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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 18:27

L’ouvrage de M. Alain DUHAMEL intitulé, «une histoire personnelle de la Vème République», paru chez Plon, m’a laissé une très forte impression. Ce choc émotionnel me rappelle la lecture du livre de M. Michel ROCARD, «Si la Gauche savait, entretiens avec Jean-Marc BENAMOU», relatant 60 ans de militantisme, dont je vous avais rendu compte, et que je vous recommande, très vivement. Le témoignage exceptionnel d’Alain DUHAMEL couvre sept présidents successifs de la Vème République, de la démission du général de Gaulle, sa succession, les grandes et petites alternances, le renouveau de l’Europe puis sa contestation, le néolibéralisme, la chute du communisme et la crise du socialisme. La longévité de la période examinée, sa richesse, la qualité du témoin qu’est Alain DUHAMEL, journaliste et enseignant à Sciences-Po, sa proximité avec les hommes politiques, mais aussi et surtout, son souci de l’indépendance, son professionnalisme, sa rigueur, sa distance critique, son sens de la mesure, font de cet ouvrage un document de référence. Tous ceux qui s’intéressent à la vie publique, qu’ils soient enseignants, chercheurs, militants, citoyens, communicants ou hommes politiques, trouveront dans la magistrale contribution d’Alain DUHAMEL, sans nul doute, des éléments de réponse à leurs interrogations. Comment ont été menées des campagnes électorales victorieuses ou désastreuses ? Qu’est-ce qui explique le succès ou l’échec d’une politique publique ? Comment rebondir face à des difficultés ? Comment fonctionnent ceux qui nous gouvernent ?

Homme de droite, républicain, né le 31 mai 1940, à Caen, résidant dans l’un des beaux quartiers de Paris, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politique, M. DUHAMEL est, avant tout, un chercheur libre, éclairé, intelligent et ouvert. Issu d’une famille bourgeoise, d’un père démocrate-chrétien et d’une mère radicale, Alain DUHAMEL a toujours été, avant d’entamer sa profession de journaliste, un lecteur avide de journaux. C’est un grand admirateur du général de Gaulle et de Pierre Mendès-France. Son intérêt pour la politique résulte trois rencontres. Le premier choc politique lui est venu, en 1955 de la campagne législative du Front Républicain de Pierre Mendès Franc : «Son éloquence méthodique et sévère, son autorité, son énergie me fascinaient. Sa victoire en 1956, m’enchanta. Du haut de mes 15 ans, je déclarai la guerre à la IVème République et la SFIO, l’une si faible, l’autre si retorse». Le deuxième choc politique pour Alain DUHAMEL, est venu du retour théâtral du général de Gaulle, de l’effondrement de la IVème République : «J’avais un préjugé franchement favorable envers un pouvoir exécutif enfin vigoureux, j’admirais le Général, dont les mémoires de guerre ne me quittaient pas en vacance, je renâclé devant les méthodes si cavalières et les militants parfois si patibulaires de l’Homme du 18 juin». Le troisième élément fondateur a été le putsch des généraux d’Alger en 1961, Alain DUHAMEL se rangea, aussitôt du côté du général de Gaulle, «A Sciences-Po, un comité anti-fasciste se constitua en toute hâte. J’y pris la parole, puis aussitôt dégradé. Mon ironie déplut, mais la politique me paraissait déjà une affaire trop sérieuse pour l’abandonner aux matamores et aux démagogues. Depuis, je n’ai pas changé d’avis».

Alain DUHAMEL, journaliste politique, est un «homme d’influence». Lors de campagne présidentielle de 1965, contre l’avis des gouvernants, la mise en place de la première enquête d’opinion par le journal Le Monde et Europe 1, avait pronostiqué, avec justesse, le ballotage du général de Gaulle. A 25 ans, Alain DUHAMEL, étiqueté comme hostile au pouvoir, en tira sa première leçon politique : «Cette première expérience m’enseigna l’importance du caractère et du courage, plutôt que le brio intellectuel qui m’éblouissait jusqu’ici». Pendant les événements de mai 1968, à la suite de la fuite du général de Gaulle à Baden-Baden, Alain DUHAMEL est consulté par Pierre Mendès-France. Alain DUHAMEL déteste cordialement l’Extrême-droite, Jean-Marie LE PEN est qualifié de «nostalgique brutal et cultivé. Il n’a jamais accepté les métamorphoses de la France».

Alain DUHAMEL brosse les portraits de presque tous les grands dirigeants français, avec leurs qualités et leurs défauts. Le général de Gaulle avait des accès de découragement, Georges POMPIDOU des colères froides et terribles. Alain JUPPE est «raide comme un écuyer en chef de Saumur, mais surplombant intellectuellement sa génération». Autorité et probité sont les qualificatifs attribués à Lionel JOSPIN. Dominique de VILLEPIN, ce «météore tragique», est loin d’être un ami d’Alain DUHAMEL : «Flamboyant et retors, intrépide et manipulateur, grandiloquent et machiavélique, éloquent et ténébreux, provoquant et rusé, violent et séducteur, superbe orateur, spécialiste des intrigues, des pièges et crocs-en-jambe, je ne crus pas un instant, qu’il ferait un bon premier ministre», dit Alain DUHAMEL.

Les politiques le consultent. Il a pu même lancer ou relancer la carrière de certains hommes politiques. Alain DUHAMEL se dit admirateur du général de Gaulle et de Mitterrand, il fait surtout l’éloge du second.

I – Alain DUHAMEL et les leaders de droite

A – Giscard d’ESTAING, la modernisation ratée

Pour Alain DUHAMEL, co-animateur avec Jacqueline BAUDRIER, lors du premier duel à la télévision, en 1974, entre les deux candidats à l’élection présidentielle, Giscard d’Estaing, avait fait preuve d’habilité, avec sa phrase célèbre «vous n’avez pas le monopole du cœur». «Vous êtes l’homme du passé», réplique MITTERRAND.

M. Giscard d’Estaing, c’est l’histoire de rendez-vous manqués avec son projet de modernisation de la société. Il avait bien commencé en démantelant en 1974, l’ORTF, censé être, suivant une expression de Pompidou «la voix de la France». Ses rapports à la presse vont pourtant devenir, très vite tendus. Outre le fait qu’il veut souvent jouer au professeur, il a imposé un protocole absurde : aucun journaliste ne doit être en face de lui à table. «Il était généreux, comme un suzerain, avec ses fidèles vassaux. Ceux qui le critiquaient ou le contestaient, ou tout simplement tentaient d’exprimer un jugement équilibré, en prenaient, en revanche, pour leur grade», dit Alain DUHAMEL. «Il n’hésitait pas à les appeler pour les houspiller, les apostropher, voire les menacer. Au cours des émissions, il prenait à partie, parfois rudement, ceux dont les questions lui déplaisaient», ajoute Alain DUHAMEL.

Comble de l’humiliation, son premier Jacques CHIRAC, va annoncer le 25 août 1976, qu’il mettait fin à ses fonctions et se retirer du gouvernement. Fait rare, sous la Vème République, un Premier Ministre qui démissionne.

B – Jacques CHIRAC, meilleur en campagne électoral

En 1995, Jacques CHIRAC a mené sa campagne présidentielle sur le thème protestataire et racoleur de «la fracture sociale». «Déchaîné, belliqueux, mais efficace», et donnant l’image de probité, de cohérence et de fermeté, Jacques CHIRAC a vaincu Edouard BALLADUR, qui a commis une trahison. BALLADUR, par son style, son ton, son mode de vie, ses manières et jusqu’aux inflexions de sa voie, incarne «la France d’en haut».

Jacques CHIRAC a toujours été meilleur en campagne qu’au pouvoir. Dès qu’il est élu, il a vite oublié ses promesses de campagnes : les sacrifices d’abord et la distribution après. Alain DUHAMEL l’aide au cours d’une émission à négocier ce brutal revirement.

En 2002, Jacques CHIRAC savait que la présence, au second tour, de Jean-Marie LE PEN, signait l’échec de son septennat autant que la défaite de Lionel JOSPIN.

C – Nicolas SARKOZY, le bonapartiste courageux et imprudent

M. SARKOZY est le moins gaulliste des présidents de droite. Il a un style bonapartiste, «un tempérament, une méthode, une apparence, une éloquence, un activisme, une rapidité, une violence, un autoritarisme à l’évidence bonapartistes», dit Alain DUHAMEL. L’auteur précise que les deux hommes «ont en commun le privilège d’un charisme exceptionnel, le ressort d’une ambition immense, l’évidence d’une volonté de fer et d’un tempérament de feu». Leaders-nés, hommes de caractère, audacieux ayant le culte de l’action, de l’offensive, de la rapidité, Bonaparte, comme SARKOZY, il faut, pour gouverner qu’ils s’imposent des circonstances dramatiques, un besoin d’ordre et d’autorité.

Alain DUHAMEL connaît parfaitement M. SARKZY pour l’avoir rencontré en public et en privé. Il a lu presque tous ses livres. On se souvient, à l’occasion de «100 minutes pour convaincre», Alain DUHAMEL lui avait lançait cette dernière question : s’il songeait à la présidentielle, le matin, en se rasant. «Pas simplement quand je me rase» rétorque M. SARKOZY. «Il est de la race des félins impitoyables de la Vème République. J’ai été impressionné par sa rapidité d’esprit, son énergie bouillonnante, par son activité prodigieuse, par son audace, son originalité», confesse Alain DUHAMEL.

Alain DUHAMEL recense également les défauts de M. SARKOZY. «Si le stratège est réfléchi, parfois profond, le tacticien se laisse dévorer par son impatience et sa nervosité impérieuse», dit-il. M. SARKOZY est d’un autoritarisme constant, une incapacité à écouter les contradictions, d’une agressivité dangereuse, une tentation irrépressible de se mêler de tout, un goût immodéré de la lumière, les ovations, la gloire. Dans sa relation avec les journalistes, il a voulu les impressionner, les apprivoiser, mais il a fini par les hérisser et les déplaire, franchement. «Il se montre en privé d’une franchise que je n’ai jamais connue chez aucun de ses prédécesseurs, toujours d’une imprudence qui frôle l’inconscience.il détaille, sans hésiter, de ce qu’il pense de ses ministres», révèle Alain DUHAMEL.

II – Alain DUHAMEL et les leaders de gauche,

A - François MITTERRAND, l’artiste

Alain DUHAMEL a une grande estime pour François MITTERRAND, considéré comme étant un artiste de la politique ne laissant pas indifférent. Qu'on l'ait admiré ou méprisé, on reste fasciné, chez MITTARRAND l'homme privé nuançait l'homme public, lui ajoutant une dimension subtile et mystérieuse. Sa séduction, son emprise, sa réputation romanesque ou faustienne s'expliquaient en partie ainsi : il était un artiste de la politique. Alain DUHAMEL l'a bien connu pour l'avoir interviewé une soixantaine de fois et rencontré régulièrement en tête à tête pendant près de trente ans. Il ne partageait pas toujours ses vues, tant s'en faut, mais il le respecte et l’admire.

MITTERRAND incarne la République des professeurs, un socialisme intellectuel et littéraire ; c’est un chef charismatique et incontesté de la Gauche. «Pour François MITTERRAND, sans doute le président le plus érudit de la Vème République, les livres ne relèvent pas seulement de la culture et du plaisir, de la passion intellectuelle et de la religion de la langue française, ils sont aussi une arme politique et, dans son cas, une arme redoutable», souligne Alain DUHAMEL. Son ouvrage, «Le Coup d’Etat permanent », paru en 1964, l’a installé au rang des adversaires du régime, et lui a ouvert la voie de la candidature présidentielle en 1965. «En juin 1969, Ma part de vérité, l’a littéralement remis dans le jeu », précise Alain DUHAMEL. Ce livre, qui est une série d’entretiens avec Alain DUHAMEL, a été pour MITTERRAND, une occasion de rebondir. «Autant Raymond ARON s’est montré méthodique, limpide et concis, autant MITTERRAND, était épuisant à force de retards, de digressions, de retours en arrière et d’innombrables corrections», précise Alain DUHAMEL. Ce livre a connu un gros succès et a permis de présenter MITTERRAND sous un jour nouveau, et lui a permis «d’éblouir la France par sa culture et sa subtilité». Toute sa vie, MITTERRAND témoigna une grande amitié à Alain DUHAMEL. «Si en politique, François MITTERRAND a souvent varié, en amitié sa fidélité est renommée. Désormais, j’appartenais au cercle étrange si hétéroclite de ceux pour qui il manifestait une bienveillance plus personnelle que politique», dit Alain DUHAMEL. Le 8 janvier 1996, Michel CHARASSE, va inviter Alain DUHAMEL à venir se recueillir devant la dépouille du président MITTERRAND décédé.

Alain DUHAMEL est témoin de la grande alternance du 10 mai 1981 «qui restera, à coup sûr, comme la plus marquante de l’histoire de la Vème République». François MITTERRAND enracine et légitime la Vème République. «Tout au long de ce combat, MITTERRAND fit preuve d’une habileté diabolique et d’un sang-froid presque surhumain, alors que Valérie Giscard d’Estaing, seul contre tous, obligé de défendre un bilan contesté, se montrera nettement moins inspiré que 7 ans plutôt», souligne Alain DUHAMEL.

MITTERRAND n’a jamais été aussi habile, aussi roué, aussi machiavélique que lors de la première cohabitation de mars 1986. Majestueux et pervers, MITTERRAND «s’est montré si admirablement manœuvrier, si chafouinement retors, si impavidement opiniâtre qu’il a fini par en devenir le seul bénéficiaire», avance Alain DUHAMEL. «Présider lui sied à merveille, présider longuement et fermement, plutôt que gouverner idéologiquement et imprudemment», voila un MITTERRAND à son meilleur que décrit Alain DUHAMEL.

Pour son second mandat de président, en 1988, MITTERRAND choisit son ennemi de toujours, le pape de la «deuxième gauche», un Premier ministre et complémentaire, Michel ROCARD. «Il fallait faire de Michel ROCARD, un premier ministre pour démystifier le Rocardisme, et purger le PS de la deuxième gauche», dit Alain DUHAMEL. Michel ROCARD est apprécié des Français, mais l’essentiel des enjeux politiques concerne la politique internationale (chute du mur de Berlin, guerre au Koweit).

Même au crépuscule de sa vie et de son règne, MITTERRAND a toujours voulu façonner, minutieusement, l’image qu’il laissera à la postérité. Il a un sens aigu de l’Histoire. «Que l’Homme était plus haut que l’œuvre», s’exclame Alain DUHAMEL.

B – Les autres dirigeants de Gauche

1 – Lionel JOSPIN, la probité du Janséniste,

Lionel JOSPIN, premier ministre de 1997 à 2002, avec son droit d’inventaire du Mitterrandisme et le concept de gauche plurielle, est perçu comme quelqu’un de «démodé, voire effacé». Alain DUHAMEL le décrit, pourtant, comme étant un excellent analyste, l’un des meilleurs du monde politique, «mais aussi un personnage d’une grande fermeté, voire d’une certaine raideur». Et Alain DUHAMEL de préciser, «sa sobriété, sa rigueur, sa rationalité, sa pudeur n’en font pas l’un des grands séducteurs de la politique». «La méthode JOSPIN », de gouverner, est de consulter, puis commander : les vrais débats ont lieu à l’intérieur de la majorité. Il s’informait, écoutait, recevait, mais tranchait.

Alain DUHAMEL l’a interviewé entre octobre 2001 et janvier 2002, à propos de l’ouvrage «Le temps de répondre». Jamais il ne sortait de son rôle d’interviewé, mais M. Aquilon MORELLE, «bonne plume et esprit délié», gauchisait les réponses du Premier ministre. Alain DUHAMEL a observé qu’à aucun moment, pendant ces rencontres, il ne chercha pas à influencer ses éditoriaux, ni même de lui livrer, telle ou telle information. «Janséniste jusqu’au bout. En matière de morale et de probité, il méritait tous les éloges».

En 2002, il s’est trompé de campagne, fier de son bilan, il fait une campagne de deuxième tour, et non sur son projet présidentiel.

2 – François HOLLANDE, celui qui a surpris

Il est resté tel qu’en lui-même, «vivacité et opiniâtreté, habileté et jovialité, affabilité et réactivité». Alain DUHAMEL qui le voyait souvent, dit qu’il n’est pas avare d’analyses toujours fines, jamais découragé. C’est un personnage équilibré aux goûts simples et à l’humour naturel, aimable distance qui va de paire avec le sang-froid et avec une discrète indifférence.

A –t-il sous-estimé la profondeur de la crise ? Pourquoi, et contrairement à la tradition de la Gauche, a-t-il choisi d’abord la rigueur, avant la redistribution ?

Bibliographie très sélective :

DUHAMEL (Alain), de l’Institut, Une histoire personnelle de la Vème République, Paris, Plon, 2014, 299 pages ;

DUHAMEL (Alain), La républicaine giscardienne, anatomie politique de la France, Paris, Grasset, 1980, 252 pages ;

DUHAMEL (Alain), La République de François Mitterrand, portrait d’un artiste, Paris, J’ai Lu, 1998, 258 pages ;

DUHAMEL (Alain), De Gaulle-Mitterrand, la marque et la trace, Paris, Le Grand Livre du Mois, 1991, 232 pages ;

DEBRE (Michel), Une certaine idée de la France, entretiens avec Alain DUHAMEL, Paris, Fayard, 1972,

DUHAMEL (Alain), La République de Monsieur Mitterrand, Paris, 1982, Grasset, 257 pages ;

JOSPIN (Lionel), Le temps de répondre, entretiens avec Alain DUHAMEL, Paris, Le Grand Livre du Mois, 2002, 283 pages ;

MITTERRAND (François), Ma part de vérité, de la rupture à l’unité, entretiens avec Alain DUHAMEL, Paris, Fayard, 1969, 207 pages ;

ARON (Raymond), La révolution introuvable, entretiens avec Alain DUHAMEL, Paris, Fayard, 1968, 191 pages ;

Paris, le 10 octobre 2014, M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

M. Alain DUHAMEL, journaliste et essayiste.
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