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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 19:30
Longtemps, j’avais hésité avant de consacrer ces quelques lignes à M. Eric ZEMMOUR, un polémiste, iconoclaste, hanté par un immense désir de reconnaissance, animé d’une haine incommensurable des Arabes et des Noirs. M. ZEMMOUR, juif ayant grandi en Seine-Saint-Denis, dont les parents sont pourtant d’origine algérienne, dit des choses si épouvantables que même le Front National, dans sa nouvelle quête de respectabilité, n’oserait prononcer. M ZEMMOUR a une haine si profonde et si tenace des Musulmans et des Arabes, qu’il vient de prophétiser, «une guerre civile» imminente en France. Ses idées, tel un poison, se répandent dans cette belle France républicaine, qu’il déteste tant. Il est donc difficile d’ignorer celui qui a vendu plus de livres que Patrick MODIANO, prix Nobel de littérature.
Je sais que certains d’entre vous m’ont adressé des pressions amicales pour me dissuader de faire cet article. Force est de reconnaître qu’Eric ZEMMOUR a, provisoirement, gagné la bataille idéologique. «L’homme est d’autant plus dangereux, qu’il n’y a pas plus personne pour lui répondre. Et c’est ainsi que ce néoconservateur peut tranquillement se faire passer pour le représentant des sans-voix», souligne Noël MAMERE, dans son ouvrage «Contre ZEMMOUR : réponse au suicide français». . «Ce qui m’effraie le plus, ce n’est pas l’oppression des Méchants, mais l’indifférence des Bons», disait Martin Luther KING. Ou suivant Edmond BURK (1729-1797), «pour que le Mal triomphe, il suffit que les Hommes de Bien ne fassent rien». Pour Edwy PLENEL, dans son ouvrage «Pour les Musulmans» : «Laisser s’installer ces discours par notre silence, c’est habituer nos consciences à l’exclusion, en y installant la légitimité de la discrimination et de la respectabilité de l’amalgame».

M. ZEMMOUR comme M. FINKIELKRAULT revendiquent la première place de penseurs d’une idéologie ultraconservatrice et raciste. Je suis estomaqué par cette trahison des «clercs», pour reprendre un concept de Julien BENDA. Le terme "clercs" signifie pour cet auteur "intellectuels", "les hommes dont la fonction est de défendre les valeurs éternelles et désintéressées, comme la justice et la raison" et qui "ont trahi cette fonction au profit d'intérêts pratiques". Ce dévoiement est grave. A mon sens ceux qui savent devraient défendre les valeurs républicaines, le bien-vivre ensemble. M. ZEMMOUR, quand on connaît les conséquences de l’antisémitisme pendant la guerre mondiale, aurait mettre tout son talent pour faire reculer la peste brune. Nous devons rester constamment vigilants, pour défendre les valeurs républicaines, gage efficace de garantie de la liberté de chacun.
Par conséquent, et pour les Républicains, l’heure n’est plus au silence coupable, mais à la contre-attaque face à cette pourriture qui veut laver plus blanc que LE PEN. Des voix commencent à s’élever pour contester la présence de cet odieux personnage dans le paysage médiatique. Editorialiste de R.T.L., du Figaro et d’I-Télé, M. ZEMMOUR vient de sa notoriété acquérir le statut d’intellectuel respectable, et même bientôt d’homme politique. «Il est temps que les plateaux de télé et les colonnes de journaux cessent d’abriter de tels propos», dit M. Bruno LE ROUX, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Pour M. Noël MAMERE, «ce sont les médias qui ont fait de la publicité de M. ZEMMOUR. Il faut sortir de l’hypocrisie».
M. Eric ZEMMOUR est pourtant le reflet de l’ère du temps, le Zeitgeist du philosophe Hegel, où la tendance est au lynchage de ce qui est différent. «Les Français ne reconnaissent plus la France. La liberté est devenue l’anomie, l’Egalité, l’Egalitarisme, la Fraternité, la guerre contre tous», dit-il. Ou encore précise t-il «La France ressemble à ces immeubles anciens, à la façade intacte. De loin rien n’a changé, la rue a fière allure ; mais de près, tout est dévasté». Du statut de délit, le racisme non seulement se banalise, sur le plan intellectuel, mais devient encore plus grave, une stratégie de carrière. En effet, on aiguise et attise toute les peurs, et cela peut rapporter une place à l’Académie française, comme cela est le cas de M. Alain FINKIELKRAULT. En effet, M. Eric ZEMMOUR est un admirateur de Charles MAURRAS, un polémiste, un nationaliste intégral, fondateur de l’Action Française, pétainiste, royaliste et défenseur de la «bienfaisante inégalité» : «Maurras exalta jadis les quarante rois qui [en mille ans] ont fait la France ; il nous faut désormais conter les quarante années qui ont défait la France», souligne M. ZEMMOUR.
La thèse principale développée par M ZEMMOUR consiste à dire que la France ne cesse de décliner en raison de l’idéologie de mai 68, qui a conduit à la montée du féminisme, de l’homosexualité, de l’antiracisme, de la modernité et des élites. Selon lui, le visage de notre beau pays s’est transformé, en deux générations, sous l’effet d’une folle idéologie post-chrétienne héritée de Mai 68, conjuguée à d’inconséquentes politiques mortifères, altérant durablement son âme profonde. «Mai 68 n’a pas réussi à renverser le régime, mais a conquis la société au détriment du peuple» dit M. ZEMMOUR. Cette Révolution conduisant à une «évolution des mentalités, menée à tambour battant vida, peu à peu, de sa substance la République gaullienne». La libération du désir et l’irruption du féminisme, ont selon M. ZEMMOUR saccagé les fondements du pouvoir patriarcale de la France. «Le triptyque soixante-huitard : Dérision, Déconstruction, Destruction, sapa les fondements de toutes les structures traditionnelles : famille, nation, travail, Etat, école», entonne M. ZEMMOUR. Le slogan de Nicolas Sarkozy, lors de la campagne présidentielle de 2007, sur l'indispensable liquidation du legs de 68 ne doit donc pas être réduit à un propos de campagne. Il s'appuie en réalité sur un travail idéologique qui a commencé dès les lendemains des événements et qui s'est poursuivi de commémoration en commémoration, jusqu'à devenir une vulgate à la fin des années 1990. Faut-il voir, dans cette fièvre anti-68, une simple "rhétorique réactionnaire" ? Quelles en sont les origines ? Quarante après, Mai 68 mérite-t-il de tels réquisitoires ?
Daniel LINDENBERG montre, dans son ouvrage «Le rappel à l’ordre. Enquêtes sur les nouveaux réactionnaires», qu’un vent d'hiver souffle sur la vie intellectuelle française depuis quelques années. Il vient de loin, mais porte à de nouveaux combats, hier encore improbables : contre la culture de masse, contre les droits de l'homme, contre 68, contre le féminisme, contre l'antiracisme, contre l'islam... Les nouveaux réactionnaires, grands artificiers de cette levée générale des tabous, déploient leur offensive sur deux fronts - les deux pôles de la culture politique française qui prônent une "société ouverte" : la gauche égalitaire et la droite libérale. Au cœur de cette nouvelle synthèse idéologique de combat, flotte le fantôme d'une politique héroïque qui menace la démocratie. Cette enquête serrée et touffue dans la bibliothèque des nouveaux réactionnaires est une invitation pressante à prendre ses responsabilités dans un espace public intellectuel qui ne se porte pas si bien.
Pour Serge AUDIER, «La haine de Mai 68» est devenue un thème à la mode. Pour répondre à ces questions, ce livre reconstitue la généalogie intellectuelle de ce discours. L'auteur montre ainsi comment Mai 68 n'a cessé d'être attaqué depuis des bords politiques opposés, de la droite extrême à la gauche communiste. Il souligne aussi que ce long procès s'est accompagné de profondes mutations dans le monde intellectuel, marqué par une contre-offensive libérale et conservatrice, une réaffirmation de «l'humanisme" et un retour au mythe républicain. Il montre enfin que cette entreprise de liquidation, justifiant un retour à des positions conservatrices, s'est accomplie à partir d'interprétations erronées de Mai 68. La Pensée anti-68 offre ainsi, pour la première fois, une discussion d'ensemble de tout un pan de la pensée française qui a voulu tourner la page des "maîtres à penser" des années 1960.
Pour M. ZEMMOUR, la vraie France est nécessairement blanche, colbertiste et conservatrice, telle que la concevait Napoléon ou le général de Gaulle. M. ZEMMOUR, dans son racisme maladif, emploie des termes à l’emporte-pièce « cette France qu’on abat » où «la Liberté est devenue l’anomie, l’Égalité, l’égalitarisme, la Fraternité, la guerre de tous contre tous ». M. ZEMMOUR est paranoïque. Il est obsédé par l’immigration et le multiculturaliste. Cette France de la parousie multiraciale qui a dégénéré en enfer sur terre multiraciste. Il absout le gouvernement de Vichy au bénéfice du doute. M. ZEMMOUR est dans une certaine un symptôme de la faillite d’une certaine, un affaissement des valeurs politiques et morales de la République. Il est grand temps que les Républicains reprennent le combat des idées, pour l’égalité et le bien-vivre en
semble.
I – Eric ZEMMOUR, l’Iman du conservatisme et l’obsession de l’Arabe et du Noir
A – M. ZEMMOUR fait l’apologie du déclinisme
L’ouvrage de M. ZEMMOUR s’inscrit dans la lignée des lieux communs, du «déclinisme» afin de mieux la peur, l’angoisse, les craintes et la sinistrose, sur le thème «c’était mieux avant». Une partie du peuple français est fondamentalement pessimiste et croit que le pays meurt : «Tout fout le camp», suivant une formule familière. C’était mieux avant, mais pour qui ? «En réalité, l’histoire contée par ZEMMOUR est la légende de ceux d’en haut, des riches, des castes qui se sont succédé, la logique des vainqueurs, contre la vision des vaincus», souligne Noël MAMERE.
En fait, M. ZEMMOUR s’inspire des travaux de Nicolas BAVAREZ, historien et économiste qui s’est déjà s’interrogé sur la part croissante et inexorable du malaise de la France. Dans son ouvrage «La France qui tombe», Nicolas BAVEREZ s’essaie à une analyse d’un quart de siècle de politique et d’économie "à la française". Pour lui "l’écart se creuse entre la rhétorique de la puissance et les moyens de son exercice".
Le modèle de société dont rêve M. ZEMMOUR, mais qui est un modèle fantasmé, imaginaire et qui n’a jamais existé, serait un Etat patriarcal (Etat, Eglise, père), nécessairement dominé par les Blancs, conservateur, mais ouvert sur la modernité, libéral, colbertiste et social. Mais cette France aurait été ruinée par l’esprit de Mai 68, les féministes, les multiculturalistes, les divers lobbies juifs, gays, les bobos, la mondialisation et l’Europe. Bref, M. ZEMMOUR dans ses obsessions, voit partout des adversaires potentiels de son monde conservateur, fondamentalement raciste. M. ZEMMOUR cultive à l’excès la haine de Mai 1968, cette révolution individualiste, hédoniste, consumériste, cosmopolite, antihiérarchique, antiétatiste et jouissive. S’inspirant du courant néoconservateur, M ZEMMOUR tempête contre la disparition des valeurs de la famille, du travail et de la Nation, dont la cause serait cette révolte de Mai 68.
Dans cette critique de Mai 68, M. ZEMMOUR ne fait que reprendre, en le dramatisant les travaux de Luc FERRY et Alain RENAUT issus d’un ouvrage «La pensée de mai 68. Essai sur l’antihumanisme contemporain». Sur conseil de Messieurs Henri GUAINO et Patrick BUISSON, durant la campagne des présidentielles de 2007, M SARKOZY avait proféré une charge violente contre les idées de mai 68 «Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une fois pour toutes. Je veux tourner la page de Mai 68».
Une des idées fortes de Mai 68, est la libération de la Femme. Or, c’est le général de Gaulle, l’idole de M. ZEMMOUR, qui accorda aux femmes le droit de vote par une ordonnance du 21 avril 1944, et donc leur irruption sur la scène politique. C’est bien le général de Gaulle qui autorisa la contraception le 28 décembre 1967, une forme de la libération de la femme et donc l’entrée dans cette «société jouissive», avant même le remboursement de l’avortement intervenu en 1975. Cette autonomie permettra, de fait, l’entrée des femmes sur le marché du travail, ce qui renforcera leur indépendance.
En vérité, c’est avec Mai 68, que la société a pris sa revanche sur l’Etat. En fait, Mai 68 est une révolte contre sur un pouvoir politique conservateur, une société longtemps bâillonnée, corsetée et guindée.
M. ZEMMOUR vante les mérites de Napoléon et du général de Gaulle, un pouvoir fort et conservateur. «De Gaulle clôturait la glorieuse série des hommes providentiels français ouverte cent cinquante plus tôt par Bonaparte», souligne l’auteur. Il a une conception, foncièrement, conservatrice de la famille : «La famille n’avait jamais été conçue, depuis la nuit des temps, comme le lieu privilégié de l’amour et du bonheur privés, mais comme l’institution matricielle qui permettrait de fonder un peuple, une société, une nation». Avec les mouvements féministes et l’homoparentalité, c’est la destruction méthodique du père et de la famille. «Le père est éjecté de la société occidentale. Mais avec lui, c’est la famille qui meurt», dit M. ZEMMOUR. Notons au passage que M. ZEMMOUR déteste cordialement les libéraux, comme M. GISCARD D’ESTAING «qui a mis en œuvre le projet de Chaban pour le plus grand profit de Mitterrand. Giscard connaîtra ainsi le destin tragique de Louis Philippe qui n’avait été qu’une transition monarchique vers la République», dit-il. M. CHIRAC a saccagé l’ordre ancien construit par de Gaulle.
En définitive, pour M. ZEMMOUR la France serait patriarcale, au sens même du Code civil napoléonien. Pour cet auteur, la victoire de la révolution passait par «la mort du père. De tous les pères». Or Bonaparte, avec le Code Civil, avait remis le père sur le trône. De Gaulle avait même réussi, au bout de cinquante ans de tâtonnements institutionnels, à le remettre à la tête de l’Etat. «C’est ce travail séculaire de restauration qui a été saccagé», dit-il. L’alliance entre féministes et gays a permis de briser le pouvoir patriarcal. «Au nom de l’égalité, les gays élimineront ou asserviront les femmes qui ne seront plus que des ventres et l’hétérosexualité ne serait plus la norme. C’est l’ère de la liquidation de tous les référentiels. La théorie du genre est une «volonté totalitaire, mal dissimulée, de nous transformer en androgyne, en neutre, ni homme, ni femme» dit-il.
Si Napoléon a été un génie militaire et que son Code civil ait largement survécu à son régime, il n’en reste moins que sa conception de la famille est foncièrement rétrograde. La femme est restée longtemps une mineure du Code civil «Il faut que la femme sache qu’en sortant de la tutelle de sa famille, elle passe sous la tutelle de son mari», dit Bonaparte. M. ZEMMOUR ne s’en est pas peut être rendu compte, mais le concept de famille a bien évolué, depuis Bonaparte, entre les concubins, les couples recomposés et le mariage pour tous, la société française a bien bougé.

Lionel JOSPIN a dégagé, avec une rigueur remarquable, le bilan du bonapartisme «j’examine si les quinze années fulgurantes du trajet du Premier consul er de l’Empereur ont servi la France. Si elles ont été fructueuses pour l’Europe. A mesurer l’écart entre les ambitions proclamées, les moyens déployés, les sacrifices exigés et les résultats obtenus, la réponse est non», dit JOSPIN, dans son ouvrage «Le mal napoléonien». Et Lionel JOSPIN d’ajouter «l’Empire de Napoléon 1er, puis le Second Empire, se sont achevés sur des désastres. Le général Boulanger dans l’opposition et le maréchal Pétain au pouvoir, apparentés au bonapartisme, n’évoquent pas de souvenirs glorieux». Je crois que si Bonaparte était Africain, on l’aurait nul doute affublé du titre de dictateur le plus sanguinaire l’histoire du XIXème siècle.
Pour M ZEMMOUR, comme pour M. SARKOZY, les juges rouges avaient forgé une théorie et une pratique de la justice révolutionnaire. La justice, suivant M. ZEMMOUR, serait au service des défavorisés. Ce serait un «instrument de la lutte des classes et de la révolution» en vue «d’attaquer le plus puissant parce qu’il est puissant et même s’il est innocent, de protéger le faible, le pauvre, le jeune, l’immigré, parce qu’il est victime de la société, fût-il coupable». Il en conclut ceci : «le mâle blanc de la bourgeoisie française sera désormais le coupable à vie». Michel FOUCAULT (1926-1984) est accusé d’avoir délégitimé la prison, dans son ouvrage «surveiller et punir». «Alors, les bandes de trafiquants, de voleurs et de violeurs sont sanctifiées, victimes éternelles d’un ordre néocolonial et raciste», dit ZEMMOUR. Bref, c’est une destruction de l’ordre ancien fondé sur la loi, imposée par le père.

La construction européenne ne serait que le «cache-sexe de la Pax americana et de la fin de la souveraineté nationale», dit M. ZEMMOUR. L’Europe est le cheval de Troie de la libéralisation.
Pour M. ZEMMOUR, le régime de Vichy est patriotique. Il se retranche, comme le fait souvent, derrière l’autorité de Raul HILBERG, une citation tirée de l’ouvrage «La destruction des Juifs d’Europe» : «Les Juifs étrangers et les immigrants furent abandonnés à leur sort, et l’on s’efforça de protéger les Juifs nationaux. Dans une certaine mesure, cette stratégie réussit». Pour M. ZEMMOUR le grand mérite de Napoléon est d’avoir privatisé la loi juive et de la soumettre au Code civil. «Il faut refuser tout aux Juifs comme nation, et accorder tout aux Juifs comme individus», suivant une formule de l’Assemblée constituante. Et le Sanhédrin a joué le jeu de Napoléon concernant l’assimilation des Juifs, en fondant le Consistoire. Or, les Rothschild, banquiers de l’Angleterre et adversaires de Napoléon, puis l’arrivée des Juifs d’Europe (Allemands, Polonais, Russes), les Ashkénazes auraient détruit cette politique assimilationniste. Les Ashkénazes, qui sont de sensibilité de gauche ou sioniste ont fondé le Conseil représentatif des Institutions Juives de France (C.R.I.F.) en 1944, pour se démarquer des Juifs français qui les auraient livrés aux Allemands pendant la deuxième guerre mondiale. Le mot «Shoah» a remplacé celui de «holocauste» et les Ashkénazes marquent ainsi leur fidélité à l’Amérique et à Israël, prenant ainsi leur distance vis-à-vis du modèle français et privilégiant ainsi leurs revendications communautaires.
B – M. ZEMMOUR fait l’apologie du racisme
M. ZEMMOUR, un adversaire résolu du principe d’égalité, comme au XIXème siècle, au temps de Joseph Arthur GOBINEAU (1816-1882), réhabilite la notion de race. Selon lui, il y aurait de bons et de mauvais Français. Les bons seraient nécessairement blancs. Pour M. ZEMMOUR, le cosmopolitisme antiraciste ne serait qu’un mépris souverain qui vire à «la haine des élites pour la France et son peuple». Avec M. Bertrand DELANOE, homosexuel assumé, avec un Paris, «tertialisé, boboïsé, diplômé, écologisé, piétonnisé, vélibisé, mondialisé, dépolitisé, métissé, communautarisé», dont le successeur est une femme d’origine espagnole, Mme Anne HIDALGO, le comble serait atteint. Dans la capitale française, les seules classes populaires qui subsistent ne pas françaises. En raison de la politique de mixité sociale de la Gauche, «les populations arabo-africaines, deviennent majoritaires dans de nombreux arrondissements du Nord et de l’Est parisien». M. ZEMMOUR s’appuie sur une citation de CIORAN : «Tant qu’une Nation conserve la conscience de sa supériorité, elle est féroce et respectée. Dès qu’elle la perd, elle s’humanise et ne compte plus».
Dans sa haine des autres, M. ZEMMOUR est un remarquable communicateur : «Plus c’est gros, plus ça passe. Il balance des horreurs à la volée, sans avoir l’air de rien, sans que rien ne lui en coûte», dit Noël MAMERE. M. ZEMMOUR épouse, sans précaution aucune, l’agenda du FN, dont le slogan serait «il y a un problème de l’Islam en France». Ses obsessions tiennent lieu de pensée. Désormais, les Arabes et les Noirs, mal organisés, sont la cible facile. «L’ennemi du FN n’est plus le Juif, mais le Français musulman», dit Valérie IGOUNET dans son ouvrage «Le Front National de 1972 à nos jours». «Parler de l’Islam est une manière de parler de l’immigration, sans tomber sous le coup de la loi», dit-elle. Par conséquent, dans sa stratégie de diabolisation, l’extrême-droite n’a pas modifié ses objectifs, mais c’est la cible qui a changé, pour une plus grande efficacité. La loi du 1er juillet 1972 qui punit, notamment, la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, serait suivant M. ZEMMOUR, «en dépit de la pureté des intentions, une régression. Elle introduit la subjectivité là où régnait l’objectivité, elle condamne l’intention et non les faits ; elle donne au juge le droit et le devoir de sonder les cœurs et les de âmes». M. ZEMMOUR regrette que ce principe de non-discrimination entre Français et étrangers interdise «toute préférence nationale». Il en conclut que cette loi serait «la dissolution programmée de nation française dans un magma planétaire». La détestation de la France se double d’une détestation des Français, surtout des plus humbles entre eux ; à la haine de la France s’ajoute la haine du peuple français. Pour lui, le «vivre ensemble», après avoir sapé les fondements de l’assimilation, a couvert d’opprobre ce «peuple de franchouillards, assimilé à des «alcooliques, racistes, machos. La lie de l’humanité». Les immigrationnistes veulent faire de Paris, la capitale de l’Afrique. Cet amour de la France, de sa terre, de sa race, est assimilé au nazisme. L’amour de la France, c’est la Droite et l’Extrême-droite. SOS-racisme ne serait que la mainmise de certains groupes juifs sur l’antiracisme. Sans troupe, ils utilisent la manipulation des esprits et seraient devenus «les nouveaux inquisiteurs de la religion antiraciste».
En France le modèle d’intégration des étrangers s’était accompli par l’assimilation, sur le modèle de l’Empire romain, «à Rome, fais comme les Romains». On passe, peu à peu, d’une société multiethnique à une société multiculturelle qui deviendra «multiconfessionnelle à la manière libanaise». Pour M. ZEMMOUR, dans de nombreuses cités françaises, Mohamed devient le premier prénom de l’Etat civil. «Une suprématie qui sonnait comme une promesse de domination et de conquête», dit-il. Ce n’est pas à l’Islam de s’adapter à la nation française, mais à la France de s’adapter à l’Islam. C’est ce que M. ZEMMOUR appelle «la halalisation» de la France. En somme, les Arabes et les Africains seraient la cinquième colonne, l’ennemi de l’intérieur, venue envahir la France ; ce seraient des colonisateurs à rebours qu’il faut bouter hors de France. Ainsi, M. ZEMMOUR, sans le citer, avec la théorie dite du «grand remplacement» de Renaud CAMUS, des Français de souche par les Arabes et les Noirs, avance, pour faire peur «la halalisation», de la France. Comme les Juifs pendant la Deuxième guerre mondiale, les Arabes et les Noirs, seraient les ennemis de l’intérieur qui colonisent la France. En fait, 3,72000 étrangers vivent en France, dont 33% sont des ressortissants européens. On est bien loin des 3 millions de réfugiés accueillis au Liban, qui ne compte que 2 millions d’habitants. L’essentiel des grands mouvements de populations, dans le monde, reste supporté par les pays du Tiers-monde.
M ZEMMOUR voit partout des fondamentalistes. Michel FOUCAULT est qualifié d’intellectuel emblématique des années 70, précède l’époque, la théorise, l’accompagne, lui donne ses lettres de noblesses. Il a compris que le soulèvement iranien «nous ramène mille ans en arrière», dit M. ZEMMOUR. L’Islam aurait toutes les vertus pour reprendre le flambeau du communisme. La revendication islamique s’apprête à «balayer la sécularisation des sociétés arabes», dit-il. Mais l’exemple tunisien, avec les élections présidentielles de décembre 2014, montre le contraire.

Par ailleurs, pour M. ZEMMOUR tous les Arabes et les Noirs, ne travaillent jamais ce ne sont tous que des assistés. Avec le RMI, l’assistanat pénètre le système social français. «On améliore l’ordinaire du RMI par du travail au noir et divers trafics», dit-il. M. ZEMMOUR fait une fixation sur les Arabes, les Noirs et l’Islam. Le «politiquement correct» a balayé la société traditionnelle et patriarcale par un cosmopolitisme exacerbé qui professe «un amour de l’autre poussé jusqu’à la haine de soi», dit M. ZEMMOUR. La France, mère des lois et des arts, apporte la civilisation. M. ZEMOUR fait appel à des citations du général de Gaulle, pour nous abreuver de ses obsessions racistes : «Les Français sont des Français, les Arabes sont des Arabes. Ceux qui croient à l’intégration ont des cervelles de colibri, même les plus brillants». Il reprend cette célèbre formule du général «Colombey-les-deux-Mosquées», ou cette comparaison entre les Français et les Arabes à l’huile et au vinaigre : «Mélangez dans une bouteille. Après un certain temps, ils se séparent». Le regroupement familial participe au grand remplacement : «La famille maghrébine la plus traditionnelle, la plus archaïque, la plus patriarcale, est invitée à prendre la relève. A venir à la rescousse. A remplir les places laissées vacantes. A la remplacer».
La plupart des trafiquants de drogue seraient des «Arabes et des Noirs, c’est comme ça, c’est un fait». La banlieue fut une destination désirée, rêvée, pour les familles venues de la campagne, mais «la violence, les bandes, les trafics, transforment le paradis en enfer. La machine éducative s’interdisant désormais de leur inculquer les rudiments du roman national, « leur manque identitaire les jeta dans les bras chaleureux de l’Oumma islamique et de la haine de la France», dit M. ZEMMOUR. A chaque fois que l’Etat de reprendre le contrôle de ces territoires des émeutes sont déclenchées. «Le pouvoir de l’Etat, dans les territoires est factice et s’efface devant l’alliance des caïds et des imans», dit-il. «Détruisez le christianisme, vous aurez l’Islam», disait Chateaubriand, un auteur conservateur.
L’immersion soudaine de l’Islam sur les rives de la Seine, aurait conduit à une sorte d’inquiétude des élus communistes de la banlieue rouge, en raison, dit-il «des conséquences catastrophiques causées par l’arrivée brutale, mal préparée, d’innombrables familles maghrébines dans les cités». Selon lui «beaucoup d’ouvriers français supportaient, fort mal, cette proximité envahissante». Les HLM font cruellement défaut, et les familles françaises ne peuvent y accéder. Mais Georges MARCHAIS, Secrétaire général du Parti communiste (1920-1997) n’aurait pas réussi «à concilier son internationalisme révolutionnaire et sa passion patriotique».
En définitive, pour M. ZEMMOUR : «La vieille France assimilationniste doit s’ouvrir au modèle communautariste que la génération des années 1980 parera bientôt des atours chatoyants de la diversité». Depuis le milieu des années 2000, un mot s’est immiscé dans le débat : islamisation. Les musulmans, dont la population s’accroîtrait dangereusement, chercheraient à submerger numériquement et culturellement l’Europe. L’imaginaire du complot déborde ainsi peu à peu le cadre de l’islamophobie ordinaire. Si cette perception paranoïaque était restée l’apanage d’une poignée d’extrémistes, elle ne ferait pas question, mais elle envahit aujourd’hui l'espace public, imprègne les discours de politiciens écoutés et les analyses d'auteurs réputés sérieux. Cet essai salutaire s’attelle à déconstruire ce qui n’est autre qu’un mythe et interroge l’obsession collective qu’il recèle. Il montre ainsi que la «bombe démographique musulmane» qui serait prête à éclater sur le triple front de la natalité, de l’immigration et de la conversion relève du fantasme. Quant au regain de ferveur spirituelle et au renouveau identitaire des musulmans, ils n’ont pas la signification conquérante ni même politique que suggère l’épouvantail de «l’islamisme». Cette réfutation en règle permet enfin de comprendre pourquoi l’Europe et la France en particulier ont tant besoin de «l’ennemi musulman».
M. ZEMMOUR est le marqueur d’une époque où les idées d’extrême-droite semblent provisoirement l’emporter. Il faut lui reconnaître la qualité d’avoir fédéré tous les courants conservateurs. Polémiste et vulgarisateur des idées racistes, M. ZEMMOUR a su mieux que le FN, relayer auprès du grand public, la haine contre la République. M. FINKIELKRAULT voyait dans la révolte des banlieues de novembre 2005, comme «une révolte à caractère ethnico-religieux». Devant le tollé provoqué par cette déclaration, M. Claude GUEANT, alors Ministre de l’Intérieur, un des tenants d’une Droite lepénisée qualifie M. FINKIELKRAULT «d’intellectuel qui fait honneur à l’intelligence française». «Il est l’un de nos plus brillant intellectuel», renchérit M. SARKOZY. La Droite sarkozyste, avec son ministère de l’identité nationale et un conseiller, Patrick BUISSON, ultraraciste, porte une lourde responsabilité dans cette défaite de la pensée républicaine. «Toutes les civilisations ne se valent pas», avait Claude GUEANT. «Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat. Aucun peuple n’a le monopole de la beauté, de la science ou du progrès ou de l’intelligence», lui rétorque Serge LETCHIMY, un député socialiste. Cette islamophobie ambiante, cette obsession à défendre l’inégalité des cultures et des races, relèverait même suivant les néoconservateurs, de la liberté d’expression et de pensée. Pourtant, comme le souligne Edwy PLENEL, «le racisme est une monstrueuse poupée gigogne qui, une fois libérée, n’épargnerait plus aucune cible». La grande habileté des penseurs d’extrême-droite est d’épargner dans ses attaques la communauté juive qui a une grande capacité de réaction.
M. ZEMMOUR reconnait que la force de la Gauche, jusqu’ici, est d’avoir remporté la guerre idéologique. «C’est la grande force de la Gauche que d’envahir jusqu’à la dominer la sphère culturelle, pour la capter, endoctriner l’esprit public», dit-il. Comment en est-on arrivé là ?
Il est incontestable que la Gauche, avec François HOLLANDE a trahi le message de Jean JAURES. M. Manuel VALLS considère que les défis auxquels la France sera confrontée, dans les dix prochaines années, sont celui de l’immigration en raison de la démographie africaine, celui de la compatibilité de l’islam avec la démocratie, et celui des problèmes posés par le regroupement familial au bénéfice des travailleurs étrangers. Les communistes qui avaient exercé une forte attraction intellectuelle après la Guerre sont sur le point de disparaître. L’écologie politique a du mal à s’enraciner dans le paysage politique français. Par ailleurs, la Gauche est incapable une vision alternative, crédible, au libéralisme. Ainsi, Gael BRUSTIER dans son ouvrage, «la guerre culturelle aura bien lieu», indique la crise a une traduction idéologique : l’occidentalisme. La gauche (française) est confrontée à la plus importante question qui soit : est-elle ou non capable de développer une vision du monde alternative pour transformer la société dans la durée ?
Le combat culturel est le grand impensé du débat public français. Or, la force historique d’un camp politique se mesure à sa faculté d’imposer son hégémonie, ou tout au moins sa domination culturelle. La gauche pense qu’elle continue à être hégémonique, parce que ses idées sont nimbées de l’évidence, c’est à peine si elle a pris conscience que le nouvel environnement idéologique est décliniste et occidentaliste, qu’il porte inexorablement la droitisation de nos sociétés. Au confluent de l’œuvre de l’italien Antonio GRAMSCI (1891-1937) se trouve le concept de guerre idéologique, il s’agit de repenser le combat culturel. Dans ses fameux «Cahiers de prison», et pour lutter contre la montée du fascisme, GRAMSCI va concentrer sa production intellectuelle sur les voies et moyens de contrecarrer la peste brune. GRASMCI considère la reconquête idéologique, comme un préalable à la reconquête du pouvoir. Pour cet auteur italien, la force historique d’un camp politique se mesure à sa faculté d’imposer son hégémonie, sa domination culturelle.
II – Face à M. Eric ZEMMOUR, la Gauche doit regagner la bataille l’hégémonie culturelle
La Gauche, menacée de disparition, et face à la droitisation de la vie publique, doit repenser son logiciel idéologique, et revenir à ses fondamentaux, pour regagner la bataille de l’hégémonie culturelle. Il ne suffit pas de le dire, mais il faut «faire ce qu’on dit, et dire ce qu’on fait», pour reprendre un slogan de Lionel JOSPIN. La Gauche doit rester morale.
A – La Gauche doit rester attachée à l’égalité réelle
M. ZEMMOUR et les conservateurs s’insurgent contre le principe d’égalité. Or, un des grands marqueurs de la Gauche, c’est l’égalité républicaine. «Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits», proclame la Déclaration de 1789. La République proclame le refus de toute distinction hiérarchisant les races, les religions, les croyances et les sexes. Les conservateurs demandent aux Musulmans de France de renoncer à leur identité, de n’être plus eux-mêmes, et cela est inacceptable. «Il faut assimiler, sans être assimilé», disait Léopold Sédar SENGHOR (1906-2009), poète et président du Sénégal qui avait largement anticipé les débats actuels entre identité et universalité. Français, musulman et d’origine sénégalaise, tout en conservant mes racines culturelles africaines, je me sens parfaitement à l’aise dans cette France républicaine. La diversité culturelle n’est pas un mal, mais une formidable occasion de s’enrichir des apports culturels des autres, dans la perspective d’une civilisation nouvelle, celle de l’universel.
La France reste, très largement, une belle et grande nation de droit où l’égalité républicaine a considérablement progressé. La justice est indépendante, même si elle est lente, et accessible à tous. Un pacte républicain, issu du Conseil National de la Résistance, et dénommé «les Jours heureux», a mis en place un système de protection sociale généreux. En particulier, l’aide médicale de l’Etat attribuée aux plus démunis, même aux sans-papiers, est une mesure sans équivalent dans le monde. C’est avec plein de reconnaissance et de gratitude que ces conquêtes majeures doivent être appréciées à leur juste valeur. Faire partie de cette France républicaine est un immense honneur et une fierté. Mais, il y a toujours un «mais». Certaines explosions dans les banlieues, en particulier, les émeutes de novembre 2005, ont rappelé la nécessité de répondre aux urgences sociales. En effet, la France est devenue un îlot de richesse protégé, mais avec des zones, notamment en Seine-Saint-Denis, de ghetto et de pauvreté croissante. Les politiques d’austérité, menées par la Droite comme la Gauche, ont encore fragilisé les exclus, et attisé la peur de l’autre.
A côté de cette France républicaine, certains déniant le pluralisme ethnique et culturel, animés d’un esprit esclavagiste et colonialiste, rêvent d’une autre France qui n’a jamais existé, une France frileuse, rabougrie et recroquevillée sur elle-même, purement blanche et fantasmée. Devenus invisibles, on est là, sans être là.

Paradoxalement, c’est parce que l’intégration est en marche, et de façon irréversible, que les esprits mesquins, comme Messieurs ZEMMOUR et FINKIELKRAULT, sont saisis d’une peur irrationnelle. En effet, sous l’effet de la crise et de la lepénisation des esprits, les forces du Mal ne cessent de progresser dans ce merveilleux pays des droits de l’Homme. Ce qui me frappe le plus, c’est que certains Français n’ont plus honte de se réclamer ouvertement des idées abjectes de l’intolérance. Le Front National, devenu respectable, est le deuxième parti de France. «Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute» disait Alphonse de Lamartine (1790-1869).

Mais, le plus grave, à mon sens, est la démission d’une partie de la Gauche face à cette montée de la peste brune. Le Parti Socialiste, affublé des citations de Jean JAURES, se revendique des valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté, mais la réalité de son bilan, à tout le moins dans le traitement qu’il accorde aux Français issus de l’immigration, est moins glorieuse. Cette grande hypocrisie, ces affirmations de façade ne trompent plus personne, et sont la cause de l’abstention massive aux élections, et donc la défiance à la parole publique. Nous attendons depuis 1981, le droit des étrangers. Pourtant en 2012, le gouvernement avait, pour la première fois de l’histoire, une majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et aurait donc pu appliquer la réforme. La diversité n’est pas représentée au gouvernement, dans les médias, dans la haute administration. Au sein des organes dirigeants du Parti socialiste, qui aurait dû faire preuve d’exemplarité, notre dernier représentant, Louis Mohamed SEYE, modeste poste de Secrétaire national à l’égalité, a été remercié comme un malpropre. A la ville de Paris, symbole pourtant de la fierté de la Gauche, ville colorée où cohabitent plus de 110 nationalités, la haute administration ainsi que les conseillers de Paris, sont exclusivement blancs, donc incolores, inodores et insipides.
Pourtant, les républicains sont les plus nombreux, et cette aspiration à l’égalité réelle finira toujours par triompher. En effet, la notion de Zeitgeist de Hegel, ou «l’esprit du temps», est amorale ; ce concept peut servir aussi pour le Mal comme pour le Bien. Pour Martin Luther KING, le Zeitgeist hegelien est l’une des références intellectuelles fondamentales, dans l’éveil soudain des peuples opprimés. Le Zeigeist : «c’est le vent de changement qui commence à souffler en Amérique, et dans le monde, pour balayer les systèmes immoraux et injustes ; c’est l’esprit qui suscite l’aspiration profonde des hommes à la liberté». Dans sa thèse, Martin Luther KING fait remarquer que le Zeigeist est une foi en un esprit intérieur qui, au moment historique opportun, éveille les personnes à leur valeur, à leur identité, à leur rôle dans la défense de leur dignité.
A mon sens, sans partage du pouvoir, l’intégration est une véritable escroquerie. «Etre libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. Avant d’avoir le droit de vivre, chaque homme qui se respecte, doit être prêt à mourir pour les idées justes auxquelles il croit. Notre revendication légitime, mais non négociable est la suivante : la France républicaine, comme l’ont fait les Etats-Unis de Martin Luther KING, devrait assumer, enfin, son statut de pays multiculturel, si dénié et refoulé. Quand j’entends, certains cris de haine, comme l’injonction de Mme Nadine MORANO, de l’UMP, «Si tu n’es pas content, rentre chez toi !», je suis consterné par les mollesses de la Gauche, et notamment, même quand un membre du gouvernement, comme Mme TAUBIRA, fait constamment l’objet d’un lynchage médiatique. On n’est plus au temps de l’esclavage où l’on nous pendait sous un arbre, en toute impunité. Nous aussi sommes la France. Mettons de la couleur dans ce pays ! Nous en avons assez qu’on nous traite «d’immigrés», comme des citoyens de seconde zone, des indigènes de la République. Nous ne sommes plus dans les années 60, où les personnes venant du Tiers-monde étaient des immigrants, peu qualifiés, avec le mythe du retour au pays, et vivant en marge de la société française. La nouvelle génération éduquée, est enracinée, pour toujours, dans ce pays, revendique sa juste place. J’ai entendu les souffrances de ces jeunes français d’origine sénégalaise qui m’avait invité à la Défense en juin 2014. Tous issus de grandes écoles de commerce, bien formés et compétents me disent que leurs demandes d’emploi reviennent invariablement, avec la mention «ne correspond pas au profil recherché».
Mais de quel profil parle t-on ?
Il est temps que cela change. Je voudrais convoquer à la table de la justice et de la fraternité, les grands groupes français qui pillent les ressources africaines (Elf, Total, Orange, etc.), pour leur faire comprendre que la différence n’est pas un mal, mais une grande richesse. Pour paraphraser le Pape Jean-Paul II : «Cessez d’avoir peur, entrez dans l’espérance». On nous dit toujours, à chaque échéance électorale : «Soyez patients. La fois prochaine ce sera votre tour». «Justice trop tardive, est déni de justice», est un dicton qu’aimait à rappeler Martin Luther KING. Comme l’avait promis, fort justement, François HOLLANDE : «le changement, c’est maintenant».
Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. En raison d’un lavage de cerveau intensif, les différentes communautés africaines, antillaises, maghrébines et asiatiques sont divisées et concurrentes, donc inefficaces. Aucun OBAMA ou Martin Luther KING n’a pu émerger en France. Cependant, le Mal, sous la forme de l’injustice et du racisme, ne triomphera pas. Car la Vérité terrassée se redressera. Je sens une colère ancienne et sourde qui gronde encore plus fort, et plus insistante. Je perçois ce Zeitgeist, dont parlaient Hegel et Martin Luther KING, pour rétablir l’égalité rétablir l’égalité réelle, la fraternité, le bien –vivre ensemble et la justice. «Je vois la Terre promise de la liberté et de la justice», disait Martin Luth
er KING.
B – Le cosmopolitisme et le multiculturalisme sont des valeurs de Gauche
M. ZEMMOUR s’insurge contre le cosmopolitisme. Il est vrai que pendant les années sombres de l’Occupation, ce concept avait une connotation péjorative. Ainsi, dans les années 40, le Juif était considéré comme quelqu’un sans patrie, pervertissant le monde des gens purs avec son argent. En fait, le cosmopolitisme signifie, au sens noble du terme, que nous appartenons tous à la même planète. Nous devons combattre la guerre et dépasser les obsessions identitaires. Car comme le dirait François MITTERRAND, « le nationalisme, c’est la guerre ». C’est sur la scène internationale que l’action de François HOLLANDE recueille la quasi unanimité adhésion de tous. Je suis persuadé qu’une paix durable suppose, aussi et surtout, une recherche soutenue et vigoureuse de la démocratie, la défense énergique de la justice et de l’équité dans la société internationale. Pourquoi les gouvernements iranien et syrien, qui étaient infréquentables, sont devenus, subitement, le moindre Mal ? Il faudrait moraliser la société internationale. Je reconnais que la poursuite et la réalisation de ces objectifs ne sont pas faciles. En effet, les régimes autoritaires, comme celui de la Syrie aujourd’hui, comme celui de la Tunisie de BEN Ali hier, sont parfois un rempart contre le fondamentalisme. Cependant, la contrepartie de cette complicité internationale a un coût prohibitif : la destruction des forces démocratiques. Seuls l’Armée et les fondamentalistes religieux, dans les pays autocrates, sont restés des forces politiques viables. Quand, les soulèvements populaires balaient ces dictatures, les Occidentaux installent des gouvernements fantoches, qui eux-mêmes alimentent encore le fondamentalisme et l’instabilité.
Les Etats ont, sans doute, des intérêts économiques à protéger, et c’est légitime. Mais la défense des intérêts des Occidentaux, sur le long terme, n’est efficace que dans la démocratie et la justice dans la société internationale. La moralisation de la société internationale est un objectif exigeant. Mais c’est le seul combat qui vaille. Jadis, les Européens qui se sont affrontés, pendant des siècles, autour de guerres meurtrières, dont deux guerres mondiales particulièrement sanglantes, ont fini par comprendre, que la réconciliation, autour de la démocratie et de la coopération économique, est le seul chemin viable. Cette stratégie de la construction européenne, autour de la paix, est une indication majeure, de la façon efficace, de solutionner les différends internationaux. Le génie de Nelson MANDELA, et la puissance du message qu'il nous a laissé, dans une Afrique du Sud engluée dans le racisme et le génocide contre les Noirs, est que l'Amour est plus fort que la haine. Seul l'Amour nous permet de vivre ensemble, durablement, dans le respect mutuel, dans le cadre d'un Etat sud-africain multiracial et
démocratique.
La démocratie est possible dans les pays du Tiers-monde. L’exemple du Sénégal le prouve, avec éclat. Et, c’est la démocratie qui sera le seul puissant vecteur de développement et donc d’une vitalité du commerce international avec l’Afrique. Ce n’est pas un hasard que l’essentiel des activités économiques se réalisent avec les pays démocratiques. L’aide la plus précieuse qui pourrait être apportée aux Africains, c’est bien sûr la paix. Le président HOLLANDE a raison d’insister sur ce point. J’ajouterai que nous avons surtout besoin de démocratie. Sans la démocratie, aucun projet politique, dans l’intérêt des populations, n’est possible. Pire encore, nos maigres ressources sont détournées, et les conflits ethniques attisés. C’est la politique de la machette. On tue exécute son voisin, sans savoir pourquoi. Nous attendons, avec le grand intérêt, l’engagement de M. HOLLANDE de mettre fin à la Françafrique. Les dictatures alimentent l’immigration, les guerres et la mal gouvernance. Ainsi, divers chefs d’Etat africains préparent la modification de leur Constitution, afin de se maintenir, à vie, comme président (Joseph KABILA au Congo, hier Blaise COMPAORE au Burkina Faso qui a fini par s’enfuir, Ali BONGO au Gabon, Faure EYADEMA au Togo, etc.). Car la plupart, de ces pays évoqués sont riches. Cependant, leurs ressources sont pillées par des gouvernements autoritaires et corrompus. Au Mali, on parle de découverte de pétrole et de gisements d’uranium nécessaire pour faire fonctionner les centrales nucléaires françaises. Les gisements du Niger sont presque épuisés. Sans la démocratie et la paix qui assurent la stabilité du commerce international, si ces informations sont avérées, cela va attiser des convoitises et des guerres, comme jadis au Nigéria, et maintenant dans divers Etats comme le Congo.
Dans un contexte de crise, s’interroger sur l’efficacité de la dépense publique est encore plus légitime que par le passé. Un sou est un sou. Chaque centime dépensé devrait être utile. En effet, une bonne partie de toutes ces dépenses militaires colossales aurait pu servir à réduire la pauvreté au plan interne et dans le monde, notamment en Afrique, et à engager de vrais yprojets de développement, pour promouvoir la paix et la démocratie. Ainsi, la guerre en Irak, aurait déjà coûté 815 milliards de dollars. Si on y inclut l’indemnisation des familles pour les militaires morts ou blessés au combat, cette guerre aurait déjà coûté, dans un contexte de contrainte budgétaire, 4 000 milliards de dollars aux Américains. En raison du manque de transparence dans ce secteur, les chiffres avancés sont peu fiables. On parle de 400 000 € ou d’1 million d’€uros de dépenses par jour pour la France, pour ses opérations militaires au Mali. Il serait utile de savoir combien ont coûté les guerres en Afghanistan, et en Libye, et pour quels résultats ?
Ma voix dissonante n’appelle pas à l’inaction face à la menace terroriste. Loin de là. Mais il s’agit de retrouver la noblesse et l'efficacité durable de l’action sur la scène internationale. L’immense richesse que les Occidentaux ont légué donnée au monde, ce n’est pas, à mon sens, la richesse matérielle, mais est la démocratie. Cependant, cette démocratie restera inachevée tant que, aussi sur le plan interne qu’internationale, la guerre n'est pas déclarée, de façon énergique, contre les inégalités et les injustices. C’est le de mon engagement en qualité de Socialiste : l’Homme est la mesure de toute chose. "Nos vies valent bien vos millions", disait un slogan politique contre le libéralisme sauvage. Je ne comprends pas parfois, le cynisme et la cécité des acteurs politiques, face de tels défis, alors qu'on a les moyens de les résoudre. Pourquoi s'entêter dans l'erreur ?
En effet, nous avons besoin en Afrique d’une solidarité, pour améliorer la vie quotidienne des politiques (accès eau potable, éducation, nourriture de base, santé, infrastructures défectueuses qui causent des accidents ou des maladies, etc.). C'est ce grand dénuement qui est la cause de certaines grandes épidémies menaçantes, comme le virus Ebola. Mais j’ai le sentiment que cette épidémie, qui guette tous les pays, n’a pas été prise au sérieux, à la mesure des dangers qu’elle fait peser sur la santé de tous. Les grandes épidémies, contrairement, au fameux nuage nucléaire de Tchernobyl censé s’arrêter à la frontière, traverseront les frontières.
C – L’engagement citoyen pour sauver la République
Cet appel à l’engagement citoyen concerne tous les républicains, quelle que soit leur couleur politique. Ce qui fait la grandeur et la noblesse de la Politique, c’est l’amour d’un pays autour de principe fondamentaux. Au sortir de la 2ème guerre mondiale, un pacte républicain qui tient encore, a été mis en place avec tous les partis républicains, autour du concept des «Jours Heureux». Ce pacte qui tend vers une plus grande solidarité est menacé par les idées nauséabondes du racisme. Bien des personnes issues de l’immigration croyant que la Politique serait «sale», ont choisi de désintéresser de la vie publique. Mais cette abstention ou cette indifférence ne pourra que servir les adversaires de la République, qui eux sont fortement mobilisés.
Devant la menace de la peste brune, tous les républicains doivent restés mobilisés. Les élections présidentielles de 2002, avec l’élimination le 21 avril, de Lionel JOSPIN, ont été une alerte sérieuse. Depuis mars 2014, et cet ouvrage d’Eric ZEMMOUR, dont il ne faudrait pas sous-estimer l’impact, la République est fortement menacée. Face à la menace de la peste de brune, l’engagement citoyen est plus que nécessaire pout sauver la République. «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luth
er KING.
Bibliographie sélective :
ZEMMOUR (Eric), Le suicide français, les 40 années qui ont défait la France, Paris, Albin Michel, 2014, 544 pages ;
ZEMMOUR (Eric), Le bûcher des vaniteux, l’année où les masques sont tombés, Paris, Albin Michel, 2012, 336 pages ;
ZEMMOUR (Eric), Mélancolie française, l’histoire de la droite française, Paris, Fayard, 2010, 256 pages ;
ZEMMOUR (Eric), Balladur, immobile à grands pas, Paris, Grasset, 1995, 288 pages ;
ZEMMOUR (Eric), Le coup d’Etat des juges, Paris, 1997, 222 pages ;
ZEMMOUR (Eric), Le livre noir de la droite, Paris, Grasset, 1998, 304 pages ;
MAMERE (Noël) FARBIAZ (Patrick), Contre M. ZEMMOUR : réponse au suicide français, Paris, éditions les Petits Matins, 2014, 88 pages ;
LINDENBERG (Daniel), Le rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Seuil, 2002, 94 pages ;
PLENEL (Edwy), Pour les Musulmans de France, Paris, La découverte, 2014, 134 pages ;
BENDA (Julien), La trahison des clercs, Paris, Grasset, Les Cahiers Rouges, préface d’André LWOFF, avant-propos d’Etiemble, édition de 1927, rééditée en 1958 et 1975, 332 pages ;
AUDIER (Serge), La pensée Anti-68, Paris, Découverte, 2008, 379 pages ;
BRUSTIER (Gaël), La guerre culturelle aura bien lieu : l’occidentalisme ou l’idéologie de la crise, Paris, Fayard, Mille et une nuits, 2013, 240 pages ;
JOSPIN (Lionel), Le mal napoléonien, Paris, Seuil, 2014, 233 pages ;
BAVEREZ (Nicolas), La France qui tombe, Paris, Perrin, Tempus, 2003, 134 pages ;
CLASTRES (Pierre), La société contre l’Etat, Paris, Minuit, 2011, 190 pages ;
FERRY (Luc) RENAULT (Alain), La pensée de 68. L’essai sur l’antihumanisme contemporain, Paris, Gallimard, 1985, 293 pages ;
CAMUS (Renaud), Le grand remplacement, suivi du discours d’Orange, Paris, Lulu.com, 2012, 164 pages ;
LIOGIER (Raphaël), Le mythe de l’islamisation. Essai sur une obsession collective, Paris, Seuil, 2012, 223 pages
GHILES-MEILHAC (Samuel), Le CRIF. De la résistance juive à la tentation du lobby, de 1943, à nos jours, Paris, Robert Laffont, Bouquins, Seghers, 2011, 267 pages ;
FOUCAULT (Michel), Il faut défendre la société, cours au Collège de France 1975-1976, Paris, Seuil, 1997, 283 pages ;
HARENDT (Hannah), Système totalitaire, Paris, 2005, éditions Points, 380 pages ;
IGOUNET (Valérie), Le Front National de 1972 à nos jours. Le Parti, les hommes, les idées, Paris, Seuil, 2014, 502 pages ;
GOBINEAU de, (Arthur Comte), Essai sur l’inégalité des races humaines, Paris, Firmin, 1855, 4 volumes, vol 3- 359 pages ;
DRUMONT (Edouard), La France juive devant l’opinion, Paris, 1886, réédité, Hachette, BNF, 2012, 314 pages ;
MAURRAS (Charles), Mes idées politiques, Paris, éditions l’Age d’Homme, 2002, 316 pages ;
DARD (Olivier) GRUNEWALD (Michel), Charles MAURRAS et l’étranger, l’étranger et Charles MAURRAS, Berne, Peter Lang, 2009, 433 pages ;
BONNET (Gabriel), La France et l’intolérance, de la Révolution de 1789 à la fin de la IVème Républiq
ue, Paris, Roblot Edimaf, 1982, 176 pages ;
PAXTON (Robert) HOFFMANN (Stanley) et BERTRAND (Claude), La France de Vichy, Paris, Seuil, 1997, 459 pages.
Paris, le 28 décembre 2014. M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
M. Eric ZEMMOUR, l'iconoclaste, prônant un suicide des valeurs républicaines.
M. Eric ZEMMOUR, l'iconoclaste, prônant un suicide des valeurs républicaines.

M. Eric ZEMMOUR, l'iconoclaste, prônant un suicide des valeurs républicaines.

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