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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 05:16

«Si les hommes devenaient en réalité ce qu’ils sont à quatorze ans en possibilité, que le monde serait différent  ! Je suis de ceux qui ont tenté de conserver juvéniles leurs pensées et leurs sentiments, et j’ai lutté contre les démentis de l’expérience pour garder intacte ma foi au bien et au vrai. À notre époque, où la violence, sous le masque du mensonge, occupe, plus menaçante que jamais, le trône du monde, je n’en reste pas moins convaincu que la vérité, l’amour, l’esprit pacifique, la douceur, la bonté sont des forces supérieures à toute force. C’est à elles que le monde appartiendra, pourvu qu’un nombre suffisant d’hommes gardent dans leur âme et pratiquent dans leur vie, avec pureté et constance, l’esprit de charité, de vérité, de paix et de douceur» écrit-il dans les «Souvenirs de mon enfance». La renommée d’Albert SCHWEITZER l’a longtemps cantonnée dans sa mission de médecin à Lambaréné au Gabon, occultant que cette fonction découle avant tout de sa vision d’humaniste et de philosophe. «Schweitzer n’est pas d’abord un médecin, un organisateur d’opérations humanitaires, un grand prix Nobel de la paix, mais un pasteur, un témoin de la Bonne nouvelle. Bref, un chrétien qui a tenté de prendre au pied de la lettre les mots foi, charité et espérance» écrit Xavier EMMANNUELI. L’acte médical est avant tout un acte d’amour et signe d’amour Dieu. Théologien, médecin, pasteur, architecte, musicien et philosophe, Albert SCHWEITZER a consacré des études à Jésus, Emmanuel Kant, l’apôtre Paul, à Goethe. Organiste, interprète et analyste de Jean-Sébastien BACH et pasteur de l’église luthérienne de Saint-Nicolas de Strasbourg de 1899 à 1912, Albert SCHWEITZER soulève ces interrogations majeures : Quel sens et quelle valeur devons-nous donner à notre vie ? Que suis-je dans le monde ? Quel est le but de notre existence ? Qu'est-ce, au fond, qu'un «grand homme» ? Quelles furent les motivations profondes d'un homme comme le docteur Albert SCHWEITZER, prix Nobel de la paix et l'une des figures les plus marquantes du XXe siècle, à s’engager dans l’humanitaire ? Au moment où le repli sur soi et la haine de l’autre plastronnent, et les valeurs républicaines et de progrès reculent,  en quoi la vérité de cet être d'exception, héroïque, généreux, annonciateur d’une pensée éthique et écologiste, nous interpelle-t-elle encore aujourd’hui ?

«Je ne veux pas considérer mon existence comme une existence quelconque parmi les milliards de milliards d’existences qui constituent l’univers, mais comme une vie qui prend une propre valeur, si je lui assigne sa vraie place et si je vis en conséquence» écrit-il. Dans un univers désenchanté et en perte de repères, nos contemporains sont en quête de sens et donc aussi en recherche de grandes figures et d'exemples d'humanité. Albert SCHWEITZER, précurseur de l’action humanitaire internationale, est, et reste, une de ces éminentes figures de notre histoire. Dans notre monde fondé, pour une large part, sur la cupidité, l’intolérance et le mépris des autres, Albert SCHWEITZER a mené existence faite d'urgence et de fraternité, d'un sens éthique universel. A cette question qu'est-ce que la civilisation ? Albert SCHWEITZER considère que «L’essentiel de la civilisation, c'est la perfection éthique de l'individu et de la société. La volonté de civilisation est donc une volonté universelle de progrès et qui est consciente que l'éthique est la valeur suprême».

Homme de foi, de charité et d’espérance, de nationalité allemande, sa langue maternelle est l’Alsacien, et ses langues de culture sont aussi bien l’allemand que le français. Ses ouvrages, pour l’essentiel, ont été écrits en allemand, et traduits en français. Ses idées politiques et religieuses le mettaient en porte-à-faux avec beaucoup de ses collègues : les pasteurs germanophiles, généralement conservateurs, n'aimaient pas ce libéral, tandis que les pasteurs libéraux, souvent francophiles, n'aimaient pas ce partisan de l'Allemagne. Protestant libéral, il récusait l’autoritarisme ecclésiastique, avec effort de dégager l’esprit de la lettre. Comme pour compliquer un peu plus le tout, le 18 juin 1912 il épousa, le 18 juin 1912, une allemande de famille juive, Hélène BRESSLAU (1879-1957), infirmière, chercheuse de fonds et éducatrice, dont le père devait être expulsé après 1918. Ce qui n'empêchait pas les deux fiancés de correspondre en français. Le jour de son anniversaire en 1919, sa femme donne naissance à sa fille Rhena SCHWEITZER MILLER (1919-2009). Mais il pensait que les Alsaciens étaient une sorte de tête de pont pour la réconciliation franco-allemande. Spécialiste du bouddhisme, mystique et chrétien, Albert SCHWEITZER militait pour le dialogue interreligieux, la tolérance.

Il était indubitablement germanophone : «Certes je m'exprime depuis mon enfance de même façon en allemand et en français, mais je ne ressens pas le français comme ma langue maternelle, bien que je l'ai utilisé depuis toujours dans ma correspondance avec mes parents, parce que c'était l'usage dans ma famille. Pour moi, c'est l'allemand qui est ma langue maternelle parce que le dialecte alsacien dans lequel j'ai mes racines linguistiques est allemand». En effet, Albert SCHWEITZER vit le jour à Kaysersberg, dans le Haut-Rhin, en Alsace, alors annexé par l’Allemagne, six mois après sa naissance son père fut appelé comme pasteur à Günsbach, dans la vallée de Munster, dont sa mère, Adèle (1842-1916), fille du pasteur SCHILLINGER, était originaire. «Je suis né le 14 janvier 1875, à Kaysersberg, en Haute-Alsace, dans la petite maison à tourelle qu'on voit au haut de la ville, à gauche en sortant. Dans cette petite localité en majorité catholique, mon père était pasteur et instituteur de la petite communauté évangélique, qui a été supprimée en 1919 : la cure est devenue une gendarmerie», c’est ainsi que démarrent les  «Souvenirs de mon enfance» d’Albert SCHWEITZER. C’est une famille unie, dans laquelle s’épanouit le jeune Albert : «Nous étions tous en bonne santé et la concorde régnait entre nous. Les rapports entre parents et enfants étaient les meilleurs, grâce à la compréhension que nos parents nous témoignaient en tout, même en nos sottises. Ils nous élevaient pour la liberté. Jamais on ne sentit dans notre maison, entre le père et le fils, cette tension qui trouble le bonheur de tant de familles. Mon père était mon meilleur ami. Nous apprécions comme une bonté spéciale de nos parents la permission d’emmener en vacances nos amis d’école jusqu’à ce que la maison fût bondée. Comment faisait ma mère pour venir à bout de tout ce travail supplémentaire, je me le demande encore !» écrit-il. Elevé au presbytère de Günsbach, il est en contact direct avec la nature alsacienne, la terre, les bruits mystérieux, les arbres et les rivières. «J'ai passé une enfance très heureuse ; de cela, oui, j'ai réellement pris conscience. Sans cesse il m'a fallu réfléchir combien dans la maison parentale et sur mon chemin de vie tout était si beau.  Mais j'ai terriblement souffert de tout le malheur que je vis dans le monde ; la souffrance des animaux m’attristait tout particulièrement. Mon père était très doux ; moi par contre je fus un enfant au comportement singulier, très sensible et terriblement renfermé ; malgré tout on me laissait tranquille. Dès ma plus tendre enfance, un redoutable problème occupait mon esprit : «Pourquoi existe-t-il tant de souffrances sur terre ?» Personne ne savait que cela me préoccupait tant», écrit-il. Charles SCHWEITZER (1844-1935), son père, pasteur, instituteur et musicien, donne très tôt le goût de la musique à son fils ; dès l'âge de neuf ans, le jeune Albert remplace parfois l'organiste paroissial.

Après les études secondaires, il est inscrit au lycée de Mulhouse, en 1885, pendant 8 ans, et habite chez son oncle Louis Théophile SCHWEITZER (1846-1925), avec une discipline rigoureuse. Son professeur de musique est alors Eugène MUNCH (1857-1898), organiste de l’église Saint-Etienne de Mulhouse. Il deviendra aussi l’élève de Charles-Marie VIDOR (1844-1937). Après son baccalauréat et son service militaire à Strasbourg, il décida de mener, de front, la théologie, la philosophie et la musique, à l’université de Strasbourg et à Berlin. A partir d’octobre 1898, il se rend, régulièrement, à Paris, pour ses cours de philosophie. Docteur en philosophie le 2 août 1899 avec une thèse sur «La Philosophie religieuse de Kant» docteur en théologie et vicaire-adjoint de l'église Saint-Nicolas de Strasbourg, en 1900, il soutient sa thèse de doctorat en théologie en 1902,  sur «Le Mystère de la messianité et de la souffrance. Esquisse d'une vie de Jésus». Il devient alors maître de conférences à la faculté de théologie protestante de Strasbourg de 1902 à 1912. Il eut, très jeune, la volonté de venir en aide aux personnes défavorisées. En 1898, il obtint le grade de docteur en théologie, en 1899 celui de docteur de philosophie. Il fut directeur du séminaire protestant en 1900, à Strasbourg et fut l’auteur de nombreux ouvrages que nous citons en bibliographie. Organiste réputé, il a écrit d’importants ouvrages consacrés à Jean-Sébastien BACH, et fut parallèlement un grand expert de l’art de l’art de construire les orgues. En 1903, il est nommé directeur du séminaire protestant. Une belle carrière de théologien, de prédicateur (comme en témoigne le recueil de sermons paru sous le titre «Vivre» en 1970) et de musicologue semble s'ouvrir devant lui. Il publie ainsi, en 1905, une monographie consacrée à J.-S. Bach, où il interprète d'une manière neuve les rapports entre l'œuvre du célèbre compositeur et la poésie (Jean-Sébastien Bach, le musicien poète) ; il donnera aussi des études sur l'art de la construction des orgues, une édition critique des «Préludes et fugues pour orgue» de J.-S. BACH.

Mais il sent que là n'est pas sa véritable vocation. Il apprend alors par hasard, en 1904, que la Société des missions évangéliques de Paris recherche des médecins volontaires pour se rendre au Gabon. Il démissionne de son poste de directeur du séminaire et entreprend des études médicales. Docteur en médecine en 1911, il part pour l'Afrique en 1913. C'est à Lambaréné, «à l'orée de la forêt vierge», qu'il installe le village-hôpital, toujours en chantier et toujours en extension. Il améliora continuellement l’hôpital de Lambaréné pour y accueillir toujours plus de malades africains, et construisit trois centres pour les lépreux.

Il fut le premier à s’intéresser aux philosophies orientales, et tenait à ce que son œuvre soit confessionnelle et internationale. En 1952, il reçoit le Prix Nobel de la paix. En 1957, il écrivit «l’appel de l’humanité contre l’arme atomique». Il décéda en 1965 et fut enterré à Lambaréné, au Gabon.

I - Albert SCHWEITZER, fondateur de l’action humanitaire : l’homme de Lambaréné

Prix Nobel de la Paix, le docteur Schweitzer demeure, trente ans après sa mort, le grand «ancêtre» de l'action humanitaire internationale, précurseur de la médecine de terrain dans les pays du Sud. En effet, grâce aux revenus procurés par ses concerts de musique, le 16 avril 1913, à 38 ans, à la veille de la première Guerre mondiale, Albert SCHWEITZER et son épouse Hélène, arrivent à Lambaréné, dans la forêt du Gabon, pour créer un hôpital qui deviendra l'oeuvre majeure de sa vie. Le couple fait escale le 4 avril 1913 à Dakar. «La conscience sociale d’Hélène était presqu’aussi développée que celle de Schweitzer, et, en plus, elle possédait un enthousiasme, une efficacité, et une certaine indifférence aux convenances sociales» écrit James BARBIZON. Lambaréné, sur les bords de l’Ogooué, est alors un village de quelques centaines de cases toutes identiques. La maison de SCHWEITZER est située sur une colline. A quelques dizaines de mètres, la forêt : monde grouillant où le danger succède au danger, l'insecte répugnant au fauve en chasse, cette chaleur humide, cet air irrespirable. Albert SCHWEITZER, partant d'une critique radicale de la civilisation occidentale, réclame l'avènement d'une «culture éthique», fondement de toute action humaine. Payant de sa personne notamment pour son projet africain, il est l'un des précurseurs de ce qu'on appelle aujourd'hui l'action humanitaire. Sa première préoccupation est de soigner, non pas d'évangéliser.

Décrit comme Alsacien hautain, têtu et peut-être colonialiste, Albert SCHWEITZER, dans son souci de respecter les coutumes indigènes, envisage de conserver, coûte que coûte, son hôpital dans un état archaïque ; ce qui a suscité des polémiques. Effet, certaines tributs sont géophages (mangeurs de terre) ou anthropophages. Les esprits étriqués ont porté un regard paternaliste, colonialiste, «eurocentré» sur l’action d’Albert SCHWEITZER en Afrique. Lambéréné est considéré comme l’hôpital le plus arrière du monde. «Il convient que l’indigène souffre, guérisse ou meure dans son habitat naturel» dit-il. Aussi, le docteur SCHWEITZER avait ses détracteurs : «Le Gabon est l’un des pays d’Afrique les plus riches en équipements sanitaires. Pour 445 000 habitants, il 4 hôpitaux, 30 centres médicaux, 22 postes de radiologie, 9 équipes mobiles d’hygiène et prophylaxie, 2 de centres de protection maternelle et infantile. (…) La lèpre, la terrible tripanosomiase et le paludisme sont en complète régression.  Au milieu de cet effort de mondialisation, une plaie, un cloaque, l’hôpital de Lambéréné conçu selon des principes typiquement racistes. Les malades portent des étiquettes :  «Indigènes » pour les Africains, «Européens» pour les métisses»   écrit Jeanne ROUCH dans un retentissant article «Le scandale de Lambaréné»,  Jeune Afrique du 24-30 août 1962. Son aspect bourru et paternaliste ont fait également l’objet de critiques. Il reconnaît ses insuffisances et essaie de les corriger : «nous avions le droit de nous sentir vis-à-vis de l’indigène dans la position du frère aîné qui veut le bien pour son frère cadet et qui, par son instruction et son intelligence, quels facteurs sont plus favorables à son développement et son progrès». Il reconnait cependant que les choses ont évolué : «L’avènement de l’ère du progrès ne peut se faire qu’à condition que le frère cadet comme majeur et capable de discernement au même titre que le frère aîné, et que les indigènes prennent, de plus en plus, les destinées de leur pays en mains». Tout en condamnant seulement les excès de la colonisation, il pense que l’Europe, à travers la chrétienté, devrait racheter ses fautes : «Aux peuples d’outre-mer qui n’ont connu les chrétiens que sous les espèces du loup, il faudra envoyer des bergers qui les conduiront dans les prairies de l’Évangile. La mission n’est rien d’autre qu’un sacrifice pour nos péchés, et ce qu’elle accomplit ainsi demeure en vérité fort modeste» écrit-il.

Chinua ACHEBE, un auteur nigérian, a énoncé une critique radicale à l’encontre d’Albert SCHWEITZER qui considérait les Africains comme des mineurs à protéger : «Des Européens comme Albert Schweitzer dénoncent les crimes de l’Europe, par exemple au Congo belge, mais en occultant néanmoins la question ultime qu’il faut poser, la question de l’égalité entre hommes blancs et hommes noirs. Seule la réponse positive à cette question porte en elle la condamnation du système colonial» écrit-il son livre «An Image of Africa». En effet, Albert SCHWEITZER avait une conception curieuse, contestable et choquante de la civilisation, opposant la «culture noire» à la «culture blanche». Il était persuadé de l’hégémonie de la civilisation occidentale : «Une culture (digne de ce nom) existe donc là où des hommes ont l'énergie et la liberté d'agir afin d'améliorer les conditions générales d'existence. Ce qui peut se faire par deux voies : augmentation des biens et diminution des maux. En d'autres termes encore, plus modernes : élévation du niveau de vie et amélioration de la qualité de la vie. Si cette volonté de progrès manque ou si elle se trouve pervertie comme par le nationalisme, la culture est en décadence, elle faillit à sa mission» écrit-il en 1920, à «l’Orée de la forêt vierge». Par conséquent, pour lui, le riche doit venir en aide au pauvre : «Le riche, c'est nous. Les progrès de la médecine ont mis à notre disposition un grand nombre de connaissances et de moyens efficaces contre la maladie et la douleur physique ; et les avantages incalculables de cette richesse nous paraissent chose toute naturelle. Le pauvre Lazare, c'est l'homme de couleur. Il connaît autant que nous et même plus que nous la maladie et la souffrance, et il n'a aucun moyen de les combattre. Nous agissons comme le mauvais riche, dont l'insouciance vis-à-vis du pauvre assis à sa porte était un péché, parce qu'il ne se mettait pas à la place de son prochain et ne laissait pas parler son coeur» précise-t-il.

Par conséquent, Albert SCHWEITZER a commis une grave erreur d’analyse en défendant un système patriarcal, voire paternaliste, des relations entre l’Afrique et l’Europe. Cependant, cela ne fait pas non plus disparaître son souci de venir en aide à ses semblables, dans des conditions difficiles : «Disposant de moyens rudimentaires, il met à contribution ses yeux, ses mains, ses sens en général, sa faculté de dialogue avec le malade, avec sa famille, pour déceler ses microsignes. (…) Ce faisant, il entre en relation. En outre, il est, de manière indissociable, médecin et croyant, sa foi lui apprit que Dieu est relation d’amour» écrit François BLIN. Par ailleurs, il est indubitable qu’Albert SCHWEITZER, homme socialement «arrivé»,  décide d'abandonner le confort d'une vie bourgeoise et les conjectures théoriques de professeur d'université, pour se transformer en humanitaire dans une forêt hostile du Gabon, pour soigner les lépreux. L’éthique du respect de la vie comprend donc en elle-même tout ce que couvrent les notions d'amour, de dévouement, de partage de souffrances, de partage de joies et d'engagement pour le Bien. Albert SCHWEITZER a répondu à une annonce faite par les missions évangéliques de Paris pour la recherche d’un médecin pour leur station déjà installée au Gabon. Les missionnaires alsaciens, déjà installés en Afrique noire de longue date, étaient pour Albert SCHWEITZER, des vecteurs d’information sur la misère africaine de l’époque. Professeur à l’Université de Strasbourg, organiste et écrivain, il a tout quitté, mais pourquoi ?

Parmi les déterminations sur lesquelles reposent sa motivation sa motivation pour l’Afrique celles liées, à sa trajectoire familiale et universitaire, semblent déterminantes. La dimension protestante est un des éléments structurants. Il est issu d’une famille alsacienne bourgeoise et protestante. Le protestantisme libéral, fondé sur la foi du progrès, préconise la stratégie de l’adaptation, de la défense de la dignité humaine, l’ouverture de la culture et le souci d’agir pour la transformation du monde. Dans sa lettre de motivation adressé aux missionnaires parisiens, il écrit «Divers écrits, et même des témoignages oraux des missionnaires, m’avaient révélé la misère physique des indigènes de la forêt vierge. Plus j’y réfléchissais, plus j’avais peine à comprendre que nous, Européens, passions si médiocrement préoccupés de la grande tâche humanitaire qui nous incombe dans ces lointains pays». Le protestantisme d’Albert SCHWEITZER est une pédagogie de la vie qui fonde sa légitimité sur les principes de l’Evangile. Il est indéniablement un humaniste et un fondateur de l’action humanitaire internationale : «Celui  a été comblé des bienfaits de la vie, est tenu d’en répandre à son tour et dans la même mesure. Celui qui a été épargné par la souffrance doit contribuer à diminuer celle des autres. Tous, tant que nous sommes, nous avons à assumer une part du fardeau de douleur qui pèse sur le monde», dit-il.

La construction d’un hôpital à Lambaréné, au Gabon, est pour Albert SCHWEITZER, une sorte d’appel du Christ, la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Dans son exil au Gabon, parmi les plus démunis, il n'a pas que la vie pour vivre comme les bêtes, mais au contraire qu'il vit pour poursuivre d'une certaine manière l'éternité. La quête de l'éternité, c'est la quête de Dieu. Cela laisse entendre que l'éternité appelle l'homme à se détacher de la vanité du monde, à se vider du monde et de soi-même. Il s'agit entre autres de prendre conscience de notre finitude et de s'engager de manière désintéressée à l'amour du prochain. Cette quête conduit chez SCHWEITZER à une affirmation éthique du monde et de la vie, mieux, elle nous conduit à la découverte des qualités qui permettent aux autres de s’élever. Albert SCHWEITZER croit en la puissance de l’Amour capable de vaincre les résistances. «La sagesse suprême, c'est de voir clairement la cause des désillusions. Tout événement est le résultat d'une force spirituelle; assez forte, elle produit le succès; trop faible, elle cause l'échec. Mon amour est-il impuissant? C'est qu'il y a encore trop peu d'amour en moi», dit-il dans ses «Souvenirs d’enfance». Il raconte dans son livre «à l’orée de la forêt vierge», le docteur SCHWEITZER relate son premier séjour à Lambéréné de 1913 à 1917. Après son extension, cet hôpital comptera 45 bâtiments pouvant accueillir 380 personnes. Les deux problèmes majeurs recensés sont le ravitaillement et la main-d’œuvre. «Dès le premier jour, avant même d’avoir pu déballer mes instruments, je fus littéralement assiégé par les malades (…) Ils arrivaient en canot sur l’Ogoué. Il en vint bientôt de trois cent kilomètres en amont ou en aval. Je traitais la malaria, la lèpre, la dysenterie, etc. Je fus étonné du nombre de pneumonies et de troubles cardiaques. Dès les toutes premières semaines, je m’aperçus que la misère physique, parmi les indigènes,  était encore plus grande que je ne l’imaginais» écrit-il. Dès les neuf premiers mois, ils ont soigné plus de 2000 personnes.

Né en 1875, dans un village d’Alsace, Albert SCHWEITZER est donc allemand. Bismarck avait annexé 4 ans plutôt sa région. Cette nationalité allemande lui vaudra les pires difficultés lorsque la Première guerre mondiale éclate en 1914, alors qu’il se trouve déjà au Gabon. Renvoyé en France dans des camps d'internements. Pendant son incarcération, il écrit une étude philosophique de la civilisation et y aborde la pensée éthique à travers l’histoire et invite ses contemporains à mettre en œuvre une philosophie de la vie. De retour au Gabon, le 21 février 1924, il y construira un plus grand hôpital, pouvant se livrer enfin à la médecine humanitaire qui lui tient tant à coeur. C'est en se produisant lors de concerts au piano, en Europe, qu'il réunit des fonds pour subvenir aux besoins de son hôpital. En 1928, il se fait construire une maison à Günsbach. Pour Albert SCHWEITZER, les Alsaciens ne pouvaient être que des ponts entre Français et Allemands. En cela, il fut précurseur de l’Europe.

II – Albert SCHWEITZER, défenseur du respect de la vie et d’une culture éthique.

C’est en 1915, lors de son premier séjour en Afrique que le principe du respect de la vie lui est révélé. Partant du constat de l’échec de l’éthique occidentale, il se tourne vers la philosophie du «respect de la vie», avec une affirmation du monde : «L’éthique, c’est la reconnaissance de notre responsabilité envers tout ce qui vit» écrit-il. L’élément essentiel de la civilisation, est le perfectionnement de l’individu, en vue d’une humanité poursuivant des fins morales. Admirateur de Saint-François d’Assise, l’exil de SCHWEITZER à Lambaréné répond à l'appel du Christ, en cherchant à conjuguer foi et raison. Il découvre la grâce de servir dans les lointains ; c'est la source de la transformation de sa vie. Tous ses actes prennent un sens nouveau. Cette quête conduit chez SCHWEITZER à une affirmation éthique du monde et de la vie. Dans son mysticisme, il recommande «d’aller au-delà de la réalité, pour y découvrir la vie authentique». Sans être adepte, mais fin connaisseur du bouddhisme et auteur d’un lumineux ouvrage sur les «Grands penseurs de l’Inde», comme Siddhârta, découvrant malgré les précautions de son père, qui cherchait à l’enfermer dans sa caste guerrière et le luxe, la réalité du monde qui est souffrance, misère, usure, il quitte son palais, sa femme et ses enfants, prend le nom de Gautama et cherche la délivrance à la façon des brahmanes, par l’ascétisme, le yoga, les jeûnes, les mortifications et des exercices de concentration spirituelle. Au bout de sept ans, il se rend compte qu’il fait fausse route, il cesse de torturer son corps et vers la trentaine passée, immobile sous un arbre, il a une illumination et s’éveille à une connaissance qui le délivre des affections du monde. Abandonnant les pulsions de vie et de plaisir, le docteur SCHWEITZER choisit d’être au service des pauvres et des malades au Gabon. Le bouddhisme a révélé en lui, une éthique altruiste de responsabilité et de service. Car le penseur indien restait lié par le parti-pris de la négation du monde. Agissant en philosophe et historien, ce que le cas du bouddhisme révèle malgré lui, c’est que l’éthique implique un oui au monde et la foi et l’espérance. «Quiconque a été préservé de la mort ou des tortures de la souffrance, doit offrir une aide à ceux qui vivent sous l’empire de la mort et de la douleur» écrit-il à «l’orée de la forêt vierge». 

En raison des privilèges dont il bénéficie, SCHWEITZER a décidé «de ne pas garder la vie que pour lui» : «De plus en plus, je me rendis compte que je n’avais pas le droit d’accepter le bonheur de ma jeunesse, ma santé, ma faculté de travail comme des dons gratuits. La conscience intense de mes privilèges me fit comprendre toujours plus clairement cette parole de jésus, que nous n’avons pas le droit de garder notre vie pour nous. Celui qui a été comblé de bienfaits par sa vie est tenu d’en répandre à son tour et dans la même mesure. Celui qui a été épargné par la souffrance doit contribuer à diminuer celle d’autrui». En effet, il écrit dans les «Grands penseurs de l’Inde» : «Si l’éthique se lie à la négation et au renoncement, elle est entraînée logiquement à se cantonner dans les limites de la non-activité et est par là forcément incomplète… La négation du monde ne saurait devenir autre chose que ce qu’elle est, une attitude de détachement et d’indifférence à l’égard du monde. Jamais elle ne peut donner naissance à une éthique. Celle-ci suppose que l’on porte intérêt au sort des êtres et qu’on ait foi en une amélioration de la condition humaine». En 1896, la crise de confiance, le doute et la révolte conduiront, dans une démarche d’humilité et de modestie, Albert SCHWEITZER à un vœu généreux et altruiste : «J’en vins à la conclusion que j’avais le droit de vivre pour la science et pour l’art jusqu’à ma trentième année, et devrais me consacrer ensuite à un service purement humain». La mission de l’homme, c’est le respect de la vie. Il a décidé d’obéir à l’appel que le Christ, ressuscité, avait lancé à ses disciples «Toi, suis-moi». SCHWEITZER a revisité le Nouveau testament en estimant que Jésus est un homme de tous les temps «J’a besoin de toi ; donne-moi une partie de ta vie, car j’en ai besoin pour venir à la vie en toi et de te rendre serein et heureux». Profondément croyant, il s’inspire des enseignements du Christ : «Celui qui veut garder sa vie la perdra, mais celui perd sa vie pour moi et pour l’Evangile, la gardera» dit l’Evangile.

Albert SCHWEITZER mena plusieurs vies sans se laisser enfermer dans aucune.

Tout d’abord, Albert SCHWEITZER est fortement influencé par la culture bouddhiste. Faire mieux connaître la pensée indienne et son évolution, les problèmes qu'elle envisage, les positions qu'elle défend, les grandes personnalités qui l'ont incarnée : tel est l’un de ses buts. Mais au sein de la forêt vierge, il resta un homme universel, à l'écoute de la terre entière. Preuve en est, son livre, «les grands penseurs de l’Inde», est une méditation personnelle sur les grandes questions de la vie humaine. Armé de cette pensée bouddhiste, Albert SCHWEITZER a essayé de le vivre et de le promouvoir durant toute son existence, le droit au respect de la vie, qu’elle soit humaine, animale ou végétale. «Je suis vie qui ne peut vivre, entouré de vie qui veut vivre. Chaque jour et à chaque heure, cette conviction m’accompagne. Le Bien, c’est de maintenir et favoriser la vie ; le Mal c’est de détruire la vie, de l’entraver», dit-il dans son livre «Civilisation et éthique». Pour Albert SCHWEITZER, pacifiste et hostile à l’arme nucléaire, le «respect de la vie», c’est l’attention, le saisissement, l’étonnement, l’émerveillement, non dénué de crainte, c’est craindre le mystère, la puissance de la vie, et s'étonner, être comme frappé de stupeur devant le fait de la vie. «Je suis vie qui veut vivre, entourée de vie qui veut vivre», dit-il. C’est en cela qu’Albert SCHWEITZER est un prophète annonciateur du mouvement écologiste.

Albert SCHWEITZER, fin connaisseur du bouddhisme, croit plus que tout autre à la non-violence : «Toute violence a en soi sa limite. Car elle enfante la violence contraire qui tôt ou tard l'égalera ou la surpassera». Ou encore, «À notre époque, où la violence, sous le masque du mensonge, occupe, plus menaçante que jamais, le trône du monde, je n'en reste pas moins convaincu que la vérité, l'amour, l'esprit pacifique, la douceur, la bonté sont des forces supérieures à toute force».

Ensuite, on peut dire qu’Albert SCHWEITZER est un éminent philosophe. Sa pensée témoigne bien du caractère humaniste de sa démarche. L'élévation spirituelle de ses idées, son inflexible volonté et sa philosophie centrée sur la nécessité de «l'engagement éthique », font de son témoignage un message plus que jamais d'actualité. «Lorsqu’on me demande si je suis pessimiste ou optimiste, je réponds que la connaissance est pessimiste, mais le vouloir et l’espoir sont optimistes», dit-il dans «Ma vie et mes pensées». Il n’hésite pas de proclamer que «Le bonheur est la seule chose qui se dédouble si on la partage», ou encore «Le nationalisme, c’est le patriotisme qui a perdu sa noblesse». L'élévation spirituelle de sa pensée, son inflexible volonté et sa philosophie centrée sur la nécessité de l'engagement éthique font de son témoignage un message plus que jamais d'actualité. «Puissions-nous être bientôt plusieurs médecins envoyés aux quatre coins de l'horizon par la confrérie de ceux que la douleur a marqués de son sceau». Ce voeu qui s'avère aujourd'hui prémonitoire, termine son ouvrage «À l'orée de la forêt vierge». Albert SCHWEITZER est un grand enfant qui a tenté de conserver, toute sa vie durant, la noblesse de son engagement et la pureté de ses idéaux. «Je suis convaincu que notre effort de la vie entière doit viser à conserver à nos pensées et nos sentiments leur fraîcheur juvénile. Cette conviction fut en tout temps pour moi une source de bons conseils. Instinctivement j'ai toujours veillé à ne pas devenir ce qu'on appelle un homme mûr» dit Albert SCHWEITZER dans ses souvenirs d’enfance. «Je suis de ceux qui ont tenté de conserver juvéniles leurs pensées et leurs sentiments, et j'ai lutté contre les démentis de l'expérience pour garder intacte ma foi au Bien et au Vrai», souligne Albert SCHWEITZER dans son autobiographie, «Souvenirs de mon enfance». Au moment où notre classe politique démissionne devant le libéralisme cynique et arrogeant, Albert SCHWEITZER nous rappelle que vouloir, c’est pouvoir. Les idées peuvent soulever des montagnes. «La force de l'idéal est incalculable. A regarder une goutte d'eau, on n'y voit trace de force. Mais qu'elle pénètre dans une fissure de rocher et s'y congèle, elle fera sauter le rocher. Que le feu la vaporise, et elle mettra en branle la plus puissante machine. Il s'est opéré en elle un changement qui a activé la force interne», dit-il dans ses souvenirs d’enfance.

Albert SCHWEITZER est enfin un homme de foi, un grand sage. L'originalité de la pensée d'Albert SCHWEITZER perce à travers sa conception du «Royaume de Dieu», thème récurrent dans ses prédications où il est lié à l'action, à la souffrance, à l'éthique, au mystère. Il ne voulait rien regretter, de noble, dans sa vie : «Dans ma jeunesse, j’ai entendu entre adultes des conversations qui m’étreignaient le cœur d’une indicible tristesse. Ils reconnaissaient dans leur idéalisme d’autrefois et leur capacité d’enthousiasme, des biens précieux qu’ils auraient dû conserver. Mais, en même, il leur semblait nécessaire, fatal, de n’avoir pas pu les garder. La peur me saisit alors de me voir, un jour, réduit à regarder mon passé avec la même tristesse. Je résolus de ne pas me soumettre à la tragique nécessité de devenir un homme raisonnable. A ce vœu, qui n’était presque que bravade d’adolescent, j’ai essayé de conformer ma vie», écrit-il dans ses «Souvenirs d’enfance».

Dès 1901, dans un ouvrage sur Jésus qui renferme l'essentiel de sa conception du christianisme, il écrit : «Le mystère du Royaume de Dieu contient le mystère total de la conception chrétienne du monde». A cette conviction, née de la lecture de l'Ecriture et plus particulièrement des synoptiques, il demeura fidèle sa vie entière puisqu'un demi siècle plus tard, dans son dernier grand ouvrage théologique, il affirma : «Le christianisme est en son essence une religion de la foi en la venue du Royaume de Dieu». Chaque individu doit travailler pour son perfectionnement personnel, et c’est aussi une des influences du bouddhisme dans sa croyance religieuse. «Celui qui travaille à son propre perfectionnement ne risque pas de voir s'évanouir son idéalisme. Il voit en lui-même se réaliser la puissance de ces idées-forces : le Vrai, le Bien. Si les résultats de l'action qu'il voudrait exercer au-dehors sont insuffisants à son gré, il n'ignore plus que son action est proportionnée au degré de son perfectionnement intérieur. Seulement, le résultat ne s'est pas encore produit ou manifesté. Si la force existe, elle agit», entonne t-il dans ses «Souvenirs de mon enfance». Aucun rayon de soleil ne se perd. Mais la verdure qu'il éveille a besoin de temps pour germer, et il n'est pas toujours accordé au semeur de voir la moisson. Toute action féconde est un acte de foi.

Albert SCHWEITZER effectuera ainsi 14 voyages pour l'Afrique, et selon sa volonté, y finir sa vie le 4 septembre 1965, à Lambaréné où repose également sa fille, Rhéna. «Je vous appartiens jusqu'à mon dernier souffle» dit-il aux Gabonais. «Non, Grand docteur, vous ne nous avez pas quittés, vous ne quitterez pas. Votre souvenir et l’esprit que vous avez insufflé impérissables et votre œuvre de vie et de fraternité se poursuivre» Albert Bernard BONGO, dans son hommage. Auparavant, sa femme, Hélène est décédée en 1957. La Tombe du Docteur SCHWEITZER, témoignage aussi, humble et symbolique d'un grand homme. Il définit profondément ce qu'il entendait par «le respect de la vie» et dans son ouvrage majeur  «Humanisme et Mystique». Il repousse et combat toutes les manifestations de la souffrance et de l'injustice. Il opte pour le rapprochement des hommes, le respect de leurs différences et le combat pour la vie. «Avec Albert Schweitzer disparaît l’une des plus brillantes étoiles du firmament humain» dit Martin Luther KING. Il fut incarné au cinéma par Pierre FRESNAY dans «Il est minuit, Docteur Schweitzer» en 1952, avec Jeanne MOREAU dans le rôle de son infirmière Marie. Une des grandes recommandations d’Albert SCHWEITZER : «Restez humains en vous-mêmes, en votre âme et conscience. Ne devenez pas des choses, des choses humaines qui se plient à la volonté des masses et battent des pieds et des mains à leur mesure !».

Bibliographie très sélective :

1 – Contributions d’Albert Schweitzer

SCHWEITZER (Albert), A l’orée de la forêt vierge, récits et réflexions d’un médecin en Afrique équatoriale française, Paris, Albin Michel, 1995, 224 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Ainsi parlait Albert Schweitzer, traduction de Jean-Paul Sorg, Paris, Arfyen, (en français et en allemand), 164 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Albert Schweitzer, Union-Verlag, 1949, 39 pages ;

SCHWEITZER (Albert), FESCHOTTE (Jacques), Albert Schweitzer, avec des texts inédits, Paris, éditions universitaires, 1958, 138 pages ;

SCHWEITZER (Albert), BRULLMANN (Richard), WILDIKANN (Anna),  Un pélican raconte sa vie éditions, P. Haupt, 1997, 62 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Civilisation et éthique, traduction de Madeleine Horst et préface de Robert Minder et Georges Marchal, Colmar, Alsatia, 1976, 215 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Eugène Munch (1857-1898), Mulhouse, J. Brinkman, 1898,  33 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Histoire de la forêt vierge, Paris, Albin Michel, 1952 et 1995 173 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Humanisme et mystique, Paris, Albin Michel, 1995, 531 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Jean-Sébastien Bach, le musicien-poète, préface Ch. M. Vidor, Leipzig, Breitkopf Härtel,  1905, 455 pages ;

SCHWEITZER (Albert), L’esprit et le royaume, introduction et notes de Jean-Paul Sorg, Günsbach, Arfyen, 262 pages ;  

SCHWEITZER (Albert), L’hôpital de Lambaréné pendant les années de guerre, Ville et éditeurs inconnus, 1946, 21 pages ;

SCHWEITZER (Albert), La mystique de l’apôtre Paul, Paris, Albin Michel, 1962, 338 pages ;

SCHWEITZER (Albert), La paix par le respect de la vie, Robert Minder éditeur scientifique, traduction de Madeleine Horst, Strasbourg, éditions La Nuée Bleue, 1979, 328 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Le problème de la paix, Discours du 4 novembre 1954, discours lors de la remise du Prix Nobel de la Paix, Seraing, Association belge des amis d’Albert Schweitzer, 1954, 15 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Le secret historique de la vie de Jésus, Paris, Albin Michel, 1961, 220 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Les grands penseurs de l’Inde, Paris, Payot, 2004, 271 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Les religions mondiales et le christianisme, Van Dieren, Petite bibliothèque théologique, 2004, 76 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Les sermons de Lambaréné (1913-1914 et 1930-1933), commentaires Philippe Aubert et Jean-Paul Sorg, Foi et Vie, 2003, pages 99-100 et Etudes Schweitziennes, 2002, n°10, pages 5-190 ;

SCHWEITZER (Albert), Ma vie et ma pensée, Paris, Albin Michel, 2013, 288 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Paix ou guerre atomique, Paris, Albin Michel, 1958,  60 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Six essais sur Goethe, préface et traduction de Jean-Paul Sorg, postface de Georges Gustorf, Strasbourg, ACM éditions, 1999, 282 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Souvenirs de mon enfance, Paris, Albin Michel, 2015, 144 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Une anthologie, Paris, Payot, 1950, 186 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Une pure volonté de vie la religion devant les résultats de la théologie historico-politique  et des sciences de la nature, Van Dieren, Petite bibliothèque théologique, 2000, 79 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Vivre : 18 sermons, traduction de Madeleine Horst, préface de Georges Marchal, postface de Ulrich Neuenschwander, Paris, Albin Michel, 1970, 229 pages ;

SCHWEITZER (Albert), Vivre : paroles pour une éthique du temps présent, traduction de Madeleine Horst, préface de Georges Marchal, postface de Ulrich Neuenschwander, Paris, Albin Michel, 2012,  240 pages.

2 – Critiques d’Albert Schweitzer

AMADOU (Robert), Albert Schweitzer, études et témoignages, Daniel Halévy et André Sigfried, éditeurs scientifiques, Paris, L’Arche, 1952, 255 pages ;

Anonyme, Lire Albert Schweitzer, introduction de Jean-Paul Sorg, Langue et culture régionales, cahier n°10, académie de Strasbourg, CNDP-CRDP, 2013, 62 pages ;

ARNAUT (Robert), Albert Schweitzer, l’homme au-delà de la renommée internationale, un médecin humaniste d’exception en Afrique Equatoriale française, Paris, de Vecchi, 2009, 605 pages ;

ARNOLD (Matthieu), «Albert Schweitzer et la vie de Jésus, dans son œuvre théologique et humanitaire», Etudes théologiques et religieuses, 2009, n°4, tome 84, pages 513-534 ;

ARNOLD (Matthieu), Albert Schweitzer, la compassion et la raison, éditions Olivétan, Figures protestantes, 136 pages ;

ARNOLD (Matthieu), éditeur scientifique, Hommage à Albert Schweitzer, Strasbourg, Association des publications de la faculté de théologie protestante, 2013, 84 pages ;

Association française des amis d’Albert Schweitzer, Albert Schweitzer et le dialogue entre religions, Bernard kaempf éditeur scientifique, Paris, Foi et Vie, 2002, 101 pages ;

Association française des amis d’Albert Schweitzer, Images, mythe et histoire, centenaire du départ d’Albert et Hélène Schweitzer à Lambaréné, colloque à Grunsbach du 22 mars 2013, 59 pages ;

BABEL (Henri), Schweitzer, tel qu’il fut, Paris, éditions Babel, 1970, 198 pages ;

BABEL (Henry), La pensée d’Albert Schweitzer : sa signification pour la théologie et la philosophie contemporaines, Neuchâtel, H. Messeiller, 1954, 239  pages ;

BABEL (Henry), La pensée d’Albert Schweitzer, sa signification pour la théologie et la philosophie contemporaines, Neuchâtel, Messeiller, 1954, 239 pages ;

BABEL (Henry), Schweitzer, tel qu’il fut, Neuchâtel, La Baconnière, 1970, 195 pages ; 

BARBAZON (James), Albert Schweitzer, A Biography, New York, Syracuse University Press, 2000, 555 pages ; 

BARUK (Henri), BOEGNER (Marc), BOSCHOT (Adolphe), Hommage à Albert Schweitzer, Paris, Diffusion Le Guide, 1955, 141 pages ;

BLIN, docteur (François), «Albert Schweitzer, pionner de l’aide humanitaire»,  Médecine de l’Homme, Nouvelle série, n°7, mars 2012, pages 26-32 ;

BOURDET (Claude), «Le médecin des nègres, Albert Schweitzer», Marianne, 27 février 1935, page 2 ;

DENU (Alfred), “La vie et l’œuvre d’Albert Schweitzer”, La vie en Alsace, septembre 1930, n°2, pages 207- 212 ;

DICKINSON (John, Regester), Albert Schweitzer : The Man and his Work, New York, The Abingdon Press, 1931, 145 pages ;

ELLOUE-ENGOUN (Alain), Albert Schweitzer et l’histoire du Gabon, Paris, l’Harmattan, 2011, 164 pages ;

EMANE (Augustine), Docteur Schweitzer, une icône africaine note de Pierre Legendre, Paris, Fayard, 2013, 288 pages ;

GAGNEBIN (Laurent), Albert Schweitzer 1875-1965, Paris, Desclée de Brouwer, 1999, 169 pages ;

GOLLOMB (Joseph), La vie ardente d’Albert Schweitzer, Paris, éditions Sun, 1951, 177 pages ;

GRABS (Rudolph), Albert Schweitzer, Berlin, Steuben Verlag, Paul G Esser (en allemand), 1949, 428 pages ;

JAMES (Léon), «Civilisation et christianisme d’après Albert Schweitzer», Foi et vie, 1er octobre 1921, n°19,  pages 735-744 ;

KAEMPF (Bernard), Fondements et actualité politique de l’éthique d’Albert Schweitzer, thèse de 3ème cycle, sous la direction de Roger Mehl, Université de Strasbourg 2, 1975, 224 pages ;

KOSKAS (Marco), Albert Schweitzer ou le démon du Bien, Paris, Jean-Claude Lattès, 1993, 367 pages ;

KRAUS (Oskar), Albert Schweitzer his Work and his Philosophy, préface de A.D. Lindsay, Londres, Adam et Charles Black, 1944, 75 pages ;

LASSUS (Pierre), Albert Schweitzer, préface de Xavier Emmanuelli, Paris, Albin Michel, 1995, 424 pages ;

LOTITO (Gaston), L’utopie d’Albert Schweitzer, Sainte-Marie, Azalée éditions, 2011, 147 pages ;

MARCHAL (G), «Le paradoxe de la pensée de Schweitzer», Hommage à Albert Schweitzer pour son 80ème anniversaire, Paris, Le Guide, pages 63-74 ;

MARXSEN, (Patti, M.), Helene Schweitzer : A Life of her Own, New York, Syracuse University Press, 2015, 207 pages ;

McKNIGHT (Gérald), Le docteur Albert Schweitzer, traduit Gisèle Bernier et Elisabeth Gilles, Paris Stock, 1964, 302 pages ;

MINDER (Robert), Rayonnement d’Albert Schweitzer : 34 études, 100 témoignages, le livre du centenaire, Paris, Alsatia, 1975, 301 pages ;

MONESTIER (Marianne), Le grand docteur Blanc, Paris, éditions de la Table Ronde, 1952,  241 pages ;

MONTAGUE, (Joseph Franklin), The Why of Albert Schweitzer. New York, Hawthorn Books, 1965, 312 pages. ;

MUNZ (Walter), Albert Schweitzer dans la mémoire des Africains, Oberlin, 1974, 271 pages ;

NAULT (Richard), L’éthique du respect de la vie chez Albert Schweitzer, mémoire de philosophie, Université de Montréal, 1994, 222 pages ;

OSWALD (Suzanne), Mon oncle Albert Schweitzer, préface Robert Minder, traduction de Madeleine Horst, Colmar, éditions Alsatia, 1974, 172 pages ;

POTEAU (Sonja), LESER (Gérard), Albert Schweitzer,  homme de Günsbach et citoyen du monde, Mulhouse, éditions du Rhin, 1994, 295 pages ;

POTEAU (Sonja), MOUGIN (Daniel), WYSS (Christoph), Albert Schweitzer de Günsbach à Lambaréné, Günsbach, éditions AISL, 2008, 336 pages ;

RANDIN (Willy), Albert Schweitzer, un exemple de notre temps, Echallens, Presses de Jean Buchs, 1983, 159 pages ;

RIENDEAU (Jean-Pierre), Quête mystique chez Albert Schweitzer, mémoire maîtrise ès Arts, Sherbrooke (Canada), août 2000, 158 pages ;

ROUCH (Jeanne), «Le scandale de Lambaréné», Jeune Afrique, 24-30 août 1962 ;

SEAVER, (George), Albert Schweitzer : The Man and His Mind. New York, Harper, 1947, 201 pages ;

SIEGFRIED (André), “Portrait d’Albert Schweitzer, citoyen du monde”, Vie sociale, octobre 1965, n°10, pages 418-419 ;

SORG (Jean-Paul), «Le respect de la vie : exigence éthique et nécessité pratique», Etudes Schweitzériennes, automne 1992, n°3 ;

URMATT (Frédéric), “La vie étonnante d’Albert Schweitzer”, Revue Hebdomadaire, 23 mai 1937, n°21, 46ème année, pages 409-423 ;

WANTZ (André), “Albert Schweitzer”, Le Christianisme social, avril 1930, n°3, pages 352-357 ;

WOYTT-SECRETAN (Marie), Albert Schweitzer, un médecin dans la forêt vierge, Strasbourg, Oberlin, 1947, 175 pages ;

Paris, le 8 novembre 2014 actualisé le 12 juin 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

Albert SCHWEITZER, prix Nobel de la paix, l'homme de Lambaréné.
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