisée de la philosophie et de l'histoire, ne propose ni vision globale du monde ni théorie générale de la société. De l'histoire de la folie à l'histoire de la sexualité, ses recherches ont une double ambition: saisir des phénomènes concrets à travers la généalogie de pratiques singulières, d'une part, procéder à une critique rétrospective de notre temps en dévoilant l'historicité de nos catégories de pensée, avec leur part de contingence, d'arbitraire et de pseudo-évidences, d'autre part.

Loin du déterminisme anhistorique, du pessimisme ontologique ou du nihilisme qu'on lui a prêtés, Michel FOUCAULT, dans sa démarche d’intellectuel engagé, délivre un message optimiste : nous pouvons transformer et améliorer notre sort dès lors que nous avons saisi les dispositifs de savoir et les mécanismes de pouvoir qui nous ont constitués en objet d'investigation et de manipulation. Pour Michel FOUCAULT l’Histoire est un instrument de démystification de la fatalité, un révélateur d'indétermination et, somme toute, de liberté. L’histoire est un instrument de démystification de la fatalité, un révélateur d’indétermination et, somme toute, de liberté. Contrairement aux idées, et sans nier l’existence de classes et de luttes, il pense que le pouvoir, un rapport de forces, procède non pas de la propriété, mais d’une stratégie : «Il s’exerce plutôt qu’il ne se possède, il n’est pas le privilège acquis ou conservé, mais l’effet d’ensemble de ses positions stratégiques» écrit-il. Par conséquent, une multitude d’entités, y compris privées, interfèrent dans le pouvoir disciplinaire que l’Etat est chargé d’organiser. Le pouvoir peut agir par la violence, la manipulation ou la propagande en vue de tromper. L’objectif du pouvoir disciplinaire n’est pas d’inciter, susciter et combiner, mais de répartir, sérier, composer et normaliser, de «surveiller et punir». Michel FOUCAULT a, lui-même, invité ses lecteurs à utiliser ses travaux comme autant de «boîtes à outils», susceptibles de fournir des instruments d'analyse des systèmes de pouvoir. Dans ces stratégies de pouvoir, FOUCAULT nous invite à penser autrement. Le secret n’existe que pour être trahi, se trahir lui-même.

«Quel est donc ce moment si fragile dont nous ne pouvons détacher notre identité et qui l’emportera avec lui ?» s’interrogeait FOUCAULT sur l’influence de la vie familiale sur les artistes. Paul-Michel FOUCAULT est né, le 15 octobre 1926, à Poitiers, d’une famille bourgeoise aisée de tradition catholique et de droite. Du côté du père comme de la mère, on trouve des générations de médecins. Son père, Paul-André FOUCAULT (1893-1954), né à Fontainebleau, d’une famille dévote, est un médecin-chirurgien décoré de la croix de guerre. Son grand-père paternel était médecin à Fontainebleau, et son arrière grand-père, médecin des pauvres à Nanterre. Sa mère, Anne MALAPERT (1900-1987), issue d’une famille de libres-penseurs voltairiens, est la fille d’un chirurgien qui enseignait à l’école de médecine de Poitiers. Son frère, Denys, sera chirurgien.

De 1930 à 1936, il effectue ses études primaires à Poitiers. En 1936, il fréquente le lycée Henri IV de Poitiers et côtoie des enfants de réfugiés espagnols. Son père voulait le destiner aux études de chirurgien. En raison de l’Occupation, et de l’absence d’enseignants, sa famille le place en octobre 1940 au collège Saint-Stanislas, une institution religieuse. En juin 1940, il réussit, avec dispense d’âge, la première partie du baccalauréat. Il obtient son baccalauréat en octobre 1943, et en octobre 1945, après avoir échoué au concours d’entrée à l’école normale supérieure de Paris, il entre en Khâgne, au lycée Henri IV de Paris. Jean HYPPOLITE (1907-1968), grand traducteur et commentateur de Hegel, enseigne la philosophie à Henri-IV. Ses cours sont éblouissants, et c’est toute la pensée de Hegel qui se découvre aux yeux fascinés des élèves. La philosophie n’apparaît plus comme un jeu formel, mais semble partager un destin commun avec les affres de l’histoire. Foucault tiendra toujours à marquer sa dette envers l’immense professeur à qui, comme il l’écrira dans une dédicace, il «doit tout».

Entré à l’école normale supérieure, et mal à l’aise avec son physique et ses orientations sexuelles, un penchant pour l’alcool, il souffre d’une dépression aiguë et par deux fois tente de se suicider. A cette époque, il rencontre de nombreuses personnalités, dont Pierre BOURDIEU, et lisait Vigny, Musset, Eluard, Nerval, Saint-John Perse, Heidegger, Husserl, Jaspers et Bergson. Michel FOUCAULT est fasciné par MERLEAU-PONTY, professeur de psychologie. Il est décrit comme «un jeune homme rieur, aux gestes vifs, un regard clair et vigilant derrière des verres sans montures. Foucault est intelligent comme tous les homosexuels» écrit Maurice PINGUET. FOUCAULT adhère au Parti communiste français, mais pour une courte période seulement, de 1950 à 1953, et suit ainsi les pas de son mentor de l'époque, Louis ALTHUSSER, répétiteur de philosophie pour l’école normale. Lorsqu'il quitte le Parti communiste, c'est sur la base des informations qui commençaient alors à filtrer sur la situation réelle en Union soviétique et notamment du Goulag, sous la dictature de Staline.

Grâce à la Fondation Thiers, il prépare et réussit l’agrégation de philosophie, en août 1951 ; il rencontre, en 1952, le compositeur Jean BARRAQUE, et découvre Beethoven, le vin, René CHAR et Nietzsche. Michel FOUCAULT devient répétiteur de psychologie, dont il a passé la licence nouvellement créée, à l’École Normale Supérieure. Il devient en 1956, Directeur de l’Institut français d’Uppsala en Suède, puis en 1958, Directeur du Centre de Civilisation française et en 1959, chargé de l’Institut français de Hambourg. Contrairement à ses parents, orientés vers la médecine, Michel FOUCAULT a choisi de poursuivre une formation philosophique. Parallèlement, il développe un intérêt pour la psychologie et, en 1952, passe son diplôme de psychopathologie à l’Institut de psychologie de Paris. Ses premiers travaux sont marqués par cette discipline. Ils portent ainsi sur les questions de la maladie mentale, la «Maladie mentale et personnalité», publié en 1954, du rêve, il rédige en 1954 une introduction au livre le Rêve et l’Existence du psychiatre suisse Ludwig BINSWANGER.

«Chacun de mes livres représente une partie de mon histoire» dit FOUCAULT qui a travaillé pour un hôpital psychiatrique, il a été employé à des fonctions de psychologue. C’est en 1960 que Michel FOUCAULT entre à l’université de Clermont-Ferrand et y fait la connaissance de Daniel DEFERT, agrégé de philosophie, qui va devenir son compagnon, pendant plus de 20 ans, «une relation de passion». A la mort de Michel FOUCAULT, dès suite du SIDA, Daniel DEFERT fonde la première association de lutte contre le SIDA, «AIDES», dont il devient le président de 1984 à 1991. Daniel DEFERT est légataire des notes et manuscrits de FOUCAULT, et fera publier quatre volumes, à titre posthume, intitulés : «Dits et écrits» ainsi que ses cours au Collège de France. «Si je devais écrire un livre pour communiquer ce que je pense déjà, avant d'avoir commencé à écrire, je n'aurais jamais le courage de l'entreprendre. Je ne l'écris que parce que je ne sais pas encore exactement quoi penser de cette chose que je voudrais tant penser. [...] Je suis un expérimentateur en ce sens que j'écris pour me changer moi-même et ne plus penser la même chose qu'auparavant» écrit-il. Ces Dits et écrits, qui réunissent, parallèlement à ses grands livres, la totalité des textes publiés du vivant de Michel FOUCAULT de 1954 à 1988, constituent l'autobiographie intellectuelle de l'un des grands esprits du XXe siècle. On y découvre l'immensité de sa culture, la variété de ses préoccupations, une curiosité toujours en éveil, une liberté et une générosité de parole et d'engagement, qui permettent de mieux cerner le personnage et éclairent la lecture de ses ouvrages. Publiés dans l'ordre chronologique, ses conférences, préfaces, articles, essais et entretiens, croisés avec la biographie qui les précède, donnent la possibilité de suivre les cheminements de sa pensée, son perpétuel renouvellement.

En 1961, Michel FOUCAULT soutient une thèse sur «l’histoire de la folie à l’âge classique» comme thèse principale dirigée par Georges CANGUILHEM et l’Anthropologie de KANT, une thèse secondaire sous la direction de Jean HYPPOLITE. Dans sa thèse principale, il analyse notamment comment la folie a été successivement constituée comme tare morale au Moyen-âge, comme défaillance de la raison à l’âge classique, puis comme maladie mentale à la fin du XVIIIème siècle. «Si le personnage médical peut cerner la folie, ce n’est pas qu’il la connaisse, c’est qu’il la maîtrise», dit-il. FOUCAULT traite ainsi, par la sociologie et l’histoire, de façon discontinue, du pouvoir d’exclusion divisant la société, non pas en bons et méchants, mais en raisonnables et déraisonnables. Il traque ainsi dans les discours les sens cachés et les secrets fascinants.

Michel FOUCAULT enseigne la philosophie à la faculté de Tunis 1966 à 1968. Il vit à Sidi Bou Saïd et rédige «l’archéologie du pouvoir» paru en 1969. Michel FOUCAULT participe à la fondation de la nouvelle université parisienne expérimentale de Vincennes. Il est chargé de la direction du département de philosophie. Grace à l’appui de Georges DUMEZIL (1898-1988), un spécialiste de l’histoire des religions, c’est en 1969 que Michel FOUCAULT est élu au Collège de France à une chaire créée pour lui sur «l’Histoire des systèmes de pensée». A partir de 1970, il effectue des voyages notamment au Japon, aux Etats-Unis et au Brésil. Il a enseigné au Collège de France de janvier 1971, à sa mort en juin 1984, à l’exception de l’année 1977 où il a pu bénéficier d’une année sabbatique. Le titre de sa chaire était : «Histoire des systèmes de pensée». Ceux qui ont suivi son enseignement au Collège de France gardent en mémoire le grain de sa voix, le débit de sa parole, l’éclat coupant de son rire.

Michel FOUCAULT est un intellectuel engagé, un infatigable militant pour la cause des droits de l’Homme. Il est sur tous les fronts de la Solidarité et reste marqué par l’intransigeance et le refus de l’opportunisme. Même s’il l’accuse de propager «l’idéologie jouissive» et de «délégitimiser la prison», Eric ZEMMOUR reconnaît les éminentes qualités d’intellectuel de Michel FOUCAULT, qualifié «d’intellectuel emblématique des années 70». Michel FOUCAULT précède l’époque, la théorise, l’accompagne, lui donne ses lettres de noblesse. En 1975, il s’insurge contre la condamnation à mort de plusieurs militants basques par le général Franco. En 1981, il soutient, à Genève, un «droit des gouvernés», comme un droit d’ingérence, notamment en faveur des Boat People. En 1984, à la demande de Claude MAURIAC, en faveur d’ouvriers sénégalais menacés d’expulsion. En 1971, il rend public le manifeste du Groupe Information Prison qu’il anime avec l’historien Pierre VIDAL-NAQUET et Jean-Marie DOMENACH, directeur de la revue Esprit. Michel FOUCAULT est hospitalisé d’urgence et meurt le 25 juin 1984, à l’hôpital de la Salpêtrière, à Paris.

Michel FOUCAULT a renoncé à une pensée globale et systématique. Il a réfléchi sur l’instant : qu’est-ce qui se passe autour de nous ? Qu’est-ce que c’est le maintenant ? Qu’est-ce que nous sommes dans notre présent et notre actualité ? C’est pour cela que Michel FOUCAULT a toujours été fasciné par le journalisme. Il le voit comme une activité qui peut permettre de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas et qui, par l’enquête et l’investigation, peut changer la représentation que l’on se fait spontanément du monde social. C’est dans cet esprit qu’il participe, en 1971, à la création de l’agence de presse Libération, qui donne naissance au quotidien Libération, et que, en 1978, il accepte d’être reporter en Iran, pour le quotidien italien Corriere Della Sera, pendant la révolution islamiste.

On peut d’ailleurs penser que c’est ce goût pour le journalisme qui se retrouve dans la définition que FOUCAULT a souvent donnée de la philosophie : pour lui, elle est l’activité qui doit faire le diagnostic du présent, comprendre ce qu’est aujourd’hui et ce qui s’y passe. Michel FOUCAULT avait annoncé «la fin de l’Homme». Dans la démarche subversive insidieuse et perturbatrice de ses idées, Michel FOUCAULT régnait sur le monde des idées sans avoir des disciples. «C’est un des grands philosophes de tous les temps», a dit Gilles DELEUZE. En effet, il fait partie des tenants de la déconstruction et de la «French Theory», c’est aussi, un intellectuel subversif, postmoderniste et un tenant de la déconstruction.

I – Michel FOUCAULT, un intellectuel subversif, postmoderniste
et tenant de la déconstruction

A – Michel FOUCAULT et la société disciplinaire

Les Lumières qui ont inventé les libertés ont aussi inventé la discipline. Nous vivons une société de savoir, de norme, de discipline et de sang. Société de sang, cela veut dire la glorification de la violence, souveraineté de la mort, apologie des supplices et finalement, grandeur et honneur du crime. La «pensée du corps», suivant Ariana SFORZINI, traverse la contribution de Michel FOUCAULT comme un fil rouge. La question centrale est de dégager la mise en place, par le pouvoir, de tout art du corps humain, puisque lui seul «est directement plongé dans le champ politique ; les rapports de pouvoir opèrent sur lui une prise immédiate, l’investissent, le marquent, le dressent, le supplicient, l’astreignent à des travaux, l’obligent à des cérémonies», écrit FOUCAULT. Cadavre ouvert sur la table d’autopsie, masse opaque au miroir de laquelle l’homme, objet et sujet des sciences humaines, aperçoit son reflet fondateur et inquiétant. Corps morcelé du supplicié, corps «infâme» face au corps surpuissant du roi. Corps de l’ouvrier rendu docile par les techniques disciplinaires. Corps agité de la convulsionnaire, tordu de l’hystérique face aux demandes de vérité du médecin ou du confesseur. Corps du sage antique, rompu aux pratiques diététiques ou éthiques. Corps utopique, double, imaginaire. Face à l’impossible prison et au conflit entre le raisonnable et le déraisonnable : «Tout homme qui apprend à savoir d’où il vient peut s’émerveiller d’être ce qu’il est, ou bien, se souvenant des distorsions qu’il a subies céder à un désenchantement qui l’immobilisera» écrit Maurice BLANCHOT.

 «Surveiller et Punir», dont le sous-titre, «Naissance de la prison», indique l’enjeu : saisir ce qui a présidé à l’invention de la prison comme forme hégémonique du châtiment dans les sociétés contemporaines, une façon de rendre «docile» et «utile». Ce livre, fortement marqué par les contestations de Mai 68, expose l’évolution de la surveillance et la sanction vers une rationalisation. Il envisage le monde moderne dans la perspective d'une surveillance généralisée. Une des idées essentielles de ce texte, est que les sociétés modernes peuvent se définir comme des «sociétés disciplinaires», mais la discipline ne peut s’identifier avec une institution, ni avec un appareil, elle traverse tous les appareils et institutions pour les relier, les prolonger, les faire converger et les faire s’exercer sur un mode nouveau. «Si la police a été organisée sous la forme d’un appareil d’Etat, et si bien elle a été rattachée au centre de la souveraineté politique, le type de pouvoir qu’elle exerce, les mécanismes qu’elle met en jeu et les éléments auxquels elle les applique sont spécifiques (…). En tant qu’elle gère la punition, la prison aussi d’une autonomie qui lui est nécessaire» écrit Michel FOUCAULT. Finalement, pour Gilles DELEUZE, «au fonctionnalisme moderne de Foucault répond une typologie moderne qui n’assigne plus un lieu privilégié comme source de pouvoir. «Local» a deux sens très différents : le pouvoir est local parce qu’il n’est jamais global, mais il n’est pas local ou localisable, parce qu’il est diffus». Dans l’état des rapports de forces entre dominants et dominés : «Le pouvoir est partout, non pas qu’il englobe tout, c’est qu’il vient de partout». Par conséquent, la loi ou le pouvoir d’Etat, gestion d’illégalismes, est «conçu tantôt comme un état de paix imposé aux forces brutes, tantôt comme le résultat d’une guerre ou d’une lutte gagnée par les plus forts. (…). Les révolutionnaires ne peuvent que se réclamer d’une autre légalité en passant par la conquête du pouvoir» écrit DELEUZE. Les délinquants sont utiles à la société, ils jouent le rôle de contrepoids à la soumission du reste de la société. Il y a donc des avantages sociaux à fabriquer et maintenir une délinquance. Si la prison perdure, c’est qu’elles est devenue un instrument de normalisation de la société. Par ailleurs, dans la société capitaliste, l’homme devient à la fois, «travail et force de travail» ; il faut donc un mode continue de la surveillance et de la correction des comportements. La loi n’est plus un état de paix, mais le résultat d’une guerre gagnée. FOUCAULT n’a pas le culte de l’Etat de droit, la conception répressive ne valant pas mieux que la conception légaliste du pouvoir. La loi n’est pas faite pour réprimer ou prévenir les comportements déviants, mais pour organiser les manières de différencier et contourner la légalité. Le droit pénal, censé protéger la société, ne cesse de reconduire à la prison, tandis que la prison ne cesse de reproduire la délinquance.

Et malgré les quelque quarante années qui nous séparent de son essai, force est de lui donner raison. L’informatique nous le démontre. Il explique aussi comment la sanction a glissé de la torture du condamné à l’exécution rapide : on est passé des supplices de Ravaillac ou Damien à la guillotine. Puis, les exécutions publiques ont disparu ; avec elles une excitation au voyeurisme morbide. Au passage, je rappelle aux plus jeunes qu’à l’époque de ce livre la peine de mort est encore en application en France. Elle sera abolie en 1981. L’espace carcéral aussi s’est rationalisé, comme les espaces hospitalier et de travail, deux lieux où l’on archive et surveille également les individus. S’agissant de l’espace de travail, sa rationalisation atteindra son paroxysme avec la taylorisation, ce découpage des tâches qui transformera l’homme en machine-outil. Pour les prisons, la maltraitance physique du prisonnier s’est muée en privation de liberté. Autrement dit, l'homme contrôle l'homme, ce qui oblige à repenser la liberté. Le tout est écrit avec une froide précision qui convient d'une manière sublime au contenu philosophique et historique du livre.

B – Michel FOUCAUL, un appel à repenser la sexualité

Au Collège de France, Michel FOUCAULT entreprend un cycle de cours consacré à la place de la sexualité dans la culture occidentale : l'Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L'usage des plaisirs et Le souci de soi). Il y prolonge les recherches entreprises avec «L'archéologie du savoir» et «Surveiller et punir», mais en concentrant ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le «sexe» et la sexualité. Le premier, «la Volonté de savoir» en 1976, est un court ouvrage, d’un style assez vif, écrit contre le freudo-marxisme et l’idéologie de la révolution sexuelle d’une part, et contre la psychanalyse d’autre part ; FOUCAULT s’efforce en effet de montrer, à travers une analyse historique de la notion de sexualité, que tous les discours qui affirment la place centrale du sexe dans nos vies restent prisonniers d’un schéma d’interprétation mis en place par la psychiatrie du XIXème siècle. Ils s’inscrivent donc dans le dispositif de pouvoir élaboré par cette discipline, qui, au nom d’une science de la sexualité, prétend connaître la vérité des individus sur la base de l’observation et de l’interprétation de leurs pratiques sexuelles. Dans l’histoire chrétienne, paradoxalement, la confession, l’aveu, les examens de conscience, les méditations sur les égarements de la chair, mettre au centre de notre existence, la vie sexuelle. Pour FOUCAULT, on donne la parole, à tout ce qui, jusque là, restait silencieux. On donne du prix unique à ce que l’on voulait réprimer, tout en le rendant obsessionnel. «Nous sommes, après tout, la seule civilisation où des préposés reçoivent rétribution pour écouter chacun faire confidence de son sexe. Ils ont mis leurs oreilles en location» écrit-il.

L'axe de cette entreprise n'est pas de s'ériger contre une «répression» de la sexualité afin de la «libérer», mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s'est systématisée en une «science de la sexualité, laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence». FOUCAULT fait ainsi l'archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de libération sexuelle, l'attitude de censure et celle d'affranchissement se rencontrant finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l'ensemble de l'existence sociale. Michel FOUCAULT porte au sujet, concept qu'il avait jusqu'alors négligé : «Il y a une différence sensible entre les interdits concernant la sexualité et les autres formes d'interdit. Contrairement aux autres interdits, les interdits sexuels sont toujours liés à l'obligation de dire la vérité sur soi», dit-il. Pour Sade, témoin ambigu de notre temps, seul importe le plaisir, seuls comptent l’ordre de la jouissance et du droit illimité de la volupté. Le sexe est le seul Bien, et le Bien refuse toute règle, toute norme, sauf celle qui vivifie le plaisir. Avec Sade, le sexe prend le pouvoir, et le pouvoir politique utilise, insidieusement, des dispositifs de la sexualité.

Dans «naissance de la clinique», la recherche ici entreprise implique donc le projet délibéré d'être à la fois historique et critique, dans la mesure où il s'agit, hors de toute intention prescriptive, de déterminer les conditions de possibilité de l'expérience médicale telle que l'époque moderne l'a connue. Une fois pour toutes, ce livre n'est pas écrit pour une médecine contre une autre, ou contre la médecine pour une absence de médecine. Ici, comme ailleurs, il s'agit d'une étude qui essaie de dégager dans l'épaisseur du discours les conditions de son histoire. Ce qui compte dans les choses dites par les hommes, ce n'est pas tellement ce qu'ils auraient pensé en deçà ou au-delà d'elles, mais ce qui d'entrée de jeu les systématise, les rendant pour le reste du temps indéfiniment accessibles à de nouveaux discours et ouvertes à la tâche de les transformer.

C – Michel FOUCAULT et le structuralisme,

Michel FOUCAULT est un philosophe de la marginalité. Il s’est fondamentalement intéressé aux comportements déviants, comme les fous. Qu’est-ce connaître ? Il s’est attelé à l’histoire de la problématisation, c’est-à-dire, l’histoire des choses qui font problème. Son Histoire de la folie apporte à FOUCAULT une grande renommée dans les cercles intellectuels. Michel FOUCAULT a confronté la raison à la mesure de sa démesure. La folie fascine parce qu’elle est un savoir inaccessible. Dans son «Histoire de la folie à l’âge classique», c'est, en principe, une histoire de la folie qu'on enferme, du Moyen Âge au XIXe siècle ; c'est, plus profondément, à travers l'étude de cette structure qu'est l'internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c'est enfin une esquisse de ce que pourrait être «une histoire des limites», de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur.

La folie c’est un phénomène de civilisation, il y a des civilisations qui l’ont soignée ou célébrée. Il n’y a pas de culture sans folie, par rapport au rationalisme du XVIIème siècle, le fou avait sa place, un phénomène institutionnel ou reconnu. A partir du moment où la famille a pris sa forme bourgeoise, le fou est devenu encombrant. Maintenant la folie est monopolisée par la médecine.

Si son œuvre est souvent qualifiée de post-moderniste ou post-structuraliste par les commentateurs et critiques contemporains, c’est avec les «Mots et les Choses», en 1966, qu’il acquiert une large notoriété. Il s’occupe du discours, mais ne rejette pas l’histoire : «Je n’ai jamais nié l’histoire, j’ai tenu en suspens la catégorie générale et vide du changement pour faire apparaître des niveaux différents, je refuse un modèle uniforme de temporalisation» écrit-il. Entre l’archiviste qu’il veut être et le structuraliste qu’il rejette, FOUCAULT reprend une idée chère à HEIDEGGER, le langage n’a pas à être fondé, car c’est lui qui fonde. Il considère qu’avec la psychanalyse, l’ethnologie «interroge, non pas l’homme, lui-même, tel qu’il peut apparaître dans les sciences humaines, mais la région qui rend possible, en général, un savoir sur l’homme» écrit-il. Le succès de ce livre, pourtant ardu, est considérable. Dans cet ouvrage se donne pour projet, comme l’indique le sous-titre, de mener une «archéologie des sciences humaines», et de comprendre, en particulier, l’émergence du structuralisme, courant de pensée dominant dans le champ intellectuel des années 1960 et auquel de grands noms, comme ceux de l’anthropologue Claude LEVI-STRAUSS ou du psychanalyste Jacques LACAN sont associés. «Les mots et les choses», qu’est-ce que l’homme ? Ethnologie de notre propre culture, notre propre savoir est un phénomène étranger à nous. La philosophie se dissipe dans une série d’activités de pensées. L’homme est une invention de notre culture. L’humanisme (raison ou liberté, souci ou inquiétude de nous mêmes) n’existait pas avant le XIXème, naissance des sciences humaines, avec une disparition de l’Homme. Les sciences humaines d'aujourd'hui sont plus que du domaine du savoir : déjà des pratiques, déjà des institutions. Michel Foucault analyse leur apparition, leurs liens réciproques et la philosophie qui les supporte. C'est tout récemment que l'«homme» a fait son apparition dans notre savoir. Erreur de croire qu'il était objet de curiosité depuis des millénaires : il est né d'une mutation de notre culture. Cette mutation, Michel Foucault l'étudie, à partir du XVIIe siècle, dans les trois domaines où le langage classique - qui s'identifiait au Discours - avait le privilège de pouvoir représenter l'ordre des choses : grammaire générale, analyse des richesses, histoire naturelle. Au début du XIXe siècle, une philologie se constitue, une biologie également, une économie politique. Les choses obéissent aux lois de leur propre devenir et non plus à celles de la représentation. Le règne du Discours s'achève et, à la place qu'il laisse vide, l'«homme» apparaît - un homme qui parle, vit, travaille, et devient ainsi objet d'un savoir possible.

II – Michel FOUCAULT, un intellectuel
atypique

A – Michel FOUCAULT et la «French Theory»

Michel FOUCAULT se définit lui-même par opposition à Jean-Paul SARTRE, un tenant de l’existentialisme : «Je crois que nous vivons actuellement la grande coupure avec le XIXème siècle, avec tout ce début du XXe siècle, cette coupure au fond nous l’éprouvons comme non pas le refus, non pas le rejet, mais comme la distance prise à l’égard de SARTRE. Toute l’entreprise de Sartre a été de vouloir rendre l’homme adéquat à sa propre signification, toute l’entreprise de SARTRE consiste à vouloir retrouver ce qu’il y a dans l’existence humaine d’absolument authentique, il a voulu ramener l’homme à lui-même, alors que nous voulons au contraire montrer que ce qu’il y a d’individuel, que ce qu’il y a de singulier, ce qu’il y a de proprement vécu chez l’homme, n’est qu’une sorte de scintillement de surface au-dessus de grands systèmes formels, et la pensée actuellement doit reconstituer ces systèmes formels sur lesquels flottent de temps en temps les nuages de l’existence propre», dit Michel FOUCAULT en 1966.

Michel FOUCAULT s'imposa en 1961 avec la publication de sa thèse «Histoire de la folie à l’âge classique». Titulaire de la chaire en «Histoire des systèmes de pensée» au Collège de France, Michel FOUCAULT enseigna également à l’université de Californie à Berkeley, où ses travaux s’inscrivirent dans la réception de la «French Theory». Michel FOUCAULT entretient une relation ludique aux concepts philosophiques, en réduisant la distance culturelle. Dans les années 70 l’ambiance générale étant à la protestation contre tous les conservatismes, Michel FOUCAULT s’est positionné comme étant un tenant du structuralisme, prémisse de la disparition de la spéculation philosophique pour laisser place à de nouvelles sciences sociales. Le succès fût à ce point tellement spectaculaire que ce mouvement de pensée s'est identifié à toute l'histoire intellectuelle française. En effet, le structuralisme qui s'est présenté comme le regard de la modernité annonçant la disparition de la spéculation philosophique ; c’est à ce titre que Michel FOUCAULT est présenté comme un des papes de la «French Theory». Francis CUSSET a exposé, avec une grande clarté, ce qui rend la French Theory si fascinante : cette démarche intellectuelle pose un questionnement perpétuel, un débat systématique, la possibilité d’une pensée d’opposition dans la démarche critique. Marginalisé pendant un certain temps en France, Michel FOUCAULT est un militant des luttes communautaires dont les œuvres philosophiques sont entrées dans les départements de littérature de l'université américaine, où elles ont bouleversé de l'intérieur tout le champ intellectuel. Réinterprétées, réappropriées au service des combats identitaires, elles ont fourni le socle théorique sur lequel ont pu s'épanouir, contre la régression des années et de conservatisme de Ronald REGEAN et de Margaret TCHATCHER. Car le plus surprenant est que, pendant que l'Amérique les célébrait, la France s'empressait d'inhumer ces dangereux échevelés de la «pensée 68».

Naima RIAHI, dans sa remarquable étude sur «Michel Foucault, subjectivité, pouvoir, éthique» examine la façon dont Michel FOUCAULT appréhende les relations de savoir/pouvoir. La tâche du philosophe est d'en rendre compte et de mettre au clair les possibilités de connaître ce sujet forgé, formé et transformé par le pouvoir. Ainsi il serait nécessaire de recommencer la modernité et de transformer sont thème nodal, à savoir le sujet. Chez Michel FOUCAULT, il s'agit d'une critique de la rationalité en vue de dépasser le rationnel pur ou le théorique pour élargir et reconstruire le sens de la rationalité et de l'homme. Pour ce faire, il faut se libérer des types de subjectivité qui nous sont imposés et chercher à se transformer soi-même. Le sujet kantien a subi des rationalisations aliénantes durant ces deux derniers siècles, Michel FOUCAULT envisage la possibilité de sa liberté en retournant à l'expérience originaire grecque. Le nouveau pouvoir est désormais celui du sujet se créant un rapport avec soi et forgeant lui-même sa vérité. Le sujet éthique élabore une nouvelle réalité spirituelle subjective où le savoir n'est plus une critique ou une clinique, mais un exercice spirituel, défini positivement dans l'expression grecque de parrêsia, le franc-parler : dire la vérité sur ses désirs, ses sentiments et ses plaisirs. Par conséquent, la vérité ce ne sont pas des considérations sur la cohérence logique ou sur la correspondance entre le discours et les choses ; à la racine de notre souci à dire le vrai, il trouve en effet une puissance éthique, un engagement subjectif, un certain courage. «Le courage de la vérité».Le courage de la vérité est davantage, sans doute, que l’audace de la provocation ou la témérité du désaccord. Depuis Platon le contraire de la vérité et de son exigence n’est pas l’erreur, mais l’opinion lâche. Ainsi, le pouvoir n'est plus extérieur au sujet, mais il se détermine comme une maîtrise de soi et une pratique de la franchise et du dire vrai sur soi-même. Le sujet ne subit plus le pouvoir, mais c'est lui-même qui est à l'origine de tout pouvoir. Le sujet éthique permet de transcender toute aliénation et toute coercition et fonde toute pensée philosophique possible. Loin de s'isoler de la communauté humaine dans un solipsisme total, le sujet foucaldien qui se soucie de soi se rattache le plus exactement aux autres. Le sujet se détermine dans un espace relationnel, où le rapport à soi-même doit lui permettre de se découvrir comme membre d'une communauté humaine.

B – Michel FOUCAULT et une pensée éclatée

Les lignes de force, la complexité et l’éclatement de la pensée de Michel FOUCAULT ont été brossées dans un ouvrage collectif dirigé par Jean-François BERT, de l’université de Lausanne, et Jérôme LAMY, de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, «Michel FOUCAULT, un héritage critique». Un inventaire aussi rigoureux qu’éclairant. Michel FOUCAULT est omniprésent dans les sciences humaines et sociales, les recherches sur la théorie du genre, la prison, les études postcoloniales, l’anthropologie, l’ethnologie, la sociologie, l’architecture, l’histoire, les «Cultural Studies», ou la philosophie. Désormais, et en plus de l’histoire des sciences et de la philosophie, les «effets» FOUCAULT sont palpables sur la théorie de la littérature et du cinéma, l’histoire culturelle et sociale, les théories du genre, la pensée politique, les sciences de gestion. La pensée de Michel FOUCAULT, qui a assumée son homosexualité, est souvent reprise, encensée ou violemment critiquée, notamment sur la «théorie du genre», conçue initialement comme un outil du féminisme militant. L'influence de Michel FOUCAULT, particulièrement, dans la décennie des années 80, durant laquelle ses œuvres ont été traduites aux Etats-Unis, est primordiale. Dans le combat des minorités ethniques (Féministes, Gays, Transsexuels), le genre est ainsi articulé au pouvoir et à sa «mise en discours» puis relié à l'analyse de la sexualité et de ses normes. Suivant cette théorie du «Gender», concept forgé dans les années 70 par un psychologue américain Robert STOLLER, la différence entre l’homme et la femme relève d’un "genre social" sans lien avec le sexe biologique, trop déterminant quant à l’identité masculine ou féminine. La différence des sexes et l’hétérosexualité sont conçues comme des constructions sociales. Dans ce cadre, le masculin, le féminin et la sexualité sont à redéfinir en termes «d’orientation» choisie, et non plus d’identité inscrite dans le corps. Les critiques des conservateurs fusent contre cette pensée de mai 68 dont Michel FOUCAULT a été un brillant défenseur : slogans conspirationnistes, détestation des élites, des intellectuels, des femmes, des étrangers, des immigrés, de l'Europe cosmopolite, des homosexuels, des communistes, des socialistes et enfin des Juifs, le tout ancré dans la conviction que la famille se meurt, que la nation est bafouée, que l'école est à l'agonie, que l'avortement va se généraliser, empêchant les enfants de naître, et que partout triomphe l'anarchie fondée sur une prétendue abolition généralisée de la différence des sexes. On voit bien que Michel FOUCAULT ne laisse jamais indifférent.

Michel FOUCAULT est le philosophe de l’immédiateté, à travers sa fonction de journaliste. C’est à l’initiative du quotidien italien Corriere Della Sera que Michel Foucault se rend à deux reprises en Iran. La première fois du 16 au 24 septembre 1978. La seconde, du 9 au 15 novembre 1978. Durant ces deux séjours, Foucault commente dans un cadre journalistique la chute du Chah mais surtout ce qui lui semble alors central : l’événement d’une révolte populaire. Si cet article qui paraît le 13 février 1979 permet à Foucault de faire un premier bilan critique des douze derniers mois qui ont secoué politiquement et socialement l’Iran, il nous montre surtout que l’enthousiasme de Foucault pour la révolution iranienne, enthousiasme que beaucoup lui reprocheront par la suite, tient plus à la façon dont le peuple iranien s’est collectivement révolté contre le régime du Chah qu’à la question religieuse et à l’arrivée des mollahs. La révolution iranienne n’est pas une révolution politique classique, c’est d’abord pour FOUCAULT un moment rare du XXe siècle dans lequel la religion joue le rôle de «lever de rideau» en parvenant à faire tomber les illusions d’un régime «tout-puissant», et en provoquant un changement radical d’expérience dans laquelle «tout Etat musulman peut être révolutionné de l’intérieur, à partir de ses traditions séculaires».

«Le courage de la Vérité», en 1984, est le dernier que Michel FOUCAULT aura prononcé au Collège de France, de février à mars 1984. Un cours dans lequel le thème de la mort a une place centrale, notamment à travers la relecture des dernières paroles de Socrate. Un cours, aussi, qui radicalise ses analyses précédentes concernant le "dire-vrai" en politique puisqu’avec les cyniques, cette fonction du dire vrai s’inscrit dans l’épaisseur de l’existence de chacun. Elle n’est plus seulement une parole prononcée.

 

Le problème de la vérité se manifeste principalement chez FOUCAULT de manière critique, dans une certaine mise en question de la solidité des discours qui prétendent la détenir. Toutefois, plutôt que la possibilité de dire la vérité, c’est la possibilité de fonder des actions sur la vérité que les recherches de FOUCAULT ont pu explorer dans des champs aussi variés que la psychiatrie, la politique pénale, la sexualité ou encore le néolibéralisme. C’est pourquoi une étude sur la vérité chez Foucault s’analyse selon deux axes fondamentaux, d’une part celui des discours, en tant qu’ils prétendent dévoiler ou renfermer la vérité, et d’autre part celui des actions, en tant que celles-ci se devraient d’être justifiées en vérité. Alors que la vérité est habituellement comprise comme une qualité de ce qui est dit, Foucault introduit donc une perspective radicalement nouvelle : vérité du dire dans son rapport à la vie de celui qui l’énonce.

«Naissance de la biopolitique», cours prononcé par Michel FOUCAULT au Collège de France de janvier à avril 1979. Après avoir montré comment l’économie politique, au XVIIIe siècle, marque la naissance d’une nouvelle raison gouvernementale, Michel Foucault entreprend l’analyse des formes de cette «gouvernementalité» libérale. Il s’agit de décrire la rationalité politique à l’intérieur de laquelle ont été posés les problèmes spécifiques de la vie et de la population : «Étudier le libéralisme comme cadre général de la biopolitique». Ce cours reprend la genèse du «pouvoir sur la vie» dans l’émergence duquel, au XVIIIe siècle, Foucault voyait une «mutation capitale, l’une des plus importantes sans doute, dans l’histoire des sociétés humaines». Pour autant, l’analyse des conditions de formation de la biopolitique, s’efface-t-elle au profit de celle de la gouvernementalité libérale. Le centre de gravité des cours se déplace-t-il de la question du biopouvoir vers celle du gouvernement, annonçant un tournant que mènera FOUCAULT, quelques années plus tard.

Archéologie du savoir : Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel FOUCAULT de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'œuvres individuelles. Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des «choses dites» : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.

En 1979, dans le cadre de son cours hebdomadaire au Collège de France, Michel Foucault consacre trois séances à la théorie néolibérale. Il y analyse des auteurs peu connus en France : les économistes allemands de l'après-guerre, l'Autrichien Friedrich Hayek ou encore l'ultralibéral américain Gary Becker, futur prix Nobel d'économie. Avec un sens stupéfiant de l'anticipation, il dévoile le véritable projet de ce courant de pensée : officiellement, le néolibéralisme prétend «libérer» les individus et leur permettre d'agir à leur guise; en réalité, explique le philosophe, il s'agit d'imposer une façon de vivre entièrement guidée par l'intérêt et le calcul économique. Le marché n'est pas un mécanisme naturel, mais un dispositif, une «discipline», une «technique de gouvernement», comme la prison ou l'hôpital psychiatrique. Le néolibéralisme fabrique «Homo economicus» de la même manière que la clinique fabrique le fou. A l'époque, la question n'intéresse guère. THATCHER n'est pas encore au pouvoir, et personne n'imagine la déferlante néolibérale qui va s'abattre sur la planète. Foucault passe à un autre sujet, et, lorsqu'il meurt, en 1984, cet aspect de son travail tombe dans l'oubli. En 2004, le cours de 1979 devient un livre, sous le titre «Naissance de la biopolitique», ce qui ne facilite pas sa diffusion dans le milieu des économistes. Il faut attendre 2009 et l'ouvrage de deux philosophes, Pierre DARDOT et Christian LAVAL, pour que s'impose l'idée que FOUCAULT fut aussi un génial analyste de l'économie libérale. Dans «la Nouvelle Raison du monde», les deux auteurs appliquent son intuition à la crise financière: ce qui nous est présenté comme un chaos incontrôlé procède en réalité d'une rationalité délibérée, d'un «système disciplinaire mondial».

Le travail de Michel FOUCAULT est riche à travers ses cours au Collège de France. Ainsi, dans «Il faut défendre la société», ce cours prononcé entre le 7 janvier et le 17 mars 1976 a fait l’objet d’une édition en 1997, ouvrant la publication complète de l’enseignement de Foucault au Collège. L’édition fut établie sous la direction de François EWALD par Mauro BERTANI et Alessandro FONTANA, et publiée dans la collection «Hautes Etudes» rassemblant trois éditeurs (Seuil, Gallimard et EHESS).

Dans «Il faut défendre la société», Foucault envisage les questions du pouvoir, de la guerre comme analyseur des rapports de pouvoir et fait la généalogie du discours historico-politique de la guerre des races, depuis ses prémisses au XVIe siècle jusqu’à sa transformation en racisme. Il existe un lien entre le pouvoir disciplinaire et la naissance ainsi que le développement du racisme, notamment meurtrier des fascistes à l’égard des Juifs, des Communistes et des homosexuels. «Le nazisme a été la combinaison la plus naïve et la plus rusée (..) des fantasmes du sang avec le paroxysme disciplinaire. Le sang, certes, la supériorité par l’exaltation d’un sang pur de tout mélange, l’obligation, dès lors, de sauver cette société pure en supprimant tout le reste de l’humanité» écrit FOUCAULT. Dans son article «l’imagination du XXème siècle», il saluera la manière dont Patrice CHEREAU fait ressortir «l’imaginaire propre à ce XXème siècle : celui que Wagner a partagé avec les agents de l’antisémitisme. Et, ils l’ont fait apparaître comme la toute proche mythologie qui nous domine aujourd’hui. Cette imagination du XXème siècle dont nous sommes tous encore si profondément marqués et blessés». La souveraineté, c’est-à-dire le pouvoir disciplinaire, c’est d’avoir un droit de vie et de mort. Ainsi, la société nazie a généralisé «le biopouvoir», le droit souverain de tuer. Dans son remarquable cours sur le «biopouvoir», il a réfléchi, bien avant les autres, et cela qu’il a une grande capacité d’anticipation, sur le phénomène du racisme qui gangrène actuellement la société française. Pour lui, le racisme est un mécanisme de fonctionnement du pouvoir. C’est le moyen d’introduire, dans la vie, une coupure de ce qui doit vivre et ce qui doit mourir, une sorte de hiérarchie des races. «Plus tu tueras, plus tu vivras». Pour vivre, il faut tuer ses ennemis.

«Du gouvernement des vivants» (1980), cours prononcé au Collège de France au premier trimestre 1980, Michel FOUCAULT y poursuit son histoire des rapports pouvoir-savoir, puis de la gouvernementalité : «L’homme, pendant des millénaires, est resté ce qu’il était pour Aristote : un animal vivant, et de plus capable d’une existence politique ; l’homme moderne est un animal dans la politique duquel sa vie d’être vivant est  en question» écrit-il. En effet, le pouvoir sur la vie est au centre de son étude sur «la gouvernementalité». Dans la relation entre l’Etat et ses sujets, il examine les questions de biopolitique et de biopouvoir. Le corps n’est pas une entité individualisée, mais globalisée. En effet, dans une approche positive du pouvoir, Michel FOUCAULT remarque que le passage d’une administration monarchique à un Etat libéral a conduit la bourgeoisie à mettre en place un système de meilleur dressage des corps et un contrôle accru des individus. Ce cours le conduit d’une relecture de l’Œdipe-roi de Sophocle à l’analyse des «actes de vérité» propres au christianisme primitif, à travers les pratiques du baptême, de la pénitence et de la direction de conscience.

«Sécurité, territoire, population», par ce cours donné au Collège de France entre le 11 janvier 1978 et le 5 avril 1978, Michel FOUCAULT, en accord avec les points de vue d’Hannah ARENDT, quitte la marginalité et entre de plain-pied dans les questions philosophiques, en analysant les pratiques politiques de l’Etat, un mélange de politique et de considérations économiques. De la docilité de la population et de son travail, dépendront la prospérité économique. FOUCAULT revient sur le concept de «gouvernementalité» ; c’est cette «forme spécifique de pouvoir qui a pour cible la population». La population n’étant pas seulement un élément de souveraineté, mais est devenue à l’époque moderne, un élément de puissance et de richesse d’un Etat, une main-d’œuvre qu’il faut bien surveiller, pour bien maximaliser les profits. «C’est un libéralisme sans liberté», suivant Maria BONNAFOUS-BOUCHET. En effet, L’Etat libéral recherche à s’attacher à un art de gouverner, une stratégie générale de pouvoir en vue de l’efficacité économique. La classe dominante, se fondant sur la «raison d’Etat», pour être à même de tirer profit du meilleur de sa population, et contrôler cette force de travail, définit le licite ou l’illicite, avec des techniques de «Surveiller et punir». Dans ce contexte, gouverner n’est plus régner, mais affirmer un pouvoir, en recherchant, pour la population, ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, en gérant les phénomènes sociaux de manière sécuritaire : «Il va falloir gérer et non plus réglementer» écrit-il. Par conséquent, FOUCAULT, comme ARENDT, mettent bien en évidence, dans le capitalisme moderne, comment l’Etat est contrôlé par des instances privées et financiers qui envahissent l’espace public. C’est l’économie politique, le marché, qui définit le cadre de l’action gouvernementale. L’Etat est devenu une «gigantesque administration ménagère» suivant Hannah ARENDT. Ce qui modifie, considérablement, notre rapport au politique, le contrat social, tel que l’avait décrit les libéraux, serait-il donc une illusion, une confiscation de notre liberté au profit d’intérêts financiers ?

Pour FOUCAULT, il n’y a pas antinomie entre pouvoir et liberté, il y a une interaction entre les deux, on subit et on exerce un pouvoir sur les autres. Il encourage les individus à constamment, lutter contre les systèmes disciplinaires, mais aussi contre tous les rapports de domination, à intervenir dans le champ politique : «Il suffirait de faire sauter ces verrous répressifs pour que l’homme se réconcilie avec lui-même, retrouve sa nature ou reprenne contact avec son origine et restaure un rapport plein et positif à lui-même» écrit-il à propos de «l’éthique du souci de soi comme pratique de la liberté». Les processus de libération, à travers diverses formes de résistance (grèves, révolutions) ne sont pas suffisants, car une nouvelle forme de domination peut surgir, il faut de nouvelles pratiques de liberté, un jeu de vérité, il faut un souci de soi, avec une capacité de discernement autour de ce qu’on peut conserver, choisir, éliminer ou départager. Naguère, le Monarque, symbole de l’intérêt général, le Roi parle et proclame l’intérêt général, il est dans le «vrai». Désormais, avec l’avènement de l’Etat bourgeois, les classes possédantes adoptent un discours partisan, c’est la victoire définitive de la classe dominée sur la royauté. Il en appelle donc à une éthique, «une pratique réfléchie de la liberté». L’individu ne doit pas être de ses désirs, mais doit fait appel à l’ethos, une éthique reliant l’individu à la société, un travail sur soi, pour mieux vivre avec les autres, un bien-vivre ensemble. Il en appelle à un changement social contre les conservatismes et donc contre le laisser-faire, un autre monde est possible.

Dans sa fonction de journaliste, les articles publiés en 1978 (vol II «Dits et écrits»), sur le soulèvement iranien, ont soulevé de vives polémiques de la part de la communauté juive. Ainsi, Janet AFARY et Kévin ANDERSON ont formulé clairement ces attaques contre FOUCAULT : faute intellectuelle grave, imprécisions historiques, enthousiasme révolutionnaire illégitime, soutien au fascisme, séduction de l’islamisme, etc. Bien que, l’institutionnalisation de la République islamique ait, par la suite, succédé à l’insurrection protestataire, en fait, Michel FOUCAULT n’a jamais écrit sur la révolution islamique, mais sur le soulèvement de 1978. L’armée du Chah d’Iran tire sur les foules désarmées. FOUCAULT s’interroge : que se passe-t-il ? Est-ce qu’une nouveauté a surgi de cet événement ?  «Aucun parti, aucun homme, aucune idéologie politique, ne peuvent, pour le moment, se vanter de représenter ce mouvement. Il n’y a dans l’ordre politique aucun correspondant, aucune expression» dit-il. FOUCAULT se trompe sur le rôle de KHOMEYNI, à l’époque réfugié en France, en estimant qu’il ne serait pas le leader ou le guide spirituel de ce soulèvement. Ce soulèvement, pour Michel FOUCAULT, s’inspire du concept de «spiritualité politique». Michel FOUCAULT, avant son séjour en Iran, a été influencé par les travaux d’Henri CORBIN, pour qui, il  y a plusieurs tendances et interprétations de l’Islam. Il ne prêche pas pour un gouvernement intégriste. C’est précisément, en opposition au gouvernement des Mollahs, que se définit la «spiritualité politique». «L’Iran est actuellement en état de grève politique généralisée je veux dire en état de grève par rapport au politique» précise FOUCAULT. Ce dont il est question, ce à quoi FOUCAULT donne le nom de «spiritualité politique», in fine, est cette «volonté de fonder entièrement à neuf l’une et l’autre», c’est-à-dire la façon de «partager le vrai et le faux» et «la manière de se gouverner soi-même».

Affecté du virus du SIDA, et sentant la mort proche, Michel FOUCAULT est habité par une nouvelle sérénité ; ce qui modifie, profondément, son rapport au temps à l’écriture. S’entretenant avec Hubert DREYFUS et Paul RANIBOW, ses biographes, sur ses projets, il lâche cette phrase «Je vais d’abord m’occuper de moi !». A la suite de NIETZSCHE, il faut être enclin à rechercher chez les Anciens grecs, moins une morale individuelle civique qu’une éthique individuelle en vue de faire de son existence une œuvre d’art.  Il meurt le 25 juin 1984. La légende peut commencer.

Bibliographie très sélective

1 – Principaux ouvrages de Michel FOUCAULT

2 - Cours de Michel FOUCAULT au Collège de France

3 - Articles ou préfaces de Michel FOUCAULT

FOUCAULT (Michel), «L'éthique du souci de soi comme pratique de la liberté», entretien avec H. Becker, R. Fornet-Betancourt, A. Gomez-Müller, 20 janvier 1984), Concordia. Revista internacional de filosofia, no 6, juillet-décembre 1984, pp. 99-116 ;

FOUCAULT (Michel), «L'intellectuel et les pouvoirs», entretien avec C. Panier et P. Watté, 14 mai 1981, La Revue nouvelle, 40ème année, t. LXXX, n°10 : «Juger... de quel droit ?», octobre 1984, pages 338-343 ;

FOUCAULT (Michel), «Qu’est-ce qu’un auteur ?», Bulletin de la société française de philosophie, 1969 (3) n°63, pages 73-104 ;

FOUCAULT (Michel), «Structuralism and Post-Structuralism», «Structuralisme et poststructuralisme» ; entretien avec G. Raulet), Telos, vol. XVI, no 55, printemps 1983, pages 195-211.

FOUCAULT (Michel), «Une esthétique de l'existence», entretien avec A. Fontana, Le Monde, 15-16 juillet 1984, page XI ;

FOUCAULT (Michel), «Une interview : sexe, pouvoir et la politique de l'identité» ; entretien avec B. Gallagher et A. Wilson, Toronto, juin 1982 ; trad. F. Durand-Bogaert, The Advocate, n°400, 7 août 1984, pp. 26-30 et 58 ;

FOUCAULT (Michel), «Vérité, pouvoir et soi» ; entretien avec R. Martin, université du Vermont, 25 octobre 1982 ; trad. F. Durand-Bogaert, in Hutton (P.H.), Gutman (H.) et Martin (L.H.), éd., Technologies of the self. A seminar with Michel Foucault, Amherst, the University of Massachusetts Press, 1988, pp. 9-15 ;

FOUCAULT (Michel), Dire et voir chez Raymond Roussel, Paris, Gallimard,

FOUCAULT (Michel), Dits et écrits : 1954-1988, sous la direction de Daniel Defert et François Ewald, avec la collaboration de Jacques Lagrange, Paris, Gallimard, édition de 1994, vol 1, 1954-1969, 912 pages, vol 2, 1970-1975, 837 pages, vol 3, 1976-1979, 835 pages, vol 4, 1980-1988, 901 pages ;

FOUCAULT (Michel), Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1976, 700 pages ;

FOUCAULT (Michel), Il faut défendre la société, cours 1976, Paris, Hautes études, Gallimard, Seuil, décembre 1997, 304 pages ;

FOUCAULT (Michel), L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, réédition 2014, 294 pages ;

FOUCAULT (Michel), L’herméneutique du sujet, cours 1981-82, Paris, Hautes études, Gallimard, Seuil, 2001, 560 pages ;

FOUCAULT (Michel), L’Histoire de la sexualité : l’usage des plaisirs, Paris, Gallimard, 1997 350 pages ;

FOUCAULT (Michel), L’Histoire de la sexualité : la volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976, 211 pages ;

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Paris, le 8 février 2015, actualisé le 2 septembre 2018, M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr

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